Note de la traductrice : De retour avec l'avant-dernier chapitre de cette fic ! Je serais presque triste que l'aventure prenne bientôt fin. Mais avide de traduction, je vous ferais découvrir une nouvelle fiction après celle-ci. Je ne sais pas encore quand elle sera postée par contre.
Savourez ce chapitre et à bientôt pour la fin !
Bonne lecture !
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Quelque chose à célébrer
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Cette dernière pensée l'apaisa alors que ses yeux se fermèrent.
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Tout paraissait normal quand Harry se réveilla. Il avait faim. Il était excité. Severus se frottait contre sa jambe. Stop. Ce n'était pas tout à fait normal, si ? Ses yeux s'ouvrirent brusquement. « Que- ? » Ah oui. Pas normal, mais mieux que normal. Brillant en fait.
A côté de lui, il sentit Severus remuer et vit ses yeux papillonner avant de se troubler d'embarras. « Je suis désolé – je- »
« Ne t'arrête pas ! » dit Harry, en se décalant pour profiter de l'érection déjà bien tendue.
Severus eut l'air confus, mais son sexe ne l'était pas du tout, alors il bougea contre celui de Harry. « Je ne fais pas... ce genre de chose » dit-il d'une voix encore rauque de sommeil.
Harry n'était pas exactement sûr de savoir ce qu'était ce genre de chose, mais il aimait la façon dont il se sentait, alors il enroula une jambe autour de Severus avec un gémissement. « Pourquoi pas ? »
Severus s'arqua, poussa contre lui et Harry se rendit compte qu'il le pressait maintenant sur le lit. Severus ne semblait pas y penser cependant. « Je n'ai pas été... avec beaucoup de personnes… Ohh, ici oui... » Il gémit profondément au lieu de prononcer des paroles censées.
Harry était ridiculement heureux de cela, de la confession et des caresses. « C'est bon » dit-il, en agrippant frénétiquement Severus partout où il pouvait l'atteindre pour l'attirer plus près.
Estimant apparemment qu'il n'y avait aucune raison de résister davantage quand il faisait – eh bien – cela, Severus se pencha et caressa leurs deux sexes de sa main. Ohh oui c'était ça... Harry gémit désespérément, frotta sa jambe sur toute la longueur de Severus, sans doute trop rapidement, mais il n'y avait rien qu'il puisse faire à ce sujet.
Severus inclina sa tête pour se regarder en train de masturber – ahh putain, masturber - leurs deux membres. Ses cheveux tombaient sur son visage, cachant son expression à Harry. « Tu ne... m'apprécies même pas... » murmura-t-il.
Était-ce tout ce qui dérangeait Severus ? « Tu ne m'aimes pas beaucoup non plus ! » lui rappela Harry, en essayant de relever son visage.
Voyant sa bouche à proximité, Severus l'embrassa avec urgence, sa main et son sexe se déplaçant vite et fort contre celui de Harry. « Tu es... un terrible... legilimens... » murmura Severus.
Harry fit la moue contre ses lèvres et répondit, « J'ai eu... le pire... enseignant... au monde… » Il savait qu'il y avait d'autres points à débattre, mais il n'arrivait pas à s'en rappeler, pas avec ses testicules qui se serraient.
Saisissant les sombres cheveux raides pour rapprocher sa tête, il embrassa à nouveau Severus, en se frottant paresseusement contre lui. Severus allait probablement penser qu'il avait des problèmes d'éjaculation précoce, mais à cet instant, il ne s'en souciait pas – il oubliait tout, absolument tout sauf venir, même comment embrasser. « Merlin, Sna- Prof- Putain, Severus ! »
Alors même que les mots franchissaient ses lèvres, il sentit un jet chaud gicler sur sa peau. Putain, qu'est-ce que c'était bon ! Frissonnant, Harry cria et explosa, agrippant Severus d'une main au cas où il aurait l'idée de se retirer.
Quand il put respirer à nouveau, il haleta, « Peut-être que je... t'apprécie. Un peu. » Le visage de Severus était enfoui dans ses cheveux, que Harry savait en sueur et mal peignés. Ils avaient tous deux une haleine qui sentait l'œuf. Il sentit ses joues chauffer – peut-être avait-il parlé trop vite. « Est-ce que... tout va bien ? »
Les doigts de Severus se desserrèrent lentement. « C'est plus que je ne mérite. »
Harry pouvait à peine voir de près sans ses lunettes, alors il redressa son visage pour regarder Severus dans les yeux. « Pourquoi dis-tu cela ? »
La main, qui l'avait si violemment serré, frotta le dos de Harry de haut en bas, lui donnant l'impression d'être un grand chaton. « Pourquoi est-ce que tu m'apprécierais ? » dit Severus, comme s'il ignorait ce que sa main faisait.
Harry haussa ses épaules, se cala contre le corps de Severus, hanche contre hanche, bien que ses orteils n'atteignaient pas tout à fait les pieds de Severus. « Impossible de faire autrement. Même si je sais que tu ne m'apprécieras probablement jamais... de cette façon. » Il ne s'attendait pas à être si bien allongé ici, pelotonnés tous les deux. La main sur son dos s'était égarée dans ses cheveux.
« De quelle façon ? » demanda Severus. Son ton était, même aux oreilles de Harry, soigneusement neutre.
Harry haussa à nouveau les épaules, son orteil faisait des cercles sur les poils courts de la jambe de Severus. « Comme, euh, plus que juste une simple baise. » Même les mots sonnaient affreusement mal sur sa langue.
Severus se retira un peu pour le regarder, gardant une main sur le bras de Harry, alors que ses yeux se rétrécissaient avec suspicion. « Une simple baise ? »
« C'est tout ce que je suis, n'est-ce pas ? » Les joues de Harry brûlaient et Severus le regardait comme s'il ne pouvait choisir entre lui crier dessus ou... lui crier dessus.
Severus souffla finalement, « Potter, tu ne m'écoutais donc pas ? Je ne fais pas ce genre de choses. »
En se forçant à prendre une grande respiration, Harry baissa les yeux et se demanda où ses vêtements avaient atterri. « J'avais peur de cela. Je- Je m'en vais. »
Il l'aurait fait, si Severus n'avait pas encore été en train de caresser ses cheveux. Après un moment, Severus sembla également réaliser qu'aucun d'eux n'avait fait de geste pour se dégager. « Maintenant ? » demanda Severus, un brin ennuyé.
Harry plissa les yeux. Sans ses lunettes, c'était encore plus difficile que d'habitude de lire l'expression de Snape. « Ce n'est pas ta manière de te débarrasser de moi ? »
« C'est toi qui t'en va. » Severus fit un bruit moqueur. « Est-ce que le mort ne parvient pas à répondre à tes attentes ? »
« Non ! J'ai adoré ! » Harry le regarda timidement. « Mais je sais que je ne suis pas très bon. »
C'était assez difficile à dire, mais il eut l'impression que Severus rougissait à nouveau. « Si nous… C'est que… Une fois que nous serons habitués l'un à l'autre, je suis certain que ce ne sera plus si... chaotique. »
De la part de Severus, que Harry avait imaginé le mettant à la porte, cela sonnait pratiquement comme une demande en mariage. Il rayonnait. « Ça ne te dérange pas que je reste un peu alors ? Lorsque tu as commencé à parler du fait que tu ne faisais pas ce genre de chose, je pensais que tu insinuais que tu voulais la paix et un peu de calme. »
Apparemment Severus trouvait les poils du torse de Harry très intéressants, puisque ses yeux y étaient rivés. « Je ne – comment tu as dit déjà ? baise pas. »
Coucher avec Severus, en supposant qu'il laisse Harry revenir une fois qu'il devrait partir, allait s'avérer très difficile. D'une part, Harry se sentait jaloux de toutes les personnes avec qui Severus avait pu faire cela avant, même s'il savait que c'était ridicule et irrationnel. « Ce n'est pas – c'est plus que cela, n'est-ce pas ? Même si nous ne sommes pas encore tout à fait sûr de ce que c'est ? » demanda-t-il plein d'espoir.
Cela sembla faire détourner le regard de Severus de ce qui était si fascinant sur son torse. « Tu veux que ce soit plus que cela ? » Les yeux noirs vacillèrent avant de se figer. « Je suis le même homme que tu as méprisé. »
Harry bougea tout son corps en haussant des épaules, pour être sûr que Severus l'ait ressenti. « Je suis toujours le fils de l'homme tu as détesté » répliqua-t-il, en espérant que cela ne se mettrait pas entre eux.
Il espérait, après la réponse réflexe de Severus « Il me haïssait aussi », que le passé n'entrerait pas en ligne de compte dans ce qui pourrait être leur avenir. En supposant que Harry ne fasse pas tout capoter.
« Est-ce que ça veut dire que, parce qu'il est mort » commença Harry avec soin, « tu vas continuer à le haïr ? »
Une sonnette d'alarme explosa dans la tête de Harry. Bon, Severus eut l'air irrité. « J'ai essayé de le sauver. Il a été trahi par l'un de ses meilleurs amis. Si ton séjour ici a pour condition que je fasse semblant de l'avoir aimé... »
« Non ! » Au cas où Severus aurait eu l'intention de se lever et de partir de là, Harry l'attira fermement à lui. « Je voulais simplement dire que je n'ai plus de rancune contre toi. Mais si tu ne peux voir que mon père en moi, alors ça ne fonctionnera probablement pas. »
« Si je ne voyais que ton père, nous ne serions pas dans mon lit. » Les doigts de Severus cessèrent leurs caresses dans ses cheveux, se déplacèrent et commencèrent à masser à nouveau son dos.
Harry soupira de soulagement. Spontanément, il se tourna pour donner à Severus un meilleur accès et laissa échapper un son de pur plaisir. Il sentait les deux mains de Severus glisser sur ses épaules, descendre plus bas, pétrir des muscles que Harry n'avait pas conscience d'avoir noués, jusqu'à ce qu'il ne ressente plus aucune tension.
« Je pense que peut-être... » C'était plus facile de parler maintenant qu'il ne regardait pas directement Severus. « Peut-être que je t'apprécie plus qu'un peu. »
Un souffle chaud ébouriffa l'arrière de ses cheveux alors que Severus se penchait, se frottant contre sa joue. « Est-ce que tu dis ça uniquement parce que je t'ai promis de la crème glacée ? »
Harry gloussa, et se dit qu'il devrait être horrifié de produire un tel son de petite fille – mais certaines choses qu'il avait jadis considérées comme horribles n'étaient plus rien comparé au fait d'avoir passé un an à être terrorisé par Voldemort. « Je le pensais, mais je veux toujours que tu lèches de la crème glacée sur moi » dit-il avec un soupir bienheureux, en se tournant et en redressant son visage pour tenter de se rapprocher de Severus.
Un grognement retentit à son oreille. « Je ne fais pas non plus cela » dit Severus. « Je ne pense pas. »
Entendre le rire de Severus, même quand il se moquait de lui, était mieux que d'être d'embrasser par qui que ce soit, pas que Harry l'ait beaucoup été d'ailleurs. « Si tu n'es pas sûr, tu devrais essayer au moins une fois. Comme ça, je pourrais savoir si j'aime ça aussi » dit-il, en parvenant à câliner de son nez les contours du menton de Severus.
« Tu n'as jamais fait cela ? » demanda Severus, sonnant sincèrement curieux.
« Je n'ai pas eu beaucoup de crème glacée quand que nous nous cachions, ou qui que ce soit que je tienne à lécher » dit Harry, en tortillant ses épaules parce que Severus avait cessé de le caresser. « Je n'ai jamais fait grand-chose, que ce soit à ce moment là ou avant. »
Les mains de Severus reprirent lentement leurs mouvements. « Moi non plus » dit-il calmement. « Pas depuis de nombreuses années, et pas - » Il se tut brusquement, mais ses doigts dérivèrent doucement le long du dos de Harry, appuyant sur chaque recoin de sa colonne vertébrale.
Avec un paisible soupir heureux, Harry acquiesça, « Ensuite, nous devrons essayer toutes sortes de choses pour voir ce qui nous plaît. » Il espérait que cela ait plus de sens pour Severus que le plan de la crème glacée.
« Pas juste de la baise ? »
« Juste du sexe ordinaire du style 'Je t'apprécie'. » C'était probablement le moment d'indiquer explicitement qu'il n'avait jamais fait ça. Severus hocha la tête, déplaçant son menton contre les cheveux de Harry, et parce qu'il se sentait chaud, paresseux et satisfait, Harry avoua, « Toute mon expérience sexuelle se limite à ce lit. »
« Je suppose que nous ferions mieux de commencer avec de la vanille, alors » déclara Severus avec satisfaction, et quand Harry se retourna vers lui, il ajouta, « La crème glacée. »
Harry savait qu'il devait se référer à quelque chose de sexuel, mais il ne voulait pas lever tous les doutes au sujet de son manque d'expérience en demandant une explication. « J'aime la vanille » dit-il, en pensant que c'était assez prudent.
« Tous les Gryffondors aiment ça » dit Severus, à bout de souffle. Mais quand Harry le dévisagea, essayant de comprendre ce qu'il avait manqué, il avait l'air parfaitement innocent. Enfin aussi innocent que Severus puisse avoir l'air, ce qui n'était pas très crédible, mais il était toujours attirant aux yeux de Harry.
Il se pencha en arrière et tendit le cou par-dessus son épaule pour l'embrasser. Severus lui rendit son baiser comme s'il préférait manger Harry plutôt que la crème glacée, mais quand ils se séparèrent, il sourit.
« Veux-tu m'accompagner pour cette expédition à l'épicerie ? »
« Oui. J'ai de l'argent. » Harry avait amené des gallions pour d'éventuels pots de vin, si nécessaires, pour trouver la maison de Snape il ne s'attendait pas à devoir acheter du fromage et du sucre, mais il avait certainement assez.
Severus se moqua de lui. « Oh ? Tu as de la monnaie moldue ? »
Le visage de Harry s'effondra. « Non, juste des gallions » admit-il. Il pensait que Severus serait peu désireux d'aller à Gringotts. « Y a-t-il un endroit où on peut les changer ? » demanda-t-il, souhaitant pour la millionième fois avoir été élevé dans une famille de sorciers et savoir ce genre de choses.
D'un sourire toujours narquois, Severus dit, « J'ai de l'argent moldu. Les Suisses ne sont pas aussi débrouillards que les gobelins, mais ils sont aussi discrets. » Oh, d'accord – Harry savait cela d'après les mauvais films d'espionnage que Dudley avait regardés, où les méchants gardaient toujours leur argent dans des comptes numérotés en Suisse.
Il était surpris de voir que Severus ait pensé à cela, cependant. Non pas parce qu'il ne saurait pas à propos des comptes – son père avait été un moldu – mais parce que cela suggérait que Severus avait prévu, ou du moins espérait, disparaître après la guerre. « Tu allais vivre comme un moldu ? » demanda-t-il, incrédule.
« Pourquoi pas ? » dit Severus, irrité. Avec un temps de retard, Harry se souvint des vêtements moldus dans l'armoire qu'il avait repérés quand il l'avait espionné.
« Sans raison. » dit rapidement Harry. « Tu me permettrais de venir ? » Puis il rougit au double sens. « Au magasin, je veux dire » ajouta-t-il. Sa tante ne l'avait jamais emmené avec elle, car même emmener Harry dans un magasin était considéré comme une sortie qu'il ne méritait pas. « J'ai, euh, je n'y suis jamais allé en fait. »
« Jamais été chez l'épicier ? » demanda brusquement Severus, comme si Harry devait assurément mentir.
« Non. Tante Pétunia ne m'y emmenait pas. Probablement effrayée que je renverse un étal de choux et qu'elle ait à payer ou quelque chose comme ça. » Il s'assit et glissa sur le bord du lit, à la recherche de ses vêtements. Il espérait que Severus lui laisse prendre une douche plus tard ou, mieux encore, une douche avec lui.
Severus balança ses jambes sur le côté du lit et se dirigea vers l'armoire. Tous ses vêtements étaient délavés et quelconques, comme s'il voulait les rendre difficiles à décrire il n'y avait rien d'identifiable. « Nous devons modifier ton apparence » dit-il à Harry.
« Bien sûr » dit Harry. Il s'était habitué à ressembler à quelqu'un d'autre quand il avait été dépeint dans tout le pays comme l'ennemi public numéro 1. Il sourit à Snape une fois qu'il fut vêtu. « Peut-être que je pourrais prendre du polynectar pour te ressembler et nous pourrions y aller comme des jumeaux. »
Severus eut l'air très amusé. « Tu ne peux pas croire que je vais quitter cette maison avec ce visage si reconnaissable » dit-il. « Même si les moldus sont assez faciles à berner avec un charme de désillusion. Cependant, n'importe quel sorcier compétent peut détecter la présence du sort, même s'il ne saisit pas alors l'identité du sujet. » Voilà donc pourquoi Snape avait toujours semblé sentir la présence de Harry, même sous sa cape d'invisibilité. « Les jumeaux se font toujours remarquer chez les moldus. Nous devons avoir l'air aussi inintéressant que possible. » Il sourit à nouveau. « Peut-être que tu devrais venir comme ma sœur. »
« Ta sœur ! » protesta Harry. Il ne parvenait pas à dire si Severus plaisantait et baissa les yeux sur son torse comme s'il lui avait poussé des seins. « Une fille ? » dit-il avec dégoût, et non pas parce qu'il n'aimait pas les filles – après tout, plusieurs d'entre elles avaient risqué leur vie pour se polynectariser en lui, l'an dernier. Mais il venait juste de passer plusieurs heures mémorables à coucher avec Severus et il appréciait le fait avéré d'être un homme. Severus avait l'air d'attendre une réponse ; il savait sans doute ce qu'il faisait quand il s'agissait de rester dans l'ombre. « B-Bon » dit Harry, en regardant à nouveau son torse comme s'il disait adieu à sa masculinité. « Du moment que nous inversons le sort avant que, tu sais, nous recommencions ces choses. » Parce qu'il était hors de question qu'il perde sa virginité comme une femme.
Severus renifla, comme s'il ne s'était pas attendu à être pris au sérieux. « Je suppose que tu ne t'es jamais déguisé en femme ? Tu auras à pratiquer la démarche, la voix... » Son nez se fronça. Harry espérait que ce soit parce que Severus n'avait pas vraiment envie de le voir en fille. « J'étais sarcastique, et j'aurais espéré que toi plus que quiconque l'aurait réalisé. Nous devrions nous faire passer pour de banals hommes d'âge moyen que personne ne remarquera. »
Harry rayonna, se sentant à la fois gêné et soulagé. « Toi ? Sarcastique? » Il roula franchement ses yeux et commença à fouiller dans la garde-robe, pendant que Severus s'habillait. Severus avait vraiment des trucs miteux là-dedans. « Qu'allons-nous utiliser alors ? Du polynectar ? »
« C'est, malheureusement, le déguisement le plus efficace face aux sorciers et moldus » souligna Snape. « Toutefois, aucune expérience n'a permis d'améliorer le goût de la potion. J'en brasse en permanence dans la cave, au cas où je devrais avoir besoin de prendre rapidement la fuite. Quand nous serons dans l'épicerie, sois attentif à la moindre occasion de recueillir quelques cheveux – mais seulement ceux des gens quelconques et réservées. » Harry supposa que Snape avait dû varier ses destinations afin d'éviter de rencontrer quelqu'un qui pourrait connaître la personne à qui appartenait le visage qu'il portait. « Accroche-toi à mon bras, nous aurons besoin de transplaner aux abords des magasins. »
Il se sentait très à l'aise de prendre le bras de Severus – avoir des projets avec lui, même anodins – quand cela signifiait qu'ils allaient revenir ici et dîner, et peut-être que cela se reproduirait plusieurs fois, aussi longtemps que Severus lui permettrait de rester. « Prêt » dit-il avec un clin d'œil.
« Pas avant que tu ais bu ceci. » Severus lui tendit une fiole en verre celée et étiquetée d'une date et d'un numéro. Avec une petite moue, Harry avala le polynectar et après un moment, il sentit son corps changer et grandir. Les vêtements de Snape lui iraient probablement mieux maintenant.
Severus but également une flasque de potion et eut l'expression de quelqu'un qui venait d'avaler un crapaud. Harry sourit en découvrant devant lui l'apparence d'un homme blond un peu plus jeune, avec un nez assez plat. Il n'était pas spécialement beau ; Severus ne voulait pas être remarqué par les femmes dans l'épicerie. « A quoi je ressemble ? » demanda-t-il, avant de passer devant Severus pour essayer de se regarder dans le petit miroir sur la commode.
Il pouvait lire dans l'expression de Severus qu'il n'était pas candidat pour 'le plus beau sorcier de la semaine'. « Un peu à moi » dit Severus, en inclinant sa tête comme s'il regardait un tableau dans une galerie, « Sans tout le luxe de l'éducation et des privilèges. »
Harry se regarda dans le petit miroir. Le visage qui le regardait avait l'air fatigué d'un homme plus âgé, ou âgé avant l'heure. Ses cheveux étaient courts et sombres, coupés un peu comme Severus mais beaucoup plus courts. En s'avançant un peu, il vit que son nez était plus grand et qu'il avait clairement été cassé par le passé, puis réparé avec plus de hasard que la médecine ne l'impose. Il le frotta et se retourna vers Severus. « Il n'est certainement pas aussi sexy que toi » dit-il avec un sourire qui révéla des dents cariées.
Snape fit une grimace qui signifiait probablement qu'il en doutait, mais avec ses nouveaux traits, c'était plus difficile à dire. Avec ses yeux gris ternes et ses cheveux châtains, Severus n'était plus aussi intéressant à regarder, et Harry se surprit à découvrir combien son nez busqué, ses cheveux fins et ses célèbres yeux noirs lui manquaient. « Mettons-nous en route pour cette petite expédition » dit Severus, en présentant son bras à nouveau à Harry.
Un instant plus tard, il sentait le malaise familier du transplanage, avant de retrouver son équilibre dans une ruelle étroite à proximité d'un grand bâtiment en briques.
Il avait déjà vu ce genre de supermarchés avant, bien sûr, à travers la vitre de la voiture de l'oncle Vernon, mais il n'avait jamais été à l'intérieur. Harry avait supposé qu'il s'agissait d'une grande épicerie et fut étonné de trouver des CDs, des vêtements, des logiciels et des produits cosmétiques, à l'intérieur des portes qui s'ouvrirent comme par magie quand ils s'approchèrent. Au cours des mois qu'ils avaient passé dans la clandestinité, Hermione s'était glissée dans quelques magasins à la recherche de nourriture, mais Harry ne s'était jamais risqué à y aller avec elle et maintenant il était heureux : il aurait été beaucoup trop distrait. « Viens » dit Severus d'un ton irrité, en lui donnant un coup de coude devant un étal de jeux vidéo. « La potion ne va pas durer toute la journée. »
« C'est vrai » Harry essaya de freiner sa curiosité. Ils évitèrent les vitrines distrayantes et récupérèrent chacun des paniers en chemin. D'autant qu'il puisse en juger, personne ne leur accorda un regard, dans leur recherche sans fin de denrées moldues.
Severus le maintint sur la bonne voie en sortant une liste de sa poche, et garda un œil sur Harry alors qu'ils se partageaient les articles. Harry devait s'efforcer de ne pas s'attarder dans l'allée des produits laitiers – il n'avait jamais vu autant de fromages en un seul endroit. Quand Severus le retrouva dix minutes plus tard, le nez de Harry était collé contre la vitre du congélateur des crèmes glacées. « Je veux toutes les essayer » dit-il alors qu'une main serrait son épaule.
« Choisis-en deux » dit Severus très sombrement. Deux choix. Une mère dépassée cria à son fils qu'il pourrait avoir de la glace au chocolat ou à la vanille, mais pas les deux. Harry sourit.
« Le tourbillon de caramel et la noix de coco-chocolat. » Severus roula légèrement des yeux, mais retira les bacs du congélateur et les plaça dans le panier de Harry. Ils étaient merveilleusement lourds. « Est-ce tout ? »
« As-tu trouvé les biscuits et les... qu'est-ce que c'est ? » Il regarda dans le panier et attrapa une immense tablette de chocolat que Harry avait essayé de cacher sous un paquet de noix.
« Elle a dû tomber par accident » expliqua Harry. Le petit garçon qui voulait les deux sortes de crème glacée fit une grimace devant lui. Harry vit la lueur d'indécision sur le visage de Severus. « Je peux te rembourser » dit-il rapidement, sa voix était plus bougonne que d'habitude. « Quand je pourrais changer mes gallions. »
Severus renifla. « Je me demandais en fait si la teneur en graisse était suffisante pour le faire fondre à des fins érotiques » dit-il, en se détournant si rapidement que Harry ne put dire s'il plaisantait ou non. Il se hâta de le rattraper avec ses jambes étonnamment longues mais très inhabituelles pour Harry.
Même avec son visage transformé, Severus avait l'air profondément renfrogné dans la file d'une caisse, de sorte que le sourire amical de la caissière faiblit et il n'y eut aucune conversation. Se rappelant qu'il était censé ouvrir l'œil à l'affut de potentiels ingrédients de potions, Harry remarqua quelques cheveux entre les pellicules sur la chemise de l'homme qui ensachait leurs courses à la caisse à côté d'eux. Il était petit et trapu, assez indéfinissable. En se déplaçant pour remplir leurs propres sachets, Harry s'arrangea pour le bousculer, puis s'excusa en se saisissant des cheveux, tout en prétendant retenir l'homme d'une possible chute.
A l'extérieur, Snape récupéra les sacs du charriot et secoua légèrement sa tête alors qu'ils tournaient à un angle. « C'est ridicule. Le héros du monde sorcier qui veut manger de la crème glacée au caramel avec moi. »
« Qui veut manger de la crème glacée au caramel sur toi » corrigea Harry d'une voix basse, heureux de la chaleur qui colora les joues de Severus. Il lui tendit les cheveux. « As-tu quelque chose dans lequel nous pouvons mettre ceci ? »
Severus regarda les mèches de cheveux, puis à nouveau Harry. « Peut-être n'es-tu pas aussi impotent que je le pensais. » dit-il, en donnant son sachet à Harry. Il sortit de l'intérieur de ses vêtements un flacon celé et y glissa les cheveux alors qu'ils se blottissaient l'un contre l'autre sur le trottoir.
Une fois que le flacon fut remis à l'abri dans la veste de Severus, Harry dit, « Nous ferions mieux de rentrer à la maison. » Il espéra que Severus ne dirait rien à propos du fait que c'était techniquement la maison de Severus. « Je pense que la crème glacée est en train de fondre sans nous. »
« Il existe quelque chose comme un charme de refroidissement » souligna Severus, mais sans le reproche auquel Harry aurait pu s'attendre quand il était étudiant. « Prends mon bras. »
La pression du transplanage engloutit Harry à nouveau, mais il y avait une sorte d'exaltation à le faire avec Severus.
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A suivre…
