Chapitre 6 : Cupidon en grève
Vendredi arriva sans que Sybyl n'ait vu le temps passé : l'agitation causée par le vol des examens était retombée, Nathaniel avait conservé son poste et Ambre, après de sérieuses remontrances, avait été exclue pour la semaine. Autant dire que c'est l'esprit léger que Sybyl pénétra dans la cour en ce dernier matin de semaine. Bien que les cours de la matinée aient été annulés grâce à la bronchite du professeur de français, elle avait décidé d'arriver au lycée de bonne heure afin de réfléchir au meilleur moyen de demander à Castiel et Lysandre de leur emprunter une de leurs chansons. Elle avait pas mal discuté de leur groupe avec eux et avait appris deux-trois petites choses qui pourraient l'aider dans ses démarches : ils n'étaient absolument pas connus (ce qui était inévitable lorsqu'on jouait caché dans un sous-sol sans que quiconque soit au courant, songea-t-elle amusée) mais aimeraient enregistrer un disque. Le hic, c'était qu'ils n'avaient aucune idée de la manière dont faire connaître leur musique sans que cela ne leur coûte une petite fortune : la compétition serait un excellent moyen pour eux de diffuser une de leur composition gratuitement et sans craindre pour leurs droits. Restait à les convaincre… Et pour ça, leur confier son statut de patineuse artistique de classe élite… Elle craignait un peu la réaction des élèves lorsqu'ils sauraient…
*D'un autre côté, ils seront tous au courant le jour de la compétition… Si je gagne. Et puis, il s'agit de Lysandre et Castiel. Mes amis !*
En réalité, elle ne craignait pas du tout la réaction du lycée. Uniquement celle de Castiel. Et pas à cause de la nature de son sport mais parce qu'elle avait gardé un pan si important de sa vie cachée alors que lui lui faisait partager son secret.
*Ca risque d'être acrobatique, le jour où il apprendra ça…*
Des éclats de voix sur sa droite la tirèrent de ses pensées : tournant la tête, elle aperçut Rosalya s'engouffrer dans le lycée, laissant un beau jeune homme aux cheveux et aux yeux noirs derrière elle.
Tout comme Rosalya, il avait une tenue un peu particulière. Quoique, à y regarder plus attentivement, elle lui trouvait de nombreuses similitudes avec celle de Lysandre.
*D'ailleurs, il n'y a pas que leurs vêtements qui se ressemblent… Il y a quelque chose dans les traits du visage…*, songea-t-elle en s'approchant, touchée par l'évidente tristesse du jeune homme.
« Bonjour. Je m'appelle Sybyl. Est-ce que je peux faire quelque chose ? »
« Je ne pense pas. A moins que tu n'aies une machine à remonter le temps. »
« Désolée, elle n'est encore qu'au stade de prototype. Rosa est sûrement au fond du couloir, sur les escaliers de droite. C'est toujours là qu'elle va pour se calmer. Si tu veux la rejoindre, c'est facile : toujours tout droit ! Bonne chance ! », fit-elle en se détournant.
« Attends ! Tu connais Rosalya ? »
« Oui, c'est une amie. »
« Alors, tu saurais peut-être m'aider… Rosa et moi, on s'est… Disputés. Pour une bêtise, vraiment. Maintenant, elle est fâchée et elle m'en veut. Et je ne sais même pas aller lui parler parce qu'elle est dans le lycée et que je ne peux pas y entrer vu que je ne suis pas élève ici. »
« Tu veux que j'aille lui parler ? Lui demander de venir te voir ? »
« Tu ferais ça ? Ce serait vraiment gentil de ta part. Oh, au fait, moi c'est Leigh. »
Sybyl lui sourit et, entrant dans l'établissement, rejoignit rapidement Rosalya qu'elle trouva, comme elle le pensait, assise sur les escaliers.
« Salut, Rosa ! »
« Bonjour. Tu as tout entendu, pas vrai ? », ronchonna la jeune fille.
« Disons que vous n'étiez pas spécialement discrets… Et puis, Leigh ne passe pas inaperçu ! »
« Hé ! »
« Tu as de la chance qu'Ambre ne soit pas là, elle lui tournerait sûrement déjà autour ! »
« Ca m'est égal ! »
« Menteuse va. C'est évident que tu as de la peine, Rosa. Tu veux en parler ? »
« Y a pas grand-chose à dire. On s'est disputés. Il ne dit jamais ce qu'il ressent, j'en ai eu assez et je lui ai simplement demandé de s'ouvrir un peu à moi, de me parler. Mais non, Môôôsieur est mystérieux, Môôôsieur ne dit rien. Et j'en ai marre. »
« Et si tu lui disais ? Te cacher comme ça, ce n'est pas très mature… »
« Non, je n'irai pas. J'en ai assez de parler. Je voudrais écouter de temps en temps ! »
« Ce serait plus facile pour lui de te parler si tu sortais, tu sais. »
« Non. Je ne bougerai pas d'ici. Je veux qu'il me prouve qu'il m'aime et qu'il tient à moi. », bouda Rosalya.
*Ok… Direction la cour !*
Retournant auprès de Leigh, elle lui délivra le message de la jeune femme.
« Lui prouver que je tiens à elle ? Mais c'est ridicule, enfin, elle sait bien que c'est le cas ! »
« Ce n'est pas comme ça qu'elle te reviendra, tu sais. Apparemment, tu as du mal à exprimer ce que tu ressens… Comment veux-tu qu'elle sache ce que tu as dans le cœur et dans la tête si tu ne lui dis pas de temps en temps ? »
« Oui… Effectivement… Mais même si je l'aime vraiment, je ne suis pas très doué pour ce genre de choses… Tu n'aurais pas une idée, toi ? Après tout, tu es une fille, tu dois savoir ce qui pourrait attendrir Rosa. »
« Euh… Tu sais, on est pas toutes faites sur le même modèle, hein. Mais si le problème est que tu ne te dévoiles pas assez, peut-être une lettre… Ou un poème ? », suggéra-t-elle en cachant la grimace qui lui venait naturellement à la pensée d'un sonnet.
« Oui, ça pourrait marcher… Mais… »
« Laisse-moi deviner, tu es nul en poésie ? »
« … On peut dire ça… »
« Je connais un pro des vers, je vais lui demander son aide mais je ne te garantis rien. », dit-elle en se dirigeant vers la salle de classe, où elle avait aperçu Lysandre en passant.
Trouvant le jeune homme, elle lui exposa brièvement le problème : il fronça légèrement les sourcils mais accepta de lui coucher quelques vers sur papier.
« N'oublie pas de lui dire de les recopier, sinon Rosa s'apercevra que ce n'est pas son écriture. »
« Bien vu. Encore merci pour ton aide, Lysandre. »
Elle allait se lever lorsque Lysandre reprit la parole : « As-tu vu Castiel aujourd'hui ? »
« Castiel ? Non, pas encore. Avec l'annulation des cours du matin, je doute qu'on le voit. Pourquoi ? »
« Tu ne le trouves pas… Différent, depuis quelques temps ? »
« Pas spécialement. En même temps, je ne le connais pas depuis longtemps, c'est difficile à dire. »
Lysandre hocha la tête et se replongea dans son calepin tandis que Sybyl retournait voir Leigh.
« Ca te convient ? »
« Oui, c'est parfait. »
« Il faut juste que tu le recopies, pour que Rosa pense que c'est toi qui l'as écrit, et j'irai lui donner. »
Leigh s'exécuta et Sybyl repartit voir son amie.
Rosalya parcourut rapidement le poème avant de le lui rendre.
« Ce n'est pas lui qui l'a écrit. »
« Ah si, il l'a fait devant moi. »
« Ce que je veux dire, c'est que ce texte n'est pas de lui. Ca ne lui ressemble pas du tout. Je suis sûre qu'il a demandé à son frère ! C'est du Lysandre tout craché ! »
*Lysandre et Leigh sont frères ? Voila pourquoi je leur trouvais une ressemblance !*
« Mais c'est ce que tu lui inspires. Il est vraiment mal, tu sais. Il n'est simplement pas très loquace mais il t'aime, c'est évident. »
« Moui… Je sais… Mais j'aimerais juste quelque chose qui vienne de lui. Tu comprends ? »
« Je vois… »
Sybyl quitta la jeune femme en levant les yeux au ciel.
*Pigeon voyageur 2, le retour !*
Retournant voir Leigh, elle lui rapporta les paroles de Rosalya, s'attirant un regard perdu.
« Ok, tu n'as aucune idée, c'est ça ? »
Leigh rougit légèrement et secoua la tête.
La jeune femme soupira puis réfléchit un instant : Rosa voulait quelque chose qui vienne de Leigh, qui lui montre qu'elle compte pour lui. Qu'est-ce qui faisait toujours plaisir à toute fille ? Des fleurs !
« Qu'est-ce que tu penserais d'un bouquet ? »
Le regard de Leigh s'illumina et il sourit.
*Bon, effectivement, il ne parle pas beaucoup mais je le trouve malgré tout très facile à comprendre.*
« Je t'apporte les fleurs et tu composes le bouquet. Ca marche ? »
Leigh approuva et Sybyl se rendit au club de jardinage où elle préleva une dizaine de fleurs, veillant bien à ce qu'elles soient parfaites, qu'elle rapporta aussitôt au jeune homme : celui-ci confectionna rapidement un très joli bouquet mais, alors que Sybyl s'extasiait devant la composition, lui conservait une expression mécontente.
« Un problème ? »
« Il manque quelque chose… Pour tenir les fleurs en place… Il me faudrait un ruban… Bordeaux serait l'idéal mais un gris anthracite pourrait convenir également. Est-ce que tu… »
« J'ai compris. Oui, je vais te chercher ça. Mais vous aurez intérêt à me convier au mariage ! », le taquina-t-elle en s'éloignant.
Alors qu'elle se dirigeait vers la ville, marchant d'un bon pas, elle aperçut Castiel, quelques mètres plus loin accélérant l'allure, elle le rattrapa : « Bonjour ! Que fais-tu là ? »
« Je marche, ça se voit pas ? », grogna-t-il sans la regarder.
« Ok. C'est visiblement pas un de tes bons jours. Pas de souci. A la prochaine ! »
« C'est bon. Désolé. Je suis… Contrarié, c'est tout. »
« J'avais cru remarquer. Tu m'expliques ? »
« J'ai cassé mes cordes de guitare. »
« Et ? Suffit d'en racheter. »
« Ca coûte cher, ces trucs-là ! »
« Je compatis. »
« Je vois ça. Et toi, qu'est-ce que tu fais là ? »
« Je vais chercher un ruban. Bordeaux ou gris anthracite. »
Castiel écarquilla les yeux et lui adressa un regard surpris.
« C'est une longue histoire. »
« J'ai tout mon temps. »
« Je fais le coursier pour réconcilier Leigh et Rosalya. »
« Pourquoi ? »
« Ils se sont disputés et Leigh pense que ça pourrait les… »
« Non, pas ça ! Pourquoi tu passes ton temps à aider tout le monde ? »
« Parce que j'aime rendre service, tout simplement. Je préfère quand tout le monde s'entend et que tout aille bien. Et je n'aide pas ''tout le monde'' comme tu dis. Juste les gens que j'apprécie. »
« Tu m'aiderais si j'avais besoin d'un coup de main ? »
« Bien sûr ! »
« Et si tous les élèves avaient un souci en même temps, qui choisirais-tu d'aider ? »
« Toi. », répondit-elle sans hésitation.
« Pourquoi ? »
« Parce que t'es mon préféré. », dit-elle avec un grand sourire.
Castiel rougit mais ne répondit rien et les deux amis marchèrent ensemble en silence, profitant de la présence de l'autre et du temps magnifique.
Arrivés en ville, ils se séparèrent, se donnant rendez-vous chez le glacier 10 minutes plus tard : Castiel se rendit au magasin d'instruments tandis que Sybyl allait au magasin bazar.
Elle trouva rapidement le ruban idéal (bordeaux, quelle chance !) et alla s'assoir en terrasse, attendant Castiel.
20 minutes et une glace plus tard, le jeune homme était en retard : elle allait partir lorsque, jetant un coup d'œil alentour, elle l'aperçut.
Elle lui fit un signe de la main en souriant mais déchanta vite : il se laissa tomber dans la chaise en face d'elle, l'air furieux, et se mura dans le silence.
« Et là, c'est quoi, le souci ? », soupira-t-elle.
« C'est pas tes affaires. », gronda Castiel sans même la regarder.
« D'accord. Laisse-moi deviner : soit tu n'as pas trouvé les cordes dont tu avais besoin soit tu n'as pas assez sur toi pour les acheter. Ou quelqu'un a eu le malheur de te regarder d'une façon qui ne t'a pas plu. »
Elle vit le jeune homme serrer les dents puis se détendre imperceptiblement : « Ouais, je les ai trouvées. Mais elles sont hors de prix. »
« Combien ? »
« Quoi, combien ? »
« Tes cordes. Combien ? »
« Qu'est-ce que ça peut te faire ? »
« Je peux te dépanner si tu veux. »
« Nan, j'fais pas la charité. »
Sybyl prit une longue inspiration et répondit calmement : « Je te propose pas la charité, idiot, je te propose mon aide. Ce sont des choses qui se font, entre amis. Maintenant, si tu préfères ne plus jouer parce que tu es trop fier pour accepter un coup de main… C'est ton problème ! »
Elle se leva, alla payer sa glace et partit sans un regard en arrière. Quelques secondes plus tard, Castiel marchait à ses côtés, tête basse et épaules voutées. Après encore un instant de silence, il murmura : « Désolé. Tu as raison. J'ai réagi comme un crétin. »
« J'ai l'habitude. Bon, tu les veux, tes cordes ? »
« Elles sont vraiment chères… »
« Combien il te manque ? »
« 100$ »
« Je te les passe. »
« T'es riche ou quoi ? »
« Ca te regarde ? »
« Non, t'as raison. Je te les rendrai. »
« J'en doute pas. »
Les deux amis allèrent donc chercher les fameuses cordes : Castiel la remercia en rougissant un peu.
« C'est égoïste de ma part en fait, tu sais. »
« C'est-à-dire ? »
« Comme ça, tu penseras à moi en jouant. », répondit-elle en regardant ailleurs, gênée.
*Et d'où est-ce que ça vient, ça ?*, pensa-t-elle en rosissant.
« Je n'ai pas besoin de ça pour penser à toi… », murmura Castiel, si bas qu'elle ne l'entendit pas.
Les deux amis retournèrent au lycée en silence et se séparèrent rapidement Sybyl rejoignit Leigh, ruban en main.
« Ca fera l'affaire ? »
« Parfait. »
En quelques gestes précis, il l'enroula autour des tiges et le noua de façon que les collerettes retombent légèrement vers l'extérieur, les feuilles tenue fermement ensemble, avant de le donner à Sybyl.
Elle repartit auprès de Rosalya et lui tendit les fleurs sans rien dire.
La jeune fille écarquilla les yeux, émue et ravie, et prit le bouquet avec des mains tremblantes.
« Il est magnifique… Ca, c'est tout lui. »
« Tu vas le rejoindre alors ? »
« Oui, il m'a tellement manqué ! J'y vais immédiatement ! »
« Où est-il ? »
« Dans la cour, il n'a pas bougé. »
« Merci de ton aide, Sybyl, tu es une véritable amie. Je fonce, je te vois dem… Oh non ! Non ! »
« Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a, Rosa ? »
« Ma bague ! La bague que Leigh m'a offerte ! Je ne l'ai plus ! »
« Calme-toi. Tu es sûre de l'avoir eue ce matin en arrivant ? »
« Certaine ! »
« Alors, elle ne doit pas être bien loin. Tu es restée sur ses escaliers depuis ton arrivée. Je vais t'aider à la trouver et après, tu pourras courir rejoindre ton chéri. »
Les deux jeunes femmes se mirent à la recherche de la bague perdue et la retrouvèrent assez vite, au pied des marches.
« Tu es géniale ! Merci ! », s'exclama Rosalya en sautant au cou de Sybyl avant de disparaître dans un tourbillon de cheveux argent.
Heureuse d'avoir aidé le couple à surmonter sa dispute, la jeune femme décida de profiter des deux heures qui lui restaient avant le début des cours de l'après-midi pour se changer les idées et déambula dans le lycée, profitant du calme. Apercevant Nathaniel dans la salle des délégués, elle réalisa qu'elle ne l'avait pas encore vu de la matinée et alla le saluer : « Salut ! Comment tu vas ? »
« Bonjour. Je n'ai pas trop le moral, aujourd'hui. Et toi ? »
« Ca va. Qu'est-ce qu'il s'est passé ? »
« Rien de spécial c'est juste… Tu sais… Un de ces jours sans. »
« Je peux faire quelque chose ? »
« Je ne crois pas non. Ne t'en fais pas, ça va aller. Va profiter du soleil, j'ai de la paperasse par-dessus la tête, je n'aurai pas le temps de m'ennuyer. »
« Ok. A plus tard alors. »
*Pauvre Nathaniel. La semaine n'a pas été évidente pour lui…*
En sortant, elle croisa Melody : se souvenant que la jeune femme avait l'air de plutôt bien connaître le délégué principal, elle lui demanda ce qui pourrait lui remonter le moral. Après un moment à sembler débattre avec elle-même, Melody lui fit un sourire un peu triste et lui répondit : « Je sais que Nathaniel adore les peluches d'animaux. Peut-être que ça lui changerait les idées ? »
*Une… Peluche ? Bizarre… Mais bon, chacun ses goûts ! Le seul souci, c'est que je couds comme si j'avais des griffes à la place des doigts… Il me faudrait un artiste, quelqu'un de créatif, qui sache dessiner… Violette !*
Elle trouva la jeune fille dans le club de jardinage, comme à son habitude, perdue dans ses pensées, son carnet de dessins ouvert devant elle.
« Violette ? Bonjour. Tu vas bien ? »
« Hum… Oh, Sybyl. Bien merci. Et toi ? Je profite du beau temps pour dessiner dehors… C'est reposant. »
« J'imagine, Dis, est-ce que tu saurais coudre, toi ? »
« Coudre ? Oui, je me débrouille. Pourquoi ? »
« Nathaniel n'a pas trop la forme et Melody m'a dit qu'il aimait les peluches d'animaux. On pourrait peut-être lui en faire une ? Un chat, si possible, il les adore. »
« C'est une bonne idée. Et ça me changerait un peu du dessin. Tu as un patron ? »
« Un… Non. »
« Je vais en dessiner un alors. Tu trouveras probablement du tissu et un nécessaire à couture dans le local d'arts. »
« Ok, je vais chercher ça et je reviens. »
Sitôt dit, sitôt fait : quand Sybyl revint avec le matériel indispensable, Violette achevait le patron.
« Parfait, au travail. »
Les deux amies cousirent avec application pendant une heure et demie et se retrouvèrent finalement avec une très jolie peluche de chat d'un joli bleu.
Remerciant Violette, Sybyl alla ranger le nécessaire à couture puis retourna en salle des délégués, son cadeau caché dans son dos.
« Nathaniel ? Tu aurais une seconde ? »
« Oui bien sûr. Que puis-je faire pour toi ? »
« Rien. Comme tu n'étais pas vraiment dans ton assiette aujourd'hui, j'ai décidé de te faire un petit cadeau. Ce n'est as grand-chose mais j'espère que ça te remontera un peu le moral. Tiens. », dit-elle en lui tendant la peluche.
Nathaniel ouvrit de grands yeux et prit délicatement la peluche.
« Elle n'est pas extraordinaire, je ne suis pas très bonne couturière. Violette m'a donné un solide coup de main. Et c'est Melody qui m'a donné l'idée de la peluche. Et comme je me souvenais que tu aimais les chats… »
« Merci. Vraiment. A vous trois. C'est… Adorable. Et très réussi. »
Gênée par tant de gratitude, Sybyl rougit un peu et se passa une main dans les cheveux : « Pas de souci. Ca fait plaisir de te voir à nouveau sourire. Bon ben c'est pas tout ça mais je vais y aller, les cours vont bientôt reprendre. Au revoir. », et elle s'enfuit précipitamment.
Très vite, 16h sonnaient et Sybyl, comme tous les jours, se rendit au complexe sportif pour un entraînement intensif. Trois heures plus tard, elle franchissait le seuil de son appartement, moulue mais satisfaite.
*Alors… Un couple réconcilié, de nouvelles cordes pour Castiel, le moral de Nathaniel au beau fixe et un entraînement plus que satisfaisant. Bilan plus que positif.*, songea-t-elle en se douchant.
Elle expédia son repas et s'écroula dans le canapé, trop fatiguée pour faire autre chose que regarder la série du soir. Après 30 minutes passées à se décrocher la mâchoire, elle renonça, éteignit le poste et se mit au lit.
