Hello !
Me revoilà avec un nouveau chapitre :)
Je ne me souviens plus du tout de si j'ai répondu à vos reviews, si non je le ferais la prochaine fois !
Sur ce, bonne lecture !
Chapitre 07 – Juillet
Le premier jour du mois de juillet démarra avec un orage tonitruant. Les éclairs marbraient le ciel, l'illuminant comme en plein jour, suivit de coup de tonnerre à faire trembler les fenêtres. Rien de bien effrayant cela dit pour Sam qui en avait vu d'autres. Dean et lui étaient venus passer un peu de temps chez leur vieil ami Bobby après qu'il se soit cassé la cheville en tombant bêtement dans les escaliers. Castiel l'avait remit sur pied – littéralement – en moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire et les deux chasseurs en avaient profité pour rester un peu.
Un coup de tonnerre plus fort que les autres réveilla Sam en sursaut qui manqua de se cogner à la table de nuit. En nage, le cœur battant, il se redressa et passa une main sur son visage. Sa première sensation fut qu'il faisait excessivement chaud dans cette fichue chambre. Il songea vaguement à ouvrir sa fenêtre pour rafraîchir l'ambiance mais la pluie diluvienne le dissuada. Repoussant les draps de son corps à demi nu, il poussa un long soupir et laissa ses yeux s'habituer à l'obscurité. Quelques secondes plus tard, l'esprit un peu moins embrumé, il comprit qu'il n'était pas seul. Certes Dean dormait dans la chambre d'à côté donc techniquement il n'était pas seul, mais quelqu'un d'autre se trouvait dans le lit. Gabriel était allongé à ses côtés, visiblement en train de dormir - ou de quelque chose qui y ressemblait. C'était une habitude que l'archange avait prit il y a quelques semaines. Apparaître dans la soirée ou au milieu de la nuit dans la chambre, le lit, voire la douche de Sam. La seule et unique fois où il avait atterrit dans la douche, le chasseur avait cru mourir de honte et l'avait exhorté à partir très vite sinon ça finirait en drame.
En un mois de… relation ? – Faute de mieux Sam aimait bien ce terme – Gabriel et lui ne s'étaient pas encore envoyés en l'air même si l'envie était là. Le chasseur n'avait pas peur en soi mais il supposait que l'archange avait dû avoir une quantité d'amant et il se sentait un peu trop… humain face à ça. Sans compter que Sam songeait qu'il avait la fâcheuse tendance de provoquer la mort ou au mieux la fuite de tous ceux qu'il fréquentait. Quelque part au fond de lui il ne pouvait s'empêcher de penser que Gabriel finirait comme tous les autres : mort ou loin.
Secouant la tête, Sam se força à ne pas penser à ça. Profiter de l'instant présent. C'était ce que Garth leur rabâchait tant qu'il le pouvait et sur ce coup-là Sam était bien décidé à suivre ce précepte à la lettre. Il rabattit les draps sur lui et s'allongea contre son amant, la tête enfouit dans son cou. Il ne savait pas si les anges dormaient mais quand Gabriel le faisait c'était vraiment très profondément.
Sam caressa doucement le dos de l'ange et se demanda subitement si ses ailes ressemblaient à celles de Castiel – du moins à leurs ombres – et s'il les verrait un jour. Il se pressa plus fortement contre Gabriel et savoura l'odeur de sa peau, la chaleur de son corps et la douceur de ses cheveux. Il l'embrassa doucement dans le cou plusieurs fois et passa sa main sur son torse en espérant vaguement le réveiller pour passer à l'étape supérieur. Cependant la fatigue s'empara de lui plus rapidement que prévu et il sombra dans le sommeil, étroitement enlacé contre son ange.
Il fut réveillé quelques heures plus tard par quelqu'un qui le secouait doucement. Gabriel – qui s'ennuyait beaucoup manifestement – tentait de le réveiller sans aucune subtilité. Sam grogna une insulte, se retourna et s'enveloppa dans les draps. L'orage de la veille avait considérablement rafraîchit l'air ambiant et il commençait même à avoir un petit peu froid. Mais juste un peu.
– Debout la Belle au bois dormant, railla Gabriel.
– La ferme ! maugréa le chasseur.
– Si j'étais toi je me lèverais, lança son ange personnel qui fouillait à présent dans ses poches.
– Ne fouille pas dans mes affaires, répondit simplement Sam en s'asseyant, et pourquoi ?
– Il est très probable que mon petit doigt m'ait dit que ton frère, le mien et ce cher monsieur Singer aient repéré un ou deux trucs louches près de la frontière canadienne, expliqua-t-il l'air de rien.
– Si c'est le cas, ajouta Sam, tu viens avec nous ?
Gabriel fit la grimace.
– Pas sûr que je veuille aller là-haut. Il pleut…
Sam considéra le déluge qui tombait présentement dehors et haussa un sourcil.
– … et il fait froid et tu vois Sammy je suis une créature de chaleur moi…
– Tu viendras dormir avec moi ça n'empêche pas, coupa Sam en soupirant.
– Dormir c'est bien mais…, poursuivit-il.
– Et plus si affinité ? proposa le chasseur.
Gabriel lui lança un regard plus que lubrique et lui fit un sourire en coin.
– Bon alors parfait, conclu Sam, tu viens !
– A toi de convaincre l'ours qui te sert de frère, lança Gabriel tandis que le chasseur s'enfermait dans la salle de bain.
Dean avait protesté, râlé et à présent grommelait tout ce qu'il pouvait tandis que l'Impala filait à toute vitesse au nord du Minnesota, vers la frontière canadienne.
– Il va nous coller aux basques alors ? demanda le chasseur pour la trentième fois au minimum depuis le début du trajet.
Dean vit très nettement Castiel lever les yeux au ciel dans le rétroviseur de sa voiture.
– Oui, maugréa Sam à moitié endormi contre la vitre froide.
– C'est ton nouveau meilleur pote c'est ça ?
– Un truc du genre, grommela Sam pour avoir la paix.
– Sincèrement qu'il nous aide de temps en temps ne me gêne pas, poursuivit Dean sans se soucier du fait que Sam dormait à moitié et que Castiel continuait de lever les yeux au ciel, mais s'il décidait de rester avec nous hein ? Tu y as pensé ?
– C'est vrai que ça serait dramatique d'avoir un archange pour nous protéger, ironisa Sam, et puis Castiel serait tellement triste d'avoir son grand frère avec lui.
Il entendit à peine Dean marmonner deux ou trois insultes, préférant sombrer dans le sommeil, enveloppé dans sa veste élimée.
Faire le trajet leur prit la journée. Le soleil succéda à la pluie et il commença rapidement à faire chaud même si ça restait encore supportable. Castiel restait assit sur le siège arrière sans doute plus par envie de rester près d'eux que d'autre chose. Après tout ce n'était pas la première fois qu'il râlait sur la lenteur de l'Impala.
Après une petite sieste, Sam prit le volant et Dean en profita pour lui expliquer ce qu'ils avaient découvert.
– Bobby a reçu un appel d'un chasseur Canadien, Gavin, commença-t-il, un de ses amis habite à Burlington et il ne donne plus de signe de vie.
– Il est peut-être ivre mort dans un coin, suggéra Sam en souriant.
– Très drôle Sammy, répliqua Dean, il a appelé Gavin il y a quelques jours en lui laissant un message mi-paniqué, mi-bizarre disant que la ville était ensorcelée ou quelque chose du genre.
– Ensorcelée ? Rien que ça ?
Dean hocha la tête et tapota sur la radio pour trouver une station correcte.
– Et ce Gavin ne peut pas s'en occuper tout seul ? demanda Sam.
– Il ne peut pas s'en occuper du tout, répondit Dean, il est avec un autre chasseur à Montréal pour chasser un fantôme japonais.
– Qu'est-ce qu'un fantôme japonais fout à Montréal ? s'exclama Sam.
– Les joies de la mondialisation Sammy.
En soit ce n'était absolument pas une réponse mais Sam ne s'attarda pas dessus.
– Donc mon hypothèse, reprit Dean, c'est qu'une colonie de sorcière a élu domicile là-bas.
– Je ne pense pas que ça soit ça, intervint Castiel depuis le siège arrière, ça ne ressemble pas à leur manière de faire.
– Quoi d'autre alors ? questionna Dean en se retournant vers l'ange.
– Des fantômes ! intervint Gabriel en apparaissant subitement dans la voiture qui fit une belle embardée.
– Mais ça ne va pas bien ! s'exclama Dean. Annonce-toi la prochaine fois !
Gabriel leva les yeux au ciel.
– Ce sont des fantômes, répéta-t-il.
– C'est-à-dire ?
– Des esprits errants, ajouta-t-il avec le ton qu'on prend pour s'adresser à un enfant.
– Je sais ce qu'est un fantôme merci, grommela le chasseur.
– La ville a été reconstruite vers le début du XXe siècle, continua Gabriel en ignorant Dean, pour ça ils ont rasé le reste d'un l'ancien village qui datait du XIXe siècle.
– En quoi ça explique la présence de fantôme ?
– J'y viens, poursuivit l'archange, l'ancienne ville a été rasé par une explosion. En général les morts violentes laissent des fantômes.
– Pourquoi ?
– Les âmes ne s'aperçoivent pas forcément tout de suite qu'elles le sont, expliqua Castiel, et fuient les Faucheuses.
– Et donc, termina Gabriel, chaque année à l'anniversaire de leurs morts, chaque nuit pendant trois jours, les fantômes apparaissent et entraînent les habitants dans une danse…
– Une danse ? coupa Dean incrédule.
– Oui, parfois les fantômes répètent les mêmes actions qu'ils faisaient quelques minutes avant leurs morts. Ici en l'occurrence, le village a été rasé pendant un bal.
– Ce n'est pas bien méchant de danser, fit remarquer Sam.
– En fait ils dansent avec les habitants jusqu'à ce qu'ils meurent d'épuisement, ajouta Gabriel.
– Une danse macabre, commenta le chasseur.
– Exactement Sammy, approuva l'archange.
– C'est Sam, grogna Dean en attrapant deux badges dans son sac.
– Oui oui, marmonna-t-il, en attendant vous avez vu qu'en quinze minutes je vais plus vite que vous en neuf heures, ajouta-t-il, je suis un merveilleux chasseur.
Sam étouffa un sourire tandis que Dean marmonnait deux ou trois paroles incompréhensibles.
Ils arrivèrent à Burlington dans la soirée. Sam gara la voiture sur le parking de l'hôtel que Gabriel avait réservé et constata que l'archange avait des goûts de luxe.
– Mon cher Sammy – et Dean lui lança un regard incrédule – si tu appelles goûts de luxe le fait de dormir dans un endroit décent, sans cafard, tâches étranges sur les draps ou risque de se faire poignarder toutes les heures, effectivement j'en ai.
Que répondre à ça ? Sam se contenta de prendre ses affaires et de se diriger vers sa chambre.
– Et ben… Tu crois qu'il fait apparaître les billets comme les sucreries ? questionna Dean.
C'était une belle chambre, très propre et effectivement sans cafard ou tâche étrange sur les draps.
– Probablement ouai, marmonna Sam.
– Il pourra au moins se rendre utile, concéda Dean, mais on risque de se faire repérer.
– Cela dit si les monstres et autre saloperies savent qu'on se trimballe un archange ça risque de les faire flipper, intervint Sam.
– Tout à fait ! s'exclama Gabriel en apparaissant brusquement. J'ai d'autres informations si ça vous intéresse. C'est fou comme j'avance vite vous ne trouvez pas ?
Dean semblait avoir envie de dire tout un tas de chose mais se contenta de fusiller Gabriel du regard.
– Chaque année cinq à dix personnes meurent d'épuisement après avoir dansé toute la nuit avec les macchabées, et vous savez quoi ?
– Non mais tu vas nous dire, marmonna Dean.
– Personne ne se souvient des morts, expliqua Gabriel, comme s'ils n'avaient jamais existé.
– Il y a des survivants ? questionna Sam.
– Oui mais ils ne se souviennent de rien non plus.
– Alors ça c'est bizarre, marmonna le plus jeune chasseur.
– On a déjà vu plus étrange, le contredit Dean même s'il devait bien avouer que l'histoire était fascinante.
– Ça va recommencer ce soir ? demanda Castiel.
– Probablement oui, affirma Gabriel.
– Mais, objecta Sam, personne n'est rendu compte des disparitions ?
– Non, avoua l'archange, en fait c'est bien rodé pour des fantômes, j'ai la sensation qu'une fois les meurtres commis, ils nettoient derrière eux en modifiant les souvenirs des humains.
– C'est très élaboré pour des fantômes, fit remarquer Dean.
– Certains esprits peuvent acquérir un pouvoir considérable, intervint Castiel, en particulier lorsqu'ils sont très vieux.
– Et nombreux, ajouta Gabriel.
– Ça va faire un paquet d'os à brûler..., maugréa Sam.
– Ça je peux le faire en claquant des doigts...
– Tu sais que tu nous enlèves tout le plaisir de la chasse toi, coupa Dean avec mauvaise humeur.
– Et depuis quand c'est un plaisir pour toi ? répliqua l'archange.
Dean ouvrit la bouche avant de la refermer sans émettre aucun son. Il ne pouvait pas dire que la chasse était un plaisir, ni même quelque chose d'agréable, mais c'était sa vie. C'était sa routine, son métro-boulot-dodo à lui, sa manière de tenir le coup face à tout ce qu'ils avaient enduré ces dernières années. Une routine familière et comme toute routine, elle finissait par devenir rassurante et agréable. Sans compter que la vie ne valait la peine d'être vécu que si des obstacles se mettaient en travers de la route. Rien n'est amusant quand tout est trop facile.
Seulement Dean ne savait pas parler de ses sentiments, il ne savaient d'ailleurs pas en parler avec lui-même. Il renonça à expliquer tout ça à Gabriel – d'après lui il ne pouvait même pas comprendre – et se contenta de marmonner un « fais comme tu veux » à son intention avant de repartir dans sa chambre.
L'avantage d'avoir une chambre d'hôtel individuelle c'est bien de pouvoir y bouder à sa guise. Dean se déshabilla, prit des vêtements propres et fila sous la douche. La longue route l'avait fatigué et il se sentait sale et collant. L'eau chaude – et une douche propre – lui fit beaucoup de bien.
A son retour dans la chambre, il remarqua Castiel assit sur le lit, droit comme un i.
– Cas' ? Tout va bien ? questionna le chasseur.
L'ange leva ses trop grands yeux bleus vers lui.
– Oui Dean, j'attendais que tu ais fini.
– Ah..., marmonna le chasseur avec un sourire.
C'était la réponse la plus intelligente qu'il pouvait lui fournir.
– Dis-moi Cas', commença Dean, tu ne trouves que Sam et Gabriel ont... comment dire ? Une relation spéciale ?
Cas' le fixa un instant l'air de ne pas bien saisir.
– Ils ont l'air d'avoir une relation profonde comme toi et moi Dean, répondit prudemment l'ange, c'est une bonne chose.
Dean grimaça et nota mentalement de revoir la définition du mot « profond » quand on parlait de leurs relations personnelles.
– Ouai ils sont amis, grogna Dean.
– Ça te pose un problème on dirait, nota Castiel.
– Non non... Enfin si un peu. Je n'ai pas envie qu'il finisse par rester coller à nous et nous suivre partout.
– C'est mon frère Dean..., répondit Castiel comme si ça résolvait tout.
– Je le sais bien, coupa le chasseur.
– … et je pense que sa présence nous est très bénéfique, ajouta l'ange. Sam se sent moins seul.
– Et depuis quand Sam se sent seul ? s'étonna Dean. Je suis là, tout le temps même !
– Disons que parfois il a la sensation d'être de trop quand je suis là et il ne veut pas trop se confier parce qu'il estime que tu en as déjà fais beaucoup pour lui.
– Quoi ? s'exclama Dean. Depuis quand tu lis dans son esprit ? Sam me dit toujours tout. C'est comme ça.
– Tu n'as jamais dis que je ne devais pas lire dans son esprit, se justifia Castiel.
– Oui et bien... ne le fait plus !
Castiel hocha la tête et le silence s'installa dans la pièce. Pesant.
– Et donc Sam préfère se confier à l'autre idiot plutôt qu'à moi ?
– Il apprécie la compagnie de mon frère, je trouve que c'est une bonne chose Dean, murmura l'ange, tu ne sembles pas comprendre que la présence d'un archange nous assure à tous un avenir bien plus sécurisant.
– De la part d'un type qui m'a tué une bonne centaine de fois ?
– Tu as vraiment la rancune tenace, soupira Castiel.
Dean haussa les épaules.
– Sammy est... c'est mon frère Cas' et je n'ai que lui.
Le chasseur étouffa la culpabilité qui naissait en lui à chaque fois que son esprit lui rappelait la présence de son autre frère, Adam, dans la Cage.
– Et je ne veux pas le perdre, ajouta-t-il, je ne veux pas qu'il s'en aille, qu'il meure ou je ne sais quoi. Je n'ai rien d'autre que lui.
L'ange lui lança un regard indéfinissable.
– Je suis là aussi, dit-il l'air vexé.
– Non... Enfin oui ! Mais tu n'es pas mon frère c'est ce que je veux dire, bafouilla Dean.
Castiel sembla un peu plus rassuré.
– Qu'est-ce qu'on fait pour ce soir ? questionna le chasseur.
La chasse au moins il savait gérer.
– On peut laisser Gabriel s'en occuper, proposa Castiel, ou alors...
– Et avoir fait toute cette route pour rien ? Hors de question ! coupa Dean.
– Ou alors y aller tout ensemble, soupira l'ange.
Dean était affalé devant la télévision, la télécommande à la main et zappait pour trouver quelque chose d'intéressant à regarder. Il avait bien vu passer un épisode de «La clinique des cœurs brisés» mais avec Gabriel à proximité et ses très mauvais souvenirs de son enfermement das TV Land, il préféra éviter.
Vers vingt heures, Sam débarqua dans sa chambre, l'archange sur ses talons, un pack de bière et deux sacs de fast-food à la main. Une délicieuse odeur de nourriture chaude emplit la pièce et détourna Dean du reportage sur les oursins qu'il tentait de suivre.
– Tu as une soudaine passion pour le monde sous-marin Dean ? railla Gabriel.
– Non, grogna Dean.
– Parce que j'ai brièvement vu que la chaîne 254 proposait une soirée spéciale «La clinique des Cœurs Brisés» avec l'intégrale de la saison dix-huit...
– La ferme ! s'exclama Dean. Saches que je ne t'ai toujours pas pardonné le mardi sans fin, ni TV Land.
– Tu es rancunier mon cher Dean...
Dean se retourna vers lui et haussa un sourcil.
– Bon d'accord j'admets avoir légèrement dépassé les bornes ces fois-ci mais j'ai l'impression que votre cerveau de cro-magnons à ton frère et toi ne comprend pas autre chose.
Dean ne répondit rien et se contenta de fixer l'écran montrant à présent la reproduction des oursins.
– Pourquoi tu m'as ramené ? grommela le chasseur en buvant une gorgée de bière.
– Quand ça ?
– Après m'avoir assassiné pour la énième fois.
– Pour les beaux yeux larmoyants de Sammy. Qui peut résister à ça ?
Gabriel ponctua sa réponse d'un clin d'œil et d'un sourire en coin. Dean leva les yeux au ciel et s'enfonça plus profondément dans son siège. Sam sortit de la salle de bain, prit un hamburger et laissa tomber sa grande carcasse sur le canapé aux côtés de son frère. Il fronça les sourcils en voyant l'assommant reportage et tourna la tête vers son frère.
– Tu regardes ce truc ? Parce que sur la chaîne 254, il y a l'intégrale de la saison dix-huit de «La clinique des...
– Ça va c'est bon ! coupa Dean. Où est Cas' ?
Gabriel fronça les sourcils et se dirigea vers la fenêtre comme s'il venait subitement de se souvenir de son existence.
– Je ne le sens pas..., marmonna Gabriel.
– Il est sans doute partit faire un tour, murmura Dean en haussant les épaules.
Il entama son deuxième hamburger au bacon et fit passer le tout avec une gorgée de bière.
– Non tu ne comprends pas Dean... Je ne le sens pas du tout. On dirait qu'il est remonté au Paradis...
– Hein ? Cas' ne remonte pas au Paradis. Enfin pas à ma connaissance.
Il se tourna vers Sam qui haussa les épaules. Dean posa sa bière et se redressa pour se mettre face à Gabriel qui s'agitait.
– Bon au pire il est au Paradis, et alors ? demanda Sam.
– Et alors ? Alors il n'est pas tellement le bienvenu là-haut après ses exploits en tant que Dieu, donc qu'il ne soit pas sur Terre est plutôt inquiétant tu ne trouves pas ?
– Tu penses que les anges lui sont tombés dessus ? questionna Dean en se sentant bouillonner de rage envers cette espèce qu'il finissait par haïr.
Enfin il les haïssait tous sauf Castiel évidemment. Et peut-être Gabriel qui était, il fallait bien le reconnaître, de leurs côtés.
– Tu es sûr de ça ? demanda Sam.
– Non je suis seulement sûr qu'il n'est pas sur Terre, répondit l'archange, il peut très bien être en Enfer après tout, mais c'est moins probable que le Paradis.
– Tu ne veux pas aller faire un tour là-haut pour vérifier ?
– Ah non, je ne remonte pas, grommela Gabriel.
– Tu peux faire un effort non ? aboya Dean.
– Non, rétorqua Gabriel, revenir chez moi après des millénaires à avoir disparu je peux te dire qu'on ne me laisserait pas repartir de sitôt. Et encore moins avec Cas' s'il est là-haut.
– Il faudrait qu'on questionne les anges, proposa Sam, il doit bien en avoir un qui traîne dans le coin non ?
– Sans doute, marmonna Gabriel.
– On fait comment pour leur mettre la main dessus ? questionna Dean.
D'habitude c'était eux qui les trouvaient, pas l'inverse.
– Cas' ? appela-t-il en espérant que Gabriel se soit trompé.
Mais son ange personnel en imperméable et cravate de travers ne se matérialisa pas.
– Et merde ! pesta t-il entre ses dents.
– Je ne me trompe pas Dean, répliqua l'archange manifestement un peu vexé.
Le chasseur lui répondit par un haussement d'épaules.
– Je vais faire le tour de la région ajouta Gabriel, il y a forcément un ange qui stationne dans les environs. Par contre, si vous voulez l'interroger - j'ai dis interroger pas torturer ! - dans ce cas je vous laisse tous les deux, je ne tiens pas à ce qu'ils me retrouvent.
Il s'envola presque immédiatement, laissant les deux frères dans la solitude de la chambre d'hôtel. Dean soupira, passa une main dans ses cheveux et entama sa seconde bière de la soirée. Sam, Cas' et lui avaient surmonté un certain nombre d'épreuves, il savait que les anges en voulaient à Castiel et qu'ils le recherchaient, mais si quoique ce soit lui était arrivé, et si c'était en rapport avec ses frères, il jura qu'aucun ange ne serait plus jamais à l'abri.
A suivre...
Bonne lecture et surtout bon réveillon :)
Je ne sais pas quand précisément arrivera la suite (courant janvier c'est sûr) mais elle viendra ! J'écris lentement mais j'écris quand même.
