Mr Conan Doyle est le membre de la société des amateurs de crimes en tous genres qui a convoqué Sherlock Holmes à maintes reprises pour l'aider à résoudre ses enquêtes. MM Moffat et Gatiss sont les secrétaires et journalistes dévoués qui relatent les aventures de Sherlock Holmes en notre temps. Lara, Benedict et Martin sont les heureux relecteurs et correcteurs de leurs articles et romans.
Merci pour les reviews et les mises en alertes du chapitre précédent, ça m'encourage à continuer sur ma lancée.
Evénements malheureux
Ils s'étaient à nouveau donnés rendez-vous à l'opéra, Sherlock savait qu'il devait attendre la fin de la pièce chantée avant de pouvoir voir Irène, il lui fallait bien une excuse, un déguisement pour observer sans le cacher sa belle compagne. Ici, tout le monde était captivé par les voix des cantatrices et des chanteurs tout autant admirables dans l'exercice de leur art. L'ensemble était divin et vous emportait au loin mais Sherlock restait tout de même focalisé sur l'instant présent, tentant toujours d'en apprendre plus sur les autres.
Une femme attristée par la mort de son mari, un homme ayant une maîtresse mais se tenait aux côtés de son épouse pour maintenir les apparences, un homme qui regardait avec convoitise une des chanteuses, espérant sans doute amasser un maximum d'argent. Et d'autres gens tout aussi horripilants de normalité, de stupidité et de besoin de vivre par l'image qu'ils donnaient en public. Cela dit, il respectait davantage la femme éplorée que tous les autres, il se souvenait de la crise de larmes de Mrs Hudson à son retour.
Mais un mouvement à sa droite attira son attention, c'était un homme qui portait un costume de première main, une paire de lunettes pour mieux apprécier le spectacle et ne faisait absolument rien pour cacher son embonpoint. Plus on était obèse, mieux c'était pour certains, il ne fallait pas paraître pauvre après tout. Cet amas de graisse croyait sans doute que le tour de son ventre pourrait rivaliser avec son intelligence quasi inexistante. Or, il constata avec surprise que le gros homme le dévisageait avec un intérêt non feint de ses petits yeux noirs sans étincelle.
- Mr Holmes, c'est un plaisir de vous rencontrer, croyez-moi.
Au ton de sa voix et du stylo qui pendait dans sa poche intérieure, il s'agissait sans aucun doute d'un journaliste. D'ailleurs, un petit calepin à couverture de cuir brun accompagnait le stylo en argent qui ne demandait qu'à être utilisé. Mais Sherlock ne donnerait pas l'opportunité au stylo d'exprimer la volonté de son possesseur.
- J'ai cherché par tous les moyens de vous contacter mais ce n'est pas une mince à faire. Vous êtes un homme si occupé.
Sherlock laissa l'homme continuer son discours sans aucun intérêt jusqu'à ce qu'il crache le morceau, pour le coup il préférait feindre de ne rien entendre plutôt que de gaspiller sa salive. John lui avait trop souvent reproché ce trait envers ces hommes et ces femmes, après tout, ils n'en valaient pas la peine. Cela dit, Sherlock était curieux de savoir jusqu'où voulait en venir le gros homme dont le front dégoulinait se sueur, dommage pour le costume.
- Toutes ces enquêtes, pour quelles raisons alors que de belles femmes se trouvent à quelques pas de chez vous ?
Cette fois, Sherlock ferma les yeux, ainsi ce journaliste voulait des détails sur sa vie privée sans pour autant s'avancer sur le sujet, Très bien, qu'il continue ainsi, il ne tirerait rien de lui et de toutes manières l'objet de sa fascination se tenait au centre de la scène. Par ailleurs, la jolie chanteuse ne cessait de lui jeter des regards langoureux et charmeurs, histoire de s'assurer qu'il n'avait d'yeux que pour elle. Et pourtant celle qu'on connaissait sous le nom de Renée Norton devait savoir qu'il ne regardait qu'elle.
- Vous êtes un homme jeune et vous ne profitez pas de la vie, toutes ces filles qui vous courent après pour avoir vos faveurs.
Mais où voulait en venir cet homme ? Il ne parlait que de sa vie privée et uniquement de sa vie privée, de plus il évoquait ses enquêtes d'un air désinvolte voire condescendant d'un ton qui laissait supposer la moquerie, la raillerie la plus basse. Et ce n'était que maintenant que Sherlock le saisissait, comme si l'intellect n'avait aucune saveur. De plus, il insistait de trop pour un homme de sa stature sur sa vie intime et de ses sentiments. Il fronça ses sourcils.
- D'ailleurs, je crois savoir que l'une d'entre elles est le sujet de votre attention toute particulière.
Sherlock leva les yeux au ciel et il senti plus qu'il ne vit le sourire qui se peignait sur le visage du journaliste, voilà qu'on commençait à inventer des affabulations autour de sa vie de couple. Voilà qui lui rappelait ces histoires sans intérêt que des fans hystériques inventaient autour de séries ou de livres. Enfin bref, les gens ne savaient donc pas s'occuper autrement ? Apparemment, non. Ennuyeux.
- J'ai même rassemblé des photos qui pourraient éveiller l'intérêt que vous susciter autour de vous. Vous ne recherchez pas sans aucun doute la célébrité et toutes ces stupidités, vous n'êtes pas ce genre d'homme après tout et en toute franchise, ce n'est pas à vous d'en être le sujet.
Sherlock se tendit légèrement sur sa chaise. D'accord, il n'appréciait pas forcément toutes ces photos de lui étendues à la une à la fin de chacune de ses enquêtes ceci dit qu'il soit indigne de toute forme d'attention lui était insupportable. En plus, il paraissait posséder certaines photos et c'était possiblement lié à une enquête menée à ses bons soins. Alors presque malgré lui, Sherlock sentit ses lèvres s'ouvrir et il crut que les mots provenaient d'une autre personne.
- Je ne cois pas être venu ici pour entendre quelqu'un prononcer des mots sans aucun sens mais pour entendre les voix de chanteurs.
Le gros homme parut satisfait et on lui amena une enveloppe de papier kraft en format A4 qui contenait plusieurs clichés. Sherlock tendit les mains pour prendre le paquet dans ses mains, il ne pouvait plus prétendre ignorer les mots de cet homme. Il regrettait qu'Irène ne soit pas là pour l'aider, il ne savait pas comment s'y prendre avec certains d'entre eux. Mais ça les exposerait tous les deux.
De ses doigts fins, le détective ouvrit les rabats de l'enveloppe brune et prit les photos qu'elle contenait et ce qu'il y trouva le laissa sans voix pendant quelques secondes. Toute une série de clichés le mettant en scène en compagnie de Nero et d'Irène étaient étalés sous ses yeux. Il effectua un léger mouvement des lèvres marquant son embarras et sa gêne devant ce qui le mettait en position de faiblesse. Etre affecté n'état pas un avantage et il en avait la preuve sous les yeux.
- J'imagine que celui qui a pris toutes ces photos a du s'amuser à les manipuler avec son ordinateurs. Vous employez de mauvais photographes… Mr ?
L'homme se pencha à son oreille et sourit machiavéliquement ce qui rappela de mauvais souvenirs à Sherlock, celui d'un homme narrant une historie sur les Chevaliers de la Table Ronde ayant pour personnage un homme qui racontait soi-disant tout un tas de mensonges pour se rendre intéressant.
- Horace Parker, Mr Holmes, je pense que vous avez entendu parler de moi.
Ce nom, Sherlock l'avait déjà lu quelque part peu après son retour à la vie, une brève dans un journal de renom avait attiré son œil exercé et il avait gravé dans sa mémoire que cet homme était celui qui détenait tous les médias dans la paume de sa main. En d'autres termes, il pouvait retourner toute la population contre Sherlock Holmes.
Moriarty n'avait décidément pas suffit, les gens en voulaient encore plus rien que pour satisfaire leurs envies stupides de voir qu'un grand homme puisse être sali. Sherlock se demanda comment les gens pouvaient aimer voir à la déchéance de quelqu'un à ce point-là. C'était comme lorsqu'on avait conspué Galilée sur ses théories, les gens en redemandaient par dépit, jalousie, manque de foi ou simplement de recul. Qu'ils étaient stupides !
- Peut-être bien. Mr Parker, rétorqua Sherlock d'un ton acerbe. Cela dit, je pense toujours que ces photos sont truquées. Avez-vous vérifié l'ordinateur de vos propres employés ?
Horace Parker s'approcha encore plus de l'oreille de Holmes, ayant davantage le visage d'un serpent ou d'un démon sortit des enfers pour lui susurrer d'autres mots venimeux à son encontre Sherlock se sentit vulnérable, coincé dans un guet-apens et intuitivement, il sut ce que l'homme allait ajouter, comme une issue fatidique qu'on ne saurait éviter.
- J'ai eu moi-même le plaisir de vous suivre tous les deux depuis votre appartement au 221B Baker Street jusqu'au cabinet de ce cher Dr John Watson. J'ai saisi cette opportunité pour prendre quelques clichés souvenir.
- Vous êtes sujet aux hallucinations Mr Parker.
Sherlock crut entendre le rire démentiel de Moriarty à son oreille pendant le reste de la soirée, l'empêchant d'entendre et d'enregistrer toutes les paroles sortant de la bouche d'Irène.
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Une voiture noire se gara devant le seuil de la porte du 10, Downing Street, la porte s'ouvrit sur un homme portant un éternel parapluie noir, selon le Premier Ministre, la situation exigeait l'urgence et seuls les collaborateurs les plus discrets et efficaces pouvaient être mis dans la confidence. Mycroft faisait partie des rares hommes à être constamment appelés quand ce genre de cas se produisait et il savait que cette nouvelle affaire prendrait tout son temps libre au cours de la semaine voire du mois suivant.
Il gravit les marches sur un ton pressé et franchi toutes les portes sans vraiment saluer les domestiques ou les secrétaires travaillant tout le jour et même la nuit chez le Premier Ministre. C'était un homme connu par toutes ces personnes même si on ne savait pas exactement quel genre de rôle il pouvait jouer au gouvernement. Et pourtant, avec le temps, on avait vu que Mycroft s'était rendu indispensable en créant sa propre position qui assurait la liaison entre toutes les autres.
En d'autres termes, plusieurs venaient le consulter pour un projet de loi ou sur un futur traité avec un pays lointain en voie de développement. Mycroft avait, une fois ou deux en l'absence du Premier Ministre, prit la tête du gouvernement britannique ce qui n'avait pas plu à certains de ses collaborateurs. Mycroft était un stratège hors-normes et d'aucuns l'enviaient pour ce petit talent qui le plaçait définitivement au-dessus des autres. Et au grand déplaisir de Mycroft, certains avaient appris sa connexion avec Sherlock lors de l'affaire Moriarty malgré toutes leurs précautions pour ne pas se mettre en danger. Il faudrait qu'il en parle un jour à son jeune frère, pour le mettre en garde, mais cette tâche s'avérerait inutile voir futile car Sherlock, étant un détective privé, avait une foultitude d'ennemis qui n'attendaient qu'une seule faiblesse de sa part pour le faire chuter.
Or ce n'était pas la priorité de Mycroft pour le moment, le Ministre l'avait convoqué lui et quelques autres afin d'assurer la sécurité du pays et de toute la nation, problème plus qu'épineux. Mais cette fois, il n'impliquerait pas son frère ou peut-être que oui, s'il avait besoin d'une parie d'yeux plus discrète et mobile. L'homme au parapluie poussa une dernière porte.
- Monsieur, nous n'attendions plus que vous pour commencer la séance.
Une dizaine d'hommes était déjà présente dans la pièce, tous ne portaient pas leurs plus beau costume et aucun maquillage mais ce n'était pas comme si des caméras de télévision allaient pénétrer la pièce à tout instant. Bien au contraire, ils étaient tous surentraînés au secret et à l'anonymat.
- Messieurs, je vous ai tous convoqués pour parler d'une affaire assez épineuse à mon sens.
Le Ministre évoqua un problème assez peu glorieux pour leur propre nation, quelqu'un menaçait de révéler une transaction classée top secrète passée entre un état ayant besoin d'aide face aux islamistes aux islamistes en question. Les corbeaux avaient découvert les coordonnées de chaque membre de l'opération et le contenu de chaque avion ou char qui serait envoyé dans ce pays. Ce groupuscule islamiste risquait à tout moment de dévoiler les noms à la presse et de mettre en danger chaque famille de soldats et de vendre les plans des machines aux plus offrants.
Le Ministre ajouta qu'il s'agissait d'une situation sans précédent et que de telles informations n'auraient jamais du être données à l'ennemi. Elles mettaient en péril ce qu'ils avaient tenté de mettre sur pied pendant des mois et des mois pour protéger efficacement leurs hommes mais aussi venir en aide à ce pays en besoin. Mycroft faillit soupirer à plusieurs reprises, il avait déjà quelques idées en tête mais certaines ne seraient pas approuvées par l'ensemble des gens rassemblés en ce haut lieu.
Une fois de plus, il devrait recourir à son jeune frère pour l'aider à sortir le pays de cette situation plus que délicate en espérant cette fois-ci qu'il ne tomberait pas sous le charme de l'adversaire aussi tentant soit-il. Il avait toujours eu le sentiment qu'Irène avait du se mettre à nue littéralement pour pouvoir surprendre au mieux son frère, il n'aurait pu réagir comme ça face à une femme que si la dame en question était dénudée. Autrement comment aurait-il pu reconnaître les mensurations d'Irène ? Mais Irène avait l'intelligence avec elle et la force de caractère suffisante pour tenir face à Sherlock pour pouvoir l'impressionner. Et le charmer.
De plus, Sherlock possédait un réseau plutôt discret et insoupçonnable d'yeux et de jambes, ses amis de Scotland Yard pourraient aussi lui venir en aide. John et Mary avaient aussi quelques relations, Sherlock avait décidément tout un réseau de gens loyaux pour l'assister en cas de besoin. En un sens Mycroft enviait son jeune frère, la loyauté et la confiance étaient deux choses dont lui-même ne pouvait se permettre, une trahison pouvait venir à tout moment. Il était constamment tendu et attentif aux moindres faits et gestes de ses confrères, il savait que plusieurs le haïssaient et il devait se montrer d'autant plus prudent. Et pourtant ils œuvraient tous pour l'Angleterre.
Le Ministre conclut son entretien et donna l'ordre de trouver la source de l'information et il fallait éliminer cette source le plus vite possible auquel cas des milliers de vies seraient détruites. Mycroft sortit du bureau en silence en saluant son supérieur qui lui rendit un salut plus profond qu'à d'autres, sachant son utilité non négligeable. Il était supérieurement intelligent et le Ministre avait eu vent que le célèbre détective et Mycroft étaient liés par le sang. Le Ministre savait qu'il aurait de se douter qu'ils étaient aussi liés, ils portaient le même nom et leurs capacités intellectuelles les rapprochaient encore plus.
Les Holmes étaient une ancienne famille qui avait su rester dans l'ombre mais dont on n'avait jamais pu se débarrasser par sa faculté à établir des pièges, des stratégies qui pouvaient mettre en péril qui que ce soit. Il valait mieux les avoir à son côté que contre soit, qui savait ce qui adviendrait alors ? L'Angleterre aurait été anéantie en un clin d'œil et les habitants seraient réduits à la merci des puissances étrangères, incapables de se défendre.
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Mycroft sortit de la résidence officielle du Premier Ministre et envoya un message à Anthéa, il fallait rejoindre en toute urgence le 221 B Baker Street sans prendre le temps de récupérer quelques affaires d'importance chez lui. Mycroft avait une sainte horreur de la précipitation mais plus vite certaines personnes seraient au courant, mieux ce serait. Son chauffeur traversa la ville à toute allure et pourtant Mycroft ne sentit pas cette vitesse, étant entièrement focalisé sur le problème qui l'accaparait déjà.
La porte vert émeraude familière semblait n'attendre que le membre du gouvernement et Mycroft, une fois de plus, dut gravir les marches qui le séparaient de son frère. Mrs Hudson accueillit chaleureusement Mycroft et lui offrit une tasse de thé avec des biscuits qu'elle avait cuisiné elle-même. Mais une atmosphère déjà lourde pesait dans tout l'appartement et Sherlock était plongé dans une discussion sérieuse avec sa compagne, les deux semblaient préoccupés par un ensemble de photos sur la table.
- Il faudrait peut-être que tu prennes Nero ou alors, on le confie à John et Mary pendant quelques temps, affirmait Sherlock.
- Oui, le temps de faire tomber cet homme, continuait Irène.
Mycroft sut aussitôt que les photos étaient compromettantes pour le couple et instinctivement, sans regarder les clichés, il savait qu'elles montraient Sherlock, Irène et leur fils dans les bras de sa mère. Décidément tous les malheurs du monde paraissaient avoir choisi la famille Holmes en ce moment précis et Mycroft n'avait strictement pas besoin qu'un autre problème pour interférer avec les siens. Cela dit, Sherlock avait réussi par le passé à combiner plusieurs affaires difficiles par le passé, il ne voyait aucune raison pour qu'il échoue maintenant.
- Sherlock, Irène.
Les deux amants le regardèrent avec tristesse et Mycroft sentit son cœur se serrer à cette vue, il n'avait jamais vu les deux êtres aussi accablés et se demanda si finalement c'était une bonne idée de les informer de ses propres difficultés.
- Quel mauvais vent t'amène Mycroft ? claqua la voix de son jeune frère.
Ce n'était vraiment pas le moment et sachant l'intelligence de son frère, il avait déjà déduit de sa tenue et de son souffle légèrement court qu'il venait pour affaire franchement sérieuse et cette nouvelle enquête prendrait tout le temps d'Irène et de Sherlock. Mycroft en était navré mais il avait vraiment besoin d'aide supplémentaire.
- Je vois que tu es déjà occupé par tes propres soucis, Sherlock.
Il valait mieux tenter une approche calme et compréhensive plutôt que d'attaquer directement mais il devait savoir que Sherlock détestait de notoriété publique le manque de franchise et le mensonge.
- Ne fais pas comme si tu étais intéressé par ces photos, tu es venu pour nous… imposer une enquête et cette investigation sera périlleuse.
Mycroft serra son parapluie sous l'effet de la gêne, Sherlock était décidément très rapide à la déduction et parfois prompt à la colère. Ceci dit, il comprenait que si l'affaire concernait Nero et Irène, il devenait très protecteur et celui qui menaçait leur vie serait immanquablement massacré. Il plaignait d'avance le pauvre homme qui osait les prendre en tenaille. Or le nom derrière une des photos attira l'attention de Mycroft : Horace Parker, voila qui devenait intéressant et fastidieux, l'homme possédait deux chaînes de télévision importantes et plusieurs journaux concernant à la fois la presse à scandales et des papiers on ne peut plus sérieux. Il effleura ses lèvres de son index ennuyé. Il regarda avec compassion son jeune frère et l'enfant qui dormait sur le canapé. Puis Irène. Une fois de plus, le malheur s'abattait sur eux.
- Et je crois que la tienne est très ardue à éviter, mon très cher frère, l'apaisa Mycroft.
Sherlock leva les mains vers la tête en accent circonflexe et jeta son regard pénétrant sur lui, Mycroft eut l'impression d'être passé aux rayons X et son frère lui faisait rarement cet effet. L'affection était peut-être une faiblesse mais dans le cas de Sherlock, elle lui conférait un avantage certain quand il s'agissait de protéger. Comme l'avait dit cet Albus Dumbledore dans ce livre pour enfants, l'amour permettait de franchir des obstacles incroyables. L'exemple plus beau dans la matière était quand il avait falsifié la mort d'Irène dans ce désert et quand il avait fait croire à sa propre mort à ses proches. Trois tueurs, trois balles, trois cibles, le piège le plus vicieux qui fût.
- Content que tu l'approuves, Mycroft. Alors ?
- Je suis venu t'exposer un cas plus que problématique pour l'ensemble de notre nation. Tu comprendras que divulguer des informations sur notre système de défense et sur nos futurs plans d'attaque n'est pas en faveur de notre peuple. Confier toute une stratégie à des terroristes risquerait de faire basculer toute nation et je crois savoir que tu es tout à fait au courant des conséquences d'une telle révélation.
Mycroft n'avait pas eu besoin de lui rappeler son propre échec.
- Et je pense que certaines personnes sont impliquées dans notre propre camps sont impliquées jusqu'au cou dans cette affaire. Qui aurait cru qu'un tel traître se cachait dans nos propres rangs ? Et pour quelle gloire ? Il ne tirera rien d'autre que la chute mortelle et froide qu'il mérite. Aussi je te laisse ces quelques documents pour mieux t'aider à comprendre toute l'ampleur de la situation, on a reçu le message voilà un jour et le groupe est prêt à mettre son plan à exécution. Ils agiront dans quelques jours et je pense que tu es le plus à même de détecter d'où provient ce message et quels sont les commanditaires d'un tel crime. L'origine des photos et de ces emails doit absolument être trouvée.
Pour alléger l'atmosphère et pour mieux mettre Sherlock dans son camp…
- J'espère qu'Horace Parker ne te donnera pas autant de fil à retordre, je connais cet homme et j'avoue avoir quelques griefs à son encontre. C'est un homme assez énigmatique pour le grand public mais pour ceux qui le connaissent plus personnellement, il ne cache rien de ses intentions de devenir ministre à son tour. Je te souhaite bon courage mon jeune frère. Mais je ne doute pas un seul instant que tu manques de ce trait-là, bien au contraire.
La voix de Sherlock le héla avant qu'il ne sorte du salon des Adler-Holmes.
- Mycroft…
Il soupira sachant que chacun de ses mots lui coutaient énormément tant à sa fierté qu'à leur rivalité légendaire pour leurs proches.
- Merci.
La main de Mycroft resta scotchée pendant quelques secondes à la clenche de l'appartement, il resta interdit pendant quelques minutes, ne s'attendant pas à recevoir un tel compliment de la part de son frère. Il avait l'impression que leurs jeunes années revenaient mais ce ne serait que pour une courte durée, aucun des deux n'étaient réellement enclin à montrer ses émotions. Et il quitta la salle sans regarder Sherlock une seule seconde, ne voulait pas revoir ses yeux bleu argenté qui avait fait chavirer son cœur étant enfant et encore maintenant. Il chérissait beaucoup trop son frère pour un membre du gouvernement mais ce frère était si fragile. Tellement fragile.
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Le soir même John et Mary rendirent visite à leurs amis au 221 B Baker Street et furent saisis par l'atmosphère morose et plus que tendue régnant dans l'appartement…
Navrée de vous laisser en plan mais c'est la nature intimement sadique de l'auteur qui veut ça. Je ne suis que son scribe.
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