Après une lettre F bof bof, voici une lettre G bof bof et la lettre H qui suit juste après xD Celle-ci est particulièrement sombre et le OS n'a pas pris la direction que je souhaitais. Ça a finit en drame puant et exagéré. J'espère tout de même que vous y trouverez des bouts, des mots ou des phrases que vous apprécierez à leur juste valeur :3
Chapitre: Lettre G
Genre: Drame, Angst. Introspection. C'est dark dark dark.
Rating: T. Juste pour être certain, on sait jamais quoi xD
Personnages: James
Pairing: Rumeur de John/Helen, de Nikola/Helen, etc. Mais des rumeurs quoi xD
Bonne lecture.
G comme Guérison
160 ans. Vivre longtemps, mais certainement pas pour l'éternité. Vivre assez longtemps pour récolter un soi les remords et les regrets. Tant de non-dits. Le temps passe et le temps blesse. La vie d'immortel est beaucoup trop longue pour être vécu sans essoufflement. Il en avait parfaitement conscience, il en avait toujours eu conscience. La vieillesse ne touchait peut-être pas ses deux compatriotes, mais lui, il la sentait jusque dans ses os. Il était intelligent peut-être, mais lorsque son corps n'arrivait à survivre que grâce à un procédé quasi miraculeux de son invention, il était à se demander pourquoi continuait-il de combattre et de vivre ? Lorsqu'il voyait Helen sourire et accepter sagement sa condition d'immortelle, il ne pouvait s'empêcher d'être légèrement impressionné. Il ne savait pas comment elle faisait pour vivre avec les regrets, la tristesse, les remords et le passé. La connaissant il pouvait bien entendu se l'expliquer sans problème, mais elle avait un courage qu'il commençait à perdre. Tapotant les bras du siège où il s'était assis il y avait une heure de cela, son regard se posa sur la cheminée dans laquelle brûlait un feu agréable et rassurant.
Le Sanctuaire de Londres avait cette qualité d'être plutôt tranquille malgré qu'il soit le deuxième plus grand établissement après celui d'Helen. Cela lui permettait, souvent, de se caler dans ce même fauteuil afin de regarder les flammes dévorer avec lenteur le bois qu'on lui donnait. Parfois ses réflexions étaient sombres, parfois il s'agissait de souvenirs heureux qu'il aimait faire revivre à sa mémoire. Pourtant, en cet après-midi froid et gris, les côtés heureux de son passé lui semblaient flous, lointains, inatteignables. Comme si une énergie étrangère en effaçait doucement la trace. Peut-être était-ce son âge qui jouait avec lui. Pas qu'il perdait la mémoire, mais il avait tendance à raviver les mauvais souvenirs. Ceux qui l'avaient fait grincer des dents, ceux qui l'avaient mis en colère, ceux qui l'avaient fait pleurer ou ceux qui l'avaient fait culpabiliser.
Avec difficulté, il se remit sur ses pieds. Il s'agissait d'un autre détail qui lui rappelait à tous les jours les années qui pesaient sur lui. Il avait vu passer tant d'hiver que son corps ne répondait plus. Soupirant, il se dirigea vers son bureau d'où il sortit une petite bouteille qui semblait très ancienne. Il eu un léger sourire en pensant à la façon dont il avait obtenu, mais préféra ne pas y attarder ses pensées. Prenant un petit verre, il se versa l'alcool sans se presser, comme si le temps s'étirait tout autour de lui.
Il ne retourna pas s'asseoir. Il lui arrivait parfois de craindre son exosquelette, de craindre son corps. Se relèverait-il la prochaine fois qu'il se poserait sur un siège, vieillirait-il pendant son sommeil et mourrait sans que personne ne s'en rende compte ? Helen n'avait pas à craindre cela, car seules les armes pouvaient en venir à bout. Nikola n'avait pas à craindre cela, car sa race l'empêchait de souffrir la mort. John était encore jeune. Les années qu'il avait devant lui apporteraient sans doute leur lot de crainte. Peut-être serait-ce le seul d'entre eux à ressentir ce qui le happait à chaque moment de son existence où il était trop faible pour repousser ce genre de pensée. Ce fut donc vers la fenêtre qu'il porta son choix. L'intérieur du Sanctuaire était chaud et accueillant, mais en voyant le paysage si beau, mais si blanc, après avoir ouvert les rideaux, il sut que l'extérieur devait être aussi glacial que l'était son lit la nuit. Le froid qu'il voyait devant lui n'enlevait rien à la beauté de la neige qui semblait si douce et si confortable. Comme s'il pouvait s'endormir en son sein pour l'éternité.
Prenant une gorgée, il ferma légèrement les yeux. L'alcool et la vie brûlaient. La neige et la mort glaçaient. Un sourire vint néanmoins percer les ténèbres de ses réflexions. Certes, sa vie était un amoncellement de mauvaises choses selon lui, mais il ne pouvait nier, qu'à quelques recoins de sa tête, se trouvait de ces beaux souvenirs qu'il n'oublierait jamais.
Sa rencontre avec Helen avait changé sa vie et l'image qu'il avait de lui-même. S'il avait alors une grande intelligence, il était beaucoup moins assuré que maintenant. Avoir fait la connaissance de Gregory et Helen Magnus avait été pour beaucoup dans son accomplissement personnel et social. Il leur devait beaucoup et en même temps, il savait avoir apporté un petit quelque chose de plus dans cette maison. Après Helen, il y avait eu John. Cet homme avait bouleversé sa vie et celle d'Helen plus que quiconque aurait pu le faire en 160 ans de vie. Il avait été l'ami, l'amant, l'amour et l'homme qui allait changer leur vie en enfer. S'ils avaient pu s'épauler mutuellement elle et lui, il n'en restait pas moins que ces temps acariâtres et infernaux resteraient à jamais graver dans leur mémoire. Dans la sienne encore plus. Nikola et John s'étaient longtemps battu pour la jeune femme et lui...il avait préféré se terrer dans son coin et les laisser prendre place sur la scène, restant dans l'ombre. Il ne prenait pas de chance. Il n'avait aucune chance face à eux. Ce qui lui permit d'apaiser cette amertume fut que l'homme le plus proche, le confident et le meilleur ami d'Helen ne fut nul autre que lui-même. Il put donc ainsi veiller sur la jeune femme sans jamais aller plus loin qu'une douce et amère amitié.
Il s'était égaré. Les mauvais souvenirs avaient prit de force la place des bons. Reprenant une gorgée, il sentit une faiblesse dans son exosquelette qui le fit balancer un peu. Il vérifierait cela plus tard. Le regard à la fenêtre, il se posait des questions sur le but qu'il aurait dans cette vie. S'il y en avait un. Son corps était brisé et ne servait à rien. Il n'était qu'un vieillard craignant la mort et la repoussant de toute ses forces, priant pour une guérison qui ne viendrait jamais. Tout ce qu'il pouvait faire, c'était s'installer au bord d'une fenêtre et se remémorer les jeunes années, les sombres années et les vieilles années. Rien d'autre ne pourrait plus le faire sourire comme avant. S'il prenait un visage des plus rassurants devant Helen, ce n'était pas par vérité, mais peut-être par pure hypocrisie ou désir qu'elle se sente bien.
Il avait peur. Il voulait guérir. Il voulait mourir. Il voulait vivre...
