Résumé: Drago savait que Ginny avait une grande famille, maintenant il va vraiment s'en rendre compte.
Réponses aux reviews (merci à Satya, Thealie, Clara, Kika, Ptitlaby)
Luna joue un rôle assez important dans la dernière partie de l'histoire, et il y aura aussi des moments avec Ron (Quidditch!), mais c'est vrai que j'ai plutôt donnée la vedette aux autres.
Chapitre 6 – Dîner chez les Weasley
Square Grimaurd,
"Vous êtes prêts là haut?" demanda la voix de Ginny depuis le rez-de-chaussée.
"C'est presque bon. On arrive," répondit Drago dans la chambre de Silena.
Il masqua son embarras en réajustant un ourlet de la robe de la petite fille. Le moment auquel il avait longtemps essayé de ne pas penser, était désormais là devant lui. Ils étaient invités chez les Weasley pour ce qui était annoncé comme un dîner de famille, mais il savait très bien qu'il s'agissait de quelque chose de beaucoup moins innocent.
Il était le compagnon et le partenaire de Ginny, un ami intime de Ron et de Harry, et il avait joué un rôle majeur dans la victoire contre leur ennemi commun à tous, mais il était quand même difficile de considérer les Weasley comme ... enfin comme une famille.
Silena ne comprenait pas du tout pourquoi son frère était si nerveux, mais elle se rendait bien compte qu'il y avait quelque chose de bizarre.
"Il y a un problème avec la robe?" demanda-t elle. Ce n'était pas la sienne. Tous ses vêtements avaient disparu dans la destruction de leur maison. Quelques élèves de première année lui avaient prêté de quoi s'habiller en attendant de pouvoir racheter un trousseau.
Il secoua la tête et fit de son mieux pour la rassurer.
"Non, non. Tu es parfaite. Allons y."
Ils vont tous être là. Même les frères les plus âgés. Comment est-ce qu'ils vont réagir? Comment est-ce que moi je vais réagir?
L'une des choses qu'il craignait était de ne pas pouvoir s'empêcher de montrer le malaise qu'allait sans doute lui inspirer leur maison. Il n'était jamais encore allé chez eux, mais il avait vu le poster dans la chambre de Ginny qui montrait clairement que ça ne ressemblait en rien au genre d'habitation dont il avait l'habitude. Par certains cotés, le Terrier ressemblait dangereusement à la hutte de Hagrid, et il n'allait jamais être confortable dans un tel endroit. Même le nom lui donnait la chair de poule. Les Weasley ne pourraient que prendre sa réaction dégoûtée comme une insulte mortelle, et là ça serait la fin de tout.
Je suis en train de me monter la tête pour rien. Ginny et Ron n'ont peut être pas beaucoup de vêtements neufs mais ils sont propres et bien élevés, donc leur maison va être un peu pittoresque mais parfaitement hygiénique. Je ne vais pas me laisser impressionner.
Il fit un effort pour se composer une attitude calme et sereine, prit la main de Silena, et descendit les escaliers vers le hall d'entrée où Ginny les attendait avec impatience. Elle le regarda fixement et ses sourcils étaient un peu plus rapprochés que la normale. Il afficha son sourire le plus charmeur.
"Nous sommes prêts ma chérie."
La cheminée avait été reconnectée au réseau de Cheminette. Il avait une sainte horreur de cette manière de se déplacer, mais il n'y avait pas vraiment d'alternative étant donné que Silena était trop jeune pour Transplaner. Ginny lui jeta un regard soupçonneux.
"Tu n'as pas l'intention de faire une scène j'espère?" demanda-t elle
Il secoua la tête énergiquement, en se tenant rigidement debout à coté de la cheminée.
"Drago ..." commença-t elle avec une pointe d'impatience dans la voix.
Il commençait à bien la connaître. Personne d'autre n'aurait l'audace de lui parler comme ça, et même avec elle sa réaction habituelle était prompte et tout sauf conciliante, mais là il fit un effort particulier.
"Ca va. Juste un peu de nervosité c'est tout."
"Pourquoi serais tu nerveux à l'idée d'aller chez mes parents?" dit elle en fronçant les sourcils un peu plus. "Tu n'es p -"
Elle s'arrêta brusquement. Elle avait failli dire qu'il n'était plus le fils d'un Mangemort désormais, mais ça n'aurait vraiment pas été la chose à dire. Elle sourit affectueusement et prit son bras.
"Excuse moi. Je ne voulais pas te crier après. Fais moi confiance. Ca va très bien se passer."
Elle l'embrassa légèrement sous le regard intéressé de Silena.
"Et ne t'occupe pas de la maison," ajouta-t elle avec un clin d'oeil. "Je ne sais pas si tu vas l'aimer, mais de toute façon tu n'y habiteras jamais, alors ça n'a pas d'importance."
Drago fit une moue un peu désabusée. Il avait maintenant l'air plus résigné que inquiet. Ginny prit une pincée de poudre.
"Je passe la première, ensuite Silena et ensuite toi. Rappelez vous le nom. C'est 'Le Terrier'. Répète le Silena."
"Le Terrier!" énonça la petite fille.
Ginny hocha la tête avec approbation. Elle jeta un dernier regard à Drago et puis elle lança sa pincée dans l'âtre pour disparaître dans une bouffée de flammes vertes. Silena fit de même sous l'oeil attentif de son frère. Drago prit ensuite une grande inspiration et se transporta lui aussi ... pour se retrouver au milieu du salon des Weasley, en face d'une brochette impressionnante de têtes aux cheveux rouges orange qui le regardaient en souriant.
"Bienvenu au Terrier mon chéri," annonça Molly. Elle s'avança pour brosser vigoureusement les traces de suie sur ses vêtements. Drago aurait beaucoup préféré le faire lui même, ou bien qu'elle y mette un peu plus de douceur, mais il savait que ça partait d'un bon sentiment.
"Bonsoir Madame Weasley, Monsieur Weasley, tout le monde." Il inclina la tête dans leur direction. Fred et George le regardaient avec de grands sourires carnassiers. Percy était toujours aussi raide et sérieux. Les deux autres jeunes hommes, qui devaient être Bill et Charlie, le considéraient avec des expressions plutôt amicales. Les autres n'étaient pas encore arrivés. Ginny lui avait fait une description complète de sa famille, mais de les voir brutalement tous ensembles lui faisait quand même un choc.
Par la barbe de Merlin, sept gosses! Ils sont complètement fous.
Les familles nombreuses étaient rares chez les sorciers, et encore plus dans les lignées traditionnelles. Il jeta un oeil autour de lui. La pièce n'était pas très grande mais elle fourmillait d'objets hétéroclites et de multiples détails qui accrochaient le regard. Rien n'était neuf. Tous les meubles montraient la patine d'une longue utilisation, et souvent des traces de réparations de fortune. Il y avait des photos et des dessins disposés un peu partout. Les murs n'avaient pas vraiment l'air droits, ni même verticaux. Il ne voyait pas deux chaises identiques.
Drago s'était attendu au pire, mais en fait il ne trouvait pas ça trop mal. C'était complètement différent de tout ce qu'il connaissait, mais finalement il se sentait moins mal à l'aise que la veille en arrivant au 12 Square Grimaurd. Ce n'était absolument pas une demeure dans le style Serpentard, mais c'était quand même manifestement une maison de sorcier, et puis il y avait dans tout ce désordre une joie de vivre qu'il pouvait assez facilement associer à Ginny. Cette dernière le surveillait attentivement avec plus qu'une pointe d'anxiété. L'expression sur son visage ne devait pas être trop négative car elle se détendit visiblement.
"Je dois retourner dans la cuisine," annonça joyeusement Molly. "Ginny et Silena, vous voulez venir avec moi?"
Silena regarda Ginny avec un visage interrogateur. La jeune fille lui prit la main et les trois représentantes du genre féminin quittèrent la pièce en laissant Drago face à ses juges. En tout cas c'est comme ça qu'il voyait tout d'un coup la situation.
"Viens t'asseoir Drago," proposa Arthur avec un ton jovial. "Mets toi à ton aise. Est-ce que tu veux boire quelque chose?"
"Euh, oui avec plaisir."
Fred et George firent un geste pour le guider vers un siège qu'ils installèrent pratiquement au centre de la pièce, en face du grand canapé. L'image du tribunal n'était manifestement pas que dans la tête de Drago. Avant qu'il ne puisse réagir, Charlie intervint pour rétablir la disposition initiale. Il jeta un oeil noir aux deux jumeaux qui n'insistèrent pas, même s'il était évident qu'ils n'avaient pas l'intention d'en rester là.
"Une Bièraubeurre ou quelque chose de plus fort?" demanda encore Arthur. Drago arrêta de regarder le manège des trois frères et se tourna vers lui.
C'est probablement un test. Si je lui demande une vraie boisson alors ils vont probablement penser que je suis alcoolique, et de toute façon j'ai intérêt à garder l'esprit aussi clair que possible. Pourtant si j'ai jamais eu besoin d'un remontant c'est bien maintenant.
" Une Bièraubeurre sera parfaite Monsieur."
"Je t'en prie. Tu peux m'appeler Arthur," dit l'homme en lui passant un grand verre rempli de liquide mousseux.
"Merci ... Arthur."
Drago s'assit et attendit, un peu guindé, que tout le monde soit servi. En dehors de Fred et George qui le regardaient toujours comme une proie potentielle, les autres avaient l'air plutôt amicaux, mais l'atmosphère était quand même tendue. Il était le centre de leur attention et il essaya de ne pas penser ce qu'ils devaient avoir dans la tête en considérant l'intrus qui avait l'audace de sortir avec 'leur petite Ginny'.
Qu'est-ce que j'aimerais qu'elle soit là, ou Harry, ou même Ron. C'est bien eux ça, d'être en retard au moment où j'aurais le plus besoin de leur soutien.
Bill fit un effort pour briser la glace.
"J'ai lu que l'arrivée à Londres hier avait été assez mouvementée."
"Ca, on peut le dire," confirma Arthur. "Il n'y avait jamais eu une cohue pareille. J'avais l'impression que vous étiez presque heureux de voir Fudge quand il est arrivé," ajouta-t il avec un clin d'oeil.
Drago grimaça au souvenir du chaos qu'ils avaient vécu, mais la mention de Fudge le fit réagir.
"Il a montré un sacré toupet oui!" s'indigna-t il. "Bien sûr il voulait profiter de l'événement, et se faire de la publicité à bon marché, sans parler qu'ensuite il ne nous a pas vraiment épargné." Il but une gorgée de bière pour se calmer. "Ceci dit c'était quand même sacrément impressionnant."
Plus que ça encore. Drago avait ressenti un frisson extraordinaire lorsque la foule s'était mise à scander leurs noms au début, et être porté en triomphe par des inconnus ne pouvait pas laisser indifférent. Ca avait été une expérience qu'il n'oublierait jamais.
Ca doit être ça aussi faire de la politique. Parler à un public qui vous acclame, et qu'est ce que ça doit être lorsque en plus on arrive à les contrôler.
Il remarqua Percy qui affichait une mine dégoûtée à la mention de Fudge. Il était curieux de savoir ce qu'il pensait et il fit un effort pour orienter la discussion sur ce sujet, mais pas trop directement.
"Comment sont les choses au Ministère à ce propos?" demanda-t il à Arthur. "Si vous pouvez en parler bien sûr."
L'homme balaya les contraintes de confidentialité d'un revers de la main.
"Un désordre indescriptible bien sûr. Des Beuglantes dans tous les coins, qui demandent des comptes sur ce qui s'est passé. Le Ministre est vertement critiqué et il se débat comme un beau diable pour organiser une coalition qui le soutienne. Son principal avantage est que l'opposition est largement divisée." Il repéra Percy du coin de l'oeil qui semblait vouloir se cacher derrière son verre. "Tu veux dire quelque chose Percy?"
Le jeune homme leva les yeux vers son père. Il n'avait toujours pas décidé s'il devait mentionner son entrevue avec Fudge.
"C'est vrai ça," dit Fred tout d'un coup. "Tu dois être aux premières loges pour suivre le spectacle."
"Absolument," ajouta George. "A ta place, nous on vendrait même déjà des tickets aux amateurs."
"Il ne te mène pas la vie dure pour ce qui c'est passé à l'école au moins?" demanda Arthur plus sérieusement.
"Non, non. Il ..."
Percy hésitait visiblement sur la manière de répondre. Il n'était pas naïf au point de croire qu'il pouvait rester neutre dans cette histoire, et s'il se taisait alors il prenait de fait le parti de Fudge. Etant donnée la situation, ça le positionnerait encore une fois contre sa propre famille, et il n'en était pas question. Il comprenait désormais que le Ministre l'avait sciemment manipulé. Le regard encourageant de son père sembla le convaincre et il retraça la conversation qu'il avait eue la veille.
"Je n'arrive pas à le croire," dit Bill finalement. "Cet homme n'a vraiment aucun sens de l'honneur."
Drago regardait le jeune fonctionnaire avec attention. Il ne pouvait qu'admirer l'élégance de la manoeuvre de Fudge, et il était clair qu'il avait presque réussi. Sa réaction embarrassée confirmait également l'opinion qu'il avait de Percy, et qu'il avait déjà partagée avec Harry. Il ne serait jamais Ministre.
Il n'y a qu'à voir sa tête pour comprendre qu'il a été complètement baratiné sur le moment. Il est tout simplement incapable de survivre dans cette arène.
Drago se disait par contre que lui même s'en serait sorti avec brio. Il avait déjà à l'esprit les contre arguments que Percy aurait du utiliser. Il oubliait seulement que ce genre de chose est beaucoup plus facile à analyser après coup.
"Cet homme est un animal politique remarquable," dit Arthur lentement. "Ce qui est étonnant c'est qu'il soit aussi incompétent dans tous les autres domaines."
Drago afficha un sourire supérieur, et inconsciemment son visage montra un peu de son arrogance passée.
"En fait c'est de la spécialisation," dit il sans réfléchir. " Il se concentre sur l'essentiel,"
Percy lui jeta un regard hostile.
"L'essentiel? Un Serpentard ne peut qu'apprécier, bien sûr," murmura-t il.
Ils se tournèrent tous vers lui et le regardèrent attentivement. Drago se sentit immédiatement rougir.
Merlin! Qu'est ce qui m'a pris de dire ça? Ils vont me voir de la même manière maintenant.
"Un vrai Serpentard utiliserait ses talents pour un objectif plus honorable," dit il en essayant de récupérer la situation.
"Je crois me rappeler une histoire au sujet d'un certain Serpentard très habile," commença Fred avec une lueur malicieuse dans les yeux.
"Oui," continua George. "Quelque chose à propos d'un coup d'état dans un train ..."
"... Le genre de chose qu'on ne trouve que dans les livres ..."
"... Il y avait même un intermède romantique d'ailleurs ..."
"... Mais bien sûr nous ne connaissons pas tous les détails. N'est ce pas George?"
"Non Fred, mais il devrait être possible de deviner ce qui s'est passé. Ca va être un jeu très amusant."
Les jumeaux se tournèrent vers lui comme deux tourelles de chars d'assaut vers une même cible, et pour une fois Charlie n'avait pas l'air de vouloir les rappeler à l'ordre. Percy avait l'air ravi de le voir à son tour sur la sellette et même Bill semblait intéressé.
"Il suffit de répondre oui ou non," continua George en s'adressant à Drago. "Ma première question est -"
"Qu'est ce que c'est? Une embuscade?" interrompit Drago brutalement. "Rien de ce qui s'est passé ce jour là ne vous concerne." Je suis en train de m'énerver. Il faut absolument que je reste calme.
"Pas même l'intermède romantique?" questionna Bill avec malice.
"Les garçons ça suffit!" dit Arthur pour arrêter la situation qui menaçait de dégénérer. Il considéra ses enfants d'un oeil sévère. "Je vous rappelle que Drago est notre invité, et qu'il mérite d'être traité en conséquence."
Son intervention calma le jeu et Drago en profita pour reprendre le contrôle de la situation. Une idée lui vint tout d'un coup, et il afficha une expression rusée.
"En ce qui concerne le côté romance, je suggère que nous allions poser la question à Ginny."
Il savait qu'elle saurait se défendre, et surtout qu'elle ne manquerait pas d'exercer une vengeance impitoyable après coup. Ses frères semblaient d'ailleurs en être parfaitement conscients. Fred et George échangèrent un rapide coup d'oeil et levèrent les mains en signe d'apaisement.
"Je crois que notre beau frère potentiel vient de gagner une manche, n'est ce pas George?"
"Sans aucun doute Fred. On arrête là?"
"Jusqu'à ce qu'on mette au point un plan B, oui."
Tout le monde se mit à rire, même Drago. Il commençait à s'amuser et il n'avait pas l'intention de les laisser s'en tirer si facilement.
"Ceci dit, ça ne me dérange pas de vous raconter quelques histoires," continua-t il. Les regards des jumeaux devinrent soudain plus vigilants. Ils devinèrent immédiatement où il voulait en venir. "Il y a un certain nombre d'élèves qui sont effectivement célèbres pour leurs, comment dirais-je, aptitudes au divertissement."
"Euh, là je ne crois pas -" commença Fred qui devenait très inquiet.
"D'accord on laisse tomber le plan B," ajouta George très vite en donnant un vif coup de coude à son frère. Il se tourna vers Drago et afficha un large sourire hypocrite.
"Ouais," dit Fred en se frottant les côtes. "La plupart de ces histoires sont ennuyeuses en fait ..."
"... Et nous sommes, euh, totalement convaincus que notre soeur a fait un bon choix ..."
"... un excellent choix."
Drago se mit à rire et leva son verre en remerciement. Il savait désormais qu'il n'avait plus rien à craindre des jumeaux, et qu'il avait sans doute corrigé son faux pas précédent. Il jugea néanmoins plus prudent de laisser tomber le thème de la politique et accrocha le regard de Charlie.
"Ginny m'a dit que tu travaillais avec des Dragons. Ca c'est quelque chose qui m'intéresse ..."
- - -
Dans la cuisine, Molly était en train de couper des légumes en petits morceaux et de les jeter dans un grand Wok sur le feu.
"Tu veux bien nous aider à faire la cuisine?" demanda-t elle gaiement.
Silena la regardait avec un peu d'appréhension et une certaine dose de confusion. Jusqu'à présent elle avait toujours considéré la préparation des repas comme une tâche réservée aux Elfs de Maison, et sa mère l'avait régulièrement dissuadée de s'occuper de leurs affaires. A cause de cela, elle ne savait pas très bien comment interpréter la proposition. Elle jeta un oeil surpris vers Ginny qui acquiesça et commença à mettre un tablier pour protéger ses vêtements.
"Qu'est ce qu'il faut faire?" demanda-t elle d'une petite voix timide. Ginny alla chercher un tablier plus petit et le lui passa autour du cou.
"Toi tu vas faire le gâteau au chocolat," dit Molly. "Tu aimes ça j'espère?" Silena hocha la tête. C'était au moins quelque chose dont elle était sûre. "Très bien. On aura besoin du grand bol qui est là bas, et je te dirai ce qu'il faut mettre dedans."
Silena tourna la tête pour essayer d'apercevoir un des Elfs, et lui transmettre les ordres, mais il n'y en avait pas un seul de visible. Ne sachant pas quoi faire d'autre, elle alla chercher le bol elle même et l'apporta sur la table. Ginny posa un paquet de farine et plusieurs oeufs à coté.
"Est ce qu'on ne devrait pas laisser les Elfs s'occuper de ça?" chuchota Silena.
"Il n'y a pas d'Elfs ici," répondit Ginny en chuchotant à son tour. "Tu vas faire le travail toi même. Tu verras, c'est facile et très amusant." Les yeux de la petite fille s'agrandirent d'étonnement. Elle n'osait rien dire et Ginny ajouta avec un clin d'oeil. "Et après tu auras le droit de lécher le bol."
Silena n'était pas très sûre que ça en valait la peine, mais dans le doute elle préféra obéir et ne pas faire d'histoire. Cette maison était vraiment très bizarre. Ginny cassa plusieurs morceaux de chocolat et les fit fondre dans une casserole avec un peu d'eau et du beurre. Elle et Molly discutèrent de recettes pendant un moment. Une cuillère en bois enchantée était en train de remuer les légumes dans le Wok. De temps en temps elles s'arrêtaient pour donner un conseil à Silena. Tourner la pâte était un travail fatiguant mais lorsque le chocolat fondu fut ajouté, la mixture se mit à sentir vraiment très bon. Quand ce fut fini, elle regarda avec curiosité Molly transvaser le contenu dans un plat et placer celui ci dans le four. Ensuite Ginny prit le bol, ramassa un peu de pâte avec son doigt et le goûta. Molly se tourna vers la petite fille.
"Essaye donc ma chérie. Je dis toujours que c'est le meilleur moment quand on fait la cuisine."
Silena trempa son index dans la mixture et porta à sa bouche avec précaution. Son visage s'éclaira d'un coup.
"C'est bon!" s'exclama-t elle. Ginny et Molly éclatèrent de rire.
"Bien sûr que c'est bon," dit Molly affectueusement. "Et puisque c'est toi qui a fait tout le travail, tu as le droit d'en prendre autant que tu veux, mais j'espère que tu vas partager avec nous."
Silena gloussa de plaisir et prit une autre portion de pâte puis elle tendit le bol vers Molly. Elles le firent tourner entre elles jusqu'au moment où Drago arriva dans la cuisine. Il marqua un temps d'arrêt à la vue de sa petite soeur qui arborait une expression ravie et des traces de chocolat et de farine un peu partout sur le visage et sur les mains.
"Drago! C'est moi qui ai fait le gâteau, et j'ai eu le droit de lécher le bol."
"Je vois ça," dit il en fronçant les sourcils. "J'espère qu'il n'y en a pas trop sur la robe de cérémonie de Véronique."
"Rien qu'on n'arrivera pas à nettoyer," assura Molly. "Elle nous a beaucoup aidés." Silena se redressa avec fierté.
"On peut manger quand vous voulez, si les hommes ont fini leur discussion," dit Ginny. Drago fit une grimace. "Ils n'ont pas été trop difficiles j'espère?" ajouta-t elle avec un regard espiègle.
"Ca aurait pu être pire," répondit il. Ce n'était peut être la chose à dire car le sous-entendu ne fut pas perdu pour Molly dont les yeux se mirent à briller de colère.
"Ces garçons," dit elle d'une voix menaçante, "vont devoir comprendre que tu es désormais un membre à part entière de la famille et que -"
"Madame Weasley, je vous assure ..." Il l'interrompit, mais sans finir sa phrase lorsqu'il réalisa ce qu'elle venait de dire.
"Je vous demande pardon?" interrogea-t il en la regardant très sérieusement. Ginny poussa un cri de joie et sauta au cou de sa mère.
"Je pense que tu m'as très bien entendu Drago Malefoy," dit Molly avec calme. Il déglutit et elle continua en le fixant du regard. "Je sais parfaitement ce qui s'est passé entre vous deux." Drago ne savait tout d'un coup plus où se mettre, et Ginny rougit jusqu'aux racines de ses cheveux.
"Je vous ai observés assez longtemps pour l'admettre," continua-t elle en regardant Ginny avec affection. "Chaque parent redoute ce moment où leur enfant revient avec celui ou celle qu'il a choisi comme compagnon. Ce qui fait le plus peur est d'avoir des doutes sur ce choix." Elle se retourna vers Drago qui était maintenant complètement paralysé. "Après tout ce qui s'est passé je n'ai pas de doutes, même si je pense que Ginny est encore très jeune pour s'engager de la sorte." Elle leva la main avant que celle-ci ne puisse protester. "Je sais bien que tu ne te considères plus comme une petite fille depuis longtemps, mais il n'empêche. Enfin, ça n'a pas d'importance. Vous avez pris votre décision et nous la respectons."
Elle inspira et expira profondément.
"Tu fais donc partie de la famille Drago. Je ne vais pas insister pour que tu m'appelles 'mère' ou l'équivalent, mais je ne veux plus entendre 'Madame Weasley' dans ta bouche."
Drago la regarda sans savoir quoi répondre. Elle était vraiment une figure impressionnante d'énergie et il avait bien compris que tous les autres, y compris Harry, s'inclinait généralement devant son autorité. Elle débordait également d'amour maternel, mais ça n'était pas une chose avec laquelle il était très familier. Ses relations avec sa propre mère avaient toujours été beaucoup plus mesurées, mais il était prêt à essayer.
"Madame Weas- Euh, Molly ..." corrigea-t il.
Ce qu'il voulait exprimer n'était pas simple, en tout cas pas pour lui. Il sentait bien que ce n'était pas une situation où il pouvait s'en tirer par une pirouette comme avec les autres. Il n'y avait vraiment que deux personnes auxquelles il avait ouvert son coeur, et encore Salazar Serpentard n'était qu'un souvenir enchanté. Ginny le regardait avec un encouragement manifeste et il comprit qu'il n'avait pas vraiment le choix.
Ce ne sont que des mots, et c'est la vérité.
"Je vous assure que j'aime Ginny plus que tout au monde et que je ..." Il s'arrêta parce que les expressions d'adoration sur les visages de Ginny et de sa mère étaient vraiment plus qu'il ne pouvait le supporter. Il était à la fois merveilleusement heureux et extrêmement inconfortable. Heureusement pour lui, il n'avait pas besoin d'en dire plus.
"Et moi alors!" s'exclama Silena. Ils la regardèrent tous, et Drago soupira avec soulagement à cette interruption opportune.
"Et bien toi aussi tu fais partie de la famille évidemment," assura Molly. "Tu n'imagines quand même pas qu'on va te laisser toute seule?"
Silena la regarda avec un visage sérieux.
"Moi je ne vais pas vous appeler 'mère' parce que vous n'êtes pas ma mère," dit elle sans se rendre compte de la maladresse de ses paroles, ni du petit pincement qu'elles provoquèrent sur les traits de Molly. "Mais est ce que je peux vous appeler maman comme Ginny?"
Le coeur de Molly se liquéfia complètement et elle enveloppa immédiatement l'enfant dans ses bras. Ginny en profita pour se rapprocher de Drago. Il n'y avait plus rien à ajouter et ils restèrent les uns contre les autres pendant un moment.
"Cuit! C'est cuit!" hurla le Wok tout d'un coup. "C'est cuit! Il faut couper le feu! Vite! Ca va brûler!"
Drago et Silena fixèrent l'objet avec des expressions ahuries pendant que Molly se dépêchait de retirer le plat du feu.
Ces gens là sont complètement insensés et ils vont finir par me rendre fou à mon tour.
"Allez chercher les autres, mes chéris," dit Molly. "C'est l'heure de se mettre à table."
Notes de l'auteur: Drago ne va pas toujours s'en tirer aussi bien. Je n'ai pas prévu de scène Ron/Lovegood. L'histoire rebondie dans le prochain chapitre, qui sera beaucoup plus volumineux, et plusieurs choses se précisent et se compliquent.
