Tesori

Auteur: Woshi

Disclaimer: Le monde d'Hetalia ne m'appartient pas, ni celui de la piraterie

Note: Vi, c'est la dernière fois que je change de pseudo! Bon, alors, déjà: UNE ENORME MERCI A TOUT CEUX QUI ONT LAISSE UNE REVIEW!

Je vous jure, j'étais trop contente à chaque fois en lisant que j'avais un commentaire et, qui plus est, un commentaire bien long! Vraiment, ça m'a fait énormément plaisir et encouragé à écrire (j'ai presque finit la première partie, c'est vous dire!). Donc voila, tout ça pour vous dire que je vous en suis très reconnaissante (je me met à genoux) et je vous supplie de continuer sur cette voie, parce que c'est le bien!

Bref, j'arrête de vous harceler et vous laisse à ce nouveau chapitre!


Cela faisait des heures qu'ils naviguaient en ces eaux limpides, sans aucun trouble, mais Arthur Kirkland, le capitaine du navire actuellement en vogue, se sentait bouillir de l'intérieur. Il n'aimait pas la lenteur que prenaient les choses, venant même à en souhaiter une tempête inattendue pour pousser un peu leur navire et faire bouger ses hommes qui flémardaient pour la plupart. Même son second, Alister, avait décidé de s'offrir une petite sieste au soleil malgré sa peau blanchâtre qui ne supportait pas les agressions des rayons lumineux. Son petit frère avait juste envie de faire tourner violemment le navire histoire de le faire rouler jusqu'à l'eau pour le réveiller. Et se passe les nerfs, accessoirement.

En effet, le pirate britannique était passablement énervé.

Du rythme insupportable à causer l'absence totale de vent, leur faisan perde un précieux temps qui sera rattrapé par leur ennemi commun: Antonio Fernandéz Carriedo. Evidement, Arthur n'était pas stupide, il connaissait l'Espagnol aussi bien que celui-ci le connaissait lui, au point qu'ils étaient devenus tous les deux prévisibles l'un pour l'autre (les seuls, d'ailleurs); il savait que l'Espagnol allait partir en direction de l'île des parrots afin de le piéger en pleine recherche d'une source de magie potentielle pour l'aider dans sa quête. Beaucoup de personnes disaient que cette île était un refuge pour toutes les âmes damnées qui n'avaient pas sût s'intégrer dans le monde civilisé.

Mais peu de personnes savaient pourquoi, et l'anglais en faisait partie.

Il avait eut connaissance que cette île fût jadis un point de rencontre harmonieux entre les différents mondes magiques. On pouvait y retrouver des créatures de toutes sortes, aussi bien merveilleuses comme les fées ou les lutins qu'effroyables comme les trolls ou les chimères. Tous se rencontraient pour marchander des produits de leurs différents mondes dans une paix rarement vue. Après une catastrophe naturelle, cette île aurait été ravagée par des pirates qui s'en serait emparé et en aurait fait un de leurs repères secrets.

Depuis, les créatures magiques ne pouvant plus y apparaître librement comme avant, elles se cachaient sous des déguisements plus ou moins réussis. Aussi, une légende raconte qu'ils s'y manifesteraient sous la forme de perroquet aux couleurs chatoyantes que l'on ne verrait nulle part ailleurs, d'où le nom de cette île. Un point disait vrai: les oiseaux présents dans cette île ne sont reconnaissables nuls partiparts ailleurs.

Mais ce n'est pas là le point principal de cette histoire. Le véritable problème était la colère d'Arthur. La vérité, c'est que l'allure du bateau l'importait peu finalement. Un retard se rattrape et il n'avait pas peur d'affronter Carriedo en face à face, se faisant même un plaisir rien qu'à l'idée de l'humilier une fois de plus en lui brandissant sa clef sous le nez une fois qu'il l'aura battu en combat.

Ce qui l'agaçait réellement, c'est que depuis qu'ils avaient repris la route, Francis n'était pas sorti une seule fois!

Il se souvenait encore du mal qu'il eut à le convaincre qu'il n'y avait pas mieux pour lui et de la recalcitrance de l'homme aux yeux bleus de laisser la prunelle de ses yeux derrière lui en sachant qu'une éventuelle attaque pirate pourrait leur tomber dessus. Arthur avait dû jurer devant Dieu, son honneur de pirate et ce qu'il avait de plus cher que rien n'arrivera aux deux enfants, du moins, pas à cause des pirates. Finalement, après une nuit de débat, le Français consentit enfin à partir avec lui, non sans une amertume à peine cachée. Il avait embarqué sans un mot, demandant en premier à voir le fameux prisonnier qu'il était censé rassurer.

Cela avait un peu irrité l'anglais mais il ne pouvait rien y faire, se disant que ça ira mieux après quelque temps.

Sauf que cela faisait presque huit jours qu'il était enfermé dans cette cellule en compagnie de l'italien avec l'interdiction à quiconque de descendre pour voir ce qui s'y passait, prenant les assiettes de pitance sur l'escalier. L'imagination du britannique marchait à plein régime alors qu'il serrait les pants de veste en même temps que ses dents. Cela faisait depuis longtemps que plus personne dans son équipage n'avait osé lui demander s'il allait bien, de peur de se prendre une balle dans le crâne en guise de réponse. La nuit tombait bientôt et toujours rien...

Le miracle eut lieu deux heures plus tard lorsque Francis emergea de la cave, visiblement pas plus calmé que lorsqu'il y était rentré. Le capitaine s'engagea vers lui, d'un pas qu'il voulait me sûrement presser pour ne pas avoir l'air de celui qui avait attendu toute la semaine qu'il veuille bien sortir de son trou. Son accueil ne fût guère chaleureux.

-"Tu es un monstre!" Lui cracha le Français avant de se détourner.

-"Tu étais prévenu: mes méthodes n'ont jamais été louables." Se défendit le pirate en le suivant. "Alors, qu'est-ce que tu as tiré de lui?"

Il faillit buter contre le dos du français dans son arrêt imminent. Celui-ci se retourna avec une colère rarement vue dans ses pupilles bleues, au point qu'il fit reculer le pirate, non pas par crainte mais plus par anticipation.

-"Il est complètement traumatisé! Il me faudra des jours avant de pouvoir le faire parler normalement! Je ne sais même pas si je peux encore gagner sa confiance!"

-"Tu parles comme si je l'avais violé."

-"C'est tout comme!" S'enragea Francis sans se démonter. "Tu ne te rends pas compte, mais tu lui as pris tout ce à quoi il tenait dans la vie sans tenir compte de ses sentiments, et tu attends maintenant qu'il te raconte bien gentiment son enfance?"

L'anglais se tût, penaud. Il est vrai qu'il s'était montré assez dur (comme le lui avait mainte et mainte fois répète ses frères) mais qu'y pouvait-il s'il n'était pas habile en ce qui concernait les rapports humains.

-"Je vous interdis à toi et à ta bande de pirates de l'approcher, vous lui faites peur. Je m'occuperais exclusivement de lui jusqu'à ce que ça aille mieux."

-"Très bien, si ça peut l'aider à se rappeler..."

-"Je ne fais pas ça pour qu'il se rappelle en premier, Arthur! Je fais ça d'abord pour son bien-être!"

-"Grand bien t'en fasse. En ce qui me concerne, je pense avant tout au trésor auquel il peut me mener. Le reste te regarde."

Des années passées ensemble, et pourtant, Francis n'arrivait toujours pas à comprendre comment Arthur pouvait se montrer autant impassible devant la souffrance d'un pauvre enfant. Toujours aussi cruel, toujours aussi avide de pouvoir au point de considérer le reste de son entourage comme de simples objets, se croyant supérieur à tous. Rien, à part sa petite personne, ne semblait l'inquiéter. Sauf peut être ses conquêtes qu'il aimait exposer fièrement comme des trophées à chaque beuverie en compagnie d'hommes aussi peu scrupuleux que lui.

Conquêtes dont il s'était promis de ne jamais en faire partie.

-"Bref, je suis fatigué. Amène-moi à ma chambre, je vais me coucher sans manger."

-"Très bien, suis-moi."

Le français s'exécuta, descendant dans le ventre du navire anglais avec une certaine appréhension, ne sachant à quoi s'attendre. Arthur le guida, chandelle à la main, jusqu'à une pièce à part de celle où logeait le reste de l'équipage, isolée tout au fond du bateau. L'intérieur n'avait rien de chic mais possédait le strict minimum. À savoir, un lit, une commode et une table sur laquelle étaient posés feuillés et crayon pour quelque envie d'écriture. Francis remarqua même la présence d'une penderie, comme s'il avait des affaires de rechange (ce qui était le cas, mais on a vite fait d'oublier ces détails lors d'une vie marine).

L'invité regarda sa chambrée d'un oeil très critique, s'attendant à ce qu'un piège se déclenche au moindre mouvement de sa part. Il reposa ses yeux sur son hôte qui n'avait pas bougé du seuil de la porte depuis, s'attendant à toute remarque de sa part.

-"Si jamais tu as besoin de moi, mes quartiers sont juste à côté."

Dans un haussement de sourcils, Francis se demandait même pourquoi il était surpris d'une telle méfiance alors qu'il s'était joint à cette aventure pratiquement contre son gré.

-"Merci, tu peux disposer maintenant."

Dans un ricanement signifiant qu'il venait de dire une bêtise, à savoir qu'un capitaine de navire dispose quand il en a envie, Arthur referma la porte en lui souhaitant une bonne nuit. Et de ne pas se faire attraper par les fantômes marins dans son sommeil. Ignorant les moqueries du pirate, le blondinet s'allongea sur sa couchette, la tête pleine des tourments de la journée. À peine partit de son doux foyer, celui-ci lui manquait déjà cruellement. Sa petite maisonette, ses charmants enfants maintenant confiés à sa cousine. Il se souvenait encore du mal qu'il avait eu à les quitter alors que la demoiselle lui assurait qu'elle prendrait grand soin d'eux. Ce dont il ne douta pas, car ce fût plus la peur de ne pouvoir jamais revenir à eux qui lui prit les entrailles.

Le mal au ventre de tant de nostalgies, il se conseilla de s'endormir rapidement, son instinct lui disant qu'il devra faire face à de lourdes responsabilités le lendemain.

Un peu plus loin, dans une cellule maintenant aménagée avec un lit de paille recouvert d'une lourde couverture, le jeune italien était dans la même position, physique et morale. Avant, il fût terrorisé, maintenant, il se sentait juste apaisé après avoir parler avec ce français venu de nulle part et de partout selon ses dires. Un grand blond dont les deux saphirs bleus lui avaient paru soudain être le concentré de toute la gentillesse qui existait sur terre tant elles débordaient d'une bienveillance qu'il avait rarement vue.

Cet étranger s'appelant Francis l'avait approché comme un animal apeuré, doucement, sans brutalité, puis avait commencé une sorte de monologue dans lequel il se présenta, lui, sa vie, sa famille disparue, sa nouvelle famille, la raison de sa présence parmi eux, ce qu'il ressentait et son ressentiment envers les pirates.

L'italien savait reconnaître l'âme d'une personne, et il avait su tout de suite que Francis s'apparentait à un grand frère protecteur. Même si ce capitaine le manipulait par-derrière pour obtenir des informations de sa part, même si ce n'était pas tant de manière spontanée mais bel et bien forcée qu'il tentait de le sortir de son mutisme, Feliciano savait qu'il pouvait lui faire confiance.

Alors lui aussi, il s'était ouvert, petit à petit. D'abord par un regard, puis par un mouvement de tête, et enfin par quelques mots. Son camarade l'avait suivi jusqu'au bout, réconforté, rassuré puis promis qu'à partir de maintenant, il se chargerait de tout ce qui le concernait et qu'aucun pirate ne viendrait lui faire de mal.

Il l'avait cru. Parce qu'en des temps si durs, si cruels, il voulait quand même se rattacher à l'espoir que quelqu'un s'occupa vraiment de lui.

Dans un souffle, il sourit. Puis il pria pour toutes les âmes qu'il connut jusqu'à maintenant. Celle de son frère qui devait désespérer à Venise. Celle de la Mère, sûrement affondrée par son enlèvement. Celle de Francis, samaritain malgré lui. Celles des pirates de ce navire, qu'ils reposent en paix le jour du jugement dernier malgré leurs péchés. Et même celle d'Arthur, aussi bas homme soit-il, tout le monde pouvait être sauvé avec la foi. C'est ce pour quoi lui et son frère vivaient depuis des années. Depuis que leurs parents étaient mort, la foi les avait bercés, assurés que les bons croyants que furent père et mère veillaient maintenant sur eux aux côtés du Seigneur.

Oui, Feliciano en était intimement persuadé: la foi les sauverait.

OoOoOoOoOoOoOoOo

Le bois reflétait la brillance du soleil sous le coup de l'humidité de la serpillère, laissant un miroir de courte durée imprégner le bateau avant de disparaître sous la chaleur. La journée était plutôt agréable pour flâner, mais certainement pas pour nettoyer, surtout en plein air. Tel était l'avis de Lovino tandis qu'l passait avec son balai sur le pont sous les regards goguenards de ces pirates qu'il détestait tant. Ses poignets étaient encore liés par des chaînes, malheureusement assez longues pour le faire travailler en tant que Mousse, tel avait décidé le Capitaine la veille en lui apportant son souper.

Personne ne pouvait dire d'où lui était venue cette idée saugrenue de faire travailler un prisonnier au risque de le voir s'échapper par la mer.

Cependant, cette idée n'effleura même pas l'esprit de l'italien tant il était plutôt concentré sur le fait de savoir s'il allait survivre avant la fin de l'après-midi. Ses paumes ne cessaient de se frotter contre le bois du manche, causant d'importantes cloques saignantes qu'il n'avait pas encore soignées.

Personne ne semblait pourtant faire attention à lui sur ce navire, encore moins Antonio, actuellement perché à sa barre en train de causer avec Gilbert. Ils semblaient tous deux assez enjoués pour une raison qui lui échappa. Même la jeune fille belge n'avait pas de temps à lui consacrer, occupée à scruter l'horizon tout en haut de son mât. Et ce grand type blond d'origine hollandaise n'avait visiblement pas le dialogue facile.

Marmonnant dans sa barbe, Lovino plongea sa serpillère dans le sceau avec hargne, pestant sur le fait qu'on lui ait refilé le sale boulot. Ce n'est pas comme s'il n'avait pas l'habitude de travailler dans des conditions pareilles, mais jamais on ne l'avait abaissé à une telle besogne de ménagère. C'était surtout son frère qui s'occupait de ces tâches un peu trop féminines à son goût, pas lui. En même temps, le monde maritime semblait être un environnement exclusivement masculin (malgré quelques exceptions répondant au nom de Jölien), aussi, ne voyait-il personne d'autre qu'un bleu pour cela.

Cette constatation ne fit que le rager encore plus.

-"Eh bien, je suis content de voir que tu mets du coeur à l'ouvrage."

Se retournant vers l'espagnol (il l'avait deviné rien qu'à son accent), l'ainé Vargas émit un grognement méprisant sans cesser son activité. Loin de se décourager pour si peu, Antonio croisa les bras en le regardant faire. Gilbert, à qui les bons soins de la barre furent confiés, observa la scène de loin avec un air plutôt satisfait, comme s'il attendait une représentation théâtrale.

-"J'ai comme la sensation que tu ne m'aimes pas beaucoup."

-"Ce n'est pas qu'une sensation, je vous déteste!"

-"Pourtant, je ne suis pas quelqu'un de méchant, tu sais." Soupira le pirate en songeant à tous les confrères qu'il pût croiser dans sa vie.

-"Je m'en fous! Pour moi, vous êtes tous pareils: des malfrats qui se sont écartés du droit chemin pour piller sur les mers. Me kidnaper était tout simplement... horrible!"

-"Si tu considères cela comme un acte si affreux je ne te conseille pas de survivre jusqu'à la suite."

Lovino s'arrêta, curieux quant à la menace implicite que venait de lui faire cet homme. Celui-ci le regarda avec ces même yeux qu'il avait pût entrevoir lors de leur première discussion, quand il avait caressé sa vie d'une lame de poignard avec un bien inquiétant sourire. Ce jour-là, il ne l'avait pas montré, mais il en fût figé sur place tant l'expression qu'il pût voir avait brûlé toute essence d'audace en lui. Il en frissonnait rien que d'y repenser...

-"Je ne cède pas aux menaces."

-"J'ai bien vu que tu étais du genre borné. Cependant, moi aussi je suis têtu quand je veux obtenir quelque chose."

Sans prévenir, il arracha le balai des mains souffrante de Lovino, le balançant au loin, avant de se saisir de celles-ci sans aucune douceur.

-"Tu as besoin de soins." Constata-t-il simplement d'une voix blanche.

-"Certainement pas de votre part!"

Rien n'y fît, l'italien fût emmené de force par l'espagnol malgré toutes ses protestations ou tentatives de se débattre de cette forte emprise. Il l'avait négligée avant, mais il se rendait compte que le capitaine avait une très forte poigne contre laquelle il était vain de lutter, surtout avec ses petits bras maigrelets. Ils descendirent ensemble à l'intérieur du bateau, passant devant quelques pièces inconnues pour déboucher au fond du couloir dans une réserve d'alcool et autres liqueurs moins identifiables. Laissant son captif au palier de la porte, il s'empara d'une bouteille verte assez conséquente puis s'assit sur un tonneau sans doute plein de rhum ou de vin.

La pièce semblait isolée du reste du bateau: nul doute qu'on ne l'entendrait pas crier d'ici.

-"Vous comptez me poser la question?"

-"Je pense que même si tu savais quelque chose, tu ne parlerais pas sous la torture, même à l'agonie. Je connais bien les fortes têtes comme toi et je sais qu'on ne pourra pas s'entendre de sitôt."

-"Puisque nous sommes d'accord sur ce point, vous allez me laisser partir!"

-"Qui dit que tu ne me seras pas utile à l'avenir?" Répondit l'espagnol sans expression. "Après tout, tu es le frère de celui qui avait la moitié de la clef."

-"Je vais servir d'otage? Alors là, vous rêvez!" Se rebella le garçon.

-"Nous verrons ça plus tard. Pour le moment, viens ici."

Avec une méfiance à peine dissimulée, Lovino s'assit à son tour en face de l'homme vu son intention de rester dans cette pièce humide et close pendant quelque temps. Antonio lui ordonna d'un ton qui ne tolérait aucun refus de lui montrer ses mains. Il fut apparemment assez convaincant car il les lui présenta ouvertes au monde, prête à porter la terre s'il le fallait. Après avoir bu quelques gorgées, le pirate en versa sur les paumes du croyant qui hurla de douleur sous la sensation de brulure. Il ne pouvait malheureusement retirer des mains car elles étaient retenues fermement par son bourreau.

Pendant quelques minutes, Lovino s'agitait tout seul sur sa chaise, tiraillé entre les larmes, les cris et les tentatives désespérées de s'enfuir pour passer de l'eau bien fraîches sur ses pauvres membres martyrisés. Puis enfin, la douleur passa à son grand soulagement, le laissant respirer, voire revivre après avoir vu des petits points blancs devant les yeux. Ce n'est qu'en reprenant ses esprits qu'il remarqua que le capitaine n'avait pas sourcillé durant tout le temps de son agonie, se contentant de le fixer avec une indifférence presque sadique.

Cela acheva Lovino dans sa colère.

-"Tu n'es vraiment qu'un sale enfoiré, un dégénéré mental!" Cracha-t-il avec haine. "Ça t'amuse de voir les gens souffrir, c'est ça? Ça te fait jouir quand quelqu'un te supplie d'arrêter tes horreurs? Les gens comme toi sans aucune morale me dégoûtent tellement que je n'ai même pas envie de leur accorder une confession pour les laisser pourire en enfer!"

-"C'est fini." Se contenta de répondre Antonio en libérant les mains maintenant bandées de Lovino.

L'italien pût effectivement admirer un beau bandage blanc et propre couvrir sa peau, la protégeant de toute agression extérieure. Voyant l'espagnol se relever, sa bouteille en main, il comprit qu'il venait de lui désinfecter sa blessure et eut soudain un petit sentiment de regret d'avoir été aussi acerbe dans ses mots. Il n'alla pas cependant jusqu'à le remercier, ou pire, s'excuser, face à quelqu'un qui le retenait sur son navire contre son gré et le forçait à travailler aussi durement.

Il suivit le capitaine jusqu'en haut du navire, un silence pesant régnant tout le long du trajet. Juste avant de franchir la dernière porte qui menait vers l'extérieur, Antonio le brisa enfin par quelques paroles:

-"J'espère que tu te rappelleras de moi à chaque fois que tu regarderas tes mains."

Restant sur place, Lovino comprit alors que le sourire qu'il avait vu tout à l'heure lorsque le pirate l'avait soigné ne fût pas que le fruit de son imagination.