Tatadaaaaaaaaa ! Voici le nouveau chapitre de Cœur de Glace mouahaha !
Comme toujours, je précise que rien ne m'appartient, sinon les choses terribles (et belles aussi, hein ! Promis !) que je vais faire vivre à la Nouvelle Génération.
J'apporterais des précisions si nécessaires au fur et à mesure, et je rappelle qu'il y aura du H/H dans cette fiction, donc homophobe, passez votre chemin !
Bonne lecture !
Chapitre 6 : Orphelin
Victoire Weasley était allongée en travers de son lit, démêlant distraitement de ses doigts ses cheveux teints noir corbeau. A l'origine, ils étaient aussi blonds que ceux de sa mère, Fleur. Mais la jeune sorcière était du genre rebelle et ses rapports avec ses parents se compliquaient au fil des années. La sorcière souhaitait devenir styliste, sorcier ou moldu, voir révolutionner les choses en liant les deux mondes par la mode. Elle souhaitait partir en France, découvrir le pays de sa mère et faire de belles rencontres qui l'aideraient dans la réalisation de son projet. Bill et Fleur trouvaient que c'était une lubie et cela avait été le sujet d'une énième dispute entre eux. Bill, travaillant à Gringotts, trouvait que ce métier était bien instable et que sa fille était trop rêveuse. Fleur, elle, craignait qu'elle ne se repose trop sur ses attraits vélanes pour arriver à ses fins. Mais Victoire n'était pas comme ça. Par Merlin, elle voulait être reconnue pour son talent, son intelligence et sa détermination ! De plus, son compère de toujours n'était plus là pour la réconforter et les quelques lettres qu'ils échangeaient ne lui suffisaient pas. Même les messages qu'on pouvait envoyer grâce à ces objets révolutionnaires inventés par les Moldus ne comblaient pas le manque que Teddy laissait dans le cœur de sa bien-aimée.
Ted Lupin avait été pris comme apprenti professeur de Métamorphose à l'école de sorcellerie Ilvermorny, grâce à la lettre de recommandation de McGonagall. Le sorcier entretenait des rapports cordiaux avec son parrain. Harry et lui s'étaient vus à chaque Nouvel An depuis que les deux familles s'étaient rassemblées : Teddy, Scorpius et Albus étaient très proches et Andromeda et Narcissa observaient Draco et Harry avec fierté, comme deux mères. Puis lorsque Teddy avait fait le choix de ses études, les deux hommes s'étaient à nouveau éloignés. Teddy donnait des nouvelles à toute sa petite famille, sans s'attarder particulièrement sur son parrain. Il échangeait beaucoup avec Scorpius et Albus qu'il voyait comme des petits frères, et bien sûr avec Victoire.
Victoire sursauta lorsqu'on toqua à sa fenêtre.
- Vicky !
Victoire se leva et lorsqu'elle regarda par la fenêtre, son regard s'illumina. Elle l'ouvrit et ouvrit la bouche. Mais Teddy lui fit signe de ne rien dire.
- Grimpe.
La sorcière monta sur le rebord et s'installa derrière teddy, sur son balai. Il les emmena jusqu'à une colline où il se posa. Lorsqu'il posa les pieds par terre, Teddy attira Victoire contre lui et la serra dans ses bras en tournant sur lui-même.
- Tu m'as tellement manqué, souffla-t-il.
Victoire s'écarta et plongea son regard dans le sien.
- Qu'est-ce que tu fais là ? Comment tu es venu depuis les Etats-Unis ? Tu ne devais pas revenir avant Noël !
- Je suis venu en transplanant. Rassure-toi, continua-t-il précipitamment en la voyant paniquer, je ne suis pas passé par l'océan. C'est plus court, mais plus risqué en cas de fatigue mentale. Je suis passé par les Terres : Canada, Groenland, une dernière halte en Islande et me revoilà auprès de toi pour ce week-end, du moins jusqu'à dimanche dans la matinée, si je veux être à l'heure pour mes cours de lundi matin.
Victoire sourit et passa ses bras autour du cou du Métamorphomage.
- Teddy…
Lorsqu'elle scella leurs lèvres, les cheveux de Ted virèrent au rouge vif.
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Flash Back
Albus, cinq ans, arbora un grand sourire lorsque les flammes vertes de la cheminée Weasley se dissipèrent. Il vit le visage de sa grand-mère apparaître et immédiatement, son sang se glaça. D'habitude, sa venue au Terrier était un évènement pour sa grand-mère, elle se jetait dans ses bras, souriait, lui annonçait qu'elle avait préparé de délicieux gâteaux, et la présence de son père à ses côtés l'effrayait moins. Le Terrier, c'était aussi l'endroit où il retrouvait sa mère, celle qui ne voulait pas de lui dans son foyer, celle qui ne l'aimait pas comme James, mais peut-être quand même un peu.
Or, Molly ne souriait pas, au contraire, ses yeux étaient perlés de larmes. Sa maman n'était pas là, elle qui était censée être là, Harry lui avait dire qu'elle serait là.
- Maman ?
Molly étouffa un sanglot et s'écarta pour les laisser sortir de la cheminée. Harry lâcha l'épaule de son petit garçon et s'avança vers Molly, sa cape noire flottant derrière lui.
- Où est-elle ?
Molly déglutit et se rapprocha de son petit-fils. Elle se pencha devant le petit garçon.
- Mon chéri, je suis tellement contente de te voir.
- Où est maman ?
Le sourire de Molly s'agrandit encore, dans l'espoir de rassurer son petit-fils. Mais elle savait l'intelligence des enfants et surtout elle savait que le rassurer était vain car elle perdait pied elle aussi. Elle observait, impuissante, sa famille se déchirer sous ses yeux.
- Je t'ai préparé de délicieux gâteaux à la cuisine. Vas-y, mon chéri.
Albus obéit à sa grand-mère, séduit par l'idée du délicieux goûter qui l'attendait dans la cuisine. Du coin de l'œil, il observa sa grand-mère et son père. Molly posa un sort de silence autour d'eux, mais voir suffit au petit garçon pour comprendre. Même si son père restait impassible à ce que lui disait sa grand-mère, il comprenait ce qui se passait : sa maman n'était pas venue car elle ne voulait plus le voir.
Fin Flash Back
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Sam donna un coup de coude à Albus, amusé.
- Eh, ferme la bouche. Elle est tellement grande ouverte qu'un lutin de Cornouailles pourrait y entrer. Et puis prends des notes !
Albus pouffa de rire et se mit à griffonner sur son parchemin. Le cours d'histoire de la magie le passionnait. Il trouvait l'histoire de la première guerre fascinante. Pour cela, Dumbledore commençait par leur expliquer, sans rentrer dans les détails, le contexte politique : il leur parla du livre listant les familles de Sang-Pur, ce que signifiait être Sang-Pur et leur suprématie. Il leur parla également de l'enfance de celui qu'il appelait Tom Jedusor. Les élèves avaient été surpris de l'emploi de son véritable nom, mais Dumbledore insista pour que soit utilisée cette appellation jusqu'à ce qu'ils en soient à son règne. Albus était fébrile. C'était grisant d'apprendre la montée en puissance d'un mage noir. Il avait toujours adoré les histoires et son père ne lui en avait raconté que très peu. Pourtant, Albus était très curieux de ce qui l'entourait, ce qui faisait son Monde. Bien sûr, il préférait s'intéresser au passé. Pour lui, ce qu'était sa vie aujourd'hui, c'était un véritable merdier par la faute de ses parents, rien de plus. Oui, pour un adolescent en colère, frustré, au passé sombre et au nom si lourd, il était difficile voire impossible de prendre du recul et de se demander ce qui avait poussé ses parents à agir de telle ou telle façon. Ses parents devaient l'aimer et lui apporter des valeurs pour sa vie, point final. Et il considérait qu'il devait davantage à Draco qu'à son propre père. Quant au futur, c'était encore bien trop loin pour lui ou bien n'importe quel enfant de onze ans.
Là, Albus découvrait comment le Monde sorcier s'était formé, ils allaient parler de la montée du pouvoir de Voldemort, d'Albus Dumbledore, celui qui l'avait ramené dans le Monde Sorcier. Ils allaient parler de Severus Rogue, de l'Ordre du Phénix. Ils allaient parler de ses grands-parents.
- Albus, tu recommences, chuchota Sam, le nez collé à son parchemin.
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Le cours d'Histoire de la Magie prit une toute autre tournure pour Scorpius, une tournure qu'il n'avait pas envisagée : ils arrivèrent au chapitre Sangs Purs et partisans de Voldemort. Lorsque son nom fut cité pour la première fois, Scorpius se sentit extrêmement mal à l'aise. Bien entendu, le professeur Dumbledore expliqua la position de la famille Malfoy en toute objectivité, mais les regards vrillèrent Scorpius, malgré le discours de début d'année de leur professeur. Scorpius inspira profondément et se concentra sur le cours. C'était étrange d'entendre parler de son grand-père, de leurs valeurs et de voir rappeler leur position pendant la première guerre. C'était étrange… d'entendre dans l'introduction du chapitre : « l'assassinat d'Albus Dumbledore, commandité par Lord Voldemort et monté par Draco Malfoy… ». Il sentait son ventre se tordre et attendait avec impatience que le professeur développe pour que ses camarades cessent de le fixer avec autant de rancune. Est-ce qu'ils connaissaient le professeur Dumbledore ? Ce n'était pas de sa faute s'il était mort, ni celle de son père d'ailleurs ! Dumbledore lui-même savait que Draco viendrait !
- Lucius Malfoy était un Mangemort, le bras droit de Voldemort…
Scorpius déglutit. C'est à ce moment-là qu'il réalisa de quoi son père avait essayé de le protéger. Mais cela n'avait pas été une solution et jamais cela n'aurait marché. Scorpius faisait partie de la communauté sorcière et portait le nom de Malfoy et ses enjeux. Il état marqué à vie, par la marque de son père, tout comme son père avait été marqué par celle de son grand-père. A lui de faire taire les langues persifflantes et de montrer de quoi il était capable. A lui de montrer qu'il briserait le lien.
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Albus se laissa tomber à côté de Scorpius au moment du déjeuner. Scorpius se tourna vers lui, tout sourire.
- T'as raison, c'est trop bien les cours de Soins aux Créatures Magiques !
Albus approuva vivement.
- Moi j'ai adoré travailler sur la première guerre avec Dumbledore.
Scorpius écarta son propre souvenir du cours d'Histoire de la Magie du jour et continua :
- Ça te dit qu'on travaille ce cours ce soir, justement ? Il m'a donné le cours des premières années et je dois rapidement les assimiler.
- Oui, bonne idée, répondit Albus en prenant une part d'omelette.
- Au fait, Hagrid nous invite à boire un thé avec lui après les cours, ça te va ?
- Ouais, pas de soucis, répondit Albus, la bouche pleine.
Scorpius secoua la tête, amusé, et se servit un verre de jus de citrouille.
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Scorpius fila comme une flèche à travers le ciel, puis revint se poser à sa place aussi légèrement qu'une plume. Contrairement à Albus qui avait hérité de la fougue de son père, Scorpius était aussi distingué que son père. Il sourit intérieurement à cette pensée : si son grand-père ou même Draco l'entendait. Ils les imaginaient arborer ce que Harry et même parfois sa grand-mère appelaient le regard Malfoy.
- Très bien, Scorpius, acquiesça Madame Bibine. Samuel, à toi !
- Tu voles super bien !
Scorpius se tourna vers un garçon aux cheveux noirs bouclés et aux yeux verts perçants. Il sourit.
- Merci, c'est gentil.
Le garçon lui tendit la main.
- Jensen Bradbury, je suis en deuxième année à Serpentard, comme toi.
- Oui, ton lit est en face du mien, je crois. Scorpius Malfoy, enchanté.
Scorpius était parfaitement conscient que tout le monde savait qui il était, mais il tenait à se présenter comme si de rien n'était. Jensen lui adressa un sourire et les deux élèves discutèrent longuement. Jensen était l'un de ces enfants, qui, du moins en apparence, ne s'intéressait pas aux Malfoy ou aux Potter pour ce qu'ils représentaient. Les grands-parents de Jensen avaient quitté l'Angleterre dès l'annonce du retour de Harry Potter dans le Monde des Sorciers et la mère de Jensen avait donc grandi et fait ses études au Pays-Bas. La sorcière, Mary, avait en revanche refusé de rester plus longtemps loin de son pays natal. Elle était revenue en Angleterre pendant la guerre et avait continué ses études en tant qu'apprentie sur le chemin de Traverse. Mais elle avait été sur le Chemin de Traverse lorsque Greyback et d'autres Mangemorts avaient réduit la rue à feu et à sang. Mary n'avait pas participé à la guerre mais avait été marquée par cet évènement. Elle avait compris ce jour-là pourquoi ses parents avaient fait le choix de quitter le pays. Mais elle était restée et avait rencontré le père de Jensen, Jared. Depuis petit, Jensen entendait l'histoire de ses parents, leur regard sur la guerre, sur la politique du pays, les censures, la propagande. C'était un enfant dont les parents n'avaient pas été « pollués » par les influences Poudlard et autres polémiques de Maisons, puisque Jared venait des Etats-Unis.
- Alors Alaïs est ta cousine, c'est ça ? Elle est sympa, on a souvent étudié ensemble, l'année dernière.
- Oui, c'est une petite peste mais elle est très serviable et-
- Tu te débrouilles bien sur un balai, Malfoy.
Scorpius se retourna et fit face à James. Il plissa les yeux.
- Je ne m'appelle pas Malfoy. C'est Scorpius.
- Ta tête, ça va mieux ?
Le regard de Scorpius se radoucit. James fixait son front et semblait réellement attendre une réponse.
- Mon cerveau va bien, merci de t'en inquiéter.
- Oh, je ne m'inquiète pas forcément, je demande par politesse.
James s'éloigna pour rejoindre sa bande du Quidditch, des élèves que Bibine chouchoutait malgré elle.
- Il est vraiment bizarre ce mec, tu ne trouves pas ? demanda Jensen en se penchant à son oreille.
Scorpius hocha la tête, continuant à toiser James.
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Albus se laissa lourdement tomber sur un des canapés de la salle commune et soupira en fermant les yeux.
- Délicieux le thé que nous a préparé Hagrid, mais le chemin entre chez lui et le château est bien trop long.
Scorpius grimaça et se laissa tomber à côté de lui.
- Petit précieux, va. Et si tu trouves que le jus de chaussettes de Hagrid est satisfaisant, ce n'est pas mon cas.
Albus ouvrit un œil et adressa un rictus moqueur à Scorpius.
- Et après, c'est moi le petit précieux ?
Albus reçut une bourrade pour seule réponse avant que Scorpius ne se lève.
- Allez, on a dit qu'on travaillerait l'histoire de la magie, t'as pas oublié ?
- Comment voudrais-tu que j'oublie ? s'exclama Albus en le suivant jusqu'à une table cirée, tu n'as pas arrêté de me rappeler qu'on ne devait pas rentrer trop tard pour étudier ! On dirait Hermione !
- Eh ! Ta tante, c'est un autre niveau quand même ! répliqua Scorpius comme s'il se sentait offensé.
Alors qu'Albus éclatait de rire, James passa à côté d'eux en les ignorant superbement, Diego perché sur son épaule. Le petit furet renifla avidement en direction de Scorpius, mais son maître ne lui laissa pas le temps de s'attarder et prit la direction des dortoirs. Avant que l'un des deux amis puissent évoquer la possibilité qu'il ait entendu leur discussion, Jensen entra dans la pièce, évita les quelques élèves qui discutaient debout au milieu de la salle commune, et les rejoignit, suivi de Sam.
- Bonjour Albus. Jensen Bradbury, ravi de faire ta connaissance.
Albus serra sa main dans un sourire crispé. Scorpius jugea utile de le rassurer.
- C'est un ami à moi, il est en deuxième année. Jensen, je te présente aussi Samuel Thomas.
- Tu peux m'appeler Sam, répondit le concerné en serrant la main de Jensen. Albus, vous allez étudier quel cours ? Parce que j'ai un peu de mal à me retrouver dans les notes du cours de Dumbledore.
Jensen se tourna vers Scorpius.
- Tu dois rattraper les cours de l'année dernière, non ? Sur la première guerre ?
- Oui, répondit Scorpius.
- C'est justement ce qu'on allait travailler, ajouta Albus en se forçant à sourire avec plus d'entrain. Viens avec nous, Sam.
- Toi aussi, Jensen, l'apostropha Scorpius. On a besoin de quelqu'un qui maîtrise le sujet.
- Ben oui, tu te sers déjà de moi, tiens ! plaisanta le sorcier en donnant une bourrade au jeune Malfoy.
- C'est le propre d'un Serpentard, répondirent Albus et Scorpius d'une même voix.
Albus renifla, amusé, et passa un bras protecteur autour des épaules de Scorpius.
