Cult Potter

Note de la traductrice : Ni Harry Potter, ni l'histoire ne m'appartiennent, je ne fais que traduire.

« italique » : Pensées

italique : Accent sur un mot

« Gras italique » : fourchelangue

« Gras » : souvenirs/flashback/répliques de films


Chapitre 7 : Le désastre d'Halloween

Halloween ; Edith n'avait jamais particulièrement aimé Halloween. Bien sûr, c'est parce qu'elle n'était pas en position d'apprécier les vacances – personne ne donnait de bonbons au 'monstre' du voisinage, après tout. C'était une question de logique, même si celle-ci était basée sur des mensonges.

C'était tout de même impressionnant, ce soir là. Des citrouilles, des bougies et une grande quantité de bonbons couvraient les tables. Tous les étudiants étaient excités, surtout Ron et Dancia, ironiquement. Dancia préférait généralement se faire passer pour plus mature qu'elle ne l'était réellement, et normalement, elle aurait grimacé de dégoût face à son propre comportement.

Sally aussi semblait s'amuser – Edith était passé près d'elle alors qu'elle racontait des histoires de fantôme à Susan et un garçon appelé Terry, accompagnant ses mots de gestes exagérés.

Évidemment, Edith n'était pas aussi heureuse que ses compagnons malgré les festivités organisées par les enseignants. C'était l'anniversaire du meurtre de ses parents, et c'était le seul jour de l'année où elle s'autorisait réellement à les pleurer, à être faible, à imaginer quelle vie elle aurait s'ils étaient toujours là.

Hagrid, bénie soit son âme, lui avait donné un album rempli de photos animées de ses parents, comprenant plusieurs de leur mariage et de leur jeunesse. Elle le remercia de tout son cœur.

Les deux derniers mois s'étaient passé assez calmement, excepté durant le premier cours de vol quand Neville était tombé de son balais et s'était cassé le poignet. Les balais étaient défectueux et bien trop vieux pour être utilisés ; Dumbledore avait d'ailleurs reçu une lettre du Conseil d'Administration de Poudlard après qu'Edith ait convaincu le garçon de se plaindre auprès de sa grand-mère vindicative. Ce fut amusant, mais après ces évènements, peu de choses intéressantes s'étaient passé.

Les seules choses qui permettait à Edith de rester occupée était d'explorer ses nouvelles amitiés, et de chercher un moyen d'exorciser l'ennuyeux fantôme qui enseignait l'Histoire de la Magie – Binns. Si elle n'avait pas acheté ses manuels de défense à étudier, elle aurait eu une heure de gâchée presque chaque jour.

Mais grâce à ceux-ci, elle pouvait ajouter 'Stupéfix' et 'Reducto' à sa liste de sorts maîtrisés. Alors ce n'était pas que tu temps perdu.

Lassée de tous les rires résonnant dans la Grande Salle, Edith quitta la table de Serpentard et commença à arpenter les couloirs, cherchant une pièce où elle pourrait se recueillir en paix – et où elle ne serait pas dérangée, ce qui écartait automatiquement la salle commune.

(Pansy Parkinson était exceptionnellement irritante sur ce sujet).

Alors Edith se retrouva devant la bibliothèque, une nouvelle fois. Personne d'autre n'était là, pas même Pince, mais les portes n'étaient pas verrouillées – après tout, qui irait cacher quelque chose d'important dans la bibliothèque ? S'asseyant à une table du fond, Edith ouvrit l'album photo de ses parents et sortit quelques bougies qu'elle avait volé aux professeurs quand ils préparaient la Grande Salle. Délicatement, elle posa les huit bougies autour d'elle et les alluma toutes en même temps avec sa baguette – il faudrait qu'elle remercie Hermione de lui avoir montré cette astuce.

Souriant tristement, Edith baissa les yeux sur le livre. Elle l'avait ouvert aux photos de mariage. Sa mère était incroyablement belle, son père avait l'air d'être l'homme le plus heureux du monde. Près d'eux se trouvait son parrain, selon les notes écrites en dessous de l'image. Les demoiselles d'honneur étaient elles aussi des personnes qu'elle ne reconnaissait pas – deux femmes d'une vingtaine d'années et une très jeune fille avec les cheveux changeant de couleur.

Mariage – de droite à gauche, Lily Potter, James Potter, Sirius Black, Frank Londubat, Alice Londubat, Andromeda Tonks, Nymphadora Tonks.

Alors qu'elle examinait les visages de ses parents et soupirait doucement, Edith se demanda qui étaient ces personnes. Son parrain, sa marraine. Pourquoi ne les avait-elle jamais rencontré avant ? Bien sûr, Petunia et Vernon n'auraient pas été contents, mais ils n'auraient jamais pu empêcher d'autres adultes de venir lui rendre visite, n'est-ce pas ? Surtout s'ils étaient aussi des sorciers.

Edith était également surprise de voir le nom de famille de Neville sous la photo ; Frank et Alice devaient être ses parents. Elle prit une note mentale de le questionner sur le sujet avant la fin de la journée.

« Pourquoi es-tu morte pour moi, maman ? » Murmura Edith, les yeux posés sur le visage souriant de sa mère. « Pourquoi mourir pour un monstre ? »

Bien sûr, l'image ne pouvait pas lui répondre – la femme qui y reposait appartenait au passé, inconsciente du destin qui l'attendait.

Edith soupira. Essuyant les larmes qui avaient coulé sur ses joues, elle souffla sur les bougies pour les éteindre et ferma l'album. Murmurant quelques mots à l'attention de ses parents décédés, elle se dirigea vers les escaliers pour rejoindre la salle commune des Serpentard afin de ranger ses précieux objets.

Tristan se colla contre sa jambe et aboya, comme concerné.

« Ça va aller, Tristan. » Dit-elle doucement, prenant son chien dans ses bras avant d'aller à contre-cœur en direction de la Grande Salle.


Edith sentit son odeur avant de voir ou d'entendre quoi que ce soit.

Les Trolls avaient une puanteur très distinctive ; si tu as l'impression que tu risque de vomir absolument tout ce que tu as mangé dans ta vie, alors il y a de grandes chances que l'un d'entre eux soient proche. Elle était encore loin de la Grande Salle quand l'odeur nauséabonde devint suffocante, ce qui voulait dire que soit les jumeaux Weasley venaient de faire éclater une Bombabouse, soit quelque chose n'allait pas.

Puis, elle entendit Hannah Abbott hurler.

Edith traversa le couloir et se retrouva face à une vision clairement effrayante. Hannah et Sally couraient toutes les deux pour fuir un troll des montagnes haut de trois mètres. Le monstre était apparemment très déterminé à les attraper, parce qu'il bougeait anormalement vite pour sa taille, et qu'il portait en main une énorme masse en bois.

Hannah avait l'air terrifiée, mais Sally semblait partagée entre la peur et la colère. Les sorciers étaient capable de vaincre un monstre de ce genre, mais aucun sort de défense ne leur avait été appris malgré les deux mois passé à Poudlard. C'est ce qui arrive quand une école privilégie l'enseignement de la botanique plutôt que la sécurité de ses étudiants.

(Un élève, Edith ne connaissait pas son nom, avait tenté de voir ce qui se trouvait dans le 'couloir interdit' du troisième étage et était arrivé à l'infirmerie avec un bras en moins. Dumbledore n'avait même pas pris la peine d'expliquer ce qui s'était passé, et s'était contenté de dire « chut, c'est pas grave. »)

Edith sortit immédiatement sa baguette, réfléchissant rapidement. Une stratégie commença à pondre dans son esprit. « Sally ! Hannah ! Par ici ! » Cria-t-elle.

Les deux Poufsouffle l'aperçurent enfin et se précipitèrent vers elle en un instant. Edith vérifia rapidement qu'elles allaient bien, avant de continuer. « Tu me fais confiance ? »

Sally hocha la tête.

« Parfait. » Edith s'avança dans le couloir et fit face au troll, ignorant le cris de détresse d'Hannah. Pointant sa baguette sur la masse de la créature, elle lança le sort de lévitation appris plus tôt dans la semaine, l'arrachant de la poigne du monstre.

Le troll trébucha en arrière, surpris. Edith attira la masse comme une batte de baseball avant de de le balancer sur son crâne.

« Les trolls résistent aux sortilèges sauf s'ils sont affaiblis. » Expliqua-t-elle aux deux étudiantes, alors que le premier coup étourdit le troll, mais sans l'assommer ; le deuxième, par contre, força la créature à genoux. « Alors la force brute est souvent la meilleure solution ! »

Avec deux coups de plus, elle envoya la créature au sol sur le dos. Laissant tomber la masse, Edith pointa sa baguette sur la batte et murmura : « Reducto ! »

L'objet se brisa en une centaine d'éclats de bois, chacun d'eux aussi pointus et tranchants qu'une épée – ce qui était exactement ce dont elle avait besoin. Edith en attrapa un au sol et courut jusqu'au troll, lui lançant sans cesse des Stupéfix pour l'empêcher de se relever. S'arrêtant à côté de sa tête, Edith murmura un sort pour augmenter sa force et planta l'éclat qu'elle portait dans le cou de la créature.

Du sang jaillit de la blessure, se répandant sur son visage et ses bras. Le troll grogna et la frappa avec ses bras tremblant. Projetée contre le mur, Edith recracha un peu du sang noir qu'elle avait reçu dans la bouche et secoua la tête, avant d'observer le monstre gesticuler sur son lit de mort, l'éclat de bois s'insérant plus profondément à chaque mouvement qu'il faisait.

Elle entendit vaguement Sally crier son nom ; la Poufsouffle attrapa son bras et la tira vers le haut, l'emmenant loin de la créature mourante. Il était toujours capable de bouger, et tendait de se glisser vers elles alors que les deux filles conduisaient une Edith à moitié aveugle dans les couloirs vers un endroit sûr.

Il s'avéra que les professeurs avaient été alertés de la présence du troll dans les couloirs de l'école à peine quelques minutes plus tôt. McGonagall les retrouva, et après avoir fini de crier en voyant la Survivante couverte du sang du troll, elle les emmena toutes les trois vers l'infirmerie.

« Que s'est-il passé ? Pourquoi n'étiez-vous pas avec votre maison ? » S'écria l'enseignante de métamorphose, presque hystérique. Edith se demanda vaguement si la femme avait des petits enfants. « N'avez-vous pas entendu que tous les étudiants devaient retourner dans leur salle commune ? »

« Non, on ne savait pas ! » Protesta Sally. « Je revenais juste des toilettes avec Hannah, et il était au milieu du couloir ! Si on était pas tombées sur Edith, il nous aurait sans doute tué ! »

Les yeux de McGonagall se posèrent sur celle-ci. « Que pensiez-vous ? Une première année tentant d'arrêter un troll des montagnes adulte ? Vous avez de la chance d'être encore en vie... » Sa voix faiblit en voyant les traces de sang sur la veste d'Edith ; l'infirmière ne les avait pas fait disparaître après avoir soigné le choc de la fille. « Comment l'avez-vous combattu ? »

« Vous seriez déçue, professeur. » Edith parvint à sourire malicieusement, Hannah en fut émerveillée. « C'était d'une manière très moldue. »

Il y eut un silence avant que l'infirmière Pomfresh, à la surprise de tous, éclate de rire. McGonagall lança à la femme un regard incrédule avant de donner trente points à Serpentard (un record venant de celle qui détestait la maison des vert et argent) pour avoir tué le troll.

Une fois qu'elle fut totalement propre et que Pomfresh eut la certitude qu'elle n'avait pas été blessée – elle n'avait que (sachant qu'ils avaient été causés par un p*tain de troll) quelques ecchymoses à cause de son passage forcé contre le mur – Edith fut libérée de l'infirmerie et renvoyée dans la salle commune de Serpentard.

Elle reçut un accueil héroïque de la part d'une grande partie de sa maison. Même les abrutis qui se moquaient d'elle parce qu'elle était une sang-mêlée furent obligés d'admettre à contre cœur que tuer un troll, ce n'était pas rien.

« Tu as tué un troll ! » Ne cessait de s'écrier Dancia.

« Encore une fois, c'était des moyens moldus. » Répliqua Edith, frottant le dos de sa tête. C'était encore un peu douloureux à cause de l'impact. « Je suis surprise que tu ne sois pas déçue du fait que j'ai utilisé une solution si peu magique. »

Blaise la fixa comme si elle était folle. « Edith c'était un troll des montagnes. Ces créatures sont résistants aux sortilèges. Évidemment, que nous sommes impressionnés ! »

« Sally et Hannah vont bien ? » Demanda Tracey, inquiète.

« Oui, elles vont bien, elles sont juste un peu secouées. »

Sally lui avait à nouveau fait un câlin avant qu'elles se séparent pour retourner à leur salle commune respective. Edith n'était pas encore sûre de savoir comment elle était sensée réagir à ça. « Je pense que je n'ai pas encore vraiment réalisé ce que j'ai fait. » Ajouta-t-elle, espérant que personne n'ait remarqué son regard distant.

« Pourquoi étais-tu dans les couloirs, au fait ? » Demanda Dancia. « Tu as dit que tu voulais être un peu seule, mais tu n'es jamais revenue ? »

Edith se mordit la lèvre inférieure. « Rappelles-moi, Dancia, qu'est-il arrivé il y a dix ans jour pour jour ? Je suis un peu célèbre pour ça, il paraît. »

L'héritière Malfoy rougit immédiatement d'embarras. « Ah, oui, désolée. J'avais oublié... encore... c'était... »

« Ça va. » Interrompit Edith. Elle ne voulait pas de pitié, surtout pas au beau milieu de la salle commune de Serpentard. Elle ne comptait absolument pas montrer la moindre faiblesse devant qui que ce soit autre qu'elle-même. « Quand une guerre est gagnée, il est simple d'oublier ceux qui ont donné leur vie pour y arriver. »


Edith fit la grasse matinée le matin de Noël (elle n'avait pas encore pris l'habitude d'appeler cette fête Yule). Finalement, elle fut réveillée par Tristan qui mordillait son bras. Repoussant gentiment son museau, Edith cligna des yeux pour chasser le sommeil de son esprit, la lumière du jour passait à travers les fenêtres de sa chambre, elle pouvait aussi entendre des rires depuis la salle commune.

Depuis qu'elle avait tué le troll, rien de particulièrement intéressant n'arriva (à part quand elle dut utiliser son taser sur Parkinson quand la fille avait insulté Hermione et s'était moqué d'elle. Et même cet avertissement n'était resté intégré pendant qu'une journée).

Voyant la date, Edith sortit des friandises pour chien et les donna à son loyal compagnon. « Joyeux Noël, Tristan. » Murmura-t-elle, caressant sa fourrure alors que l'animal mangeait avec appétit.

« Edith ! »

La rouquine releva les yeux, surprise de voir Hestia dans l'entrebâillement de la porte. « On t'attend en bas depuis des heures ! » S'écria la blonde avec exaspération. « Tracey commençait à croire que tu nous la jouait Belle Au Boit Dormant. »

« Je... n'avais pas réalisé que vous m'attendiez. » Répondit Edith, confuse.

« Bien sur que si ! Les cadeaux ne vont pas s'ouvrir tous seuls ! » Réprimanda Hestia.

« Et... vous ne les avez pas encore ouverts ? » La rouquine fronça les sourcils, ne comprenant pas ce que son amie lui disait.

Hestia rit. « Idiote, ça ne se fait pas d'ouvrir les cadeaux des autres ! Surtout quand tu sais déjà ce que tu leur a offert, ça enlèverait tout le côté amusant de l'échange de cadeaux ! »

« Des cadeaux... pour moi ? » Finit par dire Edith, étonnée. Riant, Hestia lui attrapa la main et commença à l'attirer dans les escaliers vers la salle commune, où un sapin et une énorme pile de cadeaux se trouvaient. Flora, Tracey, Daphne, Blaise et Dancia étaient tous assis autour de leurs propres paquets, mais ils attendaient clairement qu'elle arrive.

« Joyeux Noël, Edith ! » S'exclama Blaise, faisant signe à la rouquine choquée d'approcher et de les rejoindre sur le tapis. « Allez, viens, ouvres-les ! »

Edith resta figée sur place un long moment. Ils... ils lui avaient offert des cadeaux ? Elle n'avait absolument rien demandé, l'idée ne lui avait même pas traversé l'esprit.

À sa plus grande surprise – et inquiétude – des larmes commencèrent à perler au coin de sesyeux. Pourtant, elle n'était pas énervée, elle était... heureuse, heureuse comme elle ne l'avait jamais été auparavant. Elle ne pouvait pas l'expliquer, mais comme la fois où Sally l'avait prit dans ses bras, une impression de légèreté réchauffa son cœur gelé, et elle tenta comme elle put d'empêcher les larmes de couler.

Descendant rapidement les escaliers, elle remercia chaleureusement chacun de ses amis confus (ils étaient ses amis, de vrais et réels amis – elle ne pouvait pas les désigner d'une autre manière) avant de récupérer le premier cadeau à sa portée. C'était celui de Blaise – un pendentif assez simple dont le médaillon argenté représentait un Pégase.

Pendant un instant, Edith le pressa contre son cœur, savourant la sensation qu'il lui procura, avant de se pencher pour prendre Blaise dans ses bras. Le garçon rougit et sourit nerveusement, surpris.

Rapidement, Edith se plongea dans le reste de ses cadeaux : Dancia lui avait donné des bonbons de Pré-au-Lard et plusieurs livres sur la Théorie Magique avancée. Tracey, un guide pour débutants en Runes Anciennes (évidemment), alors que Daphne avait opté pour l'achat d'un collier doré spécial pour Tristan, lui faisant don de plusieurs capacités magiques.

« Tu verras. » Fut la réponse de l'héritière Greengrass (tout en lui lançant un sourire en coin) quand Edith la questionna sur la nature du collier.

Les cadeaux d'Hestia et Flora concernaient le duel : un manuel sur son histoire et ses règles, et une paire de gants de protection. Flora était très intéressée par l'art du duel, et espérait faire d'Edith sa partenaire de combat.

Celui de Sally consistait en un pull en laine et plusieurs feutres à dessin. Susan lui avait offert un étui à baguette et un bracelet orné d'un dragon qu'Edith attacha immédiatement autour de son poignet Par Hermione, elle eut plusieurs livres (évidemment) sur les sortilèges de diagnostique et sur les enchantements protecteurs. Neville et Ron, avaient tous les deux acheté des chocolats d'Honeyduke.

« Edith ? Es... est-ce que tu pleure ? » Demanda Tracey avec inquiétude alors qu'une larme parvint à échapper à la détermination de la future Reine du monde magique.

« Ce... ce n'est rien. Vou... vous êtes géniaux. Je n'aurais pas pu espérer de meilleurs amis. » Parvint à articuler Edith. Hestia décida que c'était le bon moment pour un câlin de groupe, auquel même Dancia, bien qu'à contre-cœur, participa.

Une fois qu'elle se fut un peu calmée, Edith conduisit ses amis de Serpentard à l'extérieur où ils retrouvèrent le reste de leurs amis. Et ainsi débuta une des plus grandes batailles de boules de neige connue à Poudlard.

À la fin de la journée, même les jumeaux Weasley les avaient rejoins, et des alliances s'étaient rapidement formées contre le duo de farceurs. Edith, avec Sally et Hermione, leur avait tendu une embuscade et les couvrit d'assez de boules de neige pour les faire ressembler à des yétis miniatures, ce que Ron, leur victime favorite, trouva hilarant.

Quand le soleil se coucha enfin, Edith retourna dans sa chambre avec une humeur encore plus enjouée que le matin même. Quand elle arriva devant son lit, elle fut surprise de trouver un cadeau désagréablement coloré placé sur ses couvertures. Intriguée, elle le déballa précautionneusement et haleta en sentant la cape en soie douce qui tomba sur ses mains.

Confuse, elle regarda le mot placé à côté : « Votre père m'a laissé ceci avant de mourir. Il est temps que vous en héritiez. Faites-en bon usage. »

Délicatement, Edith passa la main sur la cape. Par habitude, elle lança un sort de diagnostique dessus... et fut rebutée de trouver plusieurs sorts de traçage placés là. Utilisant un de ses nouveaux livres, elle enleva les sortilèges et examina la cape à nouveau. Elle ne semblait pas particulièrement spéciale... mais pourquoi son père lui laisserait-il une cape ordinaire ?

Submergée par la curiosité, Edith passa la cape sur ses épaules. Quelques secondes plus tard, Tracey et Daphne entrèrent dans la pièce.

« Pourquoi Edith pleurait tout à l'heure, d'après toi ? » Demanda Tracey, inquiète. « On aurait dit qu'elle était surprise d'avoir des cadeaux. »

« J'ai remarqué. » Daphne également semblait troublée.

« C'es une longue histoire. » Intervint Edith, se demandant comment elle allait leur expliquer. Pourtant, elle recula de surprise quand les deux filles crièrent et firent demi-tour, baguette tendue.

« E-Edith ? Où es-tu ? » S'écria Tracey, la main posée sur le cœur.

« Juste à côté de toi. » Répondit Edith, clignant des yeux d'un air interloquée. Tracey et Daphne se tournèrent vers leur droite, mais on aurait dit qu'elles regardaient à travers elle sans la voir. Plus qu'alarmée, Edith retira la cape, causant aux deux filles de sursauter à nouveau.

« Ahh ! Qu-Qu'est-ce qu'il s'est passé ? » Balbutia Tracey.

Les yeux d'Edith se posèrent sur le matériaux en soie qu'elle tenait entre ses mains. « Cette cape... » Elle la tourna lentement, avant de la glisser sur son corps.

« Et tu as encore disparu. Merlin, c'est étrange ! » Tracey commençait à être extrêmement nerveuse. Daphne, par contre, avait les yeux écarquillés de compréhension.

« Une cape d'invisibilité ! Elles sont très rares ! Qui te l'as donné ? »

« Je ne sais pas. » Murmura Edith, retournant vers son lit et récupérant la lettre. « Il n'y a pas de nom, ni sur cette lettre, ni sur le paquet... »

« Ta main désincarnée... tu peux l'utiliser pour faire peur à plein de gens l'année prochaine à Halloween ! » Finit par dire Daphne après une minute de silence. Edith et Tracey éclatèrent de rire.


Une fois encore, Edith était encore bien éveillée après que ses amis se soient couchés, même si cette fois, les pensées qui tournaient en boucle dans sa tête étaient positives. Son esprit était dans tous ses états en pensant aux possibilités offertes par la cape d'invisibilité. Elle pourrait passer sous le nez de Rusard sans même qu'il ne s'en aperçoive.

Avec cette conclusion, Edith se leva, remit ses chaussures, prit la cape et sortit de la chambre, faisant attention à ne pas réveiller Tristan au passage. Les murs semblaient sinistrement silencieux quand tous les étudiants étaient endormis, et il semblait que même les fantômes avaient décidé de rester chez eux ce soir. Edith vagabonda un moment, indécise sur sa destination, mais décida d'explorer tous les endroits que Rusard leur défendait de voir.

Finalement, elle se retrouva dans une salle de classe abandonnée, pleine de bric-à-brac inutilisé. Ce qui attira son regard, en fait, fut un large miroir soigneusement orné qui reposait à l'autre bout de la pièce. Penchant la tête sur la droite, Edith avança lentement vers lui, passant ses doigts sur les inscriptions latines gravées sur le cadre. Elle se demanda brièvement ce qu'elles signifiaient, avant de poser les yeux sur le miroir lui-même.

Doucement, elle baissa la main, hypnotisée par ce qu'elle vouait.

Dumbledore avait bien prévu qu'elle tombe sur le Miroir de Risèd. Il pensait qu'elle y verrait ses parents, renforçant ainsi son lien avec la cause de la Lumière, il ne vint jamais à l'esprit de l'homme qu'elle puisse voir quoi que ce soit d'autre.

Edith vit... elle-même, ou plutôt sa version future, une belle jeune femme d'une vingtaine d'années. Elle était habillée d'une combinaison de kevlar étrange, couverte de sortes d'écailles magnifiques. Dans sa main droite se trouvait une mitrailleuse automatique avec sa baguette attachée sur le dessus de l'arme juste à côté du viseur. Elle portait également une couronne argentée avec des diamants rouges sur sa tête, et elle souriait avec joie.

Autour d'elle se tenaient ses amis, chacun vêtus de tenues en partie moldues et en partie sorcières. La pièce dans laquelle ils se trouvaient ressemblait énormément au Bureau Oval, mais avec des photos mouvantes en plus. Des drapeaux de tous les pays, autant moldus que sorciers, étaient accrochés sur les murs. Comme si l'image était contrôlée par une caméra, elle fit un zoom arrière, révélant une foule immense de gens applaudissant, entourant le Bureau. Elle vit des armées s'agenouiller ou lâcher leurs armes. La zone semblait en fait être le siège des Nations Unis.

Après avoir contemplé ce reflet magique encore un peu, l'image zooma à nouveau. La Edith-du-futur était à présent habillée plus simplement, assise à une table. Ses amis étaient auprès d'elle, racontant des histoires en riant... ils agissaient comme une famille le devrait. Une très jeune enfant entra dans la salle et s'assit à la droite d'Edith ; une jolie rouquine avec des yeux verts.

Edith fixa le miroir un long moment, comprenant enfin ce qu'elle voyait : son futur potentiel, son futur idéal. Elle regardait le monde qu'elle avait toujours rêvé de créer ; la Reine qu'elle voulait être. Et maintenant, elle n'était plus seule, elle avait des amis – ses amis fidèles.

Ce qu'elle voyait était son futur... Tout ce qu'elle avait à faire était de tendre la main.