Disclaimer :
Les personnages, l'univers et les lieux appartiennent à JKR.
L'histoire est bien entendu inspirée de la célèbre série "Grey's Anatomy", à découvrir d'urgence dans le cas où vous auriez vécu ces dix dernières années dans une grotte.
Les notions de médicomagie théoriques et pratiques inventées m'appartiennent mais je vous autorise à les utiliser sur simple demande.
Richard est notre propriété exclusive à Amy et moi. Touchez Richard et on vous butte. Cordialement.
Notes importantes :
La beta est assurée par la grande Amy W. Key à qui je voue un culte, elle incarne également le personnage de Richard.
Comme vous avez pu le remarquer, j'ai momentanément supprimé le Mé-DICO-Mage de la fanfiction, je le publierai à la fin de l'histoire, tout rempli, tout beau, comme il faut
Les Bavardages de Gis :
Bonsoir à tous
Je suis toujours très heureuse de poster sur cette histoire qui me semble une de mes plus abouties : j'ai pour une fois l'impression de voir sur l'écran ce qui se tramait dans mon esprit. Et honnêtement ça fait du bien !
Je tiens à vous remercier pour votre soutien : nous avons en effet déjà atteint les 100 reviews en seulement 6 chapitres, vous êtes adorables
De mon côté, je rentre d'un épuisant séjour comme animatrice de colo qui m'a énormément apporté, je conseille à toutes celles qui seraient tentées par l'expérience de se jeter à l'eau : c'était génial !
Je vous laisser là, en vous souhaitant une excellente lecture !
Soundtrack du Chapitre :
Afraid - The Neighbourhood
Tainted Love – Marilyn Manson
Soko – We Might Be Dead Tomorrow
Karmacoma – Massive Attack
Bonne Lecture
Épisode 7
Un nouveau jour se lève et l'auteur tyrannique de cette histoire m'a interdit de vous spoiler sur les évènements. Non parce que, quand on ne dort pas de la nuit, croyez-moi qu'on a bien le temps de se promener, de errer dans les couloirs comme l'âme en peine que je ne suis pas et de déterrer tous les sales petits secrets de chacun sans qu'ils ne s'en rendent compte.
Saviez-vous que nous autres, les fantômes, nous avons le pouvoir de nous rendre invisibles à volonté ? On peut très bien passer la tête par la porte de la salle de bain et vous regarder vous doucher sans que vous n'en ayez ne serait-ce que la moindre idée. Eh ouais. Faut bien qu'il y ait des compensations à être mort et immatériel. La plupart d'entre nous choisit cependant de rester visible, tout simplement parce que la raison principale à être devenu un fantôme au lieu de tout simplement passer de l'autre côté (en plus du fait que ça fasse froid dans le dos, s'entend), c'est qu'on est pas franchement prêt à abandonner la vie et le monde des humains, pour quelque raison que ce soit. Et à ce que j'en sache, à part pour les quelques dérangés du ciboulot qui sont restés pour pouvoir continuer à pourrir la vie de leur ex-femme ou se venger de je-ne-sais-qui, l'un des éléments principaux d'une vie humaine, ce sont les interactions sociales. Donc on reste visible pour qu'on nous parle, qu'on nous remarque.
Bon perso, j'en suis revenu. Après un siècle ou deux, ça va, vous commencez à en avoir un peu marre qu'on vous adresse la parole à toute heure du jour et de la nuit sous prétexte que vous ne dormez pas. Donc, parfois, je me rends invisible et je pars espionner tout l'hôpital. Et même ses environs. Parce que ça aussi, c'est plutôt chouette. Au début, bon, on revient du tunnel sans fin et on se retrouve plus ou moins attaché dans un certain lieu. Avec le temps, le lien s'estompe et on commence à pouvoir se promener. Enfin, pour ceux qui le veulent bien évidemment. Cette pauvre Mimi Geignarde, à Poudlard, est devenue encore plus cinglée à force de rester cloitrée dans les toilettes depuis plus de soixante-dix ans. C'est le Moine Gras qui me l'a raconté, il aime bien venir prendre le thé de temps en temps.
Conséquemment, mes chers amis, sachez qu'un patient tout à fait atypique patiente au service de chirurgie, qu'une journée PALPITANTE attend notre petite Granger, que les vestiaires des garçons pue la chaussette sale même la nuit et même après le passage des elfes et qu'enfin, mes amis, comme je vous l'ai déjà dit dans le précédent épisode de "Richard et ses amis" (comment ça, c'est pas le nom de ce feuilleton ? L'auteur m'aurait-elle menti ? Traîtresse !) c'est du côté de chez Ginny Weasley qu'on a du croustillant à se mettre sous la dent. Mais croustillant façon millefeuilles aux sablés bretons, hein. Du lourd, du craquant, du frétillant ! Du potin jamais vu !
Mais avant de me faire encore taper, je vous laisse plutôt découvrir ce que moi je sais toujours en avant-première.
L'air frais giflait son visage au rythme de ses foulées. Ses cheveux humides de sueur retenus en une vague queue de cheval haute oscillaient en cadence. Son souffle régulier, presque calme, témoignait de l'endurance acquise par l'expérience. Seules ses joues rougies trahissaient l'effort de cette course.
Inspiration. Expiration.
Aucune musique n'entravait son rythme. Hermione avait toujours couru en silence, préférant aux basses rythmées des chansons entrainantes la quiétude des bois. Le chant des oiseaux, les bruissements des ormes, le bruit de ses pas sur la terre meuble était la seule musique qui cadençait son footing matinal.
Inspiration. Expiration.
Le regard braqué droit devant, elle se forçait à poursuivre malgré la fatigue qui commençait à l'assaillir. La course lui apportait le calme dont elle avait cruellement besoin. Tant pis pour les courbatures et les crampes qui l'accueilleraient demain au réveil, elle se sentait de toute façon incapable de se rendre à l'hôpital sans sa dose d'endorphines.
Inspiration. Expiration.
Plus jeune, s'isoler des heures dans une bibliothèque suffisait pour lui permettre de se déconnecter de la réalité et d'ordonner ses pensées sens dessus-dessous. Aujourd'hui, cette drogue douce ne lui suffisait plus. Mais le sport apportait une alternative à ses maux. L'effort chassait les questionnements incessants qui lui obscurcissaient l'esprit. Chaque foulée la délivrait de l'étau de panique qui lui broyait le crâne. Chaque enjambée était porteuse d'un peu de paix.
Elle sortait d'un week-end atroce à se pétrir les méninges dans l'espoir de trouver une explication, une réponse. En vain. Les évènements du vendredi lui revinrent en tête de plein fouet.
La détresse poignante qui lui serrait le ventre.
L'appréhension qui lui dégoulinait dans le dos.
La chaleur de ses lèvres contre les siennes.
Le silence, la douceur, le calme.
La plénitude. La plénitude. La plénitude.
Elle accéléra le rythme, consciente que le contrôle de ses pensées tendait à lui échapper à nouveau. Deux jours à se battre pour ne pas revenir à ce fameux vendredi soir. Elle ne comprenait pas son propre geste. Encore moins la réponse engendrée par son baiser. Son baiser. Elle l'avait enfin dit. Du moins, pensé. Son baiser.
Elle avait embrassé Drago Malefoy. Merlin, avait-elle perdu l'esprit ? Pourtant, ce baiser résonnait à ses lèvres comme une évidence, la réponse à une question flottant dans l'air comme une fragrance surannée.
Embrasser Drago Malefoy, c'était faire taire l'univers pour laisser hurler le silence, illuminer l'obscurité pour qu'une tempête de feu naisse au cœur de leurs lèvres réunies.
La tête lui tournait à présent. Les mêmes images s'imposaient à son esprit, refusant de lui laisser quelques minutes de répit. Elle finit par s'arrêter, à bout de forces, résignée. Courir n'était pas fuir. Il faudrait à un moment ou un autre revenir sur ses pas pour affronter son regard. Elle jeta un coup d'œil à sa montre et soupira avec dépit. Compte tenu de l'heure avancée, le plus tôt serait le mieux.
Elle trottina jusqu'à la sortie du parc boisé. L'hôpital n'était qu'à deux pas. En se douchant sur place, elle serait à l'heure au poste. Plus vite elle rentrerait dans la frénésie du service, plus vite elle parviendrait à s'extirper du tourbillon de pensées qui l'assaillait. À peine huit heures du matin et ses yeux peinaient déjà à demeurer ouverts.
Ces deux jours de congés n'avaient pas été de tout repos. La seule bonne nouvelle du week-end avait été un hibou de Derwent lui indiquant que son astreinte en obstétricomagie prenait fin. La perte d'une patiente devait être vue comme une punition valable pour réintégrer son service. Le responsable avait l'esprit plutôt tordu. Elle entra par la porte de derrière, histoire de se faire la plus discrète possible. Elle n'était pas encore prête à affronter les autres. Et encore moins Malefoy.
Prendre une douche fut une véritable délivrance. Comme si l'eau dégoulinante la nettoyait de sa sueur et de ses préoccupations en même temps. Questions laissées sans réponses, culpabilité et incompréhension s'écoulèrent ensemble à travers la bonde. Elle se sécha rapidement et enfila sa blouse.
Le couloir de la machine à café était désert, il était encore tôt. Ses pas la conduisirent naturellement vers le service d'obstétrico'. Comme quoi, les habitudes avaient la peau dure. Amusant de voir à quel point les choses pouvaient évoluer du tout au tout. Quelques jours auparavant, elle trainait des pieds lorsqu'il était question de rejoindre le service. Aujourd'hui, elle s'y rendait à grands pas, saluant sur son passage les infirmières qu'elle croisait.
Sur ce modèle, elle n'aurait jamais pensé un jour embrasser Malefoy spontanément et de son plein gré…
Ayant quitté le service précipitamment avant le week-end, elle n'avait pas été s'enquérir de l'état de santé du bébé qu'elle avait aidé à mettre au monde. Son accouchement, son combat, elle refusait que le petit ne soit réduit qu'à un prénom sur un bracelet et laissé indifféremment dans une des couveuses. Elle se faisait une mission personnelle du bien-être de cet enfant.
- Mary ? interpela-t-elle.
L'infirmière en question se retourna.
- Oh Miss Granger, que faites-vous encore ici ?
Son ton était étrangement sec. Ce n'était pas l'infirmière la plus commode du service, mais de là à être à la limite de l'impolitesse…
- Je viens voir comment va le petit Sturridge.
Son visage se ferma.
- Vous n'avez rien à faire ici, répondit-elle d'une voix cassante. Veuillez rejoindre votre service d'affectation.
Impuissante, Hermione demeura bêtement mutique. Elle ne comprenait ni le ton de l'infirmière, ni la froideur de son discours. Certes, elle n'avait rien à faire ici, mais après plusieurs semaines à vivre aux côtés du personnel, elle avait pensé que…
- Miss Granger, votre service d'affectation. Maintenant.
Hermione décela une once de panique dans l'expression de Mary avant de tourner les talons.
Milly.
Milly et ses sourires timides. Milly et ses éclats de rire enfantins qu'elle cachait de la main. Milly et sa voix douce, légère. Milly et ses yeux sombres qui l'observaient gravement.
Milly…
La façon dont elle posait sa tête sur son épaule, dont elle se blottissait dans le creux de son cou, dont elle se nichait au cœur de ses bras comme s'il était en mesure de la protéger du reste du monde.
Milly…
Lorsqu'elle se tenait à ses côtés, il avait le sentiment de posséder un pouvoir inédit, une puissance nouvelle, l'impression que le monde ne pouvait plus rien leur refuser, que…
- Hey Thomas, c'est quoi ce sourire débile ?
Il sortit brusquement de ses rêveries. Torse nu, un t-shirt à la main, Anthony Goldstein lui faisait face avec un sourire goguenard sur les lèvres. Théodore Nott, qui se trouvait dans un coin du vestiaire, finissait d'enfiler sa blouse tout en cherchant son stéthoscope.
- La niaiserie ne te va pas au teint, conclut ce dernier avec un clin d'œil.
Dean lui envoya son écharpe à la figure pour le faire taire. Théo l'attrapa au vol en éclatant de rire.
- Je ne suis pas niais ! s'offusqua-t-il.
- Non tu passes seulement tes journées à sourire bêtement et à soupirer tragiquement, répondit Anthony à présent décemment revêtu de sa blouse.
- Pas du t…
- Et, encore : ça, c'est quand Millicent n'est pas là !
- Parce que dans ce cas c'est regards langoureux non-stop et rougissements ininterrompus, poursuivit Nott.
Dean s'apprêtait à répondre lorsque leurs bippers se mirent à retentir en rythme. Les notes volantes posaient trop de problèmes ces derniers temps. Aussi, l'équipe les avait remplacées par des bippers moldus. Le concept avait cependant eu du mal à passer auprès des vétérans du service, étrangers à toute technologie.
- Salle 305, lut Anthony.
Baguettes en poche, ils prirent le chemin de la chambre. Leur petit trio fonctionnait plutôt bien. À force de se retrouver à travailler ensemble, ils avaient fini par développer d'excellentes relations. Étrange chose si on considérait le temps de Poudlard où, répartis dans différentes maisons, c'était juste s'ils se saluaient dans les couloirs du château.
Nott frappa avant d'ouvrir la porte. Un centaure les attendait.
- Bonjour monsieur… commença-t-il en cherchant un dossier des yeux.
Peine perdue.
- Et bien monsieur…
- Hermès.
- Monsieur Hermès ! conclut enfin Théodore.
Ledit Hermès était un centaure à la musculature extrêmement développée. Une longue tresse noire dévalait le long de son dos. Son nez fin et ses yeux d'un vert quasi-transparent évoquait davantage un serpent qu'un cheval. Quant au bas de son corps, son pelage lustré était aussi sombre que sa chevelure impressionnante.
D'une poigne puissante, il salua chacun des trois internes.
- L'infirmière qui m'a accueilli pour l'opération m'a demandé de vous attendre ici, jeunes humains.
Son ton était doux et posé.
- Pour quelle opération êtes-vous entré ? Demanda poliment Dean Thomas.
Le centaure sourit mélancoliquement.
- Ma condition de centaure ne me satisfait plus. Je souhaite être amputé.
Hermione déboula dans le couloir comme une furie. Malefoy l'attendait.
- Je viens de me faire jeter du service d'obstétrico ! s'insurgea-t-elle.
Il haussa les sourcils alors qu'elle attachait nerveusement ses cheveux.
- Des jours et des jours à bosser là-bas pour se faire jeter comme une malpropre à la fin de notre affectation !
Malefoy continua de l'observer en silence.
- Non mais qu'est-ce que ça pouvait lui faire à cette idiote de me laisser voir le petit, je veux dire pour quelle…
Elle stoppa net sa phrase. Sa petite crise de colère avant momentanément chassé de son esprit les derniers évènements. Elle demeura face à lui, interdite, dans l'impossibilité de poursuivre. Deux idiots au milieu du couloir, face à face en silence, incapables de se lâcher des yeux. Le souffle d'Hermione se fit haletant, paniqué. Le regard de Drago évolua vers quelque chose de plus pressant, de plus sombre. Une chaleur sourde rampant sous son ventre. Son cœur battait à en réveiller les morts.
- Malefoy, Granger, ne restez pas plantés là ! Venez m'aider voyons !
La moustache rousse de Derwent dépassait derrière une montagne de dossiers qu'il faisait léviter devant lui. Hermione mit un moment avant de comprendre ce qu'on attendait d'elle, tant la confrontation avec Malefoy l'avait remuée. D'un coup de baguette, elle fit léviter une bonne partie des dossiers vers elle. Drago l'imita.
- C'est la fin de vos petites vacances ! déclara le responsable d'un ton enjoué.
Vacances, vacances, tout était relatif. Vivre au quotidien avec Drago Malefoy n'avait rien, mais alors rien, de reposant.
- Avant de vous relancer dans l'arène avec vos camarades, vous avez besoin d'une légère remise à niveau.
Malefoy retint un cri d'horreur : il savait pertinemment ce qui les attendait.
- Faites le tour de toutes les chambres du service et vérifiez que les dossiers des patients sont bien à jour. Venez me voir quand vous aurez fini !
« Si vous finissez un jour », laissait sous-entendre son sourire mielleux.
- Oh, j'oubliais, reprit-il en chuchotant. L'hôpital souhaite s'occuper de l'affaire Sturridge en interne avant d'en alerter le Ministère. Ne l'ébruitez pas sous peine de conséquences… fâcheuses
Sur ce, il s'éloigna. Le personnel de l'hôpital entretenait une fascination étrange pour les sorties théâtrales.
- L'affaire Sturridge ? De quoi parle-t-il ? demanda Hermione en feignant le détachement.
- Une infirmière que Blaise se tape de temps en temps a lâché l'info, répondit-il en feuilletant distraitement un des dossiers. Le bébé a disparu.
Les trois internes horrifiés n'osaient se regarder. Tout en se préparant dans la salle de stérilisation, ils fuyaient le regard des autres. L'annonce du patient les avait troublés davantage que tout ce qu'ils avaient pu rencontrer entre ces murs. Bien sûr, l'hôpital était en mesure d'exécuter pareille opération. Tout était envisageable avec un peu de magie.
Néanmoins, la question de l'éthique ne devait-elle pas se poser dans pareilles circonstances ? Pouvait-on priver un être de tout ce qui caractérisait sa condition et ce, sans retour en arrière possible ? Qui étaient-ils pour s'arroger un tel pouvoir ? Des sorciers et non des dieux. Mais Ste Mangouste avait donné son aval. Il n'était pas de leur ressort de juger le bien-fondé de cette décision.
Le ventre noué, ils entrèrent dans la salle d'opération.
Hermès le centaure était couché en biais sur la table de l'opération. Son sourire calme ne s'était pas atténué depuis leur visite dans sa chambre quelques heures plus tôt. Il paraissait si confiant que cela relevait de l'absurde.
Trois médicomages chevronnés étaient là pour les accompagner dans cette lourde opération, ainsi que quelques infirmières et un vétéricomage. Comme ils l'avaient soupçonné, ce n'était pas non plus une amputation à prendre à la légère. De plus, aucun des trois n'avait encore réalisé une opération sur un être magique non-humain.
- Bien monsieur Hermès, nous allons commencer par vous anesthésier et vous endormir, expliqua l'un des médicomages en fouillant dans un placard à la recherche d'une potion d'anesthésie générale.
- Parf…
La voix du centaure s'étrangla dans sa gorge. Ses yeux s'écarquillèrent, son sourire s'effaça, il bondit de la table d'opération. Le bruit de ses sabots sur le carrelage résonna dans la petite salle.
- Que… Que faites-vous ?! s'écria le centaure complètement paniqué.
Son souffle s'était fait haletant, sa queue s'agitait nerveusement.
- Où suis-je ? Que faites-vous ?! reprit-il alors que la peur déformait ses traits.
- Enfin monsieur Hermès, vous êtes à l'…
- Vous m'avez enlevé ! tonna-t-il. Vous m'avez enlevé pour le compte du Ministère ! Je le sais !
Toute l'équipe s'était figée, ne sachant pas exactement comment réagir face à un centaure en furie.
- Et bien non ! Non je ne donnerai pas mon corps à la science ! Je suis un centaure ! Pas une bête de foire !
- Mais c'est vous qui avez demandé cette amputation ! lança Goldstein en bombant le torse.
Personne n'eut le temps de réagir avant qu'Anthony ne se retrouve épinglé au mur par le centaure.
- Une amputation, reprit-t-il d'une voix sombre qui ne présageait rien de bon. Quels monstres êtes-vous pour souhaiter infliger ça à un centaure ?
Il relâcha le pauvre Goldstein qui s'écroula au sol en un glapissement étouffé.
- Monstres ! Monstres que vous êtes ! les insulta-t-il en menaçant l'assemblée du regard.
Le vétéricomage présent eut la bonne idée de répondre d'une voix douce.
- Ce doit être un malentendu, monsieur Hermès. Nous ne vous voulons aucun mal, vous êtes entièrement libre de partir.
Il hocha légèrement la tête.
- Priez pour ne jamais recroiser mon chemin, humains, menaça-t-il en claquant la porte derrière lui.
Un court silence suivit son départ. Silence interrompu par de brefs coups sur le battant.
- Entrez ? lança l'un des médicomages d'une voix tremblante, plus qu'incertaine.
Le centaure passa la tête dans l'entrebâillement. Un sourire étirait à nouveau ses lèvres.
- C'est ici pour l'opération ? demanda-t-il d'une voix douce.
La tête tirée par l'ensemble du personnel était à la limite du comique. Incompréhension totale.
- Un centaure schizophrène : du jamais vu, chuchota Dean.
- Dix gallions qu'on le retrouve demain en psychomagie, répondit Nott.
- Tenu.
- Tu pourrais être plus aimable quand même, marmonna-t-elle en fermant la porte de la chambre derrière eux.
Il la fusilla du regard.
- Je n'ai pas la tête aux courbettes d'usage, Granger, répliqua-t-il d'un ton cassant.
- Il n'est pas question de courbettes, mais de savoir-vivre.
- La patiente a des troubles de la mémoire : peu de chances qu'elle s'en souvienne et que ça puisse me porter préjudice par la suite.
Elle se figea.
- Tu es odieux.
- Je ne m'en porte pas plus mal, répondit-il en soutenant son regard.
Il feignait l'indifférence à merveille. Pourtant, Hermione avait appris à lire davantage dans ses yeux. Et l'impuissance y régnait en reine indétrônable. Drago Malefoy avait toujours su masquer ses émotions. Une faculté innée qui lui avait toujours épargné l'exercice fastidieux de dévoiler ses pensées.
Afficher un masque neutre, serrer les poings, détourner l'attention, avec le temps il était devenu maître dans ce subtil jeu. S'il se savait capable de lire sur le visage des autres et dans chacun de leurs gestes comme dans un livre ouvert, il se targuait d'être indéchiffrable. À vrai dire, il suffisait pour lui d'être en mesure de compartimenter son esprit dans le but de ne jamais laisser son corps prendre le dessus.
Chaque émotion en son temps, chaque sentiment en son heure. La neutralité primait en public. Il se libérait du reste une fois les portes closes. Jusqu'il n'y avait que peu de temps, ces techniques de persuasion mentale fonctionnaient à merveille. Mais, à force de fréquenter cette Granger de malheur – véritable océan d'émotions contradictoires -, il lui semblait de moins en moins aisé de rester maître de lui-même. À croire que l'hyperémotivité était contagieuse.
- Je n'ai pas la tête à faire semblant, c'est tout, reprit-il d'une voix qui se voulait calme.
Son regard hurlait le contraire.
- Tu as quand même fait remarquer à la patiente que son infection était assurément due à un adultère de son mari.
- C'est la vérité.
Elle soupira.
- Certes, poursuivit-elle fatiguée de toujours se forcer à prendre des pincettes avec lui. Mais tu as énoncé une théorie comme vérité unique à une patiente en phase terminale qui n'avait pas besoin de l'entendre. Et puis merde Malefoy, tu n'as aucun droit de te décharger de tes frustrations sur les patients !
Sa colère se devinait plus qu'elle ne s'observait. Elle se sentait dans l'air chargé d'électricité et dans l'atmosphère lourde, si lourde...
- Tu as fini de me faire la morale pour des conneries ? demanda-t-il froidement.
- Tu ne penses pas ce que tu dis. Tu t'en veux encore pour l'opération de vendredi. Et tu t'en veux d'autant plus maintenant qu'il a...
Sa mâchoire se contracta si violemment qu'elle s'attendait à le voir recracher une prémolaire.
- Tu sais quoi Granger ? Va te faire foutre.
Il se retourna vivement. Elle le rattrapa par le poignet. Il explosa.
- Si tu veux continuer à jouer le jeu vas-y, je ne t'en empêche pas, s'exclama-t-il furieux. Va faire cet idiot de tour des chambres que Derwent nous a demandé. Mais ne compte pas sur moi, j'ai mieux à faire.
- Comme quoi Malefoy ? reprit-elle sur le même ton. Que veux-tu faire de si important ? Te rendre chez les Sturridge ? Menacer le connard de père qui doit être en train de faire son deuil ?
Cette fois, c'était elle qui laisser sa rage se réveiller.
- Mais tu t'attends à quoi ? Retrouver le bébé là-bas ? Ne sois pas idiot mon pauvre, l'hôpital a surement déjà tenté.
Il ne répondit pas, se contenta de dégager son poignet de sa prise.
- Tu es Médicomage, pas Auror, par Morgane !
Elle jouait gros. Mais était persuadée du bien-fondé de son coup de gueule.
- Bordel Drago, ce n'est plus notre combat !
Il était à deux doigts de craquer. De péter un plomb. De tout casser. De foutre le feu. D'envoyer au diable l'hôpital entier et le monde avec. Il s'imaginait ravager de coups de poings le couloir. Il voyait le sang cavaler sur ses phalanges, la poussière sous ses ongles écorchés, les éclats de plâtre s'enfoncer sous ses paumes. L'adrénaline alimentait sa rage comme un combustible inépuisable.
- Ne t'énerve pas, calme-toi s'il te plait, chuchota-t-elle.
Il releva les yeux, lentement. Quelque chose dû l'interpeller dans son regard paniqué car il ne put détourner le regard. Le monde disparut à nouveau. L'air était moite, son sang brûlant. L'oxygène semblait avoir déserté le couloir. Des cailloux dans le ventre, elle haletait sans s'en rendre compte.
- J'avais pourtant cru comprendre que c'est plutôt toi qui avais du mal à te contrôler lorsque je m'énervais, la contra-t-il d'un ton gouailleur.
Sa fureur semblait s'être soudainement calmée comme si le gaz qui l'alimentait avait été brutalement coupé. Elle demeura muette, incapable d'enchainer. Le sous-entendu était d'une clarté limpide, pas de doute là-dessus. C'était bien son genre de mettre les pieds dans le plat en accompagnant ses mots d'un de ses insupportables sourires sardoniques. Ses yeux se plissèrent davantage : un peu plus et elle serait capable d'en venir aux mains.
Bien entendu, elle se mit à rougir. Ses joues la brûlaient et soutenir son regard... et bien se révélait des plus laborieux. Elle comprit pourtant qu'il l'emmenait sur un terrain aussi glissant pour fuir leur précédente conversation. Il tentait de la désarçonner dans l'espoir qu'elle prenne la tangente de son plein gré. Ou peut-être n'était ce qu'une nouvelle tentative de manipulation visant à l'amener à penser comme lui.
À vrai dire, Hermione se savait incapable de déceler le vrai du faux lorsqu'il était question de Drago Malefoy.
- Miss Granger n'a visiblement rien à répondre à ça, commenta-t-il d'un ton suffisant.
Elle plongea dans ses dossiers, refusant de rentrer dans son jeu.
- La fuite...
- Prochain patient, chambre 256, énonça Hermione jouant l'indifférence mieux qu'elle ne l'aurait cru.
- Pathétique, même pour toi.
- Infection virale due à...
Hermione tentait de poursuivre, l'air de rien. En quelques secondes à peine, l'ambiance avait changé du tout au tout. C'était à n'y rien comprendre.
- Peut-être pourrais-tu venir me calmer à nouveau ? proposa-t-il avec un sourire narquois.
Sa voix semblait dépourvue de sous-entendus. Innocence démentie par son rictus on ne peut plus clair.
- Un empoisonnement récent à... reprit-elle imperturbable en ouvrant la porte de ladite chambre.
- Je suis certain que ça ne dérangerait pas le patient de nous offrir un peu d'intim...
- L'amanite phalloïde, poursuivit-elle entrant dans la pièce tout en s'échinant à se débarrasser de Malefoy.
Heureusement, le patient était réveillé.
- Bonjour Mr Parker !
Pansy Parkinson tambourinait à la porte depuis dix bonnes minutes. Non pas qu'elle y trouvait là un plaisir coupable. Mais sa mauvaise intuition ne faisait que se confirmer à mesure que ses coups se faisaient de plus en plus violents. Ses phalanges commençaient à brûler, elle ne s'accorda aucun répit pour autant.
- Weasley, je sais que tu es là.
Aucune réponse. Elle martela la porte avec davantage de vigueur.
- Si tu ne m'ouvres pas tout de suite, ce sont les Aurors qui reviendront demain, tonna-t-elle derrière la porte. Et eux ne se contenteront pas simplement de tambouriner bêtement !
Des pas précipités se devinèrent. Un temps d'hésitation. Puis la porte s'ouvrit de quelques centimètres.
- Je ne suis pas disp… commença Ginny.
- Ouvre.
Son ton sec était on ne peut plus menaçant. On ne négociait pas derrière une porte avec Pansy Parkinson. Surtout lorsqu'elle était énervée et bien décidée à entrer. Elle écarta le battant davantage.
Le spectacle que lui offrit Ginny Weasley justifia son voyage jusqu'à la demeure Potter.
Si son état était alarmant depuis plusieurs semaines, ce n'était rien comparé à la vision apocalyptique qu'elle présentait actuellement. Son regard vitreux était comme fou, affolé, perdu. Elle ressemblait d'assez près aux folles furieuses qu'on retrouvait à loisir en Psychomagie. À croire qu'un petit tour là-bas ne lui aurait pas fait de mal.
Plus que tout, la culpabilité assiégeait ses traits.
- Qu'as-tu fait, espèce d'idiote ? murmura Pansy en la regardant gravement.
Des pleurs d'enfant vinrent répondre à sa question.
- Ce n'est pas ce que tu crois ! Ce n'est pas…
- Pousse-toi.
La panique déformait ses traits. Ses doigts s'étaient perdus dans ses cheveux sur lesquels elle tirait hystériquement. Pansy la dégagea de son passage et suivit les gémissements. Dans un élan de désespoir, Ginny lui agrippa fermement le bras, s'accrochant à elle plus qu'elle ne la retenait. Elle se dégagea de sa prise sans effort. L'autre était à bout de forces.
La porte était entr'ouverte. Elle entra.
Le petit être reposait dans un couffin enchanté, lévitant à quelques cinquante centimètres du sol. Il gémissait en se tortillant dans ses linges. Malgré ses légers pleurs, il semblait être en bonne santé. Au moins un point sur lequel elle était rassurée.
Elle se retourna vivement vers la coupable.
- Et Potter dans tout ça ? Il est au courant ? Comment compte-t-il le cacher au Ministère lorsqu'il se retrouvera à enquêter sur le vol, hein ?
- Il ne sait rien.
Son ton était absent. Comme si un autre prononçait les mots à sa place.
- Il n'est pas rentré ce week-end.
- Il rentrera bien un jour ou l'autre, contra Pansy.
- Sans doute.
Pansy préféra refermer le dossier Potter vu qu'il semblait ne susciter aucune réaction chez la rousse.
- Allez, arrête tes conneries Weasley. Ramène ce bébé.
L'ordre eut le mérite de la faire réagir. Elle écarquilla les yeux, serra les bras contre sa poitrine comme pour se protéger.
- Je… Je ne peux pas avoir d'enfant.
Pansy haussa un sourcil sceptique.
- Ça ne justifie pas ton acte.
Malgré la peine qui lui tordait le ventre, elle savait d'avance que jouer la carte de l'impassibilité serait son meilleur atout. Des larmes commençaient à cavaler le long des joues blafardes de la rousse.
- Je vais prévenir l'hôpital maintenant que j'ai la confirmation.
Les sanglots de Ginny lui arrachèrent de violents hoquets. Elle trébucha en voulant s'approcher de Pansy.
- Non, non Pansy, je t'en prie, je t'en supplie, pria-t-elle en sanglotant. Ne… Ne me l'enlève pas, je… Je te promets de…
- Tu ne me promets rien du tout.
Elle prenait sur elle pour ne pas craquer elle aussi.
- Rends ce bébé. Rends ce bébé, Ginny. Ou c'est moi qui m'en chargerait, menaça-t-elle en quittant la chambre.
- Je ne peux pas faire ça ! hurla la rousse en s'accrochant à nouveau à son bras. C'est mon petit, c'est mon…
- Cet enfant n'est pas à toi. Ce vol n'est pas la solution, Ginny.
Ginny pleurait de plus en plus fort, se purgeant de toute la peine qui l'habitait.
- On ne règle pas ses problèmes de couple avec un bébé, conclut-elle en tournant les talons une dernière fois.
La porte claqua si fort que Ginny en trembla.
Pansy s'effondra en larmes sur le perron.
KOUAH ?! Mais comment oses-tu, misérable auteur, t'arrêter ainsi au beau milieu du sablé breton (mais si faites un effort, on en a parlé au début) !
Bon allez, avouez que je vous avais pas menti.
Note amusante, les cas de schizophrénie chez les centaures sont actuellement bien plus fréquents qu'on ne le croit, parce que leur esprit chevalin et leur esprit humain doivent cohabiter dans un même cerveau et ça se télescope souvent. Ils ont plus tendance à être bipolaires que réellement schizophrène, mais quand même, j'en ai déjà vu un paquet dans les couloirs. On n'en parle jamais, et peu de gens le savent, parce que les centaures sains d'esprit sont en général extrêmement intelligents et respectés et ne veulent pas trop ébruiter l'affaire. Par ailleurs, les centaures disposent de leur propre aile de Psychomagie, à la fois à cause de leur nature particulière et par souci du secret. La sécurité dans ce truc est telle que même les fantômes ont du mal à y zyeuter ce qui s'y passe. En même temps, le bâtiment a son propre fantôme centaure et croyez-moi si je vous dis qu'il est pas commode et qu'il vaut mieux pas s'y frotter ! J'aimerais mieux éviter de mourir une deuxième fois, voyez-vous.
Inconscients de ce secret d'état ou de la situation chez Ginny Weasley, le reste de nos internes se retrouve au bar du coin, celui à l'angle de la rue, avec le vieux barman barbu et sa mégère de bonne femme qui cuisine proportionnellement aussi bien qu'elle est chiante. Prétendons qu'ils se sont tous retrouvés dans le hall au même moment pour convenir de ce rendez-vous, ou que les notes de service ne marchent pas si mal que ça pour peu qu'on soit un peu patient.
C'est que les trois zigotos, Nott, Zabini et Goldstein sont à l'affût du moindre prétexte pour embarquer tout le monde faire la fête, et que la réintégration de Drago et Hermione dans leur service leur semblait une occasion toute désignée.
C'est donc un barman débordé et déboussolé (le pauvre, il n'a probablement jamais eu autant de gens bizarres dans son tripot en même temps) et une vieille rombière encore plus exécrable qu'à l'accoutumée qui s'occupent de servir nos jeunes amis. Bières, whiskys moldus et autres cocktails expérimentaux s'alignent aux côtés des déjà nombreux verres vides.
Ah, diantre, que cette époque de ma vie me manque ! Si festive ! Si insouciante ! Et que ne donnerais-je pas pour retrouver le goût âpre et fort d'un bon vieux White Russian dans mon gosier…
Les infirmières font clan à part et parlent à voix basse. On entend par-ci par là les mots "bébé", "disparu", "enquête" et "inquiète". Quand même, dit-on autour de la vieille table vermoulue, on ne fait pas disparaître un bébé comme ça! Et qui aurait pu faire ça ? Sainte Mangouste n'est pas un moulin !
On commence à s'affoler, parce que si on peut voler si facilement un bébé alors quoi d'autre peut-on voler sans se voir inquiété ?
On a eu beau leur dire de taire l'affaire, il en faut plus que ça pour empêcher ces commères de cancaner, je vous le dis moi !
Nos trois acolytes préférés, en direct provenance du vestiaire-qui-sent-la-chaussette, se sont lancés dans un concours de shooters, inconscients de l'émoi de la table d'à côté. Sans parler de celui d'en face, où Draco et Hermione discutent, l'air de rien, une oreille tendue vers les infirmières, le sourire adressée aux trois joyeux lurons de l'autre côté de la table, et leurs têtes dangereusement penchées l'une vers l'autre.
Et ils se croient discrets. Ou innocents. Ou pas du tout repérés.
Ahahahah.
Ils feraient exploser des Feufous Fuseboum avec écrit en gros "ON S'EST ROULÉ LE PATIN DE L'ANNÉE DANS LA SALLE DE REPOS" que ça serait bien pareil. Ils ne remarquent même pas que c'est d'eux que se moquent Nott et Zabini, forts de leur connaissance parfaite de Drago Malefoy après leurs sept ans d'internat commun à Poudlard.
Ron, dans un coin, lorgne sur eux sans oser se mêler à leur conversation. A ses côtés, Dean bécote langoureusement Milly, et le rouquin semble faire tout son possible pour les ignorer. Pas de bol, quand il tourne la tête, c'est pour tomber sur le duo Granger-Malefoy, et pas sûr que la vue lui plaise davantage. Il a perdu Hermione depuis longtemps, il le sait, mais quand même, se faire remplacer par Drago Malefoy, même moi ça me fait chier pour lui. Du coup, il s'incruste dans le concours de boissons et a rattrapé les autres en moins de temps qu'il n'en faut pour le lire ! On dira ce qu'on voudra, mais ce petit a quand même sacrément du cran, et il sait boire ! Je l'inviterais peut-être un jour dans mon placard à balais préféré.
Insouciants, jeunes et encore bourrés d'hormones, tout ce petit monde s'amuse, se lie, loin de préjugés que l'école leur avait fait construire, tous à égalité dans la même galère de l'hôpital. Qu'ils en profitent. Ils n'ont pas fini d'en chier.
Night Time, My Time, Review Time.
Gis.
