Bonsoir à tous et à toutes. Après une longue absence me voila de retour.

J'espère ne pas trop vous avoir fait attendre.

Bonne lecture.


*Chapitre 07*

La lumière des deux lunes, se reflétant sur la surface lisse de l'océan, éclairait le balcon d'une lueur blafarde. Un doux vent frais agitait les cheveux colorés d'Yria. Kimerah était restée dans la chambre, lovée entre deux coussins alors que sa maîtresse s'était levée, incapable de trouver le sommeil. Elle avait marché longuement dans les couloirs silencieux de l'immense cité avant de revenir à son point de départ. Sachant qu'elle ne dormirait pas plus que lorsqu'elle avait quitté la pièce, une heure auparavant, elle avait décidé d'accéder à la terrasse la plus proche de ses quartiers. La brise fraîche l'avait calmée et elle s'était accoudée à la longue rambarde de fer tubulaire, le regard tourné vers les étoiles qui étincelaient au-dessus d'elle. La jeune devineresse les sentait pulser plus qu'elle ne les voyait. Profitant de cet instant de solitude, elle inspira doucement avant de laisser couler un flot de paroles lancinantes dans un murmure. Puis, les yeux fermés, elle porta ses deux mains en coupe au-dessus de son front en signe respectueux.

— Tu pries ton dieu ? lui demanda une voix grave dans l'ombre d'une colonne.

Sursautant, elle se tourna vivement pour identifier son interlocuteur, les yeux plissés afin de percer le voile de ténèbres qui les séparaient. Une haute silhouette de facture musclée s'avança vers elle dans un bruissement de cuir. Rassurée sur l'identité de son observateur, elle fit de nouveau face à l'immensité sombre et infinie qui s'étalait devant elle.

— Je les remercie plus que je ne les prie.

Une lueur de surprise passa dans le regard du colosse qui la fixait, les bras maintenant appuyés sur la balustrade de métal.

— Je ne savais pas que ton peuple était polythéiste.

La jeune Selenienne secoua la tête.

— Les miens, si on peut les appeler ainsi, ne croient qu'en un seul dieu, l'argent. Mais je fais partie des rares à être encore attachée aux anciennes croyances. Celles-ci me viennent de ma grand-mère. Elle était la seule à ne pas avoir peur de moi.

Remettant la mèche bleue, qui lui barrait d'habitude le front, en place, elle poussa un long soupir chargé de tristesse. A peine se fut-il échappé d'entre ses lèvres, qu'il fut emporté par le vent.

— Til zeria parasiern ki agrupia peno psykh, chuchota-t-elle en selen, signifiant ainsi à l'âme de sa vieille parente de reposer en harmonie avec le vent.

Ses nouvelles paroles allèrent rejoindre son précédent souffle dans l'air dansant autour d'eux et un long silence s'installa, chacun respectant les réflexions de l'autre.

— Combien de dieux avez-vous sur Selenia ? demanda l'homme aux côtés d'Yria, brisant ainsi ses pensées.

Elle sourit avant d'ouvrir les yeux et de tourner son regard vers l'horizon de ténèbres planant au dessus des eaux.

— Il y a autant de dieux que de choses, de personnes et de créatures dans le Multivers, Ronon. Ils sont comme nous, en constant changement. Les Deniatro par exemple sont les Dieux des arbres. Si l'on coupe un arbre, son protecteur devient un Xial, puis un Kariekh si le morceau de bois est façonné en chaise. Plus que des dieux ce sont des Pnemi Anatros, des Esprits Supérieurs. Ils sont partout et n'obéissent à aucune règle, excepté celle de protéger ce sur quoi, ou qui, il veille et celle de préserver l'Equilibre.

Le guerrier fronça les sourcils à cette explication.

— Mais pourquoi le Deni...

— Deniatro, l'aida la jeune femme.

— Pourquoi ne protège-t-il pas son arbre ? Si l'arbre n'est pas coupé...

Il ne termina pas sa phrase, incapable de formuler la pensée complexe qu'elle représentait à l'aide de mots, trop réducteurs.

— Si le Deniatro empêche à l'homme de couper son arbre, alors l'homme n'a plus de bois pour se chauffer et il meurt tout comme son Esprit, Typhos. Les Dieux ne doivent pas interférer avec Megio Kykhalo, le Grand Cycle. S'ils empêchent une action de se produire alors ils brisent Exisory, l'Equilibre.

Le Satedan hocha alors la tête. Il n'avait jamais été très versé dans la philosophie ou la religion, peut-être était-ce la raison pour laquelle il ne croyait en aucun dieu. Cependant une autre question franchit ses lèvres, incapable de retenir les mots qui s'échappèrent malgré lui.

— As-tu la preuve qu'ils existent ?

Elle le fixa sans comprendre.

— Tu as accès à la base de données du Multivers. Si j'avais cette capacité j'aurais cherché à savoir si les dieux existaient.

Elle secoua la tête avec un sourire.

— La chose la plus importante avec les dieux, c'est de croire en eux. Si je cherche leur existence dans le flux et le reflux, c'est que je doute. Et si je doute, l'esprit qui veille sur moi mourra. Peut-être qu'ils n'existent pas et qu'ils sont la métaphore de la force de la nature. Mais je pense que si on croit vraiment en quelque chose, elle finit par exister. Ainsi ma foi est leur force. Qu'en penses-tu ?

Il haussa les épaules.

— Je ne sais pas. Je crois que rien ni personne ne devrait imposer une ligne de conduite aux autres. Même si je ne crois en aucune force supérieure, je respecte tes croyances.

Yria hocha la tête avant de tourner son regard vers l'océan en face d'elle et le bruit des vagues reprit ses droits. Ils restèrent longtemps ainsi, méditant l'échange qu'ils venaient d'avoir puis Ronon brisa à nouveau la quiétude du lieu d'une nouvelle interrogation :

— Je me rappelle que Kimerah a mentionné le nom de Prim' en parlant à Sheppard avant qu'on ne te libère. Qui est-ce ?

La jeune femme tourna son regard vers les étoiles une nouvelle fois.

— Eya et Prim' ?

Il acquiesça alors que les noms sonnaient correctement à ses oreilles.

— Il y a très longtemps, Kosmia, l'esprit de l'univers, s'ennuyait. Elle décida qu'il lui fallait des amis pour la divertir aussi appela-t-elle les Asteres, les déesses des étoiles. Ensemble elles dansèrent toute la nuit jusqu'à ce que leur ronde crée une étincelle. Ainsi naquit Ydarageih, la première planète. Intriguées, Kosmia et ses nouvelles amies allèrent sur cette boule toute ronde et commencèrent à jouer avec les matériaux qui s'y trouvaient, faisant alors connaissance avec les Deniatro, que j'ai mentionnés précédemment, les Poteh, les esprits des pierres, les Gish, protecteurs de la terre et les Neria, les déesses de l'eau. Tous ensemble ils jouèrent et se mélangèrent pour façonner le sol. Mais faire des châteaux de sable ce n'est amusant qu'un moment et les esprits finirent par se lasser. Quand soudain Hyppo, l'esprit du cheval stellaire, qui était une Asteres avant d'évoluer, eu une idée. Pourquoi ne pas créer des choses animées qui peupleraient cette planète et ainsi les divertiraient ? Alors tous réunis autour des matériaux qu'ils avaient rassemblés, ils les sculptèrent pour donner naissance à deux êtres. Puis les esprits disparurent, observant silencieusement le couple qu'ils avaient nommés Eya et Prim', une et un en selen. Ensuite d'autres affaires les appelant ailleurs, les grands esprits leur désignèrent deux des leurs pour devenir des Typhos, des esprits veillant sur les êtres. Ainsi on peut dire qu'Eya et Prim' sont l'équivalent d'Ève et d'Adam dans l'histoire biblique terrienne.

Ronon hocha la tête. Sheppard avait déjà mentionné la création des premiers êtres par le Dieu unique des catholiques. Mais, à l'inverse de l'histoire que venait de lui compter Yria, il n'y avait pas de poésie dans ce mythe. À Choisir, il préférait la version selenienne. Leurs dieux étaient bien plus proches des Hommes qui les vénéraient.

— Vous semblez avoir des croyances très développées. Comment les Hypposiens ont-ils pu tant s'écarter de celles-ci ? N'avez-vous pas une autorité référant en matière de religion, comme l'Eglise sur Terre ?

Yria laissa son regard glisser sur l'eau avant de le poser sur le visage de son compagnon de méditations.

— Les Hypposis, et non Hypposiens, n'ont jamais eu de lieu de culte comme les Terriens. Notre culture mystique est à l'image de ceux qu'elle dépeint : pure, évanescente et changeante. Enfermer les croyants dans un lieu de culte ou les y réunir pour qu'ils puissent consacrer du temps à prier les Esprits Supérieur va à l'encontre de Leurs enseignements. Tout d'abord nous ne les prions pas, nous les remercions. Si une chose nous arrive, bonne ou mauvaise, c'est qu'elle fait partie du Grand Cycle et que cela devait arriver. Ensuite nous somme libres, et encouragés, à les remercier en tout lieu et en toute circonstance. Notre foi est exempte de toute entrave telle que les endroits que nous choisissons pour l'y exprimer et la façon dont nous nous y prenons. Entourer nos convictions de règles reviendrait à les étouffer dans l'œuf.

Son interlocuteur hocha la tête pour signifier qu'il comprenait ses explications.

— De même, continua la jeune femme, nous sommes très tolérants sur le contenu de ces croyances. Chaque famille à sa propre conception des Esprits Supérieurs. C'est pour cela que nous réunir ne mènerait à rien. Les chrétiens partagent la même vision de leur Dieu, ce qui justifie leurs messes et autres cérémonies. Chez nous, parmi les rares qui croient encore à tout cela, nos dieux ont tellement de nombreux visages qu'il est impossible de rassembler les croyants en une communauté bien établie. Peut-être que cette liberté est la responsable de la perte de beaucoup de nos disciples. Il est aussi possible que cela vienne du contenu de notre dogme. Le fait que nous nous devons d'accepter ce qui nous est arrivé, car cela fait partie de l'équilibre, est souvent perçu comme trop dur. Les gens ont tendance à vouloir se dresser contre leur destin sans vraiment se rendre compte qu'ils agissent justement dans son sens. Mais, malgré tout, ce sont ces enseignements qui m'ont permis d'endurer le temps passé au Centre de détention. Et ce sont eux aussi qui m'ont donnés la force de me battre et de fuir jusqu'à mon arrivée ici.

Un silence s'installa à nouveau et, comme si ces mots la soulageaient, la jeune Selenienne poussa un long soupir. Posant son menton sur le dos de ses mains qui reposaient, l'une sur l'autre, à plat sur la rambarde de fer, Yria laissa ses yeux clairs se perdre dans les vagues qui s'écrasaient quelques mètres en contrebas. Finalement, après de longues minutes de silence, un bâillement déchira l'air calme qui les entourait.

— Tu devrais aller te coucher. Nous aurons tous le temps d'en discuter demain, lui dit le colosse de sa voix grave et apaisante.

Un sourire passa sur le visage de la jeune femme et elle hocha la tête, ajoutant :

— Je pense cela fort possible. Le cycle de la journée étant plus court ici que sur ma planète d'origine, il est fort probable que je continue à avoir du mal à m'endormir après si peu d'heures à rester éveillée.

Ronon hocha la tête à son tour, tout en l'accompagnant dans le couloir qui les menait à leurs chambres respectives.

— J'ai aussi eu un léger temps d'adaptation. Peut-être que tu devrais passer à la salle de gym pour te fatiguer un peu avant d'aller te coucher.

Yria pencha la tête sur la gauche, réfléchissant.

— Ce n'est pas une mauvaise idée. J'y penserai à l'avenir. Merci de m'avoir tenu compagnie.

Il secoua la tête, comme pour lui signifier que ce n'était pas important puis ils se séparèrent après s'être souhaité bonne nuit. Sentant le sommeil la gagner enfin, la jeune femme rejoignit son lit le plus rapidement possible avant de se glisser sous les draps, puis de se blottir contre Kimerah.


Les journées sur Atlantis étant courtes, les nuits le sont tout autant et c'est avec difficulté qu'Yria s'extirpa de son lit le lendemain matin. Après une longue douche, afin de tenter de se réveiller, la jeune femme s'habilla et prit la direction du mess, Kimerah sur ses talons. Une fois qu'elles y eurent prit un petit-déjeuner frugal, l'animal et sa maîtresse se rendirent dans le laboratoire de celle-ci afin de débuter leurs recherches ; elles y restèrent toute la journée, tellement absorbées par leur travail qu'elles ne sentirent pas le temps passer. Ce n'est que lorsque la porte de la salle principale, où trônait un assemblage de pièces de métal toujours en construction, s'ouvrit, que la jeune femme et son assistante levèrent les yeux sur l'horloge accrochée face à elles. Yria tenait à la main une batterie de téléphone portable, de facture Terrienne, qu'elle tentait de mêler avec la structure principale de la machine, qui commençait à être imposante.

— Bonsoir, leur dit une voix féminine. Alors, vos recherches avancent ?

Yria secoua la tête en reposant l'objet qu'elle tenait toujours.

— Malheureusement non, Teyla, lui répondit-elle en soupirant. Il m'est difficile d'adapter la technologie lantienne avec celle de la Terre.

À ses côtés Kimerah s'assit sur ses pattes arrière avant d'ajouter :

— Je suis persuadée que nous grillons des étapes. Pourquoi ne refais-tu pas les calculs que tu avais entamés sur Selenia ? Peut-être qu'une fois ces réponses obtenues tu auras d'autres clefs. Et peut-être te permettons-t-elles d'adapter ces deux technologies ensemble, ne penses-tu pas ?

La jeune devineresse haussa les épaules tout en fixant ses doigts d'un regard absent.

— Tu as sans doute raison, Kim'. Malheureusement je ne parviens pas à finir ces maudits calculs.

Teyla, qui les observait depuis l'entrée de la pièce, s'approcha un peu plus avant de s'accroupir afin de pouvoir regarder son interlocutrice dans les yeux.

— Tu sais, Yria, tu es peut-être quelqu'un de très intelligent mais n'oublie pas que d'autres ici le sont tout autant et qu'ils sont prêts à t'aider. Sans doute, le docteur McKay serait-il... intéressé par tes calculs et accepterait-il de venir... t'aider si tu le lui demandais. Qu'en penses-tu ?

La Selenienne hocha lentement la tête.

— Oui, pourquoi pas ; mais il est déjà tellement occupé, je n'ose pas lui en parler.

L'Athosienne face à elle lui sourit d'un air rassurant.

— Si tu ne lui demandes jamais, comment sauras-tu qu'il a un peu de temps libre en ce moment et qu'il ne cesse de nous demander comment avance ton projet ? De plus, le docteur Zelenka est tout disposé à t'apporter un petit coup de pouce. Je suis prête à parier qu'il saura comment adapter la technologie lantienne avec la sienne, qu'en dis-tu ?

Yria hocha la tête, Teyla avait sans doute raison. Elle pouvait demander de l'aide autour d'elle, tout comme elle pouvait aussi consulter le flux et le reflux si elle en avait réellement besoin. Elle tentait de ne pas succomber à cette solution trop facile et douloureuse pour des raisons évidentes. Et puis elle n'aurait rien à y gagner si elle consultait la base de données du Multivers. L'intéressant c'était d'y parvenir par elle-même. Seulement, parfois, même les plus grands cerveaux avaient besoin d'un regard neuf et d'une méthode différente de la sienne pour débloquer la situation. Hochant la tête, la jeune femme prit la décision d'en parler avec Rodney le plus vite possible.

— Parfois l'esprit a du mal à se concentrer car le corps a besoin de repos et de nourriture, continua Teyla. Aussi est-il peut-être temps d'aller te restaurer. Tu auras tout le temps de plancher sur tes calculs demain, n'ai-je pas raison ?

Yria se redressa avant de s'épousseter.

— Merci, Teyla. Je pense qu'à trop prendre les choses à cœur, je ne me rends pas compte des évidences qui se trouvent autour de moi et qui pourraient m'aider à avancer.

Elle quitta la blouse blanche qui lui avait été fournie pour des mesures de sécurité et la glissa sur le dossier de son fauteuil.

— Je vais suivre tes conseils et en parler autour de moi. Mais avant cela, il va me falloir nourrir mon corps afin qu'il puisse suivre la boulimie intellectuelle journalière de mon cerveau.

La jeune Athosienne hocha la tête en souriant avant de leur faire signe de venir avec elle.

— Le colonel Sheppard et Ronon nous attendent au mess. Je pense que c'est l'endroit idéal pour sustenter ton organisme.

Un petit rire naquit dans la gorge de la Selenienne. Absorbée par son travail, elle avait presque oublié qu'elle se trouvait sur Atlantis. Ses préoccupations scientifiques étant sensiblement les mêmes que sur sa planète d'origine, c'était presque comme si elle se trouvait toujours là-bas. Il était maintenant temps pour Yria de changer de façon d'agir. Elle allait demander du personnel pour son laboratoire. Elle pouvait maintenant se permettre l'aide d'autres individus. Elle n'était plus seule avec Kim', recherchée par la milice. Ce constat lui ôta un poids dont elle ne soupçonnait pas l'existence avant de le sentir disparaître. Se tournant vers Teyla, la jeune femme aux cheveux colorés la remercia.

— Je m'excuse, les vieilles habitudes ont la peau dure. Il m'est plus difficile de me réadapter à la présence des autres que je ne l'aurai cru.

L'Athosienne secoua la tête.

— Tu n'as pas à t'excuser. Tu sais, les Terriens mis à part, les habitants de cette cité ont tous dû faire face à une angoisse ou une peur presque génétique en venant vivre ici. Et beaucoup n'y sont toujours pas arrivés. J'ai moi-même dû affronter mes plus grandes craintes avant de les combattre, celles de voir mon peuple attaqué et moissonné par les Wraiths. Nous avons vécu dans des lieux hostiles pendant si longtemps qu'il est difficile de se détacher des réflexes développés par notre instinct de survie ; et cela est encore plus dur lorsque nous avons frôlé la mort à plusieurs reprises dès notre plus jeune âge, comme toi ou moi.

Yria acquiesça et repensa à tous les événements que les membres de cette cité avaient dû affronter depuis la découverte des lieux par l'équipe originaire du SGC. Beaucoup avaient trouvé la mort durant les missions en extérieur, sans parler de ceux qui avaient périt entre les murs du vaisseau-ville. Malgré cela ils continuaient, faisant face à leurs démons et à leurs traumatismes. À ces pensées, le visage du docteur Heightmeyer s'imposa à elle. Kate avait été un atout pour les habitants d'Atlantis, Pegasiens ou Terriens, durant quatre ans. Son absence se faisait cruellement ressentir dans de telles circonstances. La thérapeute avait perdu la vie lors de conditions tragiques et son remplaçant n'avait malheureusement pas son savoir faire. De plus la jeune Selenienne ne connaissait pas assez le nouveau venu pour lui faire suffisamment confiance. Yria poussa un profond soupir de fatigue. Non pas que son corps le fut, en revanche son esprit paraissait vidé de ses forces et la jeune femme était maintenant incapable de concentrer ses pensées, sur quelque chose de précis, pendant plus de quelques secondes. Ces dernières dérivaient en une suite, certes logique, mais ininterrompue d'images et de souvenirs sans pouvoir s'accrocher à l'un d'entre eux pour se stabiliser.

— Yria ? l'apostropha Teyla en la voyant se rattraper de justesse au mur contre lequel elle marchait. Ça ne va pas ?

La jeune femme secoua la tête, afin de chasser l'engourdissement qui s'emparait d'elle à présent.

— Un étourdissement. Ça va passer, répondit-elle d'une voix faible en posant son front contre le métal de la paroi.

L'Athosienne porta son index à son oreillette pour appeler du secours mais la main de la Selenienne sur son bras l'en dissuada.

— Aide moi à marcher jusqu'au mess, s'il-te-plaît. J'ai juste besoin d'avaler quelque chose.

Teyla acquiesça avant de passer un bras sous celui de la devineresse pour la soutenir jusqu'au dispositif de transport le plus proche.