Disclaimers : Les personnages ne m'appartiennent pas même si ça me ferait bien plaisir… Le concept des titres de chapitres n'est pas de moi non plus, mais vient de l'anime « Loveless » où chaque épisode porte un nom suivi de « less » qui signifie « sans ». Pardon de l'écrire en anglais, mais il y a des trucs qui ne se traduisent pas toujours très bien…

Titre : Cruel destin

Auteur : Ephemeris

Résumé : La guerre est enfin terminée, Oz anéanti, et les habitants de la terre et des colonies sont libérés. Tout devrait aller pour le mieux, mais plusieurs années plus tard, tout recommence.

Couples : 1x2x1, je sais que c'est pas original, mais j'arrive pas à en sortir…

Genre : Angst, très angst…

Rating : T voire peut-être M pour certaines scènes de violence…

Warnings : Yaoi, violence, torture… Vous l'aurez deviné, sujet pas trop joyeux, mais ça ne devrait pas être une deathfic à moins qu'un cricri de dernière minute vienne me grignoter le cerveau pour me tenter… Mais je vous promets de faire un effort, j'en ai un peu marre de les faire mourir… Rassurés ? Vous ne devriez peut-être pas…


Cruel destin

Chapitre VII : Nameless

Ce chapitre contient une scène un peu violente…


Heero se sentit défaillir, mais se rattrapa à temps à la porte pour le pas s'écrouler par terre. Un tel regard n'appartenait qu'à Duo. Personne ne pouvait avoir le même, ça il en était certain. Mais pourtant c'était bien le cas et cet enfant le regardait avec cette même lueur dans les yeux qu'avait Duo pendant la guerre.

Le garçon, semblant intrigué de voir quelqu'un qu'il ne connaissait pas, pencha la tête sur le côté, ce qui produisit un serrement de cœur à Heero. Ce si simple mouvement de tête lui fit tant penser à Duo qu'il ne fut plus capable pendant un instant de respirer et dut ouvrit la bouche pour reprendre son souffle.

Sans doute que l'expression qu'il devait avoir à cet instant était ridicule, mais elle devait être également drôle puisque le garçon sourit en le regardant faire. Ce sourire, c'était celui de Duo et Heero ne put chasser la supposition qui prenait de plus en plus d'ampleur dans son esprit. Ce garçon était sans doute le fils de Duo.

« Qu'est-ce que tu fais là, Heero ? »

Ce dernier, surpris d'entendre la voix de Duo, détourna le regard de ces yeux violets pour les plonger dans d'autres curieusement de la même couleur. Ce fut pourquoi il eut tant de mal à faire sortir les mots de sa gorge.

« Duo… tu as un fils ? »

Le regard de Duo se fit plus dur alors qu'il le tourna vers l'enfant qui n'avait pas bougé de la chaise. Ce dernier ne sembla pas surpris qu'un tel regard soit posé sur lui et se contenta de fixer Duo qui lui saisit le menton pour tourner le visage de l'enfant vers Heero.

« Mais non, ce n'est pas mon fils. Tu ne vois pas cette ressemblance avec Hilde ? »

Heero ne sut quoi répondre à une telle réponse. Duo avait-il perdu l'esprit ou bien était-ce lui qui n'y voyait plus clair ? Il regarda attentivement le visage de l'enfant, mais ne put arriver à une autre conclusion que celle qui lui avait sauté aux yeux dès qu'il avait vu le garçon.

Le contact visuel qu'il avait avec l'enfant, dont il n'avait pu fuir le regard tant il se sentait attiré par lui, fut brisé d'un seul coup alors que Duo avait retourné le visage vers lui pour le regarder à son tour. Le petit sourire qui était apparu sur son visage disparut à cet instant, alors qu'il lâchait le menton qu'il tenait.

« A qui pourrais-je faire croire une chose pareille ? Ce n'est pas crédible du tout. Ce gamin me ressemble tellement qu'il est impossible de ne pas nous associer. On peut dire qu'elle a bien réussi son coup, il ne peut être que de moi. »

Heero fut soulagé de voir qu'il ne perdait pas la tête, mais cette nouvelle lui procurait un sentiment étrange, très peu agréable. En fait, il se sentait trahi, mais il n'avait aucune raison de ressentir une telle chose. C'est alors qu'un nom lui revint à l'esprit.

« Mais sa mère… Hilde… »

Duo glissa ses mains dans les poches de son pantalon et ancra son regard dans celui de Heero. Son visage était neutre et Heero ne put s'empêcher de frissonner, attendant la réponse de Duo qui ne tarda pas.

« Elle n'est plus de ce monde. Quand j'ai su qu'elle m'avait fait un enfant sans ma permission, je l'ai égorgée. »

Heero eut un mouvement de recul tant ce qu'il venait d'entendre lui fit un choc. Il lança un regard à l'enfant qui lui sembla étrangement calme et en aucune façon perturbé par ce qu'il venait d'entendre. Retournant son regard vers Duo, il sentit son menton trembler, mais fit tout ce qu'il put pour retenir ses larmes.

« Je ne comprends pas ce qui t'est arrivé pour que tu changes à ce point. Je ne te reconnais plus. »

Duo s'apprêtait à répondre lorsque l'enfant se leva de sa chaise et s'approcha de Heero. Il le regarda un moment avant de se retourner vers Duo.

« Donc tu l'as connu avant moi, c'est ça ? »

« Qu'est-ce qui te fait déduire ça ? »

« Moi, je ne t'ai jamais vu différent de comme tu es en ce moment, alors s'il dit que tu as changé, c'est qu'il t'a connu avant que tu ne sois comme ça. »

Heero tourna son regard sur Duo, sentant son cœur se serrer à cette déclaration si innocente de cet enfant qui avait prononcé ces mots de façon toute naturelle. Duo, lui, regardait fixement son fils sans que ses émotions n'apparaissent sur son visage. Puis, il tourna la tête vers Heero.

« Ce n'est pas toi qui… Tu te rappelles un jour m'avoir dit que j'étais un génie ? »

« Oui, » répondit Heero, se souvenant de l'avoir appelé ainsi pour ses talents de terroriste.

Duo se retourna de nouveau vers l'enfant et il sembla à Heero voir un semblant de sourire passer rapidement sur son visage.

« Je suis content de voir que je ne suis pas la règle qui dit que les génies font des enfants idiots. Maintenant, il faut que tu dormes, » ajouta-t-il à l'endroit de son fils.

Ce dernier acquiesça et se dirigea vers le lit qui se trouvait dans la pièce. C'est alors que Heero réalisa qu'ils étaient dans la chambre du garçon qui était attenante à celle de Duo. Alors que le garçon se glissait dans ses draps, Heero se sentit agrippé par le bras, Duo le tirant vers la porte.

« Il doit dormir, » dit-il simplement en fermant la porte qui séparait les deux chambres.

« Mais attends, » répondit Heero, étonné d'une telle réaction. « J'aurais voulu savoir comme il s'appelait. »

« Non, on ne l'appelle pas. Personne ne l'appelle et toi pas plus que les autres. »

Heero avait perçu de l'agressivité dans cette phrase, mais il ne sut s'il devait s'en réjouir, Duo exprimant une émotion, ou craindre ce qui allait s'ensuivre, ne sachant plus du tout comment il pouvait réagir. Mais Duo reprit son visage froid assez rapidement.

« Il commence à se faire tard. D'ailleurs, pourquoi tu ne dors pas ? »

Ce fut alors que la raison qui avait poussé Heero à venir voir Duo se perdit dans l'esprit du jeune homme. Mais alors qu'il aurait très bien pu tourner les talons et repartir dans sa chambre pour trouver le sommeil, la pensée de se séparer de Duo ne l'enchantait pas du tout, et cela même si son ancien ami agissait si froidement.

Heero prit alors la décision de ne pas répondre à la question qu'il lui avait posée et gardait son regard fixé sur lui. Duo le toisa quelques secondes avant de lever un sourcil. Déduisant que Heero n'avait pas l'intention de dire quoi que ce soit, il se retourna et commença à se déshabiller, ignorant totalement l'intrus.

Duo ouvrit les boutons de sa chemise et se pencha vers l'avant pour enlever ses bottes noires et ses chaussettes de la même couleur. Il saisit sa tresse et la fit passer par-dessus son épaule gauche pour enlever sa chemise. Heero ne comprit pas ce geste, mais la cause des nombreuses coupures qui parcouraient son dos que la chemise dévoila en tombant lui revint en tête et il en eut un frisson.

Mais Duo ne s'en fit pas pour cela. Il se dirigea vers une armoire et en sortit une pile de draps propres puis, s'approchant du lit, il défit ceux qui y étaient pour les remplacer. Heero l'observait sans rien dire, essayant de ne pas trop regarder les marques qu'avaient laissées le fouet de Johnson, mais il se dit que le nombre de coupure était trop grand pour être dû seulement à cette séance de torture.

Heero s'apprêtait à demander à Duo comment cela se faisait qu'il eut autant de marques sur le dos quand son regard fut attiré par quelque chose qui lui sembla être une tache à la limite de son pantalon, sur le côté gauche de son dos. En regardant de plus près, il put distinguer qu'il s'agissait d'une lettre, un « H ». Le souvenir de Hilde lui revint alors à l'esprit.

« Tu t'est fait tatoué un « H » pour Hilde, c'est ça ? »

Duo s'arrêta dans ses mouvements et fixa le sol en serrant les poings.

« C'est aussi ce qu'elle a cru, » répondit-il froidement.

Heero eut un serrement de cœur à cette phrase. La cruauté de Duo lui faisait mal et il n'avait toujours aucune réponse, seulement des éléments en plus qui ne faisaient que rendre le problème encore plus confus. C'est alors qu'une idée saugrenue lui passa par la tête. Si ce n'était pas pour Hilde, ce « H », était-il possible qu'il veuille signifier « Heero » ? Le garçon secoua la tête fortement.

« Baka ! Ce ne peut pas être ça ! Arrête de te faire des illusions ! »

Sentant un drôle de sentiment monter en lui, Heero tourna les talons et sortit de la chambre brusquement, sans un regard de plus à Duo qui le laissa partir. Une fois de retour dans sa propre chambre, Heero ne put retenir quelques larmes de couler le long de ses joues, sans vraiment savoir à quoi elles étaient dues.

Une fois que Heero fut sorti, Duo entoura son propre corps de ses bras, posant sa main droite sur son tatouage. Puis, relevant la tête, il regarda fixement le mur à côté de lui et le frappa violemment de son poing gauche. Ce geste eut pour effet de tirer dans les muscles de son bras et la plaie qu'il n'avait soignée que sommairement se remit à saigner.

Duo resta dans cette position pendant un long moment, écoutant les gouttes de sang tomber une à une sur le sol, sa main droite crispée sur son tatouage. De l'autre côté du mur, l'enfant ne dormait pas et écoutait le silence qui régnait dans la chambre de son père depuis le coup dans le mur.


« J'espère que ce que tu as à me dire est vraiment important Hilde. Je suis de très mauvaise humeur. »

« Qu'est-ce qui t'est arrivé Duo ? Tu es blessé ? »

Effectivement, le jeune homme avait le bras entaillé et les poings en sang. De plus, la pluie qui tombait dehors l'avait complètement trempé. Sentant la main de la jeune fille se poser sur son bras, il la repoussa violemment et s'éloigna d'elle.

« Alors, qu'est-ce que tu veux ? »

Hilde eut un serrement de cœur. Depuis quelques mois, Duo se montrait distant avec elle et froid, ne la touchant plus, ne lui apportant plus aucune attention. Mais elle ne pouvait rester dans cette situation, cela lui était devenu insupportable. Elle devait lui dire, peut-être que s'il savait, il redeviendrait le Duo dont elle était tombée amoureuse.

« J'ai quelque chose à te montrer. »

Elle lui fit un signe de tête, l'intimant à la suivre, ce qu'il fit en lançant des éclairs de colère à la jeune fille. Il n'était pas d'humeur à jouer et il n'appréciait plus du tout la compagnie de Hilde.

Cette dernière prit la direction de sa chambre et y fit entrer Duo. Il avait un mauvais pressentiment, mais ne bougea pas, faisant un effort pour voir ce que Hilde voulait lui montrer malgré les envies de meurtres qui montaient en lui.

Mais en observant la chambre, il se rendit compte qu'elle n'était plus comme il l'avait vue lors de sa dernière visite à la jeune fille. En y réfléchissant bien, cela devait faire plusieurs mois qu'il n'était pas venu ici, trop occupé par ses propres affaires pour s'occuper de sa maîtresse en qui il avait perdu tout intérêt.

Il fixa Hilde qui s'était dirigée vers ce qui sembla à Duo être un berceau et ouvrit des yeux étonnés. Elle le regarda, les larmes au bord des yeux, et lui dit :

« Tu ne veux pas venir voir ton fils ? »

Duo ne bougea pas tant la surprise le saisit. Son fils ? Quel fils ?

« Qu'est-ce que tu dis ? » demanda-t-il, voulant s'assurer qu'il avait mal compris ce qu'elle venait de dire.

« Je te demande si tu as envie de voir ton fils, ton fils qui est né le mois dernier et qui a besoin de l'amour de son père. »

C'est alors que du berceau s'éleva des petits couinements que Duo put facilement identifier comme provenant d'un nouveau-né, même s'il ne le voyait pas. Cette nouvelle était plus qu'inattendue et ne lui fit pas plaisir du tout. Voyant cela, Hilde ne put retenir ses larmes de couler. Elle avait redouté cette réaction, avait tenté de la chasser de ses pensées, mais le fait était bien là, Duo ne voulait pas de cet enfant et n'était pas heureux de son existence.

Le jeune homme, lui, bouillonnait de rage, repensant à ce qu'il venait de découvrir quelques heures plus tôt et y ajoutant cet enfant qui n'était peut-être même pas de lui. Après tout, que connaissait-il de la vie de Hilde quand il n'était pas là ? Il releva des yeux furieux sur elle qui ne put s'empêcher de frissonner.

« Duo… » murmura-t-elle.

« Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Tu veux me faire croire que cet enfant que tu as mis au monde est le mien ? Qu'est-ce qui me dit que tu n'essaies pas de me faire reconnaître l'enfant d'un autre ? »

« Il n'y a jamais eu que toi Duo. Tu es le seul que j'aime et je t'aimerais toujours, » dit-elle avant d'éclater en sanglots.

« Cet enfant est donc vraiment de moi ? » demanda-t-il, une lueur inquiétante dans le regard.

Hilde acquiesça, les yeux noyés dans les larmes, mais elle fut en mesure de voir Duo s'approcher d'elle. L'espoir lui revint, mais il repartit aussitôt lorsqu'elle se sentit attrapée à la gorge par la main puissante de Duo. Les larmes qui lui brouillaient la vue se retirèrent, éclaircissant le visage de Duo, et elle eut un mouvement de recul face à ce visage froid.

« Tu as osé me faire un enfant sans me demander la permission. »

Hilde n'eut pas le temps de crier. Elle vit la lumière du plafonnier se refléter brièvement dans la lame d'un couteau qui disparut à ses yeux, mais dont elle ressentit le froid pendant une fraction de seconde sur sa gorge, juste en dessous de la main de Duo.

Alors que le sang s'écoulait sur l'avant-bras du jeune homme, arrêté dans sa course par la chemise blanche de Duo dont les manches étaient retroussées jusqu'aux coudes, il lâcha la jeune fille qui tomba sur le sol dans un bruit sourd. Il fixa son regard sur son visage, la bouche entrouverte et les yeux agrandis de peur.

Puis, il entendit un couinement provenant du berceau et, resserrant sa poigne sur le manche de son couteau, il s'approcha du berceau pour infliger le même sort que la mère à l'enfant.

Se penchant au-dessus du berceau, Duo regarda le bébé se tortiller, enroulé dans une couverture. Il leva sa main armée au-dessus de l'enfant et s'apprêtait à descendre la lame lorsque deux yeux violets se tournèrent vers lui et le fixèrent.

Cette couleur, si semblable à sa sienne, figea Duo dans son mouvement. L'enfant le regardait, intrigué, mais sourit à Duo qui en eut un sursaut. Puis, le bébé se remit à faire des petits bruits sous les yeux stupéfaits de Duo dont le bras retomba à son côté.

Sans lâcher l'enfant des yeux, il rangea son couteau, s'essuya les mains pleines de sang sur ses vêtements et prit l'enfant enroulé dans la couverture dans ses bras. Le bébé lui sourit, essayant d'attraper un doigt de Duo dont la main était près du visage de l'enfant.

Duo lança un dernier regard à Hilde, étendue au sol, et se dirigea vers la porte d'entrée de l'appartement. Cet enfant lui ressemblait trop pour être tué, il le protégerait donc jusqu'à la mort.

Duo se réveilla en sursaut. Cela faisait des années qu'il n'avait pas rêvé de cet événement. Pourquoi ce souvenir lui revenait-il à cet instant ? Lentement, il s'extirpa de ses draps et s'assit au bord de son lit, l'image de Hilde ne voulant pas le laisser en paix.

Avec le recul, il se rendait bien compte que la réaction qu'il avait eu ce jour-là avait été très excessive. Lorsque la jeune fille lui avait appris qu'il avait un enfant, il ne pouvait pas aller plus mal et la rage l'aveuglait complètement. Mais en y repensant, il se dit que cette fureur passagère n'avait été que bénéfique à Hilde.

Duo savait très bien qu'elle n'aurait jamais été heureuse avec lui. Trop de choses lui occupaient l'esprit pour qu'il en eut été autrement. Pour ce qui était de son fils, il lui ressemblait trop pour qu'il ait pu le tuer comme il l'avait fait avec sa mère. Il l'avait donc gardé et l'avait élevé.

Duo se leva et se dirigea doucement vers la porte de communication qui séparait sa chambre de celle de son fils. Avec toute l'adresse d'un terroriste spécialiste de l'infiltration, il ouvrit la porte et regarda son fils qui dormait. Il avait l'air si paisible dans son petit lit, si innocent. Duo referma la porte et repartit se coucher, essayant de récupérer de sa mission pour reprendre le travail le lendemain.


La nuit avait été terrible pour Heero. Le jeune homme n'avait pas réussi à fermer l'œil tant ce qu'il avait appris la veille l'avait bouleversé ; Duo avait un fils dont il avait lui-même tué la mère et ne se gênait pas de le dire devant l'enfant.

Au plus il découvrait des choses sur l'existence actuelle de Duo, plus il en avait mal. Son ami avait tellement changé que s'il n'avait pas gardé cette chevelure et ces yeux si particuliers, il aurait eu du mal à croire qu'il s'agissait bien de son ancien compagnon d'arme.

De plus, Heero ne savait pas comment faire pour retrouver la confiance que Duo lui faisait à l'époque de la guerre. Il avait bien senti qu'il ne faisait plus confiance à personne, mis à part peut-être Zechs.

Un bruit provenant du couloir fit sortir Heero de ses pensées et tout de suite, il pensa que c'était Duo qui sortait de sa chambre. Il courut à la porte et vit que son intuition était juste. En voyant Heero sur le pas de la porte, Duo le fixa pendant quelques secondes avant de continuer son chemin sans lui adresser un mot.

Heero le regarda passer devant lui sans tenter de l'arrêter, sachant que cela ne servirait à rien. Lorsque Duo lui tourna le dos, il fixa sa tresse qui se balançait sur la chemise noire que portait Duo. Mais rapidement, le jeune homme disparut au détour d'un couloir et sortit ainsi du champ de vision de Heero.

Mais alors que ce dernier allait retourner dans sa chambre, il remarqua que le fils de Duo était resté aussi sur le pas de la porte de son père et le regardait partir, comme lui. Leurs regards se croisèrent, ce qui troubla Heero au plus haut point. De voir cette couleur dans une autre paire d'yeux que ceux de Duo ne le mettait pas du tout à l'aise.

Mais au contraire, le garçon ne sembla pas gêné de ce face à face et fit même signe à Heero d'approcher, ce qu'il fit, fermant la porte de sa chambre derrière lui. Le garçon le fit entrer dans la chambre de son père, mais ne s'attarda pas dans cette pièce, allant directement dans sa propre chambre. Heero le suivit.

Lorsque la porte fut refermée, le garçon alla s'asseoir sur son lit et fit signe à Heero de s'approcher. Ce dernier resta d'abord debout à côté du lit, puis s'y assit, tout de même un peu mal à l'aise. Ce regard violet fixé sur lui le perturbait grandement. Jamais il n'aurait pu imaginer se faire regarder par de tels yeux s'ils n'avaient appartenu à Duo et c'était le cas.

De plus, l'enfant avait un petit sourire que Heero n'arrivait pas à interpréter. Il lui semblait que s'il avait été dans la situation de cet enfant, il n'aurait eu aucune envie de sourire, surtout à un étranger.

« Tu t'appelles Heero, c'est ça ? »

Heero répondit par l'affirmative, ayant du mal à faire sortir les mots de sa gorge.

« Est-ce que tu me permets de l'appeler comme ça ? »

Le jeune homme fut surpris d'une telle question.

« Bien sûr puisque c'est mon prénom. Mais toi, quel est ton nom ? Duo n'a pas voulu me le dire. »

« C'est parce que je n'en ai pas, » répondit tout naturellement le garçon.

Heero le regarda, surpris par cette réponse qui lui semblait absurde. Il essaya de trouver le sens caché de ce que venait de dire l'enfant, mais ne voyant pas, il demanda :

« Comment ça tu n'en as pas ? Duo t'en a bien donné un ? Ou ta mère ? »

A peine avait-il dit ces trois derniers mots qu'il regretta ses périodes de silence obstiné qui faisaient enrager Duo pendant la guerre. Mais le garçon ne sembla pas affecté, au grand soulagement de Heero, par ces derniers mots et répondit :

« Je ne sais pas si cette femme m'avait donné un nom et je n'en ai rien à faire. Je sais seulement que Duo ne m'en a pas donné, donc je n'en ai pas. »

Le fait que l'enfant parle de sa mère avec autant de détachement fit un drôle d'effet à Heero. Se pouvait-il que Duo ait donné une mauvaise image de Hilde à son fils pour qu'il en parle avec une telle distance ? De plus, pourquoi appelait-il son père par son prénom ? Ces questions s'ajoutèrent aux autres déjà nombreuses dans l'esprit de Heero, puis l'enfant changea brusquement de sujet de conversation.

« Dis-moi, Heero, tu connais bien Duo ? »

« Disons que je l'ai connu. Mais il a tellement changé. »

« Et tu le préférais comme il était avant ? »

En posant la question, l'enfant semblait perplexe, comme si la réponse lui paraissait évidente, mais qu'il sentait que celle qu'on allait lui faire ne serait pas celle qui lui semblait juste. Heero ne voulut pas désappointer le garçon et lui sourit.

« Tu sais, ça fait dix ans que je ne l'avais pas vu et de le retrouver si différent m'a fait un choc. Je ne m'attendais pas à ça, mais je vais m'y faire. Il me faut seulement effacer l'image que j'ai de lui il y a dix ans. »

Mais Heero savait très bien qu'il ne pourrait pas chasser cette image souriante de Duo, elle l'avait trop marqué pour s'estomper si facilement. Sans perdre son sourire, il se leva, caressa les cheveux du garçon et sortit de la pièce.

Une fois dans le couloir, il ne retourna pas dans sa chambre. Il avait besoin d'avoir une vraie discussion avec Duo, et ce sur plusieurs choses. Mais alors qu'il n'avait pas encore fait un pas dans le couloir dans la direction qu'avait prise Duo, il entendit un bruit derrière lui qui le fit se retourner.

« Si tu le cherches, il est sûrement dans la salle de conférence avec Zechs, » lui dit la petite voix de l'enfant dans l'entrebâillement de la porte.

« Et tu ne voudrais pas me montrer où est cette salle ? » lui demanda Heero.

Le garçon acquiesça, sortit de la chambre, referma la porte et prit Heero par la main, le guidant à travers les couloirs.

« Essaie de retenir le chemin. Comme ça, tu pourras y aller tout seul après. C'est un peu compliqué ici, mais c'est facile quand on connaît. »

Heero ne put s'empêcher de sourire face à cette affirmation si simple. Assez rapidement, l'enfant s'arrêta devant une porte close. Il lâcha la main de Heero et repartit de là où il venait. Le jeune homme fixa la porte et frappa doucement. A travers le bois de la porte, il perçut la voix de Duo l'inviter à entrer. Il ouvrit donc la porte.

La scène qu'il découvrit le laissa sans voix. Devant lui, Duo et Zechs, chacun assis dans un fauteuil, face à face, semblaient boire du thé tout en discutant. Les deux hommes avaient les yeux fixés sur le nouvel arrivant, l'un un peu surpris, l'autre complètement froid.

« Que viens-tu faire ici Heero ? » demanda Duo en reportant son attention sur sa tasse.

« Je veux te parler. »

« Et bien parle, je ne t'en empêche pas. »

Heero jeta un regard sur Zechs.

« Je voudrais te parler en privé. »

Duo fronça les sourcils puis soupira.

« Ecoute, de toute façon, Zechs saura tout ce que tu m'auras dit, alors si tu veux parler, parle devant lui. Ne commence pas à faire des caprices, j'ai horreur de ça. »

Heero fut étonné d'une telle froideur. Décidément, il ne pourrait pas s'y faire. Mais il reprit rapidement contenance.

« Je veux des explications. Je ne comprends rien de ce qui se passe ici. Cette histoire d'assassinat, ton alliance avec Zechs contre le royaume de Sank et… ton fils. J'exige des explications ! »

Heero n'avait pu empêcher ces paroles de franchir ses lèvres. Il n'en pouvait plus, la situation l'étouffait et il avait besoin de savoir. Mais il avait un peu peur de la réaction de Duo. Ce dernier posa sa tasse sur la table basse et se leva, imité par Zechs. D'ailleurs, il jeta un coup d'œil à ce dernier et, reportant son attention sur Heero, il dit :

« Bon, tu veux des explications, je vais te les donner. Mais tu ne vas pas apprécier. »


A suivre…


Note de l'auteur : Que je n'en vois pas un se plaindre au sujet de la fin de ce chapitre ! Vous avez déjà eu la chance d'avoir la suite avant Noël parce que je suis complètement crevée. Je crois que je vais passer les deux prochains jours à dormir…

Bon, alors là, les explications pour de vrai au prochain chapitre. Vous avez eu au moins des éclaircissements au sujet du petit garçon, c'est un bon début. Merci de m'avoir lue en tout cas, j'espère que ce chapitre vous aura plu.


-Ephemeris-