Chapitre 7 : Yakumo
Dgreyman : bienvenu à toi J'espère que ma fiction va te plaire. Sinon je ne suis pas sûr que la belle Sanzo endormie n'accepte n'importe quel prince charmant. Enfin tu verras par toi-même dans ce chapitre.
Kikou me revoila (oui je sais je suis juste partie pour quelques heures). Je me sentais coupable de pas vous avoir posté de suite hier, et comme je suis en vacance, alors je vais vous en poster une deuxième aujourd'hui. J'en connais qui vont être heureux : 2 suites en un jour youpi. Surtout que ce chapitre est très long (il fait 7 pages words oui oui, d'habitude les autres font à peu près 4 à 5 pages words alors je vous laisse imaginer). En plus en le relisant j'ai eu ma petite larme, houlalala.
Bonne lecture
PS : Me tuez pas parce que j'ai foutu Sanzo et ses compagnons dans une très mauvaise posture vois les fans déchaînées arriver vers elle Olalal j'vous laisse prend la fuite en enlevant Sanzo au passage pour s'en servir d'otage (et plus si affinité mouahahaha)
Chapitre 7 : Yakumo
La froideur du sol le réveilla. Il sentit alors une immense douleur le prendre au niveau de l'échine, mais il devait se lever. Il avait un mauvais pressentiment, très mauvais pressentiment, et le bruit qu'il entendait n'avait rien de bien gentil. Il avait l'impression que quelque chose ou quelqu'un aspirait un liquide, et sans comprendre de quoi cela retournait, Goku se leva doucement, silencieusement, secouant sa tête de toute la douleur et l'ankylose qui l'avaient frappés.
Son regard se porta d'abord sur le corps étendu devant lui. Son cœur rata un battement lorsqu'il reconnut qu'il s'agit de Gojô. Ses blessures semblaient s'être cicatrisées mais l'inconscience de l'homme l'inquiétait. Il voulait bouger, Goku voulait s'assurer de sa vie, mais il ne put que lever le bras.
Une vague sulfurique envahit son corps tout en entier et il s'écroula de nouveau dans le sol, que martelait la pluie. Il attendit que la douleur passe tout en se remémorant des derniers évènements :
Nous étions partis chercher des fruits pour le repas. Sanzo dormait encore. Nous avons marché et nous sommes tombé sur cet autel. Quand j'ai voulu savoir ce que c'était, une ombre nous a attaqué…
C'était un Yokaï…
Mais pourquoi ne suis-je pas mort ?
Oui…, il…il voulait Sanzo !
Sanzo est en danger…il faut…qu'on le retrouve
Son Goku rassembla alors toutes ses forces et arriva à se redresser, difficilement, mais il y arriva.
C'est alors qu'il entendit de nouveau le bruit étrange d'un liquide aspiré. Et ce bruit venait de derrière lui. Alors, il se retourna doucement vers l'autel d'où provenait le bruit et s'arrêta, pétrifié de terreur :
L'autel de marbre blanc représentait une femme qui écartait chaleureusement les bras, invitation à la miséricorde des mortels. Elle portait un voile fin au niveau de sa peau presque dénudé et la douceur des traits du plâtre n'en était que plus rassurante.
Et Sanzo était étendu de part et d'autre de ses bras. Sa tête reposait au niveau de sa poitrine, son coude gauche était maintenu par le bras gauche de la fille et son poignet droit était posé sur le bras droit de la statue. Sa tête, légèrement repoussée vers la droite (donc vers la statue) était dissimulée par ses cheveux d'un blond rougeâtre, tachetés de boue. Une créature étrange, sorte de Yokaï aux yeux rouges avec des longs cheveux d'ambre, se tenait au dessus de loin et aspirait son sang par la jugulaire de son cou. Un filet de sang s'écoulait de la blessure et glissait jusqu'à sa main…sans vie.
Une haine immense s'installa alors dans le cœur de Goku et son sang se mit à bouillir d'une impatience gigantesque : il voulait du sang, il réclamait vengeance.
La tristesse s'empara de ses yeux et ils se mirent à déverser un flot continu de larmes.
Goku : Ye….ye….SANZO !!
Il se releva avec une vitesse faramineuse et dégagea la créature en lui explosant la tête de sa main droite. Les boyaux s'éparpillèrent un peu partout, mais Goku, dans sa propre tristesse, les ignorait totalement. Il se pencha vers son maître et chercha un signe de vie, une pulsion sanguine quelconque, une possibilité de revoir ses beaux yeux…
Il n'y trouva rien. Ses larmes redoublèrent alors et bientôt il ne put que discerner le monde à travers. Il tenta de trouver Hakkai, celui-ci était dans un état moins catastrophique, mais il ne pourra pas le sauver.
Alors, Goku fit ce que tout enfant ferait dans cette situation. Il prit Sanzo dans ses bras qu'il serra fort, très fort, aussi fort qu'il l'aimait, et se mit à hurler le nom de l'être qu'il perdait.
Mélangeant dans son cri toute la haine pour ses assassins, toute sa tristesse, ses souvenirs, ses chagrins, ses colères, tous ce qu'il avait vécu auparavant, il le cria dans une longue plainte agonisante.
Il hurla à la mort, se déchirant la voix dans sa tristesse, rivalisant avec la foudre qui tombait, ses larmes tombaient autant que la pluie, et la nuit qui s'était installée, ne put qu'être la spectatrice de ses lamentations.
Il hurla jusqu'à en perdre haleine, brûlant ses poumons de l'air qu'il recrachait aussitôt, contractant les moindres muscles qu'il avait, et malgré la douleur de ses blessures, celle qui venait de naître était encore plus douloureuse que le reste.
Non, il ne se transformerait pas, se promettait-il. Parce qu'il avait dit qu'il serait plus fort, pour répondre à l'attente de Sanzo.
« Ces mecs sont increvables » qu'il disait. Et c'est lui qui vient de crever.
Il hurla de nouveau, les souvenirs de sa promesse claquant dans la plaie béante qu'il était devenu. Si un homme venait à oser dire que Goku n'avait jamais aimé Sanzo, cet homme ne serait alors plus de ce monde.
Parce qu'il venait de perdre son soleil, et que maintenant il maudissait son nom à la nuit.
Quand il commença à sentir la fatigue naître, après avoir crié pendant des heures entières sans succès, il desserra son étreinte et regarda longuement le moine.
Son visage était impassible, aucun sourire ne s'affichait, pas plus que la souffrance de son dernier soupir.
Il était naturel, mais pas apaisé.
Goku : Même mort tu ne trouves pas la paix…
Il ferma les yeux et berça le bonze encore dans ses bras, comme pour tenter de se consoler lui-même. La pluie avait cessé, et le silence s'était installé dans la forêt, comme pour respecter son chagrin.
Il se berça pendant plusieurs minutes, sans réagir à quoi que se soit.
Soudain, il entendit des pas provenir des escaliers d'où ils étaient venus. Ses pas se rapprochaient de lui et de ses compagnons.
Il avait peur, peur que cela ne soit un autre Yokaï venu prendre les autres. Alors il rassembla ses amis vers lui et reprit Sanzo dans ses bras, regard meurtrier vers le responsable de ses pas.
Son souffle était, court, il était extenué, fatigué, lamentable et pourtant il tiendrait, parce qu'il ne laisserait personne faire du mal encore à ses amis ni même porter atteinte au corps de Sanzo.
Il attendit méfiant. Puis, le propriétaire des marches se manifesta en atteignant la dernière de celles-ci.
Elle s'arrêta fixement, effrayée. Elle regarda la scène avec étonnement, se demandant ce qu'il s'était passé.
Elle était plutôt petite, et sa robe blanche volait par la brise matinale. Elle portait un châle grisâtre en laine et ses cheveux d'un blanc de neige étaient détachés et cascadait autour de son visage lumineux et pâle. Ses yeux étaient d'ivoire, un blanc de marbre. Malgré cela, elle semblait frêle et fragile. Et elle l'était. Son petit cœur avait accéléré la cadence en apercevant le spectacle autour d'elle.
Elle lâcha le panier qu'elle tenait et se précipita vers Goku, sans prendre conscience du danger qu'il représentait en cet instant :
Fille : Par Kanzeon que vous est il arrivé ?
Goku se mit à grogner en montrant les dents lorsqu'elle tenta de poser sa main sur le corps de Gojô. Elle le regarda un instant puis se regard dériva sur le moine qui était dans les bras de Goku. Lorsqu'elle toucha la plaie au cou, Goku la mordit.
Fille : Ite…
Elle ne fit rien alors et attendit doucement. Son regard lumineux se plongeait dans celui de Goku, y introduisant une chaleur douce, apaisante, rassurante. Un petit sourire naquit aux creux de ses lèvres et elle s'exprima d'une voix claire et limpide :
Fille : Je ne te veux aucun mal. Je ne vous ferai aucun mal. Je peux les sauver, il n'est pas trop tard. Veux tu que je les sauve ?
Elle sentit la pression des dents du garçon diminuer, puis il ouvrit la bouche pour libérer la main de la jeune fille qui vint se poser sur ses joues humides. Une autre crise de larme envahit alors Goku qui craqua de nouveau :
Fille : Là, doucement, ça va aller, je vais m'occuper de vous. Peux tu m'aider à amener tes amis, je vais les emmener chez moi. C'est pour les soigner.
Goku acquiesça silencieusement. Il se leva difficilement et porta Sanzo sur son dos La jeune fille porta alors Gojô supportant son poids sur son épaule, puis récupéra tant bien que mal Hakkai sur l'autre épaule. Voyant qu'elle ne s'en sortira pas toute seule, Goku pris l'autre bras de Hakkai et à deux ils portèrent la totalité du groupe vers la maison de la jeune fille.
C'était une maison simple, construite en brique avec du ciment, comme il y en avait partout. Elle se tenait en hauteur, tout en haut d'une grande falaise qui surplombait la forêt, de l'autre côté de l'autel en fait.
Ils n'avaient pas eu beaucoup de chemin à faire, cependant la montée avait été très difficile pour Goku. Certaine de ses blessures s'étaient rouvertes mais quand la jeune fille lui proposait de s'arrêter un peu, il secouait frénétiquement la tête et refermait sa prise sur Sanzo et sur Hakkai.
La maison contenait plusieurs pièces : trois chambres, une salle de bain, une cuisine ouverte sur le salon. Il y avait un petit jardin où la jeune fille faisait poussé des plantes et y mettait son linge salle. Non loin du jardin, il y avait une petite ferme d'où l'on pouvait entendre les cris de brebis et de vaches.
La jeune fille ouvrit la porte et ce fut une vieille dame qui vint les accueillir, avec la même surprise que la jeune fille aux cheveux blancs.
Elle les aida à poser les corps inanimés de leurs camarades sur un grand lit.
Vieille Dame : Mon Dieu Yakumo que s'est il passé ?
Yakumo : Je suis désolée Oba Chan, je les ai rencontré au retour de la ville. Ils sont mal en point.
Oba Chan : Je vais t'aider à les remettre sur pied.
Yakumo : Merci beaucoup Oba Chan.
Goku : Que dois je faire ?
Il avait demandé cela d'une petite voix, et ses membres tremblaient de fatigue.
La vieille dame le vit, si bien qu'elle l'amena à se poser sur un fauteuil avec un sourire rassurant :
Oba Chan : tu n'as rien à craindre mon enfant, tu es tombé sur la bonne personne. Yakumo-sama va les sauver tu verras.
Yakumo : Oba Chan, s'il te plait, occupes toi de lui avec attention. Il est trop faible et bien trop fragile.
Goku : Ne Yakumo, tu vas les sauver hein ?
La jeune fille retira son châle et retroussa ses mains, laissant apparaître des bras fins et soyeux comme du coton :
Yakumo : Je t'en fais la promesse, petit. Je sauverai tes amis et je n'aurai de repos tant qu'ils seront hors de danger.
Goku : J'm'appelles Goku. Son Goku
Yakumo : Je m'appelle Yakumo, mais je n'ai pas de nom de famille. Tu peux m'appeler Yakumo.
Oba Chan : Moi je m'appelle Nanami, mais tout le monde m'appelle Oba Chan.
Goku : Yakumo, onegai, sauves les…
Et le petit Goku perdit connaissance, rattrapé par Oba Chan.
Oba Chan : Tu n'aurais pas dû faire cette promesse Yakumo, c'est la première fois que tu es confronté non pas à un cas mais à 4 cas de contamination…
Yakumo : Ces gens ont exterminés le dernier de sa race. Je les sauverai Oba Chan, quitte à ce que cela me prenne 4 fois plus de temps que le dernier.
Oba Chan : Je te préparerai du thé en ce cas.
Yakumo : Merci. Il me faut, la mallette 15, prends les éprouvettes et prépares moi deux bouillons. Tu n'as cas prendre les chaudrons en laiton je pense que ça suffira.
Oba Chan : Vas-tu avoir besoin des serviettes ?
Yakumo : Deux à trois seulement, je vais chercher les bandages et préparer le remède. Il faut s'occuper du blond en priorité, son état est le plus grave et je suis encore surprise qu'il soit encore en vie malgré les faibles battements de son cœur…
Oba Chan : Dis moi Yakumo, pourquoi avoir pris le chemin de l'autel, tu sais que c'est le plus long pourtant.
Yakumo : J'y ai entendu un cri de douleur épouvantable…Alors j'ai préféré vérifié, c'est tout.
La jeune fille partit en direction de la salle de bain où elle prit deux serviettes et un panier de drap propre. Elle déposa le tout dans la chambre puis repartit dehors vers une petite cabane qui se trouvait être son atelier.
A l'intérieur elle s'attacha les cheveux avec précisions, s'empara d'un bol et vérifia la température ambiante. Parfaite !
Elle prit alors plusieurs bocaux dont le contenu était des plantes en tout genre, s'appropria un mortier et un pilon puis commença à écraser les tiges, les feuilles, les différents éléments que contenait les bocaux. Elle attendit que le suc extrait des plantes soit assez conséquent pour le déverser dans le bol et le mélanger avec de l'eau.
Elle se leva, toujours avec rapidité et efficacité, puis fit chauffer une casserole dans laquelle elle y déversa le contenu du bol. Lorsque le mélange s'ébouillanta, elle retira la casserole et la laissa refroidir. Elle sortit de la cabane, revêtit des vêtements qui lui recouvrait la totalité du corps puis s'approcha d'un nid d'abeille, dans lequel elle y récupéra de la cire. Celles-ci protestèrent quelques secondes puis finalement abandonnèrent lorsque la jeune fille se fut éloignée.
Elle retira les vêtements qui l'avaient protégée des piqûres puis retourna vers l'atelier d'herboriste. Elle déposa la cire dans le bol et y déversa le mélange de la casserole. Elle mélangea le tout avec de l'huile puis attendit que le mélange prenne la texture d'une pommade pour ensuite sortir de l'atelier et rejoindre Oba Chan dans la cuisine qui déchirait les draps en fines bandelettes et les lavait dans un des chaudrons.
Yakumo : J'ai finis de préparer le remède, comment vont-ils ?
Oba Chan : Ils ont de sérieuses blessures, va falloir recoudre tout ça. Le poison a atteint principalement le blond et le petit Goku. Les autres n'ont aucune trace de morsures. J'en suis surprise d'ailleurs, mais bon il faudra vérifier.
Yakumo : D'accord et selon tes connaissances le blond en est à quel stade ?
Oba Chan : Le stade 2, mais les blessures qu'il a reçut risquent de provoquer le stade 3 dans peu de temps, il faut se dépêcher.
Yakumo : D'accord merci beaucoup. Peux tu m'apporter du fil et des aiguilles s'il te plait ?
Oba Chan : Es tu sûr de vouloir le faire ?
Yakumo : Je l'ai promis.
Puis elle se dirigea vers la chambre des blessés et ferma les volets tout en allumant la lumière.
Elle s'assit près du bonze puis retira son haut : il avait pas mal de blessure, quelques côtés brisés, mais surtout, le poison de la bête avait déjà atteint la clavicule, et il l'avait mordu du côté gauche, le plus près du cœur. Yakumo n'avait plus le choix désormais, aussi se pencha-t-elle au dessus de la morsure tout en maintenant les bras du blond, puis se mit à aspirer le venin, difficilement, mais elle l'aspirait et recrachait par la suite car, non seulement ces monstres avaient un venin puissant et mortel, mais en plus ce venin se répandait doucement et brûlait terriblement. A chaque fois qu'elle récoltait du venin dans la bouche, celui-ci lui brûlait la langue. Mais elle avait promis au petit Goku qu'elle les sauverait. Alors elle continua à aspirer le poison jusqu'à ce qu'elle sente enfin le goût du sang dans la bouche. Une fois ceci fait, elle appliqua la pommade sur la plaie délicatement, suivant les contours du cou du moine.
Oba Chan lui apporta alors une petite cuve remplie d'eau chaude, des bandages, du fil et une aiguille.
Et Yakumo commença alors à recoudre les blessures, nettoyant au fur et à mesure les plaies, tout en s'assurant qu'elles ne soient pas infectées. Quand c'était le cas, elle administrait de la pommade dessus et les recousait juste après.
Oba Chan faisait des allés et venues entre Yakumo et la cuisine, lui apportant des bandages quand elle en avait besoin, récupérant les serviettes salies par le sang, en apportant des nouvelles. Elle aider Yakumo à porter le jeune homme quand elle en avait besoin.
Au final, Oba Chan laissa Yakumo terminer son travail, car elle était vieille et elle avait besoin de repos.
Yakumo quand à elle poursuivait son geste bien ordonné, durant toute la journée, refermant délicatement les plaies ouvertes, désinfectant celles-ci, nettoyant le sang séché qui collait à la peau. Le soir venu, elle attaque alors Hakkai, tout en gardant un œil sur Sanzo. Son état ne s'était pas amélioré, cependant sa respiration était devenue plus régulière et l'on pouvait entendre son cœur battre de nouveau.
Le jeune brun avait une profonde blessure lui aussi, mais il n'avait pas été infecté par le venin de la créature, donc il avait risqué moins. Yakumo refit les mêmes gestes que pour le blond, s'assurant que le fil tenait et que les blessures étaient désinfectées correctement. Elle pansa les blessures du brun puis fit de même pour Gojô et pour Goku. Elle fut surprise de découvrir que Gojô était un hybride, mais préféra laisser ses réflexions de côtés. Quand des vies humaines ou non étaient en jeu, qu'importait les raisons où ce que l'on était, une vie est une vie, et la mort ne fait aucune différence devant nous.
Puis lorsqu'elle passa à Goku, elle sourit tendrement :
Ce garçon a, sans s'en rendre compte, sauver son ami. S'il n'avait pas crié aussi fort, s'il n'avait pas tenu aussi longtemps, et surtout s'il n'avait pas serré aussi fort son ami, son cœur se serait éteint et nous l'aurions perdu. Je lui dirai lorsqu'il se réveillera. Je pense qu'il en sera heureux.
Puis elle s'attaqua à ses plaies qui étaient plus nombreuses. Mais il n'avait pas non plus été mordu par la créature. Décidément, il n'y avait eu que le blond, et Yakumo se demandait bien pourquoi.
Au final, elle aura passé toute sa journée les mains dans les blessures, dans le sang, à recoudre sans arrêt les blessures de ces pauvres hommes qui avaient frôlés la mort.
La vieille femme se réveilla quelques heures après le couché du soleil. Yakumo venait de terminer de refermer les blessures du petit Goku et elle le lavait. Elle lui avait lavé les cheveux avec une bassine et maintenant elle nettoyait son visage avec une serviette. Nanami s'approcha d'elle et lui tendit la cuve d'eau :
Oba Chan : J'ai comme l'impression que tu t'es éprise de ce petit je me trompe ?
Yakumo : Eprise n'est pas le bon mot. Disons que il m'est apparut comme un animal faible et qui luttait pourtant pour la survie de ses amis. Tu sais il m'a mordu ?
Oba Chan : Ah bon ?
Yakumo : oui (elle rigola doucement), lorsque j'ai voulu vérifié la nature de la plaie du blond qu'il tenait entre ses bras, il m'a mordu. Je lui ai dit que je ne voulais aucun mal, que je pouvais les sauver. Il m'a regardé avec des yeux remplis de chagrins et il s'est mis à pleurer.
Oba Chan : Une grande sœur plutôt hein ?
Yakumo : Peut être…
Oba Chan : Que comptes tu faire ?
Yakumo : Je vais les surveiller cette nuit, je ne veux pas en perdre un seul. Leurs états semblent stables mais je m'inquiète pour le blond. J'ai pu retirer tout le poison mais…
Oba Chan : Tu as aspiré le poison ? Mais tu es folle ?
Yakumo : Ca va aller, je n'ai rien avalé. Cependant son état de santé reste encore faible et il risque d'avoir pas mal de fièvre cette nuit. Et puis…
Oba Chan : Tu as promis que tu n'aurais de repos tant qu'ils seraient hors de danger, je sais. Ménagez vous Yakumo-sama.
Yakumo : Oba Chan s'il te plait…
Oba Chan : Pardon. Ménages toi Yakumo.
Yakumo : Hi.
Elle gratifia la grand-mère d'un sourire rassurant puis alla laver les autres. Un par un elle retira la boue de leurs cheveux, le sang de leurs visages, découvrant au fur et à mesure certaines choses qui lui avait échappées.
Par exemple, l'homme avec des cheveux rouges avaient deux cicatrices au niveau de sa joue gauche. Ce genre de cicatrice était typique et aurait dû être guérie depuis bien longtemps. Mais la douleur que cette personne ressent l'empêche de cicatriser.
Yakumo : Ses cicatrices disparaîtront lorsqu'il acceptera son passé. Elles disparaîtront doucement parce qu'il aura trouvé une paix.
Son regard se porta sur le brun, duquel elle a découvert que son œil droit était un œil de verre.
Yakumo : Lui aussi a une cicatrice sur le bas ventre, une cicatrice comme celle de l'hybride. Et son œil qu'il a perdu témoigne d'un fait dont il a voulu se racheter. Il n'a pas pu. Aussi continue-t-il à vivre dans l'espoir de trouver un moyen de racheter sa faute.
Son regard dériva alors vers Goku qui dormait paisiblement, ses cheveux éparpillés de part et d'autres de l'oreiller. Puis elle regarda le moine et revint à Goku :
Yakumo : Ce garçon n'a pas cicatrice, cependant c'est une aberration.
Oba Chan : Comment cela ?
Yakumo : Il n'est pas humain, mais il n'est pas non plus un Yokaï. Ses yeux dorés le montrent. Mais je sais qu'il est très lié au blond, le lien qu'ils ont lui a permis de conserver l'énergie nécessaire pour le ramener ici et pour le contenir vivant même. S'il n'avait pas serré aussi fort le corps de son ami, le poison se serait répandu plus vite et nous n'aurions pas pu l'en empêcher.
Oba Chan : Et lui alors ? Toi qui arrive à voir à travers tout, qu'a-t-il de spécial ?
Yakumo s'approcha du bonze et le lava à son tour. Puis elle répondit tout en poursuivant son œuvre :
Yakumo : Sa spécialité, c'est que je ne peux pas la voir. Je ne sais pas pourquoi. Je ne vois rien quand je le regarde…
Oba Chan : Etrange.
Yakumo : Peut être pas, répondit elle mystérieusement.
Elle lui sécha les cheveux, puis passa délicatement la serviette humide sur son visage, découvrant chaque parcelle de sa peau. Elle n'avait jamais remarqué, mais il avait une peau très douce. Ses traits étaient un peu efféminés, peut être à cause de son corps androgyne, mais ce qui la marqua le plus, c'était que malgré le fait qu'il soit aux frontières de la mort, son visage n'est pas apaisé.
Yakumo : Je crois qu'il souffre, murmura-t-elle. Et que même la mort ne pourrait apaiser cela…
Oba Chan : Pourquoi dis tu cela ?
Yakumo : Son visage n'exprime pas de souffrance particulière, cependant il n'exprime pas d'apaisement. Ses lèvres sont trop fermées, et son visage est pétrifié dans un masque de mécontentement, je ne vois que cela. J'ignore s'il des blessures du passé, et je ne sais pas pourquoi je l'ignore.
Oba Chan : Vos pouvoirs seraient ils en train de régresser Yakumo-sama ?
Yakumo : Je ne pense pas. Je le sentirai sinon. C'est comme ci, je me heurtai à un mur de pierre, un mur immense qu'il me faudrait gravir pour voir ce qu'il contient. Mais je suis peut être trop fatiguée seulement.
La jeune fille resta alors là toute la nuit durant, attendant un signe de vie de la part de ses invités. Bien que la fatigue s'emparait d'elle, elle continuait de surveiller avec une intense concentration, l'état de santé des garçons. Elle avait fait une promesse et cette promesse elle la respectera.
Et pendant que la lune silencieusement chante, la fille blanche guette le moindre des soupirs de ceux qu'elle berce dans son sein maternelle. Nulle enfant ne pourrait résister à la tendresse de la matrice. C'est dans cette même tendresse, que Yakumo veilla sur eux toute la nuit, sous le regard de Kanzeon Bosatsu, dont le sourire malicieux s'était transformé en un sourire de tendresse.
