Annonce : Tout l'univers de Twilight et ses personnages appartiennent à Stephenie Meyer.

Note de la traductrice : Coucou tout le monde ! J'ai essayé de m'empresser de traduire ce chap ! Si y'a des fautes ou quoi, n'hésitez pas ! Sinon, merci à tous pour les reviews, mais désolée, je n'ai pas le temps de répondre à tous… Bonne lecture !


Chapitre 6

- Point de vue Edward -

Je me sentis soudain nerveux à l'idée de l'avoir laissée se débrouiller seule.

Peut-être aurais-je dû essayer de convaincre mes sœurs de me laisser venir avec elles. Je ne pouvais imaginer combien c'était difficile pour elle. Devoir vivre dans une maison pleine d'inconnus, avec qui elle n'avait aucune affinité, et après tout ce qu'elle avait déjà dû affronter.

Ma gorge se serra et mes mains devenaient poings à l'idée de tout ce qu'elle avait subi. Et après tout cela, elle ne pouvait tourner la page, à cause d'un chien sans scrupules, un déchet de la société, qui l'avait maltraitée. Je n'avais jamais rencontré Jacob Black, mais je savais que si c'était le cas, je le tuerais pour tout ce qu'il lui avait mis sur les épaules.

Je n'avais peut-être pas pu être là pour elle dans le passé, mais plus personne ne pouvait la blesser de nouveau depuis qu'elle m'avait. Je ferais en sorte que ce soit vrai, ou alors je mourrais en essayant.

« Hey, Edward ! » m'appela Emmett depuis le salon.

Je soupirai.

« J'arrive, Emmett ! » lui répondis-je, jetant un coup d'œil dans toute la pièce avant de la quitter.

Je ne pouvais rien faire de plus que de garder un œil sur elle, et de m'assurer qu'elle se sente ici chez elle.

« Le jeu est lancé, et tu as gagné le droit de choisir ton équipe en premier. » m'informa mon beau-frère quand j'entrais dans la pièce.

Emmett et moi nous connaissions depuis tous petits. Nous étions devenus les meilleurs amis du monde depuis que j'avais dix ans. Nous avions toujours été plus des frères que des amis, et quand il se maria avec ma sœur quand nous avions dix-neuf ans, j'étais heureux pour eux. Tout le monde savait qu'ils étaient follement amoureux, et ils eurent Abby un an plus tard. Ma grande sœur n'avait jamais été aussi heureuse.

« Depuis quand tu me laisses choisir en premier ? » demandai-je, sceptique.

« Tais-toi, ou tu devras jouer avec les Bronco. » menaça-t-il.

Je levai les mains en signe de soumission.

« Très bien. » cédai-je. « Très bien. Quelle équipe as-tu prise ? »

Il sourit.

« Les Patriots ! » acclama-t-il.

Je roulai des yeux.

« Je prends les Colts, dans ce cas-là. »

Il haussa les épaules, me passa une manette et s'assit correctement sur le canapé, de sorte que je puisse m'asseoir aussi.

« Je ne peux jouer qu'une seule partie. » l'informai-je, faisant apparaître Peyton Manning sur l'écran. « Puis j'irai m'occuper de mes affaires. »

Emmett ricana.

« Es-tu sûr que tu ne vas pas tomber 'accidentellement' sur les filles ? »

Je levai un sourcil.

« Pourquoi ferais-je ça ? » questionnai-je.

« Oh, je ne sais pas. » dit-il, haussant les épaules. « Peut-être parce que tu as laissé ta femme sortir avec tes sœurs et que tu commences à le regretter. »

Je fronçai les sourcils. Emmett était indubitablement une machine à gaffes. Mais il n'était pas stupide, et me connaissait bien.

« Qu'est-ce qui te fait penser ça ? » demandai-je, essayant de paraître désintéressé.

Emmett rit dans sa barbe.

« On sait tous les deux qu'Alice et Rosie peuvent être de vrais anges quand elles le veulent. » dit-il, interceptant une passe dans le jeu. « Mais elles sont aussi diaboliques. Tu reviens à la maison marié avec une fille qu'elles n'ont jamais rencontrée, et maintenant, elles l'ont pour elles toutes seules, pour toute la journée. »

Il me regarda du coin de l'œil, un sourire moqueur aux lèvres.

« Tu l'as presque donnée en pâture aux requins. »

Je me renfrognai.

« Je pense qu'Alice se contrôlera. » dis-je.

Je ne savais pas qui j'essayais de convaincre.

« Je crois qu'elle l'aime bien. »

Il était évident qu'Alice était en colère après moi, et un peu plus blessée qu'elle ne le laissait paraître, mais je ne pensais pas qu'elle se vengerait sur Bella. Alice n'était pas du genre à garder ses pensées pour elle. Si elle n'aimait pas quelqu'un, cela se savait, et elle semblait avoir plutôt bien accepté Bella.

« Qu'est-ce que Rose pense d'elle ? » demandai-je.

Emmett soupira.

« Elle est surprise. » dit-il. « Comme nous tous. »

Je hochai la tête, sentant une nouvelle vague de culpabilité. Je détestais mêler ma famille à tout cela. Je détestais leur mentir, mais j'ai su, à la minute où j'eus pris conscience de cette affaire, que je ferais tout pour garder Bella Swan en sécurité. C'était pour les gens comme elle que j'avais choisi cette branche de métier. S'il y avait plus de personnes comme elle dans le monde, peut-être que ma vie n'aurait pas changé il y avait dix-huit ans.

« Tu sais comme Rosie veut protéger sa famille. » dit Emmett, me sortant de ma rêverie.

J'acquiesçai.

« Mais Abby l'adore. » rigola Emmett. « Ça l'adoucira peut-être un peu. »

Je souris. J'adorais ma nièce !

Je le taclai devant les buts, et il jura silencieusement.

« Elles se rapprocheront probablement en racontant des histoires embarrassantes de ton enfance. » dit-il, avec un sourire vengeur.

Je soupirai. Connaissant mes sœurs, c'était sûrement ce qu'il se passerait.

« Peut-être que je devrais les retrouver. » dis-je, ne plaisantant qu'à moitié.

Je commençais à être vraiment très anxieux, lançant des regards vers la porte toutes les deux secondes. Je n'aimais pas ne pas savoir où se trouvait Bella. C'était vraiment… troublant.

Emmett pouffa.

« Tu affronterais la colère d'Alice et Rosalie pour sauver Bella ? »

« Oui. » dis-je sans y penser.

La réponse avait été automatique, quelque chose que je n'avais pas prévu, pour conserver la couverture par exemple. Qu'est-ce que cela signifiait ?

« Mec, tu dois vraiment l'aimer ! » chantonna Emmett.

« Je l'ai épousée. » lui rappelai-je, toujours pensif.

Soudain, une image de ce matin me revint à l'esprit. Le visage de Bella si près du mien, son souffle chaud caressant ma peau. Ses petites mains reposant doucement sur mon torse. Quand elle s'était réveillée de son cauchemar, cette nuit, ses cris perçants m'avaient déchiré le cœur. Ils étaient pleins de souffrance, d'angoisse. Je ne savais pas de quoi elle rêvait, mais je pouvais le deviner, et j'étais allé immédiatement près d'elle. Une autre réaction automatique. Je n'aimais pas ne pas avoir de contrôle sur mes actes.

Mais je m'étais senti si bien, là, tout près d'elle, après que ses pleurs eurent cessé, et elle s'était aussitôt rendormie, si bien que je ne pouvais pas m'éloigner d'elle.

« Et donc, pourquoi avoir fait tout ça ? » demanda Emmett.

Il mit le jeu en pause, et se tourna vers moi.

« Quoi ? » demandai-je.

Mes pensées m'avaient emmené si loin que je ne me rappelais même plus de quoi nous parlions à la base.

« Nous annoncer ça, comme ça. » expliqua-t-il. « Esmé a pratiquement fait une crise cardiaque. »

Je grimaçai, passant ma main dans mes cheveux. Je ne pouvais supporter l'idée de blesser ma mère. Elle avait tellement fait pour moi.

« Je l'aime. » dis-je, peu convaincu.

D'un coup, mon histoire si bien ficelée ne me semblait plus si crédible. Parce que si j'avais rencontré une fille comme Bella, dans une situation ordinaire, je me serais empressée de la présenter à ma famille.

« Je te crois, mec. » dit Emmett, sérieux, pour une fois. « Et je suis heureux pour vous, mais pourquoi n'avons-nous pas pu la rencontrer plus tôt ? Ou encore, tu aurais pu appeler et nous en dire plus sur elle. »

Je baissai les yeux sur mes mains. Après tant d'entraînement sur la façon de regarder un ennemi dans les yeux, je savais soutenir le regard d'un kamikaze et le faire parler. Je l'avais déjà fait avant. Mais je ne pouvais regarder mon meilleur ami et frère, avec son expression de déception.

« Je suis désolé, Em. » soupirai-je, espérant qu'il entende à quel point je l'étais.

« Je ne suis pas énervé, petit frère. » dit-il, après un moment. « Je suis content que tu te sois trouvé quelqu'un. Nous nous inquiétions tous pour toi. »

Je me renfrognai.

« Mais, en vaut-elle le coup ? » demanda-t-il. « C'est tout ce que je veux savoir. »

Je relevai le regard vers lui. C'était la seule chose dont je n'avais jamais douté. La seule pour laquelle je n'aurais pas à mentir.

« Sans aucun doute. »


« Tu n'as apporté que quatre tenues ? » dit ma petite sœur d'une voix indignée, dans mon oreillette, tandis que je filais à toute vitesse sur l'autoroute vers Port Angeles.

Mes sœurs allaient toujours à Port Angeles pour ces journées entre filles. Forks n'avait pas grand-chose qui puisse attirer leur attention.

« Ouais. » dit Bella, d'une voix nerveuse. « Je ne savais vraiment pas combien de temps nous resterions. »

Pourquoi personne n'essayait de la mettre plus à l'aise ? Cela s'entendait rien qu'au ton de sa voix qu'elle était anxieuse.

« Tu peux prendre des affaires à moi, Tatie Bella. » entendis-je Abby dire, toute mignonne et volontaire. C'était ma nièce, ça.

« Merci, Abby. » répondit Bella. Sa voix sonnait amusée, mais je pouvais sentir qu'elle se retenait de rire franchement, pour ne pas blesser Abby.

« C'est une très jolie robe, que tu as là. » commenta-t-elle. « Tu crois que je pourrais t'emprunter celle-ci ? »

« Bien sûr ! » approuva Abby. « C'est ma préférée. »

« Que diriez-vous d'aller dans un magasin pour que Bella puisse acheter sa propre robe ? » suggéra Rosalie.

Sa voix était formelle, contrôlée, et montrait sa répugnance, mais au moins elle essayait. Je devrais la remercier plus tard.

« Que pensez-vous de la Tua Cantante ? » proposa Alice, heureuse à l'idée de faire les magasins.

« Je ne suis jamais venue à Port Angeles. » admit Bella. « Donc je ne peux pas vous aider à choisir. »

« Oh, la Tua Cantante, c'est fabuleux ! » s'exclama Alice. « Tu vas adorer ! »

Je programmai le magasin sur mon GPS. C'était à quinze minutes de là où je me trouvais, donc nous étions proches à présent.

J'aurais à augmenter le son de l'oreillette bientôt, lorsqu'elles sortiraient de l'atmosphère confinée de la voiture. Mais je devrais les entendre clairement, et si je me rappelais bien, il y avait un petit café dans la même rue. C'était parfait. Je pourrais m'asseoir là-bas incognito, et je serais tout de même près d'elles.

« Donc, Edward ne t'a jamais parlé de Port Angeles ? » demanda Rosalie. « Il venait là tout le temps, avant. »

Mes mains se resserrèrent sur le volant. C'était une mauvaise idée. Je ne savais pas ce qui m'était passé par la tête.

« Il m'a parlé de Port Angeles. » dit doucement Bella. « Il n'a pas mentionné de magasin en particulier, c'est tout. »

« Edward déteste faire les magasins. » admit Alice, ne cachant pas la déception que cela lui causait.

Je relâchai ma respiration, que je retenais sans le savoir.

« Et qu'est-ce qu'Edward t'en a dit ? » s'enquit Rose.

Silence.

Je me triturai l'esprit pour savoir si je lui avais dit quelque chose à propos de la ville, pendant notre vol. Je ne me rappelais pas lui en avoir parlé.

« Il m'a juste dit que Forks était vraiment une petite ville, donc si on voulait faire quelque chose, on devait venir ici. » dit finalement Bella.

Je souris. Cette fille était plus douée qu'elle ne s'était dépeinte.

« Donc, Bella. » reprit Alice après un moment de silence inconfortable. « Tu as rencontré Edward dans une librairie ? »

« Oui. » répondit-elle immédiatement, semblant rassurée d'être revenue sur un terrain qu'elle connaissait.

« Quelle est la première chose que tu as remarquée à propos de notre petit Eddie ? » gloussa Alice.

Je fronçai les sourcils.

J'avais trois ans de plus, et la dépassais de deux têtes, mais elle faisait toujours en sorte de sembler la plus vieille. Et combien de fois m'avait-elle appelé comme ça, alors que je n'étais pas là ?

« Ses yeux. » lâcha Bella, sans hésitation.

Mes sourcils s'arquèrent. Elle avait dit cela comme un fait, un peu de vérité au milieu de tous ces mensonges.

« Vraiment ? » s'enquit Alice, d'un ton curieux. Presque aussi curieuse que je ne l'étais.

Je ressentis un peu de culpabilité à écouter leur conversation. Elle semblait très personnelle d'un coup. Mais je l'avais prévenue que j'écouterais.

« Beaucoup de gens remarquent ses cheveux, en premier. » se moqua Rosalie.

Je me renfrognai.

Pendant un moment, j'essayais de me lisser ces cheveux indomptables tous les matins. Mais c'était inutile, et me faisait perdre du temps, donc j'avais abandonné.

« J'ai remarqué ses cheveux ensuite. » admit Bella, et je pouvais imaginer son délicieux rougissement. « Mais j'ai remarqué ses yeux en premier. Je n'avais jamais vu cette nuance de vert auparavant. »

Je plissai les yeux. Je n'avais pas réalisé avoir de nuance particulière de vert, et sûrement pas une si rare. Mes yeux étaient juste… verts.

« Nous sommes arrivées ! » s'exclama Alice, toute excitée.

Je soupirai, sachant que ce serait la fin de cette conversation.

Oh, comme j'aurais aimé pouvoir lire dans ces pensées de filles, si intrigantes.


- Point de vue Bella -

Ses yeux ? Mais à quoi je pensais ? Et après, je me suis enfoncée, en inventant quelque chose à propos d'une nuance spéciale. Peut-être n'écoutait-il pas encore ?

« Donc, comment t'a-t-il fait sa demande ? » demanda Alice, sur le ton de la conversation, tandis qu'elle me passait un haut bleu.

Je souris en me rappelant son sourire fier lorsqu'il m'avait annoncé son histoire imaginée.

En plus, c'était une question à laquelle j'étais préparée. Bref.

« Il m'a concocté un repas. » commençai-je.

« A-t-il caché la bague dans la nourriture ? »

Je ris.

« C'est ce que j'ai dit ! »

« Comment ? » dit-elle, confuse.

Oh, non.

« Euh, rien. » marmonnai-je, pathétique. « Laisse tomber. »

Alice m'étudia un moment, avant de hausser les épaules.

« Alors, où était la bague ? » insista-t-elle.

Je lâchai un soupir.

« Après dîner, il m'a donné un cadeau. »

« J'adore les cadeaux ! » pétilla Alice.

« Qu'est-ce qu'il t'a fait à manger ? » s'enquit Rosalie, montrant un réel intérêt à la conversation pour la première fois.

« Des raviolis aux champignons. » répondis-je. « Mes préférés. »

Elle hocha la tête, souriant légèrement.

« Et c'était quoi, le cadeau ? » interrogea Alice, excitée, les yeux brillants.

Je ricanai.

« J'y viens. »

Alice souffla, s'efforçant d'attendre patiemment.

« C'étaient les Hauts de Hurlevent. » souris-je. « Il avait vu que mon exemplaire était en très mauvais état. »

Je pouffai, pensant à ma vraie copie des Hauts de Hurlevent, sur ma table de nuit à la maison, la couverture qui se détachait et les pages cornées.

« Un livre ? »

Rosalie et Alice partagèrent un regard, et se tournèrent vers moi.

« Quoi ? » questionnai-je.

« Eh bien, chérie… » tenta Alice. « Un livre n'est pas exactement un… cadeau de fiançailles ordinaire. »

Je fronçai les sourcils.

C'était le genre de choses que je m'étais imaginée. Et je savais très bien que pour les autres filles, cette demande aurait été un échec, mais la simplicité de sa demande était parfaite pour moi. C'était ce qui m'avait laissée sans voix, avec cette étrange sensation que cet homme, que je ne connaissais que depuis deux heures, vienne me présenter une unique façon de faire sa demande en mariage, qui était parfaite pour quelqu'un comme moi. Ce n'avait rien à voir avec un tableau de scores de baseball. On devait lui reconnaître ça.

« J'ai adoré. » défendis-je. « C'était parfait. »

Alice pouffa, et les rougeurs s'étalèrent de mon cou à ma gorge.

Pourquoi avais-je ce ton rêveur dans ma voix ? Ce n'était même pas une vraie demande en mariage, bon Dieu.

« Continue. » m'incita Alice. « Il t'a donné ce livre parfait… »

Je baissai la tête, triturant le cintre du t-shirt que je tenais.

« Il m'a dit de regarder sur la première page de couverture. » murmurai-je. « Et il a juste écrit… des paragraphes. Quand j'eus fini de lire, je relevai les yeux vers lui, et il était agenouillé, me tendant la bague. »

« Oh ! » hurla Alice, applaudissant. « Est-ce que tu as pleuré ? J'aurais pleuré ! »

Je pouffai, quelque peu anxieuse et embarrassée.

« Bien sûr que j'ai pleuré. » dis-je, parce qu'en toute honnêteté, si cela avait été une vraie demande en mariage, j'aurais pleuré.