Voici donc le septième chapitre de cette histoire de fous.

Enjoy !

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Chapitre 7 : Potions, action et réaction.

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7h20. Sonnerie habituelle. Coup de poing dans le vide habituel. Esquive habituelle du réveil. Mais il y avait cependant un fait inhabituel dans le quotidien de Severus. Il sentait un truc non identifié tout chaud, lové contre lui. C'est ce qui acheva de le réveiller. Il ouvrit un œil, puis l'autre, et au bout de quelques secondes, le temps d'analyser la situation..

BLAM !

« Potter ! »

Harry s'était encore fait éjecter du lit. Il avait atterri sur la tête, ce qui ne l'aidait pas à comprendre ce qui se passait. Il regarda autour de lui, et vit qu'il se trouvait par terre. Bien, première analyse de faite. Il leva le regard un peu plus haut, et vit un Snape enragé. Il re-regarda le sol, puis Snape ; puis Snape, puis le sol.. Tout cela lui rappelait bien quelque chose.

« C'est une habitude chez vous de balancer les gens par terre pour les réveiller? demanda-t-il tout en se redressant sur ses pattes du mieux qu'il pu.

- En tout cas, vous, ne commencez pas à prendre l'habitude de vous agripper à moi pendant votre sommeil » lâcha simplement Severus.

Harry décida d'ignorer son professeur et de se diriger vers la salle de bain. Mais avant qu'il ne réussisse à atteindre son but, Harry se fit renverser par une tornade enveloppée dans des couvertures, qui entra dans la salle de bain avant de lui dire « Les aînés d'abord, Potter ».

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Harry soupira. Cela faisait à présent trois semaines qu'il cohabitait avec Snape. Peut-être finirait-il par s'habituer à ces violents réveils ? Il avait bien essayer d'y remédier en proposant à son professeur de mettre une barrière au lit – mais ce dernier s'était offusqué du manque de goût de Harry. Donc, Harry se devait de se manger le sol tous les matins. Ô joie.

Néanmoins, mise à part l'extrême mauvaise humeur matinale de Snape, le reste de leur cohabitation ne se passait pas si mal. Ils avaient eu droit à quelques disputes et diverses menaces pour certains non-respects du contrat de colocation, mais tous deux réussissaient à faire des compromis avec le temps. Lorsqu'ils étaient en présence l'un de l'autre, le plus souvent ils s'ignoraient ; cependant ils avaient réussi à s'échanger quelques mots polis et à tenir une ou deux conversation civilisée. Même les cours de potions ne se passaient pas si mal que ça – enfin, ils n'étaient pas pires que d'habitude.

Tout ne se passait pas si mal que ça, donc. Hormis les matinées.

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« Potter, veuillez vous activer. Je dois partir en cours dans cinq minutes.

- Mais aujourd'hui je ne commence qu'à 10 heures, répondit Harry. Le professeur Babbling est malade.

- Et qu'est-ce que ça peut bien me faire ?

- Ben, ça fait que je n'ai pas à me dépêcher comme les autres matins.

- Je crois que vous n'avez pas saisi, Potter. Vous n'avez en aucun cas la permission de rester ici tout seul. Donc si je pars en cours, vous partez aussi - où cela vous semble bon d'aller. Mais vous ne restez pas ici.

- Non mais j'ai quand même le droit de prendre mon petit déjeuner ?

- Non, répliqua Severus. Allez prendre vos affaires et déguerpissez.

- Et un ''s'il vous plaît'' vous écorcherai la bouche ?

- Je vous demande pardon ?

- Ou bien un ''bonjour'', voire un ''merci'' de temps en temps, s'emporta Harry. C'est trop vous demander ?

- Et vous demander de ne pas faire d'histoires, c'est trop vous demander ?

- Et arrêter de me traiter comme si j'étais une vieille chaussette puante, c'est trop vous demander ?

- Et respecter les règles de notre contrat, c'est trop vous demander ?

- Non mais vous allez arrêter de ressortir ce contrat à toutes les sauces ? Vous ne savez faire que ça, suivre des règles aveuglément ?

- Et vous, savez-vous faire autre chose que les briser ?

- Raah ! » Harry donna un coup de pied rageur dans l'une des chaises de la cuisine et partit chercher ses affaires, tant qu'il réussissait encore à contrôler ses pulsions meurtrières. Snape n'était rien d'autre qu'un abruti borné. Abruti borné qui lui tenait la porte d'entrée grande ouverte, que Harry se dépêcha de franchir sans un regard.

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Notre pauvre Potter marcha aléatoirement dans les couloirs du château pendant plusieurs minutes. Il songea à aller dans la Grande Salle, mais son idiot de professeur lui avait coupé l'appétit. Alors oui, tout ne se passait pas si mal que ça.. mais il était vrai que Snape n'utilisait jamais vraiment de politesses à son égard, et qu'il avait un peu trop tendance à tout prendre comme acquis. Certes, Harry respectait les statuts élève-professeur, reconnaissait le respect de la hiérarchie, tout ça tout ça – néanmoins il y avait dans sa relation avec Snape une certaine notion de harcèlement, voire même d'esclavage, se dit Harry. Il se promit d'arrêter de rester passif.

Il décida également d'arrêter de se prendre la tête à cause de sa tête de mule de professeur, et de trouver un endroit où se poser. Il n'avait plus faim, donc pas de Grande Salle – du moins pas tout de suite. Que pouvait-il faire ? Il avait bien un devoir à faire, mais bon, de bon matin.. Quoique, au moins, il en serait débarrassé. Harry prit donc le chemin de la bibliothèque.

Sur son passage, il regarda autour de lui. Ces trois semaines dans l'Antre des cachots l'avaient un peu coupé de la vie quotidienne des habitants de Poudlard. Il regarda certains élèves, dont la fatigue était profondément ancrée sur les visages. Il en aurait presque oublié qu'il était le seul élève à pouvoir dormir dans un véritable lit. Avec la fatigue se faisait également ressentir la mauvaise humeur, dont il vit une parfaite illustration lorsque deux élèves de troisième année de Serdaigle se bagarrèrent devant lui pour une histoire de jeu de carte. Depuis quand les élèves d'une même maison se battaient-ils entre eux, surtout pour des raisons aussi futiles ?

Il dû cependant arrêter là ses réflexions, alors qu'il pénétrait dans la silencieuse bibliothèque.

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De son côté, Severus regardait ses cornichons d'élèves de Poufsouffle et de Serdaigle de quatrième année. On voyait tout de suite lesquels étaient doués : quelques serdaigles et un ou deux poufsouffles effectuaient des gestes fluides, tandis que les autres semblaient désorganisés et affolés devant leur chaudron. C'était donc si difficile pour eux de suivre à la lettre des instructions ?

Cette pensée lui fit soudainement se remémorer à sa conversation houleuse avec Potter un peu plus tôt. Severus savait bel et bien faire autre chose que suivre des règlements à la lettre – il savait même les bafouer, lui aussi. Il avait bien dû, notamment pendant la guerre. Mais il avait également dû s'imposer lui-même certaines règles, sans lesquelles il n'aurait pas pu survivre – ou pire, se serait fait prendre. Certes la guerre était finie, mais que voulez-vous, il est parfois difficile de se débarrasser de certains vieux réflexes.

Severus bâilla discrètement puis se massa les tempes. Il aurait bien aimé dormir un peu plus, voire même beaucoup plus. Mais bon, avec Potter à côté.. Il bâilla à nouveau, et se mit à repenser à la guerre. Et à Potter. A Potter pendant la guerre. Tous avaient connu la guerre, mais Potter, lui, l'avait connu bien trop profondément et bien trop jeune. Bien que Severus s'amusait à le considérer comme un enfant gâté, il avait bien vu tout ce poids, tout le fardeau du monde, qu'il avait dû porter sur ses frêles épaules. Il avait beau également le qualifier comme ''fils-de-James-Potter'' (la pire insulte au monde, juste après ''James-Potter''), mais au final il ne l'avait même pas connu, la guerre ayant emporté ses parents avant même qu'il puisse se souvenir de leur existence. Severus repensa alors à son ancienne meilleure amie, Lily, avec nostalgie. Cette guerre avait fait beaucoup trop de ravages. Et c'est ce satané Potter qui avait réussi à y mettre fin. Pas sans aide, bien sûr, mais il avait été la pièce maîtresse de la victoire. Severus se remémora alors les moments passés en privés avec son élève. Même si les premiers cours, notamment d'occlumancie, s'étaient très mal passés, ils avaient néanmoins réussi à mieux s'entendre lorsque Severus l'entraînait aux sortilèges informulés, son domaine de prédilection. Il lui avait également appris à réaliser quelques potions, les plus rudimentaires (poisons, contre-poisons, guérison des plaies, guérison d'infections..) et Potter avait su lui montrer qu'il n'était pas qu'un gamin égocentrique. Il était petit à petit devenu un jeune homme mature et responsable.

Severus secoua ses esprits et se pinça l'arrête du nez. Il fallait qu'il arrête de divaguer ainsi, surtout si cela le menait à qualifier méliorativement Potter. Pour se remettre d'aplomb, il décida d'aller apeurer l'un de ses élèves dont le chaudron émettait de magnifiques bulles orangées.


Sirius essuya du revers de sa manche les restes de son petit-déjeuner tardif qu'il avait aux commissures des lèvres et hâta le pas. Pour une fois, il voulait essayer d'arriver à l'heure pour son cours. Il fut d'ailleurs assez fier lorsque, une fois arrivé devant ses élèves et la porte de sa classe, il remarqua qu'il n'avait que 7 minutes de retard. Record battu. Il ouvrit la porte et les élèves rentrèrent à sa suite. Parmi eux il distingua tout de suite Harry, à qui il fit un petit signe de la main. Une fois qu'ils furent tous installés, Sirius s'empara de ses notes.

« Bonjour à tous, dit-il à ses élèves. Aujourd'hui, nous allons étudier un sortilège des plus intéressants. Pour cela, il vous faut une panse de brebis farcie au.. »

Sirius arrêta de lire ses notes oralement et les parcourut du regard. Ce n'étaient pas ses notes de cours mais la recette du Haggis, plat typique écossais dont il avait noté la recette un peu plus tôt. Il se racla la gorge, fit signe à ses élèves de patienter et chercha ses notes sur son bureau. Rien concernant le cours d'aujourd'hui. Heureusement, Sirius possédait une bonne mémoire, et le cours d'aujourd'hui portait sur.. Ahem. Sirius possédait malheureusement une mémoire sélective. Peut-être que le sortilège à étudier n'était pas si intéressant que ça finalement. Bien. C'est partit pour un peu d'improvisation.

« Doonc, reprit-il. Nous allons étudier un sortilège des plus intéressants, puisque je vais en réalité vous demander quel est le sortilège vous auriez envie d'apprendre aujourd'hui. Alors, des idées ? »

Et hop, en voilà une jolie pirouette.
Il aperçut une main jaillir parmi ses élèves.

« Oui, Hermione ?

- Professeur Black, demanda-t-elle, est-ce que l'on pourrait voir le sortilège qui permet de guérir autrui en déplaçant ses blessures sur soi-même ?

- Mais en voilà une merveilleuse idée, ma chère ! Bien, prenez vos parchemins, nous allons tout d'abord faire un peu de théorie » répondit-il en remerciant mentalement Hermione de posséder un cerveau.

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Lorsque la fin du cours sonna, Sirius se sentit assez fier de son improvisation totale pendant ce cours. Alors que ses élèves remballaient leurs affaires, il croisa le regard de Harry et lui fit signe de venir le voir.

« Alors, demanda-t-il au jeune gryffondor alors que la classe se vidait. Comment ça va en ce moment ?

- Ça va, lui répondit-il. On est un peu surchargés de devoirs, mais bon, ça devrait aller.

- Ah, les devoirs, dit Sirius. Une chose que je n'ai jamais pu supporter. C'est pour ça que je n'en donne jamais – comme si vous n'aviez que ça à faire. »

Harry lui répondit par un sourire.

« Et avec Snape ? Tout va bien ? Tu sais, tu n'as qu'à demander et hop, comme par magie, il y aura des veracrasses dans son café.

- J'apprécie la proposition, répondit Harry amusé, mais je pense que ça ira. Il me tape un peu sur le système dernièrement, mais bon. Ce n'est pas comme si j'allais le laisser faire.

- Ça c'est bien dit, répliqua Sirius en ébouriffant les cheveux de son filleul. Allez, file manger et reprendre des forces pour cet après-midi.

- C'est ce que je vais faire oui. Surtout que pour commencer l'aprem, c'est un cours de potions qui m'attend. »

Sirius le regarda d'un air grave. « Toutes mes condoléances » lui dit-il en lui tapotant sur l'épaule de manière réconfortante.

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Harry, Ron et Hermione allèrent dans la Grande Salle pour prendre leur déjeuner.
Trois semaines après sa première nuit chez Snape, la plupart de ses camarades avaient arrêté de le harceler en lui posant des questions concernant sa cohabitation avec l'homme des cachots, bien que quelques rumeurs s'amusaient à circuler. Harry pouvait donc enfin profiter de ses repas en paix.

Arrivé au dessert, Ron lui racontait les dernières aventures qu'il avait lu dans son nouveau livre du ''Quidditch à travers les Âges'', et ce en faisant de grand gestes explicatifs. Par mégarde, il finit par envoyer un peu de son dessert – du pudding à la marmelade – sur Lavande, juste à côté de lui.

« Mais tu pourrais faire attention ! s'écria-t-elle.

- Désolé » répondit Ron dépité, alors que Lavande s'essuyait le pudding qu'elle avait sur les vêtements et sur le visage.

« Lavande, dit alors Ron prit d'une soudaine inspiration. Est-ce que tu veux que je te lèche le visage?

- Est-ce que quoi? répondit-elle, interloquée.

- Ben, te lécher le visage, répliqua Ron. Pour te débarrasser du pudding, jugea-t-il nécessaire de préciser.

- Ca te prend souvent de lécher le visage des gens quand ils ont de la nourriture dessus? s'exclama Lavande d'un ton outré.

- Ben non, mais je voulais juste te proposer –

- Tu n'est pas un chien, Ronald ! s'écria-t-elle. Au mon Dieu, comme c'est humiliant, dit-elle un peu plus bas en remarquant que la plupart des gens présents à leur table les regardaient.

- Ah ben forcément, tout de suite c'est de ma faute ! Je te propose un service et voilà comment tu me remercies !

- Mais enfin, Ron ! Les êtres humains ne se lèchent pas mutuellement le visage !

- Pas pour le moment, répondit-il. Mais qui sait, dans quelques années ça reviendra peut-être à la mode ! Parce que tu vois, déjà du temps de Cromagnon.. »

Harry et Hermione préférèrent partir plus tôt que prévu pour leur cours de potions, laissant tranquillement Ron et Lavande finir de se disputer.

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A la table des professeurs, Hagrid discutait avec le professeur Chourave de son nouvel animal de compagnie fétiche, le cocatrix.

« Je crois que ces animaux adorent le romarin, non ? lui demanda la professeur de botanique.

- Tout à fait, répondit Hagrid, Coco en raffole.

- Bien, je vous en donnerai quelques plants dans ce cas.

- Comme c'est aimable de votre part » lui répondit le demi-géant.

« Tu crois que ça a un goût de poulet, le cocatrix ? demanda discrètement Sirius à Remus.

- Possible, lui répondit-il. Mais je te conseille de ne pas essayer, je ne suis pas sûr que Hagrid en serait ravi.

- Même si je lui en propose une cuisse ?

- Surtout si tu lui en proposais une cuisse » répondit le loup-garou avec un sourire.

« Mesdames messieurs les professeurs, dit alors Dumbledore en regardant ses collègues. Avant que vous n'alliez à vos cours de cet après-midi, je tiens à vous rappeler que nous avons une réunion de prévue à la fin de la journée. En attendant, je vous souhaite une bonne digestion ! »


Harry et ses camarades s'étaient regroupés devant la salle dans laquelle ils allaient devoir affronter leur cours de potions avec Snape. La sonnerie retentit, et la lourde porte s'ouvrit à la volée. Elle se fracassa violemment contre le mur adjacent.. et sortit subitement de ses gonds, pour se diriger intempestivement vers un Harry qui menaçait de se faire écraser. Celui-ci, par réflexe, sortit sa baguette et la pointa vers la porte qui volait dangereusement vers lui. Il fit un léger mouvement du poignet et la porte changea alors de direction, pour partir s'écraser.. sur Draco Malfoy. Quelle horrible coïncidence.

La plupart des élèves clignaient stupidement des yeux, n'ayant pas vraiment compris ce qu'il venait de se passer pendant la dernière seconde écoulée. Enfin, quelques serpentards se réveillèrent et accoururent pour dégager leur Prince de sous la porte, tandis que les gryffondors étaient émerveillés par la force bestiale de leur Maître des Potions, qui les avaient accessoirement débarrassé d'un gêneur. Severus était quelque peu abasourdi par ce qu'il venait de se passer (cette porte était-elle vraiment en si mauvais état que ça ?) mais cependant il reprit vite contenance.

« Potter ! s'exclama-t-il. Vous serez en retenue avec moi ce soir, pour tentative de meurtre envers un camarade.

- Hein ? Mais, mais c'est vous qui avez projeté la porte, et si je ne l'avais pas déviée, je -

- Je me fiche de votre point de vue, Potter. Si vous ne voulez pas gagner une retenue supplémentaire, je vous conseille de vous taire. Miss Parkinson » dit-il en s'adressant à Pansy qui venait de dégager Draco de sous la porte « Je vous charge d'emmener Mr Malfoy à l'infirmerie. Les autres, entrez en silence. »

Harry fulminait. L'humeur de Snape ne semblait pas s'être améliorée, ce qui ravivait chez Harry des souvenirs concernant la matinée. Il s'était promis de ne plus rester passif, mais le problème, c'est que s'il osait tenir tête à l'homme dans le cadre scolaire, il risquait retenues et punitions. Il ravala donc sa rage en silence, et entra à la suite de ses camarades, dans un silence de mort. Mort tout comme la porte, qui reposait à présent sur le sol.. Mais que Severus remit en place d'un bon coup de baguette, tandis que ses élèves s'installaient à leurs places.

Le cours n'avait même pas commencé qu'il se sentait déjà de bonne humeur. Faire enrager Potter était un bon revigorant pour les nerfs. Il claqua à nouveau la porte (tout en s'assurant qu'elle ne s'envole pas à nouveau) et accouru derrière son bureau, pour ensuite dévisager les pauvres élèves de son regard le plus noir.

« Aujourd'hui, vous allez me réaliser un philtre de paix, potion que vous avez déjà étudiée en cinquième année. Sa confection est un bon exemple du type de rédaction qui pourra vous être demandé lors de votre examen, c'est pourquoi vous allez à présent la réaliser de mémoire, sans l'aide de vos manuels. En outre, cette fois-ci, vous n'aurez qu'une heure pour la réaliser. Et pour vous motiver, sachez qu'une fois que les potions auront bien reposé – c'est-à-dire dans trois semaines approximativement – quelques unes d'entre elles seront testées sur vous-même avant la fin de cette future leçon. Vous trouverez tout ce dont vous aurez besoin dans l'armoire. Vous pouvez commencer. »

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Dix minutes plus tard.

Harry faisait du mieux qu'il pouvait depuis déjà plusieurs minutes. Et sincèrement, il trouvait qu'il ne s'en sortait pas trop mal pour une fois. D'accord, sa potion n'était pas aussi bien préparée que celle d'Hermione, mais il y avait un bon début. Seulement, il avait un peu de mal à se concentrer, étant donné qu'il était juste à côté de Neville, qui s'était mis à stresser encore plus quand Snape avait commencé à roder entre les rangs. Harry jetait donc de fréquents coups d'œil à son voisin pour éviter une future explosion – qui pourrait lui laisser des séquelles peut-être irréversibles. Mais il fut totalement déconcentré par notre cher Snape, qui se rapprochait dangereusement de lui. Il se concentra sur sa potion afin d'éviter le regard de son professeur. Il était tellement concentré sur le fait de ne pas le voir, qu'il sursauta lorsqu'un « Potter ! » le sortit de ses rêveries

« Potter, peut-on savoir ce que vous faites ?

- Un philtre de paix, monsieur, répondit Harry le plus naturellement possible.

- Vraiment? Dans ce cas, vous allez avoir l'amabilité de m'expliquer pourquoi votre manche est en train de prendre feu.. ». Harry regarda alors sa manche droite. En effet, elle était bien en train de se faire consumer par les flammes. A la vitesse de l'éclair, il ôta sa robe et s'en dépêtra du mieux qu'il put, mais au passage elle enflamma le bas de son T-shirt. T-shirt qu'il se dépêcha d'enlever également, se retrouvant ainsi a moitié nu et en train de piétiner ses vêtements.

« Dix points en moins à Gryffondor pour tenue indécente, s'exclama le professeur.

- Non mais attendez, j'ai failli être immolé, et vous tout ce que vous trouvez à faire c'est me retirer des points ?

- Je trouve que c'est une très bonne façon d'aborder les choses. Peut-être que la prochaine fois, vous ferez doublement attention. »

Harry ravala la réplique cinglante qui lui brûlait les lèvres et retourna à sa potion, rouge de rage. Quant à Severus, il était fier de lui. Il réussissait de mieux en mieux à faire sortir Potter de ses gonds (un peu comme la porte).
Et ce n'était que le premier quart d'heure.

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« Qu'est-ce que c'est que ça, Potter?

- La potion que vous nous avez demandé de faire, professeur.

- Vraiment? On dirait plutôt une bouillie de choux de bruxelles mitonnée avec des restes de raton-laveur. Cinq points en moins pour Gryffondor ; et dépêchez-vous de rattraper vos erreurs, sinon c'est un zéro. »

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« Monsieur?

- Quoi encore, Potter?

- J'ai froid.

- Et bien la prochaine fois vous éviterez peut-être de jouer au pyromane. »

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« Ah – Ah.. ATCHOUM !

- Potter ! Cinq points en moins pour avoir perturbé le cours.

- Mais monsieur..

- Taisez-vous ou je vous fais frire dans votre chaudron, et vous ne pourrez plus vous plaindre du froid. »

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BAOUM !

« Monsieur Londubat, vous essayer de faire sauter toute la classe? Dix points en moins et un zéro. »

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« ATCHÂÂ !

- Potter, peut-être pourriez-vous prendre un mouchoir afin de nous éviter la vue du flot de morve se déversant de vos naseaux ? »

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Il ne restait déjà plus qu'une demi-heure. Severus releva la tête, et son regard se posa sur un Potter grelotant, et.. « Miss Granger, je vous interdit de lui passer une veste ! ». Celle-ci se rassit lentement et recommença à surveiller sa potion.
« Bien, annonça alors le professeur. Le temps est écoulé, et vous devriez avoir tous fini. Mettez des échantillons de vos potions dans des fioles et apportez-les jusqu'à mon bureau ». Severus se sentait d'humeur joyeuse, et c'est pour cela qu'il annonça, quand tout le monde fut de nouveau à sa place : « Et pour finir en beauté.. Petit contrôle surprise. »

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Lorsque la fin des cours retentit, tous les élèves sortirent du cours de Snape totalement dépités. Même les serpentards n'étaient pas de très bonne humeur, après un contrôle surprise comme celui-là. Surtout Draco Malfoy, qui était revenu de l'infirmerie quelques dizaines de minutes avant la fin du cours. Alors qu'ils étaient au bout du couloir, Draco ne put se retenir.

« Tout ça, c'est de la faute de Potter » s'exclama notre blondinet alors que le Survivant passait non loin de lui, emmitouflé dans plusieurs vêtements.

« Ferbe-la Balfoy, répliqua celui-ci en reniflant bruyamment.

- Je ne crois pas que je vais te faire ce plaisir, non. Et puis sinon quoi ? Tu vas m'attaquer à grands coups de morve ?

- Laisse Harry tranquille ! s'écria alors Neville Londubat, le plus courageux de tous les Gryffondors, tout en se plaçant entre Harry et Draco.

- Tiens tiens, Londubat. Il faut dire qu'après une tentative de meurtre à coups de chaudrons explosifs, plus rien ne m'étonne venant de toi. Tu crois vraiment pouvoir faire le poids?

- T-tais toi ! dit Neville en se mettant sur sa garde, les poings en avant.

- Oh, on fait le malin hein. Crabbe, Goyle, venez voir un peu par ici. Il y en a un qui veut être réduit en pâté pour hyppogriffe. »

Crabbe et Goyle, qui n'avaient pas tout compris, s'avancèrent devant Draco, le regard vide. Ils levèrent leurs yeux globuleux vers Neville, et comprirent à sa position de quoi il s'agissait : bagarre. Neville poussa alors un cri de guerre, se jeta sur Crabbe et Goyle la tête la première. Ils l'avaient attrapé, mais Neville réussit à leur faire des chatouilles, fourberie qui eut pour résultat que les deux gorilles le lâchèrent momentanément. Il attrapa alors Draco par les chevilles, et le fit tomber à terre – pendant que d'autres gryffondors s'occupaient de Crabbe et Goyle. Il se hissa du mieux qu'il put, attrapa les cheveux blonds du Serpentard et, d'un coup sec, lui en arracha une bonne touffe. Puis, Neville se releva d'un bond et partit en courant, une soyeuse touffe de poils blonds à la main.

« Mes.. Mes cheveux.. » bafouilla alors Draco alors qu'il se relevait tout en se tâtant le sommet du crâne.
« MES CHEVEEEEEEEEEEEUUUX ! » s'écria-t-il, avant de se lancer à la poursuite de notre vaillant gryffondor.

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.. A suivre !

Et à bientôt pour de nouvelles stupidités lors du prochain chapitre !