Et voici comme promis la suite ! Merci à tous pour vos reviews, je prends note de tout ce que vous dites, et je suis très contente que cette fic vous plaise ! Pour tout vous dire j'ai presque fini de l'écrire, alors pas de panique elle ne sera plus à l'abandon. Allez, assez blablater, il ne me reste plus qu'à vous souhaiter une bonne lecture !
Chapitre 5 : le temps des explications
Comme le mufle qu'il était, il dormit toute la journée, ce qui mit Hermione hors d'elle, bien qu'elle ne sut pas exactement pourquoi elle réagissait comme ça. N'avait-il pas besoin de repos après tout ? Il n'était pas assez lâche pour faire semblant de dormir, tout cela dans le but d'éviter une confrontation avec elle, non ?
Elle renifla dédaigneusement tout en s'affairant dans la cuisine. Que n'avait-elle pas fait pour lui ! C'était bien simple, il n'était là que depuis quelques heures et sa vie en était déjà entièrement chamboulée ! Elle avait du écrire au ministère pour expliquer qu'elle ne viendrait pas travailler de la semaine car elle était malade, ce qui comme tout un chacun le savait n'était pas dans ses habitudes, et avait passé sa journée à faire les cent pas dans la maison, n'arrivant pas à se concentrer sur le travail qu'elle avait emporté chez elle. Ses pensées revenaient toujours sur un certain rouquin couché dans la pièce d'à côté, ce qui l'exaspérait au plus au point. Ne pouvait-elle donc pas contrôler ses émotions ?
Avec un grognement de frustration elle jeta un sort sur la soupe qu'elle était en train de préparer pour la réchauffer, se maudissant intérieurement de se donner tant de mal pour quelqu'un qui n'avait pas donné de nouvelles pendant sept ans.
- Il ne mérite vraiment pas tout ce que je fais, marmonna-t-elle.
- Pour une fois je suis d'accord avec toi, dit une voix grave derrière elle.
La jeune femme sursauta et se retourna d'un bond. Il était juste derrière elle, négligemment appuyé contre le comptoir de la cuisine.
- Qu'est-ce que tu fais là toi ! Retourne immédiatement au lit !
- J'y suis resté toute la journée, ça suffit comme ça.
- Mais Ginny a dit que…
- Ginny est très gentille et je ne doute pas de ses qualités de médicomage, mais Ginny ne sait pas de quoi je suis capable.
Elle eut envie de répliquer que personne ici ne savait plus de quoi il était capable, que personne ici ne le connaissait plus mais préféra garder sa remarque pour elle et se contenta de lui lancer un regard meurtrier.
- Fais ce que tu veux, après tout cela ne me regarde pas, dit-elle d'un ton cinglant.
- Hermione, il faut qu'on parle… déclara soudain Ron d'une voix adoucie.
- Pas maintenant, tu vois bien que je suis occupée.
Elle ne savait pas pourquoi elle ne voulait pas entendre ce qu'il avait à lui dire. Pourtant, n'était-ce pas ce qu'elle avait tant attendu depuis sept ans ?
- Laisse-moi t'expliquer…
- C'est bien trop tard Ron, le coupa-t-elle. Et puis ta lettre je crois résumait assez bien la situation.
Elle l'entendit soupirer derrière lui et sentit la colère la reprendre tout à coup.
- Tu crois vraiment que je vais sagement t'écouter comme si de rien n'était ? fulmina-t-elle en faisant volte face. Tu crois vraiment que je vais faire comme si tu ne m'avais pas abandonné, comme si je n'étais pas la seule à qui tu ai jamais donné de nouvelles ? Tu crois vraiment que ce que tu me diras pourra arranger les choses ? Que je pourrais te.. te pardonner !
Elle avait presque hurlé ces derniers mots et le vit se contracter.
- Tout ça c'est de l'histoire ancienne Ronald, tu aurais du le prévoir à l'instant même où tu as décidé de me faire sortir de ta vie !
Elle retourna à sa marmite tandis qu'il gardait le silence. D'un main tremblante elle alla prendre les bols et versa la soupe dedans.
- Va t'asseoir, lui ordonna-t-elle d'un ton sec. Le dîner est prêt.
Il obéit sans protester, se disant qu'après tout elle avait parfaitement le droit d'être en colère contre lui et qu'il devait considérer comme une vraie chance le fait qu'elle lui parlait toujours. Mais il était résolu, elle entendrait ce qu'il avait à lui dire, que ça lui plaise ou non. Il devait mettre au clair certaines choses, il ne voulait pas qu'elle pense qu'il n'était qu'un lâche, et ensuite libre à elle de faire ce qu'elle voudrait de lui.
Hermione apporta les plats et ils commencèrent à manger dans un silence tendu. Elle ne levait pas les yeux de son assiette ce qui exaspéra un peu Ron. Depuis quand agissait-elle comme s'il était un inconnu ?
Mais c'est pourtant ce que tu es devenu… lui siffla une petite voix dans sa tête. Retenant un nouveau soupir il décida d'attendre la fin du repas pour lui parler, se disant qu'il valait mieux qu'elle n'ait aucun objet tranchant dans les mains, comme ce couteau qu'elle tenait à l'instant fermement dans son petit poing crispé.
Le dîner se passa donc dans le plus grand silence, interrompu seulement par le bruit des couverts et les raclements de gorge furieux d'Hermione. Il essaya à plusieurs reprises d'attirer son regard mais elle refusait catégoriquement de relever la tête vers lui.
- J'avais oublié que tu étais si têtue, ne put-il s'empêcher de dire alors qu'elle débarrassait la table.
- Il y a beaucoup de choses que tu as oublié, Ronald.
- Ce petit jeu va durer encore longtemps ? Tu ne crois pas qu'il serait plus simple d'écouter ce que j'ai à te dire, non ? Tu pourras continuer à me haïr après si tu le souhaites, mais au moins tu sauras la vérité.
Elle lui jeta un coup d'œil hésitant et il tapota la chaise à côté de lui.
- Allez 'Mione, viens là s'il te plait, je sais que j'ai plus que mérité cette petite leçon, mais tu ne pourras pas toujours retarder cette discussion, et tu sais aussi bien que moi que nous en avons grandement besoin.
Vaincue la jeune femme laissa tomber dans l'évier les plats et s'assit en face de lui, les bras croisés sur sa poitrine dans un geste défensif.
- Je t'écoute, marmonna-t-elle.
Ron retint à temps un sourire amusé et réfléchit en se demandant par où il devait commencer. C'était une si longue histoire…
- Plus vite Weasley, je n'ai pas toute la nuit.
- Tu attendras parce que tu meurs d'envie de savoir.
Elle lui lança un regard courroucé.
- Finalement il n'y a pas grand chose à dire, je t'ai déjà tout expliqué dans ma lettre…
Il leva la main quand elle vit qu'elle ouvrait la bouche d'un air rageur en se redressant sur son siège.
- Je sais Hermione, cette stupide lettre c'était offensant envers toi, la chose la plus lâche que j'ai jamais faite, mais tu comprends je ne savait pas comment te l'annoncer…
Il s'arrêta un instant, cherchant ses mots, tandis qu'elle gardait le silence et le regardait, impassible.
- Comment dire à sa meilleure amie, à la fille qu'on aime plus que tout qu'on part loin, et qu'on ne reviendra peut-être jamais…
- Tu n'étais pas obligé de partir ! rugit-elle. C'est toi qui a voulu faire ce métier !
- Je sais, soupira-t-il. Mais je n'avais aucune idée de ce que cela impliquait… Si je pouvais revenir en arrière crois bien que jamais je ne partirai à nouveau. C'est juste que tout le monde avait tellement d'exploits à son actif… Harry qui a vaincu Tu-sais-qui, toi qui a tout de suite acquis une place de choix au ministère, mes frères si heureux dans leur vie professionnelle, Ginny qui a obtenu les meilleures notes pour son concours de médicomage. Et moi… Moi qui était incapable de trouver ma voie, moi qui ne savait pas quoi faire pour attirer l'attention, moi qui voulait tellement que tu me regardes… C'était totalement idiot, je le sais aujourd'hui, mais à l'époque ça m'a parut la meilleure idée que j'ai jamais eut, après tout qu'est-ce que ça valait deux ans, si à mon retour tu me voyais comme un héros ?
Il eut un petit sourire amer.
- Et puis il y a eu ce jour où on a enfin eu nos résultats. Ce jour où je t'ai fait cette.. proposition sur un coup de tête. Ce jour où tu as failli être à moi. Ca n'a fait que conforter l'idée que je ne te méritais pas, pas encore, et qu'il me fallait autre chose pour être digne de toi. Tu étais si belle, si forte et si fragile à la fois que je me suis juré de faire tout ce qui était en mon pouvoir pour te protéger.
Elle ne disait rien et se contentait de le fixer d'un air neutre, mais maintenant qu'il était lancé il ne pouvait plus s'arrêter.
- Alors je suis parti. Pour devenir un autre Ron, plus courageux, plus solide. Avec Harry ça paraissait facile, mais on a vite déchanté. Ces deux années ont été les plus durs de toute ma vie je crois. Les entraînements, les missions, le rythme de vie, et surtout la coupure avec nos proches. Nous n'avions pas le droit de communiquer avec qui que ce soit hors de la base, mais tout ça tu le sais déjà. A la fin de notre formation je pensais qu'ils nous laisseraient repartir chez nous, le temps de revoir tout le monde mais ils nous ont bien fait comprendre que c'était impossible, que le métier d'Auror exigeait une présence totale, et qu'il nous fallait tirer un trait sur notre vie passée.
- Pourtant Harry est revenu, lui, dit soudain Hermione d'une voix qu'elle aurait voulu moins tremblante.
- Oui, parce qu'il a pu lui. Il était toujours resté à couvert pendant nos missions en tant qu'apprentis, aucun ennemi n'avait vu son visage et puis… Harry c'est Harry Potter, le survivant. Qu'il soit un Auror ou non cela ne change rien pour lui, il est toujours autant en danger de toute façon. D'ailleurs il n'est pas revenu complètement, il ne s'est rapproché de vous que dernièrement, quand on a trouvé presque tous les mangemorts. Si j'avais pu le suivre je l'aurais fait sans hésiter, car tout comme lui j'ai vite compris que ce métier exigeait beaucoup trop de sacrifices, des sacrifices dont je ne me sentais pas capable. Mais c'était peine perdue, j'étais déjà bien trop impliqué dans ces affaires et ils ont refusé de me laisser partir. Alors, pendant que Harry intégrait un nouveau poste au ministère j'ai du continuer seul. C'est à ce moment-là je crois que je t'ai écris cette lettre, pour te dire que je ne reviendrais sans doute jamais, que c'était vous mettre tous en danger et que je ne pouvais pas l'accepter.
- Mais les autres, tu les as revus. Ta famille, Harry…
- Tous sauf toi oui.
- Pourquoi ?
Il soupira et se passa une main dans les cheveux, se déplaçant légèrement sur sa chaise pour trouver une position plus confortable pour son bras encore douloureux.
- Parce que tous les autres sont ensemble, Harry a Ginny, les jumeaux sont intouchables lorsqu'ils sont tous les deux, mes autres frères savent se défendre s'ils sont unis, mes parents sont constamment avec des membres de l'Ordre du Phénix, il n'y a que toi qui vivais seule à l'époque. Et puis surtout… Surtout parce que si j'étais revenu vers toi, si je t'avais revu, ils auraient compris…
- Compris quoi ? demanda-t-elle d'un ton méfiant.
- Compris que tu étais la personne la plus importante pour moi, que tu étais celle que j'aimais plus que tout, avoua-t-il d'une voix douce.
Elle écarquilla les yeux de surprise.
- C'est stupide enfin, comment auraient-ils pu deviner que…
- Hermione, tu sais tout aussi bien que moi qu'il y avait des espions à Poudlard, et bien que nous n'ayons jamais été officiellement ensemble, tout ceux qui nous connaissait un tant soit peu savait ce que tu représentais pour moi. Il était hors de question que je prenne un risque si grand, alors j'ai préféré couper définitivement les ponts. Si je t'ai écris cette lettre si cruelle, si tranchante, c'était pour te dégoûter de moi, pour que tu n'ai pas envie de me retrouver, que jamais tu ne cherche à me revoir. Je me suis dit que si tu croyais que je n'éprouvais plus rien pour toi alors tu me détesterais, et peut-être que tu serais en sécurité. Je me suis résigné à sortir de ta vie, bien que j'ai toujours gardé un œil sur toi.
S'ensuivit un long silence pendant lequel Hermione essayait de remettre de l'ordre dans son esprit. Même dans ses rêves les plus fous jamais elle n'en aurait espérer tant. Elle qui croyait qu'il allait lui sortir quelques excuses bidons, elle venait d'entendre le récit le plus émouvant de sa vie. Après sa lettre jamais elle n'avait cherché plus loin, elle s'était sentie trahie et abandonnée, et dans un sursaut d'orgueil elle avait voulu le rayer de sa vie aussi facilement qu'il en avait fait pour elle, mais jamais elle n'y était parvenu. Elle avait connu quelques garçons, tentant désespérément d'oublier ce rouquin si indispensable à son existence dans leurs bras mais avait du vite s'avouer que tout cela ne servait à rien. Elle s'était alors lancée tête baissée dans son travail, ne sortant de ses livres que pour revoir la famille Weasley et Harry de temps en temps. Elle devait le reconnaître, elle avait tout fait pendant ces sept dernières années pour l'oublier, elle avait lutté contre ses sentiments, s'était forcée à le haïr, mais tout cela n'avait servi à rien. Il faisait partie de son être, qu'elle ne le veuille ou non.
- Je sais que tout cela doit te paraître un peu fou et certainement très insuffisant pour expliquer ma conduite envers toi, dit Ron, mais sache que je n'ai jamais cessé de penser à toi Hermione, et que je ferais tout ce que je peux pour…
Il fut interrompu par la jeune femme qui se leva de sa chaise et s'avança vers lui. Hypnotisé par ce regard chocolat qui lui avait tant manqué et qui avait hanté ses nuits, il la vit s'agenouiller devant lui.
- Je suis désolé Hermione, si tu savais à quel point je regrette tout le mal que j'ai pu te faire je…
Le doigt de la jeune femme sur sa bouche l'arrêta.
- Je sais, lui dit-elle dans un sourire, les larmes aux yeux. A ton tour maintenant d'entendre ce que j'ai à dire.
Il hocha maladroitement la tête, ne pouvant détacher ses yeux de son visage ensorcelant.
- Effectivement Ron, tu m'as fait beaucoup souffrir, je me suis sentie trahie, délaissée, d'autant plus que tu revoyais tout le monde sauf moi. Tu n'as pas idée du nombre de fois où j'ai eu envie de débarquer au Terrier en sachant que tu y étais, où j'ai voulu t'écrire pour te dire ma façon de penser, pour te blesser autant que tu m'as blessé. Mais je ne l'ai pas fait, parce que tout cela n'aurait servi à rien, parce que je ne le pouvais pas. J'ai essayé de jouer les indifférentes mais à chaque fois que j'entendais ta famille parler de toi je ne pouvais m'empêcher d'écouter, de poser des questions, de vouloir en apprendre plus sur ta nouvelle vie. Cette vie dont je ne faisais plus partie, cette vie où je n'existais plus pour toi, du moins c'est ce que je croyais.
- Je croyais aussi que tu m'avais oublié, murmura-t-il, touché par son aveu.
- Je n'y suis jamais arrivé. Jamais…
- Moi non plus.
Il vit une larme descendre le long de sa joue et avança la main pour la sécher du bout des doigts. Il se mit à caresser doucement son visage alors qu'un dialogue muet s'installait entre eux. Il ne sut combien de temps il restèrent là, les yeux dans les yeux, mais il comprit soudain une chose : elle lui avait pardonné.
Sans savoir vraiment ce qu'il faisait il se pencha doucement vers elle et posa ses lèvres sur les siennes.
