Vos commentaires me touchent beaucoup. merci à Drou, Tralapapa, Mrs Elisabeth Darcy31, Zeugma412, Leonie, Abou51, juliana, patate tueuse et bien sûr ma fidèle Eladora et le très discret Garfieldown. Voici le chapitre 7, bonne lecture et bises.
Chapitre 7 : L'erreur d'Hermione
Anselme, à son habitude, fit honneur au repas alors que Severus et Hermione ne firent que picorer dans leur assiette. L'un encore contrarié par les propos de l'Américaine, l'autre agacée par le trouble qu'elle ressentait en présence de son ancien professeur. Cela n'avait que trop duré. Si elle voulait travailler avec lui, il allait falloir qu'elle mette de côté cette subite et importune attirance. Que lui prenait-il, bon sang ? Etait-elle si en manque que n'importe quel homme bien fait gagnerait ses faveurs ? Comment pouvait-elle réagir ainsi alors qu'elle était mariée et qu'Alex avait besoin d'elle ? Et puis, franchement, lui… !?
Leur repas terminé, ils se dirigèrent tous trois vers le devant de la salle et prirent place sur des chaises du premier rang. Le Maître des Potions chinois ne tarda pas à s'installer devant le pupitre et, après avoir enclenché les traducteurs automatiques, se lança dans une présentation claire et précise de son sujet, l'acérola. Cette petite cerise recélait des bienfaits innombrables. En plus de tous les avantages liés à sa teneur en vitamine C, elle s'avérait être un puissant anti-infectieux et stimulait le système immunitaire. Severus s'intéressait également à ce fruit d'Amérique Latine pour ses vertus anti dépressives. L'associer au gingembre et à la mandragore pourrait attiser l'action de celles-ci. Il suivit attentivement les développements du Maître, prenant des notes dans un de ses petits carnets noirs.
A ses côtés, Hermione le regardait à la dérobée recouvrir les pages blanches de son écriture élégante. Les annotations faites en rouge des devoirs de potions lui revinrent en mémoire et elle sourit. Malgré tout, elle était curieuse de savoir ce qu'il comptait faire des observations qu'il écrivait en écoutant son collègue. Avait-il pour projet de tester l'acérola pour sa potion contre la dépression ? Ajoutée au gingembre, cela pourrait avoir des conséquences explosives sur certains patients… Oserait-elle lui faire part de cette remarque tout à l'heure, quand ils se retrouveraient pour discuter ? Bien sûr qu'elle osera ! N'était-elle pas son égale ? Certes la différence d'âge était en faveur de Severus en ce qui concernait l'expérience mais il avait été jeune aussi et s'était perfectionné avec le temps. Elle espérait qu'il se souviendrait de ses débuts et qu'il lui donnerait une chance, tout au moins, qu'il ne la rabaisserait pas comme il avait coutume de le faire par le passé.
Au bout de deux heures de conférence et d'échanges entre sorciers, la foule se dispersa. Chacun vaqua à des occupations variées. Certains allaient à la collecte d'ingrédients présents dans la forêt, d'autres partaient en visite dans les environs. Quelques-uns se firent conduire à Troyes pour visiter la belle capitale historique de la Champagne. Anselme fut de ceux-là, laissant les deux Anglais discuter de leurs projets.
Hermione et Severus se rendirent chez la jeune femme où le Maître des Potions put jeter un œil sur ses différents essais. Il ne dit rien mais fut surpris par la justesse et la pertinence des recherches et des tentatives d'Hermione. Toutefois, il commençait à entrevoir d'où venaient les échecs répétés de sa jeune homologue.
—Vous m'avez bien dit que vous ne saviez pas d'où provenaient les infections à répétition ?
—Non…
—Ces infections se traduisent-elles par de la fièvre ?
—Oui, de fortes fièvres à près de quarante.
Severus resta songeur quelques instants. Il feuilleta les notes de la jeune femme, réfléchissant intensément. Hermione le regardait fascinée. Les yeux noirs de son ancien professeur parcouraient les indications transcrites jours après jours, se plissaient parfois alors que ses sourcils se levaient alternativement selon ce qu'il lisait. Elle avait l'impression d'entendre son cerveau tourner à plein régime.
Elle sursauta lorsqu'il reprit la parole.
—Avez-vous fait des tests sur ses différents organes pour savoir d'où venait l'infection ?
—Bien évidemment, s'écria-t-elle un peu vexée. Il n'a rien au cœur ni aux poumons ni au foie. Le pancréas est intact et ses reins fonctionnent. Enfin, aux dernières imageries magiques qui datent de deux mois…
—Etes-vous sûre que les reins ne sont pas touchés ? Je constate que dans chaque essai vous avez incorporé du genièvre. Pouvez-vous m'en dire la raison ?
Hermione réfléchit quelques instants pour se remémorer les propriétés de cette baie.
—Le genièvre donne de bons résultats pour soulager les douleurs rhumatismales et a un effet antiseptique. Pour quelqu'un qui est couché toute la journée, il est nécessaire que la peau reste en bonne santé.
Le sombre professeur hochait lentement la tête puis il se mit à marcher de long en large.
—Comment utilisez-vous les baies ?
—Je les broie et les incorpore dans la potion.
—Alors l'infection vient de là. Ses reins sont probablement touchés car le genièvre ne s'utilise qu'en usage externe contre les rhumatismes, Hermione, fit-il en s'arrêtant brusquement.
La jeune fille le regardait comme s'il était devenu fou.
—Mais je vous ai dit que ses reins fonctionnent ! Ca ne peut pas venir de là…
—Avez-vous testé le degré de fonctionnement de ces organes ?
—Nn…Non…
—Alors c'est la première chose que nous ferons après-demain, quand ce colloque sera terminé !
—Nous… ?
—Oui, nous ! Je vous accompagnerai en Provence.
Hermione ne savait plus quoi dire. Bien sûr, travailler sur ses essais avec Severus Snape s'avérerait passionnant mais son instinct lui soufflait que des moments difficiles s'annonçaient. Pourvu que sa libido la laisse tranquille !
Severus la regardait agacé. Elle restait là, bouche bée, à le dévisager, comme s'il avait annoncé qu'il partait sur la Lune. Il reprit la parole sèchement en la toisant.
—Ne restez pas là comme une idiote, les bras ballants. Je suppose que quelqu'un s'occupe de votre mari pendant que vous êtes ici.
Hermione hocha la tête, vexée par sa remontrance.
—Oui, Sophie sa sœur lui administre son traitement et veille sur lui. Elle est médicomage.
—Alors envoyez vite votre hibou pour suspendre l'administration de la potion. Dites-lui de lui administrer une potion à base de frêne et de bugrane épineuse. Elle pourra la trouver chez n'importe quel apothicaire.
—De la bugrane épineuse ?
Severus leva les yeux au ciel.
—Vous n'avez donc rien appris lors de votre cursus ? La bugrane, aussi appelée herbe aux ânes, est antiseptique, anti-inflammatoire et stimule l'activité rénale.
Mortifiée, la jeune femme se hâta d'écrire les instructions sur un parchemin qu'elle fixa à la patte de Mirliton qui s'envola joyeusement. Hermione se mit à faire les cent pas en réfléchissant. Elle donnait de la potion deux fois par jour à Alex, à la dose de trois cl à chaque fois. Il ne devait pas avoir ingéré plus de dix ou quinze grammes de genièvre…Oh ! Elle se sentait si mal ! Par sa faute Alex souffrait encore plus. Avait-elle participé à lui raccourcir la vie encore plus ?
Le Maître des potions voyait les émotions défiler sur le visage de sa jeune congénère. Il pouvait sentir sa tristesse mais aussi sa culpabilité, ce qui le décida à la rassurer.
—La dose de genièvre n'était certainement pas assez forte pour occasionner des dégâts irréversibles. Ne vous fustigez pas, cela ne sert à rien. Ce qui compte maintenant, c'est de vérifier l'état de ses organes et sauver ce qui peut l'être. Quand je l'aurai vu et que j'aurai lu les rapports des médicomages, je serai à même d'établir un protocole de soins, avec votre aide.
—Pourquoi faites-vous cela ? Demanda-t-elle d'une petite voix.
—Parce que j'espère votre aide en retour, lança-t-il sans ambages.
Hermione ouvrit des grands yeux tout en le fixant.
—Comment pourriez-vous avoir besoin de moi ?
—Vous le saurez en temps voulu. Et cessez de bailler ainsi aux corneilles ! Avez-vous tant perdu confiance en vous que vous en êtes devenue gourde ? Vous me rappelez Lovegood et son air de perpétuelle ahurie !
La jeune Maîtresse en potions se détourna blessée, les larmes aux yeux. Non ! Il n'avait pas changé. Il était resté le même homme intransigeant, ne tolérant aucune faiblesse et blessant. Elle ne voyait plus de si bon augure le fait de travailler avec lui pour soulager Alex et eut une brusque envie de le planter là et de rentrer chez elle. Néanmoins, elle se reprit, pour le bien-être d'Alex, redressa les épaules et lui fit face.
—N'insultez pas Luna, c'est une personne d'une grande intelligence et vous le savez parfaitement. Je suis désolée si j'ai pu vous paraitre … ailleurs, mais je suis consternée par l'erreur que j'ai commise. J'ai peut-être précipité la fin de l'homme que j'aime et j'en suis malade. Laissez-moi le temps de me reprendre et je suis à vous…enfin je veux dire…
Médusée par le lapsus qu'elle venait de faire et par la lueur facétieuse qu'elle voyait briller dans les yeux noirs, elle rougit et balbutia d'une petite voix.
—Je…je serai à cent pour cent de mes capacités après une bonne nuit de sommeil…
A la mine qu'on pouvait qualifier de réjouie de Severus, elle comprit qu'elle ne faisait que s'enfoncer et se tut. Il avait visiblement du mal à réfréner un rire moqueur.
—Je vous propose une chose, Miss Granger. Partons dès demain pour la Provence. Plus vite nous serons en situation, plus vite vous …serez à moi, fit-il caustique.
Hermione tiqua sur l'emploi de son nom de jeune fille mais ne releva pas.
—Vous êtes sûr de ne rien manquer si nous partons demain ?
—J'ai suivi l'exposé de Maître Shuin-Khan, c'est le seul qui m'intéressait. Mais vous devriez annuler votre rendez-vous avec Maître Rizzo.
—Oh, oui bien sûr, je vais le prévenir. Elle leva la tête pour le regarder bien en face. Elle espérait, par cette attitude, lui faire comprendre qu'il ne l'intimidait pas bien que ce soit grandement le cas.
D'une voix claire elle proposa.
—Je dois retrouver Anselme pour diner. Voulez-vous vous joindre à nous ?
L'imposant professeur la considéra un long moment. Il dut reconnaitre en lui-même que la fille avait du cran. Elle osait l'inviter malgré ses bévues. Ces quelques jours en Provence n'allaient pas manquer de piquant !
Severus Snape n'avait aucun état d'âme. Il allait aider à soulager les derniers jours d'un mourant et devenir l'amant d'une jeune sorcière. Peu importe que le moribond soit le mari de cette dernière. Il ne s'embarrasserait pas de remords. Quelque chose lui disait que Mme Dubreuil n'avait jamais connu la passion et que son mari, avant d'être diminué, n'avait pas éveillé la femme qui était en elle. Le Maître des Potions de Poudlard était connu pour son insensibilité.
Fréquenter une femme mariée n'avait que des avantages pour lui. Il n'avait pas à la supporter à longueur de journée et de nuit comme il aurait à le faire avec une épouse, il n'avait pas à lui faire la conversation…Il ne la rencontrait que pour des moments de plaisir et c'était bien suffisant. Sa dernière relation adultérine remontait à quatre ans et avait duré deux ans. La femme avait divorcé de son époux et Severus avait mis fin à leur liaison, au grand dam de l'abandonnée qui pensait bien se remarier avec son ténébreux amant.
En lui-même, il devait bien reconnaitre qu'Hermione Granger était devenue bien appétissante, avec des formes harmonieuses et une souplesse visiblement due à la danse et au sport.
—Bien volontiers, je vous retrouverai à dix-neuf heures sous le dôme, avec votre chevalier servant, ironisa-t-il avant de tourner les talons et de sortir de la tente.
Hermione eut un petit sourire en pensant au vieux Maître et s'allongea sur le canapé pour se reposer et réfléchir en attendant l'heure du souper.
Severus Snape avait tout de suite mis le doigt sur la faille de son traitement. Oh, comme elle s'en voulait d'avoir mis ainsi la vie d'Alex en danger et, surtout, que ce soit son ancien professeur honni qui l'ait découvert ! Elle lui avait donné le bâton pour la battre et elle pensait bien qu'il n'allait pas lui faire de cadeau. Puis elle réalisa qu'il semblait attendre quelque chose d'elle en retour. Elle se releva le cœur battant à cent a l'heure, le rouge lui montant aux joues alors qu'elle pensait qu'il avait peut-être l'intention d'obtenir ses faveurs...
Elle savait au plus profond d'elle-même qu'elle lui cèderait tôt ou tard. Et au vu de ses récents rêves, ce serait plus tôt que tard... Incapable de rester en place, elle décida de sortir et d'aller visiter la Maison du parc, à quelques centaines de mètres.
