Disclaimer et Avertissement : CF Chapitre 1
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Merci à Mistycal, ma Bêta. Allez voir ses fics, absolument ! Lien sur mon profil.
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Délire Aveux et Amitié
Acte 1 : Epuisement - Divagations - Promesses
Harry
Six jours. Six jours que nous sommes en route. Et quatre qu'il n'y a plus de Potion Revitalisante. J'ai bien essayé de ralentir la consommation de Malfoy, pour la faire durer plus longtemps, mais rien à faire.
Il est vraiment plus cabochard qu'un âne Malfoy !
Quand nous sommes arrivés sur l'autre versant de la montagne, après deux jours de grimpette harassante, nous en avons pris plein les yeux. Le paysage était magnifique : une vallée encaissée, boisée et teintée aux couleurs de Gryffondor par l'automne, coupée en son milieu d'une large rivière tantôt bouillonnante, tantôt calme. Et juste en face, de nous, les chutes d'eau…
Même Malfoy en était époustouflé tant c'était beau !
Nous serions bien restés là, mais il n'y avait toujours pas d'eau à disposition et les fruits se faisaient rares… Je m'étonne d'ailleurs que Malfoy ne m'ait pas fait remarquer la différence pourtant frappante du décor. D'une forêt aux allures tropicales, nous sommes passés à une forêt qui fait plutôt penser au Grand Nord américain…
Mais je ne crois pas qu'il s'y connaisse vraiment en forêt Malfoy. Et puis, il est si épuisé qu'il me donne l'impression de ne pas remarquer grand chose de toute façon…
Bref ! Nous avons décidé de redescendre.
Enfin quand je dis nous…
Malfoy n'est plus vraiment en état de prendre des décisions. J'ai le sentiment parfois de traîner un gosse derrière moi. Un gamin docile et un peu bête, qui obéit sans trop rechigner, qui fait mécaniquement ce que je lui dis…
Je n'aime décidément pas ce Malfoy là…
Cela m'a amusé pourtant, je l'avoue et ce n'était pas malin de ma part d'ailleurs, de voir la tête qu'il avait dans les premières heures de notre retenue. Après tout, Malfoy était mon ennemi depuis mon arrivée à Poudlard et je tenais là une occasion en or de me réjouir de son ignorance et son inexpérience d'un monde sans Magie, ce qui l'amenait inévitablement à dépendre de moi et à devoir faire profil bas…
Enfantillages, comme dirait Snape…
Il aurait raison. J'ai beau avoir mûri cet été, il n'en reste pas moins que je suis encore un adolescent idiot dans certaines circonstances…
A présent, cela ne m'amuse plus du tout de le voir perdu et démuni.
Et surtout si épuisé.
Jamais je n'aurais pensé que Malfoy, le petit Malfoy si fier de ses origines et de sa fortune, vivrait un jour des expériences si angoissantes qu'il en deviendrait ce qu'il est en ce moment !…
Même après son premier cauchemar je n'avais pas mesuré à quel point il était perturbé, je regrette maintenant de m'être montré si dur, si abrupt avec lui à ce moment là.
Maintenant, nous remontons le cours de la rivière pour regrimper là haut, sur le plateau en amont des chutes d'eau. Cela ne va pas être une promenade de santé encore une fois. Du moins pour Malfoy. Alors je prends un peu de temps pour les pauses. Je le laisse dormir, de son sommeil toujours agité et interrompu par ses cauchemars et pendant ce temps là, je pêche et je chasse à proximité. Et je ramasse toujours les plantes comestibles que je trouve.
Je dors peu, parce qu'il faut surveiller Malfoy, mais mon sommeil est réparateur et je me permets aussi des temps de micro sieste qui me sont très profitables.
Mais là, il est temps que nous arrivions à destination, il commence à faire sacrément frisquet vers le soir et j'ai la conviction que c'est là haut que nous trouverons un abri solide, une grotte qui ferait bien notre affaire.
« Potter… » m'appelle Malfoy, d'une voix qui commence à être tout aussi faiblarde que lui.
« Oui ? » m'enquiers-je, avec gentillesse, tournant toute mon attention vers lui.
« Pourquoi ne restons-nous pas ici ? » souffle-t-il
Une fois encore, Malfoy a l'air au plus bas de ses forces. Nous ne sommes pourtant pas en route depuis plus d'une heure. Et cela fait dix fois au moins qu'il me pose la même question.
« Nous ne pouvons pas, je te l'ai déjà dit Malfoy » réponds-je le plus doucement possible, avec patience. « Rester dans la vallée, est plus dangereux que d'aller là-haut où nous pourrions sans doute trouver une grotte pour nous abriter de la faune sauvage et du temps. Regarde le ciel. La couleur change. Nous n'avons pas encore eu de pluie, mais si le vent tourne, nous pourrions en avoir, peut-être même de la neige. Et si nous n'avons pas un abri bien solide, nous allons geler sur place. »
« Mais nous sommes en retenue ! De Paimpont ne va pas nous laisser mourir de froid... » geint-il comme un petit garçon qui ne comprend pas et des larmes au bord des cils.
« Non, c'est vrai. Seulement, aussi longtemps que nous ne sommes pas en danger de mort, elle n'interviendra pas Malfoy. Et même si je sais qu'elle ne nous laissera pas mourir, je n'ai pas envie de me geler les fesses pour autant. Et nous pouvons rester ici assez longtemps je crois… » dis-je, pour la onzième fois.
« Combien de temps peut-elle nous laisser ici ? » demande-t-il, semblant presque désespéré et essuyant doucement les larmes qui embuent ses yeux, d'un revers de manche.
Il a tout d'un petit garçon triste qui essaye de faire face avec courage...
« Longtemps Malfoy, longtemps… Jusqu'à ce que la retenue porte ses fruits. » réponds-je, le prenant par l'épaule pour l'aider à rester à ma hauteur.
« Mais nous ne savons même pas ce qu'elle veut ! » s'exclame-t-il, malheureux et abattu
« Si ! Elle nous l'a dit Malfoy. Quand elle nous a donné la retenue, elle nous l'a dit : « Et cette petite retenue commune vous permettra peut-être de réfléchir tous les deux à un moyen de vous entendre. » Et aussi quand nous sommes entrés dans la salle d'entraînement : « Maintenant, Messieurs, vous allez vivre une aventure peu commune. Une aventure dont vous reviendrez changés » Elle attend quelque chose de nous Malfoy et aussi longtemps qu'elle ne l'aura pas obtenu, elle nous gardera ici. » lui explique-je, en reprenant les mots exacts de notre professeur de DCFM.
« Elle ne peut quand même pas faire durer cela des mois ! » s'écrie-t-il, sur un ton douloureux et complètement désespéré cette fois.
Je ne réponds pas tout de suite. Et je lâche son épaule, un peu découragé moi-même, m'éloignant de quelques pas.
Parce que si, cela peut durer des mois.
Notre deuxième incursion dans le « Temps Ralenti », a duré presque un an l'été dernier…
Presque un an pendant lequel nous avons appris les techniques de combat moldues, asiatiques surtout. Le professeur De Paimpont est une fondue des techniques de combat asiatiques, à main nue et avec bâton, sabre, katana, nunchaku. Mais aussi à l'épée, dague et couteau. Et même le tir à l'arc. Le tout, entrecoupé de cours de Tai-chi et de yoga, pour nous aider à trouver l'harmonie du corps et de l'esprit, à rassembler et équilibrer nos énergies, à méditer sur nous-mêmes et trouver en nous les réponses à nos problèmes. Et du sport aussi. Beaucoup de sport… pour renforcer nos muscles, améliorer notre souplesse, augmenter notre vitesse et notre résistance physique…
Presque un an… Qui n'a duré que quelques heures dans la réalité extérieure du monde dans lequel elle nous avait emmené, mais d'où nous sommes tous revenus tellement changés que Remus, les Weasley et les autres ne nous ont pas reconnus…
Changés dans nos têtes : plus mûrs, plus réfléchis, plus sereins, même si l'essence de notre personnalité perdurait, comme l'esprit facétieux des jumeaux.
Changés (je sais que c'est difficile à croire cela, mais c'est pourtant vrai) physiquement : grandis, musclés, plus résistants, avec des gestes mesurés et sûrs. Même Neville, le plus maladroit de nous tous.
Changés dans nos cœurs : plus ouverts, apaisés, équilibrés… Même Ron, le plus impulsif et Ginny, la plus prompte à la colère de la bande.
Tout cela m'a d'ailleurs beaucoup aidé pour les leçons d'Occlumencie avec Snape. Et cela m'aide maintenant, avec Zombie Malfoy qui pose inlassablement les mêmes questions et n'avance pas dans son chemin personnel.
Comment puis-je répondre à sa question sans qu'il s'effondre complètement ? Il faut pourtant que je lui dise quelque chose, car il s'est arrêté et reste droit au milieu du chemin, ses yeux gris, cernés de violet, lui dévorant la figure et quêtant une réponse rassurante, que je ne puis lui donner…
Alors j'inspire profondément et je reviens vers lui, qui est resté debout, sans bouger, le regard dans le vide en attendant ma réponse. Je pose mon bâton contre un arbre et je le prends par les épaules, autant pour le soutenir, que pour lui communiquer un peu de chaleur rassurante. Et je prends ma voix la plus douce, la plus patiente et la plus apaisante pour lui expliquer :
« Le temps importe peu ici Malfoy. Nous allons nous en sortir. Nous sommes ici parce que nous pouvons nous en sortir tous les deux. Il faut juste avoir confiance en cela et en nous-même. Je ne sais pas ce qui te ronge et t'épuise ainsi Malfoy. Je ne sais pas ce que tu as vécu cet été, ce que tu vis depuis la rentrée et dans tes cauchemars. Mais il y a une chose dont je suis sûr : c'est qu'à un ou deux moments, tu as sacrément dû faire preuve de courage… Ou en tout cas, qu'il t'en a fallu pour continuer à avancer… Et je suis sûr aussi que tu vas trouver ici la force de t'en sortir, la solution à tes problèmes. C'est à toi de faire ce boulot là. Moi, je ne peux rien faire à part être là et prendre soin de toi jusqu'à ce que tu trouves. Je crois, Malfoy, que je t'ai dit tout ce que j'avais à te dire pour que tu puisses réfléchir à tout ça. Je sais que tu es fatigué, épuisé même et que cela t'est difficile de me suivre là-haut. Mais nous allons y arriver tous les deux. Nous allons y arriver justement parce que nous sommes à deux et que je ne te laisserai pas tomber. Je serai là pour t'aider aussi longtemps que tu en auras besoin. C'est mon job Malfoy. Je te demande juste de faire un peu attention, de ne pas te laisser distancer, de me dire quand tu as vraiment besoin de t'arrêter un peu. Ok ? »
« Ok Potter. » soupire-t-il, le regard dans le vague, presque absent…
Voilà. Il redevient le gentil et docile Malfoy. Le zombie qui va me suivre au ralenti, sans faire attention à ce qui l'entoure…
Je n'aime pas cela ! Je n'aime vraiment pas cela ! Je n'aime vraiment pas le voir ainsi !…
Cela me noue la gorge et les entrailles…
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Draco
Cela fait deux jours que nous avons quitté la vallée. Du moins je crois que cela fait deux jours. Et huit en tout, que nous sommes ici. Oui, c'est cela, c'est ce qu'à dit Potter tout à l'heure.
Je suis épuisé, sans force, je ne peux plus réfléchir. Un instant je bous de l'intérieur, un autre, je grelotte de froid. Par moments, mon cerveau est vide et je suis parfois surpris, étonné quand je reprends contact avec ce qui m'entoure…
Qu'est-ce que j'ai fait pendant ce temps là ? Pendant ces blancs que ma mémoire ne peut combler ? J'ai l'impression, que ce sont toujours les mêmes choses qui tournent et retournent sans arrêt dans ma tête… Je ne sais plus parfois ce qui est réel ou non… Si je suis ici, en retenue avec Potter ou dans le bureau de mon père, avec le Lord Noir ?
Et si j'étais là-bas en vrai et qu'ici c'était seulement un rêve…
Entre ce que je vis, les souvenirs et les cauchemars, je n'arrive plus vraiment à faire la différence…. D'ailleurs, ai-je vraiment vécu tout cela ou est-ce le fruit de mon imagination, des hallucinations ?
J'ai peur, je deviens fou je crois. Comme Lui…
Et Potter… Que pense-t-il de tout cela ? Il ne dit rien, il est gentil avec moi. Il me donne à manger, me réveille quand je crie trop dans mes cauchemars. Il fait tout et je ne fais rien. Je n'ai même plus la force pour l'aider à préparer le feu. Il pense à tout. Même à me faire laver dans l'eau de la rivière quand elle est assez calme pour se baigner sans risque.
Moi, je ne sers à rien. Je suis inutile. Même pas fichu de me débrouiller tout seul. Même pas fichu de réfléchir à ce que m'a dit Potter. Je suis un fardeau pour lui. Il m'a prévenu le premier soir : « j'aurais assez à faire comme ça, sans avoir un fardeau supplémentaire sur le dos, à surveiller sans cesse tes arrières et venir à ton secours Malfoy. »Il avait raison. Je suis un incapable, même pas fichu de m'occuper de moi-même. Je suis juste bon à faire des conneries… Comme quand je suis rentré à la maison pour les vacances et que j'ai dit au Seigneur des Ténèbres que je le servirais.
Le Lord est méchant, vraiment méchant. Et cruel et pervers aussi.. Potter, lui, il est gentil. Vraiment gentil. Il s'occupe bien de moi et ne me punit pas, même si je suis un fardeau pour lui…
C'est pourtant lui mon ennemi. Je ne comprends plus rien. Comment vais-je me sortir de tout cela?
Je n'ai pas de courage. Il a tort Potter. Je n'ai pas de courage, je n'en ai jamais eu ! C'est pour cela qu'il est mort ! C'est à cause de moi ! Si je n'avais pas fait de connerie, si j'avais eu du courage, il ne serait pas mort !…
« Malfoy ! Tu dors debout. Il faut que tu t'allonges un peu... Malfoy ! » me secoue Potter, sans méchanceté cependant.
« Potter ? Tu ne peux pas être là ! Tu es mort Potter ! J'ai vu quand Greyback t'a égorgé dans le bureau de mon père ! Tu es un fantôme ? » dis-je, me sentant complètement confus encore une fois.
« Non, Malfoy, c'est bien moi, je suis vivant. Et toi tu rêves debout. Allez Malfoy, allonge-toi et dors un peu » me répond-il, avec sa voix si gentille que je n'ai pas envie de le contrarier en lui désobéissant….
Et puis, je suis si fatigué ! Si fatigué !
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Harry
Malfoy divague maintenant. Je suis sûr qu'il ne s'est même pas aperçu que nous avons passé le bas des chutes d'eau hier après-midi. Ça faisait un bruit infernal pourtant et j'ai préféré aller un peu sous les arbres pour ne plus être assourdi.
Malfoy divague et rêve debout…
Il croit que je suis mort… Une idée pêchée dans ses cauchemars sans doute.
Il faut qu'il parle ! Il faut qu'il vide sa tête de tout cela sinon ça va le tuer ! Quand nous serons là-haut, j'essayerai de le faire parler…
Mais il faut d'abord que nous y arrivions. Il reste encore un tiers de la pente à grimper. Elle est vraiment très raide maintenant. Nous ne pourrons pas camper ici cette nuit. Trop dangereux. Si l'un de nous se retourne dans son sommeil, il risque de tout dégringoler durement et de se blesser.
Mais il est déjà tard aussi… il va bientôt falloir repartir sinon, je ne sais pas ce que nous pourrons faire pour être en sécurité… Je ne vais pas pouvoir le laisser dormir longtemps. Il va falloir qu'il fasse un effort. Un gros effort.
Merde ! Pourvu qu'il ne tombe pas d'épuisement en route !…
Non, le professeur De Paimpont nous ferait revenir si sa vie était en danger. Mais quand même. Il est dans un sale état. Vraiment dans un sale état, physiquement et psychologiquement aussi…
Merde ! Merde ! Et Re-merde ! Cela fait à peine une demi-heure qu'il est endormi et le cauchemar commence déjà ! Cela se rapproche vraiment de plus en plus. Et ils ont l'air de plus en plus terribles !…
Bientôt, il ne pourra plus dormir du tout…
Il faut qu'il parle !
« Malfoy ! Réveille-toi mon vieux! C'est un cauchemar… Juste un cauchemar. Aller viens. On va aller là haut et cela ira mieux tu verras… »
« Je ne peux pas… Je ne peux pas Potter… Je n'ai plus la force… Vas-y toi. Laisse-moi ici. » geint-il, larmoyant.
« Non, c'est hors de question Malfoy ! Je ne t'abandonnerai pas ! Jamais ! Tu m'entends ? Tu viens avec moi. Je vais t'aider. Appuie-toi sur moi. Allez ! Nous allons y arriver ! » m'écrie-je presque, pas loin d'être gagné par le désespoir et le découragement.
Mon barda sur le dos et un Malfoy vacillant sur ses jambes à traîner en plus, ce n'est pas l'idéal pour la grimpette. Mais je n'ai pas le choix. Nous aurons besoin des peaux et de la nourriture là-haut alors je ne peux pas les laisser…
Je dois pourtant me rendre à l'évidence, quelques centaines de mètres plus loin, qu'il va peut-être falloir faire un choix entre mon barda et porter Malfoy… Car cette fois, il va s'agir d'escalader des rochers. Et ça dure bien sur deux cent cinquante mètres à vue de nez… Peut-être même trois cents… Presque en à-pic…
La question est : aurais-je la force de tout porter ? Et Malfoy aura-t-il la force de s'accrocher à moi ou faut-il me résoudre à porter mon barda et Malfoy là haut l'un après l'autre ? Et puis-je prendre le risque de laisser Malfoy tout seul pendant un moment si je fais deux voyages ?
Une pause et une barre chocolatée pour récupérer un peu d'énergie plus tard, ma décision est prise. J'emmène tout. Je ne veux pas laisser Malfoy seul. Je lui ai promis de ne pas l'abandonner et je ne le ferai pas, même pour une heure. Alors je vais accrocher le support sur Malfoy et porter Malfoy sur mon dos. Bien attaché…
« Malfoy. Il va falloir que je te porte sur mon dos. Le support je vais le mettre sur le tien. Mais il va falloir que je t'attache à moi aussi. C'est juste pour être sûr que tu ne me lâches pas. Moi, j'aurais besoin de mes deux mains tu comprends ? Je ne pourrais pas te tenir, ni te retenir si tu lâches prise. Tu comprends ? » lui dis-je, tout doucement, pour qu'il entende et comprenne bien.
« Oui, Potter. Je suis un fardeau. Un fardeau… » me répond-il, tristement, dans un souffle à peine audible.
Ce qu'il dit me fait mal… Je n'aurais pas dû lui souffler cette idée le premier soir… D'autant que je n'en pense pas un mot… Alors tout en le préparant, je lui dis gentiment, mais fermement aussi :
« Non, Malfoy ! Tu es juste épuisé, malade de fatigue ! Je regrette ce que j'ai dit le premier soir. Je suis vraiment désolé ! C'était des bêtises ! Des grosses bêtises !… Personne n'est un fardeau pour personne, jamais !… Tu m'entends ? Jamais !… Tu es juste fatigué. Tu as juste besoin qu'on s'occupe un peu de toi Malfoy. De pouvoir dormir correctement. Et tu seras en forme ! Tu dois me faire confiance Malfoy. Tu as juste besoin de retrouver le sommeil et pouvoir parler de ce qui te tracasse à quelqu'un… »
« C'est à cause de moi, tout est ma faute Potter. Je ne fais jamais ce qu'il faut. Je suis un incapable et un fardeau. Tout est ma faute… Tout est ma faute…. » geint-il encore, divaguant c'est sûr, entre veille et cauchemar…
« Je suis sûr que ce n'est pas vrai ! Mais nous en parlerons plus tard de cela Malfoy. Pour l'instant, il faut juste que tu grimpes sur mon dos. Et que je t'attache. Et que tu t'accroches ! Ok ? » fais-je, insistant et proche de me laisser envahir par l'angoisse
« Ok, Potter… Que je m'accroche… » murmure-t-il, docile et refermant faiblement ses doigts autour de mes poignets.
« Oui, mais grimpe sur mon dos d'abord… » dis-je, en l'aidant à monter sur une pierre pour lui faciliter la tâche.
Malfoy fait tout ce que je lui demande et je l'attache comme je peux, le plus solidement possible. Puis, je me dis qu'il faut aussi qu'il me parle, qu'il chante ou siffle, n'importe quoi pourvu qu'il ne s'endorme pas. Parce que s'il s'endort et fait un cauchemar, il va s'agiter et nous risquons de tomber tous les deux…
Je le lui explique et il m'obéit encore sans remettre en question ma demande.
Il chante… De sa voix rendue fluette par la fatigue et plus fausse encore.
Il chante parce qu'il ne sait pas siffler me dit-il.
Il chante et il raconte des sottises auxquelles je ne comprends pas tout, parce que tout se mélange dans sa tête et que je ne sais pas ce qui est réel et ce qui sort tout droit de ses cauchemars. Et puis, comme je grimpe et qu'il faut que je fasse attention à ce que je fais, je n'écoute que d'une oreille. Juste assez pour savoir s'il s'endort ou pas et le relancer quand il commence à somnoler…
C'est la plus longue, la plus dure et fastidieuse grimpette que je n'ai jamais fait !… Et pourtant nous en avons fait lors de nos entraînements de plus longues et de plus raides…
Mais celle-ci !…
Est-ce le poids de Malfoy ou son babil incessant et incohérent ? Ma crainte qu'il perde définitivement la raison ? Ma culpabilité d'avoir contribué à le perturber ? …
Tout l'ensemble sans doute.
En tout cas, arrivé en haut, je m'écroule littéralement, Malfoy toujours attaché sur mon dos… Malfoy qui continue son babil incohérent, son front chaud contre ma joue et sa bouche presque collée à mon oreille…
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Acte 2 : Acte : Fièvre – Délire – Regrets - Protection
« C'est maman qui me l'a dit Potter ! Père est à Azkaban parce qu'il est une tapette. Et Greyback t'a égorgé dans le bureau de Père. Avec une cravache… Les fesses rouges. Du sang, plein de sang ! C'est la première fois que je voyais un mort, à part Thilda… Il m'a donné un livre mais je n'en veux pas ! Je préfère avoir un biquet ! Tu me le prêteras le tien dit ? … Moi, je ne veux pas lui donner ma rose… Tante Bellatrix est folle… Elle le voudrait, elle. Pourquoi il lui demande pas la sienne? C'est parce qu'il préfère les jumeaux qui se lèchent le cul tu crois ?… J'aime bien les Feuxfous Fuseboum Weasley, même si je ne peux pas en acheter… Mais je n'aime pas être attaché au plafond et vomir ! Comme après Greyback dans la galerie de portrait ! Sa queue est monstrueuse, elle a blessé le rat ! Il a puni son serviteur parce qu'il a échoué… Comme Père qui a tué Thilda quand j'ai eu cinq ans et m'a frappé avec sa canne… Il avait un fouet et il a jouit avec les lanières. Tes yeux verts me suppliaient mais je n'ai pas pu t'aider Potter… Je t'ai laissé mourir parce que je n'ai pas de courage. Je suis un couard et un fardeau… Un inutile Potter ! Je ne sers à rien !… Il va me tuer avec la queue de Greyback parce que je suis un vilain garçon et que je ne bande pas ! Maman est différente maintenant… Et elle pleure à cause de moi… Elle sait que je vais tout foirer encore… J'arrête pas de courir pourtant mais il est là, toujours là, à me poursuivre partout sur le chemin … Il fonce, il fonce il fonce toujours vers moi ! Alors je me suis pissé dessus…Père lui donne sa rose tu le savais ?… J'aime bien les mangues et manger avec les doigts… Mais cela ne se fait pas de siffler… Ce sont les inférieurs qui sifflent… Il veut que tu lui lèches ses chaussures et sa queue Potter… C'est ma faute aussi…. Je pleurais en dedans… Père a dit que je suis une fillette… Elle me consolait en chantant Thilda… »
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Il me faut bien une demi-heure pour récupérer de la grimpette et m'arracher au discours incohérent de Malfoy, pour regarder enfin où nous sommes. C'est un plateau avec une vue superbe sur la vallée. A droite, la rivière vive qui se précipite en bas, à gauche, un terrain découvert assez large, avec quelques arbres et des buissons hauts. En face, à deux cents mètres environ, la roche s'élève à nouveau vers le ciel… Mais à son pied, je distingue une ouverture sombre…
La voilà enfin ma grotte ! Du moins, je crois que c'est une grotte…
Je détache Malfoy. Il reste là, sur le sol, les yeux hagards et brillants des larmes qui s'échappent de ses yeux pour rouler sur ses joues. Et il chantonne maintenant. Il chantonne une berceuse… en pleurant… Et ça me tord les tripes de le voir comme cela… Cela me donne envie de pleurer moi aussi… Et de le protéger de toute cette merde qui le rend fou !…
Alors je l'encourage, dans l'espoir de le distraire de sa tristesse :
« Viens Malfoy, nous sommes presque arrivés. Il y a une grotte là-bas. Nous allons pouvoir nous reposer tous les deux maintenant. Tu m'entends Malfoy ? Nous avons réussi !… Nous avons réussi tous les deux !… »
« Tu es gentil Potter d'avoir tué le sanglier et d'avoir fait du feu avec ton biquet pour me réchauffer… J'en voudrais un aussi… C'est utile un biquet quand on n'a pas de baguette… Un sorcier averti vaut un Moldu quand il a un biquet, de la ficelle et un couteau de tueur… Est-ce que Dumbledore le sait Potter ? »
Je déglutis difficilement. Malfoy me regarde avec des yeux agrandis de fièvre et de folie. Je tends la main vers son front. Il est brûlant … Son babil incessant c'est du délire consécutif à la fièvre autant qu'à l'épuisement !… Et à bien y penser, il devait déjà avoir un peu de fièvre quand on était encore dans la vallée…
J'aurais dû le voir, j'aurais dû le comprendre avant et lui donner de la Pimentine !… C'est vraiment nul de chez nul de ma part de ne pas m'en être aperçu et je m'en veux !…
« Dit Potter, il le sait Dumbledore ? » insiste Malfoy.
« Oui, il le sait. La grotte n'est pas loin Malfoy. Si tu veux, je te porte encore… » lui dis-je doucement, la gorge nouée de le voir si mal en partie par ma faute.
« Tu ne peux pas » me répond-il en fronçant les sourcils. « Tu es un fantôme Potter, tu ne peux pas me porter ! Le Baron Sanglant aussi est un fantôme… Mais Peeves, lui est un esprit. Il peut toucher les objets et les faire tomber… Ce n'est pas bien de faire du mal aux objets hein ! Potter ? »
« Non, Malfoy, ce n'est pas bien… Viens maintenant. Quand nous serons dans la grotte, je vais te soigner. Et tu pourras dormir… » dis-je en le soulevant et en le portant à demi vers la grotte.
« Je n'aime pas dormir. Parce qu'il vient me faire du mal quand je dors. Greyback est un Loup-garou qui encule les rats. Il tire la calèche et le Lord est tout nu dedans, avec son fouet. Et moi, j'ai vomi sous la douche à cause de lui. Parce qu'il veut que je fasse tout comme mon père dans son bureau. Il veut mon cul Potter et le tien aussi… Il faut faire attention à ton cul tu m'entends Potter ? Il faut rester impassible. Il ne faut pas qu'il sache que cela te dégoûte et que cela te fait vomir. Ou bien il va te punir en prenant ta rose de force… Et après Greyback te tuera avec sa queue. Je te le dis parce qu'il y a le Sceau du Secret alors tu ne pourras pas lui répéter et maman ne mourra pas à cause de moi…» me dit-il, sur le ton de la confidence.
Et il délire comme cela tout au long du chemin et plus je l'écoute et plus je me dis que tout n'est peut-être pas du délire et que ce qu'il vit est vraiment terrible ! …
Et pas autant à cause des cauchemars qu'à cause de ce qui les provoque. Car dans tout ce qu'il babille de façon incohérente, je devine l'objet de son tourment.
Et cela me fait froid dans le dos.
Et cela me donne envie de gerber et de hurler !…
Et je comprends à quel point il est urgent de le tirer des griffes de Voldemort !…
Quand nous arrivons à l'entrée de la grotte, j'installe Malfoy contre la paroi de la montagne et j'allume un flambeau que j'ai fabriqué avec un bâton, un morceau de ma robe et de la graisse. Puis j'entre à l'intérieur, pour m'assurer qu'il n'y a pas déjà un locataire.
Nous avons de la chance. Visiblement, les lieux ont été habités, mais abandonnés. Alors j'y emmène Malfoy et je l'allonge sur la peau du sanglier puis, je lui donne de la Pimentine et des Potions de soins contre la fièvre. Ensuite, je l'invite à dormir en lui assurant que je veille sur lui mais il attrape ma main et ne veut plus la lâcher.
« Je ne veux pas que Voldemort te fasse du mal Potter. Parce que tu es gentil avec moi bien que je sois un fardeau pour toi et que je ne te cause que des ennuis ! Et aussi parce que je n'aime pas voir les autres souffrir et encore moins les faire souffrir, comme le Moldu qui ne m'avait pourtant rien fait. Ça me fait mal tout ça… Trop mal…Ce n'est pas bien… Et ça me dégoûte aussi. Ça me fait vomir et pleurer dans mon cœur Potter ! Parce que j'ai un cœur tu sais ? Je ne le savais pas moi avant, je l'ai appris cet été en même temps que le Doloris… Mais je suis obligé de te conduire à lui tu comprends ? Parce que je ne suis pas courageux comme toi et que j'ai peur qu'il me punisse. Il veut mon cul parce qu'il est vierge et bien serré et il le prendra si je ne fais pas ce qu'il dit ! Et il me donnera à Greyback et il tuera ma maman aussi !…
Je suis désolé Potter ! Vraiment désolé ! Mais je ne veux pas devenir un orphelin avec le cul déchiré plein de sang. Vraiment désolé Potter ! Mais si tu lui obéis et que tu lui donnes la rose de ton cul, il sera content et peut-être qu'il ne te tuera pas ! Parce qu'il veut ton petit cul aussi, il me l'a dit…Voir son ennemi à ses pieds avec sa queue dans la bouche et humilié. Il faudra que tu fasses semblant d'être soumis et que cela te plait et jouir aussi, même s'il te fait du mal avec son fouet. C'est ce qu'il veut. Il est fou tu sais ? Complètement fou ! Et il ne verra pas que tu fais semblant ! Et alors, je ferai un effort pour bander en te regardant souffrir et après je pourrais peut-être te sauver.
Parce que tu n'es pas un Moldu toi ! Alors j'aurais le droit d'être compatissant. Et quand il en aura assez de t'humilier avec ses chaussures sales, je te garderai avec moi et je prendrai soin de toi à mon tour. Et je te garderai en vie pour toujours avec moi. Tu comprends ? Je te protègerai ! » me dit-il, d'abord l'air terrifié, mais finissant par un sourire sincère quand il m'assure qu'il me gardera en vie et me protègera…
« Oui, Malfoy, je comprends. Mais dors maintenant. Nous reparlerons de tout cela quand tu seras guéri et bien reposé. » dis-je, essayant de l'apaiser autant en prenant une voix calme, qu'en lui caressant doucement la main.
Et les larmes courant librement sur mes joues…
« Tu restes avec moi hein ! Tu ne m'abandonnes pas ! Tu me l'as promis ! Et tu ne le laisseras pas m'emmener s'il vient me chercher pendant que je dors hein ! Potter ? Tu ne le laisseras pas tuer ma maman ! » me supplie-t-il, s'accrochant de plus bel à moi.
« Non, je ne t'abandonne pas. Je reste ici et je veille sur toi. » lui assure-je, avec toute la sincérité que j'éprouve.
« Ok ! Je te fais confiance. Bonne nuit Potter ! » s'exclame-t-il sur un sourire enfantin et confiant, qui me tord encore une fois les entrailles…
« Bonne nuit Malfoy. » réponds-je dans un souffle.
Je suis effaré ! Complètement effaré ! Et dégoûté, écœuré ! Et ma poitrine est si serrée de douleur que mon cœur remonte dans ma gorge !… Et je tremble. Je claque des dents de froid… et d'horreur surtout !
Malfoy vient de me livrer une information essentielle dans son délire !
Car je suis sûr qu'il dit la vérité quand il affirme qu'il doit me livrer à Voldemort ! Et je le crois aussi quand il dit qu'il n'a pas envie de remplir cette mission, qu'il n'aime pas faire souffrir les autres. Et puis, il a prononcé le nom maudit, celui qui fait peur : Voldemort. Et il a dit que le Lord est fou… Et il a confirmé mes doutes sur la perversité de Voldemort et de ce qui le tourmente dans ses cauchemars !…
La menace d'un viol !…
La menace que sa mère soit tuée !…
Bien sûr, s'il avait été dans son état normal, jamais il n'aurait dit tout cela… Mais là, sous l'influence de la fièvre et de l'épuisement, il vient de me révéler le fond de sa pensée et l'objet de ses cauchemars…
Je devrais exulter. Mais je ne suis pas heureux.
Bien au contraire !…
J'aurais préféré qu'il me dise tout cela dans son état normal. Qu'il me fasse confiance, même si je comprends à quel point cela doit être difficile d'en parler ! A quel point cela doit être dur de vivre avec cette perspective, cette peur, cette terreur permanente sans pouvoir se confier, trouver de l'aide !
Et j'ai envie de pleurer.
Non… Je pleure réalise-je en sentant une larme tomber sur ma main…
Et je sens une vague de douleur supplémentaire me submerger…
Parce que j'aurais dû aller vers lui avant, bien avant ! Parce que j'ai été dur avec lui au premier soir ! Parce que je regrette profondément les insultes et provocations que je lui ai lancées et qui m'ont valu cette retenue avec Snape !…
Parce que j'ai vu qu'il était vraiment mal dans la douche des vestiaires la veille de notre retenue… Et que je n'ai rien fait… Je suis parti… Je l'ai laissé seul avec sa souffrance et sa détresse…
Mais aurait-il accepté que je lui tende la main ce soir là ? Etions-nous prêts l'un et l'autre pour accepter cela ?
Non, il ne l'était pas…
Non, parce qu'il ne fait confiance en personne. Mais a-t-il déjà eu des raisons de faire confiance en qui que ce soit jusqu'ici ? Connaît-il dans son entourage proche des personnes qui n'adhèrent pas aux idéaux de Voldemort ?
Non, parce que ses bases sont ébranlées, lézardées, qu'elles s'effondrent de toutes parts !…
Non, parce qu'il souffre et pense que personne au monde ne peut l'aider !…
Non, parce qu'il croit que tout est de sa faute !…
Et moi, non plus je ne l'étais pas…
Non, parce qu'il me fallait une situation extrême pour passer au-dessus de notre passé. Malgré mon désir d'enterrer la hache de guerre, d'établir d'autres relations avec lui, je n'étais pas vraiment prêt à voir en lui autre chose qu'un sale gamin gâté par le fric, imbu de sa personne et tellement fier de son Sang Pur…
Et j'étais si déstabilisé de le voir ainsi, à genou dans sa pisse, sa merde et son vomi, à pleurer et gémir et souffrir…
Où donc est passé le Malfoy de juin dernier ? Celui qui me jurait qu'il vengerait son père ? Combien a-t-il dû subir pour en arriver là ?
Oh ! Je devine bien la vérité ! Il a vu le vrai visage de Voldemort, toute sa folie et assisté à des scènes horribles ! Vécu des scènes horribles, monstrueuses !…
Et il est seul pour affronter tout cela…. Il n'a aucun ami à qui se confier, avec qui partager sa douleur et ses peurs… Sa terreur…
Je le découvre si faible et si fragile, si peu confiant en lui, si désespéré et démuni, que cela éveille en moi un désir profond et sincère de le protéger, de l'aider à trouver, en lui, la force de se rebeller et de se défendre contre Voldemort.
Mais le voudra-t-il ? Et que dois-je faire quand il ira mieux ? Dois-je lui dire qu'il m'a tout révélé dans son délire et dans sa fièvre? Comment réagira-t-il dans ce cas ? Il est dans un tel état de terreur et de tension que cela me fait peur !…
Alors, en attendant, je fais la seule chose que je puisse faire pour l'instant : je m'accroche à sa main, autant qu'il s'accroche à la mienne, pour qu'il sente ma présence, qu'il sache qu'il n'est pas seul dans l'obscurité et la douleur. Et doucement, je caresse ses cheveux… Et je supplie :
« S'il vous plait, faite qu'il s'apaise un peu. Epargnez-lui les cauchemars pour cette nuit. Permettez-lui de dormir et récupérer un peu … Il en a tellement besoin ! S'il vous plait, Madame... »
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Malfoy délire et hurle dans ses cauchemars depuis deux jours et deux nuits et je ne l'ai quitté que pour aller chercher en vitesse de l'eau, du bois et un peu de nourriture….
Il y a dans la grotte une cheminée naturelle et quelques ustensiles. Merci Madame !
Vous n'avez pas exaucé mon vœu que Malfoy trouve l'apaisement, mais vous avez pris soin de me faciliter un peu la tâche…
J'ai un arc et des flèches maintenant, un deuxième couteau, des écuelles, des couverts, une broche, une poêle, une bouilloire, des gobelets, du fil de fer, une hache et un seau à disposition. Une toile étanche pour fermer l'entrée de la grotte et deux couvertures aussi. Ah ! Et de vrais flambeaux.
Le grand luxe quoi ! Le grand confort pour des vacances de rêve ! Une récréation bien reposante aussi !
Car depuis deux jours et deux nuits, j'ai coupé des bûches pour le feu et fabriqué quelques pièges que j'ai disposés dans les buissons et les bouquets d'arbres alentours. Il faut bien faire son marché n'est-ce pas ? Et si je ne mange pas un peu de temps en temps, qui prendra soin de Malfoy ? Qui le protègera ?
La nasse, que j'ai fabriquée quand nous étions dans la vallée, je l'ai jetée dans la rivière, au petit bonheur la chance. Elle ne m'a rapporté qu'un poisson trop petit pour faire un repas mais bon… J'ai d'autres choses à manger et puis, le poisson, ce n'est pas ma priorité…
Ma priorité, c'est Malfoy… Je rafraîchis son front avec des linges mouillés (encore des morceaux de ma robe) et je m'efforce de lui faire boire des Potions et de l'eau. Le plus possible d'eau dans laquelle je fais parfois infuser des herbes calmantes… Et je le lave et le change quand sa couverture est mouillée…
Je l'ai laissé nu pour me faciliter la tâche, j'espère qu'il ne m'en voudra pas quand il se réveillera…
Qu'il ne pensera pas que j'ai voulu abuser de lui…
Quant à moi, je ne m'autorise que de courtes périodes de sommeil, pour le garder à l'œil et être prêt : s'il se réveille, s'il faut le secouer pour le sortir d'un cauchemar, s'il faut le consoler quand il a peur et qu'il pleure…
Moi, je me reposerai quand il ira mieux…
Pour l'heure, il est à peu près calme, il marmonne seulement dans son sommeil. Alors j'en profite pour monter la garde près de l'entrée de la grotte, à l'abri d'un buisson. C'est le moment où de rares animaux s'aventurent aux abords de la rivière pour boire. Je pourrais peut-être en surprendre un avec une flèche… Je n'aime pas tuer, même pour manger. Mais c'est une nécessité sur laquelle je ne peux pas faire l'impasse.
En voilà justement qui arrivent… Un jeune cerf… Non… Je ne pourrais pas tuer un Patronus… Par contre, l'un des cochons sauvages m'intéresse… Assez gros pour avoir bien de la viande et assez petit pour la broche…
Allez Harry !… Pense à Malfoy !… Il a besoin de toi en forme pour le soigner !…
Je me redresse et la flèche siffle. Faisant touche là où je voulais. Le cochon meurt sans trop de souffrance et je me détends…
Puis, je prépare le cochon pour la broche, vidant ses entrailles et le sang dans la rivière… Le sang, j'en ai gardé un peu pour en faire boire à Malfoy… C'est dégoûtant je sais, mais c'est la seule chose que j'ai trouvé pour le nourrir un peu… Il est suffisamment faible comme cela, je ne vais pas en plus le laisser mourir de faim !…
Si seulement il se réveillait, je lui ferais une purée avec le foie et des tubercules un peu douceâtres que j'ai trouvé juste à côté. Des topinambours je crois…
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Finalement, le sang, c'était une mauvaise idée. Malfoy a tout recraché. Je vais essayer quand même la purée… Cela passera peut-être ça… Même s'il dort à moitié, il fera peut-être l'effort d'avaler.
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Trois cuillères… C'est tout ce qu'il a pris… Ce n'est pas génial, mais c'est mieux que rien. Si seulement j'avais des œufs, je lui en ferais gober un ou deux… Mais à cette époque ci, des œufs, il ne faut pas rêver… Je re-essayerai la purée tout à l'heure… En attendant, je vais me faire une tranche du cochon sauvage et des topinambours sautés.
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Le ciel commence à s'éclaircir, il va bientôt faire jour. Malfoy a encore eu une nuit très agitée et j'ai même dû le prendre un peu dans mes bras pour le calmer…
Et lui chanter une berceuse…
…
« S'il te plait !… Fais comme Thilda et chante moi une berceuse Potter !... Père ne pourra pas te tuer si tu le fais, il est à Azkaban… Avec les Détraqueurs qui sont dans ma tête… Tu le sais bien, c'est toi qui me l'a dit… Et c'est toi aussi qui a envoyé mon père avec eux là bas… C'est bien fait pour lui !… Je suis content, il pourra plus te faire mal !… Il est méchant tu sais, avec sa canne… Et il ne veut pas que je siffle… Il m'en veut parce que j'aime Thilda…Chante comme Thilda, une berceuse Potter !…S'il te plait !…»
Je ne connais pas de berceuse… Mais, les larmes roulant sur mes joues et la gorge serrée, je chante pour Malfoy, des paroles sans queue ni tête, sur un air doux qui me vient de je ne sais où, juste pour le calmer, juste pour ne plus entendre sa voix de petit garçon triste me réclamer une berceuse et me parler de cette Thilda que son père a tué… Thilda, une Elfe de maison à laquelle il s'était attaché et qui a déplu à son père quand elle l'a consolé un jour où il était triste quand il avait cinq ans… Du moins, je crois que c'est cela, d'après ce que j'ai décrypté de ses discours décousus et incohérents…
…
J'en frissonne encore à ce souvenir… Et je me sens las après cette nuit sans sommeil. Malfoy est calme maintenant. Il ne marmonne même pas. Je vais en profiter pour dormir un peu… Juste un peu… D'un œil et d'une oreille…
Rester vigilant, pour le protéger…
Pour prendre soin de lui…
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Acte 3 : Espoirs Envolés
Draco
Il fait froid. Si froid ! Quelques flocons de neige épars tombent sur ma peau nue. J'ai si froid qu'ils ne fondent pas… Qu'est-ce que je fais là ? J'ai si peur ! J'ai si mal ! Je me sens si seul !
C'est beau ici. C'est calme. C'est reposant. Ce serait facile de m'allonger et de me laisser aller au sommeil. Dormir, dormir pour toujours… Ne plus avoir à rêver de Lui, à penser à Lui… A la dernière fois où je l'ai vu à la fin de l'été, à la veille de la rentrée.
…
Dernier jour de vacances, dernière soirée au Manoir.
Demain je repars pour Poudlard et je n'en ai jamais été aussi heureux. Je n'ai pas vu le Lord Noir depuis la soirée horrible où il a fait tuer le sosie de Potter dans le bureau de mon père. J'en fais des cauchemars chaque nuit et j'en dépéris aussi. Mère l'a remarqué.
Mère que j'ai appris à connaître ces dernières semaines.
Depuis le lendemain de la fameuse soirée, où j'ai surpris Greyback en train de violer Pettigrow dans la galerie de portrait de mes ancêtres..
Je me sentais si mal, que je suis allé me réfugier dans les jardins. Mère m'a rejoint sur un banc et, pour la première fois, elle m'a parlé. De tout et de rien. Du temps et des roses qu'elle aime à venir cueillir le soir quand elles exhalent leurs derniers parfums dans les rayons bas du crépuscule naissant.
Nous nous sommes ainsi retrouvés chaque fin d'après midi, pour une promenade ou une conversation sur le banc et petit à petit, nous avons appris à nous faire confiance et à nous ouvrir l'un à l'autre. Elle, si froide et si distante avec moi depuis toujours, m'a appris sa vie, ses regrets, ses frayeurs, sa souffrance de n'avoir pu être une vraie mère pour moi et ses espoirs aussi…
Et un soir, je lui ai tout révélé : mon dégoût de faire souffrir, d'être passé maître dans l'art de dissimuler mes véritables sentiments, ma peur du Lord, les menaces qui pèsent sur moi, ma douleur et ma terreur constante, mon désir profond d'arracher ce masque d'impassibilité et de pouvoir pleurer sans honte sur mes fautes, de demander pardon à ceux qui ont eu à souffrir de moi, de ma stupidité…
Et elle m'a pris dans ses bras, m'a embrassé et m'a dit combien elle était fière de moi, que je ne sois pas comme mon père. Mon père, qui s'est offert au Lord bien avant son mariage avec Mère. Mon père, son mari, qui ne l'a mariée et n'a couché avec elle que pour concevoir un héritier. Mon père, qui m'a élevé, éduqué, façonné pour que je lui ressemble : aussi froid et insensible que lui. Aussi cruel.
Mon père, la « pute » du Seigneur des Ténèbres, son « adorable petite tapette si docile et si fidèle » ainsi que le Lord aime à l'appeler me dit-elle en pleurant.
« Il te veut mon fils, le Seigneur des Ténèbres te veut comme il le voulait lui quand il avait ton âge. Il te veut à son service et dans son lit, pour le remplacer… Tu pars demain Draco. Ne reviens pas… Vas voir le professeur Dumbledore, il te protègera. Et quand tu seras à l'abri, je partirai d'ici moi aussi, je te rejoindrai… »
Dernier jour de vacances, dernière soirée au Manoir.
Demain je repars pour Poudlard et dès mon arrivée, je mettrai notre plan à exécution. Nous avons convenu d'un code, un mot à glisser dans une lettre et elle comprendra, elle saura qu'elle doit venir me rejoindre à Poudlard, pour que le professeur Dumbledore nous mette tous les deux à l'abri du Lord…
Elle partira sans rien, pour ne pas éveiller les soupçons et, sous prétexte de faire quelques emplettes sur le Chemin de Traverse, elle quittera pour toujours le Manoir où elle a vécu les jours les plus sombres de sa vie. Le Manoir maudit, la prison dorée où elle n'est restée que dans l'espoir qu'un jour elle pourrait me sauver…
Ma malle et tous mes effets sont prêts. En secret, j'y ai glissé les Gallions que Mère m'a confiés et les bijoux qui lui viennent d'un héritage. L'espoir renaît en moi, demain je serai libre !…
Merlin merci ! Je ne porte pas Sa marque. Il ne l'a pas voulu, malgré l'insistance de tante Bellatrix, car il ne veut pas risquer que le professeur Dumbledore l'apprenne d'une indiscrétion de l'un de mes camarades de Serpentard ou si je me retrouvais par accident à l'infirmerie comme c'est déjà arrivé par le passé …
Oui, demain je serais libre !
Quel doux rêve !
Un rêve que je dois pourtant cacher au plus profond de mon cœur et de mes pensées, car tante Bellatrix vient m'informer que le Lord m'attend…Et je le maudis tout au long du chemin car je dois à nouveau revêtir le masque de l'indifférence, le masque de froideur, le masque d'insensibilité qui me ressemble si peu mais qui me protègera de ses regards inquisiteurs et de son pouvoir de Légilimens.
J'entre dans le bureau de mon père, mon regard cherchant automatiquement les tâches de sang sur le tapis, les tâches de ma honte et de ma culpabilité, mon cœur étreint par la douleur de ce souvenir honni.
Le Lord est assis sur un sofa. Et des images de ses ébats avec mon père me viennent en tête.
Non ! Non ! Ne pas penser à cela !
Je me concentre et m'incline devant lui, avec la déférence qu'il attend de moi…
« Draco ! Mon cher enfant ! Viens ici, auprès de moi. Je sais que je n'ai guère eu de temps à te consacrer ces dernières semaines ! Comme je le regrette… J'aurais eu tant plaisir à t'enseigner d'autres de ces agréables leçons particulières…Tu ne m'en veux pas j'espère ? »
Bien sûr que non je ne lui en veux pas pour cela !
Je lui en veux de m'avoir appelé ce soir, alors que je m'apprêtais à me coucher avec des rêves de liberté et le cœur plus léger qu'il ne l'a jamais été depuis bien longtemps. Mais je me garde bien sûr de lui dire et, comme il me l'indique, je m'installe sur le sofa, le plus loin possible de lui cependant.
« Bien sûr que non, Monseigneur. Je sais trop combien vous êtes occupé à des affaires bien plus importantes que mon insignifiante petite personne » lui dis-je obséquieux et modeste, comme il aime que je le sois.
Comme mon père l'est avec lui…
« Ah ! Draco ! Comment peux-tu te qualifier d'insignifiant ? Tu sais pourtant combien tu comptes à mes yeux ! Combien j'ai de désir pour toi !… Combien j'ai confiance en tes capacités !… Je vais d'ailleurs te confier une mission de la plus haute importance pour te le prouver !
Tu vas m'amener Potter, Draco ! C'est à toi et à toi seul qu'appartient cet honneur ! Mais tu ne devras le révéler à personne… Ce sera notre secret. »
Potter ! Il veut que je lui amène Potter !
Mais je ne peux pas ! Je ne veux pas ! Comment pourrais-je me présenter devant le professeur Dumbledore si j'accepte ? Comment lui prouver ma sincérité même sous Veritaserum ? Il ne croira pas que je veux rompre avec le Lord si je lui dis que j'ai accepté cette mission ! Il pensera que je cherche à endormir sa méfiance pour mieux la réussir ! Car je suis un Serpentard après tout ! Et puis, j'ai fait partie de la Brigade Inquisitoriale d'Ombrage !
Et si c'était le but du Lord Noir ? Et s'il avait deviné mes intentions ? Nos intentions à Mère et moi ?
Mon cœur s'emballe et j'ai la nette impression que le Lord me tend un nouveau piège… Je n'aime pas le regard qu'il me porte. Et à bien y réfléchir, je n'ai pas plus aimé le petit sourire en coin de tante Bellatrix quand elle est venue dans ma chambre tout à l'heure…
« Je suis très honoré de votre confiance Maître » réponds-je néanmoins avec calme, ajoutant un rien de fierté dans mon attitude pour endormir son éventuelle méfiance. « Ce sera cependant une tâche ardue à mener. Potter et moi-même ne sommes pas amis et il se défie de moi. De plus, il n'est jamais seul. Toujours avec cette Sang de Bourbe et ce traître de Weasley. Oh ! Bien sûr, je mettrais tout mon zèle, toute ma ferveur, ma foi en vous, pour assurer le succès de cette mission et répondre au mieux à vos attentes Monseigneur ! Cependant, je dois avouer que je crains n'avoir pas suffisamment d'expérience, ne pas avoir votre intelligence pour élaborer un plan infaillible et je serais honoré de recevoir vos conseils éclairés… »
Il rit. Il est flatté par les derniers mots de ma déclaration.
Moi, ces paroles m'arrachent la langue et me donnent un goût de bile amère dans la bouche ! Je sais qu'il y en aura encore d'autres avant qu'il me laisse partir et j'en ai un vertige de dégoût et de lassitude. Mais je garde encore et toujours ce masque impassible dont j'ai pourtant tellement hâte de me libérer…
Bientôt. Bientôt tu seras libre Draco me dis-je pour m'encourager quand il se penche vers moi et pose une main sur mon genou.
« Ah ! Draco ! Tu réponds décidément à toutes mes attentes ! Quel enthousiasme ! Quelle ardeur ! Et quelle modestie ! Je sais que tu ne me décevras pas mon beau jouvenceau ! Je retrouve en toi cette fougue, cette flamme qui animait Lucius quand il avait ton âge ! Lui aussi était friand de mes conseils et de mes avis. Il n'entreprenait jamais rien sans m'avoir d'abord consulté. »
« Je suis bien aise de lui ressembler, Monseigneur. C'est un grand compliment que vous me faîtes car Père a toujours été mon modèle… »
Et là, je comprends que j'aurais dû m'abstenir de répondre cela, que je suis tombé dans le piège qu'il me tendait, car une flamme s'allume dans son regard. Une lueur de triomphe concupiscent. Et il susurre :
« Sais-tu, Draco, que Lucius, ton père, était mon amant ? Il s'est donné à moi, lorsqu'il avait ton âge… Il avait la peau si douce, si tendre, un corps souple et fin de jeune jouvenceau qui se pliait à tous mes désirs, une insatiable soif de volupté ! Il était « ma docile, ma fidèle et infaillible petite tapette » comme il le disait lui-même quand il voulait me démontrer son affection.
Et il était effectivement une adorable petite tapette. Il avait dévoré le livre que je t'ai montré, me suppliant de lui apprendre tout, d'essayer tout, si attentif à mon plaisir qui était aussi le sien. Et comme il aimait partager mes jeux, il aimait à partager avec moi le corps d'autres jeunes jouvenceaux, de préférence des petits puceaux au cul vierge bien serré. Il ne tient qu'à toi, Draco, de le remplacer. D'achever le chemin que tu as suivi jusqu'ici pour lui ressembler en tout ! »
Je reste sans voix… Tout mon être intérieur tremble tandis que sa main remonte lentement le long de ma cuisse pour venir effleurer mon sexe, mon ventre, ma poitrine, mon cou et se poser finalement sur ma joue. Son regard rouge, brillant de luxure et de folie sonde le mien, cherche à m'hypnotiser, à m'arracher le consentement que je lui refuse depuis maintenant trop longtemps à son goût… Je le vois, je le sens à la tension de son corps, à la pression de ses doigts, à l'ardente lueur de désir qui se dispute un voile de contrariété dans ses yeux flamboyants
« Je… Je vais y réfléchir Monseigneur… »réponds-je d'une voix mal assurée, après avoir dégluti difficilement.
« J'y compte bien Draco ! » dit-il alors, avec une froideur nouvelle qui me surprend.
Il affiche maintenant une moue irritée, un rictus de mécontentement et les narines de son nez effacé se dilatent et palpitent de colère. Sa mâchoire se crispe et il ajoute, d'une voix sifflante et désagréable aux oreilles :
« Ta tante Bellatrix m'a dit que tu parlais souvent avec ta mère depuis quelque temps et qu'elle craignait que tu subisses sa néfaste influence. J'ai toujours eu conscience, Draco, que ta mère n'est pas aussi attachée à moi et à mes valeurs, que ne le sont ton père et ta tante Bellatrix. Lucius a su te préserver d'elle avec succès toutes ces années, c'est pourquoi je n'ai pas exigé de lui qu'il l'éloigne ou qu'il la tue pour prévenir une traîtrise de sa part.
Mais si tu viens à faillir ou à me décevoir Draco, je sais qu'elle seule en sera responsable. Je te punirai sévèrement, bien sûr, pour t'être laissé influencé mais elle, je la livrerai à Greyback pour qu'il lui fasse subir le même sort qu'à Pettigrow avant de la tuer de ma baguette… Et tu devras tout regarder Draco… Et d'ici que tu aies réussi ta mission, elle sera surveillée et ne pourra sortir d'ici sans escorte… »
« Je n'ai que faire de Mère et de sa faiblesse. Ses hésitations ne sont pas miennes. Je vous suis fidèle et je ne vous décevrai pas Monseigneur » dis-je, le cœur empli d'effroi mais levant toutefois la tête avec la fierté et l'assurance que je suis loin de ressentir.
« Bien Draco. Très bien même ! Nous nous comprenons. Je le savais. Je savais que Bellatrix se trompait. Tu ressembles bien trop à ton père. Il t'a fait à son image… » dit-il en retirant enfin sa main de ma joue et en se recalant dans le sofa, détendu par mon affirmation. Rassuré par mon attitude. Et mes mots, à l'encontre de Mère…
Dans le coin le plus sombre du bureau, Nagini siffle et enroule et déroule ses anneaux avec nervosité. Le Lord Noir, lui, regarde dans le vague, d'un air soudainement confus et j'ai comme l'impression durant un instant qu'il se perd, qu'il cherche à rassembler son esprit malade, à retrouver le fil de ses idées.
Je ne dis rien, je retiens mon souffle, laissant le temps s'égrener au fil de ses pensées, m'exhortant au calme et à la quiétude. Enfin, il me regarde à nouveau, semblant presque étonné que je sois là, puis il sourit, de son sourire hideux et machiavélique, qu'il affiche lorsqu'il est satisfait de lui. Et son regard s'allume à nouveau de cette lueur de folie que je hais et qui me terrifie.
« Tu voulais mon conseil pour appâter Harry Potter, alors écoute-moi bien Draco. Tu vas devenir ami avec lui. Utilise ce petit traître de Weasley s'il le faut. Oui, utilise-le. Attire-le, séduis-le, sois généreux avec lui. Fais lui croire que tu ne m'es pas fidèle, que tu ne partages pas mes idéaux. Endors sa méfiance et il endormira celle de Potter. Et lorsque tu seras prêt, je tiendrais tous les renforts que tu souhaites à ta disposition. Ils vous enlèveront tous les deux, Weasley et toi, et Potter viendra à votre secours. Et moi, je serais là, prêt à le cueillir…
Ne prends pas contact avec moi. Il y aura à Poudlard quelques personnes qui observeront tes faits et gestes et me les rapporteront sans savoir ce que j'attends de toi. Et qui t'obéiront en temps voulu. Je te ferais livrer par Severus un message qui te dira quand et où tu pourras entrer en action.
Aux vacances de Noël, tu viendras toi-même me confier ton plan et l'avancée de ta mission. Prends ton temps. Ne l'approche pas trop vite. Ni Weasley. Après Halloween me semble judicieux car il risque fort de se sentir bien seul après cette date et sera sans doute plus facile à abuser. Pour la fin de l'année scolaire, tout devra être fait…
Et tu seras alors mon bras droit Draco. Tu remplaceras ton père à mes côtés. Mais n'oublie pas, tu pourras t'amuser un peu avec eux, mais Potter, je le veux vivant. Vivant, Draco !…Et en bon état physique aussi!
Car je veux le soumettre ! Je veux qu'il se traîne à mes pieds ! Je veux jouir de lui et de son corps. Je veux qu'il se plie à mes désirs.
Tu comprends Draco ?
Je le veux lui, comme je te veux toi, comme j'ai voulu et obtenu ton père.
Oui Draco… Il sera à moi. Comme tu seras à moi !
Et nous réaliserons tous deux notre plus cher fantasme et nous soumettrons Potter ! Nous baiserons son joli petit cul, il se mettra à genou pour sucer nos verges dressées par notre triomphe et notre désir grandissant de le posséder. Et il criera son plaisir en même temps que nous le nôtre !
Oui, nous le partagerons ! Il sera notre esclave ! Je jouirai de son tendre petit cul étroit, pendant que tu jouiras de sa bouche pulpeuse et sensuelle. Et il aimera ça… Oui, il aimera ça…» achève-t-il, l'esprit soudain embrasé par son aliénation, trop enfiévré de folie pour voir que j'ai pâli et que je tremble de peur et d'aversion pour lui et ses désirs dépravés.
« Oui, Monseigneur » dis-je, avec toute la conviction que je peux, espérant ainsi calmer son esprit exalté.
Comment mon père a-t-il pu s'aliéner à cet être démoniaque et si fou? Bellatrix, je comprends, elle est aussi folle que lui. Mais mon père ? Serait-il fou lui aussi ? A quel point est-il corrompu par cette folie cruelle et perverse ? Combien de jeunes garçons ont eu à souffrir de leurs désirs pernicieux ? Combien ont fini dans le ventre de Nagini ?
Quand je regagne ma chambre quelques minutes plus tard, tous mes espoirs se sont envolés et je suis plus nauséeux, plus abattu que jamais !
Et demain je devrais abuser ma mère.
Car elle ne devra pas savoir.
Elle ne devra pas perdre le faible espoir qui nous a animés pendant notre dernière promenade…
Pas temps que je n'aurai pas satisfait le Seigneur des Ténèbres…
Pour la sauver…
…
Je vais me détruire, détruire mon âme… Pour la sauver… Mais moi ? Qui me sauvera ?
Certainement pas le professeur Dumbledore, que je ne pourrais de toute façon pas approcher car des yeux vont m'espionner… Des regards inquisiteurs sont sur moi et rendent compte au Seigneur des Ténèbres… Je suis perdu… Je ne pourrais lui échapper…
Sauf si je meurs…
Me laisser glisser sur le sol et m'endormir, pour toujours.
Mère sera sauvée si je meurs maintenant. Il ne pourra pas lui en tenir rigueur. Il ne saura pas que je l'ai fait exprès…
Et ainsi j'échapperai à un sort pire que la mort…
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…Un grand Grand merci à celles et ceux qui prennent le temps de me laisser un mot ! Non seulement cela me fait chaud au coeur, mais cela m'encourage à poursuivre le travail de Titan que représente l'écriture de cette fic fleuve ! Bien entendu, toute critique constructive est la bienvenue ! Et réponse garantie à chacune et chacun !...
… Votre avis m'intéresse vivement…
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…
