RAR :

Abella : Merci pour ta fidélité et pour cette nouvelle review. Je mets un point d'honneur à répondre aux reviews que je reçois car c'est important, pour moi. Les lecteurs nous donnent leur avis et prennent le temps de nous lire alors c'est normal de répondre. ^^

J'ai souris quand tu me dis venir tous les jours afin de ne pas rater de nouveaux chapitres. En fait, je publie généralement dans la journée du vendredi ou au pire le samedi dans la journée…. ;)

Minos est un salaud dans son genre oui, tu peux le dire mais là il semble calmé mais pour combien de temps ? Et Rhad et Kanon j'ai envie de dire : miam miam Lol….

Un peu de patience encore pour connaitre la suite…

Bisous

Chapitre 7

La nuit avait été courte pour Albafica et Minos. Visiblement, ils n'avaient été pas rassasiés l'un de l'autre. Leur joute corporelle avait perduré une partie de la nuit.

En cette fin de matinée, le soleil était déjà haut dans le ciel et la température extérieure avoisinait déjà les vingt-cinq degrés. Minos regarda l'heure sur son téléphone portable, il affichait presque onze heures. Les amants étaient encore allongés et enlacés sous les draps.

— Mince, dit le juge.

— Qui a t-il ?

— Nous avons raté la course « le Mans legend » et le « festival Aston Martin » va commencer.

— Des courses ? l'interrogea Alba.

— Oui, ma Rose. Ce sont des courses avec des voitures anciennes et mythiques. Dommage c'était intéressant.

— Si nous nous dépêchons, nous pourrons au moins voir la deuxième course, avec les Aston.

— Oui, certes mais être là avec toi me convient tout autant, fit remarquer Minos avant d'embrasser son amant.

— Mais nous sommes venus assister à des courses, alors allons-y !

A contre-coeur, le nouveau couple quitta le lit douillet. Après un passage, chacun leur tour à la demande expresse du bleuté, les deux hommes se rendirent sur le circuit afin de voir au moins les derniers tours de cette course mythique qui refaisait son apparition cette année sur le circuit du Mans.

Kanon avait passé la soirée avec son frère et Shura. Il n'avait pu échapper à la flopée de questions que son jumeau lui posaient sur Rhadamanthe. Il s'y soumit sachant qu'il n'abandonnerais pas. Voir son frère heureux, avait rempli de bonheur le coeur de Saga, l'aîné. Kanon ne lui avait présenté personne depuis des lustres, et il n'était jamais tombé amoureux. Dès que Saga avait vu son cadet avec le blond, il sut immédiatement qu'il avait fait le bon choix. De plus, il vit une lueur dans les émeraudes de Kanon. Une lueur qui s'était éteinte depuis bien longtemps. Cela le ravi alors que Kanon n'avait cessé de nier ce qui était une évidence aux yeux de sa famille, et en leur rappelant souvent que Rhadamanthe était hétéro.

Le cadet n'avait pas voulu rester chez son frère. Il ne souhaitait pas s'immiscer dans la vie de couple de son jumeau. Il voulait surtout être seul pour repenser à cette journée en la compagnie de celui qui hantait son esprit. Il ne s'expliquait pas cette fascination envers le juge mais il s'était senti attirer comme aimant dès qu'il avait posé ses yeux sur lui. Dommage que cela ne soit pas réciproque.

Passer ces quelques heures avec lui, lui avait permis de le cerner un peu à défaut de mieux le connaitre. Il se sentait néanmoins très bien avec lui et de tout l'après-mid il n'avait eu envie que d'une chose : l'embrasser fougueusement. Mais cela était désespérément impossible. Il prit toutefois la décision d'essayer d'être ami avec lui. Certes, il souffrirait de ne jamais pouvoir l'atteindre mais il pourrait le voir, lui parler et sortir avec lui. Ce serait toujours mieux que rien.

Il avait peu dormi. Tournant et tournant sans arrêt. Son esprit avait été bien trop occupé à détailler les contours du corps musculeux du blond. Rêvant de glisser ses mains dans ses cheveux courts. Fantasmant sur sa nuque et sur ses lèvres. Imaginant les mains de Rhadamanthe sur sa peau, lui laissant des boutons de chair après leurs passages. Son rêve ne s'était pas arrêté là, cela aurait été trop facile, trop supportable. Ce mirage l'avait envahi bien plus qu'il ne l'aurait souhaité. Combien de douche froide non, gelée avait-il pris dans la nuit ? Il avait cessé de compter à trois. Devenir ami avec Fierceness n'était, au final, peut-être pas une si bonne idée. Et puis, comment réagirait-il lorsqu'il rencontrera une femme ? Cela sera un vrai supplice, il le savait mais il ne voulait pas perdre le contact avec celui qui avait ranimé la flamme dans son regard et dans son coeur.

Le réveil fut difficile mais il lui fallait ouvrir son commerce. Encore vaseux, il prit une douche qu'il aurait souhaité plus revigorante, descendit les escaliers qui le séparait du bar puis déroula le rideau métallique qui lui fit grincer les dents tant il faisait du vacarme. Cela lui rappela qu'il devait le changer et vite. Ce n'est qu'au bout d'une petite demi-heure que les premiers habitués firent leur entrée, et sa journée commença.

Sur le circuit mythique du Mans se déroulait « le festival Aston Martin ». Une course de quarante cinq minutes mettant en scène les bolides qui ont bâti la légende de la marque telles que l'Aston Martin DBR1, prototype de la catégorie LM P1 ou encore l'Aston Martin DBR9, gagnante dans la catégorie GT. Mais des voitures plus récentes seront également sur la grille de départ comme les V8 Vantage GTE et V12 Vantage GT3 et beaucoup d'autres encore… [1]

Minos et son nouvel amant étaient assis dans les gradins prévus pour les V.I.P. et ne rataient aucune miette de cette course. Le bruit de moteur ronflaient dans leurs poitrines alors que leurs pupilles ne savaient plus où se poser. Les voitures passaient tellement vite que les deux hommes peinaient à les voir distinctement. Ils en prenaient plein la vue et étaient heureux de voir cela ensemble.

La course terminé et les yeux rassasiés, ce fut leurs estomacs qui réclamèrent leurs attentions. Ils allèrent déjeuner à l'hôtel car ils souhaitaient se retrouver un peu seuls. Enfin, surtout Minos. Alba, lui, serait bien resté à grignoter dans l'enceinte du circuit afin de continuer son exploration de la veille. Le départ de la course des vingt-quatre heures ne commençait que dans trois heures et retourner à l'hôtel leur ferait du bien. A l'approche de midi, la température extérieure avait encore grimpé de quelques degrés.

A peine arrivé dans leur chambre, Minos enlaça son bel adonis et ne put s'empêcher de lui donner un baiser plein de sous-entendu. Albafica se sentait bien dans les bras puissants de Minos et commençait à se demander comment allait évoluer leur relation. Il observait du coin de l'oeil, tout en mangeant, le bel argenté et ne pouvait s'empêcher de l'admirer. Tout lui plaisait. Aussi bien sa gentillesse et sa prévenance que son physique. Tous ses sens pétillaient. Son coeur tambourinait dans sa poitrine. Son corps avait chaud et semblait réclamer Minos. De plus, ce week end était fantastique, il était heureux tout simplement.

Après avoir prit leur collation, les amants retournèrent sur le circuit afin d'assister au départ. Une fois de plus, ils s'installèrent sur les gradins des V.I.P., à l'ombre. La température n'avait cessé d'augmenter depuis le matin et les coins à l'ombre se faisaient rare mais dans cette partie aménagée pour les spectateurs chanceux, des parasols avaient été installés. Les commissaires de piste commencèrent à prendre place aux endroits stratégiques. Puis, quelques minutes plus tard les voitures qui allaient courir se firent entendre. Elles arrivaient escortées par le SAFETY CAR [2]. Un bourdonnement assourdissant les accompagnait également. Partout autour du circuit se fut l'euphorie.

Les voitures entraient dans le dernier virage avant la ligne droite des stands, le SAFETY CAR toujours devant afin de retenir « les chevaux ». Puis, la voiture de sécurité entra dans les stands et les feux vert s'allumèrent. Ca y était, le départ était donné. Les voitures se lancèrent à vive allure. Le grondement des moteurs couvraient tous les bruits qu'il y avait autour des amants qui avaient même du mal à communiquer ensemble, et bientôt la dernière passa devant eux. Tous ces bolides étaient magnifiques mais heureusement qu'ils avaient pu les voir avant la course, tant ils étaient passés vite. Le bruit créa des vibrations dans les gradins et résonnait dans leur corps. Albafica, qui n'avait jamais assisté à cette course, eut pendant une minute le souffle coupé.

Depuis un écran géant, les spectateurs pouvaient suivre la course. Mais Albafica souhaita en voir un peu plus. Aussi, les deux hommes quittèrent l'endroit, presque confortable, pour aller marcher un moment autour du circuit. A chaque mètre, des passionnés attendaient le retour des bolides pour encourager leur pilote préféré. Le Bleuté était comme un enfant devant un nouveau jouet. Il était excité. Le terrible Minos, lui, le regardait et s'amusait de voir son nouvel amant aussi nature et simple.

Deux bonnes heures s'écoulèrent. La chaleur était toujours présente. La course battait son plein. Les premiers ravitaillements commençaient. Quelques accrochages avaient eu lieu ainsi qu'une casse moteur. Minos voyait que son bellâtre en prenait plein la vue, qu'il passait un bon moment et qu'il était ravi. Lui, voulait néanmoins aller s'hydrater un peu, bien qu'ils avaient prévu de l'eau. Il rêvait de quelques chose de plus frais mais il ne voulait pas priver son amant de tant de bonheur. Alors, il patienta jusqu'au moment où Alba se rendit compte qu'il voulait bouger un peu de l'endroit où ils se trouvaient.

Le reste de l'après midi se déroula au rythme des passages répétés des bolides. Depuis l'hôtel, on entendait les moteurs gronder. Le couple se douta dès lors que leur nuit serait agitée. Après le repas du soir, ils allèrent prendre un peu l'air. A la tombée de la nuit, un petit vent frais c'était levé et faisait du bien. Sur le circuit, où les pas des deux hommes les avaient conduit, les voitures continuaient leur ronde incessante dans un flot de lumière artificielle. Des projecteurs étaient placés tout autour de la piste et les feux des bolides permettaient aux pilotes d'avoir une assez bonne visibilité.

Minos et Albafica se baladaient tranquillement. La foule s'était dispersée avec la nuit tombante. Le juge se rapprocha de sa tendre proie et enlaça ses doigts autour des siens. Le botaniste fut surpris et voulu se défaire de cette étreinte mais Minos s'accrocha.

— Je sais à quoi tu penses, ma Rose, mais il fait nuit et il n'y a plus beaucoup de monde. Je te promets de te rendre l'usage de ta main dès que nous serons à la lumière, vers l'entrée du circuit.

— Mais, si quelqu'un….

— Ne t'en fait pas. Nous ferons attention mais laisse-moi de tenir la main, demanda tendrement l'argenté.

Albafica n'eut pas d'autre choix que d'accepter, de plus il en avait tellement envie. C'est donc main dans la main qu'ils firent leur dernière promenade de la journée. Puis, doucement il regagnèrent leur chambre.

Après une nuit particulièrement agitée, Albafica s'éveilla difficilement. Minos avait, semble t-il aussi mal dormi que lui. La veille, ils avaient passé un tendre moment bercé par un bruit lointain et régulier. Le ronflement des moteurs des bolides qui continuaient leur folle épopée. Mais ce même bruit les empêcha de trouver le sommeil rapidement. Le bleuté voulu se lever mais les bras puissant de son amant l'en empêchaient. Il tenta néanmoins de se défaire délicatement de cette tendre emprise mais il ne souhaitait pas réveiller Minos.

— Ne bouge pas, dit Minos encore endormi.

— Désolé de t'avoir réveillé, s'excusa le bleuté en murmurant.

— Reste encore un peu, s'il te plait.

En disant ces mots, le juge pensa que c'était la première fois qu'il se sentait aussi bien avec l'une de ses proies. Vraiment.

— C'est que j'ai faim, avoua Albafica gêné.

— Moi aussi, mais j'ai envie de te serrer encore un peu.

Le Botaniste ne sut quoi répondre. Il se réinstalla au plus près de son amant et l'enlaça à son tour. Ils restèrent ainsi de longues minutes. Chacun d'eux profitait de cet instant. Mais un bruit étrange les fit sourire. Un grognement. L'estomac d'Alba se manifestait.

— Tu avais donc si faim que cela, ma Rose ? demanda amusé Minos.

— Oui. Désolé, répondit le bleuté gêné.

— Allons appeler le room service, dit le juge avant d'embrasser langoureusement sa douce Rose.

Rhadamanthe Fierceness s'était levé aux aurores pour aller courir. Il voulait se défouler un peu mais la salle de boxe où il allait avec Minos était fermée le dimanche alors il opta pour la course à pied. Il s'épuisa à courir. Ce jour là, il fit bien quinze kilomètres au lieu de ces dix habituels. Courir lui faisait du bien. Dans ces moments là, il ne pensait plus rien. Il aimait la boxe aussi. Souvent, il s'entrainait avec Minos mais la course à pied était le sport qu'il pratiquait depuis presque toujours.

En allant courir, il voulait oublier un moment Kanon. La journée passée avec lui avait été sympathique voire même mieux que cela. Il l'avait observé. Détaillé. Parfois admiré. Oui admiré ! De tout l'après midi son organe de vie n'avait cessé de le marteler dans sa poitrine. Et puis, lorsqu'il avait vu le jumeau du patron du « Sanctuaire », il s'était rendu compte que son corps ne réagissait pas, que son coeur ne s'emballait pas, que ses yeux ne cherchaient pas les siens. Mais lorsque ses soleils pouvaient accrocher les émeraudes de Kanon, une myriade de sensations l'emprisonnait, le tiraillait.

Il n'y avait vraiment que Gemini qui lui faisait cet effet. Que devait-il comprendre ? Que devait-il penser de tout cela ? Il se sentait de plus en plus perdu devant ses sentiments. A peine rentré chez lui, il s'était jeté sous une douche récupératrice. Ses pensées toujours rivées sur Kanon. Rhadamanthe s'énervait tout seul et contre lui. Il ne se reconnaissait plus. Son esprit était toujours envahit par l'image de cet homme qui s'était inquiété pour lui quelques jours plus tôt. Le juge n'était pas stupide, il commençait à comprendre pourquoi tout son être réagissait en la présence de Kanon mais il n'arrivait pas à l'admettre. Il n'y avait que l'amour pour mettre quelqu'un dans cet état mais lui, il ne pouvait pas être tombé amoureux d'un autre homme. Non ! Impossible !

Le jet de la douche s'écoulait toujours sur ses épaules et sur sa nuque. L'eau se faufilait sur les gorges de son dos musculeux. Il se détendait, du moins autant que faire se peut. Alors qu'il sortait de la salle de bain, son téléphone portable se mit à sonner. Il accéléra son pas afin de pouvoir décrocher. Et si c'était lui, qu'allait-il lui dire ?

— Oui ! fit sèchement le juge en décrochant.

— Salut Rhadamanthe ! Comment vas-tu ? demanda la voix au bout du fil.

— Ha ! Salut Eaque ! Ca va, dit-il sans en être vraiment convaincu.

— Ouais, tu dis que ça va mais le ton de ta voix me dit le contraire. Bref, comme tu ne diras rien de toute façon…. Veux-tu venir déjeuner avec nous ce midi ?

— Je ne sais pas…

— Oh ! Tu as l'air bien plus mal en point que je ne le pensais, dit le commissaire inquiet. Très bien ! On dit midi à la maison et si tu n'es pas là je viendrais moi même te chercher avec un coup de pied bien placé ! sourit-il.

— Vraiment Eaque, je n'ai pas vraiment envie de sortir là !

— Trop tard, tu n'as plus le choix. A tout à l'heure !

Sans même pouvoir ajouter quelque chose, Rhadamanthe vit la conversation se terminer ainsi. Eaque venait de raccrocher.

— Merde ! J'ai pas envie là ! Mais si je n'y vais pas, il est capable de venir me chercher… pensa à haute voix le juge.

Il se prépara et se rendit chez Eaque et Rune avec une seule envie, celle de repartir au plus vite.

Sur le circuit du Mans, les bolides continuaient leur course folle. Les moteurs grondaient, ronflaient et résonnaient autour du circuit. Prenant aux tripes les spectateurs. Albafica ne s'était même pas imaginé ce que pouvait être cette course. Chaque fois qu'il venait dans l'enceinte du circuit, il avait l'impression de voir cela pour la première fois.

Les amants s'étaient installés prés de la courbe « Dunlop », endroit prisé par les fans, les bolides s'y engageant à de vitesses folles. Après avoir regardé plusieurs tours, ils désertèrent leur point d'observation pour aller flâner un peu vers les boutiques qui se situaient à l'entrée du circuit. Le botaniste voulait s'offrir quelques souvenirs avant de partir et offrir un cadeau de remerciement à son Griffon.

— Tu n'as pas besoin de me remercier, ma Rose. Et je n'ai besoin de rien, sauf de toi, dit tendrement le juge.

— Tu me gênes, Minos… J'ai juste envie de te faire plaisir, alors ne dis rien, lui sourit le bleuté.

— Si tu insistes ! Alors d'accord.

Les deux hommes s'arrêtèrent devant un vendeur de porte-clés. Albafica s'en prit un représentant l'un des bolides qui courraient. Il hésita mais il en prit un pour son amant se disant qu'ainsi ils penseraient à l'autre rien qu'en voyant l'objet. Minos fut ravi de l'attention de sa Rose et accepta le présent avec joie. Continuant leurs emplettes, Minos s'arrêta devant une étale où l'on pouvait trouver des vêtements avec les marques des écuries. Le juge sembla scruter une chemisette noire sur laquelle était brodée le logo de l'écurie « Aston Martin », mais pour une raison qui échappa à Albafica, il ne l'acheta pas. Le bleuté n'avait pas l'intention de rentrer juste avec un porte-clés alors il opta pour des mugs, une casquette et un t-shirt.

— Ha mince ! fit le botaniste juste avant d'arriver devant un stand de sandwichs.

— Qui a-t-il ma Rose ? s'inquiéta l'argenté.

— Rien de grave, ne t'inquiète pas. J'ai oublié mon porte-feuille quand j'ai acheté le t-shirt. Je vais le chercher pendant que tu fais la queue pour les sandwichs.

— Je viens avec toi !

— Pas la peine, je sais où se trouve le stand. Je fais vite, promis.

— Mais…

— Si tu viens avec moi, on n'aura plus de quoi manger, reste dans la file. Je reviens.

— Bon très bien ! se résigna le juge. Je te prends quoi ?

— Comme toi, répondit Albafica amusé.

Le botaniste s'éloigna et revient près de quinze minutes plus tard, avec un grand sourire. Minos était en train de payer les sandwichs et les boissons pour leur repas du midi.

— Alors, tu as retrouvé ton porte-feuille ? lui demanda Minos.

— Oui ! Je l'avais bien oublié là où je le pensais. Je suis rassuré.

— Moi aussi. C'est toujours ennuyeux de devoir refaire tous ses papiers.

— Oui, c'est vrai.

— On va s'installer pour manger et voir l'arrivée ? proposa le juge.

Le bleuté acquiesça. Il était près de quatorze heures. La course était sur le point de s'achever. Le drapeau à damier flottera d'ici une heure environ.

Assis dans les tribunes des V.I.P., les amants dégustèrent leur pain garnis et leur boisson. En cet instant, et bien qu'il aimait ce genre de nourriture, Minos rêvait d'un bon restaurant. Pas que ce qu'il mangeait était infecte, ni même ce qu'il commandait au restaurant de l'hôtel, mais là il avait envie d'un bon restaurant. Alba, loin de se douter des pensées de son Griffon, était absorbé par les derniers tours de cette course d'endurance.

A quarante cinq minutes de l'arrivée, les stands des bolides étaient encore sur le qui-vive. On voyait encore des changements de pilote, des ravitaillements, des problèmes mécaniques qui se résolvaient néanmoins assez rapidement, des sorties de piste, des accrochages lors de dépassements hasardeux… Les spectateurs fixaient les écrans géants, positionnés autour de la piste, pour ne rien rater de la fin de course. Des éclats de voix retentissaient pour encourager les pilotes, des mains se levaient…

La chaleur était elle aussi bien présente sur le circuit. Partout autour de lui, Albafica voyait des peaux rougies par le soleil. Sur le bitume, et à cause de la température élevée, on pouvait voir comme un mirage planer. Plus que quelques tours, et ce serait terminé. Les bolides semblaient avoir accélérer d'un coup. Les écarts entre les voitures augmentaient lentement mais sûrement. Puis, le drapeau à damier fut agité devant le vainqueur, puis devant le second, le troisième et ainsi de suite jusqu'au dernier. Les clameurs remplaçaient les bourdonnements des moteurs, bien que les voitures faisaient un tour de piste en guise de révérence. La Porche 919 hybrid [3] portant le numéro dix-neuf avait vaincue tous ses adversaires. Son tour de piste était acclamée… Après le podium et la remise des coupes, c'en était terminé de cette course emblématique, et de ce merveilleux weekend.

Après avoir piétiné durant de longues minutes pour rejoindre la sortie du circuit, à cause de la foule qui avait eu la même idée, le juge et le botaniste arrivèrent enfin dans leur chambre d'hôtel.

Albafica déposa ses achats sur une petite table qui se trouvait près de la porte qui séparait les deux chambres. Il était à présent presque seize heures trente.

— A quelle heure partons-nous ? demanda le bleuté.

— Et bien, quand nous serons prêts, répondit l'argenté en s'approchant de sa Rose.

Minos ne se priva pas d'enlacer son amant et de l'embrasser langoureusement. Albafica ne résista pas à l'étreinte, se laissant totalement aller à son désir. A bout de souffle, ils se séparèrent et le bleuté en profita pour aller chercher un paquet dans l'un des sacs qu'il avait déposé en rentrant puis le tendit à Minos. Le juge écarquilla ses orbes. Il fut surpris. Agréablement surpris, même.

— Un cadeau ? Mais pourquoi ? Et quand as-tu eu le temps d'aller l'acheter ? l'interrogea le juge.

— Oh ! Et bien, tant de questions ? sourit le bleuté amusé. Tout d'abord c'est pour te remercier pour ce merveilleux week-end et je l'ai acheté lorsque j'ai prétendu avoir égaré mon porte-feuille. Désolé de t'avoir menti.

— Mais je t'avais pourtant dit que je ne voulais rien, être avec toi me suffit, dit tendrement Minos.

— Je le sais, mais je voulais t'offrir quelque chose.

— Merci, ma Rose.

Minos ouvrit le paquet et y découvrit une chemisette avec un écusson « ASTON MARTIN » brodé sur la poitrine. Celle-là même qu'il avait tant regardé et pourtant hésité à acheter. Il ne s'attendait pas à recevoir un tel cadeau. Aucun de ses ex-amant ne lui avait offert une telle chose, et il en fut heureux. Il attrapa le poignet d'Alba et l'attira à lui. Il le serra dans ses bras puissants et ne semblait plus vouloir le lâcher.

— Tu n'aurais pas dû, mais je suis heureux. Merci, répéta le juge.

Albafica ne dit rien de plus en constatant que Minos était touché par son cadeau. Après cet interlude, le couple se motiva à se préparer pour le départ. Avant de quitter l'endroit, ils prirent une douche afin de se rafraichir. Mais une fois encore, Albafica insista pour y aller seul. Par pudeur, sans doute. A la sortie de la salle de bain, le juge portait la chemisette que sa Rose lui avait offert. Le botaniste en fut heureux.

Après avoir rendu les clefs des chambres, les amants montèrent en voiture. Le fait d'avoir attendu un moment avant de partir avait dégorgé les routes, pas totalement mais une bonne partie. Albafica revivait ce week end simplement en discutant avec Minos. Le trajet du retour fut plus long en temps à cause du monde, pourtant le bleuté ne vit pas les heures passer. L'ambiance était bien plus détendue que quelques jours plus tôt mais les bonnes choses ont malheureusement une fin et pour le « jeune » couple cette fin était à deux rues de l'endroit où ils se trouvaient.

— Ma Rose, j'ai envie de te garder près de moi cette nuit. Accepterais-tu de venir chez moi ? demanda soudainement Minos.

Albafica, étonné mais ravi de cette demande, le regarda intensément. Il s'interrogea sur ce qu'il devait répondre. Il en avait follement envie, mais le lendemain il devait aussi se lever tôt et sa voiture était chez lui puisque son beau Griffon était venu le chercher quelques jours plus tôt. Le juge riva ses orbes à ceux de sa douce proie, il attendait une réponse.

— Si tu ne veux pas, ce n'est pas grave. Je comprends. Tu dois certainement devoir te lever tôt demain et à vrai dire moi aussi mais je n'ai pas envie de te voir partir.

— Oui, je dois être tôt au labo demain. Ma voiture est chez moi et je n'ai rien pour me changer demain, répondit enfin le botaniste déçu de devoir refuser l'invitation de Minos.

— Et si nous passons chez toi pour prendre des vêtements et ta voiture, tu accepterais ? tenta le juge.

— Et bien, je suppose…. je suppose que c'est faisable, murmura le bleuté.

La voiture se gara devant l'immeuble où logeait Albafica. Minos l'empêcha de descendre et lui vola un tendre baiser. Remis de ce tendre moment, Alba lui promit de faire vite. En effet, il refit surface une petite dizaine de minutes plus tard, pour la plus grande joie du terrible Minos qui ne se reconnaissait de moins en moins. Quelques jours plus tôt, il ne voulait que s'amuser avec sa proie, mais plus il passait de temps avec elle plus il avait envie de la garder près de lui. Pourtant, une part de lui ne changeait pas. Comment lutter contre soi-même ?

Après quelques minutes de circulation dans les rues de la capitale, les deux voitures entrèrent dans un grand parking souterrain situé sous l'immeuble où habitait le juge. Les places étaient si spacieuses que deux véhicules pouvaient se stationner sur un emplacement. Albafica devant partir avant Minos, il se gara devant le bolide de son amant puis montèrent à l'appartement. Les deux hommes commençaient à trouver leurs marques ensemble et la soirée se déroula paisiblement. Il dînèrent puis regardèrent un film à la télévision. Albafica s'était lové contre son amant et Minos l'encerclait de ses bras puissants.

Rhadamanthe avait pu s'esquiver assez vite de chez Rune et Eaque. De tout le repas, il n'avait montré que sa mauvaise humeur. Ses amis n'avaient rien pu en tirer. Le blond ne voulait pas parler de ses tournants et Eaque, qui le connaissait par coeur ou presque, savait qu'il était impossible de l'obliger à se confier même s'il savait que cela lui ferait un bien fou.

Le juge n'était pas rentré directement. Il avait été marcher un peu sur les quais. Il voulait réfléchir. Faire le point sur ses sentiments. Penser à Pandore, celle qu'il avait tant aimé. Penser à Kanon Gemini, qui hantait ses pensées et qui le faisait se sentir bien. Beaucoup de choses tournaient dans sa tête, et il ne savait pas où tout cela allait le mener…

A suivre…

[1] : informations prises et à peine modifiées sur www . 24h-lemans. com /fr/ programme/ programme_2_1_1723 /20150613. html ( enlever les espaces…). Programme 2015.

[2] : Safety car : de l'anglais. Voiture de sécurité. Elle entre en piste dès qu'il y a eu un accident. Elle se place derrière le leader afin de ralentir la course et permettre de nettoyer la piste après un accident, de secourir le ou les blessés ou lorsque les conditions météorologique ne permettent pas à la course de continuer dans des conditions de sécurité optimum. Dans le cas des vingt quatre heures du Mans, elle donne le top départ.

[3] : vainqueur des 24h du Mans 2015.