Chapitre 7 : L'amour fait mal
Note de l'auteur : Je manque de temps, d'où cette plus longue attente pour ce chapitre. Veuillez m'en excuser et bonne lecture.
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Dans la chambre du capitaine de la troisième division du Shinsengumi, le vice-capitaine Toshizô Hijikata finissait de nouer la bande sur le bras de Saito. La dite bande ne tenait pas bien, il faut dire que le samourai qu'il était n'était pas doué pour ce genre de tache. La main sur le bras bandé, le brun sentit une autre main se poser dessus. Il soupira :
« - Je suis navré Saito, dit Hijikata, je ne suis pas doué. J'aurais quand même du demander à Yamazaki de trouver un moment pour s'occuper de ça.
- Ce n'est pas grave vice-capitaine. C'est très bien comme ça, et puis ce n'est pas une blessure grave. Yamazaki-kun est très occupé, n'allez pas le déranger. »
Saito voulut remettre la manche de son kimono mais Hijikata l'arrêta avant de poser ses lèvres sur son épaule. L'homme aux yeux bleus sentit un frisson lui remonter le long de sa colonne vertébrale. Même si son vice-capitaine ne lui avait rien promis quand au devenir de leur relation, il était vraiment plus que comblé et avait l'impression de vivre un doux rêve. C'était pourtant bien les lèvres de cet homme qu'il aimait tant qui étaient posées sur sa peau et remontaient dans son cou alors que sa main chatouillait son oreille. Saito utilisa son autre bras pour se bâillonner à nouveau la bouche. Ces quelques touchers lui donnaient envie de pousser un gémissement. Ses commandes orales ne lui obéissaient plus, il était totalement soumis à Hijikata. Ce dernier s'en rendit comte et continua ses caresses et baisers, en écartant la main de Saito de sa bouche afin qu'il puisse l'embrasser elle-aussi. Ses doigts glissaient le long de son bras dénudé tandis que l'autre main maintenait la nuque du jeune capitaine. Saito ne résista pas cette fois et tandis que la langue d'Hijikata entrait en contact avec la sienne, il gémit et passa ses deux bras autour du cou de son vice-capitaine pour approfondir le baiser, s'accrochant à son kimono, comme s'il avait peur de perdre cet homme qu'il aimait tant. Hijikata se réattaqua à son cou et Saito mit la tête en arrière :
« Finalement, tu n'es pas si timide que ça, dit Hijikata sur un ton malicieux. »
C'était pourtant son désir qui le faisait agir de la sorte. Hijikata pouvait faire ce qu'il voulait de lui, et même se servir de lui, son amour et son désir pour lui était tel qu'il lui était complètement soumis. Chaque parole lui semblait être une douce mélodie pour ses oreilles, chaque toucher titillait ses stimulis dermiques et lui procurait des frissons, chaque baiser réveillait ses instincts reproductifs… Il avait envie de lui comme jamais, et le lui faire remarquer était vraiment des plus embarrassant. Saito s'écarta d'Hijikata, et se retourna pour cacher son visage dans ses mains. Hijikata rit avant de l'enlacer par derrière et poser la tête sur son épaule :
« - Pourquoi te caches-tu ? Demanda le brun à l'oreille de son compagnon.
- Je suis désolé de paraître aussi pitoyable vice-capitaine, mais je suis si gêné.
- Tu aimes quand je te fais ça ? L'interrogea Hijikata en l'embrassant dans le cou. »
Cette fois encore, Saito mit ses deux mains devant la bouche et ferma les yeux. Hijikata n'en finissait jamais de le taquiner et cela avait vraiment l'air de l'amuser :
« Saito, ces réactions me prouvent que tu éprouves du plaisir, tu n'as pas à les contenir, elles sont comme une fierté pour moi. Laisse-toi donc aller. »
Hijikata retourna délicatement Saito pour s'emparer encore de ses lèvres. Ses mains glissèrent sur cou puis sur ses bras, il voulait lui faire tomber le haut de son kimono, mais au final, il ne réussit qu'à faire tomber la bande qu'il venait de nouer :
« - Ah mince, elle n'a pas tenu. Navré Saito, je vais la refaire.
- …
- Tu es déçu ? Tu aurais voulu aller plus loin ? Demanda Hijikata.
- Je vous l'ai dit, je vous aime et vous désire plus que tout. Mais nous manquons de temps et je ne veux pas faire ça à la va vite, surtout pour une première fois avec vous.
- Avec moi ? N'est-ce pas une première fois tout court. »
Et encore une fois, Saito rougit et cacha son visage cramoisi dans ses mains. Hijikata se put s'empêcher de rire tellement il trouvait que le Saito amoureux était adorable. Embrassant une dernière fois sa soyeuse chevelure, il se mit ensuite à la tache de refaire correctement le bandage. Il s'en voudrait sir la peau de Saito soit abîmée pour cause de mauvais soins de sa part.
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Sôji ne s'étant pas présenté au petit-déjeuner, cela inquiéta Kondo qui voulut lui rendre visite une fois le repas terminé. Sano l'arrêta juste à temps pour lui proposer d'aller le voir à sa place :
« - Comprenez ma démarche Kondo-san, se justifia le lancier, si vous êtes inquiet, Sôji va culpabiliser. S'il ne se présente pas, c'est qu'il n'est pas très bien, alors n'allons pas en plus lui ajouter une bonne dose de culpabilité.
- Oui, mais… Hésita Kondo qui s'inquiétait vraiment pour son petit disciple.
- Tout ceci n'est pas de votre faute bien sûr. Sôji et vous êtes très proches, c'est un fait, c'est pourquoi je vous propose de passer la main. Des fois, on ose plus parler de ses problèmes à des gens que l'on côtoie moins. Je viendrai vous faire mon constat sur son état ensuite.
- Soit, dans ce cas je compte sur toi Harada-kun. »
Cela avait donc été convenu de la sorte. Sano avait bien l'intention de découvrir le problème de Sôji. Il ne faisait pas cela par curiosité, mais parce qu'il était réellement inquiet pour son frère d'arme. Son rire et ses blagues manquaient, il y avait comme un vide qui ne lui plaisait pas, et il ne serait pas tranquille tant qu'il n'aurait pas comblé ce vide… Enfin, cela lui avait aussi permis d'échapper à la corvée vaisselle. C'était à Heisuke de la faire, Hijikata lui ayant obligé, toujours persuadé que toute cette pagaille du matin était entièrement sa faute. En bon ami, Shinpachi avait voulu l'aider et Sano aurait sans doute aussi été de la partie s'il n'avait pas l'excuse Okita :
« - Tu nous trahis Sano ! Objectiva Shinpachi.
- Je veux aller voir Chizuru, chouina Heisuke.
- Allons, tout ça est un malentendu, dit Sano en posant sa main sur la tête d'Heisuke dans son attitude de grand frère modèle. Ne t'en fais pas Heisuke, Chizuru et toi, vous vous aimez. Tout va s'arranger. »
Sano avait dit ça en faisant son habituel clin d'œil comme il en faisait parfois à Chizuru, avant de se retirer. Les deux autres en restèrent pantois. Shinpachi lâcha même la tasse qu'il tenait dans la main et qui alla se fracasser sur le sol, tandis qu'Heisuke renversait tout l'eau qui devait servir à la vaisselle :
« - Quelle classe, quelle allure ! Admira Heisuke.
- Je savais que Sano était cool, mais là ça dépasse tout. J'envie sa future épouse et en attendant, je me réjouis d'être en quelque sorte son partenaire.
- Hein ! Son partenaire ? De quoi tu parles ?
- Euh, je veux dire mon partenaire de combat, mon frère d'arme quoi ! S'empressa de corriger Shinpachi. D'ailleurs, je me demande bien pourquoi il a demandé à voir Sôji, ils n'ont jamais été spécialement proches.
- Ha, moi aussi je me le demande.
- Mais qu'est-ce que c'est que ça ? Gronda une voix derrière les deux acolytes.
- Ouah, Hijikata-san ! Répondit Shinpachi surpris.
- Ne nous faîtes pas peur comme ça !
- Mais que fichez-vous ? La vaisselle n'est pas faite, et vous avez encore cassé une tasse. Avec celle de Chizuru ce matin, ça fait deux en un jour. Le Shinsengumi manque d'argent, et bientôt je vais devoir sortir les ressources d'urgence pour commander de nouvelles tasses, houspilla le démoniaque vice-capitaine.
- Voyons Hijikata-san, ne vous mettez pas dans un tel état pour des tasses. Nous en achèterons des nouvelles avec notre argent.
- Ha bon, dans ce cas très bien, se calma finalement Hijikata avant de se retirer.
- Vous avez de la chance que le vice-capitaine soit tolérant, déclara Saito qui suivait Hijikata. Vous, capitaines de division et même pas capable de nettoyer de la vaisselle sans la casser. Espérons pour vous que vos katana ne vous glisseront pas des mains lors d'une bataille, car il en va de votre vie, mais aussi de la réputation des guerriers du Shinsengumi. Comprenez que c'est le vice-capitaine qui endosse toutes vos humiliations, comme quand vous abusez un peu trop de la boisson… Saito continuait son monologue sans fin, les deux autres ne l'écoutant déjà plus.
- Bon sang, ça faisait longtemps qu'Hajime-kun ne nous avait pas fait un de ses longs discours moralisateurs, dit Heisuke tout bas.
- Je ne comprends pas ce gars. Vice-capitaine par-ci, vice-capitaine par là, mais que lui trouve-il à cet homme grincheux ? Se demanda le capitaine du second escadron, lui aussi tout bas.
- Va savoir. En tout cas il a l'air en forme.
- J'espère que vous serez à l'avenir plus digne de la confiance et de la tolérance dont fait preuve le vice-capitaine à votre égard, continuait inlassablement Saito. Sur ce, dépêchez-vous de terminer la vaisselle, la réunion avec Yukimura va bientôt commencer.
- Ma Chizuru ! Vite, Shinpat-san, essuie, moi je lave. »
La matinée avançait effectivement à grand pas. Et tandis que les capitaines de la seconde et de la huitième division finissaient de ranger la vaisselle encore à moitié sale et mouillée dans la cuisine, ils virent passer Chizuru devant la porte, tête baissée et accompagnée de Yamazaki. En la voyant ainsi si triste, Heisuke eut un pincement au cœur si fort qu'il en serra sa poitrine. Shinpachi se rendit compte de son mal-être et posa une de ses mains sur ses épaules :
« - Allez, comme l'a dit Sano, ce n'est qu'un malentendu, tout va rentrer dans l'ordre. Quand même, je me demande ce qui l'a mis dans cet état ?
- Peu importe, je veux la regarder droit dans les yeux et lui dire qu'il n'y a qu'elle qui compte pour moi, et que j'endurerai tout pour elle, même sa nourriture.
- A ce point ! S'étonna Shinpachi. A-t'on besoin de tant souffrir quand on aime ? »
Bien entendu Shinpachi n'y connaît rien et ça se voit !
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Sanosuke Harada fit doucement coulisser la porte de la chambre de Sôji. Ce dernier était allongé sur son futon, complètement habillé et tournait le dos à la porte. Sano s'approcha, il sentait que quelque chose n'allait pas. Sôji avait les yeux fermés mais ne dormait pas, alors qu'il serrait son katana contre lui, il avait une respiration haletante et son visage était en sueur. Ses vêtements aussi étaient trempés. Sano toucha ses mains qui elles étaient glacées, alors que son front était chaud. Sentant quelqu'un le toucher, Okita ouvrit les yeux et rencontra le regard inquiet de Sano qui l'examinait :
« - Sano-san ?
- Sôji, regarde dans quel état tu es ! Ne reste pas comme ça, lève-toi, il faut changer tes draps et tes vêtements. Je vais appeler Yamazaki pour qu'il… »
Sôji posa sa main sur le bras de Sano pour l'arrêter dans sa course. Lui souriant pour le rassurer, il ne réussit qu'à l'inquiéter un peu plus alors qu'il était pris d'une nouvelle quinte de toux. Une main sur la bouche et l'autre sur la poitrine, il avait bien du mal à respirer. Sano n'y connaissait rien en médecine, mais il avait compris que Sôji avait besoin d'air, aussi le sortit-il de force de son futon et l'amena à l'air libre en le portant presque et en l'asseyant sur le porche. Encore une fois il voulut aller prévenir Yamazaki qui était celui qui avait le plus de connaissance dans le domaine pour lui dire ce qu'il devrait faire, mais une fois encore, Sôji le retint. A l'air libre et sa toux calmée, il arrivait mieux à respirer :
« - Ne va pas déranger Susumu-kun, je vais bien, lui assura Okita.
- Ne te fiche pas de moi Sôji, tu as de la fièvre, tu es en sueur et épuisé.
- Rien qu'un mauvais rhume.
- A d'autre, répondit au tac au tac Sano qui n'y croyait pas.
- Sano-san, les hommes plus petits et plus minces sont plus sensibles à ce genre d'infection, dit alors Okita en bon connaisseur, chose qui était totalement fausse bien sûr.
- Ah vraiment ?
- Je ne le crois pas qu'il ait gobé ça ! Pensa Okita avant d'ajouter. Bien sûr, toi qui est grand et costaud, au vu ta carrure, je comprends que tu ne le réalises pas.
- Peu importe, il faut s'occuper de ça. Où as-tu des vêtements propres, je vais t'aider à te rafraîchir et changer les draps de ton futon.
- Ca va Sano-san, ne te donne donc pas tant de mal. »
Mais Sano n'était pas de cet avis. Puisque Sôji ne voulait pas l'aider, il fouilla lui-même dans la chambre du capitaine pour y trouver un kimono blanc propre, avant de prendre le dit capitaine par la main et l'emmener au puit. C'était là que les membres du Shinsengumi faisaient leur petite toilette quand ils n'avaient pas le temps d'aller à la maison de bain. Sôji ne semblant toujours pas réagir, Sano s'occupa de monter un seau d'eau fraîche, de lui ôter le haut de ses vêtements et lui rafraîchir son dos en sueur :
« - Sôji, bouge-toi un peu. Où sont passés ton entrain et ta bonne humeur habituelle ?
- Ma vie est vide Sano-san. Tu ferais mieux d'aller t'amuser avec Shinpachi-san et Heisuke, ne t'occupe pas d'une loque comme moi.
- Bon sang, ne dis pas ça Sôji. Je fais ça parce que je suis inquiet pour toi. Tu ne te rends donc pas compte de ta valeur. »
Sano continuait de rafraîchir Sôji, ce dernier n'effectuant pas le moindre geste. Puis il lui reprit la main et l'emmena dans sa chambre pour lui mettre le kimono propre, avant de changer entièrement le futon. Il recoucha ensuite son frère d'arme et sortit quelques minutes. Okita fut pris d'une nouvelle quinte de toux qui se calma au moment où Sano revint dans la chambre avec un plateau qui contenait des onigiris mal constitués :
« - Je ne suis pas doué pour ce genre de chose, mais mange Sôji, tu dois prendre des forces pour guérir.
- Je n'ai pas faim.
- Je ne t'ai pas demandé si tu avais faim, mange et c'est tout, dit Sano d'un ton qui se voulait autoritaire.
- Sano-san, pourquoi fais-tu cela ? De Kondo-san ou Hijikata-san, je ne serai pas étonné, mais toi.
- C'est vrai qu'on a jamais vraiment parlé, mais tu es mon frère d'arme Sôji, et je m'inquiète pour toi, ça ma touche de te voir dans cet état. Dis-moi, qu'est-ce qui se passe ? Parle-moi Sôji.
- …
- Si tu as peur t'inquiéter Kondo-san, je te jure que je garderai le secret, lui assura Sanosuke. Il est plus facile de se confier à ceux avec qui on a le moins d'affinités. S'il te plait Sôji, ne garde pas cela pour toi seul, ne porte pas seul ton fardeau.
- Je suis assez fort pour porter mon fardeau seul.
- Et tu es pourtant déjà tellement épuisé. Ce n'est pas bon, tu es le capitaine de la première division, tu as des responsabilités. Tu ne peux pas te permettre de rester ici à t'affaiblir, tu dois vite te rétablir. Kondo-san compte sur toi, ne le déçois pas. Aujourd'hui, Tu n'as plus de force mais moi oui. Laisse-moi être un soutien, une épaule sur laquelle tu pourras t'appuyer jusqu'à ce que tu te rétablisses.
- Pourquoi ferais-tu cela ? Je ne te savais pas si altruiste.
- Je n'ai pas besoin d'avoir une raison pour aider quelqu'un, déclara Sano le plus sérieusement du monde. »
Sôji s'assit sur sa couche et fixa Sanosuke de ses yeux émeraudes. Lui qui était condamné, lui qui ne pourrait jamais toucher l'être qu'il aime, lui qui était si désespéré... Cette personne si lamentable qu'il était devenu, il y avait encore des gens qui s'inquiétaient pour lui et qui essayaient de le faire revenir à la surface. Sano-san était certes un casse-cou, aimant se battre et boire aussi. Malgré cela, il semblait sincère, Sôji avait bien envie d'essayer de se reposer sur lui un moment. Aussi prit-il un onigiri qu'il porta à sa bouche et mastiqua lentement sous les yeux attentifs du lancier du Shinsengumi :
« - Je suppose que tu ne laisseras pas tomber si facilement, décréta Sôji.
- Effectivement, approuva Sanosuke.
- Ce n'est pas bon, grimaça Okita qui mangeait un des onigiri du rouquin.
- Ne fais pas le difficile. T'es un guerrier ou pas ? C'est toujours meilleur que le plat spécial de Chizuru. Et c'est plein de sucres lents pour te donner des forces. Allez mange, je ne veux plus voir la moindre grain.
- Tu es dur.
- Et quand tu auras fini de manger, on va devoir se parler.
- J'espère que tu as les épaules solides.
- Ne t'en fais pour ça, lui assura Sano en riant, j'ai déjà porté Shinpachi sur mon dos et Heisuke sous mon bras un soir où ils avaient trop bu alors que j'étais moi-même bien éméché. »
Sôji rit, c'était déjà un début. Sano était drôle et ne le prenait pas en pitié. Rien de mieux pour remonter un guerrier, mais la route était encore longue.
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Dans la salle de réunion se tenait Chizuru qui avait la tête baissée, derrière elle Yamazaki, devant elle Kondo et Hijikata et à sa droite Saito, Heisuke, Shinpachi et Inoue, qui ne sert à rien, mais c'est juste pour rappeler qu'il est là. L'ambiance était lourde, personne n'osait prendre la parole. Kondo qui n'aimait pas qu'il y ait des froids entre ses hommes, bien que Chizuru soit une femme mais ça ne changeait rien au fait, se racla la gorge et pris la parole :
« - Si nous sommes là aujourd'hui, c'est pour régler un petit soucis.
- Mais il y a des absents, fit remarquer Hijikata. Où sont Sôji et Harada ? On leur avait bien dit qu'il y avait une réunion.
- Ce n'est pas non plus une réunion secrète ou un conseil de guerre.
- Je ne vois pas non plus l'intérêt de faire une réunion pour une raison si vaine.
- Vous considérez donc que le mal-être de ma Chizuru est sans intérêt ? Commença à s'emporter Heisuke.
- Allons, ne commençons pas les discordes. Sano et Sôji ont une excuse, ils ne peuvent pas se présenter. Déroulons cette réunion sans eux. Yamazaki-kun, nous écoutons ton rapport.
- Je n'ai malheureusement aucune information à vous donner, dit le shinobi très professionnel. Yukimura est dans un tel état de torpeur, elle n'a pas dit un mot depuis tout à l'heure. Dans ces conditions, il m'est impossible de tirer quelconque conclusion.
- Et bien Yukimura-kun, nous ne pourrons jamais régler ce problème si tu ne parles pas, tenta de l'encourager Kondo.
- Ne nous fais pas perdre notre temps, dit alors Hijikata d'un ton acerbe. Nous punirons le responsable de ton mal-être, mais si tu t'obstines à garder le silence, c'est toi qui seras punie pour nous faire perdre de notre temps.
- Toshi, ne sois pas si dur avec elle.
- C'est vrai, vous ne la mettez pas du tout à l'aise.
- Nous sommes là en réunion au sein du Shinsengumi et non pas un thé entre amies, répliqua Saito plus froid que jamais. Elle doit prendre ses responsabilités sur son comportement, ce sont les règles ici. Fille ou pas, elle se doit de les appliquer.
- Tout à fait, Saito a raison, approuva le vice-capitaine. Nous sommes déjà bien assez clément envers toi qui n'es rien de plus qu'un otage.
- Vous la prenez encore pour une prisonnière ! S'indigna Heisuke.
- Chizuru est des nôtres maintenant.
- Raison de plus pour qu'elle se plie au règlement.
- Allons, ne nous emballons pas. Je suis sûr que l'on peut régler ça l'amiable. Yukimura-kun, dis-nous sincèrement, si le problème vient du fait que tu sois obligée de porter des sous-vêtements d'homme, nous pourrons toujours essayer de trouver une solution.
- Hein ? S'étonna la jeune fille. »
Tout le monde tomba à la renverse sauf Chizuru qui était surprise d'une telle question et Kondo qui affichait l'air stupide de l'homme qui n'a rien compris du problème. Shinpachi manquait de s'étouffer tellement il s'empêchait de rire. Inoue, qui n'avait pas participé à la discussion du matin, se grattait la tête en se demandant si Kondo ne devenait pas fou. Saito, qui était toujours mal à l'aise dès qu'il s'agissait de choses "sexy", cacha ses rougeurs derrière son écharpe en détournant la tête. Interloqué, Shinpachi essayait maintenant de voir ce que cachait Saito. Yamazaki était redevenu stoïque et décida d'expliquer à Inoue pourquoi Kondo avait dit une telle chose. Quand à Hijikata, il réprimandait le dit Kondo sur sa théorie foireuse, à se demander qui était le capitaine ici ! Chizuru ne disait rien, la tête de nouveau baissée, elle se rendit compte que quelqu'un s'était approché quand elle sentit une ombre devant elle. Levant la tête, elle aperçut le jeune garçon qui faisait battre son cœur mais qui le faisait aussi souffrir. Sa sensibilité de jeune fille reprenant le dessus, elle sentit des larmes humidifier ses yeux. Heisuke comprit alors que le problème de Chizuru venait de lui. Il s'agenouilla devant sa dulcinée, essuya les larmes qui perlaient au coin de ses yeux, puis lui prit la main en lui disant :
« Viens avec moi. »
Il se releva et la guida vers l'extérieur de la pièce, sans lui lâcher la main. Chizuru le suivit sans broncher, sans rien demander, sans opposer la moindre résistance. Elle obéissait docilement, la tête toujours baissée. Quand la jeune fille avait cette posture, c'est qu'elle n'allait pas bien. A noter que toutes les autres personnes présentes dans la pièce n'avaient pas remarqué que le petit couple s'était éclipsé :
« - Kondo-san, continuait de réprimander Hijikata, quand bien même le problème viendrait de là, je ne vois pas pourquoi on se devrait de faire une exception pour Chizuru.
- Toshi, tu n'y connais rien aux femmes, il faut les traiter avec délicatesse, les chérir et les protéger toute notre vie. Tu n'auras jamais d'épouse avec ton comportement.
- Je n'ai pas besoin d'une épouse, j'ai déjà tout ce qu'il me faut ici. Et d'ailleurs, je vous signale que vous-même, vous n'avez jamais su garder une conquête car vous ne preniez pas suffisamment soin d'elle.
- Ah, mais c'est que les femmes sont capricieuses, elles en demandent toujours plus.
- Voyez-vous Inoue-san, expliquait Yamazaki, tout est partie de la blague de Nagakura-san au sujet de quel sous-vêtement pouvait porter Yukimura. Je ne pense pas qu'il s'agisse là de son problème, mais Kondo-san en avait l'air convaincu.
- C'est tout Kondo-san ça, dit Inoue en souriant.
- Saito, pourquoi te caches-tu ? Demanda Shinpachi d'un air malicieux.
- Je pense qu'il est temps d'en finir avec cette histoire, déclara Saito qui était redevenu normal.
- Tout à fait, approuva Hijikata, nous avons déjà assez perdu de temps. Allez Chizuru, dis-nous…
- Hein, Yukimura-kun n'est plus là ?
- Et Heisuke non plus.
- Ils vont régler ça entre eux, c'est sans doute ce qu'il y avait de mieux à faire.
- Mais Heisuke ne cessait de clamer son innocence.
- S'il l'a emmenée de lui-même pour s'expliquer, c'est qu'il n'était pas si innocent que ça, déduit alors le vice-capitaine toujours aussi impitoyable.
- Je suis quand même curieux de savoir quel était le problème de Chizuru.
- C'est vrai, nous avons monté une réunion rien que pour cela. Yamazaki, puis-je te charger de les espionner.
- A vos ordres, répondit le shinobi avant de s'éclipser.
- Je pense qu'il vaudrait mieux garder cette réunion secrète.
- Il est sûr que si des nouvelles recrues ou des hommes d'Itô, voire Itô lui-même apprenaient le contenu de cette réunion, la réputation du Shinsengumi en prendrait un sacré coup, pensa Hijikata.
- Il n'y a pas de mal à s'inquiéter du bien-être de nos membres.
- Cela dit, s'il s'avère qu'Heisuke était bien le coupable, il sera puni comme il se doit.
- Ah, ce pauvre Heisuke ne sait pas encore dans quelle galère il s'est mis, pensa à voix haute Shinpachi. Le mal d'amour est vraiment terrible. »
Saito écoutait mais ne disait rien. Lui-même souffrait de ce mal d'amour, et intérieurement, il plaignit Chizuru. Il espérait que tout s'arrange pour elle, car la douce Chizuru ne méritait pas cela. A peine Saito eut-il levé les yeux pour regarder le vice-capitaine qui enguirlandait encore Kondo, son cœur se mit à battre à la chamade. Oui, il souffrait bien de ce mal d'amour.
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Il ne se passe pas grand-chose dans ce chapitre. Veuillez m'excuser si vous trouvez que l'histoire traîne en longueur. C'est vrai qu'il ne s'est pas passé un jour en sept chapitres. Je pensais finir ce premier « arc » avec ce chapitre mais ce sera avec le prochain.
Merci d'avoir lu
