Disclaimer: Hidekazu Himaruya
Persos: France/Francis, Canada/Matthieu, Angleterre/Arthur. Très vague allusion à Alfred (il est quoi à cette époque déjà?).
Paring: Fruk
Genre: Family, Romance, Humour...
Rating: Je ne sais pas trop...Je mets T par précaution
Chapitre 7: Échec
Matthieu était agrippé à la corde du puits, ses petits pieds battant l'air avec obstination «Mais tu vas voir papa, je vais remonter de l'eau!» Il tentait de remonter le sceau, qui était bien évidement lourd, depuis quelques minutes sans réel succès. Néanmoins il était très déterminé à réussir, même s'il semblait déjà fatigué et qu'il agitait inutilement les jambes pour tenter de retomber au sol.
Arthur soupira et décida de renoncer à le reprendre sur ce point de l'appeler ''papa''. Puisque ça semblait faire plaisir au petit, pourquoi pas? C'était dit du fond du cœur et cet enfant était adorable, ça ne posait pas de problèmes s'ils étaient seuls tout les trois. Même s'il aurait préféré être appelé ''dad'' ou ''daddy''. Mais Matthieu refusait de parler anglais ou de répondre à la version anglaise de son nom, c'était quelque peu frustrant. Il fit quelques pas, jusqu'à être derrière l'enfant et attrapa la corde, exerçant une traction dessus. L'objet plein d'eau remonta jusqu'au bord et il tendit la main pour en attraper l'anse avant de lâcher la corde. «Quand tu seras grand Mattie, tu pourras faire ça mais tu as encore de trop petit bras.
- Mais lui, il peut soulever un bison sans problème! Il est très fort!
- Lui?
- Mon frère!» Le canadien n'ajouta rien de plus, laissant Arthur dans l'interrogation. Peut-être la colonie française parlait-elle d'une des colonies espagnoles ou portugaises qu'il y avait au sud (où pour le coup ces maudits frangins avaient été plus rapide que lui et France)?
Il n'y pensa plus et oublia vite la remarque, qui n'avait pas grande importance finalement.
Depuis sa tentative de fuite, trois jours s'étaient écoulés et il se sentait déjà mieux, son dos ne lui faisait plus mal et les cicatrices étaient en bonne voie de disparaître. Et il songeait déjà à un nouveau plan pour s'enfuir, libérer ses hommes et récupérer son bateau (même si Francis l'avait certainement déplacé, en fourbe qu'il était).
Pour s'enfuir, il fallait d'abord qu'il retrouve ses vêtements de pirate. Même si son ''hôte'' lui avait donné un pantalon pour chaud pour qu'il puisse sortir. Ca et une chemise, ça n'était pas terrible. Surtout que la maison n'était pas à côté du port! Mais cela n'était qu'une détail, il volerait un cheval à son rival, puisque celui-ci avait une petite écurie (et le pré allant avec ) face à la demeure, à plusieurs mètres de distances. Tandis qu'il jetait posait le sceau d'eau sur la table, ignorant le remerciement de son adversaire de longue date, et qu'il retournait alimenter le feu il se répéta mentalement son plan.
Il y avait longuement pensé.
D'abord, il fallait qu'il retrouve son costume, soit le manteau, la chemise (avec le col), le pantalon, les...hum..bijoux, les bottes et le tricorne. Francis n'avait pas intérêt à avoir froissé une des plumes du dernier d'ailleurs. Ha oui, et le cache-oeil aussi. ''Cependant je vais tout de même garder ceux que Francis m'a donné, ils sont chauds et très confortables!''
Ensuite, il fallait absolument qu'il récupère ses armes. Son rival avait bien du mettre l'épée et le révolver quelque-part. Une fois armé, Arthur savait qu'il ne pourrait plus être attrapé aussi facilement. Et la fuite serait alors un jeu d'enfant, aucune porte ou fenêtre ne lui résisterait. ''Francis a de la chance, je suis beau joueur, je ne me vengerais pas trop méchamment.''
En revanche, il ne faudra pas oublier de lui dérober bijoux et argents pour lui faire payer tout ce qu'il lui avait fait. Et il allait lui rafler quelques bouteilles d'alcool aussi , l'anglais en avait vu de belles à la cave. C'était une honte de tout garder pour lui sans en offrir à son cher adversaire, son anglais préféré (même s'il lui avait offert quelques verres depuis la capture du pirate), et bien il allait le regretter! ''Cette fichue grenouille a plein de rhum chez elle, je vais la délester de quelques litres!''
Il serait aussi pratique de lui voler un cheval aux écurie, son préféré tant qu'à faire. Cela afin de retrouver le port le plus vite possible, d'ailleurs pour ça il allait voler une carte comme celle dans son espèce de bureau, histoire de ne pas se perdre, parce que là ce serait vraiment minable. ''Comme ça, quand je reviendrais prendre Matthew, je pourrais me repérer. Même si ce serait déloyal. Je pourrais aussi revenir en cachette pour faire subir à Francis ce que...hum non je ne vais pas faire ça, c'est lui le pervers, pas moi!''
Arrivé au port, il faudrait qu'il cherche, qu'il se renseigne afin de savoir où est mon bateau, combien de personne le gardait, s'il (et c'était là un point capital) avait toujours sacargaison/ses réserves de nourritures et d'eau ou non. Ca ne servait à rien de fuir si ses hommes et lui n'avaient rien à manger ou à boire. ''Piller les villages n'est pas spécialement une bonne idée. Si le Canada devait devenir britannique un jour, je préfère ne pas me mettre à dos les habitants avant le moment où je devrais d'attaquer la colonie''.
Enfin et c'était le plus important: il fallait qu'il sache ou se trouvait son équipage, afin de neutraliser les gardes, libérer ses hommes pour ensuite récupérer mon bateau et retourner en Angleterre! ''C'est un plan parfait! Et rien ne m'arrêtera!'' Il se délectait de son idée, persuadé que le grand et unique vainqueur, ça serait lui et lui-seul. Satisfait de lui-même, il se frotta les mains en souriant diaboliquement, certain de sa victoire. Il savait qu'il était le plus fort, qu'il battrait Francis sans problème les armes à la main. A la lutte à main nues les résultats variaient mais son voisin était plus grand que lui. D'accord ça n'était pas un avantage mais ça aidait quand même.
Soupirant, il se massa les tempes et décida de profiter de la première occasion pour commencer à chercher ses habits de pirates. Ils devaient bien être quelque part, car Francis ne les aurait jamais détruit. Il avait du respect pour lui quand même et le trouvait "beau", "mignon" et à "croquer" dans ces vêtements.
Il serait même capable, d'ici quelques siècles, de les ressortir ou d'en fabriquer de pareils et le forçer à les mettre rien que pour lui.
- «Bon...comme il lave le linge lui-même quand il est là...peut-être devrait commencer par chercher l'endroit où le linge sale était mit. Oui voilà...Il se mit donc à l'œuvre, évitant stratégiquement la cuisine d'où s'échappait de savoureuses odeurs. Il s'attela à chercher ses vêtements personnels. Après une heure d'insuccès, il grommela et regarda dans la chambre de son adversaire, fouillant partout. Il y avait bien un coffre mais soigneusement fermé par une solide serrure.
- «Il est là dedans...je le sens, tout est dedans!»
Serrant les dents, il étudia le tout, tenta même de forcer avec une aiguille mais échoua encore et encore, à sa grande et terrible frustration. Il finit par s'arrêter après s'être cassé un ongle et retint alors une poignée de jurons colorés.
Rageur il regarda autour de lui, se rendant compte qu'il n'avait jamais vu cette pièce avant. Le lit contrairement à ce qu'il aurait pensé, n'était pas à baldaquin mais avait clairement l'air confortable, avec une couverture moelleuse sans doute fourrée de plumes, comme les oreillers. Des peintures décoraient les murs et il y avait même des miniatures, semblables à des gravures, sur l'espèce de bureau sur lequel était posé plume, encrier et feuille de parchemin. Il s'approcha, curieux de nature et prit une de ces ''gravures'', un dessin très vieux, dessiné au fusain et coloré très légèrement. Ce papier (et donc le dessin), semblait avoir...plusieurs...siècles. Vu la splendeur du cadre, c'était un souvenir précieux. «Sans doute un dessin de Rome ou alors...» Les mots s''étranglèrent dans sa gorge.
Lui...c'était lui enfant. Un petit garçon qui semblait avoir 5 ans, avec d'épais sourcils et un pré-adolescent aux cheveux mis-longs, assis côte à côte sous un arbre.
Étrangement, le dessin semblait encore ''frais'', les traits du dessin toujours aussi sombre et les couleurs bien que très douces et légères (délibérément) étaient toujours visibles, Francis avait du le rafraichir souvent, en digne enfant de l'Empire romain qu'il était. Mais il ne se souvenait pas avoir posé et Francis n'était pas doué au point de faire ça de mémoire...Si? non il était doué en dessin mais à ce point? Il pouvait certes faire un portrait de mémoire mais pouvait-il vraiment être si précis?
Soudain il se rappela: un jour, au XIe siècle, entre 1075 et 1085...ou quelque chose comme ça, bref sous le règne de William I, Francis l'avait emmené chez une sorte...d'artiste pour que celui-ci dessine leur portrait à tout les deux, les dessinant ensemble sur le même papier, sur ce parchemin. Mais soudainement il se souvint aussi de la courte discussion qui avait suivie, lorsqu'ils retournaient au château où il vivait.
- «Pourquoi as-tu demandé ce...dessin Francis? On est ensemble pourtant...c'est pas comme si on allait être séparé n'est-ce pas?» Sa voix trahissait une légère inquiétude, malgré lui et il crispa ses doigts sur la tunique bleue du pays plus vieux. «Tu ne vas pas partir hein? Si tu as une besoin d'un souvenir ce n'est pas parce que tu vas partir, n'est-ce pas?»
Posant une main douce dans ses mèches sables, le français sourit «Ne t'en fais pas Arthur, je veux juste avoir des souvenirs de chacune des périodes les plus heureuses de ma vie!»
L'anglais baissa les yeux, afin de l'autre ne voit pas son petit sourire, ni à quel point ces mots lui avaient fait plaisir.
Arthur tenait toujours le cadre, se mordillant la lèvre, tandis que les mots résonnaient à nouveau dans son esprit un peu embrumé par une soudaine nostalgie. Périodes les plus heureuses de sa vie?Il n'avouerait jamais que c'était la même chose pour lui. Le premier a s'être inquiété pour lui, à l'avoir cajolé, pris dans des bras chaud et rassurant. Le premier depuis Britannia à lui avoir donné un amour désintéressé. C'était l'invasion normande qui avait fait de lui ce qu'il était aujourd'hui, posant les bases de l'Angleterre qu'il était devenu suite à cette fameuse bataille de 1066 qui avait changé son destin. Un sourire amer se dessina sur ses lèvres. Dire que sans cette invasion, il aurait probablement été un esclave des Scandinaves, de Danemark, sans doute encore aujourd'hui, à l'image des îles Feores ou de Islande. Francis et son duc de Normandie l'avaient sans doute sauvé ce jour-là. Ses yeux verts se posèrent à nouveau sur le cadre et une étrange boule se forma dans sa gorge, lui donnant presque envie de pleurer.
Malgré tout ce qui s'était passé entre eux.
Malgré la haine qui les avait déchiré.
Malgré cette maudite guerre de 116 ans.
Malgré la mort de Jeanne d'Arc.
Francis n'avait pas détruit ce dessin, et il aurait pu le faire, au XIVe siècle, sous le geste de la colère, de la haine envers lui et plein de rancune après ce que l'anglais lui avait fait. Cette colère, cette haine n'était qu'une façade? Il avait dit la vérité il y a quelques nuits. «Je sais Arthur, je l'ai finalement compris. Et...je ne peux pas te haïr. J'ai essayé à l'époque mais je n'y suis jamais arrivé.» Soudainement, il eut l'impression d'être un monstre sans cœur, d'être cruel...de n'avoir fait que souffrir Francis depuis des années. Il ne put, cette fois, retenir un petit sanglot étranglé et balbutia, le visage enfoui dans sa main. «Bloody Hell...»
Il secoua la tête, reposant le cadre à sa place. Il fallait qu'il se reprenne, ce n'était pas le moment de flancher ou d'avoir le cœur lourd. Quelque peu déprimé et nostalgique, il décida de reprendre ses recherches. Bien...il allait commencer par ses armes puisque les vêtements étaient inaccessibles.
Et s'il avait tout mis ensemble? Il n'aurait pas fait ça, c'est trop simple n'est-ce pas? A moins qu'il n'est préventivement tout calculé et qu'il ait pensé qu'il allait penser ça et agir en conséquence rien que pour le contrarier. Le pire c'est qu'il en était capable. Tout était bon pour le rendre fou.
Soudain une voix le fit sursauter : «Arthur? Qu'est-ce que tu fais dans ma chambre? On espionne? On cherche de quoi me forçer à faire tout ce que tu veux?
- JE VEUX MES VÊTEMENTS, RENDS LES MOI TOUT DE SUITE BÂTARD!» Un éclat de rire le fit rougir de rage et il serra les dents, une envie de frapper montant en lui.
- «Tss tss pas tout de suite! Tu ne prends vraiment pas soin de tes affaires Arty! Ils étaient déchiré à certains endroit et tâchés (de sang) à d'autre. Avant de te les rendre, je vais les remettre en état.
- JE NE SUIS PLUS UN GAMIN A QUI TU PEUX RACCOMODER MES HABITS! JE PEUX LE FAIRE MOI-MÊME, JE SAIS MANIER L'AIGUILLE!» Il était horriblement gêné de la tournure des évènements.
Un large sourire se dessina sur les lèvres de Francis. «Ho mais je n'en doute pas!» Il tapota la tête blond de lui passer le bras autour de la taille, malgré le grognement mécontent de son captif, et l'entraina en bas. «J'ai justement quelque chose à te faire faire! Quelqu'un de seul un artiste de la broderie comme toi pourrait faire, tes créations sont magnifiques...uniques et ont un côté inégalable.
- Wh...what?» Plutôt mourir que d'admettre que le compliment lui avait fait plaisir, et que la flatterie marchait très bien sur lui «Je dois faire quoi exactement? Je n'accepterais pas d'être utilisé!
- Dans trois jours, je veux faire une petite...disons plutôt un jour spécial, un magnifique repas et quelques cadeaux pour Matthieu, une fête pour commémorer tu vois?
- And...it's the day where he...
- Le jour où il a enfin trouvé une famille!
- Donc ça vous concerne tout les deux mais pas moi!
- Alors expliques-moi pourquoi il t'appelle ''papa'' toi aussi?
- ...» Rougissant l'anglais admit sa défaite et reporta son plan d'évasion à dans cinq jours. Mais c'était juste pour faire plaisir à Matthew et rien de plus.
Rien..de...plus
A suivre
