Désolée d'un tel retard, j'ai eu des problèmes avec internet.

Le chapitre précédent n'a pas rencontré un franc succès, j'ai donc peur pour celui-ci, mais je vous laisse seuls juges ! =)

(J'ai vu par ailleurs que j'ai quelques ajouts en fav/follow, ce qui remonte un peu mon estime pour cette histoire.)

Merci à Altair-Ezio-Two Assassins et ShadowSSJ pour leurs gentilles reviews ainsi qu'à SerebeiVIIpour son MP. :)

Ecchymose: Que j'aime l'idée de Dumby conseillant McGonagall via son portrait, c'est génial ! ^^ Oh, et j'adore tes impressions au fur et à mesure. :) Pour ce qui est de Malvina, j'ai joué sur l'idée que l'amertume de n'être pas aimée en retour l'a emplie de haine au fil des années. Je ne sais pas si c'était très clair, j'essaierai de mieux le mettre en valeur plus tard. :) Et je suis assez de ton avis quant au trouble de Rogue. J'aime l'idée que quelqu'un puisse briser sa carapace (sans vraiment en avoir conscience dans le cas d'Alice). Bref, je blablate, mais je suis super ravie de te lire, merci beaucoup d'avoir pris le temps de reviewer :))


Chapitre 6 : Le complot :

Après la soirée d'Halloween, on plaisanta souvent sur le compte de Rogue, se moquant de la seule danse qu'il avait accordée à Alice. La moitié de l'école se persuada qu'il était sous le charme, et le maitre des potions fut tellement indigné par une telle rumeur qu'il redoubla de rudesse envers ses élèves. Il se fit également très distant avec Alice. A chaque fois qu'elle entrait dans une pièce où il se trouvait, il partait et dès qu'elle lui adressait la parole, il fuyait en masquant sa retraite sous des méchancetés insipides.

En une semaine, il avait réussi à convaincre la jeune femme de ne plus l'approcher. Elle n'en montra rien mais elle ne put s'empêcher d'en parler avec Hermione.

-Je sais que je ne devrais pas y accorder de l'importance, c'est Rogue, il est méchant, aigri et infréquentable… Mais quand il lâche un peu son rôle du méchant, il est plutôt amusant… Alors ça me touche malgré tout qu'il agisse aussi bêtement, déplora-t-elle.

-Est-ce qu'il… te plaît ? hésita Hermione.

-Me plaire ? releva Alice. Je ne me suis jamais posée la question… Je ne crois pas. Je veux dire, je le déteste pas malgré tout ce qu'il fait pour, et j'aime bien parler avec lui les jours où il n'est pas trop mal luné... Mais de là à affirmer qu'il me plaît, il y a un fossé.

Hermione parut songeuse et croisa les bras en s'enfonçant dans sa chaise. Alice s'en inquiéta, se redressant, aux aguets.

-Quoi ?

-Tu le trouves comment -physiquement ? lui demanda la brune.

-Pas terrible, répondit Alice, comme si ça n'avait aucune importance. Attention, il n'est pas repoussant hein ? Mais bon, à part Ma… à part des filles éprises des bad boys, se reprit-elle à temps, je ne vois pas qui pourrait le trouver super séduisant.

-Ton ex, Marcus, ce n'était pas un bad boy ? sourit Hermione.

-Rien à voir, Marcus est beau comme un dieu. Rogue est regardable, mais il est invivable dans le genre bad boy. Regarde son comportement. Il adore humilier les gens !

-Peut-être que c'est pour se protéger qu'il rejette les gens, peut-être qu'il a peur de s'attacher.

-Alors s'il fait mine de détester quelqu'un, ça pourrait vouloir dire qu'il l'apprécie, songea Alice à voix haute.

-Je ne sais pas, répondit Hermione en haussant les épaules. Je ne le connais pas vraiment, mais peut-être que dans ton cas c'est sa réaction.

Alice acquiesça, songeuse, puis changea de sujet. Elles reprirent une conversation bien plus enjouée et oublièrent Rogue.


La deuxième semaine de Novembre touchait à sa fin lorsque Alice remarqua qu'elle n'avait plus parlé ni à Rogue ni à Malvina depuis une éternité. Rogue l'évitait toujours efficacement et même s'il avait calmé sa médisance, il n'était pas devenu tendre pour autant. Quant à Malvina, elle n'avait pas vraiment digéré que sa cousine ait dansé avec l'homme qu'elle aimait désespérément.

Elle dut également éviter Norbert Duncan après qu'il se fut déclaré plus ou moins explicitement, insultant Rogue par jalousie, et demandant à Alice de ne plus le revoir.

Alice trouva heureusement un refuge auprès de Vladimir Kent qui semblait l'apprécier de plus en plus. Ils avaient désormais de nombreuses discussions sur leurs carrières d'Auror. Elsa ne semblait pas le voir d'un bon œil, elle ne cessait de rabaisser Alice -ou du moins, elle le faisait encore plus que d'habitude. Alice ne s'en formalisait pas trop cependant, Elsa Pavois n'avait jamais été sympathique envers elle.

Les rondes du soir étaient les seuls moments où Alice avait la paix. Elle examinait consciencieusement son périmètre, faisait un rapide rapport par patronus à McGonagall, puis elle pouvait aller se coucher avec la fierté de bien faire son métier malgré le facteur humain.


Un soir, lors de sa ronde habituelle et après un énième sermon de la part d'Elsa, Alice se surprit à réfléchir au comportement de son aînée pour la première fois avec attention. Elle n'avait jamais vraiment remarqué mais elle ne se souvenait pas de l'avoir vue réagir le soir où Marcus s'était introduit dans le château. Quand peu après Vladimir s'était mis à lui reprocher son comportement, Alice avait senti une grande colère envers elle de la part de l'Auror. Elsa avait changé de poste de patrouille et Alice avait d'abord cru que c'était pour mieux la surveiller… Cependant, maintenant qu'elle y pensait, elle ne se souvenait pas avoir vu Elsa patrouiller depuis qu'ils avaient le droit de retirer des points aux élèves la nuit. Pourtant, leurs secteurs se croisaient. De plus, l'attention nouvelle et la complicité de Vladimir envers elle avaient semblé mettre Elsa hors d'elle. Elle l'avait encore entendue l'insulter quelques heures avant le dîner…

Alice se demanda alors si Elsa jouait franc jeu. Et si ce n'était pas le cas, elle se sentait hautement stupide et honteuse de ne pas avoir fait son travail consciencieusement. Elle avait une sorte d'intuition soudaine qu'elle n'expliquait pas et elle aurait dû avoir ce sentiment plus tôt. Elle pesta mentalement contre les distractions qu'elle s'était créées et qui l'avait maintenue éloignée des rudiments de son métier.

Elle fut interrompue dans ses pensées par un gémissement. Elle se figea afin d'écouter plus attentivement. Une fois certaine de ce qu'elle avait entendu, elle se guida au son du râle de douleur. Elle accéléra le pas et découvrit la silhouette inanimée de Vladimir. Elle se précipita sur lui et retira sa cape pour la lui mettre sous la tête. Il ouvrit les yeux et s'agrippa à sa main jusqu'à lui en faire mal.

-Aide-moi, souffla-t-il.

Il tomba évanoui la minute d'après et Alice constata que son corps était couvert de contusions et qu'il avait une plaie béante un peu en-dessous des côtes. Elle déchira la chemise de l'homme pour examiner la plaie puis s'apprêta à lancer un patronus pour appeler de l'aide lorsqu'elle constata que sa baguette n'était plus à côté d'elle, là où elle l'avait posée.

Elle fit volte-face, sentant soudain une présence malveillante dans son dos.

-Salut chérie, ricana Marcus en jouant avec sa baguette dans une main, pointant la sienne vers elle de l'autre.

-Marcus, il a besoin de soins, le supplia-t-elle.

-Il me faut le trésor Lily, et puis faut que tu reviennes. Après on le sauvera peut-être.

-Mais il n'y a pas de trésor ! pesta Alice. Il va mourir si on ne fait rien !

-Et tu crois que j'en ai quelque chose à faire ? rétorqua Marcus en riant.

-Marcus je t'en prie, sois intelligent une fois dans ta vie…

Il laissa échapper une petite étincelle qui la griffa à la joue. Elle retint un gémissement de douleur par fierté et le toisa du regard.

-Tu dois me suivre Alice, il mourra sinon.

-Laisse-moi appeler des secours pour lui avant, ordonna-t-elle.

-Hors de question, tu le feras une fois qu'on sera loin d'ici.

-Dans ce cas je ne viendrai pas !

-Tu crois vraiment avoir le choix ? se moqua-t-il.

-Et tu vas me forcer comment ? Je peux crier à tout moment.

-Et bien vas-y, crie, Lily... Endoloris, incanta-t-il en pointant sa baguette sur elle.

Alice s'effondra sur elle-même et se tortilla sur le sol en gémissant de douleur. Il releva sa baguette, fier de lui et la regarda se redresser avec le peu de force que la douleur lui avait laissé.

-Je suis une Auror Marcus, je peux endurer ces sortilèges, murmura-t-elle faiblement mais avec détermination.

-Ah bon tu crois ça ? Eh ben on verra ce que tu diras après une petite cure… Endoloris !

Alice hurla cette fois-ci et les larmes lui vinrent aux yeux.

-Fallait y penser avant ma Lily, tu me laisses pas le choix... Endoloris !

La torture dura ce qui lui sembla être une éternité, puis ce fut le rideau noir.


Alice se réveilla bien plus tard, au son d'une voix féminine visiblement en colère. Elle était dans le noir complet, tout son corps lui faisait mal et elle avait froid. Tout ce qu'elle entendait c'était cette voix qui pestait.

-T'étais sensé la tuer imbécile ! Pas alarmer les profs du château ! Ils sont tous à sa recherche maintenant et si tu la tues ils soupçonneront quelque chose !

-Je peux l'emmener avec moi, suggéra la voix de Marcus.

-C'est ça, pour que tu disparaisses dans la nature ! Je n'ai pas poireauté dans cette école de malheur pour rien, je dois avoir ce trésor et j'ai besoin d'aide pour ça !

-Mais je ne peux pas la tuer, c'est ma copine…

-Elle t'a jeté crétin, faut que tu te le rentres dans la tête.

Alice, malgré la douleur et son malaise, reconnut la voix. Son intuition l'avait menée sur la bonne voie: il s'agissait d'Elsa. Cependant l'intuition était venue vraiment trop tard. C'était elle qui avait introduit Marcus dans le château, et c'était sans doute elle qui avait agressé Vladimir.

-Je dois aller faire semblant de chercher ton idiote de bien-aimée, débarrasse-moi d'elle pendant ce temps, conclut la voix d'Elsa.

Alice entendit une porte se refermer et peu après, une lumière vive l'agressa. Elle fut tirée hors du placard où elle se trouvait et Marcus la prit dans ses bras afin de sortir dans les couloirs.

Alice mit plusieurs couloirs avant de trouver la force de bouger, et lorsqu'elle le put, elle donna un énorme coup de genoux dans la tête de Marcus qui la laissa tomber. Elle gémit de douleur en s'écrasant sur le sol puis se releva et partit en boitant vers une quelconque échappatoire. Marcus pesta et la blessa d'un jet de magie. Elle hurla lorsqu'elle sentit l'entaille lui brûler la peau là où elle avait déjà été blessée, et elle s'écroula, des larmes de douleur lui brouillant la vue.

Marcus s'approcha, elle l'entendit. Elle eut le temps de se traîner contre un mur et de se redresser pour lui faire face. Il souriait, visiblement amusé par sa faible défense. Il amorça un geste pour l'attraper mais elle repoussa sa main. Elle parvint même à lui envoyer un coup de pied dans la hanche qui lui arracha un râle de douleur. Mais il se redressa et rit, puis il lui donna un coup au ventre qu'elle ne put bloquer. Elle gémit, se pliant en deux, et il profita de cet instant pour l'attraper et la poser sur son épaule avant de l'embarquer.

-T'inquiète pas ma Lily, le temps du passage secret et on sera dehors, je te soignerai après, et puis t'oublieras cette histoire, je serai ton héros.

-Sale pourriture, parvint-elle à articuler malgré la douleur.

Marcus rit encore, ignorant le peu de morale qu'il y avait dans ses projets -il n'avait jamais été sain d'esprit. Il prononça le mot de passe pour le passage secret et s'apprêta à s'y engouffrer lorsqu'Alice, dans un effort désespéré parvint à lui donner un coup de poing sur la tempe. Il la laissa tomber et elle hurla de douleur une fois encore. Elle avait beau être entraînée, elle souffrait le martyr. Elle s'apprêta à une vengeance de Marcus alors elle rampa dans l'espoir de gagner quelques secondes pour se relever… Mais aucun coup ne vint.

Elle se tourna et vit que Rogue se tenait face à Marcus accompagné du professeur Flitwick. Ils luttaient à coup de baguettes magiques. Alice vit que la sienne était par terre et rampa vers elle. Cependant, lorsqu'elle voulut utiliser ses dernières forces pour aider les deux professeurs, elle constata qu'ils avaient expédié Marcus contre un mur et que l'ex-mangemort avait été assommé par le choc. Flitwick fit apparaître de solides liens autour de son corps alors que Rogue s'approchait d'Alice.

-Vous allez bien ? s'inquiéta-t-il en voyant sa pâleur et ses vêtements déchirés, pleins de sang.

-C'est Elsa, parvint-elle à articuler. C'est Elsa…

Elle se sentit faiblir mais Rogue la rattrapa avant qu'elle ne retombe. Il demanda à Flitwick d'envoyer un patronus, puis pointa sa baguette sur Alice, faisant apparaître un brancard où il l'aida à s'allonger.

-Je vous emmène à l'infirmerie, l'informa-t-il.

-Non, protesta-t-elle faiblement. Les élèves viendront me voir si je suis là-bas et tout le monde saura que la pauvre Auror que je suis a été matée par sa stupidité.

Il sembla hésiter un moment puis soupira.

-Mes quartiers ne sont pas loin, j'ai quelques potions qui pourront soulager votre douleur et vous aider à dormir, conclut-il en animant le brancard d'un coup de baguette. Flitwick, vous pouvez vous charger de notre homme ? s'enquit-il à l'intention du professeur d'Enchantement.

-Bien sûr, aidez plutôt notre jeune amie, le rassura l'homme.

Rogue emmena donc Alice dans ses appartements, et à contrecœur la fit déposer sur le canapé de son petit salon. Il s'affaira ensuite à chercher les potions nécessaires afin de soulager la douleur d'Alice qui laissait échapper de faibles gémissements malgré tout le contrôle qu'elle essayait d'avoir.

Il lui faisait boire une troisième potion lorsque le patronus de McGonagall entra pour annoncer que Vladimir avait été stabilisé et serait transféré à Sainte-Mangouste le lendemain et qu'Elsa avait été arrêtée et était détenue sous la surveillance de Norbert Duncan et du professeur Flitwick en attendant les agents du ministère. Le patronus ajouta que Marcus Aspine était détenu avec elle puis s'évapora.

-Au moins, je ne serai pas morte pour rien, ironisa Alice qui sentait la douleur s'évanouir à chaque potion.

-Vous n'êtes pas morte, lui fit observer Rogue.

-Ah bon ? s'étonna-t-elle faussement. Non parce que vous devenant serviable envers moi, ça n'a rien de la vie que j'ai connue…

-Votre sens de l'ironie est intacte Alice, nota-t-il.

Elle écarquilla les yeux puis sourit.

-Vous m'avez appelée Alice, triompha-t-elle.

-C'était un moment d'égarement, marmotta-t-il. Prenez aussi cette potion, elle vous fera dormir, conclut-il en se redressant, lui tendant un dernier flacon.

Elle se mit en position assise, constatant que même si elle avait toujours un peu mal, c'était largement supportable. Puis elle jeta un coup d'œil alternativement à la potion puis à sa tenue.

-Vous pourriez me prêter une chemise pour dormir ? Mes vêtements empestent la souffrance.

Il parut proche de s'énerver fortement contre elle, mais il dut se retenir car il tourna les talons. Quand il revint, il lui tendit une chemise masculine, noire. Elle le remercia puis lui ordonna de se tourner afin de se changer. Il obéit en retenant difficilement quelques méchantes remarques sur son incorrection.

Il s'adoucit cependant lorsque quelques instants plus tard, il sentit une main délicate frôler son épaule. Il se tourna et la détailla rapidement. La chemise était trop longue pour elle, alors elle couvrait heureusement ce qu'il fallait couvrir. Cependant il nota mentalement qu'elle dégageait une sensualité qui lui faisait presque tourner la tête.

-Merci pour tout, dit-elle. Je sais que ça n'est pas facile pour vous de faire tout ça… alors merci.

Il ne répondit pas, il n'aimait pas avoir à se justifier alors s'il ouvrait la bouche, il serait forcément méchant. Et pour une fois dans sa vie, devant cette créature sublime, il préféra ne pas avoir le rôle du méchant. Il leva une main hésitante vers son visage puis attrapa une mèche de ses cheveux.

-Quand nous sommes arrivés, ils étaient noirs, constata-t-il en rompant le contact.

-Peut-être qu'inconsciemment, je savais que vous seriez mon sauveur, sourit-elle.

-Bonne nuit, trancha-t-il.

Il tourna les talons et disparut dans sa chambre. Alice soupira et se laissa tomber à nouveau sur le canapé. Elle ramena la couverture qu'il lui avait prêtée sur elle puis avala le flacon de potion.

Elle plongea dans une nuit sans rêve, ignorant qu'elle envahissait ceux de son colocataire momentané.