Je m'excuse de ce retard d'une semaine, avec la rentrée, je me suis retrouvée submergée par les démarches administratives, les réunions de rentrée... J'essayerai de ne plus vous refaire le coup. Promis ^^
Je vous signale aussi que je me suis crée un twitter dédié aux fanfics où je vous communiquerai les dernières nouvelles : /OoMerialaoO
Merci aux reviewers : Alycia Panther, Sorciere6174, Zaurelie, thekingofkiwi, SauleMarron19427, Ascella Black, cathy, Lassa-Liam, Stormtrooper2, XoXonii, Caliste, marie, Gabe92, elo-didie, Aurelie Malfoy, Mini-Yuya, ankana87, Shanatora, MyFairLadyRose, shishi-sama, Mo-Reen, Daemonia Azrael Di Oz et aurelei.
Date de publication : 07/09/14
Fin du chapitre précédent : C'est ainsi que les enfants grandirent, enchaînant les jeux, les farces, les leçons. Peu à peu les années s'écoulèrent et bientôt les deux garçons s'approchèrent, au grand désarroi de Sophia de leurs onze ans, bientôt il faudrait aller à l'école de sorcellerie, bientôt le trio serait séparé et redeviendrait duo, au moins le temps de l'année scolaire.
Chapitre 7
Préparatifs
Un dilemme se posait au couple Black-Romanov. Leur aîné, Alexander allait sur ses onze ans, âge qui scellait l'entrée à l'école de sorcellerie. Restait à savoir à laquelle. Deux choix étaient possibles. D'un côté, ils pouvaient envoyer leur fils à l'école de Poudlard dirigée par Albus Dumbledore, celui là même qui leur avait enlevé leur enfant durant les premières années de sa vie. Ils pouvaient aussi préférer Dumstrang, école moins prestigieuse mais habituée à former des mages noirs. Le problème était que ses élèves étaient connus du ministère russe et que Katrina y soupçonnait la présence d'espions de Letzoski. Dans les deux cas, leur fils devrait être très prudent et serait entouré d'adversaires et d'ennemis. A Poudlard, il retrouverait certainement Henry Potter qui raviverait tous les mauvais souvenirs de sa petite enfance, mais aussi Draco Malfoy dont l'enfant ne voulait pas être séparé.
Sirius préférait Poudlard, il connaissait l'école et ses règles, tout élève accueillit entre les murs de l'école était sous sa protection, à moins qu'il ne transgresse ses lois ancestrales : ne pas tuer ou torturer un autre élève, ne pas attaquer un professeur et ne pas introduire d'ennemis du lieu de savoir. Cette protection ne dépendait pas du directeur, elle datait de la fondation de l'école et même lui ne pouvait passer outre ou il perdrait toute possibilité de la diriger. Mais Dumbledore était connu pour ses manipulations et rien ne protégerait Alexander de ces dernières.
Katrina hésitait. Elle-même avait été élève à Dumstrang, elle connaissait cette école et savait que son fils s'y épanouirait, peut être trop. Il risquait de ne pas être aussi prudent qu'il ne le serait à Poudlard. Certains élèves plus âgés ou professeurs pourraient reconnaître, s'il dévoilait sa magie, la marque des Romanov et Letzoski saurait alors qu'elle avait un héritier et lui un ennemi supplémentaire. Mais elle n'aimait pas du tout l'idée de confier Alexander à Dumbledore.
Finalement, ils décidèrent de laisser le choix à l'héritier. Un soir, ils s'isolèrent tous les trois dans le petit salon et présentèrent au petit garçon de dix ans le choix qui s'offrait à lui. Lui n'hésita pas. Peu lui important la présence de Dumbledore ou d'Henry. Il voulait rester avec Draco. Ce serait Poudlard.
Peu après les onze ans d'Alexander, les deux garçons, en pleine leçon de russe : ils en étaient à la lecture de Guerre et Paix, un récit moldu, reçurent leurs lettres d'admission à Poudlard. Ils exultèrent de joie, Sophia se mit à pleurer à la pensée de la séparation et Katrina dut abandonner pour ce jour-ci la leçon.
La lettre d'admission était suivie d'une liste de fournitures. Alexander était inscrit comme Alexander Black et ses parents soupirèrent de soulagement : l'école n'avait pas révélé son véritable nom. Afin de calmer l'excitation des garçons, il fut décidé qu'ils iraient acheter les diverses fournitures nécessaires le week-end arrivé, avant que la foule des élèves retardataires ne prenne d'assaut le chemin de traverse. Le fils Romanov n'avait jamais été arpenté les rues du quartier magique d'Angleterre. Il n'était même jamais retourné dans son pays natal depuis qu'il avait découvert son identité, cela ne fit qu'augmenter son excitation, au grand désespoir de ses parents. Cela eut cependant le mérite de calmer Sophia qui apprit qu'elle allait les accompagner et donc découvrir ce pays qui était le sien malgré le fait qu'elle n'en ait jamais foulé le sol.
Devant l'état d'excitation des enfants, Katrina avait donc décidé de les laisser libres et ils se réunirent dans leur lieu secret, ce vieux banc du labyrinthe qui était témoin de leurs grandes discussions depuis des années. Alexander et Draco parlaient avec animation de Poudlard, de ses maisons et de leurs grands projets pour la rentrée. Ils en oublièrent la petite Sophia qui du haut de ses six ans n'appréciait pas du tout ce que cette matinée annonçait. La petite fille, ses boucles brunes devant les yeux, réfléchissait à un moyen d'empêcher le départ des deux garçons depuis quelques mois. Elle n'acceptait pas l'idée de se retrouver seule ici, toute sa vie, Alexander, puis Draco avaient été à ses côtés, l'entraînant dans leurs jeux, accompagnant les siens. Qu'allait-elle devenir sans eux ?
Remarquant le silence inhabituel de sa sœur, Alexander se tourna vers elle. Quand il vit son regard sombre, il s'empressa de la porter pour la placer au milieu du banc, entre eux deux. Il détestait voir sa sœur contrariée. Généralement, il tentait au maximum de faire naître un sourire sur le jeune visage, mais là, il se doutait des raisons de la tristesse de cette dernière et savait qu'elle devait accepter cette situation.
- Sophia, je sais que tu n'es pas contente de notre départ prochain, mais nous devons aller à l'école. Tu nous y rejoindras dans cinq ans et nous rentrerons à toutes les vacances...
Les paroles du petit garçon ne rassurèrent pas la petite fille. Ils allaient vivre durant des semaines loin d'elle, alors qu'elle resterait ici coincée seule dans ce palais. Ils allaient grandir, rencontrer d'autres sorciers de leur âge, apprendre et elle, elle resterait bloquée ici, elle n'évoluerait pas. Un jour, peut-être qu'ils se lasseraient d'elle et elle les perdrait. Elle savait que ce n'était pas vrai, mais malgré cette certitude, sa peur était forte et elle ne pouvait faire face à cette séparation sereinement. Draco observa son ami, sachant que ce genre de discours ne suffirait pas. Depuis des semaines, il avait observé Sophia et la tristesse qui la touchait dès que la fin de l'été était évoqué. Tout comme Alexander, il ne supportait pas de la voir ainsi. Il avait réfléchi durant des heures, cherchant une solution pour atténuer cette séparation inéluctable. Il avait enfin trouvé, un après midi, alors qu'Alexander racontait une fois de plus à sa sœur les circonstances de la découverte de sa véritable identité.
- J'ai peut être une idée pour que nous gardions facilement contact.
Les deux enfants Romanov se tournèrent vers lui, intrigués.
- Le miroir à double sens. Nous pourrons nous parler tous les jours, tu pourras même rencontrer nos camarades. Et nous partagerons nos avancées sur la création d'un basilic.
Sophia posa son index sur sa lèvre inférieure, signe d'une grande réflexion. Tendus, les deux garçons attendaient sa réaction.
- C'est gentil d'avoir chercher une solution pour pouvoir me parler tous les jours Draco. Je savais que tu ne voulais pas être séparés de moi.
Comme à son habitude, le petit blond rougit, maudissant intérieurement la force qui le poussait toujours à réconforter cette ingrate. Au moins, à Poudlard, il serait tranquille.
- C'est une bonne idée Draco, affirma Alexander.
- Oui, je pourrais vous surveiller comme ça, ajouta-t-elle.
Ce fut à cet instant que Draco Malfoy comprit que non, Poudlard ne signifiait pas paix. L'enfant l'avait fixé des yeux à ces mots, indiquant ainsi que cette surveillance lui était destinée. Qu'est qui avait bien pu lui passer par la tête pour donner à son ennemi les armes afin de l'affaiblir ?
Il fut décidé que Sirius emmènerait l'après midi même Alexander acheter sa baguette chez Gregorovitch, le fabriquant le plus célèbre de toute l'Europe de l'Est. Sophia demanda bien à l'accompagner, mais ce fut vain. Sirius expliqua que l'acquisition de sa baguette était un moment solennel pour un sorcier, presque sacré. Avoir des spectateurs n'était pas souhaitable.
- D'ici quelques années, toi aussi tu auras ta baguette. Je t'accompagnerai chez Gregorovitch et tu trouveras ce morceau de bois qui deviendra une extension de toi même.
L'enfant fronça les sourcils.
- Je commence à en avoir assez d'entendre toujours que je suis trop jeune ! Je sais comment sera le futur, je veux juste qu'il commence maintenant. Je ne veux plus attendre.
Sirius regarda pensivement sa fille. Plusieurs fois déjà, elle avait parlé de cette connaissance des lendemains. Katrina et lui étaient intrigués par ces discours.
- Petite sœur, il faut être patiente. Tu es trop faible pour affronter ces jours. Tu dois apprendre, grandir. Écoute les conseils de tante Bella, travaille avec maman, maîtrise l'étiquette avec grand-mère, prépare toi pour que ce futur que tu attends soit le plus beau possible.
Alexander était toujours doux avec sa cadette. Il lui cédait beaucoup, écoutait ses réflexions sur son futur mariage, elle ne précisait d'ailleurs jamais qui serait l'heureux élu, mais il savait aussi jouer à la perfection le rôle de grand frère. Quand il lui parlait ainsi, l'enfant enregistrait toujours les conseils, les absorbait et s'en nourrissait. Tous savaient que malgré ses petites manipulations, elle admirait son aîné. Alexander était son héros et sa parole était plus précieuse que celle d'un dieu.
Elle hocha la tête, presque honteuse désormais de son impatience. Oui, elle travaillerait dur et serait à la hauteur le jour venu.
C'est ainsi que Sirius et Alexander transplanèrent vers le quartier Magiya. Gregorovitch y tenait sa boutique de baguette, à quelques pas du café du Sureau, dans la rue principale. Elle prenait place dans un bâtiments de quatre étages, datant vraisemblablement du XIXème siècle. Tous les petits russes se rendaient dans cette boutique afin d'y recevoir leur baguette. Une guerre commerciale faisait rage entre Ollivanders, le fabriquant anglais et Gregorovitch. Il se murmurait que si les baguettes de l'anglais étaient, pour la plupart, plus puissantes que celles du russe, ce dernier avait la capacité de produire quelques baguettes d'exception, pour de futurs grands sorciers. Ainsi, on se rendait chez lui avec l'espoir d'être doté d'une de ces baguettes et l'on en ressortait le plus souvent déçu. Contrairement à Ollivanders, qui n'utilisait que trois cœurs pour ses créations : le crin de licorne, la plume de phénix et le ventricule de dragon, le russe aimait expérimenter divers ingrédients. Le problème restait que la plupart de ses créations ne trouvaient jamais sorcier à leur mesure.
Sirius poussa la porte massive de la boutique. Ils entrèrent dans une pièce claire, agrémentée de deux fauteuils massifs et d'un large bureau. L'espace était assez réduit, la plupart de l'espace de la pièce était réservée au propriétaire et à ses baguettes. Les murs étaient longés de larges bibliothèques, sur lesquelles étaient rangées de longues boîtes à baguettes, méticuleusement classées selon leur cœur, leur bois et leur taille. Tout respirait ici l'ordre et le calme : Gregorovitch était réputé pour son caractère maniaque. Pour un sorcier comme Sirius, qui avait obtenu sa baguette chez Ollivanders, le contraste était limpide. La boutique anglaise respirait la création, l'imagination et la folie, celle du russe la méthode, l'organisation et le savoir faire scientifique.
Un vieux sorciers aux cheveux longs releva la tête de son atelier, situé au fond à droite de la pièce et abrité des regards curieux par de larges bibliothèques pleines de baguettes.
- Bonjour, un petit sorcier à la recherche de sa baguette ?
Il s'approcha, étudiant déjà l'enfant afin de trouver celle qui lui conviendrait le mieux.
Alexander n'était pas grand pour ses onze ans. Il se tenait droit et princier aux côtés de son père, fixant le sorcier d'un regard qui le mis mal à l'aise. Il semblait étudier le monde, observer afin de déceler les faiblesses de ses interlocuteurs. Il avait hérité de sa mère ce regard si célèbre, qui sans agresser forcément l'interlocuteur, le poussait grandement à servir et obéir. Sa peau était pâle, d'une blancheur délicate et contrastait avec sa chevelure corbeau. Cette dernière était coupée au carré et quelques mèches lui tombaient régulièrement devenant les yeux.
Gregorovitch fronça les sourcils. Il ne reconnaissait pas le père de l'enfant, un indice de moins pour trouver la baguette parfaite.
- Vous êtes ?
L'homme qui devait avoir entre trente et quarante ans répondit.
- Sirius Black et voici mon fils, Alexander Black. Nous venons lui chercher sa baguette pour ses onze ans. J'ai eu la mienne en Angleterre, nous y vivions à l'époque mais de regrettables événements nous ont fait émigrer.
Le vieux sorciers hocha la tête, il avait bien entendu parler d'une histoire d'enlèvement il y a quelques années. Il se tourna vers l'enfant.
- Je vais te poser quelques questions. Réponds y honnêtement, cela m'aidera à trouver ta baguette.
Alexander interrogea du regard son père. Devait-il être sincère ? Ce dernier le rassura, signifiant d'un sourire que tout ce qui se dirait ici n'en sortirait pas.
- Quel est le sorcier que tu admires le plus ?
Les enfants répondaient souvent les mêmes noms : Merlin, Voldemort, Letzoski, Dumbledore, Grindelwald, Serpentard, Griffondor, Vulchanova (1),... Mais Alexander sembla réfléchir plus longtemps que la plupart.
- Je dirai ma mère, elle est puissante et intelligente. Oui, ma mère.
Sirius sourit tout en maudissant son fils. Cela allait entraîner des questions, ils allaient devoir la jouer fine ou tout révéler.
Le fabriquant s'étonna. Rares étaient les enfants de cet âge qui n'avaient pas dépassé le stade d'admiration sans borne de leurs parents, l'enfant ne devait pas être très mur.
- Et à part ta maman ?
Alexander fronça les sourcils. Pourquoi lui parlait-il soudainement comme à un idiot ? Il réfléchit tout de même. Il y avait bien deux personnages qu'il admirait, mais il hésitait à les dévoiler. Après tout, son père lui avait dit d'être honnête...
- Grigori Raspoutine alors, ou Herpo l'infâme.
Gregorovitch frémit. Qui était cet enfant ? D'abord il répondait que celle qu'il admirait le plus au monde était sa maman, puis il citait deux sorciers célèbres pour leur attachement à la magie noire.
- Herpo l'infâme Alexander ? Demanda Sirius, blêmissant à la mention du nom.
- Oui, il a créé le premier basilic du monde, je l'admire pour cet exploit.
Sirius paniqua. Comment connaissait-il ce serpent ? Ce sorcier ? Il se rappela toutes les questions sur les serpents, sur le regard tueur de certaines créatures, sur la taille de la cave... Il se souvint de la demande étrange de petit garçon à son septième anniversaire : un crapaud, Draco avait demandé un œuf de poule quelques mois plus tard. Essayaient-ils de créer rien de moins qu'un basilic ? Et les dessins de Sophia où ils chevauchaient tous les trois un grand serpent...
- Alexander ! As tu fait ce que je pense ?
L'enfant baissa la tête, honteux de s'être fait prendre. Sirius sentit la peur entourer son cœur. S'ils avaient réussi, ils seraient certainement morts tous les trois, tués d'un regard par leur création. L'heure n'était pas aux remontrances, mais il se jura de les surveiller plus étroitement, espérant qu'ils n'avaient pas attendu de pouvoir lancer des sorts pour commencer et qu'ils avaient simplement abandonné ce projet.
- Pourquoi Raspoutine ? Demanda Gregorovitch.
Aucun enfant ne citait jamais ce nom presque tabou en Russie. Alexander regarda son père et sourit tel un serpent affamé.
- Parce que c'est mon arrière arrière grand-père, qu'il a sauvé ma grand-mère Anastasia, et que ma mère dit toujours qu'il est le sorcier le plus puissant qu'ait connu notre lignée, jusqu'à aujourd'hui.
Gregorovitch écarquilla les yeux. Cet enfant pouvait-il être …. ?
- Quel est votre véritable nom ?
Sirius soupira, autorisant son fils à le révéler, après tout ce qu'il avait dit, cela n'aggraverait rien.
- Alexander Nicolas Romanovitch.
Gregorovitch s'assit afin de reprendre contenance. Il connaissait ce nom, très bien même, mais il ignorait l'existence d'un héritier.
- Je ne savais pas que Lady Romanov avait un héritier, je la sers depuis des années, comme l'ont fait mon père et mon grand-père avec les siens. Ma famille a toujours été au service de la votre, même aux instants les plus sombres de votre histoire. Elle n'a jamais parlé de vous. Si même nous, ses plus vieux et fidèles partisans, ne connaissons pas votre existence, vous devriez vous montrer plus prudent. Ce n'est pas le genre de choses que vous devriez dévoiler.
- Katrina m'a explicitement indiqué qu'elle avait toute confiance en vous lorsque nous sommes partis. Alexander sait qu'il y a des choses qu'il ne doit pas révéler. Il en a l'habitude. Mais pour une fois qu'il pouvait revendiquer son ascendance, il ne s'en est pas privé.
Le vieil homme hocha la tête, observant de nouveau le petit garçon, l'héritier de celle qu'il servait depuis tant d'années. A présent qu'il savait, la ressemblance lui sautait aux yeux. Ce regard, il le connaissait, la même couleur, la même expression.
- J'ai moi même vendu sa baguette à votre mère. Je me souviens de cette petite fille, si exceptionnelle déjà. Vous lui ressemblez beaucoup.
Il finit par se remettre du choc et commença ses réflexions. L'enfant était un Romanov et un Black. Il aurait certainement une forte affinité avec la magie noire, ce qui affinait déjà ses recherches. Il se leva d'un coup et se précipita vers une boite qu'il arracha de sa pile et dont il extirpa une baguette.
- Bois d'if, ventricule de dragon, 25 centimètres, parfaite pour les sortilèges.
Alexander tendit la main et la saisit.
- Donnez un petit coup, secouez.
L'enfant obéit et une vague de magie fit voler toute une étagère en éclat, éparpillant les baguettes. Il la reposa aussitôt, gêné du désordre causé.
- Non, définitivement non.
L'homme réfléchit quelques instants et se précipita cette fois vers une bibliothèque à droite et en sortit une nouvelle baguette.
- Bois d'orme, ventricule de dragon, 23 centimètres, puissante et faite pour un duelliste.
Alexander s'en saisit, dubitatif et tourna la poignet. Une explosion retentit en face de lui et une nouvelle étagère s'effondra.
- Non, toujours pas. Le ventricule ne va pas, la réaction est violente.
Gregorovitch se rassit, tout en ne lâchant pas Alexander des yeux.
- Je vais te poser quelques questions de plus, sois honnête.
Et l'interrogatoire, Alexander le vécut ainsi, commença. Le vieil homme lui posa mille questions : de sa couleur préférée, à sa saison favorite en passant par son parfum de glace de prédilection. Quelques fois, il se levait et tendait une nouvelle baguette à l'enfant qui faisait généralement exploser une nouvelle étagère, sous les yeux amusés de Sirius. Mais l'enfant, lui, commençait à s'inquiéter : « Et s'il ne trouvait pas de baguette, comment ferait-il ? »
- Je ne comprend pas, rien ne te convient, j'ai essayé tous les cœurs les plus classiques et tu les rejettes tous. Je loupe quelque chose. Il me manque une information. Parle moi de toi mon garçon, présente toi.
Il leva les yeux au ciel, tout cela commençait à le fatiguer.
- Je m'appelle Alexander Nicolas Romanovitch, j'ai onze ans, mes parents sont Sirius Black et Katrina Romanov. J'ai une petite sœur de six ans appelée Sophia. Mon meilleur ami est Draco Malfoy. Ma tante Bellatrix Black m'a placé sous le sortilège du gardien, j'avais une magie instinctive sombre, je suis fourchelangue...
Il fut coupé par la réaction, des plus bruillantes et animées du fabriquant.
- Quoi ! Tu es fourchelangue et tu ne me le dis que maintenant ! Par Merlin ! Cela explique ton rejet du ventricule de dragon ! Les serpents et les dragons sont rivaux, tu ne pouvais pas l'accepter !
L'homme se précipita, malgré son grand âge, vers une des rares bibliothèques épargnée, située derrière Alexander. Il en extirpa une vieille boîte, ensevelie sous les autres.
- Bois de Sureau, cœur en ventricule de basilic, 21 centimètres. L'une de mes plus rares créations. Je vais te laisser t'en saisir. Elle réagit très mal lorsqu'on s'en empare.
Le petit garçon prit la baguette et sentit sa magie frémir de contentement. Subjugué par la sensation, il ferma les yeux et en oublia de bouger son poignet.
- Mon garçon, un petit coup, s'il te plaie.
Il s'exécuta et une fine traînée sombre sortie de sa baguette.
- Parfait ! Une baguette de prince. Fais très attention, elle réagit violemment quand un autre que son maître la tient, il faudra que tu préviennes tes proches. Elle a envoyé à l'hôpital le dernier à qui je l'ai proposé.
Cette dernière phrase lui valut un regard noir de Sirius qui n'appréciait pas que le sorcier ait proposé une baguette si dangereuse à son fils sans les prévenir du danger. Mais à voir la joie et le bien être manifestes de ce dernier, il en oublia sa colère. Sans l'extirper de son état second, il quitta la boutique, après avoir tenté de régler la baguette, ce que Gregorovitch avait refusé, arguant qu'il n'était pas question que son prince paye, que l'honneur de la lui fournir lui suffisait.
Le reste de la semaine se déroula plus sereinement. Alexander ne lâchait plus sa baguette, Draco était jaloux, lui n'obtiendrait la sienne que le samedi, lorsqu'ils iraient tous au Chemin de Traverse. L'expédition s'annonçait, pour les trois enfants, exceptionnelle. Sirius, Lucius et Narcissa accompagneraient les enfants pour la journée. Ils commenceraient par l'achat des fameux uniformes, puis iraient manger dans un restaurant choisi par les Malfoy, les établissements favoris de Sirius avaient en effet, pour la plupart, fermés. L'après midi serait consacré aux fournitures scolaires et à l'achat de livres.
Le samedi matin, ce furent trois Black dans un dangereux état d'excitation qui frappèrent au manoir Malfoy, une demi-heure avant l'heure convenue. Si l'on pouvait comprendre aisément l'état des deux enfants, de par leur âge et la joie de la découverte, Narcissa et Lucius ne pardonnaient pas à Sirius. Un homme de cet âge ne pouvait pas se comporter ainsi ! En effet, le père ne valait guère mieux que les enfants. Il s'était levé seul, pleinement éveillé, ce qui relevait de l'exploit lorsqu'on le connaissait. Il avait ensuite passé plus d'une heure à choisir sa tenue : il voulait en imposer, montrer à tous qu'il fallait désormais le traiter comme le Lord Black et non comme le jeune homme exubérant que certains avaient connu. Depuis, il ne tenait plus en place, arpentant les salles du palais avec impatience, accompagné de ses deux enfants. Katrina avait fini par les chasser, offrant aux Malfoy la chance de les supporter plus tôt que prévu, elle s'était en effet inquiétée de certains coup d'oeil vicieux que lançait Bellatrix à son cousin. Elle n'avait certainement pas apprécié ce réveil en fanfare. Pour leur sécurité à tous, aussi bien physique que mentale, il fallait qu'ils quittent ce palais.
C'est ainsi que les trois Black accompagnèrent le petit déjeuné Malfoy, fixant les aiguilles de l'horloge de la salle à manger avec impatience et soupirant face à la lenteur d'enfant pas réveillé de Draco.
La splendeur du manoir Malfoy ne fut même pas remarquée par les enfants qui découvraient pourtant la demeure. Il n'était pas habituel de les voir dans un tel état : ces petits se comportaient rarement comme ceux de leur âge. Les adultes, surtout Lucius et Narcissa puisque Sirius semblait se comporter comme eux, ne savaient donc pas comment les gérer.
Finalement, le petit déjeuné fut expédié et un quart d'heure plus tard, tout le monde transplanait en direction du chemin de Traverse. Lucius et Narcissa priaient pour le retour du calme.
Ils furent exaucés, en partie. Alexander fut déçu. Ce n'était qu'une rue commerçante très animée, bondée de passants. Les devantures des magasins tentaient d'attirer le regard, exposant leurs vitrines colorées au regard des badauds. On était loin de la grandeur du quartier Magiya. Cette rue ressemblait plus à un capharnaüm qu'à un quartier vieux de plusieurs siècles. Il ne partagea cependant pas sa déception, se contentant de suivre sa famille en silence, mais ce soudain changement affecta sa sœur qui s'apaisa aussitôt.
Ils enchaînèrent les boutiques : achats d'uniformes, de fournitures scolaires, de livres. Sophia ne lâchait pas la main de son frère, observant du coin de l'œil son environnement. Tout comme Alexander, elle était déçue de cette visite, mais surtout, toute cette agitation la mettait très mal à l'aise. Elle n'aimait pas le bruit, les bousculades. Elle avait toujours vécu au calme, ne côtoyant que peu de personne et cette confrontation avec la foule était assez violente.
La matinée s'écoula ainsi. Narcissa et Lucius avaient bien vite soupiré de soulagement en comprenant qu'ils n'auraient plus à gérer deux enfants excités. Sirius lui continuait de jubiler. Cela le ramenait à son passé et à son enfance. Lui, il aimait le désordre et le chaos qui régnaient sur cette rue, mais il se contenait, il devait à présent se comporter en Lord. Il n'avait plus l'excuse de sa couverture pour laisser libre cour à son tempérament de jeune chien fou.
Ils purent enfin profiter d'un peu de calme pour le déjeuné. Les Malfoy n'aimaient pas non plus l'agitation et le restaurant qu'ils avaient choisi transpirait le calme. Très chic, la salle claire, au mur beige et aux voilures bleues apaisait les esprits. La pièce était large et spacieuse, meublée de diverses tables rondes aux nappes blanches. Les clients semblaient appartenir à l'aristocratie sorcière, ou du moins, ils se comportaient comme tel. Ils furent placés, à la demande de Lucius dans un coin, d'où ils pourraient observer sans être vu tout de suite par les nouveaux arrivants. Les trois enfants se placèrent côte à côte, Sophia au milieu comme souvent. Sirius se tenait sur la gauche de son fils et les parents de Draco à la droite du leur.
- Alexander, puisque vous vous placez ainsi, tu aideras ta sœur si elle en a besoin. Chuchota Sirius.
L'enfant hocha la tête. Bientôt le serveur approcha et leur donna les cartes. Ils commandèrent et commencèrent à se détendre et à converser calmement.
- Alors dans quelle maison pensez-vous être les garçons ? Demanda Sirius.
- A Serpentard bien sûr ! S'exclama Draco sous le regard amusé de ses parents.
- Je pense être plus proche de Serpentard, mais Serdaigle m'irait aussi je suppose. Ajouta Alexander.
- Mais non, tu es trop sadique pour aller à Serdaigle mon frère. Vous irez tous les deux à Serpentard. Conclut Sophia.
Le repas s'écoula ainsi, comme durant ses derniers jours, les deux garçons s'imaginaient déjà à Poudlard sous le regard voilé de tristesse de Sophia. En voyant Alexander si heureux de son futur départ aux côtés de Draco, Sirius ne regretta pas d'avoir laissé le choix à son fils. Peut être que le placer près de Dumbledore n'était pas prudent, mais au moins, il resterait proche de son seul ami.
L'après midi ne fut qu'un enchaînement de boutiques qui fatigua bien vite Alexander. Ils remarquèrent bien quelques regards étonnés et désapprobateurs dirigés vers Sirius : la majorité des sorciers semblait s'être rangée à la version de Dumbledore, à savoir qu'il avait éloigné l'enfant pour le protéger de la mauvaise influence Black, mais personne n'osa leur faire la moindre remarque. Il aurait fallu être fou pour le vouloir. Leur petit groupe impressionnait : les Malfoy, fidèles à eux-même entouraient, princiers, les Black, dissuadant, de par leur réputation, quiconque de venir les accoster. Ces derniers par leurs démarches et leurs tenues représentaient l'aristocratie la plus puissante et personne n'avait pour habitude de venir asticoter de tels sorciers.
Cette journée s'éclaira pour les deux enfants Black lorsqu'ils s'arrêtèrent à l'animalerie afin d'acheter une chouette ou un hibou à Alexander, pendant que Draco et ses parents allaient acheter sa baguette. Comme à son habitude, Alexander se précipita à l'opposé des volatiles et approcha des serpents, suivi de près par sa petite sœur.
- Regarde celui là, il est trop beau, il a l'air méchant en plus. J'aimerai trop le faire sortir d'ici et l'avoir à mes côtés ! S'exclama la petite fille en désignant un cobra.
- Moi je préfère celui là, il est plus gros. Indiqua Alexander en montrant un boa.
- Et regarde cette petite vipère, elle est mignonne !
Et ils restèrent ainsi, au grand désarroi de leur père qui tentait tant bien que mal de ramener son fils vers les hiboux. Quoi qu'il fasse, il en allait toujours ainsi. Ses enfants étaient obnubilés par les serpents. La veille, il avait discuté avec Katrina afin d'offrir un animal à Sophia, pour la consoler du départ de son frère. Mais un serpent était inenvisageable : Alexander n'apprécierait pas que sa sœur ait droit à ce qu'on lui avait refusé durant toute son enfance, mais elle ne voudrait pas d'autre animal. Il décida donc de jouer franc jeu.
- Sophia, viens ici.
La petite fille quitta enfin des yeux la « mignonne » petite vipère et obéit. Sirius se mit à sa hauteur.
- Ta mère et moi avons décidé que tu pourrais avoir un animal pour que tu te sentes moins seule après le départ de ton frère.
Un grand sourire illumina le visage de la petite fille.
- Mais je pense qu'il serait injuste que tu choisisses un serpent.
Le sourire disparut.
- Ton frère en a toujours voulu un et même maintenant, il ne peut pas en avoir. Ils ne sont pas acceptés à Poudlard.
Le regard de l'enfant se fit songeur et le père laissa à sa fille le temps de décider.
- D'accord. Je comprend. Alors je veux un chat.
Le faisait-elle exprès ? Il détestait ces sales matous. Mais face au sacrifice de sa fille, il ne pouvait pas refuser une nouvelle fois son choix.
Ce fut ainsi que Sophia acquit un chaton noir aux yeux vairons qu'elle nomma Pythonisse. Alexander finit quand à lui par choisir une chouette effraie qu'il appela tout simplement Dame.
Ils retrouvèrent ensuite les Malfoy et Draco montra aussitôt sa baguette de bois d'aubépine et contenant un crin de licorne. Les enfants étaient fatigués, les paquets et animaux et les encombraient, ainsi, les parents décidèrent de rentrer et cette visite s'acheva.
L'été fut joyeux mais emprunt d'une certaine mélancolie. Pour tous, le départ des garçons marquait la fin d'une époque, la fin de l'enfance d'une certaine manière. Sophia pleurait le départ prochain de ses deux repères, Sirius se préparait à ne plus voir son fils tous les jours, Bellatrix étouffait Alexander de divers conseils, Walburga passait son temps à raconter à son petit fils son expérience de Poudlard et Anastasia revoyait tout le protocole de la Cour avec lui. Katrina ne fut pas beaucoup présente, trop prise dans ses devoirs et plans de prise de pouvoir. Elle leur signifia un soir que l'heure du coup d'état approchait, comme si elle avait attendu le départ de son héritier pour Poudlard afin de le mettre en œuvre.
Les jours et les semaines passèrent et un matin, il fut l'heure du départ.
Sirius et Sophia accompagnèrent Alexander jusqu'à King Cross. Arrivés dans la gare, ils remarquèrent parmi les moldus quelques sorciers, les chariots croulant sous les vieilles malles les rendaient aisément reconnaissable, ainsi que les cages où s'agitaient les chouettes. Les enfants suivirent leur père jusqu'aux quais 9 et 10, observant avec curiosité les quelques moldus qu'ils croisaient. Arrivés près d'un mur, Sirius chuchota à Alexander.
- Avance sans y penser, tu passeras.
L'enfant fit confiance à son père, il n'était pas du genre à s'amuser à le faire foncer dans un mur et il entra sur le quai 9 ¾.
Une multitude d'enfants et d'adolescents y étaient, accompagnés de leurs parents. Les au revoir fusaient, les conseils et derniers avertissements étaient lancés alors que les enfants courraient vers leurs camarades d'école. Un œil averti pouvait facilement discerner les élèves de première année et les autres, leurs comportements différaient. Les plus jeunes restaient timidement à côté de leurs parents, attendant l'heure du départ avec anxiété. Inconsciemment, Alexander se rapprocha de son père qui lui posa une main réconfortante sur l'épaule. Sophia s'empara de la main de son frère et la serra de toutes ses forces. Ils restèrent à l'écart, profitant de ce dernier moment en famille avant les vacances de Noël. Ils ne parlaient pas, ils attendaient l'heure de la séparation. La mythique locomotive du Poudlard Express siégeait, attirant les regard curieux des enfants. Alexander admira ce mélange entre technologie moldue et magie que représentait cet engin.
Au bout de quelques minutes, ils aperçurent les trois Malfoy qui attendaient, eux aussi à l'écart de la foule. Narcissa regardait son fils, des larmes pleins les yeux et Lucius, tout comme Sirius, s'accrochait à l'épaule du jeune garçon. Le visage de ce dernier s'éclaira quand il remarqua son ami. Ils s'approchèrent d'eux, évitant tant bien que mal cette masse mal élevée qui bousculait sans s'excuser.
- Et bien, l'heure du grand départ a sonné on dirait. Énonça Sirius d'une voix d'où sa tension était palpable.
Ces mots déclenchèrent les larmes de Sophia.
- Non, ne partez pas.
Elle se réfugia contre son frère, sanglotant. Ce dernier tenta tant bien que mal de garder contenance, mais à cet instant, toute l'excitation du départ et la joie de la découverte de Poudlard avaient disparu. Si on lui avait donné le choix, il serait resté aux côtés de sa sœur, chez lui, avec toute sa famille.
- Les garçons, il est temps, si vous attendez le dernier moment, vous ne trouverez pas de compartiment libre.
Ils embrassèrent une dernière fois leurs parents et Sophia et sans un regard en arrière ils se dirigèrent vers le train. Le stress de la séparation était très fort et tous deux étaient bien heureux de trouver la présence réconfortante de leur meilleur ami. Ils trouvèrent un compartiment vide et s'y engouffrèrent, cherchant des yeux leur famille à travers la vitre.
Leurs regards finirent par se croiser et ils purent échanger quelques derniers signes avant le départ. Sophia avait pris place dans les bras de son père et ses yeux rougis par les larmes serrèrent le cœur des deux garçons.
Bientôt, un vacarme assourdissant signifia le départ du Poudlard Express, le train se mit en marche et le quai et leur famille s'éloignèrent.
Alexander se tourna alors vers Draco et annonça :
- Voilà, c'est parti pour Poudlard.
Les mots promettaient l'aventure, mais un sourire triste ornait son visage.
A suivre
1 : Nérida Vulchanova est la fondatrice de Dumstrang.
Alors que pensez vous du choix de Poudlard, de la baguette d'Alexander, des larmes de Sophia, de leur dédain pour le chemin de traverse ?
Prochain chapitre : Poudlard, aux alentours du 20 Septembre.
