Matsuyama : Je n'aurais pas dit mieux ! ;)

Chapitre 7 : All I want for Christmas is you

I don't want a lot for Christmas

There's just one thing I need

I don't care about presents

Underneath the Christmas tree

I just want you for my own

More than you could ever know

Make my wish come true...

All I want for Christmas

Is you...*


- Ron, Bill ! Venez donc aider à la cuisine ! Je vous vois d'ici...

La voix de Molly retentit dans le salon et les deux frères levèrent les yeux au ciel dans un bel ensemble. Ils étaient tout les deux autour du feu en train de discuter avec Harry et Ginny et donc peu enclin à s'éloigner de la chaleur du foyer.

- Et Ginny alors ! C'est pas juste ! grogna Ron.

Cette dernière un bras autour de la taille de Harry l'imita en minaudant :

- C'est pas juste...

- Peste, lui souffla son frère tandis qu'elle répondait par un grand sourire.

Harry se dégagea de l'étreinte de sa petite amie.

- Allez je viens vous aider ! Mais c'est vraiment parce que je suis un mec sympa.

Agréablement surpris, Ron lui emboîta le pas. Il devait avouer que depuis leur dispute de la rentrée, Harry faisait beaucoup plus attention à passer du temps avec lui. Comme quoi cela pouvait se révéler utile, même si la semaine qu'ils avaient passé à s'ignorer avait été très désagréable pour les deux. Comme d'habitude Ron avait finit par marmonner des excuses et Harry lui avait donné une grande tape dans le dos ce qui avait conclu définitivement l'épisode. Mais quand même, si on prenait en compte le fait que Ginny et lui ne s'était pas vu depuis la rentrée à part quelques sorties à Pré-au-lard, le geste n'en avait que plus de prix.

En arrivant dans la cuisine ils eurent la désagréable surprise de se retrouver face à une montagne de légume à éplucher et une Molly plus énervée que jamais.

- Oulà je dois y aller j'entends Fleur qui m'appelle ! prétexta Bill en s'éclipsant.

- Quoi ! s'indigna Ron.

- Caprice de femme enceinte sûrement ! Tu ne peux pas savoir ce que c'est frérot !

Molly eut un regard embué d'émotion vers son fils aîné.

- Ouais ben heureusement, grogna son frère. Bon j'espère que tu connais un sortilège d'épluchage efficace parce que sinon on est mal ! ajouta-t-il en direction de Harry.

Ce dernier se gratta la tête puis agita sans grande conviction sa baguette vers le tas de légume :

- Euh... Epluchagus ?

A la grande surprise des deux amis un jet de lumière vert pâle jaillit de sa baguette et deux éplucheurs en métal apparurent puis commencèrent à s'activer.

- Coooool ! s'exclama Ron en lui tapant l'épaule. Attends c'est chez les aurors que t'apprends ça ?

- J'oublie toujours que tu es en formation d'auror Harry ! dit Molly. Comment cela se passe-t-il ?

Harry partit alors dans une grande description de sa formation tandis que Ron se renfrognait. Sans être jaloux de son ami, il aurait aimé avoir des choses aussi passionnantes à raconter. Même si le travail au magasin était assez amusant il se voyait mal faire cela toute sa vie. Mais de manière générale penser à l'avenir l'angoissait et lui faisait ressentir un sentiment de malaise diffus. Pour se changer les idées, il quitta donc la cuisine et retourna au salon. Dans un coin de la pièce, Percy et sa nouvelle petite amie Audrey - tout aussi insupportable que lui - étaient en grande discussion avec Georges et Angelina Johnson. Ces deux derniers n'étaient ensemble que depuis octobre et Ron avait été le premier surpris en apprenant sa venue à Noël. Les choses devaient être plus sérieuses que prévue entre eux. Si on y ajoutait Harry, Ginny, Bill et Fleur, il commençait sérieusement à y avoir beaucoup trop de couple dans cette famille ! Il se rapprocha donc de la cheminée où Ginny avait entreprit de faire griller des marrons. Il s'adossa au rebord et lança d'un air négligé :

- Alors les cours c'est comment ?

- Toi tu veux des nouvelles d'Hermione, répliqua Ginny avec un air perçant.

Ron manqua de trébucher. Elle lisait dans les esprits ! Franchement il ne voyait pas d'autres explications. Il tenta de reprendre contenance :

- Alors là pas du chgnou... pas du tout !

- Je sais tout, le coupa Ginny avec un soupir agacé.

Holà ! Il n'aimait pas le tour que prenait la conservation. Qu'est ce qu'elle voulait dire par "tout" ?

- Non mais sérieusement Ron ? grommela-t-elle en essayant de ne pas se faire entendre du groupe proche d'eux.

Elle le frappa sans ménagement avec le tisonnier et Ron en conclut qu'elle ne devait pas être loin de savoir toute l'histoire. Il gigota désespérément, tentant d'éviter ses coups.

- Hey attends ! Laisse moi t'expliquer !

Ginny stoppa et le regarda fixement :

- Pitié Ron dis moi au moins que tu es amoureux d'elle et que tu vaux mieux qu'un scroutt à pétard. Parce que franchement je...

- Evidemment que je suis... amoureux d'elle ! s'offusquât-il.

Il se sentit alors étrangement bien. Sans qu'il s'y attende, le simple fait d'avoir avouer à quelqu'un qu'il aimait Hermione le faisait se sentir mieux. Dans l'idéal il aurait aimé le crier sur tous les toits mais ce n'était déjà pas si mal.

- Disons simplement que les choses ne se sont pas passées comme prévu, j'ai été... maladroit.

- Maladroit ! Tu es un vrai handicapé des sentiments oui !

Ron lui fit signe de se taire par de grand mouvement de bras.

- Et tu comptes aller lui parler quand !

- Mais je comptais le faire là ! Comment je pouvais savoir qu'elle ne viendrait pas ?

Ginny croisa les bras et lui lança, sarcastique :

- Ah ben oui je me demande bien pourquoi elle ne vient pas ! Quelle surprise !

Ron se ferma aussitôt. Il détestait l'idée qu'Hermione l'évite volontairement. De plus, son absence avait été une cruelle déception pour lui, tant il avait passé tout l'automne à espérer cette rencontre.

- Ron tu ne peux pas attendre et espérer à chaque fois, tu te voiles la face !

La liseuse d'esprit avait refait surface... Sur ce point Ginny avait particulièrement raison. Après leur déplorable séparation, le jeune homme avait d'abord espéré revoir Hermione durant l'été, puis il s'était reporté sur la rentrée, puis enfin sur les vacances de Noël. À chaque fois il se disait que la revoir arrangerait tout et à chaque fois il était un peu plus déçu.

- Elle ne va pas t'attendre indéfiniment... conclut Ginny tandis que Molly annonçait le repas.

Le diner fut morne pour le jeune homme, il dut supporter Percy se vantant de sa nouvelle position au ministère pendant tout le repas. C'était assez ironique de voir qu'après avoir renier sa famille, Percy semblait soudain assez fier de porter le nom de Weasley. Ron avait envie de lui balancer à la figure que ce n'était certainement pas grâce à lui. Il ne le fit évidemment pas, par égard pour Audrey et pour ses parents. Malgré ce qu'on pouvait dire de lui, Ron se trouvait parfois plein de tact et de prévenance... Dommage que personne ne s'en rende compte.

Après le dîner ils durent endurer les ignobles chants de Noël de Molly, Ron et Harry se réfugièrent donc de l'autre côté de la pièce, près du sapin enchanté. Ecartant d'un geste exaspéré un angelot ensorcelé, qui avait entreprit de l'asperger de paillettes dorées, Ron souffla à son meilleur ami :

- Hey Harry je peux te parler ?

Son meilleur ami, qui fixait Ginny, détourna ses yeux vers lui l'invitant à poursuivre.

- Tu sais ce que tu m'as dit à la rentrée quand on s'est... disputé.

Il y eut un silence. La voix de crécelle de Celestina Moldubec, chantant un amour impossible entre une sorcière et un vampire, emplit l'air.

- Sur le fait de communiquer et tout ça...

Harry eut un sourire involontaire. Ron rougit mais poursuivit, bien décidé à surmonter sa gêne.

- Et bien je ne sais pas mais je me sens... différent depuis la fin de la guerre.

- Comme nous tous, commenta Harry, attendant la suite.

- Oui mais moi parfois je... Enfin c'est comme si je regrettais l'année dernière.

Harry eut un froncement de sourcil et le roux ajouta précipitamment :

- Oh non je ne regrette pas Voldemort et toutes les horreurs ! Mais enfin on était une équipe tout les trois : toi, moi et... Hermione. On avait un but, on défendait une cause juste. Je crois que ça me manque.

Il regarda Harry avec appréhension. Il n'aimait vraiment pas se confier d'habitude mais il fallait bien croire qu'il avait changé. Il y eut un silence, le temps qu'Harry comprenne que les confidences de Ron étaient finies. Malgré tout, ce dernier n'avait pas envie de s'étaler sur le gouffre qu'était devenu sa vie. Il lui restait quand même un peu de fierté.

- Ouais je vois ce que tu veux dire... dit le brun d'une voix mélancolique. C'est comme si on avait passé tellement de temps à rêver de la paix et à espérer, que maintenant que l'on y est on ne sait plus quoi faire, ni comment vivre.

Les mots d'Harry touchèrent Ron plus qu'il ne put se l'avouer à lui même. Le brun se reprit et annonça plus joyeusement :

- Et si au lieu de ressasser les vieux souvenirs on s'occupait du présent ? On pourrait inviter Hermione la semaine prochaine non ? Je pensais que l'invitation était automatique mais apparemment il faut lui rafraichir la mémoire.

Ron se retint de lui dire qu'elle ne viendrait pas à cause de lui. Pour lui cela ne faisait pas l'ombre d'un doute. A cet instant Ginny s'approcha :

- Dis donc les deux papys, vous complotez quoi ?

- L'invitation d'Hermione, répondit Harry en prenant sa main, ce qui provoqua chez Ron un pincement au cœur désormais familier.

Il se prenait à détester toutes marques d'affection dont il était le spectateur. Ginny haussa les sourcils en regardant volontairement Ron.

- Je vois... Rassurez vous je m'en suis déjà chargée. Tout est réglé, elle sera là dans deux jours.

Le cœur de Ron fit une embardée. Il allait enfin la revoir... La nouvelle ne le touchait pas autant qu'elle aurait due, sûrement par ce qu'il ne le croirait que lorsqu'il la verrait. Cela lui paraissait tellement improbable qu'il prit à part Ginny, plus tard dans la soirée. Bien évidemment cette dernière n'eut même pas besoin d'entendre la question pour y répondre :

- Hum, oui j'ai oublié de te prévenir. Je lui ai dit que tu ne serais pas là.

- Quoi !

- Ron excuse moi mais c'était la seule manière... Tu devrais me remercier !

Le jeune homme relâcha l'épaule de sa sœur qu'il avait agrippée.

- Et je suis sensé être où ? dit-il amèrement.

- Au magasin avec Georges...

En effet Georges ne s'était octroyé qu'une semaine de vacances mais en avait, magnanime, accordée deux à Ron. Ce dernier soupçonnait fortement le caractère intéressée de cette décision, qui permettait à son frère de se retrouver seul avec Angelina, loin de Ron et Harry, restés au Terrier.

Il la verrait donc dans deux minuscules jours. Ou plutôt deux interminables. Comment allait-il bien pouvoir tenir le coup ? Désireux de ne pas se laisser ronger par l'attente, il entreprit de se préparer au mieux à sa venue. Il ne savait pas d'où lui venait se regain d'énergie, après ces longs mois à se laisser abattre, mais il était décidé à ne pas laisser passer sa chance. Il se rappela les paroles de Ginny : "Elle ne va pas t'attendre indéfiniment." Non, elle n'allait pas l'attendre pour toujours, elle valait bien mieux que ça. Il était décidé à la reconquérir et sentait au fond de lui que c'était sa dernière chance.

Soit il réussissait, soit il l'oubliait définitivement.

à suivre...

* Je ne veux pas beaucoup de choses pour Noël

Il y a seulement une chose dont j'ai besoin

Je me fiche des cadeaux

Sous le sapin de Noël

Je te veux juste pour moi tout seul

Plus que tu ne pourrais le penser

Fais que mon vœu se réalise

Tout ce que je veux pour Noël

C'est toi...