« Ma petite Evelina,
Si tu viens un jour à trouver cette boite, c'est qu'il nous est arrivé quelque chose à ton père et à moi. Nous souhaitons vraiment que tu saches que nous n'avons jamais cesser de t'aimer. Ça nous a brisés le cœur que de faire le choix que nous avons fait. Avant de te détailler plus amplement tout ceci, nous te devons la vérité sur qui nous sommes réellement.
Comme tu le sais, nous avons très bien gagné notre vie, ton père et moi durant toutes ces années. Nous t'avons permis d'évoluer dans un monde où tu ne manquerais jamais de rien. Malheureusement, ceci n'est ni le fruit du hasard, ni le fruit d'un travail acharné qui serait la résultante de longues années de labeur.
A l'âge de seize ans, nos parents respectifs ont voulu nous faire rentrer dans une confrérie très sélecte de laquelle ils étaient eux même membre depuis des années. Notre adhésion nous promettait de rentrer dans le cercle très fermé des grands de ce monde. Tes grands parents excellaient dans l'art de la magie. Ils nous avaient élevés selon des principes que nous n'avons pas jugés bon de te faire subir. Nous nous sommes dit que nous ne voulions pas suivre les us et coutumes inculqués par nos familles respectives car nous les avons jugés trop dures et trop barbares.
Après des tests physiques, psychologiques et génétiques, nous avons été acceptés dans l'école de Scholomance.
Je ne parlerai pas ici des pratiques de cette école ni de ce qu'il nous a été demandé de réaliser par la suite afin de montrer notre reconnaissance pour cet enseignement qui a duré six ans. Nous t'avons laissé dans cette boite le grimoire principal qu'il nous avait été demandé d'apprendre par cœur sans utiliser les procédés actuels de mémorisation.
Avant ton arrivée au monde, nous étions sans aucun état d'âme et sans aucuns scrupules, obsédés et motivés uniquement par le pouvoir et la conquête de notre monde que nous voulions moduler à l'image ce que cette école nous avait enseigné. Ce n'est pas pour rien que, dans nos promotions respectives, ton père et moi avons été considérés par notre Maître suprême comme ses élèves les plus prometteurs depuis bien des décennies. Notre alliance et notre union était une évidence pour nous et nous t'avons eu. Tu as déclenché en nous tant de joie et de bonheur, ma chérie, si tu savais. Tu as ravivé notre cœur gelé d'un amour d'une toute nouvelle nature. Après ce qu'il s'est produit, il nous était totalement impensable de te mettre en danger sans rien faire. Nous avons toujours agit au-delà des espérances de notre Maître et avons tant fait pour lui que nous avons préféré te protéger par crainte et par doute, quel qu'en était le prix.
Après des recherches très peu recommandables, nous avons trouvé un moyen de te rendre définitivement normale. C'est le seul moyen que nous avons trouvé dans un laps de temps si court. La contrepartie de ce sortilège sera de sacrifier la moitié de notre âme. En plus de l'incidence sur ta propre constitution génétique, notre passé commun en sera modifié de manière irrémédiable. Si jamais notre Maître se rend compte de ceci et qu'il essaye de nous soutirer la vérité, le mécanisme de protection de ce sort interdit s'enclenchera et notre cerveau implosera.
Dans quelques heures, nous viendrons te chercher à l'hôpital pour te récupérer. J'ai tout juste le temps de terminer ma lettre. Tu trouveras également dans cette boite la perle de pluie qu'un certain sylphe t'aurait offerte, une chevalière et une puce électromagnétique protégée par un sort contenant des souvenirs et des instants de vie tirée de ta véritable enfance.
Je t'en prie ma chérie, pardonnes-nous pour tout ce que nous avons fait. Pardonnes-nous pour ce que nous nous apprêtons à te faire. Quoi qu'il arrive, quelque soit la différence de comportement que nous aurons à ton égard suite à ceci, saches que nous t'aimons plus que tout. Ne l'oublie jamais.
Maman. Papa. »
Les yeux plein de larmes, elle resta un long moment à lire et relire cette lettre.
Dans des flashs un peu plus lents, elle se vit regarder les images holographiques et les fragments de mémoire de son enfance stockés sur la puce grâce à un vieux dispositif autonome qu'elle avait trouvé sur le bureau de son père. Au petit matin, avant que le personnel alloué au nettoyage n'arrive, elle ferma la boite et réactiva manuellement Lory grâce au boitier analogique codé situé dans la cave de la propriété. Elle se vit faire la route jusque chez elle, une main en contact constant sur la précieuse boite. Une fois chez elle, elle se rendit dans une pièce où son système de sécurité avait été désactivé pour entamer la lecture du grimoire.
A l'intérieur, elle y apprit l'histoire de l'établissement, sa politique, ses règles de base, la théorie sur des créatures démoniaques étranges ainsi que des cours fondamentaux sur la manipulation de la magie primordiale. Elle y apprit que, pour entrer dans l'enceinte de l'établissement qui se trouvait en quatrième dimension dans les alentours de Sibiu, il fallait que chaque élève porte une chevalière comportant les armoiries de l'établissement. Lors de leur premier jour au sein de l'école, il devait signer de leur sang un contrat qui donnait à ce que le livre nommait « Maître suprême » l'appartenance totale et entière de leur corps et de leur âme.
A la fin des six années d'apprentissage, l'élève le plus médiocre de la promotion se voyait catapulté vivant dans l'un des Enfers afin de servir de nourriture psychique au « Maître suprême » durant une année avant que ce qu'il en restait soit torturé pour l'éternité. Le major de la promo, quand à lui, se voyait greffé à l'intérieur de son être un fragment de nature éthérique permettant à celui qui le portait d'invoquer la magie primordiale de manière puissante. Ce fragment était intarissable mais ne devait pas être utilisé avec excès sous peine de l'exécution immédiate et sans sommation de son porteur par le « Maître suprême » lui-même.
Elle passa une semaine entière sur cet ouvrage enfermée chez elle en dormant et se nourrissant à peine. Elle parcouru et déchiffra des glyphes, mémorisa des sorts théoriques et s'imprégna des us et coutumes de l'établissement.
Lorsqu'elle voulu refermer le livre pour la dernière fois, elle vit un parchemin s'en échapper. C'était le pacte de son père. Elle lut beaucoup plus en détail ce à quoi les futurs élèves s'engageaient par la signature de ce pacte. Elle fut estomaquée par ce qu'il contenait. Elle comprit qu'à la sortie de leur formation, les élèves devaient nourrir le « Maître suprême » en lui sacrifiant une partie des bénéfices financiers récoltés et six humains ou trois nourrissons par an.
Cette information eu l'effet d'un électrochoc dans le cœur d'Evelina. Ses parents avaient donc sacrifié des vies humaines innocentes durant toutes ces années afin d'honorer la close qui les liait à l'école et à la chose qui la dirigeait. Elle ne savait quoi penser de ses parents à cet instant précis. Ils avaient été, durant la plus grande partie de leur vie, des êtres dénués d'émotions que seule sa naissance avait rendu plus humain. Etait ce le pacte signé à Scholomance qui les avait transformé ou était ce uniquement un aspect de leur personnalité qui avait été exacerbée par l'enseignement qui leur a été délivré ?
Elle reprit la lecture et lu une close effrayante : en cas de manquement à leur devoir ou en cas de mutinerie, l'âme de l'élève en question lui était arrachée à son corps pour subir le même sort que les humains ou nourrissons sacrifiés.
En mettant bout à bout ces informations, les circonstances de la mort de ses parents avec la lettre qu'elle avait lu quelques jours plus tôt, la jeune femme se rendit compte que ceux qui lui avaient donné la vie avait été questionnés sous la torture car, malgré le pacte signé avec le « Maître suprême », il n'avait plus du tout la pleine possession de leur âme. Cette chose a donc voulu en savoir plus sans grand résultat à parement.
Une haine qu'elle avait refoulée bien trop longtemps avait pris possession d'elle. Elle se dirigea vers l'arsenal d'arme qu'elle cachait derrière sa bibliothèque digitalisée et rempli un sac à dos de couteaux, de revolvers à balles UV, de mini grenade d'eau bénite concentrée et de quelques pieux en bois bien affûtés.
Elle mit la chevalière que ses parents lui avaient léguée à l'annulaire gauche et s'équipa de la tenue de combat qu'elle portait pour ses cours de self défense.
– Finis l'entrainement ma vieille, se dit elle à elle-même avec détermination, on va voir ce que tu as réellement dans le ventre.
Elle sorti de chez elle sur sa nouvelle moto à combustion et fonça à toute vitesse droit sur Sibiu.
Par images tout juste identifiables, elle se vit se diriger au sud de la ville, entrer dans la forêt que la nuit avait rendue hostile et ressentir un changement de densité dans l'air après un temps indéterminé de marche. Elle se stoppa net au bord d'un lac dont l'eau était d'un noir abyssal et continua vers un immense château dont elle apercevait les lueurs au loin. Avant même qu'elle est pu effectuer cent mètres, elle fut encerclée par une race de vampire à peau grise qu'elle n'avait jamais étudié. Après une bataille perdue d'avance qui l'amocha sérieusement, elle fut emmenée directement au château dans la grande salle du trône.
Le fil de sa vie ralenti encore pour lui permettre de bien mémoriser ce qu'il allait se passer.
La salle immense était richement décorée avec gout. Cependant, ce qu'il se trouvait au fond de cette pièce, était d'une laideur morbide.
Sur un imposant trône composé de membres et de restes humains momifiés qui paraissait continuer à se mouvoir imperceptiblement siégeait la Force. Evelina constata avec horreur qu'elle n'était pas aussi immatérielle que le livre de Buffy et Giles le prétendait. Elle mesurait, sous sa forme originelle, deux mètres cinquante de haut. Au dessus de sa tête, sous l'immense dôme de la pièce, le sephira que la troisième guerre mondiale avait soufflé de Bran flottait en rotation perpétuelle sur lui-même en émettant un léger vrombissement.
A la droite de la Force, se trouvait un autre trône plus petit mais richement ouvragé où se tenait un bel homme aux traits angéliques. Il avait le coude gauche appuyé sur l'accoudoir et son menton était posé entre ses doigts. Il détailla de ses yeux perçants l'arrivée de la jeune femme tout en jouant distraitement avec une fumée astrale qu'il déplaçait entre les doigts de sa main droite. Il arborait un rictus narquois sur ses lèvres fines. Lorsqu'elle posa les yeux sur lui, elle le reconnu immédiatement : Frumos.
L'un des vampires la jeta sans ménagement à terre. Comme elle avait les mains ligotées dans le dos, sa figure rencontra douloureusement le sol. Elle se mit à genoux avec difficulté.
– Nous l'avons trouvé se baladant dans notre forêt sur les rives du lac Sans Nom, lança d'une voix rocailleuse l'un des étranges vampires gris qu'on pouvait définir comme le plus gradé, elle portait l'une de vos chevalières à son doigt.
Il brandi cette dernière avant de la jeter avec rage dans un coin de la pièce. La Force prit l'apparence d'une bohémienne aux cheveux mi long noir de jais, se leva et s'avança vers la prisonnière. Elle adorait particulièrement cette apparence à la fois rassurante mais tellement plus traître.
– Evelina, je me demandai quand tu me rendrais enfin visite, lui sourit-elle chaleureusement, que viens tu faire par ici, mon enfant ?
-Je sais ce que vous avez fait à mes parents, sale monstre, je vais vous tuer de mes propres mains, cracha t elle avec force malgré ses plaies douloureuses.
Elle se débattit comme elle pu afin de libérer ses mains pour lui coller son poing dans la figure, en vain. La Force lui caressa le visage d'une douceur insupportable. Au contact de sa main, elle senti une grande chaleur traverser son corps endolorie. Elle fut surprise de constater que ses blessures internes et externes se guérissaient rapidement.
– Ne t'en fais pas, je vais bien m'occuper de toi, lui susurra la bohémienne gentiment.
Sans la quitter des yeux, elle s'adressa à ses sujets d'une voix plus autoritaire :
– Lurks, disparaissez.
Après avoir incliné la tête, ils se retirèrent en silence et Evelina fut maintenue à genoux comme si une chape de béton lui était tombée dessus. La Force avait tournée les talons et se dirigeait vers Frumos. En chemin, elle prit la forme d'une nouvelle femme qu'Evelina ne pu voir que de dos.
– Mon cher ami, permettez moi de vous présenter la fille des deux traîtres que nous avons torturés l'an passé.
Evelina écarquilla les yeux en reconnaissant l'intonation de la voix de sa mère. Elle en eu le souffle coupé. Frumos s'était levé et empoigna la taille de la forme qu'avait prit la Force.
– Peut être pourra t elle nous en dire plus sur ce que ses parents ne nous ont pas révélé, sourit il tout en effleurant délicatement la joue de la Force.
D'un simple regard, il fit s'approcher le sac d'armes qu'avait amené Evelina. Sans bouger le moindre muscle, le sac s'ouvrit de lui-même et son contenu se déversa en lévitation au dessus de celui-ci.
– Tu es bien téméraire d'être venue si armée. Dommage pour toi que tu n'es pas pu attendre ton but.
Il la regarda narquoisement en faisant de lents mouvements de tête de droite à gauche.
– Sais tu ce que nous avons fait enduré à ta mère pour la faire parler, la questionna t il.
Il déposa mentalement les armes que la jeune femme avait amenées. Après avoir regardé avec intensité la créature qui avait pris les traits de son ancienne victime, il se tourna de nouveau vers Evelina. La Force fut alors criblée peu à peu de plaies infligées par une arme invisible. Elle simulait la douleur à la perfection. Les membres de cette fausse victime furent ensuite lentement arrachés et brûlés accompagné de bruits et d'odeurs plus vrai que nature. La femme torturée poussait des cris de douleurs atroces.
-Evelina, par pitié, aides moi, hurlait la Force en se tordant de manière peu naturelle.
-Nous l'avons torturée, rendue totalement folle, démembrée et brûlée, continuait paisiblement Frumos d'une voix légèrement plus forte afin de couvrir les plaintes de la Force.
-Arrêtez, gémit Evelina les yeux embrouillés de larmes, vous voulez me tuer ? Allez y qu'on en finisse !
La mère fictive d'Evelina tomba à terre comme une vulgaire poupée de chiffon. De ses restes fumant s'échappait une odeur nauséabonde. Frumos se dirigeait vers la jeune femme. Il s'agenouilla près d'elle, s'approcha lentement de son visage et lui murmura à l'oreille.
– Je ne rêve que d'une chose. Je veux prendre mon temps pour lentement te faire sombrer dans la folie. Fais moi ce plaisir, gardes pour toi ce que tu sais afin que de te l'arracher en devienne plus exquis.
Il éloigna légèrement son visage d'Evelina. La rage qui bouillait en elle la faisait trembler de tout son être. Lorsque son regard croisa celui du vampire elle le senti sonder son esprit sans ménagement. C'est alors que des aiguilles lui transpercèrent la tête. Ceci l'aveugla temporairement sous la violence de l'intrusion. Elle se crut au bord de la mort tant ceci était insupportable. Cette torture dura un temps indéfinissable. Lorsqu'il lâcha son emprise sur elle, elle s'affala au sol épuisée. Il resta quelques instants à la regarder comme un félin fasciné à la vue d'une souris inconsciente de la fatalité dont elle allait être victime. Il passa le bout de ses doigts sur sa carotide dénudée, se releva lentement et regagna sa place à l'autre bout de la pièce. La Force avait alors pris l'apparence d'un jeune homme au visage creusé et aux cheveux d'un blond presque blanc tiré en arrière.
– Elle a une vie des plus banales, lui annonça lascivement le vampire, elle a beau être très bien documentée sur nos agissements grâce à une nouvelle trahison de ses parents mais elle ne sait même pas de quoi il est question. Elle a juste un blocage émotionnel suite à un accident, rien de plus. Mon Seigneur, cette jeune fille m'amuse. Si cela vous sied, j'aimerai beaucoup en disposer pour en faire ce que bon me plaira.
Le jeune homme se tenant auprès du vampire regarda Evelina avec une envie malsaine.
– Mon cher, je suis au regret de refuser votre requête. Ma colère envers l'affront de ses parents ne s'est pas encore apaisée. Je n'ai pas pu avoir leur âme, autant me délecter de la sienne. Je te promets de faire venir quatre nouvelles vierges pour te faire oublier cette fille de traître.
Sur le visage de Frumos passa une émotion indéchiffrable qui fut très vite remplacé par de la résignation et de l'acceptation. La Force reporta son attention sur le vampire et lui sourit. Au même moment, le sol commença à trembler. Evelina, qui venait tout juste de reprendre ses esprits, se rendit compte que plus aucune lourdeur de la maintenait au sol et que ses mains étaient de nouveau libre. Dans un élan de lucidité, elle voulu prendre la fuite mais les pierres polies qui se trouvaient sous ses pieds s'écroulèrent. Elle fut alors happée dans un tunnel sans fond composé de flammes et d'âmes torturées. Avant que le sol de la salle où elle se trouvait précédemment ne se referme sur elle, elle eu le temps d'entendre la Force lui souhaiter avec engouement.
– Bienvenue dans ta dernière demeure, mon enfant.
Comme si son instinct de conservation s'était enclenché, au lieu de tomber directement de la fournaise de l'Enfer dans lequel la Force lui avait promis de l'envoyer, elle atterri à cinq kilomètre de son point de chute. Après les tortures qu'elle venait d'endurer, son esprit encore sonné par le viol mental qu'elle venait de subir, son voyage interdimentionnel fut trop difficile à gérer par son subconscient. Sous le poids des chocs successif, ce dernier préféra la rendre amnésique pour sa propre santé mentale.
Elle perçu sous forme de bribes ce qu'elle avait vécu et enduré dans cet univers hostile : comment elle avait frôlé la mort à son arrivée, comment elle avait trouvé de la nourriture et de quoi étancher sa soif, la manière dont elle avait combattu des créatures inimaginables pour sa propre survie,… pour revivre sa rencontre avec ce vieillard dans un tunnel condamné qui se disait être un shinigami. Elle assista au dialogue qu'elle eut avec lui. Elle se rendit compte que, depuis son arrivée dans se monde apocalyptique, c'était la première fois qu'elle échangeait quelques mots avec une créature pourvu de langage. Elle lui fit part de sa volonté à vouloir retourner dans son monde d'origine.
Elle senti alors son corps tout entier être piqué de millier d'aiguille et sa peau entrer en fusion. Elle avait tellement mal qu'elle cru en perdre la raison. Elle cria aussi fort que son corps le lui permettait pour exorciser cette douleur insoutenable, en vain. La lueur de conscience qui lui restait encore dans le marasme de la folie qui grandissait un peu plus en elle à chaque seconde lui indiqua qu'elle se trouvait toujours en Enfer. Elle perçu le shinigami marmonner quelques chose d'indistinct. C'était du charabia pour elle. Puis, grâce au Tempus, elle pu avoir la traduction exacte de ce qu'il disait.
– Que le sang de tes aînées afflue dans tes veines pour te libérer des chaines qu'on t'a attribuées. Je brise le sortilège qui t'a scindé en deux. Affrontes enfin qui tu es réellement sans détours ni artifices. Que la Tueuse damnée que tu es devenue trouve par elle-même le chemin vers son monde.
Sur cette dernière phrase, il plaqua violemment sa main droite sur le plexus solaire d'Evelina. La douleur déjà relativement insoutenable se décupla. C'est alors qu'elle vécu la mort de milliers de jeune femme qu'elle ne connaissait absolument pas : brûlée, égorgée, battue à mort, nuque brisée, vidée de leur sang, décapitée, …. Avant d'être de nouveau catapulté dans la quiétude mentale marquant la fin du déroulement de sa vie, elle poussa un dernier cri de douleur.
Le docteur Laptar était en train de d'observer sa patiente depuis un petit moment à travers la vitre blindée. L'opération était achevée à plus de quatre vingt dix neuf pour cent et tout s'était déroulé correctement.
– Docteur, interpella sa consœur d'une voix mal assurée, je crois que nous avons un problème.
Il baissa les yeux sur le tableau tactile et se rendit compte de l'ampleur des dégâts. La température de sa patiente augmentait anormalement et ses constantes vitales était instables. Il leva un bref instant ses yeux pour observer la jeune femme. Cette dernière était à présent secouée de violents spasmes musculaires. Jamais de toute sa carrière il n'avait pu observer le Tempus provoquer une telle surcharge neuronale chez un patient. L'idée de déclencher le dispositif d'urgence pour stopper net toute l'opération venait tout juste de traverser son esprit lorsqu'Evelina devenue raide comme une planche se mit à hurler à s'en rompre les cordes vocales. Il fut tellement pris de court par cette réaction que Laptar eu un mouvement de recul. A la limite de ce que le corps humain pouvait supporter, le cri de la jeune femme s'amplifia encore quelques fractions de secondes.
Avant que l'interne est retrouvé ses esprits, le Tempus explosa en milliers de morceaux et la vitre blindé fut fissurée sur toute sa surface en un nombre incalculable d'éclat sous l'effet de la déflagration. Par chance, c'est dernière ne céda pas.
Le médecin avait reprit pleine possession de ses facultés et se dirigea en toute hâte vers la salle du Tempus. La santé de sa patiente était primordiale. L'établissement ne pouvait pas se permettre un procès qui l'opposerait à l'une des plus grosses fortunes de ce pays. Il ouvrit à la volée la porte séparant la cabine de contrôle de la salle d'examen et se précipita vers le centre de la pièce en prenant garde à ne pas trébucher sur les débris coupant qui jonchait le sol.
Le corps d'Evelina était totalement intact. Seule de la vapeur d'eau s'échappait encore de manière inexpliquée de sa peau.
-Mademoiselle Kiõv, vous m'entendez ?
Elle avait les yeux clos et Laptar ne vit aucun mouvement respiratoire. Tout appareil électronique alentour était hors service. Privé de sa tablette tactile, il voulu prendre son pouls directement à sa carotide comme on lui avait appris lors de sa première année de médecine. Ses doigts étaient à peine arrivé à mi chemin que, d'un geste vif et précis, la jeune femme, toujours les yeux clos, stoppa net son geste en resserrant sa main droite sur le poignet de son médecin. Malgré son corps frêle, sa poigne était d'une puissance anormale. Elle ouvrit les yeux et tourna lentement sa tête vers l'interne. Ce dernier ne reconnu pas le regard de sa patiente et en fut déstabilisé. Ses yeux étaient vides de toutes émotions humaines.
A cet instant, la jeune femme fit un large sourire et prit la parole.
– Désolée mais Evelina n'est pas disponible pour le moment mais vous pouvez laisser un message après la tonalité.
Elle envoya valser l'interne à l'aide d'un crochet du gauche.
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