Titre : Il m'a tout pris
Auteur : Yuuki Momoru
Couple : NaruSasu
Rating : M
Disclaimer : Ils ne sont pas à moi !
Note : Merci pour vos reviews d'encouragement ! J'ai laissé cette fic de côté pendant un bout de temps, mais j'espère que la suite ne vous décevra pas. Désolé pour les fautes d'orthographe, de syntaxe, de grammaire etc ! Et bonne lecture à tous !
Chapitre 6 : Distance
Quelqu'un frappa à la porte.
Non.
Naruto sursauta et fit un pas vers la porte sans se méfier. Sasuke le retint vivement par le bras. Ses phalanges blanchirent sous la pression exercée sur ses doigts. Naruto poussa un gémissement et se tourna lentement vers lui, puis écarquilla les yeux. Quelque chose n'allait pas. Le Sasuke devant lui était terrorisé ; ses pupilles dilatées ne quittaient pas la porte des yeux. L'écran du portable dans sa main se brisa dans sa grande main blanche. Il suffoquait ; sa respiration saccadée, son cœur affolé, sa vision troublée, son corps entier était paralysé. Sasuke serra les dents. Naruto fronça les sourcils mais ne put bouger d'un millimètre. Soudain, on tambourina violemment sur le battant.
- Monsieur Uzumaki Naruto ! Ouvrez ! Nous savons que vous gardez Uchiha Sasuke chez vous ! Hurla une voix sourde et masculine.
Les lèvres de Naruto s'entrouvrirent et ses yeux s'arrondirent.
- Il ne lui sera fait aucun mal, nous voulons seulement l'aider ! Ouvrez !
Naruto s'éloigna de la porte et entraîna Sasuke au fond du petit trois pièces. Ces gens dehors ne lâcheraient rien, et il le savait. Sasuke était recherché à Konoha, non seulement en tant que témoin oculaire du massacre Uchiha, mais aussi à cause du meurtre d'un des hommes qui les ont pris en otages dans le train. Naruto devinait aisément que ça ne servait rien de se cacher et il paniquait. Ses mains devenaient moites, son cœur battait à tout rompre et ses pensées se bousculaient dans sa tête. Il ne parvenait pas à réfléchir correctement. Sasuke restait accroché à lui, serrait son poignet, serrait, serrait encore, tellement fort que ses ongles s'enfonçaient dans sa peau et risquaient de le faire saigner. Cette prise ramena Naruto à la réalité, il se tourna vers Sasuke et plongea ses orbes bleus dans les siennes, sombres et troublées.
- Je ne les ai pas prévenu, je te le jure, murmura t-il d'une voix tremblante.
- Je sais, je sais, je sais, répéta Sasuke, c'est cette salope de Sakura qui l'a fait.
- Quoi ?
Le souvenir de cette fille et de sa voix au téléphone, de son petit ricanement le mit hors de lui. Son regard se fit de plus en plus glacial et sa poitrine se soulevait compulsivement.
- La salope aux cheveux ignoblement roses, c'est elle qui m'a vendu ! Hurla le jeune brun.
- Calme-toi, calme-toi, d'accord ? On va trouver une solution, je te le promets.
En vérité, Naruto ne savait pas quoi faire. Ils étaient bloqués et les hommes derrière la porte commençaient à s'impatienter. Naruto fit le tour de l'appartement du regard, chercha une cachette, un endroit où personne ne trouverait le brun. Les secondes s'écoulaient très lentement et à la fois trop rapidement. Ses membres tremblaient, ses forces l'abandonnaient peu à peu. Un silence se fit, terrifiant. Il déglutit. Sasuke restait accroché à lui, s'énervait à côté de lui, lui criait dans les oreilles de « faire quelque chose ». Il eut l'impression que le plancher de son appartement craquelait sous ses pieds, que la terre en dessous de l'immeuble se mettait à trembler quand des hommes enfoncèrent la porte et la fracassa contre le mur. Des copeaux de bois volèrent dans l'entrée, heurtèrent la table à manger et tombèrent au sol.
- NE BOUGEZ PAS ! Ordonna un homme armé qui s'avança vers lui.
Naruto vivait un cauchemar éveillé. Il leva prudemment les mains, ses oreilles se mirent à siffler. La voix lointaine de Sasuke qui l'appelait lui parvint par bribes. Les hommes le saisirent de force sous ses yeux. Il esquissa un geste pour l'aider, le libérer de leur entrave. Mais on l'arrêta violemment. Et c'était fini.
Il pressa ses doigts sur ses paupières fermées, en proie à une terrible migraine. Les policiers l'avaient relâché tard dans la nuit après l'avoir interrogé, sermonné et avertit de ne plus refaire ce genre de chose entre autre héberger un fugueur fou dangereux. Il était ressortit du commissariat, perdu. Les enquêteurs avaient pris son geste pour un acte de bonté. Il se doutait bien que l'appel anonyme de Sakura y était pour quelque chose, mais il ignorait ce qu'elle avait pu leur raconter. Il leva les yeux au plafond, appuya tout son poids sur le dossier de sa chaise. Non loin de leur table, d'autres universitaires murmuraient, chuchotaient en lui jetant quelques œillades indiscrètes. Sakura. Pourquoi avait-elle fait ça ? Sasuke n'avait demandé rien d'autre qu'un refuge, un endroit où personne ne le prendrait pour un cinglé. Naruto grimaça. Il n'avait peut-être pas réussi à lui faire oublier qui il était, pourquoi il était là, ainsi que le fait que leur colocation ne durait pas éternellement. Il aurait dû être plus prévenant avec Sasuke, lui témoigner un peu plus de compassion au lieu de remettre son départ sans arrêt sur le tapis. Mais il l'avait accepté, l'avait caché quelques temps, il ne devait pas s'en vouloir. Il n'était pas responsable. Il n'avait prévenu personne. Sakura l'avait fait. Ses sourcils se froncèrent. Ses pensées s'assombrirent et le visage torturé de Sasuke hanta son esprit embrumé. Kiba s'installa à côté de lui, posa sa tasse de café devant lui et bu une gorgée de la sienne après un petit soupir. Il se mit à parler tout seul, à lui narrer son dernier échec amoureux. Naruto ne le remarqua pas, observa sans la voir la légère fumée qui émanait de sa tasse et qui se dissipait dans les airs. La cafétéria s'emplissait et se désemplissait sous ses yeux abrutis par ses préoccupations.
Il devrait être content. Pourtant c'était loin d'être le cas. Une main invisible noire et glacée transperçait sa poitrine, la comprimait, risquait de faire imploser son cœur et ses poumons. Il passa ses doigts dans ses cheveux, les ébouriffa, puis joignit ses mains sur ses genoux tremblants. Sa promesse lui revenait sans cesse en mémoire comme un marteau qui frapperait obstinément et en rythme un clou enfoncé dans un mur en ruine. Il avait promis à Sasuke qu'il prendrait soin de lui, qu'il resterait à ses côtés, qu'il le protégerait jusqu'au bout. Et il l'avait fait. Mais était-ce terminé pour autant ? Même s'ils étaient venus la veille, l'avaient brutalement emmené, lui avaient presque arraché l'adolescent des mains. Et qu'ils étaient en droit de le faire. Était-ce fini ? Naruto se le demandait et cette question le faisait culpabiliser. Un étrange sentiment de colère, de frustration grandissait en lui à l'égard de son amie de toujours, Sakura. La voix de Kiba le ramena subitement sur terre.
- Naruto, je sais que tu te fiches pas mal de ce que je dis, mais tu pourrais au moins faire semblant d'écouter, tu sais ? Cette fille, elle-
- Kiba, je dois y aller.
- Quoi ? Mais on doit être en cours dans dix minutes.
Naruto se leva de sa chaise, mit rapidement son manteau et ramassa son sac.
- Désolé, j'ai un truc à faire.
- Et où tu vas ?
Il ne lui répondit pas, partait déjà en direction de la sortie et ne lui lança qu'un vague : « je t'appelle ! » avant de disparaître de son champ de vision. Le vent froid lui piqua la nuque et le fit frissonner. Il se rétracta un instant, cloué sur place et reprit la marche. Il devait à tout prix parler à Sakura pour évacuer ce malaise qui lui saisissait les tripes et l'empêchait de réfléchir correctement. Naruto se dirigea vers le bâtiment à l'autre bout du campus, celui de la fac de médecine. Arrivé dans le grand hall, il souffla dans ses paumes pour les réchauffer et sortit son portable de sa poche. L'écran brisé de celui-ci le figea une petite seconde. Par chance, l'engin fonctionnait encore. Il envoya un message à la jeune fille et lui pria de le rejoindre sans lui donner d'explication. Puis, il attendit, planté au milieu du hall comme un immense arbre centenaire enraciné entre deux autoroutes bondées. Des personnes passaient à côté de lui en le regardant d'un drôle d'air, chuchotaient entre eux. Il n'entendit que des « Uchiha », « fou », « cacher ». Naruto inspira profondément, décida de se faire un peu plus discret et s'adossa à une colonne de béton, près des ascenseurs. Tout le monde était au courant. Les journalistes n'avaient rien d'autre à faire à part mettre leur énorme nez dans ce qui ne les regardait pas. En sortant du commissariat, Naruto avait été tellement assaillis qu'il avait manqué d'oxygène. On aurait dit des mouches qui volaient autour d'une pomme moisie et à moitié mangée par les vers. Naruto détestait les journalistes depuis le jour où il a dû passer quelques jours de plus à l'hôpital pour les éviter. Pourtant, à la fac il était relativement tranquille, même si il avait peur de rentrer chez lui et de les voir attendre devant sa porte. Il enfonça ses mains dans ses poches et enfouit son nez dans le col de son manteau tout en tapant du pied.
Sakura n'arriva que quelques minutes plus tard, essoufflée. Elle le chercha un moment et lui fit signe en l'apercevant. Naruto déglutit et serra les dents. L'air ravie de la jeune fille accentua son malaise et ses nerfs étaient sur le point de lâcher. Les cris de Sasuke, ses longs doigts fins qui serraient son bras avec un désespoir profond, puis la violence de ses mots envers les hommes qui l'emmenaient loin de lui. Et son nom, toujours son nom : « Naruto ! Naruto ! ». Mais la voix enjouée de Sakura mit fin à ses pensées.
- Naruto ! Qu'est-ce qui se passe ? J'étais en cours quand j'ai reçu ton message, alors je-
- Il faut que je te parle, coupa Naruto d'un ton sec.
Le cœur de Sakura rata un battement. Elle cligna des yeux et l'appréhension se lit sur son visage en rencontrant l'expression très sérieuse de Naruto. Elle sourit avec maladresse et réajusta la bandoulière de son sac sur son épaule.
- Et si...on allait autre part, dit-elle, j'ai aussi quelque chose à te dire.
Il hocha la tête et la suivit sans ajouter un mot. Il passa sa langue sur sa lèvre supérieure, observa les talons aiguilles de Sakura qui claquaient sur le sol. Il hésitait. Ses sentiments étaient confus et il avait l'impression que tout allait de travers dans sa tête. Il ne ressentait pas ce qu'il devait ressentir suite à sa brusque séparation avec Sasuke. Son regard se perdit sur les cheveux de Sakura relevés en un chignon très relâché et dont quelques mèches caressaient sa nuque blanche. Son cœur se serrait à cette vision et il ne pouvait que la trouver jolie. Comment une femme comme elle avait-elle pu dénoncer un garçon comme Sasuke ? Que pouvait-elle y gagner ? Sakura l'entraîna dans un long couloir et poussa une porte sur laquelle une plaque métallique indiquait : « salle de travail ». Celle-ci était vide et comme l'heure du déjeuner approchait, les alentours étaient aussi tranquilles. Elle referma la porte derrière eux et attendit qu'il parle le premier. Naruto s'attarda sur la pile de livres entassés sur le bureau en face ainsi que le petit logo qui dansait sur l'écran de l'ordinateur en veille tout en rassemblant ses idées. Il inspira et décida de ne pas tourner autour du pot :
- Pourquoi tu les as appelé ?
Elle pouffa ; sa question ne la surpris pas.
- Naruto, je l'ai fais pour toi. Sasuke avait besoin d'aide, c'est vrai. Mais pas du tien, il avait besoin du soutien de spécialistes en psychiatrie.
Naruto fit un pas vers elle et laissa peu à peu libre cours à sa frustration.
- Je te parle d'un être humain, Sakura ! Un gamin qui est venu me voir pour me demander de l'aide ! Je me fiche des spécialistes !
- Il était dangereux ! Tu n'as pas vu comment il te regardait ?
- Et voilà...tu recommences..., souffla t-il en appuyant une main sur son front.
- Un gamin de seize ans dans un état post-traumatique qui confond son frère avec un homme qui ne lui ressemble même pas et le tue, tu trouves ça rassurant ? Qui sait ce qu'il t'aurait fait à la moindre saute d'humeur ? Je n'avais aucune envie de te retrouver baignant dans ton sang !
- Épargne-moi ton discours d'aspirant médecin, d'accord ? Sasuke ne m'aurait fait aucun mal !
- On parle d'un type dont le frère a buté ses parents avec sang-froid !
Naruto serra les dents et ne quitta pas le vert sombre des yeux de Sakura.
- Je pouvais l'aider ! Je pouvais faire en sorte qu'il oublie tout ça, ne serait-ce qu'un peu ! Et toi, t'as tout gâché !
- Je t'ai évité de le faire toi-même, dit-elle d'un ton convaincu, au moins il n'aura pas l'impression que tu l'as trahis et s'il faut que je passe pour la méchante pour te protéger, alors je le ferais.
- Me protéger de qui ? De quoi ?
- Ose me dire qu'il ne t'a pas menacé !
- C'était juste pour plaisanter. J'ai...j'ai peut-être eu peur, c'est vrai. Mais j'ai appris à le connaître et il est juste plus fragile que les autres. Tout ce qu'il lui fallait c'était du temps et de l'attention.
- Il voulait plus, Naruto, dit-elle, beaucoup plus. Et il m'était inimaginable que je le laisse faire.
Naruto réfléchit quelques instants. Un silence inconfortable régna dans la petite salle.
- J'ai comme l'impression qu'on a déjà eu cette conversation hier soir, dit-il en ricanant.
- C'est parce que tu ne m'écoutes jamais que je suis obligée de répéter.
- Où tu veux en venir ? Demanda subitement Naruto.
- Quoi ?
- Qu'est-ce qui t'as poussé à appeler les flics ? Et qu'est-ce que tu leur as dis ?
Elle cligna plusieurs fois des paupières et rougit légèrement. Naruto s'en étonna.
- Je leur ai dis que Sasuke t'avais contraint de le garder chez toi et que tu ne pouvais prévenir personne vue qu'il te surveillait sans arrêt.
- Putain...Sakura, t'as enfoncé un gamin qui n'a absolument rien fait !
- J'étais pas loin de la vérité, non ? Et puis il était recherché alors ne dis pas qu'il n'a rien fait.
- Très bien, cracha t-il, maintenant dis-moi pourquoi.
Elle hésita et répondit :
- Je t'ai déjà dis pourquoi. Je m'inquiétais pour toi. Tu es mon ami, c'est normal de protéger un ami.
Excédé, Naruto passa à côté d'elle et saisit la poignée de la porte.
- Ne t'inquiète plus pour moi dans ce cas. Tu en as déjà assez fait.
Et il quitta la pièce.
Naruto attendit sur le seuil en grelottant. Il surveillait les alentours, de peur qu'un journaliste ou un quelconque fouineur ne surgisse de nulle part. Kiba ouvrit la porte et plongea son regard blasé dans le sien.
- T'es vraiment un pote, fit Naruto avec un sourire gêné.
- Ouaih, le meilleur du monde. Tu me revaudras ça au centuple, crétin, dit Kiba.
Ce dernier le laissa entrer et verrouilla la porte. Naruto essuya ses chaussures sur le tapis et retira son manteau. Il salua rapidement la mère de son ami qui était à la cuisine.
- Tu n'as pas récupéré tes affaires ? Demanda Kiba.
- Non, des journalistes attendaient devant ma porte, alors il valait mieux que je me casse vite fait. Mais c'est pas tout...
- Quoi encore ? Qu'est-ce que tu vas me sortir, hein ?
Naruto grimaça et répondit d'une petite voix :
- Tu pourrais me loger quelques temps ? Mon proprio m'a viré de chez moi.
- Putain ! Tu m'auras vraiment tout fait !
- J'y peux rien ! A cause de moi, il a reçu beaucoup de plaintes de mes voisins. Et il n'a pas beaucoup apprécié que je cache un cinglé, sans oublier les coûts de réparation de la porte défoncée.
- Tu m'étonnes, dit Kiba, t'es un cas, tu sais ? Tu ferais quoi sans moi, hein ?
Naruto dévoila ses dents blanches et fit creuser ses fossettes en un sourire renversant.
- Arrête ton numéro de charme et vient manger !
Ils rirent et se mirent à table sous le regard interrogateur de la chef de famille. Kiba lui fit signe de ne pas s'en faire et la prévint que Naruto resterait quelques jours chez eux. Le dîner se passa sans encombre. Naruto conquit la mère de Kiba qui n'eut pu s'empêcher de poser des questions sur sa relation avec Sasuke Uchiha. Il répondit tout en restant évasif et tenta plusieurs fois de changer de sujets. La curiosité des gens le mettait mal à l'aise. Il avait toujours aimé attirer l'attention quand il était enfant, mais être sous les feux des projecteurs de cette manière et à cause d'une telle histoire ne le remplissait pas de joie. Quand ils eurent finit de manger, Kiba et Naruto s'installèrent sur le canapé à regarder la télé en buvant un dernier verre, après s'être assurés que la mère de Kiba était bien partie se coucher.
- Qu'est-ce que tu vas faire maintenant ? Demanda Kiba, les yeux rivés sur l'écran.
- Je sais pas trop. Me trouver un nouvel appartement, j'imagine.
- Mais t'as pas un rond.
- Merci de m'en informer.
- Écoute, tu peux rester ici autant de temps qu'il te faut. Je te foutrais pas à la porte, sauf si tu me ramènes un chat ; je hais les chats.
Naruto sourit et acquiesça sagement. Il but une gorgée de sa bière et essaya de suivre le film. Un film d'action et commercial dans lequel des immeubles s'effondraient et où des hélicoptères explosaient en plein vol. Il n'y comprenait rien et avait du mal à ne pas penser au gosse qu'il avait laissé entre les mains des flics. Que faisait Sasuke en ce moment ? Où était-il ? Est-ce qu'il allait bien ? Naruto fronça des sourcils.
- Et au sujet de Sasuke ? Fit Kiba de but en blanc.
Naruto frémit.
- J'en sais rien. Il vaut mieux que cette histoire finisse là, ce sera mieux pour tout le monde.
- Si tu le dis, dit son ami d'un air vague, c'est dommage...il t'aimait beaucoup.
Naruto ferma les paupières. Il fallait qu'il oublie Sasuke, sa promesse, sa culpabilité et ses inquiétudes. Sakura n'avait pas tort quand elle disait qu'il serait entre les mains de personnes compétentes et puis, Obito Uchiha, son oncle, devait sûrement tout faire pour qu'il sorte de cet enfer. L'enfer de ses souvenirs.
Trois jours plus tard.
- Je boufferai pas ça.
Deux grands yeux noirs la fixèrent avec une intensité telle que la pauvre infirmière manquait à tout instant de prendre ses jambes à son cou. Un plateau dans les bras sur lequel reposait un bol de riz encore fumant et un petit dessert, la jeune infirmière jeta un coup d'œil affolé derrière elle. Ses supérieures, Shizune, l'infirmière en chef et Tsunade Senju, le médecin en charge de Sasuke, attendaient hors de la chambre que le jeune homme veuille bien se nourrir. Celui-ci refusait d'avaler quoique ce soit depuis qu'il était revenu au sein de l'hôpital, son corps s'affaiblissait à vue d'œil. Et tous les infirmiers le redoutaient ; ses crises, ses piques de colère s'étaient empirées. La jeune femme qui tenait le plateau déglutit et insista d'une voix douce.
- J'ai dis non, putain ! T'es sourde ou idiote ? Fit Sasuke en élevant le ton.
Elle tourna les talons et sortit rapidement de la petite pièce. Shizune posa une main réconfortante sur son épaule tandis que la jeune infirmière se confondait en excuses. Cette dernière s'en alla, accompagnée par l'une de ses collègues. Tsunade échangea un regard avec Shizune et inspira profondément, soulevant sa poitrine opulente. Puis elle fit un pas, fit claquer sa blouse blanche contre ses jambes dans son mouvement et frappa sur la porte encore ouverte. Le jeune homme en face d'elle ne lui accorda qu'une seconde d'attention avant de se détourner d'elle et de se recroqueviller sur son lit, sa tête posée sur ses genoux repliés. Il détestait cette femme. Elle savait toujours mieux que lui ce qui se tramait dans son cerveau et ça l'horripilait. Elle s'avança vers lui, très sûre d'elle.
- Tu dois manger.
Il l'ignora.
- Ton oncle m'a chargé de prendre soin de toi, alors il faut que tu manges.
Sasuke ricana.
- Dis-lui que tout se passe bien, que je mange comme il le faut. Je dirais rien et t'auras ton fric. En échange, fous-moi la paix.
- Qui t'as autorisé à me tutoyer, gamin ?
- Je ne vouvoie pas les salopes !
La médecin écarquilla les yeux et d'un coup rapide et précis, le gifla violemment. Le bruit sec résonna dans la chambre. Tsunade siffla un : « sale gosse » et détendit son bras le long de son corps. La joue rouge de Sasuke accentua le violet des immenses cernes autour de ses yeux noirs. Le monde devint blanc, aussi blanc que les murs de sa prison. Il regarda ce vide, le contempla longuement sans entendre la voix autoritaire de la médecin et il serra les dents à en faire saigner ses gencives. Ses yeux s'agrandissaient, ses membres se tendaient un à un et lentement, il se tourna vers cette femme qu'il haïssait.
Tu devrais la tuer, petit-frère.
Elle lui faisait sans arrêt du mal. Elle voulait l'empoisonner avec cette bouffe immangeable. Mais ce qui l'énervait vraiment, c'est qu'elle l'avait séparé de Naruto. Il devait la tuer.
A cause d'elle, Naruto ne te reviendra jamais et tu le sais.
La voix d'Itachi sonnait dans sa tête. Comment osait-il s'y engouffrer ? Le pire c'est qu'il avait raison. Sasuke se leva de son lit, sortit un couteau en plastique blanc de sous son matelas et le pointa vers la médecin qui fronça des sourcils. Shizune l'appela en criant et alerta un gardien. Celui-ci accourut et se figea devant la main levée de Tsunade qui lui faisait comprendre ainsi de ne pas intervenir.
- Sasuke, pose ça. Je ne sais pas comment tu te l'aie procuré, mais pose-le immédiatement.
- Et tu vas me faire quoi, hein ? M'enfermer ? Fit-il d'un ton sarcastique.
La médecin sonda son malade et n'y lus aucune hésitation ; la menace était réelle. Pourtant, elle devait lui montrer qu'elle avait le dessus sur lui. Sasuke était un cas difficile et la cause de son traumatisme justifiait pleinement son état. Elle n'avait d'autre choix que de l'aider. Et ce, même s'il la rejette de toutes ses forces.
- Crois-moi ce n'est pas avec ton bout de plastique que tu me fais peur. Je n'arriverais même pas à couper du beurre avec ce machin, dit-elle.
Les yeux noirs de son vis-à-vis devinrent plus perçants. La crise n'était pas loin et Tsunade devait le calmer au plus vite avant que la situation ne dégénère une fois de plus.
- Je ne veux que ton bien, gamin.
- JE NE SUIS PAS UN GAMIN ! Hurla t-il, déchirant ses cordes vocales.
Tsunade sursauta. Shizune plaqua une main sur sa bouche.
- Très bien, dit la psychiatre, c'est vrai que tu as seize ans, tu es donc presque un homme. Ce que je veux dire, Sasuke, c'est que je suis là pour t'aider. Tout comme toi, je voudrais te voir capable de vivre par toi-même, en dehors de ces murs. Mais pour cela, il faut que tu coopères.
Mais Sasuke ne l'écoutait pas et n'avait qu'un seul mot à la bouche :
- JE VEUX VOIR NARUTO ! NARUTO ! NARUTO ! OU IL EST ?
Des larmes de rage roulèrent sur ses joues creuses. Tout son corps était pris de spasmes. Et le corps chaud et doux de Naruto n'était pas là pour y mettre fin. Il lâcha le petit couteau et prit sa tête dans ses mains tremblantes et moites. Les sons devinrent sourds. Naruto n'était pas là. Sa mère était tombée au sol et se vidait de son sang sous ses yeux. Naruto dormait sur le futon à côté de lui. Son père le grondait devant sa maîtresse d'école. Naruto le sermonnait gentiment. Sa tante lui chantait une berceuse. Itachi lui faisait une pichenette sur le front. Itachi riait dans une pièce sombre. Les images se superposaient, défilaient les unes après les autres sans aucune cohérence.
- Je veux Naruto, marmonna t-il en tombant à genoux, mon Naruto.
Tsunade soupira. Son malade répétait sans cesse ce nom. Elle savait pertinemment de qui il s'agissait : Naruto Uzumaki, jeune étudiant à la fac de lettres de Konoha et dont tout le monde parlait. Il avait caché Sasuke durant deux semaines et aucun de ses voisins ne s'en étaient rendu compte. Elle le laissa, quitta la pièce et fit signe aux infirmiers de s'en occuper. Puis, elle longea le couloir, monta un escalier et rejoignit son bureau sans un regard pour personne. Sasuke la préoccupait. Elle avait tout essayé lors de ses précédentes admissions à l'hôpital, avant qu'il ne s'enfuie la première fois, pour l'aider à remonter la pente. Rien. Le néant. Seul le nom de son grand-frère le faisait réagir, mais de façon négative et ce n'était pas ce qu'elle recherchait. Puis il s'était enfui, avait aggravé son cas en tuant un homme alors qu'il était en pleine crise et avait rencontré ce fameux Naruto. Elle ne doutait pas que ce jeune homme était la raison de la seconde fugue de Sasuke. Il avait dû mettre beaucoup de temps pour le retrouver avec un prénom pour seule information. Elle se pencha sur la paperasse qui s'amoncelaient depuis des jours sur son bureau et fit tourner son crayon entre ses doigts. Elle ne connaissait pas personnellement Naruto Uzumaki, mais les rares images qu'elle avait vu de lui ainsi que son profil décrit par les journalistes lui inspiraient relativement confiance. En somme, il n'avait pas l'air d'être un mauvais garçon. Et Sasuke était peut-être fou, il était loin d'être idiot. Il ne choisirait pas quelqu'un qui lui ferait du mal.
- Quoique..., marmonna t-elle.
Si Sasuke cherchait à se punir, à alléger sa souffrance mentale par une souffrance physique, ce n'était pas impossible que ce Naruto fût en réalité un pervers et un adepte des rasoirs. Pourtant, Sasuke n'avait aucune trace de maltraitance, pas même une égratignure. Les lignes noires que formaient les lettres devant elle commencèrent à danser, elle sortit un étui de son sac et mit des lunettes sur son nez aquilin. Toujours était-il que Naruto obsédait Sasuke. Et si Naruto avait réellement été contraint de l'héberger alors il valait mieux ne pas les remettre en contact. Tsunade comptait sur le temps pour guérir les blessures de son patient en espérant qu'il oublie aussi le jeune étudiant.
Un mois plus tard.
Son genou tremblait, sautait frénétiquement de haut en bas. Naruto était seul dans la salle d'attente, assis sur une chaise en bois qui rendait son fessier douloureux. Il se mordit les lèvres et scruta la lourde horloge plantée le long du mur d'en face et dont le « tic tac » incessant l'agaçait. Il attendait depuis une heure. Une femme en tailleur noir qui portait des dossiers contre sa poitrine passa devant lui, lui adressa un sourire et continua sa route jusqu'au bureau. Il jeta la tête en arrière et se cogna contre le mur. Il était à deux doigts de commettre un meurtre. Il n'avait jamais été patient et ses nerfs allaient lâcher à tout moment. Kiba lui avait dit que c'était une mauvaise idée. Mais c'était plus fort que lui. Il devait s'assurer que l'on prenait bien soin de Sasuke. Cependant, on ne pouvait pas entrer dans un hôpital psychiatrique comme dans un moulin. Il avait essayé, mais à peine avait-il prononcé le nom de Sasuke que les infirmiers l'avaient reconduit dehors. Peut-être que Sasuke était interdit de visites ? Ou bien on avait pris Naruto pour un journaliste ? Il grimaça ; il en doutait. Alors il attendait dans une salle d'attente, à deux pas du bureau du seul homme qui pouvait l'aider : Obito Uchiha. Au cours des dernières semaines, il avait déjà tenté de lui parler, mais il lui avait toujours refusé un entretien jusqu'à ce jour.
Il inspira, expira, desserra sa mâchoire, puis inspira, expira et resserra la mâchoire. Il baissa la tête et fixa son jean déchiré dont un pan traînait misérablement sur le plancher. Un mois s'était écoulé. Un mois durant lequel il avait évité Sakura et avait pensé à Sasuke. Il savait que le jeune brun détestait les psychiatres et son oncle, en bref toutes les personnes qui « prétendaient pouvoir le guérir ». Pourtant il espérait que les choses allaient pour le mieux et qu'il se faisait peur pour rien. Sasuke était très caractériel et avait une forte volonté bien qu'il fût perturbé psychologiquement. Un adolescent avec un tempérament comme le sien était capable de se sortir de n'importe quelle situation. En tout cas, c'était ce que Naruto se plaisait à penser a contrario de cette petite voix qui tirait la sonnette d'alarme et qui le suppliait de vérifier l'état de Sasuke.
Il attendit cinq minutes de plus avant que la jeune femme en tailleur noir ne daigne sortir de son bureau et lui parler :
- Naruto Uzumaki, c'est bien ça ?
Il opina vivement de la tête.
- Monsieur Uchiha va vous recevoir, veuillez me suivre.
Il bondit sur ses jambes et s'exécuta. Ils passèrent devant ce qui semblait être le secrétariat et longèrent un couloir au murs sobres, sans aucune décoration superflue. La jeune femme s'arrêta devant la porte au fond du couloir et frappa trois petits coups timides. Une voix masculine s'éleva et la jeune femme s'écarta pour laisser Naruto entrer. Un homme aux yeux et aux cheveux noirs l'attendaient, assis dans son fauteuil de cuir derrière un imposant bureau en bois massif. Naruto nota que les membres de la famille Uchiha – ou du moins, ce qu'il en restait – avaient des caractéristiques physiques communes, mais il ne dit rien. L'homme se leva et lui fit signe de s'asseoir en face de lui. Naruto obéit, légèrement impressionné par la prestance de Obito Uchiha. Celui-ci croisa les bras.
- Je suis désolé de vous avoir fait attendre, dit-il, j'ai beaucoup de travail.
Naruto se retint de faire un commentaire sardonique.
- J'ai cru comprendre que vous vouliez me voir au sujet de mon neveu, Sasuke.
Être vouvoyé lui fit bizarre et Naruto se racla la gorge.
- J'ai essayé de vous joindre plusieurs fois, dit-il, je suis assez surpris que vous n'ayez accepter de me parler que maintenant.
- Oui, c'est vrai. Mais disons que les choses ont changé.
Naruto se redressa sur son siège.
- Comment ça ?
- L'état de mon neveu s'est gravement détérioré. Les médecins ont tout essayé, mais il s'enfonce dans sa folie.
Le jeune homme écarquilla les yeux. Ses espoirs volèrent en éclats ; Sasuke n'allait pas bien du tout.
- Puis-je vous poser une question ? Demanda Obito Uchiha.
- Oui ?
- Pourquoi vous inquiétez-vous autant pour mon neveu ?
Naruto fut pris de court et réfléchit quelques secondes avant de répondre :
- Après ce qu'il s'est passé dans ce train, je me sens lié à lui, vous voyez ? Et quand il m'a demandé de le cacher, je me suis senti responsable de lui. J'ai perdu mes parents très jeunes alors...je comprends ce qu'il traverse.
Un temps.
- Je vois, vous êtes orphelin...
- Sasuke est comme un petit frère dont je dois m'occuper. Je n'étais pas très aimé à l'orphelinat et j'aurais voulu qu'un enfant plus grand que moi me choisisse comme frère. Je veux être cette personne pour Sasuke.
- Je ne veux pas vous blesser, mais je doute que Sasuke ait besoin d'un second grand-frère.
Naruto se tut, s'en voulant de n'avoir pas réfléchi davantage avant de parler. Obito Uchiha, quant à lui, pris son menton entre ses doigts et plongea dans ses pensées. Quelques minutes passèrent avant qu'il ne reprenne la parole.
- Vos motivations sont honorables et je vous remercie de vous préoccuper autant de mon neveu. Et si je vous ai rencontré aujourd'hui, c'est pour vous demander un service.
- Quel service ?
- Sasuke ne cesse de vous appeler.
Naruto fronça les sourcils et son cœur se mit à battre plus fort.
- Pourriez-vous me laisser organiser une rencontre entre vous deux sous la surveillance de son médecin et de moi-même ?
- ...pour voir comment il réagit, c'est ça ?
- C'est exact.
Il déglutit. La mise en garde de Sakura lui revint en mémoire ainsi que la remarque étrange de Kiba. Il n'était pas certain que c'était une bonne idée et il sentit qu'il allait le regretter. Naruto s'en voulu subitement d'être venu.
- Très...très bien, baragouina t-il.
- Je vous rappellerai pour vous communiquer la date et l'heure du rendez-vous.
Obito Uchiha tendit sa main et Naruto la serra après une seconde d'hésitation.
En sortant de l'immeuble, il hurla un : « MEEERDE ! » qui fit tourner quelques têtes. Il avait l'impression d'avoir été pris au piège et ce qui le minait encore plus c'était qu'il s'était jeté lui-même dans la gueule du loup et qu'il ne pouvait plus reculer :
- Je vais faire la plus grosse connerie de ma vie, se dit-il.
Ouah ! C'est dur de reprendre une fic après deux ans de pause ! (c'était la fic qui était en pause, hein ! Pas moi !) Alors j'ai repris le caractère de Sasuke et je l'ai même empiré XD, je vais faire en sorte qu'il soit le moins OOC possible, mais il faut aussi prendre en compte le contexte de cette fic donc...c'est aussi un Sasuke à la limite de la folie. Pour ce qui est de Naruto, c'est pareil. Je vais donc essayer d'être au plus près de leurs caractères originaux, vous me direz ce que vous en pensez ! (Ouaih, là j'ai vraiment envie de faire un truc différent de QJJJ).
Donc, j'ai pas réécrit les premiers chapitres de 1 : parce que c'est chiant, de 2 : parce que j'ai la flemme et de 3 : parce que le début me va, même si l'écriture a un peu changé entre temps. J'ai quand même essayé de corriger les grosses fautes de syntaxe et d'orthographe (il y en avait et je suis sûre qu'il y en a encore =.= - en mode radar Momo-Chan). Je suis aussi restée sur le passé simple (ça m'a fait très bizarre) pour la cohérence entre les premiers chapitres et celui-ci et aussi...pour changer un peu du présent. Dites-moi si ça vous va tout ça ! C'est important !
Ah aussi ! Oubliez complètement ce que j'ai pu écrire auparavant ! J'avais écrit 9 chapitres sur cette fic, mais j'ai supprimé les trois derniers parce que je ne savais plus du tout où j'allais (c'est d'ailleurs pour ça que je l'ai arrêté), je la transforme donc MAIS ne vous en faites pas, vous aurez un lemon (voire plusieurs, mais je verrais ça). L'histoire sera plus complète, j'ai réfléchis toute la semaine dessus (ouaih j'ai plus rien à faire vue que je passe en 3e année de licence sans avoir à passer les rattrapages XD et je suis motivée grâce aux commentaires que j'ai reçu). J'ai mélangé des idées de fics, des situations que j'avais en tête pour ne faire plus qu'une ! Surtout qu'avec le caractère de Sasuke, de nouvelles portes s'ouvrent à moi ! Ô joie !
Si vous avez des questions, n'hésitez surtout pas ! =D
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