Titre : Shippu ! Konoha Gakuen Den !
Auteur : Mokoshna
Manga : Naruto
Crédits : Naruto est la propriété de Masashi Kishimoto.
Avertissements : UA High School, probablement du Yaoi par la suite, et du SasuNaru en prime. Un peu de Yuri aussi, tiens. Je tiens à préciser que je n'ai mis aucune volonté artistique ou quoi que ce soit dans cette fic, je le fais juste parce que je le peux.
Blabla de l'auteur : Ce chapitre inaugure la fin de la première partie, celle que l'on voit le plus dans l'anime dont je base cette fic. On arrive à la partie scénar avec les morceaux bien cracks. Hourra !
Merci de votre fidélité et bonne lecture !
7
Gare à vous !
Naruto s'énerve !
Gris et déprimé, Naruto traîna les pieds jusqu'à chez lui. Son esprit ne cessait de repenser à Sasuke, son rival, l'homme de sa vie qu'il avait si intimement blessé par ses dernières remarques. Oh, il n'était pas si bête, du moins pas tout le temps. Il avait bien vu qu'il y avait quelque chose d'inhabituel chez Sasuke depuis l'épisode qui les avait réunis à l'infirmerie ce matin-là. Troublé, il avait bien failli l'enlacer, il lui aurait effleuré le front du bout des lèvres si l'infirmière ne les avait pas surpris en arrivant à l'improviste...
Était-ce à cause de sa gêne qu'il avait prononcé les mots fatidiques qui avaient fait pleurer Sasuke ? Sa honte, peut-être ? Non, ce n'était pas ça. Sasuke avait manifesté une sorte d'attirance physique en sa présence ; cela, Naruto pouvait le comprendre, car il entraînait son corps depuis l'enfance afin d'être digne d'inspirer l'admiration grâce à sa beauté virile. Un bon chef de gang se devait d'être un objet de culte, de désir même pour ses hommes à qui il projetait une image idéalisée de la masculinité ; en tant que tel, il n'était pas rare que certains hommes même très virils soient pris de désir en sa présence, car c'était dans l'ordre des choses. Cela n'en devenait que plus flatteur pour celui-ci, car n'était-ce pas la preuve qu'il était au-dessus de toutes les conventions, de tous les interdits ? Un homme, un vrai, transcendait l'idée même du sexe, de même qu'une femme digne de ce nom (ou n'importe quel être qui exhalait la féminité dans sa pureté la plus aboutie) pouvait inspirer l'amour à tous, hommes ou femmes, par sa seule existence.
Alors quoi ? La peur de perdre un rival ? Peut-être Naruto n'était-il encore pas prêt à être celui de Sasuke... Peut-être avait-il trop présumé de sa force et de sa volonté en se désignant rival éternel de Sasuke, alors qu'il n'était même pas capable de reconnaître honnêtement le lien qui les unissait ! Que Sasuke soit attiré par lui ? C'était normal, il n'y avait pas à avoir peur ! Mais bon sang, ce n'était pas de la faute de Naruto s'il avait hésité, c'était quand même sa première fois !
— Il faut que je parle à Iruka, murmura-t-il en s'arrêtant net.
Les passants lui jetèrent un drôle de regard, mais Naruto ne s'en souciait pas. Iruka. Lui saurait quoi faire. Maintes fois déjà son tuteur lui avait donné de bons conseils sur la marche à suivre ; maintes fois il l'avait écouté, consolé, il avait été là pour lui.
Sur cette bonne résolution, il se dirigea d'un pas vif vers chez lui.
o-o-o
Les larmes ne cessaient de couler. Sasuke détestait cela. Plus que tout, il haïssait Naruto. De quel droit cet imbécile l'avait-il fait pleurer ? Sasuke le tuerait !
En même temps qu'il se disait cela, il sut qu'une partie de lui souhaitait plus que tout effacer ce qui s'était passé. Si seulement il n'avait pas été aussi crédule ! Comment avait-il pu croire un seul instant qu'un spécimen aussi... hétérosexuel que Naruto ait pu souhaiter sortir avec lui ?
Il ne savait comment, Sasuke avait réussi à s'enfermer dans les toilettes pour réfléchir. Il entendait quelquefois les garçons du lycée passer pour satisfaire de justes envies, mais ils se faisaient de plus en plus rares à mesure que le temps passait. À la fin, il n'y eut plus personne : l'école était fermée. Aucun membre du personnel n'avait encore chassé Sasuke. Savaient-ils seulement qu'il était là ?
Soupirant, il finit par sortir, non sans avoir vérifié son état dans le miroir. Il avait une mine épouvantable : les yeux bouffis, les cheveux plus hirsutes que d'ordinaire, il donnait l'impression d'être sorti d'une bagarre. Ce qui n'était pas faux : il s'était débattu une dernière fois avec Naruto, et il avait perdu lamentablement. Une loque. Un loser. Voilà ce qu'il était. Tout ça à cause de ce garçon pas fichu de voir que Sasuke l'aimait !
Sasuke fit la grimace. Il avait finalement avoué ce qui le préoccupait autant : sans qu'il sache comment, il était tombé amoureux de Naruto. C'était ridicule ! Et pire, c'était dangereux ! Si Itachi venait à l'apprendre, si ses ennemis savaient...
S'attaqueraient-ils à Naruto, dans ce cas ? Quelque part, ce n'était que justice. Que Naruto souffre pour l'avoir fait souffrir, lui ! Qu'il paie pour tout ce qu'il avait fait subir à Sasuke, l'humiliation, la peine, la colère, tous ces sentiments qu'il n'était pas censé éprouver mais qui lui serraient à présent le cœur comme un étau de fer ! Que Naruto comprenne, une fois pour toutes, qu'on ne se moquait pas d'un Uchiha sans en subir les conséquences !
— Naruto, chuchota-t-il. Naruto.
Quel fou il était ! Même avec le cœur brisé, il continuait à penser à Naruto. La seule idée de le revoir le lendemain lui faisait battre le cœur plus fort ; le seul souvenir de son sourire plein de défi faisait bouillir son sang comme personne ne l'avait fait, pas même Itachi.
Il n'était peut-être pas l'homme de la vie de Naruto dans le sens le plus strict du terme, mais pour Sasuke, Naruto était... plus qu'un simple camarade. Pas qu'un ami, pas qu'un rival, bien plus que cela, tellement plus. Et cela lui faisait mal. Il paniquait rien qu'à l'idée de devoir s'expliquer. Naruto comprendrait-il s'il le lui disait en face, sans faux-semblant ? Sûrement pas. Il n'était pas une lumière ; Sasuke n'était pas sûr qu'il sache même que deux hommes pouvaient s'aimer si on leur en donnait l'occasion.
Que faire, vers qui se tourner ? Depuis qu'il avait huit ans, Sasuke avait toujours mené ses combats seul. Il n'avait pas reculé une seule fois, même lorsqu'Itachi avait tout fait pour briser sa volonté.
Il n'était pas faible. Il n'était pas un lâche. Il était Sasuke Uchiha, héritier du clan Uchiha. Et il montrerait à Naruto qu'on ne se moquait pas d'un Uchiha, qu'on ne lui tournait pas le dos sous le prétexte fallacieux qu'on était trop idiot pour comprendre. D'une manière ou d'une autre, Sasuke forcerait Naruto à s'apercevoir de ses sentiments et à les accepter. Il en ferait son amant, même si c'était la dernière chose qu'il aurait à accomplir sur cette terre en même temps que de tuer Itachi.
Sur ces bonnes résolutions, il essuya ses dernières larmes et sortit des toilettes, plus motivé que jamais.
o-o-o
Le lendemain matin arriva bien trop tôt pour Naruto. Iruka n'était pas à la maison ; il ne revint d'ailleurs pas de la nuit. Il semblait être sur une affaire importante qui réclamait toute son attention. N'ayant personne d'autre vers qui se tourner, Naruto s'était contenté de regarder la télévision toute la nuit pour passer le temps et essayer d'oublier un instant Sasuke. Peine perdue ; son rival occupait chacune de ses pensées, comme un parasite obstiné qui refusait de lâcher prise. À la fin, fourbu d'avoir trop réfléchi, il alla dormir sans avoir trouvé de réponse à ses questions.
Au lycée, personne ne lui adressa la parole à son arrivée, mais c'était à prévoir. Le premier visage connu que croisa Naruto fut Hijiri Tsumon ; sans surprise, le garçon sursauta en le voyant et se dépêcha de filer dans la direction opposée en poussant de petits couinements pathétiques. Naruto l'ignora. Il croisa Shino et Kiba et leur jeta à peine un regard, ce qui surpris beaucoup les deux intéressés. Même Lee ne parvint pas à le dérider quand il lui proposa un match matinal de football, d'homme à homme.
— Naruto !
Naruto s'arrêta au cri de Sakura, mais sans se retourner. La jeune fille se trouvait dans son dos, les bras croisés en signe de défi. La cour retint son souffle.
— Quoi ? fit-il d'un air las.
Sakura prit une grande inspiration.
— Tu as battu tout le monde, dit-elle. Kiba, Lee, même Neji qui est le plus fort de l'école. Tu n'as donc plus aucune raison de foutre le bordel. Tu ne veux pas te calmer un peu ? Ou au moins éviter de défier tout le monde ?
Naruto retint un soupir. Sakura avait raison : il avait réussi le tour de force d'imposer sa présence en quelques jours à peine. Pourtant, il n'était pas satisfait. Pas tant qu'il n'aurait pas eu une discussion sérieuse avec Sasuke.
— J'ai encore une affaire à régler, dit-il simplement. Jusqu'à ce que ce soit fait, je ne baisserai pas ma garde, je ne laisserai personne dire que je me suis calmé. Je suis le futur plus grand chef de gang du Japon.
— T'es con ou quoi ! explosa Sakura. Qu'est-ce que tu cherches avec cette ambition à la noix !
— Tu ne peux pas comprendre. Toute ma vie, j'en ai rêvé.
— Mais...
— Toute ma vie, j'ai souhaité rencontrer quelqu'un comme toi.
Sakura ouvrit des yeux ronds à ces mots, mais Naruto ne remarqua rien du tout : dans son esprit, la lumière se fit. Il ne pensait qu'à Sasuke. Toute sa vie, il l'avait cherché, ce rival éternel qu'il combattrait jusqu'à son dernier souffle. Il en avait tant rêvé, il avait tant prié les dieux pour cela ! Il savait que peu de gens avaient cette chance dans leur vie : Iruka, par exemple, lui avait avoué ne l'avoir jamais trouvé, et pourtant il avait cherché parmi ses nombreux ennemis ! Naruto avait eu une chance exceptionnelle, une chance qui n'arrivait qu'une fois en plusieurs vies. Il avait trouvé Sasuke. Et à présent qu'il était à sa portée, qu'il l'avait atteint, il ne pouvait pas le laisser s'échapper. Pas comme ça. Pas sans combattre, encore et encore. Qu'importe si Sasuke était attiré physiquement par Naruto ? Le lien qui les unissait était bien plus fort qu'une simple relation charnelle ; plus fort que tous les mariages, toutes les liaisons du monde.
Il y eut comme un frisson, une révélation. Sakura, les genoux tremblants, ne put rien ajouter. Quand Naruto leva enfin les yeux pour balayer l'assemblée d'un regard, il enflamma plus d'un cœur, fit reculer plus d'un opposant. Plus d'une fille mouilla sa culotte ; plus d'un garçon eut la désagréable impression d'avoir changé de bord durant l'espace d'une minute.
Et, impérial, maître de lui, il marcha jusqu'à sa classe.
o-o-o
La journée se passa sans autre changement notable. Sasuke n'était pas venu. Naruto s'en inquiéta tout d'abord, mais il se rassura bien vite : Sasuke était trop fort pour se laisser abattre par un simple cœur brisé. Connaissant l'animal, il était bien capable de revenir encore plus hargneux que jamais, avec pour objectif de faire payer à Naruto l'humiliation qu'il lui avait fait subir. Quelque part, c'était une bonne alternative : que Sasuke le haïsse et cherche à le tuer en conséquence. Cela résoudrait bien des questions embarrassantes. Sitôt qu'il y pensa, Naruto eut honte : il n'était pas un lâche qui tournait autour du pot pour ne pas à avoir à affronter la vérité ! S'il voulait entamer une relation durable avec Sasuke, une relation pure fondée sur le respect et l'affrontement honnête, il se devait de ne rien laisser dans le doute. Qu'ils deviennent rivaux avec bénéfices ou décident de laisser planer un climat de tension sexuelle plus ou moins résolue entre eux, ils ne pouvaient se cacher leurs sentiments.
Naruto quitta l'école comme les autres, d'un pas lent qui trahissait sa déception. Sasuke n'était pas revenu une seule fois. Ce serait donc pour le lendemain, ou le surlendemain s'il était encore absent. Mais si cela durait trop longtemps, Naruto irait le trouver et, quitte à lui taper dessus jusqu'à leur dernier souffle, il ferait en sorte que Sasuke et lui repartent sur un bon pied cette fois.
Il n'eut pas à aller jusque-là. À peine eut-il parcouru la moitié du chemin jusqu'à sa maison qu'il se passa un événement qui allait changer le cours de son existence. Surgissant d'une ruelle sombre, un lycéen à l'allure patibulaire le héla pour lui donner un message avant de disparaître dans l'ombre. Hésitant, Naruto fixa le petit bout de papier que l'autre lui avait remis avant de le déplier d'une main fébrile.
On a tes trois copines en otage, disait le message. Si tu ne veux pas qu'elles finissent dans la rubrique nécrologique du journal de demain, viens seul dans le terrain vague situé près du pont dans une demi-heure. Muraki.
Naruto serra les poings sur le bout de papier, furieux. Ainsi donc, cette raclure de pseudo-chef de gang à la manque avait cédé à ses pulsions les plus viles et avait pris des filles innocentes en otage. La crapule ! Tant pis pour Sasuke, Naruto avait une affaire plus urgente à régler pour l'instant. Il était un homme d'honneur. Il devait sauver ces filles.
Tout concentré qu'il était sur sa tâche à accomplir, il ne remarqua pas la silhouette tremblante qui le regarda partir...
o-o-o
Le vent soufflait fort sur le terrain vague quand Naruto arriva. Jetant le message qui s'envola au hasard, il se dirigea d'un pas ferme vers son adversaire. Muraki était déjà là, entouré de ses sbires. Trois d'entre eux tenaient entre leurs sales pattes les trois Plus filles de la classe de Naruto : Sakura Haruno, Ino Yamanaka et Hinata Hyûga. Il leur fit un sourire confiant avant de s'adresser à Muraki.
— Tu peux les relâcher, je suis là. Affrontons-nous.
Muraki lui jeta un regard mauvais.
— Je suis pas si con, grogna-t-il tout en abaissant le pouce pour signifier à Naruto qu'il était sur le point de perdre. Les filles restent où elles sont et toi aussi si tu ne veux pas qu'on abîme leur jolie gueule.
Naruto sentit une vague d'indignation lui parcourir l'échine. Quel sale type ! Ainsi, il se servait de ces filles comme boucliers pour battre son ennemi ! Ce n'était certainement pas le comportement d'un homme, un vrai !
— T'es vraiment qu'un lâche, fit-il, méprisant.
— Dit celui qui va se faire foutre la raclée de sa vie !
Grimaçant comme un singe, Muraki se précipita sur lui, poing en avant. Naruto encaissa le premier coup avec dignité, mais alors d'autres vinrent, encore et encore. Ceux qui ne tenaient pas les filles le bombardaient de coups ; ils étaient au moins une dizaine sur lui, le frappant de partout, labourant son corps avec leurs bâtons et leurs barres de fer... À la fin, Naruto finit par tomber, et ses adversaires poussèrent des cris de victoire en s'éloignant d'un même bloc.
— Hahaha, tu fais moins le fier maintenant, hein ? cria Muraki en le toisant de haut.
Pas pour longtemps. Puisant dans ses dernières forces, Naruto se releva lentement. Son corps, bien que roué de coups, avait subi bien pire par le passé ; il n'allait quand même pas se laisser battre par des couards qui se servaient de filles comme boucliers !
— Même un enfant me ferait plus mal que vous, dit-il, la voix rauque. Je vais vous buter !
Muraki recula.
— Ne... ne crois pas ça ! On a encore les filles, ne l'oublie pas !
Naruto ne l'oubliait pas. Comment faire pour attaquer sans les mettre en danger ? Sa colère décuplait ses forces, mais il était trop loin pour espérer délivrer ses camarades avant que les hommes de Muraki ne leur fassent du mal...
Il y eut alors un cri, une commotion soudaine. L'un des hommes de Muraki tomba à terre, les yeux exorbités. Un autre suivit bientôt. Ce fut la panique dans les rangs. Et pour cause : pendant que leur attention était fixée sur Naruto, les sbires de Muraki avaient été pris de revers par les Plus ! Surgissant de nulle part, Sasuke, accompagné de Neji, Lee et Kiba avaient taillé leur chemin jusqu'aux filles pour les délivrer. Ten Ten écrabouilla la face de l'homme qui avait tenu Sakura ; Chôji écrasa sous son poids celui qui serrait Ino contre lui. Quant à l'homme qui était chargé de Hinata, il eut une fin funeste entre les mains de Shikamaru. Hinata se précipita dans les bras de Neji qui la tint serrée contre lui.
— Repli stratégique ! Repli stratégique ! ne cessait de hurler Muraki, en pure perte.
Naruto l'agrippa par la nuque et lança celle-ci sur son genou. Assommé sur le coup, Muraki tomba. Il n'en fallut pas plus pour provoquer la débandade parmi ses hommes. Bientôt, il ne resta plus un seul ennemi debout.
Épuisé, heureux, Naruto se laissa chuter sur l'herbe. Ses camarades – non, ses amis ! - l'entourèrent, tout sourires. Sasuke lui tendit la main.
Souriant de toutes ses dents, Naruto la saisit.
o-o-o
Le tenancier du restaurant « Ichiraku Ramen » eut la surprise, ce soir-là, de se voir envahi par des lycéens à l'allure débraillée qui semblaient sortir droit d'une bagarre. Pas impressionné pour si peu (il avait fait partie d'un gang dans sa jeunesse et continuait à faire de la boxe après le travail), il les installa à la meilleure place et leur servit ses plats sans sourciller. Celui qui semblait être le chef, un garçon blond au corps couvert de bleus, tonna à tue-tête qu'il était fier de ses hommes.
— La ferme, Naruto, grommela Kiba. On n'est pas tes hommes.
— Bien sûr que si ! s'écria Naruto, le cœur léger. Et pour fêter notre victoire sur nos ennemis, je vous invite tous ! Allez-y, commandez ce que vous voulez !
Il y eut des rires, quelques soupirs exaspérés, mais dans l'ensemble on était plutôt heureux que cette aventure eut une fin appropriée. Hinata regardait Naruto avec des étoiles dans les yeux, coincée entre les bras de Neji. Chôji, tout content, s'apprêtait à commander toute la carte du restaurant tandis que Shikamaru se demandait ce qu'il avait fait pour être entraîné dans une telle galère. Ino lorgnait Sasuke du coin de l'œil avec Sakura tandis que la main de Ten Ten s'attardait sur le genou de cette dernière. Quant à Lee, il n'était pas en reste puisqu'il se mit à entonner une chanson en l'honneur de la jeunesse dorée de Konoha, vite rejoint par Kiba. Shino resta de marbre, mais quiconque le connaissait un peu savait qu'il était heureux, à sa manière.
Et Sasuke ? Il était resté silencieux depuis le sauvetage, mais ses yeux ne quittaient pas Naruto. Les coins de sa bouche esquissaient un léger sourire, à peine une ombre, une promesse. Naruto n'osait le regarder, mais son cœur bondissait dans sa poitrine rien qu'en pensait à son rival.
— Au fait, comment vous avez fait pour me trouver ? demanda-t-il à l'arrivée des gyôza. Je n'en ai parlé à personne, pourtant !
— C'est Hijiri, dit Kiba en mâchant son premier gyôza. Il est venu me trouver pour me dire que t'étais mêlé à une drôle d'histoire.
— Ce gars qui a failli faire dans son froc quand je l'ai défié ? s'étonna Naruto. Il est où, là ?
— Il avait trop peur, alors il est rentré chez lui. Je suis censé lui raconter ce qui s'est passé demain.
— Ah ben ça...
— Il n'est pas mauvais, dit Shino, à la surprise de tous. Juste... normal.
Kiba pouffa de rire.
— Tu parles, c'est une lopette. C'est bien parce qu'il t'intéresse que je le laisse traîner avec nous, hein !
— Menteur. Tu profites de lui.
— Bah, c'est pas faux...
Ino donna une grande tape dans le dos de Shino, le faisant vaciller quelque peu sur sa chaise.
— Alors comme ça, ce Hijiri t'intéresse ! C'est nouveau ça !
Shino hésita un peu avant de dire :
— Je le trouve... mignon.
La réaction ne se fit pas attendre : dans un cri général, tous ses amis manifestèrent leur surprise, tous sauf Kiba qui haussa les épaules.
— Vous aviez jamais remarqué que Shino avait des goûts bizarres ? L'un de ses hobbies, c'est de collectionner les insectes. Plus ils sont dégoûtants, mieux c'est.
— Tu compares Hijiri à un insecte ? fit Shino d'une voix morne.
— Ben, faut avouer...
Ten Ten fit une grimace de dégoût.
— T'es vraiment pas net, comme type.
Elle avait fini par enrouler son bras autour de Sakura ; sa main droite tâtait même le bout du sein de son amie, mais sans doute par habitude, Sakura ne réagissait pas. Shino leur jeta un regard mystérieux mais ne dit rien.
Lee se mit de la partie. Il était encore plus déchaîné que d'habitude. Les yeux brillants, il se lança dans un discours émouvant sur le véritable amour et son aptitude à transcender les sexes et les âges. Dans un final émouvant, il évoqua les plus grands amants de l'Histoire (du moins, son histoire personnelle, pas mal basée sur les manga et autres mythes populaires) : Hikaru Genji et Dame Murasaki, Oscar et André (seul Shikamaru parut comprendre l'allusion puisqu'il secoua la tête en souriant), le prof d'Histoire Asuma et la prof de biologie Kurenai. À cette dernière évocation, tout le monde poussa des cris d'horreur, à commencer par Shikamaru qui se trouvait dans le club de shôgi dirigé par Asuma. Évoquer la vie amoureuse, voire sexuelle des profs ? C'était trop écœurant pour qu'on s'y attarde !
— Et si on parlait d'autre chose ? fit Ino, légèrement verte. Sakura, tu veux que je t'arrange les cheveux ?
Sakura se mit à rougir violemment : dans leur excitation, elle avait oublié qu'elle avait coupé ses cheveux juste avant de partir du terrain vague. Elle était tombée par accident et sa tignasse s'était emmêlée dans un gros morceau de chewing-gum qui traînait par là. Tous ses efforts et ceux de ses amies, Ten Ten en tête, n'avaient pas réussi à l'enlever. En désespoir de cause, elle s'était saisi d'une paire de ciseaux qu'elle gardait dans son sac et avait coupé une bonne partie de son abondante chevelure rose, au grand dam de Ten Ten qui avait boudé durant tout le trajet. Puis, la joie des retrouvailles aidant, elle avait aussi tout oublié.
— Je suis si moche que ça ? fit-elle d'une toute petite voix.
Ten Ten se hâta de la rassurer.
— Mais non, tu es toujours ravissante ! En plus, ça ajoute du caractère à ton visage !
— Elle a raison, dit Naruto. T'as presque l'air d'une yankee comme ça !
Sakura lui jeta un regard noir.
— Je n'ai pas du tout l'intention de ressembler à un voyou !
— Bah, c'est pas plus mal maintenant que tu fais partie de ma bande...
— Qui a dit ça ?
— C'est évident, tiens ! Vous faites tous partie de mon gang !
— La ferme, fit Sasuke. Tu nous les casses avec tes histoires de gang.
Ravi, Naruto se tourna vers lui et se tint prêt à le défier. Ce fut le patron de l'Ichiraku qui arrangea les choses en arrivant à ce moment-là avec le début des commandes. Il posa un bol de shôyu ramen fumant devant le nez de Naruto puis, avec un claquement de langue satisfait, leur annonça que le repas était servi. Naruto s'assagit immédiatement pour fixer sa nourriture avec un regard gourmand.
— Bon appétit ! s'écria-t-il en se saisissant des baguettes.
Sasuke haussa les épaules : ils auraient tout le temps de se parler après s'être débarrassés des autres. Il se plongea à son tour dans son repas et ne leva pas les yeux de la soirée, même lorsque Lee, qui ingéra par erreur un peu de sake, se mit à danser tout nu devant tout le monde.
o-o-o
Naruto se réveilla avec un mal de tête abominable. La bouche sèche, il tenta de se rappeler de sa soirée. Il avait fêté sa victoire sur le gang de Muraki avec ses amis, ils avaient mangé et bu un peu, puis ils avaient fini par rentrer chez eux... Un coup d'œil rapide autour de lui lui assura qu'il se trouvait bien dans sa chambre, dans son lit. Il se sentait très mal. Ça lui apprendrait à boire de l'alcool plus que de raison, tiens ! Il avait pourtant l'habitude des cuites (il buvait depuis l'âge de neuf ans), mais si troublé qu'il avait été de voir Sasuke, il avait englouti bouteille après bouteille... C'était un miracle qu'il ait pu rentrer sain et sauf. Sans doute ses amis y avaient-ils veillé ; il faudrait qu'il les remercie en les voyant la prochaine fois. Il regarda l'heure : 7h32. Il avait encore le temps de se préparer.
Soudain, les draps remuèrent. Naruto resta cloué sur place. Là, près de lui, il y avait une énorme bosse de forme humaine qu'il n'avait pas remarquée... Déglutissant avec douleur, il tendit lentement la main et souleva la couverture.
Une chevelure hirsute toute noire apparut, suivie d'un visage fin abruti de sommeil. Les yeux de Sasuke s'ouvrirent, voilés par la fatigue ; il les laissa errer sur le corps de Naruto...
Naruto poussa un cri aigu qui acheva de réveiller complètement Sasuke. Tous deux abasourdis, ils se fixèrent un long moment, hésitant sur la marche à suivre... Heureusement, ils avaient encore leurs sous-vêtements. C'était une bien piètre consolation, mais Naruto s'y accrochait comme à une bouée de secours. Ils n'étaient pas tout nus, ils n'avaient donc rien fait de discutable cette nuit... n'est-ce pas ?
Brusquement, la porte de la chambre s'ouvrit en grand. Un homme entra, habillé d'un costume neuf et d'un tablier à fleurs : Iruka, dont le sourire radieux aurait pu éclipser le soleil. Une louche à la main, il lança gaiement :
— Bonjour, Naruto ! Désolé ne pas être rentré hier soir. J'espère que tu as faim ! J'ai fait des...
Ses mots moururent sur ses lèvres quand il aperçut la scène. Naruto, en caleçon, aux côtés d'un Sasuke hagard qui tirait la couverture à lui comme s'il s'agissait du dernier rempart qu'il avait contre le monde.
Un silence de mort pesa sur la chambre. Puis, sortant de sa torpeur horrifiée, Naruto bondit sur ses pieds.
— Ce n'est pas ce que tu crois ! hurla-t-il en direction d'Iruka. Il ne s'est rien passé !
Sasuke se couvrit la tête des deux mains en geignant. S'ils n'étaient déjà pas suspects avant, ils l'étaient définitivement maintenant. Iruka lui jeta un regard noir.
— Je crois qu'il faut qu'on parle, dit-il d'une voix dure. Naruto, habille-toi, le petit déjeuner est prêt.
Naruto voulut protester, mais Iruka sortit sans l'écouter. Sasuke soupira.
La journée s'annonçait très, très longue...
À suivre...
