Salut à tous et à toutes !
J'espère que vous êtes toujours là, et que mon petit omake vous a plu ! Voilà un véritable chapitre cette fois-ci, un peu différent en terme de forme et de fond, bien que j'espère qu'il vous plaira tout autant. J'ai beaucoup hésité à la manière d'aborder le problème Perceval, car le revers de la médaille de l'angst est que les conséquences sont toujours difficiles à mettre en œuvre. J'ai donc pris la décision, un peu facile je l'admets, de détourner un épisode. En effet, le chapitre que vous allez lire d'ici quelques secondes se place directement avant l'épisode "Le Tourment II". Vous allez sans nul doute reconnaitre la situation, et peut-être n'apprécierez vous pas cet emprunt au "Cannon", mais j'ai souhaité m'épancher un peu plus sur toute la signification d la chevalerie pour Percy.
Aschen: son pouvoir ? Qui te dit qu'il en a un ? ^^ Non je déconne, mais j'ai pour petit projet d'étendre un peu ce petit univers, je te conseillerai donc d'aller voir en bas de page...
!D'ici...allez, deux, trois chapitres ? Cette fanfic passera au Rating M. Pas de NC17 de prévu, mais la température va monter..!
Enjoy !
« Tavernier, tavernier, remets moi un coup d'pinard,
Du frometon, d'la bidoche issus de mon terroir !
Tavernier, tavernier, fais passer la bouteille !
J'voudrais bien du jambon et puis des filles en porte-jarretelle !
Tavernier, tavernier… »
Soupirant, Perceval s'efforça de ne plus prêter attention à l'agaçante chanson qui résonnait dans toute l'auberge. La ritournelle lui était inconnue, mais vu le piètre état de celui qui l'avait entonnée le premier, ce n'était pas vraiment un mal. Karadoc avait bien essayé de lui apprendre les paroles, mais son ami aussi était bien éméché, et ses explications si confuses qu'il avait préféré faire la sourde oreille.
Pas qu'il fût d'humeur à chanter, non plus. Le Gallois n'avait que peu dormi la veille, et s'en trouvait donc de fort méchante humeur. Enfin, méchante… Méchante pour lui, quoi. Ce qui signifiait un silence pseudo buté et une mine renfrognée semblable à celle d'un chiot à qui on aurait retiré sa balle. Quoiqu'il en fût, le chevalier boudait à présent devant sa pinte, en proie à un désarroi immense. Et lorsqu'il fermait les yeux, une image lui revenait, comme collée à l'intérieur de ses paupières. Celle du roi et du romain, en train de s'ébattre dans un lit défait.
C'était bizarre, cette sensation, comme si une main gantelée aux ongles de glace lui enserrait la cage thoracique, restreignant ses mouvements, sa respiration, sa vie.
Il aurait dû le voir venir, pourtant. Malgré les sourires exaspérés qu'il lui adressait, Arthur ne cessait de lui faire des reproches, de le conforter dans son image de naze, de l'engueuler comme du poisson pas frais, voire même de lui coller des beignes. Il faisait pourtant de son mieux pour le rendre fier…
Une phrase de Bohort lui était revenue en mémoire récemment. L'amour d'Arthur pour ses chevaliers…Il n'y avait jamais fait gaffe, avant mais il était vrai que leur Roi était des plus conciliants avec les membres de sa Table Ronde. Il pardonnait à Léodagan ses excès de violence, à Bohort sa couardise, à Hervé de Rinel son idiotie abyssale –sérieusement, ce gars était un gros con, plus à côté de la plaque que quiconque -… Il y avait aussi cette amitié profonde qui le liait à Lancelot. C'était beau à voir, franchement, même si Perceval n'avait jamais compris ce qui pouvait lier un homme aussi chaleureux, juste et intéressant que le roi au Chevalier Blanc, qu'il avait toujours trouvé froid, rigide et rébarbatif.
Mais c'était peut-être ça, le problème. Lui et Lancelot était aux Antigone quand celui-ci était le second du Royaume, ça n'avait pas du arranger sa cote auprès de leur roi. Et puis ce truc de passer les conneries des autres chevaliers…
Il fallait se rendre à l'évidence. Arthur ne l'aimait pas.
Putain… Ca faisait vachement mal comme révélation. Parce que lui, bah, il l'aimait. C'était aussi simple que ça.
Sa grand-mère lui avait toujours dit de ne pas blesser autrui. Mais autrui c'était bien des gens, pas que les femelles porcs, non ? Et donc là, en restant près de Sir Arthur quand celui-ci ne retournait visiblement pas ses sentiments… Ben il se blessait.
Du coup, ça ne lui laissait qu'une seule option.
_Seigneur Perceval ?
Le Gallois sursauta, et se retourna pour se trouver quasi nez à nez avec le neveu du Roi.
_Gauvain ? Qu'est-ce que vous fichez là ? Vous avez le droit d'être ici ?
Depuis un incident l'année précédente, une sombre histoire de coercition et de graffiti, lui et son partenaire Yvain avaient l'interdiction formelle de séjourner à la taverne. Trop jeunes, trop influençables… trop cons, aussi. Surtout.
_Le Seigneur Galessin a bien voulu m'accompagner, admit le jeune homme en rosissant.
Du coin de l'œil, le chevalier grisonnant pouvait en effet apercevoir l'Orcanien arrêté dans l'embrasure de la porte, contemplant l'intérieur de l'auberge d'un œil critique. Ca, le mec était peut-être un connard, mais il avait des principes. Même Lancelot s'abaissait à un verre ou deux de temps à autres, mais le bras droit de Loth était très strict sur ce plan.
_Ah, ok. Mais le Roi sait que vous êtes ici ?
Nan parce que déjà qu'Arthur ne pouvait pas le piffrer, alors si en plus il se rendait complice d'une embrouille…
_Bien sûr, rassura Gauvain en hochant la tête. Je n'irai pas dans un tel endroit sans en avoir préalablement demandé l'autorisation à mon oncle.
A bien regarder, le gamin n'aurait certainement jamais mis les pieds dans une taverne de paysans si on lui avait laissé le choix. Il semblait franchement mal-à-l'aise, dansant d'un pied sur l'autre en évitant de poser son regard sur la clientèle.
A force de côtoyer les autres chevaliers de près et d'avoir vu tous leurs travers, Perceval en oubliait parfois leur différence de milieu, et Gauvain lui rappelait un peu ses premières années aux côtés d'Arthur, avec sa timidité et son manque d'assurance. Mais il était vrai qu'avec ses manières nobles et son langage châtié (bien que le Gallois soupçonne qu'une partie des expressions qu'Yvain et lui employaient étaient de grosses conneries), le jeune homme aurait été plus à son aise dans une des baraques cossues que lui-même, dix ans auparavant, n'aurait jamais pensé visiter.
Sans Arthur, d'ailleurs, jamais il n'en aurait eu l'occasion.
Voyant le regard fatigué du petit jeune se fixer derrière son épaule, d'abord dans le vague puis progressivement plus horrifié, Perceval se retourna, en profitant pour poser sa pinte vide sur le comptoir. Ah, le vieux manchot recommençait son cirque, avec le but de bois qu'il s'était collé au bout du moignon. Choppé par Léodagan dans un mauvais jour en train de fouiller les poubelles du château, et avait commis l'erreur de protester qu'il n'avait jamais rien volé de sa vie, sauf une fois, au chalet. Le pauvre bougre était à présent condamné à battre la mesure en attendant de repartir aux champs.
Ça ferait mal de retourner planter des patates dans le sol gelé, songea soudainement le Gallois en observant les pécores autour de lui. Depuis qu'il avait rejoint les rangs prestigieux des Chevaliers de la Table Ronde, il n'avait jamais été dans le besoin, et avait relégué ses souvenirs adolescents dans les tréfonds de sa mémoire ainsi ne s'était-il pas rendu compte de la barrière invisible qui s'était instaurée entre lui et les bouseux lambda… C'était…
Ouais, zarbi de penser à ce genre de trucs.
Se levant maladroitement et jetant quelques pièces sur la table, il adressa un sourire un peu forcé à son jeune collègue et le saisit par l'épaule, le guidant vers la sortie où Galessin les accueillit d'un hochement de tête.
_Alors, Seigneur Gauvain, j'vous ai pas demandé, c'était comment cette mission avec le Roi ?
Quelque peu décontenancé par l'abrupt début de conversation, le jeune homme bredouilla :
_Heu très bi- enfin, l'énigme à l'entrée était très superstitieuse, mais-
_Mystérieuse, corrigea machinalement l'autre Orcanien du trio en ouvrant la porte du taudis pour qu'ils puissent prendre la route. C'est vrai que c'est vachement alambiqué parfois leurs conneries.
_Moi j'ai une botte secrète, les informa Perceval en époussetant son gambison. Quelle que soit la question, vous proposez toujours « Chaussette » en premier !
_Chaussette ? répéta Galessin, dubitatif. C'est comme le truc de chanter « Ce soir c'est pinage ! » en allant à la bataille ?
_Non, ça c'est surtout un truc d'alcoolique. Mais…
Ouais. Ça lui manquerait, d'être chevalier.
Allez, le premier ou la première qui corrige Perceval et retrouve les trois références à d'autres "fandoms" français faites dans ce chapitre aura droit à une drabble sur le couple de son choix dans l'univers de mon omake, Super!Kaamelott.
BTW, la chanson du début vient probablement de Normandie, puisqu'un proche issu de cette région me l'a beuglée dans les oreilles un soir de beuverie.
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