Chapitre VII : Puerta de Luz

Chapitre VII : Puerta de Luz

Renji gisait sur le sol, inerte. Son zanpakutô avait disparu. Rukia se jeta vers lui, désespérée.

« Le ciel soit loué ! Il respire encore… »

- Kuchiki, dit Kenpachi.

La shinigami se retourna. Le capitaine de la onzième division lui avait parlé d'une voix grave, inhabituelle.

- Tu vas prendre Abarai et l'emmener à la Soul Society, immédiatement. Unohana devrait pouvoir le maintenir en vie encore un peu.

- Mais… et le démon ?

- On s'en occupe, répondit Ikkaku.

- …Bien. Je vous fais confiance.

Rukia prit alors le corps de Renji sur son dos. Deux papillons de l'enfer apparurent, suivis d'une porte circulaire. Les deux shinigamis la franchirent, et la porte se volatilisa.

- Et maintenant ? demanda Chad.

- On va ratisser la ville à la recherche de ce foutu démon, lança Kenpachi. Le vieux va sûrement nous envoyer des renforts… je veux le trouver avant.

Ikkaku et Yumichika échangèrent un sourire. Leur capitaine avait trouvé un adversaire de taille, et il ne comptait pas laisser filer un combat pareil.


Gin ôta sa main de son flanc, et se redressa. Sa blessure était toujours ouverte, mais le sang semblait s'être arrêté de couler. Le traître souriait de nouveau.

- C'est le zanpakutô d'Abarai, n'est-ce pas ? Tu m'impressionnes… je ne t'avais pas cru capable d'absorber les pouvoirs d'un shinigami à cette distance. Ça te dirait d'en avoir encore plus ? Ceux d'un capitaine, par exemple ?

- Les tiens feront aussi bien l'affaire !

Janus leva alors son sabre, toujours sous la forme de Zabimaru.

- Chire, Senbonzakura.

La lame se désagrégea, mais les milliers de pétales de cerisier s'écrasèrent contre un énorme pilier de lumière blanche, qui troua les cieux pour venir envelopper Ichimaru. Celui-ci sourit de plus belle, tout en niant de l'index.

- Je te déconseille de venir m'attaquer maintenant, Janus. Tu pourrais te blesser, et ce serait regrettable, je te veux en pleine forme…

- Tiens donc… et c'est quoi, ce petit tour ?

- Ça s'appelle negación, et c'est assez pratique pour partir de la zone de combat sans trop de problèmes. Plus rien ne saurait passer entre ce mur de lumière sans que je le veuille, à présent. – Gin pencha alors son visage vers le démon. – Tu veux bien m'écouter, maintenant ? Ou veux-tu passer à côté de la chance d'accroître tes pouvoirs ?

- Et comment un insecte tel que toi pourrait m'être d'une quelconque utilité ?

Gin mit alors la main à l'intérieur de son manteau blanc. Il en ressortit une petite sphère, d'une blancheur immaculée et d'une taille semblable à celle d'une grosse bille.

- Avec ça. Attrape !

Ichimaru lui lança la sphère, qui traversa la negación. Le démon ne la regarda même pas, et elle tomba sur le sol avec un petit bruit métallique.

- Eh… fais attention, elle est fragile…

- Tu te fiches de moi ? Comment une chose aussi ridicule pourrait me servir ?

- Cette chose « ridicule » s'appelle Puerta de Luz. C'est un objet très précieux. En l'utilisant, on est immédiatement transporté aux côtés de la personne que l'on désire, en se servant d'un échantillon du reiatsu de la personne concernée, aussi infime cet échantillon soit-il. Et dans celle que je viens de t'offrir, il y a une trace du reiatsu d'un capitaine de la Soul Society. Il te suffit de t'en servir, et de prendre ce capitaine par surprise…

- Et si cet objet est si précieux, peut-on savoir pourquoi tu me le donnes ?

- Nous avons les mêmes buts, après tout. Tu veux détruire la Soul Society, moi aussi. Et malheureusement, la Puerta de Luz n'est pas encore tout à fait au point… un simple shinigami serait incapable de l'emprunter sans subir d'irréparables dommages dans son saketsui. Mais cela ne devrait pas être un problème pour toi, non ?

Gin commença alors son ascension à travers la negación. Janus ramassa la sphère blache.

- Très bien, je vais suivre ton petit jeu. Je vais m'emparer des pouvoirs de ce capitaine.

Gin disparut dans le ciel, et la colonne de lumière se volatilisa.

- Et tu seras le prochain.


Le « shinigami mystérieux » n'avait perdu aucun détail de la conversation. Suivre ce démon sans se faire remarquer était un bon conseil, après tout… Il s'empara alors d'un téléphone portable qui reposait dans sa tunique. Il devait tout lui raconter, et tout de suite.


Un soleil de plomb éclairait le ciel d'une lueur pâle, se reflétant sur un désert de sable qui s'étendait à perte de vue. Seule une brise légère apportait un semblant de vie au monde désolé du Hueco Mundo. L'unique ombre sous laquelle il aurait été possible de se dissimuler au regard du soleil était celle projetée par un immense palais, encore plus blanc que le sable qui l'entourait.

En son centre se trouvait une salle immense, aussi obscure que l'âme de celui qui occupait le trône qui revenait au maître de ce monde. Sôsuke Aizen était satisfait de son plan.

A la droite du trône, une porte s'ouvrit lentement. Un rai de lumière éclaira momentanément le visage du maître de Las Noches, puis l'obscurité revint.

- Alors, mon cher Gin, tout s'est-il bien passé ?

Ichimaru s'approcha du trône.

- Absolument. Ce démon était assez têtu, mais il a fini par accepter notre petit cadeau. Tout se passe comme prévu.

- Excellent.

Aizen marqua une courte pause. Puis il ajouta :

- Ce…Kurosaki, il a entendu toute votre petite conversation, je suppose ?

Gin fit alors un de ses sourires les plus troublants.

- Bien sur. Tout ceci ne servirait à rien, sinon, n'est-ce pas ?