Vraiment pas un chapitre de Noël, mais néanmoins bonnes fêtes à tous et toutes et bonne lecture!
Ce chapitre est le 19.5 de l'arc 6 de « Par-delà le destin ».
Amanda et Trel'kan, qui ont déjà eu le droit à l'Eros Pegasus « De l'art de l'accouplement ».
Xéno-hétéro.
En dix jours d'une solitude presque absolue sur sa plage de sable, Amanda se sentait en paix avec l'univers. Elle avait découvert quatre jours plus tôt que les vastes océans d'Oumana n'étaient pas inhabités, et bien que freinée par la barrière des langues, elle était parvenue à troquer quelques barres énergétiques contre du poisson, des algues comestibles et même une magnifique perle rosée avec les nomades des mers qui, ayant vu la fumée de son feu, avaient accosté avec la marée.
Ils étaient repartis quelques heures plus tôt, et depuis, elle n'avait vu personne. Ce qui ne la dérangeait pas. Elle avait suffisamment de lecture à faire depuis qu'elle s'était refournie sur Atlantis, et aussi beaucoup de sommeil à rattraper. Cependant lorsque le sifflement caractéristique d'un Dart retentit, cela ne l'empêcha pas de courir se mettre à couvert d'un surplomb rocheux, son arme de poing à la main.
Le petit vaisseau fit une large boucle au-dessus l'eau, venant se poser sur la plage dans un grand nuage de sable.
Elle se détendit un peu, mais resta sur ses gardes. Ce n'était pas parce que l'occupant n'avait pas l'intention de la sélectionner qu'il était forcément un ami.
Le wraith sauta agilement du cockpit, une paire de lunettes de pilote lui dissimulant la moitié du visage et plaquant d'une manière un peu ridicule ses cheveux contre sa tête.
L'alien scanna la plage, et l'apercevant, se dirigea droit vers elle.
« Amanda Strauss.» la salua-t-il.
« Trel'kan. »
Elle hésitait encore sur la conduite à tenir avec le wraith. Après tout, ils ne s'étaient pas exactement quittés en bons termes dix jours plus tôt.
L'alien, apparemment pas plus gêné que cela, entreprit de détailler la plage, les mains sur les hanches et ses lunettes toujours rivées au visage, et elle ne put s'empêcher de pouffer.
Avec son sourire laissant dépasser quelques dents pointues et ses cheveux ébouriffés par le vent, il avait l'air ridicule d'un gobelin satisfait.
Interloqué par son rire, il la fixa, la tête penchée de côté.
« Le soleil aurait-il fait des dégâts à ton cerveau ? » demanda-t-il, perplexe.
« Non, mais ces lunettes font des dégâts à ta crédibilité. » répondit-elle en riant de plus belle.
Le wraith les retira avec un feulement vexé, les fourrant sans cérémonie dans une poche de son manteau tout en tentant de dissimuler le vert qui lui montait aux joues.
Comme ça, c'était agréable.
« Que me vaut ta visite ? » demanda-t-elle.
« Lorsque je t'ai amenée ici, tu m'as proposé de venir si j'avais du temps libre et, moyennant un petit arrangement... »
Il s'était débrouillé pour venir exprès pour elle ?
« Encore Delleb ? » demanda-t-elle, méfiante.
« Non, ma reine est actuellement en tournée triomphale sur les différents vaisseaux de la flotte après notre victoire contre des vaisseaux belliqueux qui ont mis à mal l'Utopia. »
« Oh mon dieu ! Tout va bien ? »
« L'Utopia ne pourra pas reprendre les airs tout de suite, mais le gros de l'équipage est sain et sauf et les blessés sont entre de bonnes mains. »
« Tom ? »
« C'est un wraith, humaine distraite, il est déjà guéri de toutes ses blessures. »
« Et Jiu et Liu ? »
« Quelques égratignures. Ne t'en fais pas, guerrière au grand cœur. »
« Il faut que je retourne les aider ! »
« Négatif, c'est une affaire ouman'shii, pas atlante, et je me permets de te rappeler que tu es en... vacances ? Est-ce le bon terme ? »
Elle se calma.
« Oui, tu as raison. Mais ça ne me dit toujours pas ce que tu es venu faire ici. »
« Tu m'as invité. Cette invitation est-elle toujours valable ? »
Était-il vraiment anxieux ou l'avait elle imaginé ?
« Tu peux rester, mais je te préviens, je ne garantis rien. »
« Cet arrangement me convient. » acquiesça-t-il en inclinant la tête.
Elle n'avait peut-être rien promis, mais en attendant une heure plus tard, elle était en train de somnoler couchée de tout son long sur Trel'kan, son T-shirt et son soutien-gorge abandonnés un peu plus loin dans le sable, les doigts dextres du wraith traçant infatigablement des motifs abstraits dans son dos.
Amanda releva un peu la tête.
« Pas trop déçu par le programme ? »
« Non, pourquoi ? »
« Je croyais que tu voulais étudier les accouplements interespèces. »
Comment avait-elle réussi à le dire de manière détachée ? Mystère.
L'alien interrompit un instant ses caresses, puis reprit.
« C'était en effet mon objectif premier, mais je crois qu'aujourd'hui, c'est davantage les relations interespèces qui m'intéressent... accouplement compris, bien sûr. » précisa-t-il avec un rictus entendu.
Elle sourit, reposant sa tête.
Qu'il étudie donc. En ce qui la concernait, il pouvait même aller tout cafter à Delleb, tant que cette dernière ne les espionnait pas directement, elle s'en fichait. En cet instant précis, elle avait tout ce qu'elle voulait. C'était si bon de somnoler ainsi, dans les derniers rayons du soleil, tout en écoutant les battements de cœur paisible d'un autre, sans que cela n'ait de signification cachée, de clause en petits caractères ou d'attentes qu'elle ne pouvait combler.
« Néanmoins, comptes-tu te servir de moi comme d'un matelas jusqu'à mon départ ? »
Elle releva la tête, détaillant les traits du wraith.
« Tu pars quand ? »
« Au plus tard dans trois jours, plus tôt si tu le désires. »
« Qu'est ce qui te plairais ? » demanda-t-elle.
Trel'kan sourit en coin.
« Je te laisse deviner, Amanda Strauss. »
Si elle se fiait à la chaleur de ses baisers, elle doutait que trois jours suffisent à le combler.
Le soleil se levait et il était déjà parfaitement satisfait de ce jour naissant. Amanda ne semblait plus lui tenir rigueur, et après un après-midi à paresser au soleil tels des tuzis, ils avaient passé une agréable soirée à se raconter des anecdotes de missions et de combats, tandis que l'humaine se préparait un repas de fruits frais et de poissons grillés. Trop sage pour prendre l'initiative d'un accouplement après l'avoir tant froissée quelques jours plus tôt à peine, il avait patiemment attendu. Sa patience avait été récompensée un peu plus tard, quand, après l'avoir laissé la caresser et même la déshabiller un peu, elle était venue se jucher sur lui. Le sable, en s'insinuant partout, les avait certes forcé à une interruption et à une relocalisation d'urgence sur le promontoire rocheux encore tiède du soleil de la journée, mais au-delà du plaisir purement physique de cet accouplement, il avait ressenti un immense et inexplicable soulagement. Leurs ébats avaient effacé la tension des jours précédents et cet état de veille nerveuse qui ne l'avait quasiment pas quitté depuis qu'il était devenu adulte, guerrier et alpha au service de sa reine, et c'est avec une pointe de surprise qu'il s'était réveillé, s'étant endormi sans même s'en rendre compte.
Le moelleux sac de couchage qu'Amanda utilisait pour dormir et qu'ils avaient posé près du feu sur la plage était encore chaud de la présence de l'humaine, qui pourtant n'était nulle part alentour.
Se relevant, aux aguets, il la découvrit, impudiquement vêtue d'une culotte et d'un T-shirt, occupée à fureter autour de son Dart.
Il se leva, enfilant son pantalon et son manteau tout en renonçant à aller chercher de suite son haut de cuir resté sur le promontoire, et la rejoignit.
« Que fais-tu, humaine ? Tu sabote mon vaisseau ? » demanda-t-il avec malice.
« Hein ? Non ! Je l'admirais ! » s'empressa-t-elle de répondre, levant bien haut les mains pour montrer qu'elle ne faisait rien de mal.
Il pouffa, souriant et elle se calma.
« Les Darts t'intéressent ? »
Amanda rougit.
« Oui. J'ai toujours été fascinée par les machins qui vont vite. J'ai essayé d'entrer dans l'Air Force mais j'ai été recalée, alors je me suis rabattue sur les marines. »
Il caressa délicatement le flanc du petit vaisseau.
« C'est vrai, c'est une merveille en vol. Souple, rapide, maniable, léger.» énonça-t-il.
Elle soupira, le regard rêveur.
« J'aimerais tellement ressentir ce que ça fait. »
« Malheureusement, les Darts sont génotypés et il n'y a qu'une seule place. »
Fronçant les arcades sourcilières, il réfléchit.
Oui, ça pouvait marcher. Le cockpit n'était pas très grand, mais Amanda n'était pas non plus très imposante, même pour un humain.
D'une pensée, il résorba la canopée et s'installa à bord, se glissant dans l'assise ergonomique.
«Viens, tu ne prends guère de place. On devrait tenir à deux là-dedans. »
Il la vit hésiter, rougir, puis avec un air décidé, escalader un peu maladroitement le vaisseau avant de venir s'installer sur ses genoux.
Ils tenaient bel et bien à deux, mais tout juste, et sans trop d'espace supplémentaire.
« Prête ? »
Elle acquiesça, et il dut passer ses bras sous les siens pour atteindre le tableau de bord.
Après quelques contorsions, ils étaient prêts à décoller.
Le Dart s'éleva, s'éloignant rapidement de la côte et il ne put s'empêcher de sourire alors qu'elle se tordait le cou pour observer le paysage qui défilait par la canopée qu'il n'avait pas opacifiée.
« Alors ? »
« C'est génial ! »
« Tu n'as encore rien vu, naïve humaine.» ricana-t-il, tirant le manche pour faire monter le Dart en chandelle.
Malgré les amortisseurs, elle se retrouva écrasée contre sa poitrine, le souffle coupé.
Lorsqu'ils eurent atteint la haute atmosphère, il stabilisa le vaisseau sur une trajectoire presque orbitale, la laissant contempler la vue avant de replonger vers le sol pour mieux remonter en flèche.
A la quatrième montée, il se décida pour une petite pause.
« Amanda ? »
C'était étrange, perturbant de lui parler ainsi, au creux de l'oreille, mais il n'avait nulle part ailleurs où mettre sa tête.
« Mmh ? » acquiesça-t-elle sans détacher les yeux de la vue.
« Ton nom signifie quelque chose ? »
« Hein ? »
« Chez les wraiths, tous les noms signifient quelque chose. Est-ce aussi le cas chez les humains ? »
« Parfois. Ton nom signifie quelque chose ? »
« Oui, Trehh'l signifie trembler, et 'kan désigne un guerrier. Je suis donc le guerrier qui fait trembler. Enfin, mon véritable nom est composé de la saveur de la peur, de la silhouette d'un guerrier sur le soleil couchant et de l'odeur du métal dans la neige. »
« Ton véritable nom ? »
« Oui, Trel'kan n'est que le résumé phonétique de mon nom, qui est télépathique. »
« Oh. Je ne savais pas. »
Elle médita ses paroles quelques instants.
« C'est un beau nom, et il te va bien. »
« Merci. Ton nom signifie-t-il quelque chose ? »
Il sentit l'odeur de sa gêne emplir le petit habitacle.
« S'il ne signifie rien. ce n'est pas grave. » se voulut-il consolant.
« Non, c'est pas ça. C'est juste que c'est tellement nul comparé au guerrier sur soleil couchant et tout ça... » maugréa-t-elle.
« Je ne me moquerai pas. » assura-t-il.
Elle inspira à fond.
« Amanda vient d'amande, et Strauss veut dire autruche en allemand. »
« Qu'est ce une amande et une autruche ? »
« L'amande est la graine comestible d'un fruit terrien, et les autruches sont de gros oiseaux avec de longues pattes qui ne volent pas mais courent très vite. »
Il se retint de pousser un sifflement dédaigneux. C'était en effet ridicule comme patronyme.
« Donc en résumé, ton nom signifie « petite graine d'oiseau cuissu » ? »
Malgré l'étroitesse du cockpit, elle parvint à lui jeter un regard noir.
Il feula, amusé.
« Non, non, je ne juge pas. Tradition d'humain. Je n'ai pas mon mot à dire... même si je trouve que « petite graine » te va plutôt bien... Tu n'es pas bien grande... » la taquina-t-il, ce qui lui valut un sévère coup de coude dans les côtes. « Et puis ce n'est pas si loin du nom que nous t'avons donné. Enfin, sauf pour l'oiseau. »
« Le nom que vous m'avez donné ?! »
« Dans l'Esprit. On n'utilise pas de mots, alors il faut bien trouver des... adaptations. Tous les wraiths connaissent celui de Rosanna Gady, mais pour Milena Giacometti, Dampa Kang et toi, il a bien fallu improviser. »
« Rosanna à un nom wraith ? »
« Oui, en fait plusieurs, même. Celui que je préfère est celui que Markus lui a donné : l'image d'une étrange fleur épineuse qui pousse dans un champ, son odeur fondamentale et une idée d'inflexibilité... Mais souvent, on utilise simplement l'impression du scintillement unique de son esprit. C'est plus simple. »
Elle acquiesça.
« Et le capitaine Giacometti ?»
« Une lame petite mais solide et tranchante, le courage d'une mère Alzerin et l'amertume de cette boisson qu'elle consomme sans cesse et dont l'odeur la nimbe tout entière. »
« Le café ? »
« Oui. »
« C'est carrément elle ! »
Il acquiesça.
« Dampa Kang, c'est un rocher parfaitement poli sous le soleil zénithal, la souplesse d'un brin de Tinga, et le calme du néant de l'Esprit. » poursuivit-il sur sa lancée.
« Une fois encore, c'est très beau. Et moi du coup ? »
Il ne put retenir un feulement amusé.
« La jeune pousse qui sort à peine de terre, mais laisse déjà voir le grand arbre qu'elle sera, le danger d'un feu grégeois et l'odeur métallique de vos armes à feu. »
Il attendit sa réponse, observant ses réactions.
Elle semblait hésiter entre faire la moue ou sourire.
« Qui est l'auteur de ce... chef-d'œuvre ? » demanda-t-elle.
« Moi. » répondit-il, un brin inquiet.
« Pourquoi ça ne m'étonne pas ? »
Il haussa les épaules, geste humain signifiant l'ignorance.
« Ça te déplaît ? »
« Je ne sais pas. C'est mieux que « petite graine d'oiseau cuissu », c'est certain.» répondit-elle d'un ton amusé.
Il se détendit.
« Pourtant, « Petite graine », ça te convient parfaitement. Regardes-toi : tu es si petite que tu tiens sur les genoux d'un guerrier dans le cockpit d'un Dart ! »
« Je ne suis PAS petite ! Milena est petite, pas moi. J'ai une taille normale ! » protesta-t-elle.
Il rit, amusé de ses protestations.
« Vraiment ? Pourtant tu ne prends rien de place... » poursuivit-il, la serrant dans ses bras jusqu'à toucher ses propres côtes de chaque côté d'elle.
Elle se tortilla, tentant de se dégager de son étreinte, mais ne parvenant qu'à se frotter contre lui.
« Tu vas voir si je ne prends pas de place, c'est toi qui est trop grand ! »
Avec un feulement hautain, il la relâcha.
Elle se tortilla pour lui faire face, lui décrochant un regard digne de la guerrière outragée qu'elle était.
Soudain, de l'amusement moqueur qu'il ressentait, jaillit un étrange élan de fierté. Luttant pour dissimuler ces émotions qu'il ne comprenait pas, il effleura sa joue du bout des griffes.
« Regarde toi, Amanda Strauss. Petite graine humaine qui ne connaît pas la peur. Regarde-toi, flottant dans l'espace sans aucune crainte, seule avec un wraith. »
Elle rougit violemment.
« Je ne suis pas avec UN wraith. Je suis avec toi, ce n'est pas pareil. »
« Pourquoi ? Je suis un wraith. »
« Oui, mais avec toi, je peux faire ça. » répliqua-t-elle, cambrant brusquement les reins, lui arrachant un gémissement de plaisir et de surprise.
« Si tu fais ça, je vais devoir agir... petite graine. » la prévint-il.
Il n'eut qu'un nouveau déhanchement en guise de réponse. Puis un troisième.
« Je t'ai prévenue, humaine. » feula-t-il, lui empoignant fermement la nuque avant de l'embrasser, insinuant sa langue dans sa bouche pour goûter l'arôme de son désir dont l'odeur suave imbibait déjà l'habitacle.
Elle y répondit instinctivement, se contorsionnant encore plus pour s'offrir davantage à ses avances, le jetant brutalement sur des rivages dangereux.
Reprenant son souffle, d'une main sur sa joue et de la seconde sur ses épaules, il la força à se retourner, faisant à nouveau face au tableau de bord.
« Si tu crois que ça va m'arrêter. » siffla-t-elle, avec un mouvement suggestif des hanches.
Il gronda, désirant à la fois qu'elle cesse et qu'elle continue.
Instinctivement, il tenta de l'immobiliser d'un bras passé autour de son torse en la plaquant contre lui, mais si cela la forçait à rester collée contre lui, ses hanches ondulaient toujours aussi librement sur son membre - plus exactement endormi.
« Maudite femelle en rut. » grinça-t-il.
« Parce que ça te déplaît ? » ricana-t-elle.
Il feula, vexé, lui mordillant le cou pour faire bonne mesure.
« Il n'y a pas assez de place dans ce cockpit pour copuler, alors pourrais-tu cesser le temps que je nous ramène à terre ? » marmonna-t-il, se penchant pour tenter de reprendre les commandes - en vain, puisque Amanda en profita pour se déhancher d'une manière encore plus provocante qui le fit violemment frisonner.
« Cesses, femelle ! » siffla-t-il, tentant toujours de l'immobiliser d'une main passée autour de ses hanches rebondies.
Le gémissement qui échappa de ses lèvres lui fit instantanément oublier le but premier de sa manœuvre, et toute son attention concentrée sur l'humaine, il repassa délicatement sa main en sens inverse, effleurant ses cuisses nues.
Par toutes les reines, cette manière de se cambrer alors qu'elle tentait de s'offrir davantage à ses caresses !
Lentement, il laissa ses doigts glisser vers l'intérieur de ses cuisses, s'arrêtant toujours à la limite du triangle de tissu qui lui servait de sous-vêtement.
Elle gémit, se tortillant davantage, tentant de parer ses esquives, en vain. Il feula, amusé, promenant sa langue de sa clavicule à son oreille, mordillant à peine le lobe, tout en programmant d'une main le pilote automatique du vaisseau.
Maintenant que le Dart resterait en orbite quoi qu'il se passe, il pouvait se consacrer pleinement à sa tâche. Glissant son autre main sous le T-shirt d'Amanda, il effleura ses côtes, caressant ses seins et jouant du bout des griffes - soigneusement limées - avec le téton durci.
A nouveau, il feula, mi-rire, mi-grognement appréciateur. Il n'avait pas encore commencé et elle était déjà dans cet état !
Son odeur, ses phéromones étaient intoxicantes, et il lui fallut toute sa volonté pour ne pas la mordre, ne pas la marquer comme sa femelle, sa possession. Elle n'était et ne serait jamais sa possession. Il gémit, enfouissant sa main entre ses cuisses, se concentrant sur les gestes, sur cette intimité brûlante qu'elle lui offrait sans hésiter, la pressant même contre sa paume.
La première fois qu'il replia un doigt, le glissant entre ses lèvres, elle se tendit, comme électrisé, et s'il ne l'avait pas retenue de son autre bras, elle se serait sans doute cogné le front au tableau de bord. Oh oui, son ego pouvait parfaitement se satisfaire de ça. Du moins pour le moment. Après tout, bien peu d'alphas pouvaient se vanter d'être capable de satisfaire une femelle rien que du bout de leurs doigts. Pas même les reproducteurs.
Lentement, patiemment, il fit monter leur plaisir. Plaisir charnel pour elle, satisfaction intellectuelle face au pouvoir qu'elle lui offrait en se laissant ainsi faire pour lui. Ils étaient parfaitement à portée d'Esprit de tous les autres wraiths de la planète, mais il fut néanmoins reconnaissant qu'il n'y ait personne pour entendre les cris de jouissance de son humaine. Par pudeur, mais aussi par orgueil. Ces cris, ces soupirs, ces frémissements, il les voulait pour lui seul. Il ne voulait pas les partager. Le seul, il voulait être le seul !
C'était facile de se laisser aller. Tout était tellement surréaliste. A l'académie, on lui avait appris que l'imprévu finirait toujours par arriver, mais là, c'était comme vivre un rêve halluciné. Il y avait l'espace, immense et inébranlable, la planète ronde et vibrante de vie sous eux, et au loin, à peine plus gros que des têtes d'épingles, quelques autres vaisseaux en orbite. Il y avait le tableau de bord de chair et de métal devant elle, et la canopée d'énergie pure au-dessus d'elle.
Il y avait l'odeur de Trel'kan qui emplissait tout l'espace. Puissante, musquée, délicieuse et résolument inhumaine, et les feulements ou les grognements qui lui échappaient parfois et qui, bien qu'indubitablement de désir, n'avaient rien à voir avec ceux d'un homme.
Enfin, il y avait ses mains, effrayantes avec leurs griffes sombres et les tendons saillant sous la peau parcourue d'impressionnantes veines bleutées. Des mains à la poigne d'acier, sans aucun doute capable de la broyer, mais qui l'entouraient, la caressaient, et ne cessaient de jouer avec les parties les plus fragiles et les plus sensibles de son corps. C'était surréaliste. Et parce que, à l'instar d'Alice dans le terrier du lapin, elle ne pouvait vraiment se débarrasser de l'idée qu'elle allait se réveiller dans son lit, dans une quelconque base militaire, il lui était facile de se laisser aller. Juste arrêter de penser pour ressentir. Vibrer, et vivre l'instant présent. C'était un rêve qui était vrai, alors pourquoi retenir ses cris et ses soupirs ? Pourquoi lutter contre cet instinct primal qui lui disait de se cambrer, pour s'offrir davantage ? Pour cet effleurement de plus qui la rapprocherait de l'orgasme ? Elle avait été une gentille fille. Un jour. Bien des années plus tôt. Maintenant elle était cette folle qui couchait avec des aliens... et qui prenait son pied ! Merde à toutes les gentilles filles de l'univers !
Son orgasme ne la surprit pas. Elle le saisit, à bras-le-corps, enfonçant ses ongles dans cet étrange matière tiède dont était fait le cockpit du Dart tandis que tout ses muscles se contractaient, tremblants et tétanisés. Elle resta ainsi arquée quelques instants, traversée par des vagues successives de plaisir, puis s'affaissa mollement contre Trel'kan, reprenant son souffle.
Le wraith voulut retirer sa main, mais elle l'en empêcha.
« Continue... s'il te plaît. » murmura-t-elle, haletante.
« Tu es sûre ? »
En guise de réponse, elle posa sa main, petite en comparaison, sur la sienne, toujours glissée dans sa culotte à présent bonne pour la lessive, amorçant à nouveau les mouvements du doigt qui l'avaient conduite à la jouissance.
C'était amusant, mais frustrant. Il avait naïvement cru que rien ne pouvait être plus frustrant que d'assister aux parades de séduction de sa reine tout en sachant qu'elles ne lui étaient pas destinées, mais il s'était trompé.
Sentir Amanda jouir ainsi contre lui. Entendre son cœur s'affoler puis s'apaiser un peu seulement pour mieux repartir, se noyer dans les vagues toujours plus fortes de ses phéromones, sentir son énergie vitale, torrent bouillonnant courant juste sous sa peau si fine, jaillir comme un geyser brûlant à chaque orgasme, était grisant, mais avait aussi quelque chose d'atrocement décevant.
Il voulait se gorger de cette force vitale qu'il ne pouvait toucher. Il voulait la prendre, la pénétrer et sentir tout son corps se raidir autour de son sexe alors qu'elle jouissait. Lui aussi voulait de cette délivrance orgasmique, encore et encore. Mais il ne pouvait pas. Parce qu'il était mâle et que tout, de son éducation à sa nature même, lui disait qu'il ne pouvait réclamer la moindre once de plaisir avant d'avoir parfaitement comblé sa partenaire. Et puis, bien plus prosaïquement, parce qu'ils étaient coincés dans un cockpit de Dart, et que si lui pouvait facilement lui donner du plaisir, l'inverse n'était pas possible. A moins qu'Amanda n'ait des articulations capable de se plier au-delà de ce que la nature permettait, ce qui n'était bien entendu pas le cas.
« C'est... c'est bon... tu peux arrêter... » soupira-t-elle finalement, s'affaissant mollement contre lui, pantelante et couverte de sueur.
Il retira sa main, agitant un peu ses doigts, vaguement engourdis d'avoir fait le même petit mouvement encore et encore.
« Merci.» ronronna la femelle, frottant l'arrière de sa tête contre son épaule.
Il l'embrassa, avec plus de tendresse que son désir ne l'aurait voulu.
« C'était avec plaisir. »
Oui, Amanda n'était pas aussi belle qu'une reine. Mais elle était gentille, brave et intrépide. Elle osait lui faire confiance, et n'avait pas peur de le remercier. Sa peau avait cette teinte étrange, et son corps était à la fois trop lisse, sans fentes respiratoires et trop en relief, les subtiles saillies des milliers de minuscules poils couvrant son corps nettes sous ses doigts. Bien que svelte et en excellente forme physique pour sa race, il lui manquait quelques muscles et quelques os plus saillants pour qu'il puisse vraiment la trouver physiquement belle, mais tout cela importait peu. Parce qu'elle était humaine, et qu'il ne pouvait lui demander d'être wraith, et parce que ces détails n'étaient rien comparé à tout ce qu'elle lui offrait. Oui, chacune de leurs étreintes était un plaisir, même si en cet instant, cela se doublait d'une très douloureuse frustration, sa virilité maltraitée par son pantalon de cuir qui lui laissait peu de place et l'assise du petit vaisseau, qui lui en laissait encore moins.
« A ton tour maintenant.» déclara-t-elle.
Il l'interrogea d'un grondement perplexe.
« A ton tour maintenant.» répéta-t-elle.
« Il n'y a pas assez de place.» objecta-t-il.
« Mais si. Tu vas voir. »
Prenant appui sur les côtés du cockpit, elle se redressa un peu, se soulevant de ses jambes, tout son poids sur ses bras.
« Amanda ? »
« Vire ton fute ! »
« Pardon ? »
« Vire ton fute ! »
« Mon... fute ? »
« Baisse ton pantalon, andouille ! »
Il ignorait le sens exact d'andouille, mais se doutait que ce n'était pas très flatteur.
Se débattant un peu avec la fermeture, il parvint à ouvrir et à descendre un peu son pantalon, soulageant grandement la pression sur son sexe qui pulsa joyeusement contre son ventre.
« Je ne peux pas le descendre plus bas.» l'informa-t-il.
« Ça ira très bien comme ça.» répondit-elle, se tortillant pour voir entre ses cuisses. « Tu peux le tenir droit ? »
Il gronda son incompréhension.
« Ton sexe. Tu peux le tenir droit ? »
« Tu ne veux quand même pas... ? Mais ton sous-vêt... ta culotte ? » objecta-t-il, obtempérant néanmoins.
Elle pouffa.
« Attention, tour de magie ! » ricana-t-elle, basculant son poids sur son pied droit - écrasant à moitié le sien au passage - et sur sa main gauche, se servant de sa main droite pour simplement pousser le vêtement de côté du doigt avant de s'empaler avec un soupir de plaisir sur lui.
Il ne put retenir ni le grondement surpris qui roula dans sa gorge, ni le frémissement qui le secoua sous l'intensité de son plaisir si longtemps contrarié et qui trouvait enfin un exutoire. D'un coup des reins, il s'enfonça plus profondément en elle.
Elle le laissa faire quelques instants, restant diligemment légèrement en appui sur ses mains, alternant entre rire amusé et gémissements de plaisir, puis elle se laissa lourdement retomber sur lui, l'immobilisant momentanément, et lui arrachant un grognement étouffé.
Se tortillant, elle se retourna à moitié, juste assez pour pouvoir l'embrasser du bout des lèvres s'il tendait le cou. Une fois, deux fois, trois fois, puis elle le fixa une seconde, d'un regard étrangement sérieux.
« Maintenant, tu bouge plus et tu profites. C'est un ordre ! » déclara-t-elle d'un ton dur de commandant à ses troupes.
Il obéit, instinctivement, se figeant, luttant contre ses pulsions.
Elle l'observa encore un instant ou deux, puis visiblement satisfaite, se retourna, se penchant autant en avant qu'il était confortable pour lui (1). Saisissant les bord de son T-shirt, elle le retira moyennant quelques contorsions avant de le lâcher quelque part devant elle. Elle lui jeta une dernière œillade de braise, puis commença une sorte de danse langoureuse, mi-déhanchement, mi-va-et-vient. Installé dans le siège du Dart, qui le forçait à une position presque allongée, et avec Amanda ainsi penchée sur lui, il avait une vue imprenable sur ses fesses, l'ondulation langoureuse de sa chute de reins, et leurs sexes coulissant l'un dans l'autre avec un naturel surréel. Un grondement sourd de satisfaction roulant dans sa poitrine, il s'abandonna, une main simplement posée sur la hanche dansante de son humaine, savourant la vision fantasmagorique qui, il le pressentait, hanterait longtemps ses rêves. L'instant suspendu ne dura pas bien longtemps, et bien vite, il sentit son premier orgasme le submerger. N'y tenant plus, il la saisit par les hanches, s'enfonçant au plus profond de son intimité un instant seulement avant de jouir. Lorsqu'il rouvrit les yeux, ce fut pour rencontrer ceux, mutins, d'Amanda qui l'observait, un sourcil relevé.
« J'ai dit quoi ? » demanda-t-elle, espiègle.
« Que je ne devais pas bouger.» haleta-t-il, reprenant son souffle moins vite que son sexe ne récupérait sa raideur.
« Ben alors ? »
« Désolé... »
Elle rit, reprenant sa danse enivrante.
Au troisième orgasme, il était définitivement débraillé et affreusement tiraillé entre des émotions contradictoires. C'était fabuleux de se laisser ainsi faire, mais la voir, riante et lutine, se jouant de lui et de son désir, totalement en contrôle, était pour le moins frustrant. Il voulait la voir perdre le contrôle, il voulait la sentir jouir de leur accouplement ! Il voulait la sentir frémir et trembler autour de lui !
Comment le lui faire comprendre ?
Il se sentait incapable de l'exprimer par des mots. Il tendit donc son esprit vers le sien, qu'il rencontra sans peine. Ce n'était pas comme si les zones de contact physique manquait en cet instant !
Pas besoin de mots dans l'Esprit.
Elle n'acquiesça pas, ne répondit pas, mais cette fois, ses mouvements avaient quelque chose de moins contrôlé, de moins réfléchi et de plus sauvage. Ils ne cherchaient plus son plaisir à lui, mais le sien. Il gémit, surpris par l'ardeur de son désir, se mordant la lèvre pour tenter de tenir, juste un peu plus longtemps... juste le temps de lui permettre de le rejoindre... juste...
Ils étaient restés de longues minutes comme ça, entrelacs de membres, poisseux de sueur et d'autres choses, heureux et vidés. Pendant un temps indéterminé, son cerveau avait cessé de fonctionner, baignant simplement dans la satisfaction parfaite de l'instant présent, puis une alarme avait retenti, le tirant de sa transe. Le Dart n'était pas conçu pour accueillir deux personnes, surtout pas se livrant à de tels exercices physiques, et ils n'allaient pas tarder à manquer d'air respirable. Il était temps de rentrer. Il se redressa tant bien que mal tandis qu'Amanda repêchait son T-shirt et le renfilait, évitant de peu de lui mettre son coude en plein menton. Un instant, il caressa l'idée de se rhabiller lui aussi, puis renonça. Son pantalon était à moitié enroulé au milieu de ses cuisses, et il ne se sentait pas la force de se tortiller sous Amanda pour le remonter. Il ferait ça une fois qu'ils seraient de retour sur terre, même si cela impliquait sans doute une descente en atmosphère avec une nouvelle et solide érection.
(1) Headcanon : Les wraiths ont un os pénien qui limite l'amplitude de mouvement de leur sexe.
