'' La pire douleur, c'est d'aimer un cœur qui lui aime ailleurs.''

''L'être humain a un don pour désirer ce qui lui fait le plus mal.''


Je le vois dans tes yeux, l'amour. Tu l'aimes.

Dans les miens aussi, je le vois, l'amour. Cependant, moi c'est pour toi que je me damne.

Comment peux-tu me faire autant de mal? Que t'ai-je fais?

Il y a moi et il y a toi. Jamais il n'y aura un nous. Parce qu'il y a lui.

Comment peux-tu l'aimer lui alors que je me crève d'amour à ton égard? Pourquoi lui? Pourquoi mon meilleur ami?

Pourtant, je t'aime à en sombrer dans la plus démente des folies, depuis toujours et pour toujours. Je crève de jalousie à chaque fois que ton regard s'illumine à cause de lui, à chaque fois qu'il te fait rire, à chaque fois que tu lui souris. C'est à moi que tu devrais sourire, moi qui devrais te faire rire, moi que tu devrais aimer. J'ai toujours été là pour toi, pas lui.

Qui essuyait tes larmes qu'il faisait couler? Moi.

Qui a toujours été d'une gentillesse avec toi, même si tu me poignardais en plein cœur? Moi.

Qui se pliait à chacune de tes exigences et chacun de tes désirs dans l'espoir vain d'attirer ta dévotion? Moi.

Qui te réconfortait et te rassurait? Moi.

C'était toujours moi. Alors pourquoi donc ne m'aimes-tu pas? Lui ne t'aimera jamais mais moi je suis là.

En moi, je n'ai plus que la haine, la colère, la tristesse et cet amour indéniable qui brûle mon cœur tel un phénix se mourant dans de grandes flammes rouges et orangées, devenant lentement cendres. J'essaye pourtant présomptueusement de me défaire de mon amour à ton égard mais lorsque je te vois : les étincelles dans tes yeux d'océans, ton adorable petit nez retroussée que tu déteste tant, tes pommettes hautes et toujours roses, ton sourire mystérieux, les reflets d'acajou rougeâtre dans ta chevelure ténébreuse, la courbe de tes lèvres, celle de tes yeux, celle de tes hanches, celle de tes seins, ton parfum de violette qui m'ensorcelle et engourdi chacun de mes sens, je retombe inévitablement amoureux de toi. Toutes ces petites choses que je suis apparemment le seul à voir, toutes ces petites choses qui font que tu es celle que tu es, toutes ces petites choses qui font que je t'aime.

Je t'aime, je t'aime, je t'aime… J'en deviens fou.

J'aimerai le détester, lui, pour t'avoir attiré dans ses filets comme il s'amuse à le faire avec des dizaines d'autres filles. J'aimerai te détester, toi, pour avoir fait comme toutes les autres et être tomber sous son charme et pour avoir allumé un tel brasier en moi. Mais c'est impossible. Nous avons trop traversé d'épreuves, trop de batailles, trop de haine, trop de problèmes, trop de danger, ensemble, tous les trois. Le seul que j'arrive à détester c'est moi.

Pourquoi, du jour au lendemain, t'ai-je laissé devenir le centre de mon univers?

Pourquoi ne m'aimes-tu que comme un ami?

C'est sans espoir, je le sais. Je me noie dans mon amour à sens-unique, cahoté par la douleur et chaviré par l'esquisse d'un tes sourires. Il faut que je me fasse à l'idée, malgré mon cœur meurtri et ma douleur, que jamais tu ne seras mienne, que jamais je n'aurai la joie de goûter à la douceur de tes lèvres, de ta peau. Jamais ton cœur ne battra pour moi. Jamais tu ne m'aimeras comme moi je t'aime. Jamais.

Pourtant, il me reste l'espoir, Un fichu et stupide espoir.

-« Blaise…» M'appellerais-tu en souriant timidement, les joues rouges.

Je te sourirais à mon tour, mon cœur cognant dans ma poitrine.

-« Je t'aime. » Me lâcherais-tu ensuite, n'aimant pas tourner autour du pot.

Puis, je t'embrasserais et je te ferais tout oublier de lui et alors que je te murmurais que je t'aime aussi, je serais heureux pour l'une des premières fois de ma vie.

Pourquoi je t'aime? Pourquoi tu l'aimes? Pourquoi nous aimons? Pourquoi nous vivons?

Pourquoi la vie est-elle si injuste?