Désolée d'avoir autant tardé mais je vais avoir un peu plus de temps maintenant que ma formation pour mon boulot est terminé. J'espère que vous allez aimés ce chapitre en tout cas. :)
Réponses aux reviews:
Lilijoy: Je ne peux pas trop parler de ce que cache Demetri même si ce n'est pas vraiment un secret si tu lis une autre de mes fictions. Oui je fais ma pub. ^^ En tout cas, je te remercie beaucoup pour ta review! :)
Chapitre 7:
- Ou est-ce-que tu vas encore? s'impatienta Darren en me collant.
Notre relation s'était améliorée depuis quelques jours. Nous n'étions certainement pas les plus grands amis du monde mais nous restions cordiales l'un avec l'autre. Et malgré ses airs arrogants, il était assez sympathique quand on prenait le temps de discuter avec lui.
- Voir Demetri. J'ai quelque chose à lui demander.
- Que peut-il te dire que je ne sais pas?
- C'est personnel.
Du moins en partie. Je n'avais toujours pas revu le traqueur depuis la dernière fois mais sa réaction m'intriguait toujours autant. Je filai rapidement, demandant à Darren de me laisser tranquille pour une fois. Il me suivait comme mon ombre et cela commençait à devenir légèrement agaçant. Certes, c'était Marcus qui le lui avait demandé, ou plutôt ordonné mais il pouvait tout de même comprendre que j'avais le droit à mon indépendance. J'avais l'impression d'être une gamine.
J'ignorai où se trouvait la chambre du vampire mais je me souvenais du chemin pour aller dans cette salle, celle où ils se réunissaient. Il était temps que je me fonde parmi eux, que je devienne une des leurs. Je n'avais pas envie d'oublier totalement ma vie humaine mais à présent, j'étais une immortelle et aussi ignoble que puisse être l'idée de boire du sang, je devais m'y faire. Ce n'était pas comme si j'avais une autre solution.
A l'angle du couloir, je vis une silhouette massive s'avancer vers moi. Celle-ci marchait plutôt lentement, tête baissé, perdue dans ses pensées.
- Enfin! m'exclamai-je alors que l'homme relevait le visage.
Une carrure de près de deux mètres, des épaules tout aussi larges, des traits sévères mais rieurs, Felix se tenait face à moi. Ce dernier faisait tout pour m'éviter et à chaque fois que j'avais voulu le rencontrer, il disparaissait mystérieusement. Je le vis regarder derrière lui et lui interdisais de faire demi-tour d'un ton dur.
- Depuis le temps que je voulais te rencontrer.
- C'est fait! Maintenant, je devrais partir.
- Tout le monde me dit que tu es quelqu'un d'amical et de joyeux. Pourtant, tu sembles être tout le contraire avec moi. Pourquoi?
- Tu ne m'en veux pas? me demanda t-il en haussant un sourcil.
- Parce que tu as essayé de me tuer? Je dois dire qu'une partie de moi a envie de te refaire le portrait mais je vais essayer d'en faire abstraction.
Il soupira de soulagement et s'avança vers moi en me souriant chaleureusement. Il me donna une tape amicale qui manqua de me faire tomber. On m'avait vantés son incroyable force mais force est de constater qu'ils étaient loin du compte.
- Comme si un microbe dans ton genre pouvait me faire le moindre mal, se moqua t-il.
- Ne me cherches pas trop, le prévins-je. Ou allais-tu?
- Euh... Voir quelqu'un.
Qui aurait cru qu'un grand gaillard comme lui pouvait être gêné? C'était assez surprenant. Cela devait concerner une femme. Heidi? J'avais cru comprendre que ces deux là passaient du temps ensemble pour s'adonner à certaines activités qui ne me concernaient aucunement.
- HeidI? l'interrogeai-je.
- Pourquoi tout le monde pense que je passe ma vie en sa compagnie?
- Peut-être parce que c'est la vérité.
- Et bien, tout le monde se trompe. Je vais... voir quelqu'un d'autre.
- Hmm... Gianna, c'est ça? La secrétaire?
C'était bien le nom que j'avais entendu. L'humaine qui servait de secrétaire pour des vampires. Comment en était-elle arrivée là? Je dois dire que j'étais curieuse à ce sujet là. Comment se retrouvait-on embarqué dans une histoire pareille? Il fallait être folle pour en arriver à accepter un boulot pareil.
Les yeux grand comme des soucoupes, Felix prit une grande inspiration avant d'approuver mes dires.
- J'aime bien la tourmenter, c'est un passe-temps comme un autre, se défendit-il.
- La tourmenter? On m'a pourtant parlés d'un certain intérêt que tu lui portes, le taquinai-je en tournant autour de lui.
- C'est ridicule. Ce n'est qu'une humaine. Un vampire ne s'intéresse pas à une humaine. C'est contre-nature. Les gens aiment raconter des ragots pour passer le temps, c'est tout.
- Sans aucun doute. Alors elle ne t'attire pas?
- Pourquoi toutes ces questions? On vient à peine de se rencontrer et tu t'intéresses à ma vie sentimentale? dit-il, essayant de détourner la conversation.
- Alors il y a des sentiments, intéressant.
- Tu es complètement folle. Sur ce, je dois y aller.
- Je garderai ça pour moi! lui criai-je alors qu'il s'éloignait à pas de course.
Je ne savais pas d'où me venait cette soudaine assurance mais c'était amusant de voir un grand gaillard comme lui se trémousser ainsi. Il avait essayé de me tuer, je pouvais tout de même l'embarrasser un petit peu. C'était un juste retour des choses. Naturellement, je m'étais sentie bien et j'avais eu envie de le taquiner.
Je filai vers cette pièce, toujours amusée par cette petite scène. Felix allait être une très charmante distraction dans ce vieux château. D'un pas guilleret, je poussai la porte et aperçu rapidement ceux qui m'intéressaient. Heidi feuilletait un magazine de mode alors que Chelsea se faisait les ongles. C'était étrange de constater qu'elles pouvaient avoir des passes temps tout ce qu'il y a de plus normal. Même si j'étais venue pour Demetri, j'allai m'asseoir avec les filles. Il finirait bien par venir ici un jour ou l'autre et je pouvais bien en profiter pour poser quelques questions.
- Daphné, s'extasia Heidi en levant les yeux de son magazine. Tu es enfin sortie de ta tanière?
- Il le fallait bien.
- C'est toujours difficile au début mais on finit par s'habituer à notre nouvelle vie, rajouta Chelsea.
- C'est facile pour toi, quel âge as-tu? plaisantai-je.
- Elle pourrait être ton arrière-arrière-arrière... enfin tu as compris, continua Heidi.
Chelsea leva les yeux au ciel sans pour autant riposter. Elle avait des siècles d'existences derrière elle. C'était incroyable quand on voyait qu'elle avait un physique d'une femme de 25 ans tout au plus.
- Ce qui fait que je suis beaucoup plus douée que vous deux réunis dans de multiples domaines.
- Cela reste à voir ma chère. Je suis sûre que Felix est entièrement satisfait.
- Ok... soufflai-je devant la tournure que prenait la conversation.
- On dirait que nous avons choqués la petite, rit Chelsea. Pardonnes-nous d'avoir offensés tes chastes oreilles. Tu n'es encore qu'une enfant après tout.
- Mes oreilles vont très bien, la rassurai-je. Je sais parfaitement ce qu'est le sexe et tout ce que ça englobe.
- Non. Tu ne sais rien ma chère. Tu étais humaine, ce n'est en rien comparable avec un vampire.
Je préférai ne pas continuer sur ce sujet tandis qu'elles vantaient les prouesses dont elles étaient capables. Chelsea glorifiait son compagnon Afton alors que j'essayai de me concentrer sur autre chose. Je n'étais pas spécialement prude mais je n'avais guère envie de savoir ce que les autres faisaient au lit. N'avaient-elles pas de notion de vie privée?
- Dites-moi, les interrompis-je. J'ai une question à vous poser.
- Vas-y, m'encouragea Heidi.
- Demetri a eu un comportement assez étrange quand il a évoqué le sujet végétarien, vous ne savez pas pourquoi?
- C'est plutôt maigre ce que tu nous dis.
Heidi ne semblait pas comprendre ce à quoi je faisais allusion alors je me tournai vers Chelsea. Cette dernière me fixait et haussa les épaules.
- Je ne vois pas, éluda t-elle d'un signe de la main.
- Je ne sais pas pourquoi. Il est devenu tellement bizarre pendant un instant.
- Demetri a toujours été lunatique. Ne te formalises pas.
Elle avait peut-être raison. Je le connaissais à peine alors peut-être que c'était une réaction tout à fait naturel venant de sa part. J'avais imaginé tout ça. Je m'étais fait tout un film dans ma tête sans raisons valables. Quand j'étais petite, ma mère me répétait souvent que j'avais beaucoup trop d'imaginations. J'avais tendance à imaginer de multiples scénarios. Je me souvenais parfaitement de la fois où j'avais imaginé que mon père était un agent secret qui combattait les méchants jusqu'à ce que je me rende compte que ce n'était qu'un homme d'affaire ennuyant. Cette tendance n'avait semble t-il pas disparu en grandissant.
Chelsea me sourit mais cela me semblait faux. Elle se voulait rassurante mais j'avais l'impression que ce n'était qu'une façon de changer de discussion. Je chassai rapidement ces pensées avant d'imaginer davantage de choses.
oOoOo
Cela faisait des heures que je contemplai le ciel à travers la fenêtre de la bibliothèque. La journée semblait être ensoleillée comme on pouvait s'y attendre d'un jour d'été en Italie et pourtant, je ne pouvais même pas profiter des rayons du soleil sur ma peau. Je mourrai d'envie de sortir dehors mais j'étais confinée à l'intérieur. Les genoux repliés contre ma poitrine, je lâchai un long soupir avant de laisser ma tête retomber lourdement contre le dossier. J'étais devenue immortelle mais je n'avais rien le droit de faire. Ne jamais sortir sans être accompagné et surtout pas dans un lieu fréquenté. Je me croyais revenue à la maternelle. Je voulais juste être indépendante.
Je m'affalai encore plus dans le fauteuil alors que je déprimai de plus en plus. J'étais un vampire et je m'ennuyai... Un vampire... Un rictus nerveux s'échappa de mes lèvres. Je peinai toujours à réaliser ce que j'étais devenue. C'était tout bonnement incroyable. Parfois, je m'attendais à me réveiller en sursaut dans mon lit après cet étrange rêve mais cela n'arrivait jamais. Je voulais juste fermer les yeux et me retrouver face au visage souriant de ma grand-mère. Visage qui se faisait de plus en plus flou. Je devais faire un effort considérable pour me remémorer ses traits. On m'avait prévenus que mes souvenirs s'effaceraient mais cela ne faisait que quelques jours que je faisais partie de ce monde, je ne m'attendais pas à ce que ce soit aussi rapide. Darren m'avait conseillé de me rappeler ma vie passé chaque jour si je tenais à ne pas l'oublier. Mais quel était le pire? Vivre en sachant que toutes les personnes que je connaissais allait mourir un jour alors que je resterai éternellement jeune ou les rayer définitivement de ma mémoire? Au moins ce dernier choix avait-il le mérite d'éviter de souffrir...
Un bruit de pas dans le couloir me coupa de mes pensées alors que le grincement de la porte me fit tourner la tête. Corin fit irruption dans la pièce d'une démarche gracieuse. Il m'adressa un large sourire tout en se dirigeant vers moi.
- Tu es donc là. Darren se demandait où tu étais passé.
- Il est pire que mon père, pouffai-je.
- Il semble prendre son rôle très au sérieux. Il a harcelé Demetri pour qu'il te recherche.
- Je n'ai même pas le droit d'être tranquille une seule seconde. Je dois toujours être surveillée et je ne peux même pas sortir.
- Un jour, tu le pourras.
- Mais quand!? m'emportai-je après ce pauvre homme qui voulait juste me réconforter. Désolée, m'excusai-je aussitôt. Ce n'est pas contre toi mais j'en ai marre d'être enfermée tous les jours. J'ai déjà dû accepter le fait que je ne reverrai plus jamais les personnes qui m'étaient chères alors... alors j'aimerai seulement pouvoir me balader dans les rues comme n'importe quel personne normale.
- Mais tu ne l'es pas. A présent, tu es un vampire et un danger pour quiconque croisera ta route.
J'espérai que ses paroles ne se voulaient pas réconfortantes parce qu'elles ne l'étaient absolument pas. Assis sur l'accoudoir de mon fauteuil, il posa une main réconfortante sur mon épaule.
- Depuis quand vis-tu ici? demandai-je pour chasser ses sombres réflexions de mon esprit.
- Je ne sais plus exactement, ça fait tellement longtemps. Vers les années 1890...
- Tu es si vieux que ça!?
- Un papi, répondit-il sur le ton de la plaisanterie. Heureusement, ma crème anti-ride marche plutôt bien comme tu peux le voir.
- Tu m'étonnes... Tu dois faire de sérieux dégâts dans la gente féminine.
Il me fallut quelques secondes pour me rendre compte de ce que je venais de dire. Il me regarda étrangement alors qu'un sourire naquit sur son visage si séduisant. J'avais la fâcheuse manie de parler sans y réfléchir.
- Quoi!? Ce n'est pas un secret, dis-je, tentant de faire comme si de rien n'était.
- Dois-je en conclure que je suis à ton goût?
- Corin... Tu dois être le type de toutes les femmes. D'ailleurs, expliques-moi pourquoi tu es célibataire? Quel est le vice caché? m'enquis-je en rapprochant mon visage du sien. Après tout, Afton est avec Chelsea, Felix est plus ou moins avec Heidi ou avec Gianna, je n'en sais trop rien. Il n'y a que Demetri et toi qui êtes seuls. Oh! m'exclamai-je alors que la lumière se faisait dans mon esprit.
- Qu'est-ce-qu'il y a?
- Rien. Je n'ai rien contre les couples dans ce genre. C'est très bien même.
- Attends... Tu n'es tout de même pas en train de croire que... je ne suis pas gay, s'écria t-il. Comment en es-tu venu à une telle conclusion?
Je m'étais, peut-être, un peu emballer sur ce coup là. Et quel gâchis cela aurait été pour la gente féminine. Mais ce n'était pas le moment d'avoir ce genre de pensées.
- Pourquoi te défendre avec autant d'ardeur? continuai-je sur ma lancée. Cacherais-tu quelque chose?
- Pas le moins du monde mais seules les femmes m'attirent.
Je me faisais peut-être des idées mais sa voix semblait pleine de sous entendus. Et son léger haussement de sourcil et son sourire moqueur n'arrangeait rien.
- Parfois, il faut des années pour se rendre compte qu'on appartient à l'autre... catégorie.
- Je pense que vu mon âge, je m'en serais rendue compte.
- Tu ne m'as pas dit ton âge exacte.
- Je suis née en 1624, je te laisse faire le compte.
Les yeux écarquillés, je faisais le calcul dans ma tête mais je n'avais jamais été très doué en mathématique. Tout ce que je savais, c'était qu'il était... vieux.
- Ouah... c'est... oh...
Il pouffa devant mon manque de paroles mais il pouvait comprendre que j'étais sur le... les fesses. C'était assez difficile d'imaginer qu'il allait atteindre les 400 ans dans quelques années.
- Comment fais-tu pour ne pas t'ennuyer?
- On a tous quelque chose qui nous pousse à continuer. Ou quelqu'un, cela dépend des personnes.
Sa façon de parler me laissait penser que dans son cas, c'était la dernière option. Comme je l'avais déjà ressenti à plusieurs reprises, j'étais persuadé que ce qui le faisait vivre, que ce qu'il souhaitait plus que tout, c'était retrouver quelqu'un. Une femme... Comment pouvais-je le savoir!? Cela n'avait aucun sens... Je ne lisais pas dans les pensées comme Aro.
- C'est une femme? lui dis-je plus comme une affirmation que comme une question.
- Pardon? s'étonna t-il.
- Tu veux... une femme. Enfin, une spécialement.
- Qu'est-ce-que tu racontes?
Il se leva soudainement, gêné par mes questions. Le regard fuyant, je le vis faire un pas en arrière. J'avais raison. J'avais visé juste. Je me redressai pour me mettre à sa hauteur et m'approchai tandis qu'il reculait.
- Je sens que... C'est étrange. J'ai l'impression de savoir ce que veulent les gens. Me suis-je trompée sur ton cas?
- Absolument. Je ne vois pas à quoi tu fais allusion.
Il paniquait de plus en plus alors que j'avançais au fur et à mesure qu'il reculait. Possédai-je un don? On m'avait expliqué que certains vampires en développaient un alors pourquoi pas moi? Un sentiment de fierté m'envahit à l'idée que je puisse avoir un pouvoir. Ou alors... je me trompai sur toute la ligne et encore une fois, je me faisais tout un scénario. Pourtant, tandis que je me concentrai, une nouvelle sensation m'envahit. J'étais sûre et certaine de ce que j'avançai. Ce qu'il désirait ardemment, c'était une femme. Une femme qui représentait toute sa vie. J'ignorai tout d'elle, de son nom à son apparence mais elle représentait tout pour Corin.
- Qui est-elle? l'interrogeai-je, rongée par la curiosité.
A présent, je sentais sa peur. Elle suintait par tous les pores de sa peau. Il était terrifié à l'idée que je découvre l'identité de cette femme
- Cela ne te regarde pas, trancha t-il.
Sur cette dernière phrase, il tourna les talons et s'enfuit à la vitesse de la lumière. J'avais, sans doute, été trop loin mais j'avais envie de savoir. D'où cela me venait-il? Je savais précisément ce qu'il désirait ardemment. Il fallait que j'en sache plus. Et rapidement.
oOoOo
Il fallut quelques secondes pour que la voix de Demetri retentisse à travers la porte. J'ouvris cette dernière et m'engouffrai dans la pièce. Il était allongé paresseusement dans un fauteuil, ses longues jambes reposant sur une petite table basse en bois.
- As-tu besoin de quelque chose? s'enquit-il sans pour autant relever les yeux du livre qu'il tenait dans la main.
- Tu es censé m'apprendre des... choses sur ma nouvelle vie, non?
Il daigna enfin relever les yeux, la curiosité se lisant sur son visage. J'avais demandé à Darren de m'accompagner jusqu'à la chambre de Demetri et après l'y avoir forcé, il était parti me laissant seule. J'avais seulement besoin de parler avec Demetri. Je ne savais pas vraiment pourquoi. Peut-être parce qu'il avait été le premier à se montrer sympathique avec moi? Il n'y avait aucune intention caché... ou juste une petite. Non seulement je voulais me renseigner sur ces sensations étranges qui me prenaient mais j'étais toujours obsédée par son comportement bizarre de la dernière fois. Ma curiosité maladive allait finir par m'attirer des ennuis mais pour le moment, je ne m'en souciais pas.
- Qui y a t-il? Une petite soif? C'est normal étant donné que tu es nouveau-né.
- Non même si...
Je portai une main à ma gorge alors que qu'une sensation de brulure me prit. Elle était toujours présente, plus ou moins forte selon les moments mais pas une seule seconde, elle ne m'abandonnait me rappelant sans cesse ma soif de sang. La dernière fois que je m'étais abreuvée, j'avais tué de nombreuses personnes. J'essayai de ne pas y penser mais je m'en voulais de devoir ôter la vie pour continuer la mienne.
- Je ne suis pas ici pour ça, dis-je, essayant de penser à autre chose. En fait, j'aimerai savoir s'il arrive aux autres vampires d'avoir des genres de pressentiments.
- Précises le fond de ta pensée.
- Que veux-tu que je te dise de plus? m'emportai-je. Je me suis rendue compte que j'avais des sortes d'intuition.
Intrigué, il se leva et se rapprocha de moi. Étant donné sa mine soucieuse, ce que je ressentais n'était pas vraiment normal. Avais-je un problème? Un dysfonctionnement dans le système? Ou dans le meilleur des cas, j'avais un... don. Alors je ne serai pas aussi inutile que cela. Marcus ne s'en voudrait pas de m'avoir transformé et il aurait une bonne raison de me maintenir en vie.
- Dis m'en plus.
Il semblait réellement curieux à propos de ce que je venais de lui dire. Il réfléchit quelques secondes et m'invita à m'asseoir et à lui raconter plus précisément ce qui se passait. Pas une seule seconde, il ne parla ou ne m'interrompit. Même après la fin de mon récit, il ne dit rien, me faisant paniquer davantage.
- Y a un truc qui fonctionne pas chez moi? m'horrifiai-je.
- Non, rit-il. C'est même une bonne nouvelle. Tu sembles développer un talent.
- Tu en es sûr? Je suis normale alors?
- Autant que puisse l'être un vampire. Suis-moi.
- Ou allons-nous?
- Voir Aro. Il est le mieux placé pour te conseiller.
Même si l'envie n'y était pas, je lui emboitai le pas. Je n'avais aucune envie de revoir cet homme. Il y avait quelque chose d'effrayant chez lui, quelque chose qui me faisait froid dans le dos. Sans compter qu'il lisait dans les pensées les plus intimes et que c'était assez dérangeant de n'avoir plus aucun secret pour lui. Il connaissait tout de moi alors que j'ignorai tout de lui. Et son sourire glacial qui se voulait bienveillant me criait de me méfier de lui. Mais peut-être me trompai-je. J'étais juste méfiante, rien de plus. Ce qui était normal quand on voyait dans quoi j'étais tombée en suivant Heidi.
Demetri me conduisit à travers les couloirs et s'arrêta devant une porte en bois noir. J'avais juste envie de faire demi-tour mais il m'y empêcha en frappant trois petits coups.
- Entrez, ordonna Aro alors que Demetri pénétrait dans la pièce.
Au centre de celle-ci se trouvait un bureau derrière lequel se tenait Aro. La pièce était largement éclairé par une fenêtre tandis qu'une coupole occupait tout le plafond. Une fresque digne des plus grands peintres y étaient dessinés. A mon plus grand étonnement, c'était des scènes bibliques qui étaient gravés. Aro était-il croyant? Difficile à croire venant d'une "créature de l'ombre".
- Que me vaut l'honneur de votre visite? s'enthousiasma t-il.
- Daphné a quelque chose à vous dire.
Une main dans mon dos, il me poussa vers le maître des lieux qui s'empara de ma main. Je savais ce qu'il était en train de faire et je n'avais qu'une seule envie, me dégager de son emprise. Cependant, il ne fallait mieux pas que je le fasse. Je ne pouvais lui manquer de respect de cette façon. Me mettre à dos le maître des lieux aurait été une chose stupide.
- Laisses-nous, ordonna t-il à Demetri qui s'en alla aussitôt.
Me retrouvant seule face à Aro, je ne savais comment agir. Je lui devais obéissance selon les dires de mes compagnons mais l'idée de me soumettre à cet homme ne me plaisait guère. Néanmoins, malgré mes réticences à son égard, il imposait ce respect immédiat et je me sentais étrangement petite face à lui.
- Certes, ce qu'il t'arrive est étrange. Il me semble tout à fait plausible que tu possèdes un don. Tu dois apprendre à le manipuler et à t'en servir convenablement.
- Comment le pourrai-je? C'est... Il n'y a même pas d'explications. J'ai l'impression de savoir ce que les gens veulent mais je ne contrôle rien.
- Crois-tu que Demetri ait réussi dès les premiers jours de sa vie à contrôler son pouvoir? C'est la même chose pour tout le monde. Tu dois te perfectionner, voilà tout.
- Et si je n'y arrivais pas?
- Que racontes tu? s'amusa t-il. Je suis persuadée que tu y parviendras.
Il posa une main réconfortante sur mon épaule brièvement avant de partir s'installer dans son siège. Il voulait, sans doute, me dire que la discussion était terminé et qu'il avait des choses à faire mais une question me brûlait les lèvres. Ayant lu dans mes pensées, il devait être au courant de la curiosité qui m'animait à propos de sa sœur.
Il releva les yeux vers moi, me demandant silencieusement ce que je souhaitai.
- Votre sœur... Didyme... Comment est-elle... morte?
J'étais gênée de lui poser cette question mais j'avais envie de savoir. Chelsea m'avait dit ne pas être au courant. Selon elle, personne ne savait ce qui était arrivé à cette femme, c'était tout de même assez étrange. On ne mourrait pas soudainement sans laisser de trace, pas un vampire en tout cas.
Je m'en voulais de lui rappeler ces souvenirs qui devaient être douloureux. Je vis ses mains se serrer et son visage se contracter.
- Quel importance? C'est du passé à présent.
- Je suis juste curieuse. C'est ma ressemblance avec elle qui m'a conduite ici après tout.
- C'est la folie de Marcus qui t'a conduite ici. Il est obsédé par le souvenir de ma sœur. Je dois sans doute te remercier. Tu l'as enfin sorti de sa léthargie.
Subtilement, je remarquai qu'il changeait le sujet de notre conversation. Peut-être ne s'en rendait-il même pas compte mais ça me sautait aux yeux. Il amenait le sujet sur Marcus. Parler de sa sœur perdue ne devait pas être plaisant. A moins qu'il ne sache quelque chose dont il ne veuille pas parler.
- Tu devrais y aller, continua t-il. Plus tôt tu commenceras ton entraînement, mieux ce sera.
Ce n'était pas un conseil mais un ordre, la menace était à peine perceptible dans sa voix mais son regard sombre disait tout. Je le saluai poliment avant de quitter la salle. A peine avais-je parcouru quelques mètres que je me retrouvai face à Darren et son éternel sourire moqueur. Depuis qu'il ne semblait plus me vouer une haine sans nom, il semblait, à présent, passer son temps à se moquer de moi.
- Tu es pire qu'un chien, lui lançai-je, exaspérée par son comportement.
- Ce sont les ordres ma chère, je ne fais que les exécuter.
- Et si c'était le contraire? Si je te suivais partout comme ton ombre? Comment réagirais-tu?
- Mais ce n'est pas le cas!
Je me pinçai l'arrête du nez, essayant de trouver un moyen de me débarrasser de lui. Il était censé veiller sur moi, m'aider et subvenir à mes besoins alors je devrais pouvoir trouver quelque chose. Mais autant que cela me soit utile.
- Darren? l'appelai-je alors que je venais enfin de lui trouver une utilité. Tu te maîtrises face au sang humain?
- Autant que possible.
- Tu te souviens de la maison ou tu as été cherché mon violon? demandai-je alors qu'il peinait à comprendre où je voulais en venir. Pourrais-tu aller voir ma grand-mère? Pas lui parler! Juste voir si elle va bien. J'aimerai savoir si elle est en bonne santé. Je peux compter sur toi?
- Si tu y tiens, soupira t-il. Je vais attendre que la nuit tombe.
- Merci.
Je continuai mon chemin et constatai qu'il me suivait toujours. Il me suivait comme mon ombre mais à ce rythme-là, j'allai finir par commettre un meurtre et cette fois, ce ne serait pas pour me nourrir.
Pour être honnête, je ne suis pas vraiment satisfaite de ce chapitre mais j'espère tout de même qu'il vous conviendra. :)
