Bonsoir !
Merci à tous pour vos commentaires, je suis heureuse de voir que vous aimez toujours cette fic. Merci pour les review, les mises en favoris, et tous les follower.
J'espère que cette suite vous plaiera, et comme toujours, j'attends vos réactions avec impatience...
Bonne lecture à tous!
PS : chapitre édité le 04/03/2014
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Chapitre 7 :
POV de Kate :
Que faisait-il ? Il ne fallait pas autant de temps pour rédiger un malheureux chèque tout de même. Mais j'oubliais qui était mon partenaire. Le grand Richard Castle. Pour peu que la comptable de cet hôpital soit une belle femme, il devait être en train de flirter allègrement avec elle. Peut-être même signait-il sa poitrine, un immense sourire niais aux lèvres. Mais je m'en voulus aussitôt de cette pensée mesquine. Rick avait changé. Il n'était plus ce playboy invétéré qu'il était à notre rencontre. Et puis il n'était pas du genre à être infidèle. Il ne ferait jamais à autrui ce que lui-même avait enduré avec Meredith. Or, il avait une femme dans sa vie. Une femme qui n'était pas moi. J'avais encore du mal à intégrer cette donnée. Et rien que de l'imaginer à nouveau avec une femme, je sentis mon cœur se serrer douloureusement. D'autant que je sentais que cette femme, qui qu'elle soit, ne serait pas qu'une simple passade. N'avait-il pas laissé entendre qu'il pourrait se faire de nouveau passer la corde au cou ?
Je portai instinctivement la main à mon cœur, comme pour étouffer cette souffrance qui m'étreignait de ses griffes acérées. Je ne connaissais pas cette femme, mais je la haïssais pour ce qu'elle était sur le point de me prendre. Si seulement j'avais écoutée Lanie. Elle avait vu ce moment arriver et avait tenté de me mettre en garde, mais j'avais joué la sourde d'oreille et avait conservées mes œillères bien en place. J'avais ignorés mes sentiments, les refoulant aussi profondément que possible. J'avais refusé que les choses changent, de peur de ce qu'il pourrait advenir, et à présent que j'étais sur le point de perdre Rick, je comprenais que j'aurais du lui donner la seule chose qu'il me demandait. L'espoir. Rick ne m'avait pas mis la pression, ne m'avait pas imposé d'ultimatum. Il m'avait ouvert son cœur et n'attendait qu'une chose de moi, que je lui dise qu'un jour ses sentiments seraient payés de retour, qu'un jour, il y aurait un « nous ». Mais je m'y étais refusée, et maintenant je ne pouvais qu'être la spectatrice impuissante de la catastrophe que j'avais déclenchée.
J'avais de nouveau poussé l'homme que j'aimais dans les bras d'une autre. Et je restais une fois encore sur le bord de la route, à le regarder être heureux. Pourrais-je le supporter une fois de plus, ou devais-je mettre fin à notre partenariat maintenant ? Il n'avait plus besoin de me suivre sur le terrain pour écrire ses romans, c'était donc la solution la plus logique. Mais la logique avait-elle sa place lorsque l'on en venait aux sentiments ? L'amour n'était-il pas par définition irrationnel ? Et puis voulais-je vraiment le voir sortir définitivement de ma vie ? La réponse était évidente. Non. Jamais. Je voulais qu'il partage ma vie, dans tous les sens du terme. Je voulais qu'il devienne l'acteur principal de ma vie sentimentale au lieu de n'en être que le figurant et l'observateur impuissant. Je voulais être pour lui ce qu'il était pour moi. Etre le seul objet de son désir amoureux. Mais pour cela, il fallait que je me bouge les fesses et que je prenne les choses en main. Parce que si je continuais comme ça, le verdict serait sans appel.
En soupirant, je fermai les yeux, laissant ma tête reposer contre le verre froid de la fenêtre qui s'harmonisait parfaitement avec celui qui s'installait en moi en imaginant ce que deviendrait ma vie sans Rick. Je ne me souvenais que trop bien de ce qu'il en était avant son irruption intempestive, et je ne voulais pas redevenir cette femme qui m'était comme une étrangère. Je voulais rester celle que j'étais devenue, celle qui ressemblait plus à l'image que je m'étais faite enfant de la femme que je deviendrais adulte, celle dont je savais que ma mère serait fière. Mais pourrais-je le rester sans Rick ? Bien sûr que non. Sans lui, je me renfermerais de nouveau sur moi-même, me repliant derrière mon masque de froideur et d'indifférence. Mais serait-ce un masque, ou bien la défection de Rick me ferait-il devenir cette femme ? Le perdre ne laisserait-il en moi que ces sombres sentiments, faisant définitivement disparaître la lumière qu'il avait fait pénétrer à grands coups de bulldozer dans ma vie ? L'idée était déprimante, mais pourtant je savais que c'était ce qui arriverait très probablement.
Un bip familier me fit tourner la tête, et je découvris que l'objet de mes pensées était de retour. Je ne l'avais même pas entendu revenir. M'avait-il vu ? Avait-il perçu ma souffrance ? En avait-il compris la cause ? Mais à le voir concentré sur son téléphone, je supposai que non, et m'en sentis à la fois soulagée et frustrée. Je craignais ses interrogations comme je les espérais. Mais il ne me prêtait aucune attention. J'aurais pu être absente qu'il ne l'aurait pas même remarqué. Etais-je à ce point devenue invisible et insignifiante à ses yeux qu'il ne me portait plus le moindre intérêt ? Nos relations n'allaient-elles qu'être professionnelles à l'avenir ? Dépitée, je secouai la tête et décidai de me rappeler à son bon souvenir. Il sursauta légèrement devant le ton que j'employai, et j'en éprouvai un plaisir presque sadique. Je m'apprêtais à lui dire de rentrer chez lui s'il devait passer son temps au téléphone, mais la voix d'Eva me stoppa dans mon élan, et nous nous concentrâmes sur elle. Profitant de ce qu'il était penché au-dessus d'elle, je m'approchai de lui jusqu'à ce que je perçoive la chaleur de son corps.
Comme attirée par un aimant, je me penchai un peu plus et soupirai discrètement alors que son odeur boisée me chatouillait les narines. J'aimais son odeur. Elle m'apaisait et m'excitait à la fois. C'était une des raisons qui faisaient que j'avais toujours limité nos contacts. Je ne voulais pas me ridiculiser en plongeant mon nez dans son cou pour le respirer à pleins poumons. Même si lui ne se gênait pas pour m'humer dès que l'occasion lui en était donnée. Et aussi parce que chacun de nos contacts m'électrifiaient, et que je craignais de perdre le contrôle. Pourtant cette fois, je ne me retenais pas, voulant connaître sa réaction à un contact fortuit. Je le frôlai donc de mes seins, décidant d'y aller franchement, et scrutai sa réaction. Dire que j'en étais déçue fut un euphémisme. Il ne réagit pas, ne me regarda pas, se concentrant toujours sur Eva. Déboussolée, je prolongeai l'effleurement aussi longtemps que possible, mais rien. Il resta totalement indifférent à ma proximité, lui qui quelques jours plus tôt, m'aurait adressé un regard brûlant et empli d'espoir. Alors tout était bel et bien terminé. Il ne voulait vraiment plus de moi.
La réalisation me frappa de plein fouet, et je me mordis violemment la lèvre pour ne pas hurler de souffrance. M'écartant enfin, je retournai mécaniquement près de la fenêtre afin de dissimuler à Rick l'effet que son rejet avait sur moi. Je ne voulais surtout pas qu'il remarque à quel point je me sentais blessée par son indifférence. Je l'avais trop fait attendre, et maintenant je n'avais plus qu'à me faire à l'idée que j'allais devoir apprendre à vivre sans lui. Sentant une nouvelle vague de désespoir m'envahir, et ne voulant pas craquer devant Rick, je tentai de me reconcentrer sur la discussion, et parvenais à grande peine à donner le change. Heureusement pour moi, Castle ne sembla rien remarquer de mon trouble, lui qui se targuait de pouvoir lire en moi comme dans un livre ouvert. Mais mes états d'âme semblaient être devenus le cadet de ses soucis. Il n'en avait plus que pour sa nouvelle conquête et pour Eva. Moi j'avais perdu l'attrait de la conquête, et maintenant qu'il s'était fait à l'idée qu'il ne parviendrait jamais à me mettre dans son lit, j'avais perdu tout intérêt à ses yeux. J'avais finalement bien fait de ne pas lui dévoiler mes sentiments, il m'aurait rit au nez.
« Lieutenant Beckett ? » s'enquit soudain une voix, me tirant de mes sombres pensées.
« C'est moi » approuvai-je en me tournant vers l'assistante sociale chargée du dossier d'Eva.
Enfin une distraction ! J'allais pouvoir m'éloigner de Castle et souffler un peu. Je devais me ressaisir et me concentrer sur le cas d'Eva. Jamais encore je n'avais laissés mes problèmes personnels interférer sur une affaire, et ma conscience professionnelle me rappelait à l'ordre. J'aurais tout le temps de pleurer sur mon sort plus tard.
« Je suis Mme Perkins, pourrais-je m'entretenir avec vous ? » demanda-t-elle en me fixant d'un regard perçant, comme si elle tentait de me jauger.
« Sans problème » acquiesçai-je en lui souriant poliment, lançant un regard blasé vers Castle avant de la suivre dans le couloir.
Je m'attendais à subir un véritable interrogatoire, mais visiblement cette Madame Perkins était de ces personnes qui faisaient toujours leurs devoirs, et elle avait déjà un dossier sur moi, ce qui me surpris et m'intriguai à la fois. Avais-je des raisons de m'inquiéter ? Visiblement pas songeai-je alors qu'elle me tendait le document qui faisait de moi la tutrice d'Eva. Je parcourus le document en diagonale, et fronçai les sourcils en constatant qu'il n'y avait pas de limite dans le temps à cette mise en tutelle. Etonnant. Habituellement, les services sociaux indiquaient toujours ce genre de détails.
« Temps que nous ignorons qui est cette petite et ce qui lui est arrivé, elle restera sous votre garde » déclara Mme Perkins comme si elle avait perçu ma surprise.
J'acquiesçai d'un hochement de tête et apposai ma signature en bas du feuillet avant de répéter l'opération à deux reprises avant qu'elle ne m'en tende un exemplaire.
« Si vous avez des questions, ou besoin de plus amples informations sur cette mise sous tutelle, n'hésitez pas à me contacter » déclara-t-elle en me tendant une petite carte de visite.
« Merci » soufflai-je en lui souriant.
« Je vous en prie. Bonne fin de journée » répliqua-t-elle avant de partir d'une démarche énergique.
Et voilà. Je me retrouvais tutrice d'une jeune adolescente à problèmes, et je devais en partager la garde avec Castle. Il ne manquerait plus que le capitaine nous ordonne de cohabiter, ce que je ne doutais pas qu'il ferait. Et comme mon appartement ne comportait qu'une seule chambre d'amis, j'allais à nouveau devoir vivre sous le toit de Castle. Un frisson d'excitation me traversa mais je me morigénai en me rappelant que Castle ne m'inviterait chez lui que contraint et forcé. Fermant les yeux, je m'apprêtai à retourner dans la chambre, lorsque la sonnerie de mon téléphone me coupa dans mon élan.
« Je sais que c'est fini entre nous, et je respecte ta décision…
Mais tu ne peux attendre de moi que je fasse comme si tu n'avais jamais existée…
Je reste avant tout ton ami, et j'espère que tu me laisseras l'être pour toi…
Je suis là si tu as besoin de parler à quelqu'un….
Tendrement, Josh »
Imperceptiblement, un sourire étira mes lèvres, et je me sentis à nouveau coupable de la peine que je lui avais infligée. Josh était un homme merveilleux, et je savais que sans Rick, j'aurais pu apprendre à l'aimer sans conditions, à l'aimer comme il le méritait. Si Rick n'était jamais entré dans ma vie, je savais que Josh aurait été mon « One and done ». Mais la vie n'étant jamais simple, mon chemin avait croisé le sien, et la destinée m'avait fait un beau pied de nez. Au moment de rompre, je pensais vraiment avoir pris la bonne décision, mais maintenant que j'avais réalisé que Rick était passé à autre chose, je me demandai si finalement, je n'aurais pas mieux fait de m'accrocher à Josh. Après tout, quand Rick ne venait pas parasiter mes pensées, j'étais très heureuse avec Josh. Même si je ne le voyais pas aussi souvent que je l'aurais voulu. Mais c'était quelque chose que nous aurions pu arranger. Je savais que Josh aurait été prêt à tout pour me rendre heureuse, y compris espacer un peu plus ses missions humanitaires. Ma rupture avec lui n'amenait au bout du compte que plus de questions, auxquelles je n'avais malheureusement pas de réponses.
« T'ai-je dis à quel point tu étais un homme bien ?
Je serais heureuse que tu continues à me considérer comme ton amie…
Même si j'ai conscience de ne pas le mériter…
Et je retiens ta proposition, même si tu risque de le regretter…
Affectueusement, Kate »
Je ne lui faisais pas de promesse, mais je ne le sortais pas définitivement de ma vie. Je savais qu'il n'attendait qu'un geste de moi pour reprendre sa place dans ma vie et dans mon cœur, et même si j'avais conscience que je devrais le laisser partir définitivement, je savais que je n'y étais pas prête. Je voulais Rick, j'en étais certaine, mais j'avais laissé passer ma chance, et je devais me faire une raison. Sentant poindre ma migraine, je poussai la porte et me mordillai la lèvre en posant le regard sur Rick. Il fronçait les sourcils, fixant le mur sans vraiment le voir. Il avait l'air abattu, et je me demandai ce qui pouvait le mettre dans un tel état. Comme pour répondre à ma question, son cellulaire sonna, et mon cœur se serra en avisant le sourire joyeux qui illumina soudain ses traits. Ce sourire qu'il ne réservait habituellement qu'à moi, mais que je ne voyais que de loin en loin. Et de savoir qu'il était destiné à une autre me retourna l'estomac. Serrant les poings pour ne pas faire une bêtise, j'attendis qu'il range son cellulaire avant de lui faire connaître ma présence.
« Tout est réglé Castle » déclarai-je en fermant la porte de la chambre avec un tout petit peu plus d'énergie que nécessaire.
« Vous avez signé les papiers ? » s'enquit-il en tournant la tête vers moi, un petit air coupable sur le visage.
« Evidemment ! » soupirai-je en roulant des yeux.
Me pinçant les lèvres, je me demandai depuis quand Castle avait une si piètre opinion de moi. A moins qu'il ne m'ait toujours vu comme ça, mais que ses sentiments pour moi l'aient aveuglé, et que maintenant que ça lui était passé, il me voyait à nouveau comme une personne froide et sans cœur ? Non, il me connaissait mieux que personne, il ne pouvait pas croire cela de moi, pas lui.
« C'est juste que vous n'aviez pas l'air particulièrement emballée par cette idée » grommela-t-il dans un haussement d'épaules.
« Désolée, mais ce n'est pas exactement la façon dont j'imaginais partager un enfant avec vous ! » répliquai-je avant d'avoir pu empêcher les mots de franchir la barrière de mes lèvres.
Précipitamment, je me retournai vers la fenêtre, me mordant si violemment la lèvre qu'un goût métallique envahit ma bouche. Qu'est-ce qui m'avait pris de dire un truc pareil ? Autant lui sauter dessus et le violer sur place, ce ne serait pas plus révélateur. Son silence se prolongeant, je me décalai subtilement pour pouvoir observer son reflet dans la vitre. Il me fixait, les yeux exorbités et la bouche grande ouverte. Mon cœur s'accéléra en voyant un sourire joyeux et plein d'espoir naître sur ses lèvres. Est-ce que l'idée lui plaisait ? Un bébé Castle avec moi ? Non, je ne devais pas m'emballer. Il n'était plus célibataire. Il était juste flatté dans son ego de mâle que je l'ai envisagé comme père de mes enfants. Quel homme ne le serait pas ? Il n'y avait rien d'autre derrière son attitude.
« Vous rêvez de partager un enfant avec moi lieutenant ? » m'interrogea-t-il avec ce sourire de jeune premier qui avait fait craquer tant de femme avant moi, ce qui me donna la force de l'envoyer sur les roses.
« Dans vos rêves Castle ! » le rabrouai-je, mais je ne parvenais pas tout à fait à lui cacher ma tristesse à l'idée de ne jamais devenir la mère de ses enfants.
Dieu, je ne comprenais pas ce qu'il m'arrivait, mais je détestais perdre à ce point le contrôle. Je devais me reprendre avant que le radar de Castle ne se mette en marche et qu'il ne cherche à comprendre ce qui ne tournait pas rond chez moi. Je devais reconstruire ma forteresse, et je n'y parviendrais pas avec l'objet de mes tourments en permanence sous les yeux. Et l'interrogatoire qu'il venait d'entreprendre de me faire subir, me confortait dans l'optique qu'il devait partir, et vite. Je bénis le ciel lorsque mon cellulaire sonna, et je m'en emparai aussi rapidement que possible sans paraître suspecte. Malgré moi, j'affichai un immense sourire en découvrant l'identité de mon correspondant. Pile ce dont j'avais besoin. A croire qu'il savait exactement quand me contacter pour me remonter le moral. Sans cesser de sourire, je lui répondis avant de relever la tête à la question de Castle. Il feignait l'indifférence, mais la lueur de son regard me prouvait que ce n'était qu'une façade.
J'aurais pu lui répondre par l'affirmative, mais je décidai de le ménager pour une fois. Et au sourire qu'il tenta de me dissimuler, je savais que j'avais fait le bon choix. Amusée, je continuai de taper ma réponse avant de l'envoyer et de ranger mon cellulaire. J'avais l'impression d'avoir passée ma journée à accomplir ce geste. Il était tard, et la relève ne devrait plus tarder. J'insistai donc pour renvoyer Castle chez lui, sachant qu'il ne pourrait plus m'aider pour ce soir. Et puis un peu de répit ne me ferait pas de mal. J'y verrais peut-être plus clair demain matin. Je laissai entendre qu'il avait mieux à faire que de rester là à se tourner les pouces, et mon cœur se serra lorsqu'il ne nia pas. En fait, ce fut même l'argument qui le décida à partir. Avait-il rendez-vous avec cette femme mystère ? Je me mordis la langue pour ne pas lui poser ouvertement la question et me réfugiai à la place derrière mes railleries habituelles, terrain sur lequel il me suivit sans difficulté tant il était confortable pour nous deux.
Un soupir de soulagement teinté de déception m'échappa lorsqu'il quitta la chambre, et je me retins de le rappeler. J'étais une grande fille, je pouvais bien me débrouiller sans lui. Je le faisais bien avant de le rencontrer, je réussirais bien à le faire de nouveau. Je n'étais pas devenue à ce point dépendante de lui. Je grimaçai à cette pensée, le vide de son absence se faisant déjà cruellement ressentir. Et il n'était parti que depuis quelques minutes. Secouant farouchement la tête, refusant de me transformer en une de ces femmes incapables de vivre par elles-mêmes, je tournai mon attention sur Eva qui continuait de s'agiter dans son sommeil. Je trouvais ma vie compliquée, mais comparer à ce qu'avait du être celle de cette jeune fille, c'était une vraie balade de santé. Et Eva n'avait pas la moitié de mon âge ! M'asseyant sur la chaise laissée vacante par le départ de Castle, j'observai attentivement cette jeune fille, tentant de percer le secret qu'elle dissimulait, mais tout ce dont j'étais capable, c'était d'émettre des théories castleiennes toutes plus farfelues les unes que les autres.
Castle avait pris une place qu'aucun homme n'avait jamais occupée dans ma vie, et je craignais le jour où il laisserait à nouveau cette place vacante, car je savais bien qu'après lui, aucun homme ne viendrait le remplacer. Aucun homme n'avait trouvé grâce à mes yeux avant lui, et ce serait encore moins le cas après lui. Un sourire soulagé étira mes lèvres au moment où la porte s'ouvrit, livrant passage à Karpowsky et Gray. Je les briefai brièvement et leur cédai la place, m'empressant de regagner ma voiture. Alors que je m'apprêtais à mettre le contact, je reçus un nouveau message.
« Je viens de te voir passer comme une fusée….
Je ne sais pas où tu courrais, mais sois prudente…
Serait-ce trop demander que de pouvoir t'offrir un café de temps en temps ?
Si tu trouves ça trop déplacé, je me contenterais de prendre de tes nouvelles par ce biais…
Bonne fin de journée… »
Josh avait raison. Je trouvais ça un peu déplacé que si tôt après notre rupture, il veuille que nous sortions ensemble comme si de rien n'était. Accepter de garder le contact avec lui et le voir de façon régulière était deux choses différentes. Je ne voulais pas lui donner de faux espoirs, et c'était exactement ce qui arriverait si jamais je commettais l'erreur d'accepter sa proposition. Peut-être dans quelque temps, lorsqu'il se serait fait à l'idée qu'entre nous tout était fini. D'autant qu'il risquait de percevoir mon trouble et tenter de me faire changer d'avis. Et temps que j'ignorais moi-même ce que je voulais vraiment, je préférais ne pas me soumettre à la tentation. Si je retournais vers Josh, je voulais que ce soit pour les bonnes raisons cette fois, et non pas parce qu'une fois encore, j'avais voulu fuir la vérité et mes sentiments pour Castle. Quoi que je décide, je devais être sûre que c'était la meilleure décision, et je ne pourrais l'être qu'en ayant eu une discussion avec Rick. Peu importait l'issue de celle-ci.
Elle devait avoir lieu, et le plus tôt serait le mieux. Je n'avais que trop tardée à mettre les choses à plat, faisant ainsi souffrir deux hommes merveilleux. Ma propre souffrance n'entrait pas en ligne de compte, n'étant que le résultat de mes propres peurs. J'étais responsable de ce gâchis, et je devais prendre mes responsabilités et tenter de remettre un peu d'ordre dans tout ce bazar, quelque en soit les conséquences. Je devais ouvrir mon cœur à Rick comme lui l'avait fait, et s'il était trop tard, au moins pourrais-je aller de l'avant sans avoir à me demander ce qui aurait pu être si j'avais eu le courage de mes sentiments. Mais je n'avais jamais abandonné un combat avant même de me battre, et je n'allais pas commencer maintenant. Qui que soit cette femme, elle ne connaissait pas Rick comme je le connaissais, et je comptais bien user de ce savoir pour l'évincer et reprendre la première place dans le cœur de mon écrivain.
Sans vraiment m'en rendre compte, je fus de retour au 12th, et à peine les portes de l'ascenseur franchies, j'ordonnai aux gars de me briefer. Satisfaite de leur travail, je les autorisai à rentrer chez eux, puisqu'attendre ici les résultats du laboratoire ne servirait à rien. En soupirant, j'allai me préparer un café avant de m'installer devant mon ordinateur et j'attendis patiemment que celui-ci s'allume. Lançant mon traitement de texte, je commençai à taper mon rapport, regrettant que Castle ne soit pas là pour combler quelques blancs. Je devrais l'interroger demain pour compléter les trous. Une fois cette tâche fastidieuse effectuée, je me tournai vers mon tableau blanc et y inscrivis tout ce que l'on savait déjà sur l'affaire. Autrement dit pas grand-chose. La soirée promettait d'être longue, peu productive et ennuyeuse….
