Paring : Aucun, mais dans ce chapitre, allusion à une Holly éprise par Artemis!
Rating : T
Disclaimer : Tous les personnages (à part Samuel, et quelques autres) appartiennent à Eoin Colfer
NDA : Bon, pas la peine de faire un paragraphe sur mes retards. Une fois motivée à écrire (ce qui a pris un certain temps, je vous l'accorde) j'ai mis une semaine entière pour faire ce maigre chapitre, j'ai refais tout une partie, bref on verra bien ce que ça donne, tant pis. x) Je sais pas si ça a été utile la dernière fois, mais je vous refais un petit résumé, vu que ça fait longtemps.
RESUME : Artemis rencontre Samuel, pas vraiment l'amour fou entre eux deux, Artemis est persuadé que sa famille est soit retenue captive, soit morte, et que Samuel est assisté par quelqu'un qui se cache dans l'ombre, quelqu'un qui lui en veut sacrément... Holly est envoyée comme "micro-mobile" pour suivre Samuel et tenter de trouver des documents compromettants. Diana reçoit un appel étrange, est-ce juste un ami, ou bien..? Artemis engage John MacMillian comme avocat pour le défendre lors de son procès qui aura lieu dans une semaine.
Voilà, bonne lecture!
D'Arvit
Les journées passaient au manoir des Fowl, et ce dans la plus grande agitation. Artemis ne cessait de tourner en rond chez lui, tel un lion en cage, cherchant des parades, des plans infiniment complexes qui lui permettraient de sortir de sa situation précaire... Mais à chaque fois, au bout d'une heure ou deux, il trouvait un point défaillant dans son plan et, avec un petit cri de rage, balayait l'air de sa main, comme s'il balayait par la même occasion ses anciennes idées.
Holly et Butler ne chômaient pas, eux non plus. Le majordome était sans cesse au côté de son maître, exécutant les moindres de ses ordres -il alla même une fois jusqu'à pénétrer dans la banque la plus sécurisée de Dublin, Artemis ayant formulé une hypothèse comme quoi Samuel Gold gardait ses documents dans un coffre ultra sécurisé, hypothèse qui se révéla d'ailleurs infondée, ce qui provoqua un énième éclat rageur dans les yeux du jeune Fowl.
Le commandant Short renouvelait sans cesse son mandat pour la surface, au grand dam de Foaly qui peinait de plus en plus à convaincre Baroud que l'elfe exécutait une mission importante pour les FAR. Le jour, elle suivait Samuel où qu'il aille, ses yeux et ses oreilles étant celles d'Artemis. La nuit elle se reposait, et Butler la relayait en surveillant l'hôtel avec ses caméras.
Mais, celui qui était le plus sous pression, c'était sans conteste John MacMillian, le malheureux avocat engagé par le jeune Fowl.
-Non, non, non et non! s'écria une fois de plus Artemis, tout en secouant la tête d'un air désespéré. Pourquoi donc est-ce que je vous emploie, MacMillian?
L'avocat ouvrit la bouche, mais l'héritier Fowl l'arrêta d'un geste :
-Réfléchissez avant de répondre. Et, je vous en prie, tâchez de faire fonctionner un minimum cette petite chose contenue dans votre crâne, à savoir votre cerveau -aussi déficient soit-il.
-Je suis loin d'être stupide, fulmina l'avocat de la défense. Vos méthodes de travail sont juste inhabituelles! Vous me payez pour vous défendre, et pourtant si je ne récite pas au mot près ce que vous me dictez, vous me reprenez! Excusez-moi si je proteste!
Il y eut un long silence, entrecoupé par les soupirs d'Artemis tandis qu'il se massait les tempes. Finalement, il releva lentement la tête et articula :
-Comme vous le dites si justement, je vous paye, mon ami. Et ce, grassement. Combien de vos clients débourseraient autant que moi, rien que pour s'offrir vos services? La réponse est : aucun. Et puis, soyons francs : entre vous et moi, qui est le meilleur avocat?
MacMillian haussa un sourcil.
-Vous êtes procureur, et non avocat, fit-il remarquer.
Sourire vampirique. Claquement de doigt. Sorti de nulle part, Butler tira dans le mur. La balle frôla la joue de l'homme.
-Je repose ma question, susurra le jeune Fowl. Entre vous et moi, qui est le meilleur?
-Vous, monsieur, balbutia l'autre, les yeux écarquillés.
Artemis se rejeta en arrière dans son fauteuil, un sourire satisfait étirant ses lèvres.
-Bien. Maintenant que nous sommes au point, reprenons où nous en étions. Si le juge vous pose des questions à propose de la jeunesse de Samuel, vous devrez répondre que...
oOo
-Vous n'avez jamais l'impression d'abuser?
Artemis leva la tête, surpris. Il pensait que la Fée dormait depuis longtemps. Holly et lui se trouvaient dans le grand salon du manoir Fowl, lui devant son écran d'ordinateur à surveiller Samuel, elle étendue dans le sofa en face de la cheminée. Les flammes dansaient sur le visage de l'elfe, rendant ses traits plus félins encore.
-Que voulez-vous dire? fit-il doucement.
Elle se redressa.
-Vous aviez laissé votre micro allumé, tout à l'heure. J'ai donc pu entendre votre douce voix. Vous n'en avez jamais assez de torturer ce pauvre homme?
-MacMillian? s'étonna Artemis. C'est un idiot.
Il haussa les épaules.
-Je déteste les idiots. Et puis, son titre de « deuxième avocat d'Irlande » lui montait un peu trop à la tête... Une certaine correction et une démonstration de pouvoir ne pouvaient pas lui faire de mal.
Holly haussa un sourcil sceptique. Son ami soupira :
-Allons, Holly, avouez quand même que ces hommes se prennent tous pour la crème de la société! Un petit diplôme, papa qui fait pression avec son argent, et voilà qu'ils se prennent pour des dieux! Moi, j'ai toujours su que j'étais un génie. Et est-ce que je me monte la tête pour autant?
Silence.
-Non, attendez, ne répondez pas à cette question, grimaça Artemis après-coup. Bref, tout ça pour dire que je ne fais rien de bien méchant.
-Non, non, c'est sûr... Après tout, tirer sur les gens ne peut pas être qualifié de purement abusif, n'est-ce pas? grommela la Fée.
L'héritier Fowl leva les yeux au ciel et décida de l'ignorer. Se retournant vers son écran, il alla consulter sa boite mail; il attendait la réponse d'un de ses contacts américains qui pouvait lui dégotter des informations sur Samuel Gold. Son cœur battit plus vite lorsqu'il vit qu'il avait reçu un message. Mais lorsqu'il cliqua dessus, la seule chose qu'il put faire fut de cligner des yeux et de froncer les sourcils.
En lettres noires, sur l'écran, un seul nombre.
Soixante-sept.
Immédiatement, ses yeux cherchèrent l'expéditeur. Anonyme.
Comme par hasard.
Artemis sentit un rictus lui tordre les lèvres. Une seule personne avait pu lui envoyer ça... Si Gold voulait tester son aptitude à résoudre les énigmes, il n'allait pas être déçu. Cela faisait depuis quelques jours qu'il comptait envoyer Butler ouvrir ces fameux tiroirs dans le bureau de Samuel. Mais avec ce mail... C'était une invitation. Et un Fowl ne tournait jamais le dos à un défi.
oOo
Devant le Hilton où Samuel résidait, Artemis hésitait. Il avait mis une bonne demi-heure à convaincre Butler de le laisser venir seul, mais maintenant qu'il se trouvait devant le fait accompli, il se sentait bien démuni. Il était tellement facile d'avoir l'Eurasien géant à ses côtés : quand il entrait dans une pièce, personne ne posait de questions, on se contentait de s'écarter de son chemin en priant pour ne pas attirer son attention. A présent... Rentrer dans la chambre de Gold serait moins aisé. Mais il avait toujours un atout dans son sac. Pressant un bouton à la naissance de son cou, il murmura :
-Foaly?
-Toujours présent pour vous aider dans vos magouilles foireuses, Bonhomme de Boue, répondit le centaure après un grésillement. Rappelez-moi pourquoi vous devez faire ça seul?
-Gold m'a lancé un défi. Si je ne le relevais pas de moi-même, je passerai pour un lâche et pour un faible. Je n'ai pas besoin d'aide.
-A part bien sûr de la mienne. C'est sûr que relever un défi est bien plus facile quand on a un véritable cerveau technologique derrière soi.
Ignorant les railleries du centaure, Artemis pénétra dans l'hôtel avec son air le plus sûr de lui possible. A l'intérieur, rien n'avait changé depuis sa précédente visite : tout était impeccable, des hommes étaient postés tous les trois mètres pour répondre au moindre désir des clients. Relevant fièrement le menton, il se dirigea d'un pas décidé vers un escalier discret, à gauche de l'accueil. Son cœur battit plus rapidement quand il passa devant deux hommes en costard, postés de chaque côté de l'escalier.
Mais les longues années passées à se perfectionner dans l'art de la dissimulation avaient payées : son visage à lui seul donnait l'impression qu'il avait parfaitement le droit d'être là. Montant les marches rapidement, l'héritier Fowl s'autorisa un soupir discret. Le plus dur était passé. Maintenant, c'était à son bon ami de jouer.
Une fois dans le couloir recherché, il appuya sur son micro, l'enclenchant :
-Foaly. Faites-moi la démonstration de votre prétendu cerveau technologique.
- « Prétendu »? s'exclama une voix, à dix pieds sous terre de là. Vous allez bien être obligé de reconnaître mon utilité, Bonhomme de Boue.
Artemis décida de l'ignorer. Le jour où il louerait l'intelligence de quelqu'un d'autre que lui était bien loin. Au lieu de ça, il se contenta d'attendre jusqu'à ce que Foaly lui donne le signal. Ce qu'il fit au bout de trente secondes.
-C'est bon, Artemis. Une boucle passe sur toutes les caméras. Je vous accorde dix minutes. Après ça, je serai obligé de l'enlever, sinon quelqu'un va s'apercevoir de quelque chose cloche. Vous avez dix minutes pour faire vos magouilles, pas une de plus!
-Merci.
Sans perdre de temps, le jeune avocat s'empressa d'aller devant la chambre de Samuel Gold. Fouillant brièvement dans la poche de son costume, il en ressortit divers instruments de sa composition. Sans plus de cérémonies, il enfonça l'outil adéquat à l'intérieur de la serrure de la porte. Une minute plus tard, la chambre était ouverte.
Sans un bruit, il fit coulisser la porte sur ses gonds fraîchement huilés et pénétra dans la pièce. En une seconde, il compara la vision réelle et les images synthétisées qu'il avait longuement observées grâce aux caméras : aucune différence. Il pouvait bien lui reconnaître ça, Samuel savait soigner les apparences.
Délaissant les divers meubles et placards qu'il avait déjà explorés lors de sa dernière visite, il se dirigea directement vers le bureau qui trônait au milieu de la pièce. Il s'accroupit et fixa les tiroirs qui restaient irrémédiablement fermés depuis des jours. Fermant les yeux, il repassait sans arrêt les différentes hypothèses qu'il avait émises depuis hier soir : ce message devait forcément être en rapport avec ce tiroir. Samuel savait qu'Artemis avait déjà pénétré dans sa suite et l'avait fouillée. Et il devait sans doute savoir aussi qu'il n'avait pas réussi à ouvrir ces tiroirs. C'était forcément ça : il lui avait envoyé un message pour le narguer. Puéril, mais le jeune Fowl ne pouvait le nier, efficace.
Sortant un autre outil -à l'usage totalement obscur, excepté pour le génie qu'il était-, il ne tenta pas d'utiliser les deux chiffres en tant qu'un quelconque code, mais trafiqua pendant quelques secondes la serrure. Au bout de quelques minutes, elle céda. Artemis sourit : avec un équipement adapté, rien n'était à l'abri de la convoitise des gens.
Il n'ouvrit pas le tiroir tout de suite. Il ferma les yeux, inspira à fond, puis tendit l'oreille : bien que ce soit peu probable, Samuel avait très bien pu placer un piège à l'intérieur de ce tiroir. Une fois sûr qu'il ne risquait rien, Artemis l'ouvrit alors.
Il se raidit. Cligna des yeux. Non, il ne rêvait pas. En plein milieu du petit compartiment trônait un magazine, neuf de surcroît, sur lequel le titre « Vie et Santé » s'étalait en lettres noires.
Respirant à fond, le jeune Fowl garda la tête froide et s'obligea à réfléchir. En moins d'une seconde, il fit le rapprochement : soixante-sept. Il y avait quelque chose, page soixante-sept de ce magazine, que Samuel voulait qu'il voit. Une idée lui traversa l'esprit, et il sentit son cœur battre plus vite : et si c'était un quelconque renseignement sur son père?
Non. Pas de jugements hâtifs. Contente-toi d'ouvrir ce magazine, et base-toi sur des faits concrets.
D'un main tremblante, il se saisit de l'ouvrage, et après l'avoir rapidement examiné, il tourna les pages jusqu'à celle désirée. Ses yeux se posèrent sur l'article qui occupait toute la page. Une colère et une frustration sans nom montèrent alors en lui.
La feuille était noircie de commentaires, de sondages et d'enquêtes sur un seul sujet : les méfaits de l'ordinateur. « De plus en plus de jeunes passent leur vie sur le Net », « Les effets de l'écran se rapportent directement sur le physique : les gens ont tendance à grossir ou à maigrir fortement et pâlissent à force de ne pas sortir dehors, [...] », et autre âneries dont l'héritier Fowl n'avait que faire.
Pendant une minute entière, il se força à se calmer : un Fowl ne perdait jamais le contrôle de soi. Une fois qu'il fut certain de ne pas déchirer le magazine dans sa rage, il le reposa à sa place initiale et ferma soigneusement le tiroir. Une inspection rapide des deux autres lui rapportèrent ce qu'il savait déjà : il n'y avait rien qui puisse l'aider ici; Samuel plaçait ses possessions à dessein, si ce magazine était là, c'était parce qu'il voulait qu'il le trouve.
Ses genoux craquèrent lorsqu'il se leva, mais il l'ignora. Pour le moment, tout son esprit était concentré sur le même point : ne pas perdre son sang-froid maintenant -pas alors qu'il était en territoire ennemi. Il sortit donc calmement de la chambre et la referma le plus naturellement possible. Le couloir était désert. Une fois dans l'escalier et sûr d'être totalement seul, il s'autorisa un moment de répit, s'appuyant de son bras sur le mur. La voix du centaure ne tarda pas à se faire entendre :
-Alors, Bonhomme de Boue? Mission réussie? Si ça vous intéresse, les caméras sont de nouveaux fonctionnelles. Ils n'ont rien remarqué. Je vous jure, on pourrait commettre cent meurtres sans qu'ils ne s'en aperçoivent...!
-Merci, Foaly.
Sa voix n'était qu'un souffle.
-J'ai trouvé ce que je cherchais... Enfin, en partie.
-Ah? C'est-à-dire?
Silence.
-Artemis?
-Je vous recontacterai.
Et il débrancha son micro, ainsi que son oreillette. Une seconde plus tard, son portable bipa. Il soupira : le centaure avait-il également son numéro de portable? Il ne le lâcherait plus! D'une main lasse, il attrapa son téléphone dans sa veste et le regarda d'un œil morne. Un sms. Anonyme. D'un coup, Artemis sentit son esprit s'éclaircir, devenir plus alerte. Il cliqua sur le message, qui s'afficha aussitôt.
Faites attention, frangin. Veiller toute la nuit sur vos caméras ne vous sied pas au teint. Vous avez lu l'article?
Son poing heurta avec un telle violence le mur qu'il sentit ses jointures craquer. Il ne s'en soucia pas. Tout son corps était tendu de haine, si Samuel se présentait devant lui à cet instant, il n'hésiterait pas à en venir aux poings, aussi pitoyable cela serait-il.
Le pas raide et le visage contenant difficilement les émotions qui bouillonnaient en lui, Artemis Fowl sortit du Hilton, plus déterminé que jamais à réduire son ennemi en cendres. On ne se moque jamais impunément d'un Fowl. Si Gold ne l'avait pas encore compris, Artemis se ferait une joie de lui apprendre la leçon.
oOo
-Vous devriez poser votre verre, grogna Holly. Ce n'est pas très judicieux, surtout si on prend en compte le fait que le procès le plus important de votre vie a lieu demain.
Artemis et la Fée se trouvaient dans la chambre du génie. Depuis plusieurs heures, ce dernier contemplait son jardin depuis sa terrasse, tout en sirotant un verre de scotch.
-Je suis sérieuse, Artemis, reprit Holly. Cessez de boire.
Elle n'eut droit qu'à un air vaguement ennuyé en réponse. Ce fut la goutte de trop : en moins d'une seconde, le commandant des FAR avait dégainé son Neutrino et tiré sur le verre qui explosa en mille morceaux. Artemis afficha un air choqué avant de se reprendre rapidement :
-Vous êtes sérieuse? J'aurais pu être blessé!
-Et vous auriez été bien plus atteint si vous aviez perdu l'affaire la plus importante de votre vie pour une stupide querelle puérile! articula furieusement la Fée.
-Je ne vous ai pas raconté ce qui s'est passé pour que vous l'utilisiez comme arme contre moi, marmonna Artemis en se détournant.
Il marcha d'un pas lourd jusqu'à son lit où il se laissa tomber. Ses poings se serrèrent si violemment que ses jointures devinrent blanches. Puis, après un soupir, il se redressa et déclara :
-Samuel Gold est puéril. Mais ses plans pour m'atteindre ont tout de même la fâcheuse manie de réussir. Écoutez... Je ne suis pas stupide au point de me saouler la veille d'un jour aussi important. Mais là, tout de suite, j'ai besoin d'oublier un peu mes soucis.
Holly le fixa longuement. Ses yeux noisettes tentèrent de soutenir le bleu acier qui leur faisait face, mais au bout d'une minute, elle détourna les yeux. Sa voix n'était qu'un murmure lorsqu'elle affirma :
-Vous avez le droit de vous détendre. Mais vous voir dans cet état reste tout de même étrange. Je suis désolée, mais cela fait bien trop d'années que je vous côtoie, et je ne vous ai jamais vu abandonner ce masque de supériorité que vous gardez toujours. Que vous laissiez cette ouverture en vous maintenant... C'est juste étrange.
Artemis eut un rire amer. Il s'allongea de tout son long sur son lit, et se couvrit les yeux de ses bras.
-Ce n'est pas étrange. C'est pathétique.
Holly ouvrit la bouche pour protester, mais l'héritier Fowl la coupa :
-Oui... N'est-ce pas pathétique? Depuis une bonne dizaine d'années, j'ai travaillé sans relâche à racheter l'honneur de ma famille. Et maintenant, tout ce à quoi j'ai donné tant de force, tant d'énergie... Tout ça est sur le point de s'effondrer.
Brusquement il se redressa, faisant sursauter la Fée. Sa voix était aussi coupante que du verre lorqu'il cracha preque :
-Et tout ça, à cause d'un stupide môme de dix-huit ans!
Holly faillit faire remarquer qu'Artemis lui-même n'avait qu'un an de plus que lui, mais préféra s'abstenir. Au lieu de ça, elle recula prudemment alors que son ami continuait de déverser son venin.
-Je sais que ce n'est qu'un intermédiaire. Il y a quelqu'un d'autre, dans l'ombre. J'en suis persuadé. C'est lui qui cherche à m'atteindre. Et bien, il sera bien déçu!
Les yeux bleus d'Artemis prirent une teinte sadique qui firent frémir Holly.
-Je vais m'en prendre à son petit toutou, susurra-t-il, et une fois que j'en aurai fini avec lui, le seul mot avec lequel on pourra le qualifier sera pathétique.
-J'en suis persuadée, ne put que murmurer l'elfe, pressant doucement l'épaule de son ami.
Elle était soulagée de voir le génie se reprendre en main, mais en même temps... Parfois, les discours qu'il tenait étaient digne d'un psychopathe. Voyant qu'il était de nouveau plongé dans ses pensées, Holly laissa Artemis seul dans sa chambre et sortit en fermant doucement la porte.
Avec un soupir, elle s'adossa contre le mur, à côté de la chambre. A présent qu'elle était sûre que demain, Artemis donnerait le meilleur de lui-même, elle était rassurée. Un sourire étira ses lèvres quand elle repensa à l'expression du génie, lorsqu'il avait déclaré qu'il allait s'en prendre à Samuel Gold. Un vrai psychopathe. Ses yeux bleus pétillants d'excitation, son sourire qui dévoilait ses canines, ses...
Non. Elle secoua la tête.
Venait-elle juste de sourire en pensant au visage de...?
Et à sa plus grande horreur, elle sentit des picotements remonter dans sa main, à l'endroit où elle avait touché Artemis. Holly referma ses bras autour d'elle et s'accroupit.
-D'Arvit, murmura-t-elle.
oOo
Il était dix heures pétante du matin. Naturellement, arriver à l'heure n'était pas une option.
Ignorant les journalistes qui se démenaient pour parler plus fort que leur voisin, Artemis pénétra dans le bâtiment où se déroulaient tous les plus grands procès de Dublin. Un sourire amer lui tordit les lèvres alors qu'il imaginait déjà les gros titres qui feraient la une des journaux, demain : « Fowl au cœur d'un procès », « Le procureur prend la place de ses victimes », et autres stupidités du genre.
Il ne se laisserait pas atteindre. Jamais.
Ses mocassins cirés couinèrent lorsqu'il s'arrêta devant une lourde porte en bois. Inspirant à fond, il leva fièrement la tête. Ça y est. Il y était. Pénétrant dans la pièce qui lui faisait face, il se dit que ce jour aurait au moins le mérite de rester gravé dans sa mémoire.
NDA : Bon, il se passe pas grand-chose dans ce chapitre, mais c'est le genre de passage obligé pour faire la transition entre deux scènes, donc... Ah oui, et j'aimerai savoir votre opinion sur le fait de Holly qui est comme qui dirait "sous le charme" d'Artemis. Contre? Pour? Sachant que je sais exactement comment ça va évoluer (je connais grosso modo ce qui se passe dans chaque chapitre à venir), mais je voulais connaître votre avis quand même...
Bref, je pars le 2 pour un camp pendant un mois, donc... Enfin, vous me direz, vu que je poste une fois par mois, vous ne verrez pas la différence. x)
D'ailleurs, j'ai remarqué : le 5 juillet, cette fic aura un an! Mon dieu, sept chapitres en un an seulement... IT SUCKS! Bon. Reviews? :D
~Erylis
