« Tupperware… Allez, Tupperware, viens là, mon grand ! »
Allongé sur le côté, par-dessus les draps défaits de son ancien lit, Izuku tendit les bras et ne put retenir un sourire satisfait lorsque son chat s'y glissa, avant de se rouler en boule contre lui. Depuis qu'il l'avait adopté, il avait bien grandi ; mais il était resté aussi noir, ses yeux étaient restés aussi jaunes et méfiants et captivants, et son poil n'avait rien perdu de sa douceur. C'était une réflexion qu'il se faisait à chaque fois qu'il le caressait – et qu'il eut cette fois encore, tandis que sa paume large et rugueuse parcourait en douceur le dos de l'animal désormais adulte.
Au souvenir de tout ce qu'il avait vécu depuis leur rencontre, il s'autorisa à fermer les yeux un instant et passa les bras autour de son chat. C'est le moment que choisit la porte de sa vieille chambre pour s'ouvrir, cela dit, et il ne tarda pas à entendre la voix de son petit ami résonner dans la pièce quasiment vide.
« Eh bien. Je vois qu'on profite que je sois parti descendre le dernier carton pour ne plus se rendre utile. »
Izuku sentit ses lèvres s'étirer en un sourire. Il n'avait même pas besoin de le voir pour deviner qu'Hitoshi avait haussé un sourcil et que son visage n'en laissait rien paraître, mais qu'il le taquinait – d'ailleurs, quelques instants plus tard, il s'asseyait sur le lit et lui faisait signe de se déplacer, de sorte à ce qu'il puisse se coucher à son tour.
C'était un bien trop petit lit pour deux garçons – non, des hommes maintenant, presque – de leur âge, et l'armature était si vieille qu'elle gémissait au moindre de leurs mouvements ; bientôt, ils n'auraient plus à s'en soucier, cependant. Même si se retrouver blottis l'un contre l'autre par la force des choses avait du bon… Tupperware, lui, ne l'entendait pas de cette oreille. Apparemment mécontent de se retrouver coincé entre ses maîtres, il se leva et escalada l'épaule d'Hitoshi avant de sauter du lit – le jeune homme le suivit un instant du regard, puis soupira.
« C'est bien beau, tout ça, mais on ne peut pas trop traîner, souffla-t-il, au fur et à mesure que sa main trouvait le chemin de la joue d'Izuku – que son pouce ne tarda pas à caresser avec douceur. Il faut qu'on soit à l'appartement avant midi si on veut avoir le temps de tout installer avant demain. »
Se désintéressant de leur chat, Izuku hocha la tête. C'était vrai : ils étaient à peine sortis du lycée, mais leur travail s'avérait déjà suffisamment demandeur pour ne leur laisser qu'une journée de congé en commun. Dès le lendemain, Hitoshi devrait retourner au commissariat, où on l'attendait pour planifier une nouvelle opération d'infiltration, interroger de nouveaux suspects, et Izuku devrait se présenter à l'agence avant d'aller patrouiller ou remplir quelque rapport.
Dans l'immédiat, cela dit… Izuku esquissa un sourire et posa la main sur la hanche de son compagnon, qui comprit aussitôt où il voulait en venir – une fraction de seconde, encore, et les lèvres d'Hitoshi rencontraient les siennes avec lenteur, délicatesse, mais passion. Plus de trois ans plus tard, il n'était plus question de s'en tenir aux baisers chastes et timides ; il attendit un instant, peut-être, puis ses dents trouvèrent sa lèvre inférieure, sa langue rencontra la sienne. Izuku raffermit la prise qu'il avait autour de sa taille et il laissa échapper un soupir de plaisir.
Et dire qu'ils allaient pouvoir faire ça tous les jours, désormais. Se réveiller côte à côte. Aller se coucher ensemble à la nuit tombée.
C'était niais, et c'était cliché, et un peu ridicule aussi, mais Izuku ne pouvait s'empêcher d'avoir vraiment, vraiment hâte – alors il se sépara de son petit ami, le temps d'appuyer son front contre le sien, et il lui en fit part. Cela lui valut un sourire sincère, un nouveau baiser, plus retenu cette fois ; et puis Hitoshi reprit l'air las et se hissa sur ses coudes.
« Allez, on a perdu assez de temps comme ça, dit-il. On embarque le chat et on y va. »
Bien qu'un peu déçu de devoir lâcher son compagnon, Izuku acquiesça et se redressa à son tour. Il écouta son vieux lit grincer une dernière fois lorsqu'il se leva ; puis il attrapa la caisse de transport de Tupperware et Hitoshi y fit entrer l'animal.
« Ça ira, pour ta mère ? demanda-t-il tout de même, une ombre d'inquiétude passant sur son visage ; mais Izuku lui répondit d'un sourire rassurant.
– Oui. On en a discuté, ce sera un peu dur de se retrouver toute seule, mais… Elle veut qu'on l'emmène. Et qu'on lui rende visite souvent. »
Encore une fois, il eut droit à l'un de ces sourires sincères, heureux, que son petit ami ne réservait qu'à lui et à Tupperware.
« Bien. C'est parti, alors.
– Oui ! »
Hitoshi se releva, lui tendit la main ; Izuku l'attrapa et souleva la caisse de l'autre ; et lorsqu'ils quittèrent la pièce leurs doigts s'entremêlèrent sans même qu'ils n'aient à y réfléchir.
« Oh, j'y pense, ajouta toutefois Hitoshi. J'ai eu mes parents au téléphone hier. Mon père a commencé une désensibilisation, alors… ils se réjouissent de venir nous rendre visite. »
À ce moment précis, Tupperware miaula avec enthousiasme – et les deux garçons en pouffèrent en même temps, tandis qu'Izuku le remerciait silencieusement, aussi idiot que cela puisse paraître, pour leur avoir offert la possibilité d'apprendre à se connaître et de construire… tout ce qu'ils avaient maintenant. Tout ce qu'ils auraient bientôt. Et tout ce qu'ils n'étaient pas près de cesser d'avoir.
Et voilà, c'est terminé ! Un immense merci à toutes celles et tous ceux qui auront lu jusqu'ici. Si cette fic vous a plu, hésitez pas à me laisser une review ou à m'envoyer un MP, ça me fait super plaisir de savoir que des gens lisent ce que je fais et ça m'aide à me dire que je travaille pas pour rien ! C:
En attendant, plein de bonnes choses à vous, et j'espère avoir très vite l'occasion de revenir avec d'autres histoires sur ce fandom ! \o/
