PDV Bella

Ouf ! Pensais-je en soufflant derrière la porte close du bureau d'Edward. Mon cœur battait la chamade. Je l'avais échappé belle.

Maintenant, je devais me dépêcher d'aller à la maison car une certaine Mme Swan me devait des explications. Je ferai donc le diner et dans la soirée j'allai l'appeler, espérant qu'elle y soit, puisqu'elle était rarement à la maison les weekends.

Je pris le chemin de l'ascenseur rapidement pour ne pas me faire prendre par Edward qui allait quitter son bureau d'une minute à l'autre. Lorsque son biper sonnait, ce n'était jamais bon signe et toujours urgent.

J'avais bien fait, puisque lorsque je me retournai avant que les portes ne se referment, je vis Edward courir vers moi. Non, devrais-je dire, vers l'ascenseur. Je poussai un soupir de soulagement pensant m'en être sauvée. Je ne désirais pas le voir et encore moins lui parler après cette discussion que nous venions d'avoir. Malheureusement je fus prise au dépourvu, lorsque les portes s'ouvrirent sur un Edward essoufflé d'avoir couru.

Il prit place à mes côtés, appuya sur un bouton et tapa du pied d'impatience. J'avais qu'une envie, me cacher, être ailleurs, sauf ici entre ces quatre murs avec cet homme. J'essayais de cacher mon visage qui était rouge de honte derrière ma main mais cela ne servait à rien. Au contraire, j'avais l'air encore plus stupide et un malaise s'installa pour tous ceux qui se trouvaient dans l'espace clos.

En travers mes doigts, je pouvais distinguer qu'il me jetait régulièrement des regards de confusion. Il avait dû avoir compris mon stratagème. Puisque je le fuyais comme la peste depuis cette question.

L'ascenseur s'arrêta deux étages plus bas. Edward sortit au pas de course après m'avoir préalablement avertie que notre précédente conversation n'était pas terminée.

Merde, merde, merde ! Hurlai-je dans le tréfonds de mon âme.

Pas maintenant. J'avais tant de choses à clarifier avant.

J'en avais la nausée à force de ressentir toute cette anxiété qui m'envahissait. J'avais du mal à mettre un pied devant l'autre. Mon corps semblait peser une tonne à chaque mouvement que j'effectuais.

Dans les vestiaires, j'enfilai mon manteau et je marmonnai une bonne soirée à tous ceux qui y étaient. En écho, j'eus la même réponse avant que la porte ne se ferme derrière moi. Plus que quelques pas et j'étais sortie d'ici. Une bonne nuit de repos me ferait un bien fou. En souriant à cette pensée, je me fis arrêter brusquement, étant retenue par les épaules. J'avais failli entrer en collision avec le caddie qui livrait les repas aux patients alités, la personne qui m'avait arrêté n'était nulle autre qu'Alice, notre lutine à tous.

- Faites attention Dr. Swan, je ne serai pas toujours derrière vous, me dit-elle sur le ton de la rigolade, arborant un grand sourire.

- Merci Alice, lui dis-je en répondant à son sourire. Je ferai plus attention les prochaines fois.

- Vous travaillez trop, c'est ça votre problème, me fit-elle remarquer avant de m'embrasser sur la joue puis me souhaita bonne soirée et à la prochaine.

Avant que je n'aie le temps de lui répondre quoi que ce soit elle était déjà partie. J'eus tout juste le temps de voir sa chevelure brune en pics pointant dans toutes les directions, tourner au coin du mur que j'eus tôt fait de me dire qu'il était temps que j'entre enfin à la maison.

En arrivant, je fis le repas et mangeai seule. La maison me semblait bien vide tout à coup. Seulement le silence et le cliquetis de ma fourchette dans le fond de mon assiette, m'accompagnaient. C'en était déprimant. Je me dépêchai de finir mes pâtes avant de mettre de la musique sur la chaîne hifi située au salon pour ensuite faire la vaisselle et ramasser un peu ce qui traînait. Je n'étais pas souvent à la maison et cela me peinait énormément, par chance j'avais une bonne amie qui me comprenait et cela soulageait légèrement ma conscience.

Assise sur mon canapé suite à tout ce rangement, je pris une bonne inspiration pour évacuer le stress de la journée. J'hésitais finalement à appeler ma mère. Voulais-je vraiment savoir ce qu'il s'était passé ? Non, là n'était pas la question et je le savais. Ce qui m'angoissait le plus était de lui reparler après plus d'onze années de silence de ma part. J'avais encore un contact avec James malgré qu'il ne soit pas régulier et à quelques reprises j'avais parlé à mon père. Charlie n'était pas totalement fautif dans mon départ de la maison. J'avais su qu'il avait été forcé par ma mère à être du même avis qu'elle. Cela ne me surprenait pas, cette femme ne vivait qu'avec des menaces. Plus elle en disait et plus elle se sentait bien dans le malheur des autres. Oui j'avais changé depuis que j'étais partie de Forks mais jamais je n'aurais accepté de devenir le miroir de cette femme. Une femme au cœur impur qui ne cherchait qu'à faire du mal à autrui. La psychologie était son atout car s'en était son métier.

Sur ces dernières pensées, je secouai la tête pour être claire au moment où je lui parlerai enfin. Le téléphone à la main, je cachais mon numéro afin qu'elle ne puisse pas le connaître, je ne souhaitai pas qu'elle me harcèle plus tard et composai le sien.

Lorsque la première sonnerie retentit dans mon combiné, je fus prise de frissons et de tremblements. Le stress me gagnait à nouveau. Pourtant, je n'avais pas à l'être, mais c'était plus fort que moi. Une deuxième tonalité. Je poussai un grand soupir pour m'obliger à me calmer sinon j'allais craquer et raccrocher. Une troisième sonnerie se fit entendre à mon oreille, j'approchai mon pouce du bouton pour couper l'appel lorsque j'entendis la voix de celle que je détestais le plus au monde.

- Résidence Swan, l'entendis-je prononcer sur un ton hautain.

Je n'avais qu'une envie, l'insulter. Mais avant tout, je devais prendre sur moi pour avoir mes réponses.

- Bonjour Renée, dis-je tout simplement, sans émotion dans la voix.

Je voulais voir si elle allait me reconnaître. Elle, ma propre mère.

J'en conclus qu'elle se demandait qui lui parlait parce qu'elle prit quelques secondes avant de me répondre d'une voix hésitante.

- Bonjour, on… est-ce que l'on se connaît ? Eût-elle l'audace de me demander.

L'envie de crier ou d'envoyer le téléphone contre le mur me traversa à l'esprit mais j'abandonnai vite l'idée sachant que cela lui ferait que trop plaisir.

- Tu ne reconnais plus ta progéniture lorsqu'elle t'appelle, lui dis-je plus froidement que je ne l'aurais voulu.

Cela allait surement éveiller le dragon qui sommeillait en elle.

- Bella… ? L'entendis-je dire d'une petite voix.

Elle me semblait perplexe, mais cela fût de courte durée puisqu'elle reprit d'une voix arrogante.

- C'est maintenant que tu te décides à donner signe de vie ?

- Je vais bien merci, toujours la même à ce que je peux entendre, dis-je en ignorant ses propos précédents. Toujours plus aimable avec les étrangers qu'envers ta propre famille, crachai-je en appuyant bien sur le mot FAMILLE.

- Pour qui te prends-tu jeune insolente? M'insultât-elle avant de poursuivre. Mes enfants sont le déshonneur de la famille, il faut bien que je rattrape le coup avec les étrangers, me dit-elle d'une voix moqueuse.

Je me fis violence pour ne pas raccrocher sur le champ. J'avais des choses à régler avec elle.

- En parlant de déshonneur, qu'est-ce que j'ai fait pour te déshonorer de la sorte ? Lui demandais-je les dents serrées.

- Ne fais pas l'innocente, me m'accusa-t-elle froidement, tu le sais très bien.

- Rafraîchis-moi la mémoire, lui demandais-je d'un ton insolent pour la provoquer.

- Être tombée enceinte, ma pauvre fille ! S'exclama-t-elle à l'autre bout du fil.

Je le savais qu'elle me dirait ça ! J'avais envie de lui hurler dessus mais au lieu de cela, je concentrai ma hargne et ma colère pour ma question suivante.

- Et pourquoi avoir mêlé Edward et sa famille dans toute cette histoire ? Demandais-je méchamment à celle qui me servait de mère.

Je devais lui tenir tête sinon elle allait encore une fois m'écraser.

Je l'entendis glousser sarcastiquement.

- Ça n'a plus d'importance, maintenant tu as eu ce que tu voulais et nous on se retrouve avec les miettes par ta faute, me dit-elle d'un ton accusateur. Et pourquoi ressasser le passé ? À ce que je me souviens bien Edward ne faisait plus parti de ta vie, alors arrête de chercher des poux là où il n'y en a pas, me dit-elle sur un ton qui se voulait sans appel.

Je devais répondre à cela. Je devais le faire, il y avait eu des changements depuis…

- Justement, il est de retour. Il m'a exigé des réponses et j'en ai su plus que je pensais alors je veux ta version.

Un long silence s'en suivit. Tout ce que j'entendais était la respiration de ma mère qui se voulait rapide et bruyante. Elle ne devait pas être de bonne humeur.

- J'attends Renée, lui dis-je pour lui tenir tête et lui prouver que je n'étais plus la petite Bella sans défense qu'elle avait tant couvé.

Avant, je devais toujours faire plaisir aux autres, mais plus maintenant, ce temps était révolu.

- Je crois que nous n'avons plus rien à nous dire, me dit-elle lâchement.

- C'est trop facile Renée, réponds à mes questions et plus jamais tu n'entendras parler de moi, crachai-je à son égard comme elle était capable de le faire.

- Que veux-tu savoir ? Finit-elle par me dire après un moment.

Je l'imaginais, debout à faire les cent pas dans le salon, rouge de colère.

- Pourquoi nous avoir séparés ? Tu savais que j'avais besoin de lui… Commençai-je à dire avant que ma voix se casse.

- Pour ton bien, pour le bien de la famille, me dit-elle simplement sans plus d'explication.

Où voulait-elle en venir ? Me demandais-je en remontant mes jambes, sur le canapé, près de mon corps.

- Tu peux être plus précise ? Osais-je lui demander avec curiosité.

- Non, me dit dit-elle d'un ton sec et sans appel.

Tu ne connais pas bien ta fille Renée, elle aussi est têtue que toi, me dis-je ironiquement.

- Non? Lui répétai-je. Je n'accepterai pas un non de ta part, dis-je en haussant le ton d'une octave.

- Je vais raccrocher maintenant, entendis-je ma « mère » me dire d'un ton neutre.

Après m'avoir dit cela, j'entendis la porte claquer et mon père parler derrière ma mère. Elle resta muette lorsqu'il lui demanda qui était en ligne.

- Non tu n'en feras rien. Tu ne raccrocheras pas. Pense à ton mari, Charlie. Arrête de ne penser qu'à toi ! Il ne comprend rien à ce qu'il se passe, il se morfond de notre absence. N'attends pas qu'il soit sur son lit de mort pour lui donner ce qu'il veut. Mais pour cela tu vas devoir lui donner, dis-je assez fort que ma voix avait dû résonner dans le combiné de la résidence Swan.

- Lui donner quoi ? Me demanda-t-elle feignant l'innocence en baissant la voix.

- LA VÉRITÉ !

J'avais hurlé dans le téléphone comme jamais. Si j'avais rendu ma mère sourde d'une oreille cela ne me dérangeait en rien. Tant pis pour elle.

- La vérité sur quoi ? Que je me suis arrangé pour te séparer de ce gamin ? Que tu étais promise depuis ta tendre enfance à un autre ? Ou pour le tout ? Demanda-t-elle furieusement.

Ses mains devaient battre l'air à force de s'énerver.

- Qu… quoi ? Avais-je demandé en même temps que mon père d'une voix abasourdie.

Ma mère avait dû avoir mis sa main sur le combiné puisque je n'entendais plus un mot. Elle devait discuter avec mon père.

Qu'avait-elle voulu dire par : être promise à un autre ?

Je ne pus me questionner davantage puisque ma mère revint au téléphone.

- Pour le moment tout ce que je peux te dire, c'est que depuis ta naissance tu avais été promise à la famille Volturi. Dès ta venue au monde, tu étais fiancée à Alec Volturi. Oui, c'est bien la famille italienne que tu connais que nous visitions à chaque été. Tu te rappelles d'Alec ?

Je ne répondis pas, choquée par tout ce qu'elle me disait.

- Oui, tu dois t'en rappeler bien sûr. Un beau et grand jeune homme de deux ans ton aîné, me dit-elle en commençant à rêvasser certainement.

J'entendis mon père la ramener sur terre pour qu'elle nous livre la suite.

- À vingt ans tu devais te marier avec lui, ta vie était toute tracée mais avec ce petit misérable entre les pattes tu contrecarrais à nos plans. Au moment où j'ai appris que tu étais enceinte je devais tout faire pour vous séparer, tu comprends ? Tu devais te marier avec lui. C'était un contrat… me dit-elle avant que je ne la coupe.

- J'en ai assez entendu, STOP ! Criais-je en larmes.

Le téléphone me glissa des mains, tomba à mes côtés sur le canapé avant de rebondir et de finir sur la moquette.

Je me sentais vide, amère et seule. Je regrettais énormément d'avoir appelé cette traitresse. Dès ma naissance, elle m'avait vendu ! Vendre son enfant, mais quelle mère pourrait bien faire cela ? Je n'en connaissais aucune autre en mesure de faire cela, c'était atroce, promettre son enfant à un autre pour je ne sais quelles raisons.

La seule vipère apte à le faire était belle et bien ma mère. Cette garce… cette… cette…

Je me sentais sale, désabusée et sans voix. Comment ma mère avait pu me faire ça ? Je devais prendre une douche et vite.

Ce fut sous le choc et tremblotante que je me frottai partout jusqu'à ce que la peau m'en fasse mal, mais encore... Les larmes se mirent à jaillir sans mon consentement, mes jambes se dérobèrent et je me laissai glisser le long du mur de la douche. Ce fut les genoux collés à ma poitrine encerclés de mes bras que je me retrouvai pendant près d'une heure prostrée dans cette position dans la cabine. Même l'eau froide ne me dérangeait en rien, j'avais l'impression que je resterais salie à tout jamais.

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PDV Edward

- Mais quelle journée de merde! Murmurai-je, en glissant ma main droite dans mes cheveux tout en refermant la porte de mon loft, lentement. J'étais épuisé.

Jamais je n'avais connu une journée aussi pénible. Bella qui ne répond pas à ma question, mon code rouge qui décède puisque cette nouvelle infirmière n'a pas été en mesure de me bipper plus tôt et voilà que j'avais failli me faire renverser par une voiture dans le stationnement de l'hôpital. Je laissai tomber mon attaché case au sol à côté de la porte, enlevai mes chaussures ainsi que ma veste que je mis dans le placard d'entrer avant de me diriger sous les chauds jets d'eau de la douche.

Cette douce chaleur qui parcourait mes épaules et mon dos me faisait du bien, l'eau m'aidait à dénouer les muscles tendus. Lorsque je me sentis un peu mieux, je me savonnai rapidement et sortis de la cabine. Je passai une serviette autour de la taille avant de me diriger à la cuisine pour me faire un bon café.

Malheureusement j'allais devoir attendre pour le boire car la sonnerie de la porte se fit entendre. J'allai décrocher le combiné de l'interphone pour savoir qui me rendait visite. Je ne voyais personne à part Alice mais elle travaillait ce soir, donc qui était-ce ?

- Edward Cullen, qui est-ce ? Demandais-je d'un ton neutre.

- Mon chéri, c'est maman. Carlisle et moi venons te rendre une petite visite, me dit-elle d'une voix chaleureuse et maternelle.

C'était bien elle, chaque fois qu'elle sortait de sa campagne, elle passait pour voir si j'étais à la maison. Elle devait être heureuse que j'y sois car bien souvent j'étais de garde lors de ses nombreuses visites imprévues. Par contre, j'aurais préféré qu'ils choisissent un autre moment pour venir. Je n'avais pas encore digéré le fait que ma mère m'ait menti, de même qu'à ma Bella. Pourquoi elle avait fait ça ? Pourquoi n'est-ce pas comme avant où chacun s'occuper de sa vie. Je serais probablement encore avec Bella et elle n'aurait pas tant souffert… Je me perdais dans mes suppositions et mes remords.

- Ed… ward…, me demanda Esmée d'une voix incertaine.

- Oui, lui répondis-je en sortant de mon mutisme. Oui, c'est bon, montez. J'avais, justement, à te parler, ai-je eu le temps de lui dire d'un ton plus dur que je ne l'aurais voulu, avant de mettre mon doigt sur l'interrupteur qui permettait à l'accès à la porte d'entrée.


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Je remercie ma bêta Melacullen pour sa relecture.

À plus tard, on se revoit bientôt

Jess xxx