Résumé : Aout 2009 : Esmée Cullen monte réveiller sa fille Bella, mais ne la trouve pas dans sa chambre. Son mari et ses fils Emmett et Edward rentrent, inquiets et décident de prévenir la police. Deux jours plus tard, sa voiture est retrouvée à la gare, une lettre adressée à ses parents sur le siège passager. Elle est partie. Et depuis le temps, sans elle, passe.
Pairing : Jasper Withock, Isabella Marie Cullen.
Disclaimer : Les personnages appartiennent à Stephanie Meyer, seule l'histoire est de moi.
Rating : M. Juste au cas où.
Genre : Family, romance.
Note de l'auteure : Bon, je crois que je ferais mieux de m'excuser. Ça fait un bon moment que je promets cette suite, et elle n'arrivait pas. J'ai beaucoup de mal à me mettre à l'écriture en ce moment. Encore une fois, désolée. Je vais essayer de faire des efforts. En attendant, voici le dernier chapitre en date. J'espère que vous aimerez. Bonne lecture et à la prochaine J
Réponse aux reviews :
Camelia Bella : Merci pour ta review ! Et désolée de l'attente !
Larosesurleau : Merci de me suivre autant, de t'impliquer dans l'histoire, avec les personnages… J'espère que la suite te plaira.
G6K : Je crois que j'ai même pris trop mon temps. Comme d'habitude, je sais où je vais mais je ne sais pas comment y arriver… Enfin bref. Contente que ces premières retrouvailles t'aient plu, j'espère que les suivantes te plairont tout autant ! Bonne lecture, et merci de me suivre ici et ailleurs J
Kyssou : Bonne question ! J'adore les blagues douteuses d'Emmett, mais je crois qu'il serait de bon ton d'attendre encore un peu. Il est plutôt bouleversé pour le moment et je crois que même lui n'en a pas le gout pour l'instant. L'avenir nous le dira !
Cendrillon49 : Oui, mais… quatre ans c'est long tu sais. Parfois il faut continuer sa vie quand même. Mais merci pour ta review, et merci de me lire. A bientôt j'espère.
Caalypso94 : Merci ! Contente que tu aies aimé, j'espère que tu trouveras celles-ci aussi émouvantes sinon plus ! Bonne lecture J
Emichlo : Merci J Bonne lecture !
Invit : Si, si, bien sur. Parce que c'est Bella Cullen. Dans mon histoire en tout cas. Je n'ai pas repris le schéma habituel. C'est la fille biologique d'Esmé et Carlisle, sœur d'Emmett et Edward. Tu vois ? Bonne lecture et merci pour ta review !
Grazie : Merci de me suivre sur mes deux histoires. Désolée pour l'attente, dans les deux cas lol. En parlant de retrouvailles avec les parents, les voici. J'espère qu'elles te plairont. Merci encore, bonne lecture J
Axelle : Je sais, je sais. C'était cruel. Mais d'un autre côté j'entretiens le suspens, lol. Merci pour ta review, qui m'a vraiment fait très plaisir. J'espère que la suite va te plaire. Bonne lecture, et à bientôt j'espère.
Rosabella01 : Merci pour ta review, et désolée pour l'attente ! Pour ce qui concerne ses « belle-sœurs », eh bien, nous les verrons plus par la suite. A voir, donc… Mais je vais essayer de respecter ces deux personnages et leurs trames de caractère pour cette fic… Sur ce, bonne lecture et à bientôt j'espère.
Natacha35140 : Eh bien les voici les voilà, les tant attendues ! J'espère que tu aimeras tout autant ce chapitre ! Merci encore et bonne lecture J
Diana : Merci infiniment ! Pour l'évolution des choses, il va falloir attendre encore un peu, mais en voilà un morceau. Bonne lecture et à bientôt j'espère J
Mixou : Merci ! Et voici la suite !
Goldfish : Merci beaucoup pour ton enthousiasme, ça fait chaud au cœur ! Voici ce que tu demandais, avec beaucoup de retard, désolée J Bonne lecture !
Maggie-Lovely : Merci, merci, merci ! Voici la suite !
Drusilla 452 : Merci de me suivre, et de l'avoir reviewée ! Et mise en alerte ! Voici la suite, qui s'est faite attendre je crois, lol. Bonne lecture et à bientôt j'espère !
Madyvi : Merci beaucoup pour ta review, j'espère que la suite te plaira et que tu continueras de me lire J
Robsten Cindy : MERCI ! lol. Contente que tu sois rentrée dans l'histoire tout de suite, ça veut dire que je fais bien mon boulot ! Voici la suite, j'espère qu'elle te plaira et que tu continueras de me lire !
Nina 12 : J'adore tes reviews, j'espère pouvoir te compter parmi mes lecteurs encore longtemps ! J'espère que la suite te plaira tout autant ! Merci encore, et bonne lecture !
Ali : Désolée de t'avoir fait tant attendre, et j'ai bien peur de ne pas devenir meilleure par la suite pour respecter mes dates butoirs ! Merci beaucoup pour ta review, tous ces compliments ! Wouaoh ! Merci encore, et bonne lecture. A bientôt j'espère !
Fuyuki417 : Merci beaucoup, j'espère que tu trouveras la suite tout aussi intéressante !
Tia 63 : Merci beaucoup pour ta review ! Voici la suite, j'espère qu'elle répondra à quelques unes de tes questions ! A bientôt j'espère, et bonne lecture J
Clélianina : désolée pour le retard, c'est juste que généralement, enfin comme toujours quoi, je m'emballe au début, suis prise d'une frénésie d'écriture tout d'un coup, et d'un seul coup, l'envie part, et je me bats pour savoir comment écrire ma suite, lol. Mais je vais faire des efforts, promis. Sinon, merci pour ta review, voici la suite et j'espère qu'elle te plaira. Bonne lecture J
Chapitre 7
« S'il doit y avoir la guerre, qu'elle ait lieu de mon temps, afin que mon enfant puisse connaître la paix. » de Thomas Paine.
Lorsque Jasper se leva, il était déjà 11 heures du matin. Pour autant, il était plutôt fier de lui. Vue l'heure à laquelle ils s'étaient tous couchés, il aurait pensé ne pas se réveiller avant 14 heures, au moins. Il prit une douche rapide, et se dirigea vers la cuisine. Il mit la machine à café en marche, sortit les céréales, la brioche, le nutella, le jus d'orange, ... Bella aurait faim, quand elle se lèverait. Il se sentait bien. Ces retrouvailles lui mettaient du baume au cœur. Et elle allait bientôt retrouver ses parents, c'était son petit miracle personnel. Même s'il n'avait rien fait. Même si cela ne le concernait pas totalement.
Toujours souriant, il se dirigea vers la chambre d'amis, dont il ouvrit la porte tout doucement. Il ne tenait pas à les réveiller, juste s'assurer qu'ils allaient bien. A la vue qui s'exposait devant lui, son sourire s'élargit davantage encore. Bella était allongée au milieu du lit. Edward lui faisait face, sa main dans la petite menotte de sa sœur, leurs fronts presque collés l'un à l'autre. Emmett était de l'autre côté, sur le dos, un bras lui barrant le front. Mais sa main tenait fermement celle de sa sœur. Il avait toujours admiré à quel point ils pouvaient être proches. Il l'avait vu en côtoyant Emmett et Edward, et il l'avait deviné en les entendant parler d'elle, ces dernières années. Il aurait aimé être aussi proche de Rose en grandissant. Ils s'étaient rattrapés depuis, bien sur, mais ça n'était pas pareil.
Il était en train de boire son café quand Emmett et Edward le rejoignirent. Sans dire un mot, un énorme sourire aux lèvres ne quittant pas leurs visages, ils se servirent une tasse de café et s'attablèrent avec lui.
- Elle dort encore ? Demanda Jasper.
- Hum hum, répondit Edward, alors qu'il paraissait ailleurs.
- A quoi tu penses ?
Il ne dit rien pendant quelques instants, toujours dans ses pensées.
- A ton avis ? Je ne peux pas m'empêcher de penser à ce qu'elle a bien pu foutre pendant quatre ans.
Jasper lui sourit, conscient que le silence de sa sœur devait être difficile à supporter pour lui, pour eux deux, même, à en voir la mine d'Emmett.
- Surtout avec les marques qu'elle a sur le visage. Tu crois que… tu crois qu'on la frappait, là où elle était ?
Ses deux amis le regardèrent fixement, et il savait qu'ils le lui demandaient parce qu'il était psy, qu'ils espéraient qu'il aurait un début de réponse à leur donner. Mais il n'était pas magicien, et il l'avait vu, quoi ? Une heure et demie depuis qu'elle était revenue dans leurs vies. Il n'avait pas vraiment pu se faire une idée fiable. Mais il devait avouer que cela le tourmentait. Il n'avait pas arrêté d'y penser depuis qu'elle avait franchi le seuil de son appartement.
Il finit par soupirer.
- Je ne sais pas, les gars. Je ne sais vraiment pas. Elle a des réactions bizarres, c'est sur. Je l'ai vue se figer, par moments. Quand tu as frappé à la porte, Ed', elle a sauté sur ses pieds, et elle s'est rapprochée de la fenêtre, comme si elle était prête à s'enfuir. Mais, je me fais peut-être des idées, elle avait peut-être juste peur de votre réaction.
Ils soufflèrent de concert. Ils avaient espéré avoir un début de réponse, de toute évidence. Emmett reposa sa tasse de café, plus fort que nécessaire. Il se leva, marcha un peu dans le salon avant de revenir et de demander d'une toute petite voix :
- Tu crois qu'on la battait ? Ses marques ont l'air récentes, et je n'en ai pas vu de plus anciennes mais…
- Non, intervint une toute petite voix sur leur gauche.
Ils tournèrent tous la tête vers Bella, qui venait d'apparaitre du couloir. Avait-elle tout entendu ? Elle s'approcha de son frère, leva une main, comme pour la poser sur l'épaule d'Emmett, puis parut se raviser.
- Ces marques n'ont rien à voir, Em'. Je…
Elle baissa la tête, comme vaincue.
- Carjacking. J'ai… quand j'ai comprit que papa et maman n'habitaient plus la maison, j'ai un peu… disjoncté. Et, hum, après, j'ai, enfin j'ai perdu la notion du temps. Quand je suis revenue à moi, il était tard et je n'avais plus d'essence. Je suis allée jusqu'à la banlieue de Phoenix. C'était le milieu de la nuit. Je me suis arrêtée dans une station-essence… Ils étaient trois. L'un s'est… occupé de moi, pendant que les deux autres s'occupaient de la voiture. fin de l'histoire.
Jasper baissa les yeux. Il se dit qu'il avait un début d'explication, là, devant ses yeux. La raison pour laquelle elle avait l'air constamment aux aguets, les bleus sur son visage, son regard craintif, … finalement, ça n'avait peut-être aucune relation avec la vie qu'elle avait vécu ces quatre dernières années. Son cœur se serra. Quelle malchance. Elle se décidait enfin à revenir à la maison, à revenir dans sa famille, et il fallait que ça lui tombe dessus. A ce moment précis.
Emmett et Edward fermèrent les yeux, très forts. Des scénarios plein les yeux. Quand ils les rouvrirent, ceux d'Emmett étaient plein de culpabilité. Ceux d'Edward, eux, de questions et d'inquiétude.
- Quand tu dis qu'ils se sont occupés de toi…
Elle parut comprendre immédiatement, tressaillit en pensant à ce qu'il avait faillit lui arriver, mais s'empressa de rassurer son frère.
- Il n'a pas eu le temps de faire ce à quoi tu penses, si tant est qu'il en avait l'intention. Une voiture est arrivée, et il a filé.
Ils soupirèrent tous trois de soulagement et elle les regarda, amusée. Son ventre grogna, et ce fut leur tour d'être amusés.
- Assieds-toi, Bella. Lui dit Jasper. Et mange.
Elle ne se fit pas prier. Pourtant, sachant qu'elle n'avait pas mangé depuis longtemps, ils furent étonnés de la voir rassasiée en si peu de temps, et, surtout, avec si peu de nourriture. Ses frères allaient répliquer quand elle quitta la table du petit-déjeuner, mais Jasper leur fit signe de se taire et ils abdiquèrent. Elle n'était pas du genre à se laisser faire, et il se doutait qu'il leur faudrait choisir leurs batailles. Qui plus est, elle allait retrouver ses parents, et il imaginait à quel point cela devait lui tordre le ventre.
Une demi-heure plus tard, ils étaient tous les quatre installés dans le range rover d'Emmett, prenant une direction inconnue de Bella. Et cela lui semblait si irréel. Elle allait chez ses parents, mais n'avait aucune idée d'où ils vivaient, alors qu'Emmett semblait pouvoir prendre cette route les yeux fermés. Celui-ci conduisait sans dire un mot, Jasper installé sur le siège passager de l'avant. Edward lui tenait la main, tous deux assis à l'arrière du véhicule. Personne ne pipait mot, et une certaine tension s'était tranquillement installée dans l'habitacle. Elle savait qu'elle était nerveuse, alors que les autres étaient presque excités.
Ils finirent par sortir de la route pour rentrer dans ce qui semblait être une propriété privée, au vue de la barrière ouverte qu'ils franchirent. Plus elle se rapprochait, plus Bella se sentait tendue, nerveuse. Les retrouvailles avec ses frères ne s'étaient pas trop mal passées, même si elle savait qu'elle n'avait fait que retarder l'échéance, retarder les questions. Elle ne savait pas si son père accepterait aussi bien son silence. Après tout, il y a quatre ans, il n'avait pas très bien prit leur dernière discussion, et la violente dispute qui s'en était suivie ne quittait pas son esprit. Elle voulait retarder le début de ses études d'un an, et voyager à travers l'Europe, seule. Lui, voulait qu'elle commence médecine, immédiatement. Maintenant, avec quatre ans de retard, avec quatre ans de trop, elle comprenait mieux sa réaction. Maintenant qu'elle avait vu ce que la vie pouvait réserver de noirceur, de solitude et d'emmerdes, pour ne parler que du meilleur ; maintenant qu'elle avait été responsable de plus jeunes qu'elle, maintenant qu'elle les avait aimés, elle le comprenait bien mieux. Son refus ne signifiait que son inquiétude, à la voir partir et voyager, seule ; à la voir affronter la vie et sa décrépitude, sa déchéance, seule. Mais serait-il toujours en colère ? Serait-il toujours si impartial ? Ordonnant des réponses qu'elle ne pouvait pas lui donner, pour leur bien à tous ?
Elle se sentit sortir de ses pensées par une plus forte pression sur ses doigts, et quand elle releva la tête, ses yeux rencontrèrent ceux d'Edward, interrogateurs et souriants. Elle regarda derrière lui et aperçut le ranch. Ils étaient arrivés.
Mais elle ne pouvait pas bouger.
- Peut-être… peut-être que vous feriez mieux d'y aller d'abord.
Emmett, qui n'était pas encore sorti de la voiture, lui non plus, se retourna vers elle, les sourcils froncés.
- Qu'est-ce que tu veux dire, Bella ?
Elle lui sourit faiblement. Ses mains tremblaient, ses fesses étaient lourdement enfoncées dans le siège et ses jambes flageolaient.
- Ce serait peut-être une bonne idée de les préparer. Surtout Maman…
Emmett, qui s'apprêtait à protester, fut interrompu par Jasper qui s'était fait plutôt discret jusque là.
- Ce n'est pas forcément une mauvaise idée Em'. Je pense qu'il est préférable de les prévenir, avant qu'ils ne se retrouvent face à elle. Ta mère est… eh bien elle est fragile.
Ce dernier secoua la tête.
- Hors de question de te laisser dans la voiture. Hors de question de te laisser seule.
Elle ne savait pas si c'était parce qu'il s'inquiétait pour elle, ou s'il avait peur qu'elle ne s'enfuit à toutes jambes et qu'il ne la revoit plus jamais ; mais elle ne posa pas la question.
- Reste avec elle, Em'. De toute façon, on ne peut pas dire que tu sois préposé pour cette.. situation.
Ce dernier fit semblant d'être outré.
- Insinuerais-tu que je manque de tact ? Ou de délicatesse.
Son frère lui sourit, de connivence.
- Les deux, frangin. Les deux.
Il ne dit rien de plus, et s'extrait de la voiture en même temps que Jasper, qui avait déjà ouvert sa porte. Bella eut du mal à laisser partir la main de son frère, ce qu'il remarqua. Il lui fit un petit sourire en coin, d'encouragement, serrant sa main une dernière fois avant de la lâcher. Moins d'une seconde plus tard, Emmett avait attrapé son autre main et la tenait fermement dans la sienne, même si de devant du véhicule, sa position ne devait pas être aussi confortable. Elle regarda son frère et son ami s'éloigner du véhicule et rentrer dans la maison sans frapper.
Ce qu'elle n'aurait pas osé faire. Ce confort, cette familiarité qu'elle n'avait plus. Elle sentit la piqûre de la jalousie s'insinuer sournoisement dans son cœur. Elle avait perdu quatre ans de sa vie. Eux non. Bien sur, elle ne leur souhaitait pas. C'était d'ailleurs bien pour cela, en partie, qu'elle se taisait. Mais ça n'était pas juste. Rien de tout cela n'était juste. Elle se savait un peu égoïste, un peu hypocrite aussi. Rien n'avait été facile pour eux. Et pourtant, elle ne pouvait pas s'empêcher d'être jalouse, et amère un peu. La rancœur n'était pas facile à oublier.
Esmée Cullen arrangeait un bouquet de fleurs dans un vase quand elle entendit la porte d'entrée s'ouvrir et se fermer. Elle savait qu'il s'agissait de l'un de ses enfants. Enfin, de l'un de ses garçons. Elle avait prit l'habitude de dire « ses enfants », incluant ainsi d'une certaine façon sa fille. Elle ne put s'empêcher de lever la tête et d'espérer, juste un instant, pas même une seconde, qu'il s'agissait de sa fille qui rentrait enfin à la maison. C'était la même chose à chaque fois qu'un visiteur franchissait la porte de la maison, à chaque fois que le téléphone sonnait, à chaque fois que… Elle savait que cela brisait le cœur de son mari et de ses fils, ce regard déçu et triste qui peignait ses traits quand elle s'apercevait que ce n'était pas le cas, mais elle savait aussi qu'elle ne pouvait pas s'en empêcher, qu'ils le comprenaient, et qu'ils le ressentaient aussi, chacun à sa manière.
Cette fois-ci ne fut pas différente, quand elle avisa Edward et Jasper entrer dans la pièce, et elle détourna le regard vers son bouquet aussi rapidement qu'elle le put.
- Maman.
Le ton de son fils cadet l'alarma immédiatement. Et elle releva les yeux vers lui. Elle n'arriva cependant pas à déchiffrer son regard comme elle le faisait à chaque fois, mais sut que quelque chose était différent.
- Où est papa ?
Elle fronça les sourcils. S'il voulait leur parler à tous les deux en même temps, c'était que ce qu'il avait à leur dire était important. Et il n'était pas venu avec Alice, mais avec Jasper, qui était psy. Ce qui n'augurait rien de bon.
- Dans son bureau, là-haut. Certainement. Pourquoi ?
Edward ne prit pas la peine de lui répondre et fila chercher son père à l'étage. Esmée se sentit faiblir et dut s'assoir. Que se passait-il, bon sang ? Ne souffraient-ils déjà pas assez de la perte de Bella ? Et ce fut à ce moment précis que cela fit tilt dans sa tête. C'était à propos de Bella. Ce devait être à propos de sa fille. Elle n'eut pas le temps d'interroger Jasper que déjà Edward et Carlisle descendaient, son mari les sourcils froncés. Il n'avait pas eu plus de chance ni plus de réponses à ses questions qu'elle, apparemment. Son mari vint s'assoir à ses côtés, tandis que Jasper et Edward restaient debout, en face d'eux. Elle ne leur laissa pas le temps de parler.
- C'est Bella ?
Ils parurent tous deux surpris, qu'elle ait compris si vite ou qu'elle ait pensé à cela alors que cela n'avait rien à voir, elle ne le sut pas, mais Carlisle n'avait pas même sourcillé à ses côtés ; il devait en être arrivé aux mêmes conclusions. Elle voulait que ce soit cela, et en même temps ne le voulait pas, ayant peur de ce qu'elle allait apprendre.
- Oui, dit Edward, qui d'un coup, ne semblait plus savoir comment leur annoncer la nouvelle. Oui, c'est Bella.
Et il se tut. Devant les mines plus qu'inquiètes des parents de ses amis, Jasper leva les yeux au ciel et décida de prendre le relai.
- Elle va bien, s'empressa-t-il de préciser.
Les yeux d'Esmée s'agrandirent de surprise, et un fin sourire, hésitant, vint étirer ses lèvres. Carlisle, lui, semblait statufier.
- Vous l'avez retrouvée ?
Jasper sourit à ce patriarche de famille, qu'il avait toujours beaucoup considéré, avec respect. Et qui, aux dires de ses deux fils, avait prit dix ans d'un coup le jour où sa fille avait disparue. Ce que sa famille ignorait, ou en tout cas ne réalisait pas pleinement, c'était à quel point il se sentait coupable de la fuite en avant de sa cadette. Et de l'absence de nouvelles qui en avait suivie. Il savait, lui, qu'ils seraient tous deux les plus faciles à convaincre qu'il ne leur fallait lui poser aucune question, qu'elle n'y répondrait pas de toute façon. Parce que tout ce qu'ils désiraient, c'était qu'elle soit saine et sauve, et qu'elle rentre à la maison. C'était le cas, et cela leur suffirait, pour le moment.
Alors il continua.
- Quand je suis rentré chez moi cette nuit, elle se trouvait sur le pas de ma porte.
Il fut interrompu par Esmée, qui tentait de réaliser pleinement ce que cela signifiait pour eux.
- Tu veux dire qu'elle est ici, au Texas ?
Il lui sourit. Il avait l'impression d'être le Père Noël, devant un enfant qui n'avait jamais reçu de cadeaux.
- Oui.
- Où ?
- Il faut que je vous dise deux ou trois petites choses avant.
Edward s'assit, pensant que ce serait le plus difficile. Carlisle posa cependant une question qu'ils auraient préféré éviter.
- Tu dis hier soir ? Enfin, cette nuit. Pourquoi… pourquoi… n'est-elle pas venue ici avant ?
Les deux garçons prirent une expression gênée.
- Quand elle a voulu rentrer à la maison, elle s'est rendue à Phoenix. Dans votre ancienne maison. Les propriétaires n'étaient pas là, mais elle a pu voir que vous aviez déménagé, et, je crois… je crois qu'elle a pensé que vous ne vouliez pas qu'elle vous retrouve.
Il avait pensé qu'ils crieraient leur indignation, à quel point c'était insensé. Au lieu de cela, ils restèrent silencieux et fermèrent les yeux. Ils s'en voulaient.
- En voulant mettre de l'essence pour venir ici, en espérant que ses frères n'auraient pas déménagé, elle a été victime d'une bande de petits caïds qui lui ont volé sa voiture et qui l'ont tabassée. Elle va bien, rajouta-t-il précipitamment.
Ils ne s'en voulurent pourtant qu'encore plus. Carlisle, particulièrement. Alors comme ça, son bébé, sa petite fille qu'ils avaient cherchée pendant des années, avait voulu rentrer à la maison. Et eux, ils n'étaient pas là. Ils étaient partis. Ils l'avaient abandonnée. Jasper poursuivit, se disant qu'il était préférable d'en finir au plus vite, pour qu'ils puissent retrouver convenablement leur fille.
- Apparemment, elle a prit le train, et ensuite elle a cherché l'appartement. Je suis rentré vers quatre heures, et elle était juste là. Juste là. J'ai voulu vous appeler, mais… elle a refusé, alors j'ai appelé ses frères, et ils se sont précipités à la maison. Ils l'ont convaincue que vous n'aviez pas voulu la fuir, que vous n'étiez pas en colère contre elle, et voilà.
Il y eut quelques instants de silence.
- Où est-elle ?
La question était venue de Carlisle, alors qu'il l'aurait plutôt attendue de sa femme.
- Il y a deux choses que je dois vous dire encore avant.
L'homme d'une cinquantaine d'années, devant Jasper, fronça les sourcils et lui indiqua de continuer. Il avait toute son attention.
- Elle est pleine de bleus, à cause de ce qui lui est arrivé à Pheonix, et elle est très maigre. Mais je ne pense pas que ce serait une bonne idée de lui en parler.
- Je ferais en sorte qu'elle se remplume en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, Jasper. Est-ce que je peux voir ma fille, maintenant ?
Esmée Cullen était en colère. Jasper savait que c'était rare, et qu'en général ce n'était pas bon. Mais il mit cela sur le compte de son bouleversement.
- Encore une chose.
Il inspira un grand coup.
- Elle ne répondra à aucune de vos questions sur ce qu'elle a fait ces quatre dernières années. Emmett a essayé, assez fort, mais elle a tenu bon. Elle ne veut rien dire, et je crois qu'elle ne dira rien. Si vous voulez que cela se passe bien, je crois qu'il va falloir s'en tenir à ça.
Carlisle s'appuya sur l'épaule de sa femme alors qu'il se rasseyait. Alors ainsi les cauchemars continueraient. Les cauchemars, quotidiens. Sauf que maintenant, ils se concentreraient sur ce qui lui était arrivé, au lieu de ce qui lui arrivait ou de ce qui lui arriverait. Il pouvait faire avec. Il ferait avec. Tant que sa petite fille était en sécurité, auprès d'eux. Quand il releva le regard sur Jasper, il était déterminé.
- On fera comme ça. Où est-elle ?
Jasper le regarda droit dans les yeux, et n'y lut que ce qu'il avait attendu. Carlisle était un père, un père qu'on avait privé de sa fille, et qui ne demandait qu'à la retrouver, qu'importe ce qu'il retrouvait.
- Dans la voiture.
Carlisle parut étonné un instant, mais Esmée s'était déjà élancée vers la porte d'entrée.
Bella trouvait le temps vraiment très long assise sur la banquette arrière de la voiture de son frère. Pas Emmett, qui lui, n'en revenait pas de tenir dans ses mains celle de sa sœur. Sa petite sœur. Et il se repaissait de la regarder.
Du mouvement attira leur attention sur l'extérieur de la voiture, et Bella vit la porte de la maison s'ouvrir avec fracas. Esmée Cullen se précipita à l'extérieur et chercha un instant la voiture des yeux. Bella souffla un bon coup, sachant que le moment était arrivé, et lâcha la main de son frère. C'était quelque chose qu'elle devait faire seule.
Quand elle s'extirpa du véhicule, Esmée laissa échapper un sanglot étouffé et se mit à courir vers elle. Bella ne réagit que quand elle vit sa mère trébucher et se rattraper de justesse. Alors, là, et seulement là, la situation devint réelle, et elle s'avança à son tour vers elle. Quand les bras de sa mère se refermèrent sur elle, elle s'effondra. Littéralement. Et Esmée suivit le mouvement. Elle entoura les épaules de sa petite fille de l'un de ses bras, et posa l'autre main sur son crâne, lui caressant les cheveux. Elle lui chuchotait « chut, tout va bien. Tu es à la maison. Chut », pour stopper ses pleurs comme elle le faisait quand elle était petite. Pourtant elle-même ne pouvait s'empêcher de pleurer. Elle l'avait attendue, longtemps. Elle avait prié pour qu'elle revienne, tempêté auprès des autorités, payé des détectives privés. Elle avait espéré. Et elle était là.
Pourtant sous ses mains, elle sentait les os saillants de ses épaules. Elle n'était pas maigre, elle n'avait que la peau sur les os. Et elle ferma les yeux en tentant de repousser les images de ce qui avait pu arriver à son bébé toutes ces années.
Carlisle se tenait, lui, toujours sur le pas de la porte. Il n'arrivait pas à avancer, incapable de bouger. Elle était là, devant lui. Et c'était irréel, et délirant. Et tellement fantastique. Il se permit de respirer, laissant librement l'air entrer dans ses poumons. Enfin.
Mais il n'osa pas faire un pas. Se demandant si elle lui en voulait toujours. Elle n'était pas revenue pendant quatre ans. Quatre longues années où elle avait du ressasser son ressentiment. Pourquoi, sinon, ne serait-elle pas revenue plus tôt ? Est-ce qu'elle lui pardonnerait ? Est-ce qu'il pourrait reconstruire une relation avec sa fille ? Sa petite fille chérie ? Elle revenait dans leur vie comme elle y était entrée la première fois : comme une magnifique et formidable surprise. Et tout ce qu'il voulait, c'était faire partie de sa vie. Vie qu'elle mènerait comme elle l'entendait, cette fois.
Bella releva les yeux, et vit la silhouette fine et élancée de son père à quelques mètres d'elle. Comme il avait vieilli. Les soucis l'avait fait vieillir trop vite. Soucis dont elle avait été la cause. Elle se retira doucement, et avec réticence, des bras de sa mère. Se leva, hésitante, et amorça un pas, pas plus, vers son père.
- Papa… Je… je suis désolée…
Il parut surpris, un instant, et elle les vit. Les larmes qu'il retenait au coin de ses yeux. Elle ne s'occupa plus de savoir s'il était en colère, s'il lui en voulait. Elle avait peur qu'il ne la repousse, mais c'était plus fort qu'elle. Elle avait envie qu'il la prenne dans ses bras, envie de se sentir en sécurité. Et elle savait que les bras de son père étaient l'endroit où elle s'était toujours sentir le plus en sécurité de sa vie. Alors elle s'élança vers lui.
Il la réceptionna sans problème. Et la serra contre lui comme il ne l'avait jamais fait, ses bras contractés à l'extrême autour de ses frêles épaules.
- C'est moi qui suis désolé, mon bébé. C'est moi qui suis désolé.
Et les larmes coulèrent.
J'espère que cela vous a plu ! N'hésitez pas à laisser une review, à la prochaine :)
