Bonsoir
Voilà un nouveau chapitre !
Merci encore à toute et à Tous de me suivre et de laisser des reviews.
Merci à Lily pour la correction !
Bonne lecture.
- Edward... Je crois que nous avons un nouveau problème à rajouter à notre liste.
Silence au bout de la ligne. J'aurais dû choisir une autre phrase d'accroche je pense... après quelques secondes, Edward reprit la parole d'une voix tendue.
- Isabella...
- Non attends... c'est juste que je n'ai... pas de vase assez grand pour les fleurs...
C'était nul ! Mais nul ! Heureusement que nous étions au téléphone... je l'entendis soupirer mais j'ignorais si c'était d'agacement ou de soulagement.
- Voilà un problème que nous pouvons vite régler. Je peux t'en apporter un tout de suite.
- Non, je... m'en occupe. Je voulais juste te remercier pour les roses, elles sont magnifiques...
- De rien... Bella, déjeune avec moi s'il te plaît.
- Tu as un déjeuner important, il est fixé depuis des semaines.
- Alors après.
- Ce soir.
De nouveau un silence. J'attendis sagement qu'il parle.
- D'accord. Ok. Je te laisse tranquille pour le reste de la journée. Prends l'espace que tu veux, la distance que tu veux. Mais ce soir, à 19h précises, je serai chez toi.
- Bien.
- Tu vas me quitter ?
- Edward... Non, mais on va devoir établir quelques règles.
- Tout ce que tu veux.
- Je te laisse, je vais essayer de te guider au mieux dans ta journée... à distance. Mais plus rien de personnel, compris ?
- Oui. Je t'aime.
- À ce soir.
- Bella...
- Quoi ?
- Rien. À ce soir mon amour.
- Oui.
Je raccrochai et fermai les yeux. Bon, voyons s'il va tenir jusqu'à ce soir. Je réfléchis à ce que je pourrais bien faire de ma journée. Je regardai Brad Pitt qui dormait sur la chemise d'Edward.
- Y a que toi et moi aujourd'hui mon gros... comme avant. Mais tu dors, tu t'en fous.
Je soupirai et me levai de mon fauteuil pour aller faire couler l'eau dans l'évier et y mettre les fleurs. Si j'ai le courage, j'irai acheter un vase. Je passai alors le reste de ma matinée à ranger et faire le ménage dans mon appartement. Je fis aussi une ou deux machines. Arrivé à 12h, j'envoyai un mail à Edward pour lui rappeler son déjeuner puis me fis à manger. J'appelai ensuite mes parents.
- Bella, ma puce, ça va trésor ?
- Bonjour maman. Ça va et toi ? Et papa ?
- Nous allons bien. Tu ne travailles pas ?
- Non, je sèche le bureau aujourd'hui.
- Oh pourquoi ? Tu es malade ?
- Oui, j'ai mangé un truc pas frais je crois...
- Oh. Edward aussi ?
- Non. Rien ne l'atteint lui. Maman...
- Qu'est-ce qui se passe ?
- Billy me remet en procès.
Je laissai à ma mère le temps d'assimiler la nouvelle. Elle se tut un petit moment avant de reprendre d'une voix triste.
- Pour quoi cette fois ?
- Je ne sais plus les termes exacts mais manipulation et homicide volontaire. Il dit que j'ai planifié l'agression pour avoir l'argent. Écoute, Rosalie, la belle-sœur d'Edward, s'occupe de mon dossier. Elle me dit que je n'ai rien à craindre.
- Il faut qu'il arrête Bella. C'est de l'acharnement là... ton père va être furieux.
- Je me doute bien. Edward veut que j'attaque Billy à mon tour... pour qu'il arrête.
- Pourquoi tu ne veux pas toi ?
- Qu'il arrête si, mais je ne suis pas certaine de vouloir repartir dans toutes ces conneries de procès. Pardon pour le langage maman.
- Non. Écoute, parles-en avec ton avocate, mais... peut-être que tu devrais effectivement arrêter de subir Billy. Il trouvera toujours quelque chose pour t'atteindre. Barre-lui la route.
- Tu crois ?
- Vois les possibilités. Et avise. Tu es quelqu'un de prudent et réfléchi, Bella. Tu sauras quoi faire une fois que tu auras tous les éléments en main. Mais n'exclus rien.
- On dirait papa...
- Je crois qu'il commence à déteindre sur moi.
- Depuis le temps !
- Oui. Et avec Edward, ça va ?
- Oui, ça va.
- Bon, c'est bien alors. Tu le salueras pour moi.
- Oui. Bon et toi ? Qu'est-ce que tu racontes ?
J'avais besoin de me changer les idées. Les potins de maman seraient un bon moyen pour me distraire. Après une bonne heure de papotage avec ma mère, je raccrochai. Le reste de l'après midi, je le passai devant la télé ou à lire ou même à dormir un peu. Je pris aussi le temps de m'épiler à la cire, depuis que j'étais avec Edward j'avais tendance à prendre le rasoir mais je préférais de loin une épilation à la cire. Une fois tout ça fini, je me rendis compte que le temps avait filé et qu'Edward n'allait pas tarder. Je décidai de cuisiner. Mon plat était au four et je commençais ma sauce vinaigrette quand on frappa à ma porte. Au moins, il avait la décence de frapper avant d'entrer, même s'il avait mes clefs. En temps normal, il serait juste rentré.
- Entre !
J'entendis la clef tourner dans la serrure et la porte s'ouvrir. Quelques secondes plus tard, je vis Edward, en costume avec un énorme sac dans la main vernir vers moi.
- Bonsoir chérie.
- Bonsoir.
Je voyais bien qu'il mourrait d'envie de me prendre dans ses bras, mais il respecta une distance de sécurité entre nous. En fait, le voir faisait revenir ma colère contre lui.
- Euh... je... je t'ai acheté ça.
Il désigna le sac qu'il avait posé sur la table de la cuisine. Je fronçai les sourcils avant de laisser gagner ma curiosité sur ma colère. Doucement je sortis une boite puis en sortis un énorme et magnifique vase.
- Il est magnifique...
Il était plutôt simple, carré, de couleur bleu saphir et dont d'artistique et délicate gravure ressortait en blanc. Il était lourd, extrêmement brillant... oh mon Dieu non...
- Edward est-ce que c'est...
- Du cristal, oui. Il te plaît ? J'aime la couleur, elle me fait penser à toi.
- Il est splendide. Tu n'aurais pas dû...
- Un problème de moins sur la liste. Et vu ton vase à toi...
Il regarda alors mes roses toujours dans mon évier. J'eus un micro sourire avant de répondre.
- Mon vase est atypique.
Il me sourit tandis que j'allais remplir d'eau le cadeau qu'Edward m'avait offert. Encore un cadeau... très cher. Essayait-il de se faire pardonner en usant de son argent ? Non, il n'était pas comme ça. Tout en pensant à ça je mis mes fleurs dans le vase. Wha, le poids des deux réunis était assez lourd...
- C'est très lourd Edward...
- Tu veux les mettre où ?
- Euh sur ma table basse pour le moment.
Edward porta alors le vase jusqu'à mon salon, moi je continuai ma cuisine. J'adorais les fleurs, j'adorais le vase, j'étais vraiment contente, mais je me sentais toujours en colère, je n'arrivais pas à dépasser ça. Quand Edward réapparut dans la cuisine, il mit en silence la table. Quand tout fut prêt, je servis nos assiettes et nous
nous installâmes face à face.
- Alors ta journée ?
Edward qui avait commencé à manger, arrêta son geste avant de me regarder avec étonnement. Je levai un sourcil pour l'inciter à répondre, ce qu'il fit.
- Longue, ennuyeuse... et je suis nul pour bien me débrouiller sans assistante. C'était le bordel.
- Je suis désolée de ne pas être venue.
- Je ne t'en veux pas. Demain tu viens ?
- Oui. J'ai juste eu... une montée de panique.
- D'accord... et toi ? Ta journée ?
- J'ai dormi, fait mon ménage, mon linge, j'ai appelé mes parents je me suis occupée de moi. Mais je ne suis pas sortie. Tu sais, je me suis rendue compte que depuis que nous sommes ensemble et bien j'ai tendance à négliger mon... côté indépendant.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
Il avait posé ses couverts et s'était installé dans le fond de la chaise. Je bus une gorgée de vin avant de répondre.
- Eh bien quand nous sommes tous les deux, je pense que nous avons tendance à rester... collés. On reste devant la télé, on sort, on travaille ou on fait l'amour. Toi tu as peut-être une femme de ménage qui s'occupe de chez toi et de ton linge, mais pas moi.
- Tu veux faire le ménage et le linge ?
- Non, enfin si. Chez moi, oui. Il faut qu'on se prenne du temps pour nous.
- Du temps pour faire le ménage ?
- Ne me prends pas pour une conne, Edward !
Il plissa les yeux et s'avança vers moi d'un geste vif.
- Toi non plus ne me prends pas pour un con ! Ok Isabella ! Je ne t'ai jamais obligée à rester h24 avec moi. Si tu veux du temps pour toi, ok prends-en... va faire ce que tu veux, du moment que tu me reviennes le soir, il n'y a pas de problème. Sauf si bien sûr on a prévu un truc. Mais toi, ne me donne pas le mauvais rôle en disant que c'est de ma faute si tu ne peux pas faire ton putain de ménage. Compris ?
- Tu as vu comment tu me parles ?
- Je veux bien avoir des torts, j'en ai, j'ai merdé avec toi, mais l'injustice pas question. Je ne t'ai jamais obligée à rien. Tu es libre de faire ce que tu veux. Tu sais quoi ? Si tu veux même passer des nuits et des soirées toute seule chez toi et bien fais-le.
Il me regardait dans les yeux, je voyais bien que cette proposition lui coûtait énormément. Je finis par baisser les yeux sur mon assiette tandis que lui se remit à manger. Pendant un moment, le silence régna mais je trouvai le courage de rependre la conversation.
- Edward... je veux juste dire que nous ne devons pas nous enfermer dans une espèce de bulle. Ne pas dépendre uniquement l'un de l'autre.
- Je suis d'accord, mais ne va pas dire que c'est ma faute.
- Je n'ai pas dit ça.
- Tu l'as sous-entendu.
- Je suis désolée alors. Je constatais juste les faits. Il faut qu'on trouve un équilibre... on travaille déjà ensemble, on est en couple... il faut qu'on fasse attention à ne pas se fermer. Je me bats pour m'ouvrir aux autres... je ne veux pas que mon couple devienne une cage dorée pour moi. Tu comprends ?
- Oui et je suis d'accord avec toi.
- Bien. Et plus de manipulation. Quand tu n'es pas d'accord, tu parles !
- Encore une fois, je suis désolé, je ne m'en suis pas rendu compte, c'est... une seconde nature. Mon côté obscur, tu te souviens.
- Elle craint ta partie obscure.
- Je sais.
Je secouai la tête et me remis à picorer dans mon assiette. Cette histoire me coupait l'appétit mais pas celui d'Edward puisqu'il se resservit deux fois.
- Et sinon ? Pour les Black tu vas faire quoi ?
- Oh euh... j'ai appelé mes parents, enfin ma mère. Je lui ai dit que j'avais une nouvelle assignation et... elle m'a dit la même chose que toi... et que ma psy.
- Tout le monde le dit, Isabella. Pourquoi tu te fermes à cette idée ?
- Je crois que j'ai peur. Jusque là, je pensais avoir mérité ce qu'il m'arrivait. Je n'avais jamais vu ça comme... du harcèlement.
- Ma puce... Personne ne mérite ça... sauf les vrais coupables. Mais toi tu n'y es pour rien, je n'arrête pas de te dire que tu es la victime dans cette histoire. Je t'ai déjà dit que le sort de Jacob était triste mais que le tien était pire. Jacob est mort, il ne ressent rien. Toi tu vis, tu te souviens et tu subis.
- Je... le comprends grâce à toi, à mon nouvel entourage... ma psy. C'est pour ça que je dis que tu me tires vers le haut. Sans toi je serais encore la fille renfermée, l'iceberg, même si je le suis encore un peu...
- Dimanche matin, tu es allée au marché Bella. Avec plein de monde autour de toi, des gens qui t'ont bousculée, frôlée, touchée, sans le vouloir. Tu n'étais pas à l'aise mais tu as réussi... tu l'as fait. J'aurais dû te le dire mais j'étais très fier de toi. La fille que j'ai embauchée n'aurait jamais osé se balader à Pike Market.
Il avait raison, je devenais plus sociable, j'avais moins peur, même si je restais angoissée. C'est vrai qu'à mon arrivée à Seattle, je ne serais jamais allé à Pike Market à 10h du matin. Edward se leva alors et débarrassa nos assiettes. Il osa embrasser ma joue quand il passa à côté de moi. Je ne dis rien, je souris même. Son contact me manquait en fin de compte. Pour le dessert, Edward se servit une énorme part de brownie que j'avais fait pour lui avec de la glace à la vanille.
- Tu t'es resservi 2 fois du gratin et de la salade et tu as encore de la place pour cette énorme part de brownie ?
- C'est de ta faute, tu sais que c'est ma faiblesse... et tu l'as cuisiné. Je me rattraperai au tennis.
- Je t'ai trouvé fascinant hier.
- Vraiment ? Pourquoi ?
- Je ne sais pas trop... toute cette puissance, cette rage, ta détermination à gagner... ton agilité... tes muscles en action... tes cris. J'ai trouvé ça beau à regarder. Je n'aurais pas été si en colère, je t'aurais sauvagement violé sur le cours de tennis.
Il avala de travers, ce qui me fit sourire. Je lui servis de l'eau qu'il but avant de me regarder avec un air de reproche.
- C'est malin, maintenant je bande, putain !
J'éclatai de rire, je me sentais légère tout d'un coup. Edward souriait en coin, les yeux brillants. Il prit ma main et la porta à ses lèvres pour l'embrasser avant de la faire retomber sur la table sans la lâcher. Par habitude, mon pouce caressa le dos de sa main tendrement.
- Je suis heureux de t'entendre rire.
Je souris et changeai soudainement de sujet en pensant à quelque chose.
- Tu sais quoi ? J'ai vu Hatcher hier... quand j'ai récupéré Brad Pitt. Quand il a vu ma tête, il m'a demandé si le connard obsédé s'était lassé de son jouet. Ou un truc du genre.
- C'est lui le connard ! Il me gonfle lui ! Comme si les filles défilaient chez moi. Sans compter ma mère, ma sœur et Rosalie, il n'y a eu que toi et l'autre.
- Je crois qu'il est juste vexé.
- Et très con.
- Oui, mais ça c'est pas une croyance, c'est un fait.
- Je vais demander à Paul d'enquêter sur lui.
- Paul fait dans l'espionnage ?
Il haussa les épaules en feignant l'incompréhension.
- Chacun s'occupe comme il veut. On va se coucher ? Je suis mort.
- Fallait pas passer la nuit dans ta voiture.
Son attitude changea, encore. Il inspira en fronçant les sourcil, son regard était redevenu sombre.
- Je voulais m'assurer que tu allais bien.
- Ne te mets pas en colère pour ça. Tu fais ce que tu veux, si passer la nuit à surveiller mon appartement t'amuse... Je t'ai grillé c'est tout.
- Super.
- En fait je trouve ça... à la fois tordu et adorable.
- Explique.
- Tordu parce que ça fait un peu harcèlement sur les bords... et adorable parce que... tu te préoccupes de moi.
- Bien sûr que je me préoccupe de toi ! Je t'aime, tu es le centre de mon monde !
- Mais le monde c'est grand.
Il ne répondit pas, se contentant de me regarder. Je finis par me lever pour débarrasser le reste de la table et faire la vaisselle. Toujours sans rien dire, il vint à côté de moi pour essuyer la vaisselle et la ranger. Il emprunta ensuite ma salle de bain, puis ce fut mon tour. En sortant, je fus étonnée de voir qu'il avait sorti une couverture et pris un oreiller dans ma chambre pour s'installer sur le canapé.
- Qu'est-ce que tu fais ?
- Je ne te sens pas prête à dormir avec moi. J'ai déjà dormi sur le canapé, je sais qu'il est plutôt confortable.
- Edward...
Il avait raison, enfin je crois. Je baissai les yeux et il embrassa mon front.
- Je comprends chérie. Allez, va te coucher, nous en avons tous les deux besoin.
- Oui... À demain.
Il déposa un nouveau baiser sur mon front avant d'aller terminer de faire son lit pour la nuit. Pour ma part, j'allai dans ma chambre, suivie par Brad Pitt. Une fois dans mon lit, j'essayai de trouver la bonne position pour dormir, mais sans grand succès.
J'avais passé une plutôt bonne soirée. Nous avions parlé du principal problème, il m'avait comprise, je crois que nous étions même sur la même longueur d'onde mais j'étais toujours vexée. J'aimais le fait qu'il ne me brusque pas, même s'il mourrait d'envie de m'embrasser, me prendre dans ses bras ou autre, il s'était retenu, sachant que je ne lui avais pas totalement pardonné son attitude. Cependant, les quelques petits contacts que nous avions eus m'avaient rappelé à quel point je l'aimais et à quel point j'avais besoin de lui.
Ça faisait deux heures que je cherchais le sommeil, j'avais essayé de dormir, puis lire, puis regarder quelque chose sur ma tablette mais rien de tout ça ne fonctionnait. Mes pensées étaient trop prises par l'homme couché sur mon canapé derrière la porte de ma chambre. Sous la porte de ma chambre, je voyais différentes lumières émettre du salon, lui non plus ne devait pas dormir, où alors la télé était allumée pour rien.
Le cœur battant à la chamade, j'ouvris les paupières dans un sursaut. Je venais de rêver que j'étais en prison, en tenue orange, attendant patiemment qu'on vienne me chercher pour l'injection létal sous les rires de Billy et des sœurs de Jacob. Inconsciemment, je tendis le bras à côté de moi dans le but de me réfugier dans les bras d'Edward. Évidement, je ne le trouvai pas. Dans un besoin urgent de le voir, de le sentir, je me levai pour rejoindre en titubant le salon. La télé était encore allumée, il n'y avait pas de son. Juste les images de l'émission « l'incroyable famille Kardashian ». Je l'éteignis et m'approchai d'Edward qui dormait à poings fermés.
Il avait l'air si paisible, détendu, jeune... en le rejoignan,t j'avais dans l'idée de le réveiller mais désormais, je me sentirais coupable de le tirer de son sommeil. J'osai cependant relever une mèche de ses cheveux qui lui tombait sur les yeux. Il était si beau. Je l'aimais. Plus je le regardais dormir, plus ma colère envers lui disparaissait. Il avait son histoire, j'avais la mienne, nous devions écrire désormais la nôtre en acceptant les bagages de l'autre. Je ne voulais pas le perdre. Surtout pas. Après lui avoir caressé la joue du bout des doigts, je remis correctement la couverture sur lui.
- Bébé ?
- Rendors-toi, tout va bien.
- T'as fait un cauchemar ?
- Ce n'est rien. Désolée de t'avoir réveillé.
- Viens...
Sans jamais avoir ouvert les yeux depuis le début, il s'installa dos au dossier du canapé pour me faire comprendre que je devais le rejoindre. Je mentirais si je ne disais pas que je crevais d'envie de le rejoindre. Chose que je fis. Il aurait été plus judicieux d'aller dans ma chambre mais cette proximité forcée me plaisait beaucoup. Mettant mon dos contre son torse, je rabattis les couvertures sur nous alors que son bras entourait ma taille. Nous bougions d'un millimètre, je tombais.
- C'était quoi ? Ton cauchemar.
- J'étais dans le couloir de la mort avec les Black qui riaient de moi.
Il resserra légèrement sa prise autour de moi et embrassa ma nuque.
- Arrête tout ça chérie. Tu peux le faire.
Je ne dis rien, oui je pouvais sûrement le faire, mais j'avais peur. J'étais d'avance fatiguée par cette bataille. Avec précaution, je me tournai pour lui faire face et pendant un instant, je crus qu'il s'était rendormi, mais quand je posai mes lèvres sur les siennes et qu'il me colla le plus possible à lui, je compris que je m'étais trompée. Timidement, il me rendit mon baiser mais je voulais plus, j'ai besoin de plus. Je repris le dessus sur notre baiser afin de l'approfondir. J'allais me redresser quand je perdis l'équilibre, oubliant que nous étions sur mon canapé, bien entendu j'entraînai Edward dans ma chute. Je mentirais si je ne disais pas que j'avais eu un peu mal et qu'il ne m'avait pas écrasée.
- Aie !
- Désolé... ça va ?
- Ouais. Le sol est dur.
- Il n'y a pas que le sol, bébé !
Je ris et l'embrassai de nouveau avant qu'il ne décide de se relever en me prenant dans ses bras pour aller jusqu'à ma chambre. Il nous déshabilla avant de revenir se placer au-dessus de moi. Ne voulant pas qu'il prenne le contrôle une fois de plus, je mis toute ma force pour retourner la situation et faire en sorte de le chevaucher. Je pris le temps de goûter, d'embrasser, chaque centimètre carré de sa peau.
J'adorais le voir aussi vulnérable, j'aimais savoir et voir que j'avais du pouvoir sur lui. L'entendre gronder de plaisir, sentir son cœur battre de plus en plus vite, sa respiration s'accélérer, voir ses muscles se contracter en appréhendant chacun de mes baisers, tout ça me plaisait et m'excitait.
Le chevauchant toujours, je me soulevai légèrement afin de saisir son sexe et de le placer à l'entrée du mien. Doucement, centimètre par centimètre, je me laissai glisser sur lui jusqu'à le recevoir jusqu'à la garde. Me laissant le temps d'apprécier la sensation, je ne bougeai pas immédiatement. Je finis par me pencher de façon à pouvoir embrasser mon compagnon tout en ondulant des hanches sur lui.
Ses bras étaient autour de moi, me serrant fort contre lui. Ses hanches allaient à la rencontre des miennes, sa langue explorait ma bouche à la moindre occasion. Je me sentis proche de l'orgasme, j'accélérai mes mouvements, Edward continua de suivre ma cadence jusqu'à ce que mon ventre se crispe et que le plaisir me submerge, entraînant à son tour mon compagnon dans l'extase.
Durant un long moment, nous ne dîmes rien, je me contentai d'être allongée sur lui, ses bras autour de moi, ses mains me caressant distraitement le dos, de temps en temps, j'embrassai son cou ou ses lèvres. J'étais bien contre lui. J'étais sereine. Je n'avais plus aucune colère envers lui, même si je n'oubliais pas.
Je finis cependant par me relever. Il fallait que j'aille aux toilettes ! Par réflexe, Edward resserra sa prise autour de moi. Je souris tout en l'embrassant le long de la mâchoire avant de répondre à sa question silencieuse.
- Je dois aller dans la salle de bain.
- Je te suis, faut que j'y aille aussi.
- Tu me portes ?
Il me sourit, se leva et me prit dans ses bras pour aller jusqu'à la salle de bain. Il me laissa faire ce que j'avais à faire, puis je le laissai à son tour. De retour dans la chambre, je m'allongeai en travers de mon lit, la tête sur le ventre d'Edward. D'une main, mon compagnon caressa mes cheveux tandis que l'autre était posée sur ma poitrine.
- Tu comptes dormir comme ça ?
- Non. Je ne veux pas dormir.
- Tu veux quoi ?
- Je me pose des questions.
- Tu réfléchis trop, Bella.
- J'y peux rien. Écoute... je pensais à un truc. Tu m'as poussée à aller voir un psy. Pourquoi tu n'irais pas toi ?
- Oh Bella... je n'ai pas tes problèmes.
- Et alors ? Peut-être que deux ou trois séances suffiraient...
- Je n'ai besoin que de toi.
Je tournai la tête vers lui en fronçant les sourcils.
- Alors moi je suis assez dérangée pour voir quelqu'un mais pas toi ?
- Tu voudrais que j'y aille ?
- Oui.
- Pour quoi faire ? Pour qu'on soit au même niveau ? Parce que tu en vois une ?
- Non... ça pourrait te libérer...
- Je ne regrette rien, Bella. J'assume tout. J'ai compris ce que tu voulais, ce qu'il fallait que je change. Je n'ai pas besoin qu'une autre personne me le dise.
- Je pourrais être dans ta logique, Edward.
- Oui, mais tu ne l'es pas. Parce que toi, tu as besoin d'entendre les choses par des personnes qui ne t'aiment pas comme tes parents ou moi. Tu as besoin d'un avis extérieur.
Je me relevai légèrement sans dire un mot. Il avait raison et vu son sourire en coin, il le savait ! C'est vrai que j'avais besoin qu'une personne qui ne me connaisse pas m'écoute et me dise comment réfléchir et surtout m'affirmer inlassablement que je ne suis pas une mauvaise personne. Quand mes proches le faisaient, me le disaient, j'avais tendance à penser qu'ils me le disaient parce qu'ils m'aimaient.
- C'est vrai. Mais tu jures que tu me parleras ? J'ai vraiment peur que tu recommences, Edward. Je ne veux plus jamais être traitée comme ça.
- Je te jure que je te parlerai oui. Et que je répondrai à toutes tes questions si tu en as. Sans tabou.
- Même sur des sujet désagréables ?
- Oui. Mais tu dois le faire aussi.
- Je sais. Est-ce que tu as peur ?
- Peur ? De quoi ?
- Moi, mes réactions...
- Approche, bébé.
Je m'allongeai près de lui et il me prit dans ses bras, ma tête dans son cou. Distraitement, il caressa mon dos et mes cheveux tout en parlant.
- J'ai peur que tu me quittes. J'ai peur de te perdre pour une bêtise. J'ai peur de l'impact que la nouvelle mise en accusation aura sur ton moral. Je ne veux pas que tu te renfermes de nouveau alors que tu commences à t'ouvrir aux autres... même à moi.
- Tu as peur que j'aille en prison ?
- Tu n'iras pas.
- Mais tu y as pensé ?
- Je suis terrifié !
- Bizarrement, ça me fait du bien de l'entendre. Je me sens moins... folle.
- Tu n'es pas folle. Juste inquiète. Moi aussi. Mais on va s'en sortir.
Je souris et relevai la tête pour l'embrasser.
- Tu fais quoi vendredi soir après ta séance de psy ?
- Euh... un truc comme... rentrer, manger, me doucher, regarder la télé et me coucher. Pourquoi ? Tu as quelque chose de prévu ?
- Tu ne le sais pas ?
- Non...
- Vous êtes une piètre assistante, mademoiselle Swan.
Je me relevai sur le coude pour le regarder en fronçant les sourcils. Vendredi soir... non je ne vois pas. Samedi nous recevons son frère, Rose, Alice et Jasper, dimanche nous allons chez ses parents... mais vendredi soir.
- Qu'est-ce que j'ai loupé ?
- Un gala.
- Oh, contre la maltraitance des enfants ?
- Oui.
- Tu m'as dis que tu ne voulais pas y aller !
- J'ai changé d'avis. Tu veux bien venir avec moi ?
- En tant que..?
- Escorte girl ? Non, petite amie. J'ai envie qu'on y aille ensemble.
- Pour se faire voir ?
Il ne répondit pas, se contentant de me sourire. Je secouai la tête en levant les yeux au ciel.
- Oui je viendrai. Je demanderai à Alice un coup de main.
- Super ! Tu t'occuperas de répondre demain ?
- T'es chiant !
- Il y a autre chose...
- En plus d'être chiant ? Quoi ?
- Jane sera sûrement là.
Je levai les sourcils. Pourquoi on y allait alors ?
- Bah alors on y va pas. ! À moins que... Edward !
- Quoi ?
- Tu avais dis non pour cette soirée, tu as appris que Jane y serait alors tu veux y aller pour lui montrer que tu vas bien, que tu es passé à autre chose avec une autre ! Tu te sers encore de moi !
Brutalement, il se releva et je me retrouvai entre lui et le matelas. Il avait un air féroce mais ses hanches ondulaient contre les miennes, ravivant notre désir.
- Tu m'agaces, Isabella ! Arrête de réfléchir dans le mauvais sens ! Tu es épuisante ! Je veux aller là-bas avec toi parce que je me sens fier d'être à tes côtés. Que Jane y soit, je m'en tape ! Je vais l'ignorer, rester poli. Tu n'es pas un jouet que j'exhibe par vengeance, Bella ! Je voulais juste te prévenir de sa présence avant que tu t'en rendes compte une fois sur place !
Sur ce, il poussa en moi, m'arrachant une grimace. C'était à la fois douloureux et bon. Edward bougeait son bassin contre le mien avec force, tout en me parlant entre deux coups de reins.
- Je t'aime ! Accepte-le !
Je n'arrivais pas à penser, j'étais trop prise par les sensations que je ressentais alors qu'il me possédait. Cette dureté, cette façon bestiale qu'il avait de me prendre me plaisait. J'y trouvais du plaisir, mon orgasme serait même violent. Edward ne me lâchait pas du regard, ses yeux étaient sombres, il était en colère. Honteuse, je m'accrochai à ses biceps et cachai mon visage dans son cou.
- Viens Bella... avec moi !
Je n'étais pas loin et pour la première fois de ma vie, au grand étonnement d'Edward et de moi-même, je glissai une de mes mains entre nous afin de me caresser. Edward jura, intensifia au maximum ses coups de butoir pour nous mener à la jouissance. Sans me laisser le temps de réagir, Edward se retira de moi et s'installa de façon à ce que mon dos soit contre son torse.
- Edward...?
Je n'eus aucune réponse. Il ne dormait pas puisque son pouce caressait mon ventre. Je le sentais respirer vite et lorsqu'il nicha sa tête contre moi, je sentis ses joues humides. Mon cœur se serra, je mourrais d'envie de me retourner mais je résistais. Je me contentai de nouer mes doigts aux siens.
- Chéri ?
- Je t'aime. Comprends-le bien Bella ! Si tu venais à me quitter, je ne le supporterais pas. J'ai peur pour toi, peur de ce que tu vas subir à cause de ton passé, peur de ce que ça pourrait provoquer entre nous. J'ai peur de moi-même, de mon comportement envers toi. On en revient toujours au même. Mais sache que je ne le fais pas volontairement. Je ne te ferai jamais volontairement du mal mon amour. Pardon pour ce que je t'ai fait, pardon de t'obliger à penser que je me sers de toi comme vengeance auprès de Jane... jamais je ne ferais ça, parce que je t'aime plus que tout au monde.
Cette fois, je me retournai pour lui faire face. J'embrassai ses joues, essuyai ses larmes et caressai ses cheveux.
- Je t'aime aussi Edward. Je t'aime follement.
Je le pris contre moi, je le réconfortai en silence. Nous nous aimions, mais nous étions aussi capables de nous faire du mal. Pourquoi était-ce aussi compliqué ?
- J'ai cru que tu ne le dirais jamais plus. J'ai attendu ça toute la soirée.
- Je t'aime... je t'aime, je t'aime, je t'aime. Mais maintenant debout !
- Debout ?
- Oui, il va bientôt être 6h. On doit prendre une douche, se cuisiner un petit déjeuner et aller bosser.
- Tu as de quoi faire des crêpes ?
- Euh, je n'en ai jamais fait... Toi oui ?
- La base de la pâtisserie, mon ange... ensemble ?
- Ensemble. Allez debout !
Nous nous levâmes avant de retourner dans la salle de bain afin de prendre une douche bien méritée. Après notre douche plutôt longue, je pris une petite leçon de cuisine. Je savais faire des gâteaux, mais je n'avais jamais essayé de faire de crêpes. Edward était plutôt bon et ses crêpes étaient délicieuses. Je m'amusais plutôt bien à faire et manger notre petit déjeuner. Après ça, il fut l'heure d'aller nous préparer pour la journée de travail. Pendant que j'enfilais mes bas, j'observai Edward qui boutonnait sa chemise. Il me sourit dans le miroir avant de se tourner vers moi.
- Je te plais ?
- Non, tu es affreux.
- Je le savais. Tu m'aides ?
Il me tendit sa cravate. Je me levai alors et allai lui faire son nœud. Quand ce fut fait, je tirai sur cette dernière pour l'attirer vers moi et l'embrasser avant d'aller finir de me préparer. Une fois prêts, nous descendîmes rejoindre Paul qui nous attendait avec la Berline. Installé dans la voiture, Edward posa sa tête sur mon épaule.
- Je crois que je suis fatigué.
- Ta journée va être longue...
- Oui. Grosse journée aujourd'hui ?
- Non, pas tant que ça. Demain nous allons à l'hôpital voir les enfants.
- Ah cool. Matin ou après-midi ?
- Après le déjeuner.
- Ok. Dis, je suis pardonné ?
- Pas totalement. Mais je t'aime quand même. Tu sais, malgré que nous ayons parlé, je ne trouve pas que nous ayons beaucoup avancé, je pense qu'on a tourné en rond.
- J'ai retenu que tu voulais plus de temps pour toi. Tu es libre de le prendre, tu n'as pas à me demander la permission. Je te parlerai, tu t'engages à le faire aussi. Voilà, il n'y a plus qu'a le faire maintenant.
- Oui.
Paul se gara devant les bureaux, Edward embrassa mon cou avant de sortir de la voiture, j'en fis autant et nous entrâmes dans l'immeuble main dans la main. J'étais toujours vexée et en colère mais je pense qu'il avait compris et je croyais en lui, il ne le referait pas. Je pense que de toute façon, j'étais trop amoureuse pour ne pas finir par lui pardonner.
Merci de m'avoir lut !
A la semaine prochaine !
bise
Lexi
