Coucou, me revoilà...avec la fameuse discussion avec Voldemort où (presque) tout est expliqué. Je m'excuse d'avance si ce chapitre peut vous paraître un peu théorique, mais c'est nécessaire pour la suite de l'histoire.
Je passe à la mauvaise nouvelle maintenant: je vais fêter Noël chez mes grands-parents, où il n'y a pas Internet...donc je ne pourrai pas poster jusqu'à jeudi! Mais comme je suis quelqu'un de très gentil (vous êtes censés approuver), là je vous livre deux chapitres d'un coup! surtout que, comme on me l'a fait remarquer, ils sont très courts...mais ça va s'arranger avec le temps.
Grands mercis à Eleonore-dem, Mangli, Hinata Sky, Blackmamba, Plumière, Mai26 et Senga! vos reviews m'ont fait très plaisir!
Bonne lecture, et joyeuses fêtes!
« Je suis prête à vous entendre. »
« Qu'est-ce qui t'a fait changer d'avis ? »
Ginny tordit son visage en une grimace :
« Je sors d'un entretien très désagréable avec Dumbledore. »
Il y eut une pause, pendant laquelle la jeune fille eut l'impression que l'on s'immisçait dans ses souvenirs. La voix finit par dire :« Oui, je vois. Tu mens bien. »
Le rappel de la manière dont elle avait menti avec tant d'aplomb la mit mal à l'aise. Sur le moment, cela lui avait paru la chose à faire. Elle était en colère, et ne voyait pas pourquoi elle aurait du dire au directeur la vérité alors que lui-même l'avait trompé pendant des années. Mais elle avait conscience qu'elle avait fait quelque chose de mal en se taisant.
« Vous aviez raison. Il a bien effacé ma mémoire. »
Il n'y eut pas de réponse. Ginny demanda :
« Est-ce que c'est vrai ? Je veux dire, est-ce que vous êtes venu à mon aide, pendant l'attaque ? »
« Oui. Tu m'as appelé, et je suis venu. »
« Pourquoi ? Pour « services rendus » ? »
« Exactement »
« Qu'est-ce que c'est censé vouloir dire ? Qu'est-ce que j'ai fait ? »
« Tu ne le croirais pas si je te le disais. »
« Mais je veux savoir ! J'ai besoin de savoir. »
« Alors il ne te reste plus qu'à trouver par toi-même… »
Il y eut un moment de silence, et Ginny prit son courage à deux mains pour demander :
« Comment ? »
« Je peux t'apprendre. »
Ginny ne répondit rien. Elle hésitait à dire « oui ». Une partie d'elle voulait savoir, l'autre lui hurlait de ne rien accepter de ce qui pouvait venir de lui et des gens de son acabit. Encore une fois, la voix semblait suivre le cours de ses pensées :
« Les choses ne sont pas forcément ce qu'elles semblent. Tu ne vois qu'un aspect des choses. »
« Vous avez tué des dizaines de gens. Vous avez essayé de me tuer. Et aujourd'hui… »
« Nous sommes en guerre. Et je n'ai jamais voulu te tuer. Tu ne connais que la version que l'on t'a donnée. Vous tous, vous ne savez que ce que l'on a bien voulu vous dire. »
L'agacement perçait nettement. Ginny songea que ce n'avait peut-être pas été très judicieux de lui envoyer ses crimes à la figure. Elle ne devait pas oublier à qui elle parlait. Elle dit :
« Alors expliquez-moi. »
« As-tu déjà entendu parler du mythe du péché originel chez les chrétiens ? »
Ginny réfléchit un instant ; le nom lui disait bien quelque chose, mais elle ne savait plus quoi. Hermione avait probablement du le mentionner un jour en passant. Mais quel rapport y avait-il entre la mythologie Moldue et la Magie Noire ? Elle posa la question.
« C'est une sorte d'allégorie, lui répondit-il impatiemment. Elle a le mérite d'être simple et claire. Te souviens-tu de l'histoire ? »
« Non, dut avouer Ginny à contre-coeur »
La voix marqua une pause, puis commença son récit :
« Dieu le Père avait créé l'homme et la femme, et leur avait donné la terre comme domaine. Ils y étaient absolument libres, et pouvaient faire ce que bon leur semblait. Dieu n'avait posé qu'un seul interdit : ils ne devaient sous aucun prétexte goûter aux fruits de l'Arbre de la Connaissance. L'homme et la femme obéirent dans un premier temps sans se poser de questions, jusqu'au jour où un serpent vint trouver Eve. Il lui révéla les causes de cet interdit : Dieu était jaloux de son pouvoir, et voulait éviter que les hommes deviennent aussi puissants que lui. Eve écouta le serpent, et fut prise du désir d'éprouver elle aussi ce pouvoir. Sa soif de connaissance lui fit désobéir à Dieu, et elle alla cueillir l'une des pommes de l'Arbre, qu'elle partagea avec Adam. Dieu, lorsqu'il s'aperçut de ce qu'ils avaient fait, les chassa du paradis et lança une malédiction sur eux. »
La voix s'interrompit, à la surprise de Ginny. Elle voulait comprendre, et attendait une explication qui ne venait pas.
« Vous avez dit que c'était une allégorie. »
« Tu n'es pas capable de comprendre par toi-même ? »
Il y avait tant d'ironie méprisante dans le ton que la jeune fille en fut vexée. Elle décida de se lancer :
« Je suppose que Dieu est un double de Dumbledore. »
« Je trouve aussi que la comparaison est bien trouvée, siffla-t-il »
« Il s'agit d'avoir accès à quelque chose qui nous est interdit. Est-ce qu'il s'agit de la Magie Noire ? »
« Effectivement »
« Mais dans ce cas je ne comprends plus : il y a une raison pour que la magie noire soit interdite, ce n'est pas simplement un caprice mégalomaniaque de Dumbledore. C'est quelque chose d'essentiellement mauvais. »
« Qu'en sais-tu ? »
« Ce que tout le monde en sait. La magie noire est destinée à faire le mal. »
« Tu connais beaucoup d'exemples de Magie Noire ? »
Le ton professoral et inquisiteur commençait à sérieusement irriter Ginny. C'était plus qu'une évidence, c'était une lapalissade de dire que la magie noire était quelque chose de sombre et de dangereux. Où est-ce qu'il voulait en venir ?
« L'Avada Kedavra est un sort de magie noire, comme l'Imperius et le Doloris. »
« C'est un fait. Il existe donc des sorts de magie noire qui visent à la destruction. Mais sais-tu que certains des plus puissants philtres de guérison sont aussi de la magie noire ? Mais les médicomages ne les connaissent pas.»
Ginny contenait difficilement son étonnement. Elle réfléchit pendant un moment, puis déclara :
« Vous voulez dire qu'il y a un pan entier de la magie qui ne nous est pas enseigné. Que l'on met hors de notre portée les sorts les puissants. »
« Exactement, claqua la voix »
« Pourquoi ? »
« Il faut croire que les hommes sont plus faciles à maîtriser lorsqu'ils sont ignorants. »
« Mais qui est à l'origine de tout ça ? Dumbledore ? »
Ginny était incrédule.
« Cela remonte bien avant lui. Mais il est vrai que Dumbledore a connaissance de cet état de fait, et œuvre pour le préserver. »
« Pourquoi ferait-il cela ? Je ne peux pas penser qu'il veuille conserver tout ce savoir pour lui. Je ne peux pas croire qu'il soit quelqu'un d'égoïste. »
« Et tu as raison. Dumbledore est un personnage orgueilleux, suffisant, supérieur, mais il n'est pas égoïste. Au fond de lui, il croit agir pour la bonne cause. Pour lui, le choix se fait entre la connaissance et la moralité. Il a choisi la moralité. »
« Ca vous gênerait de développer un peu ? »
Ginny eut la nette impression d'entendre un soupir d'exaspération.
« C'est pourtant logique : le pouvoir appelle le pouvoir. Plus on a de pouvoir, plus on est tenté de l'utiliser. Imagine un Dumbledore qui tournerait mal, la puissance de destruction qu'il pourrait avoir. »
Un frisson parcourut la colonne vertébrale de la jeune fille. C'était effectivement une option qu'elle préférait ne pas imaginer. Déjà animé de bonnes intentions, il pouvait être terrifiant…Mais la voix continuait :
« Plutôt que de courir un tel risque, les gens comme lui préfèrent vous garder tous dans l'ignorance, en tissant un réseau de mensonges si épais que eux-mêmes finissent par s'y laisser prendre au piège. Aujourd'hui, qu'en serait-il de toute cette science si je n'avais pas été là ? Vous seriez tous à continuer de ramper, encore et toujours, toute votre vie, et tout ce savoir serait à jamais perdu. J'offre un autre choix que la régression, comprends-tu, Ginevra ? Je suis la lumière dans vos ténèbres, mais vous êtes si aveugles que vous ne voyez pas. »
La voix était pleine d'orgueil. Ginny l'écoutait, fascinée. Le ton avait une qualité si persuasive qu'elle était tentée de le croire sans réserve. Elle se sentait animée du besoin de découvrir ce pouvoir dont il lui parlait, d'en faire l'expérience ; elle voulait savoir, et sa faim prenait le pas sur sa raison. Elle repensa à la fable qu'il lui avait raconté : il était bien le serpent tentateur, et elle se sentait attirée de manière irrésistible par ses paroles. Elle essaya de se sortir de l'engourdissement qui la prenait :
« Dans la fable, il est question d'une malédiction. Est-ce qu'il fallait comprendre ça autrement que comme une désapprobation morale de la société ? »
La voix mit du temps à répondre, et Ginny eut l'impression qu'elle éprouvait un certain embarras.
« Tu es intelligente, Ginevra. Ce détail a effectivement un sens, lui aussi. Je ne comptais pas t'en parler aussi vite. »
Il marqua une pause, comme s'il cherchait ses mots avec attention :
« Toute connaissance se paye d'une manière ou d'une autre. La magie noire, même si elle n'est pas mauvaise, est dangereuse. Je ne saurais comment l'expliquer exactement ; l'usage de cette magie peut, si l'on n'est pas assez fort, nous…changer. Elle nous influence. C'est comme si elle était toujours présente en nous à l'état latent, et n'attendait qu'une occasion pour se manifester. Tu comprendras mieux avec le temps, mais cette sorte de magie est liée à nos émotions. Si l'on n'est pas capable de les maîtriser, elles peuvent prendre le pas sur nous, mais amplifiées. La magie noire fait ressortir nos sentiments les plus extrêmes, les plus violents. Elle veut être utilisée, nous pousse à le faire. Il faut une grande maîtrise de soi pour ne pas se laisser déborder, pour garder sa volonté intacte. »
« Vous voulez dire que l'usage de la magie noire réveille en nous les instincts les plus primaires, nos pulsions violentes ? Au point de changer une personnalité ? »
La réponse fut sèche et laconique. Elle glaça Ginny.
« Oui. »
La jeune fille frissonna. Dans sa tête repassait la scène de l'attaque. Elle revoyait la cruauté des Mangemorts. Elle avait été tentée par la connaissance qu'on lui offrait. Elle commençait maintenant à se dire que le prix était peut-être trop élevé. Est-ce que la promesse d'un savoir valait qu'on risque son âme ? La voix semblait suivre le cours de ses pensées :
« Tu n'as pas à devenir comme eux. La plupart sont des brutes. A travers la connaissance, ils ne cherchaient que le pouvoir qu'ils auraient sur les autres. Cela les a perdus. »
« Et moi, je pourrai résister ? »
Elle attendit la réponse avec une avidité désespérée, et les quelques secondes qu'il prit avant de reprendre la parole lui parurent longues.
« Si je t'apprends, oui. Tu pourrais. »
Ginny se rendit soudain compte à quel point la discussion avait évolué. Il s'agissait au départ pour elle d'apprendre la vérité sur les évènements de la journée, de comprendre le lien qui la rattachait à Voldemort et qui lui valait tant de soupçons. Et voilà qu'elle se retrouvait sur le point d'accepter l'enseignement de celui-ci, et il fallait bien l'avouer, elle voulait qu'il lui apprenne. Elle sentit l'angoisse la saisir.
« C'est l'heure du choix, Ginevra. Crois-tu que j'ai dépensé toutes ces heures de mon temps pour le simple plaisir de la discussion ? Il s'agit maintenant de prendre une décision. »
Elle s'affola :
« Je ne sais pas ! Je ne sais plus ce que je dois faire ! J'ai besoin de temps ! »
« Je sais qu'il est dur de remettre ses certitudes en question. »
La voix était tout sauf compatissante. C'était une phrase de circonstance, mais venant de lui, même cela était remarquable. Pourtant, malgré le peu de sentiment que laissait transparaître le ton, il sembla réfléchir à sa réponse un moment :
« Soit ! Je te laisse quelques jours pour réfléchir. J'aurai ta réponse dans le courant de la semaine. »
Ginny sentit une vague de gratitude l'envahir. Mais elle continuait à ne pas comprendre l'attention qu'il lui portait, la patience qu'il lui montrait et qui était si loin du personnage. Une nouvelle fois, elle posa la question :
« Pourquoi faites-vous ça ? »«Je ne fais que payer mes dettes. N'y vois rien de personnel, surtout.»
Le ton était moqueur, mais comme pour démentir ses propos, elle crut sentir comme le touché glacé d'un doigt sur sa joue. Puis, elle se sentit brusquement comme propulsée hors de son rêve. Elle se réveilla en sursaut.
