Posté le : 05 septembre 2015.
Disclaimer : Rien ne m'appartient hormis Cleo et ses amies. J'aurais bien aimé négocier avec JK Rowlings pour qu'elle m'offre Sirius et Remus mais je crois que c'est perdu d'avance.
Note : Voir chapitre précédent. Bonne lecture !
Chapitre 7 : Feu de forêt
Après avoir vérifié qu'elle avait bien les plants de Sarrasine dans son sac, enroulés de telle manière à ce qu'ils ne puissent plus entrer en contact avec ses mains, Cleo vérifia machinalement la liste des éléments à rapporter à Sirius. Elle les connaissait évidemment sur le bout des doigts mais barrer le premier point lui mit du baume au cœur.
Le second élément que le Maraudeur lui avait demandé de ramener était incontestablement le plus problématique. La Poufsouffle avait bien entendu déjà songé à commander du venin d'Acromentule via Hibou Express mais s'était rétractée devant le prix du millilitre : aller botter les fesses à une araignée géante pour lui prendre deux fioles de venin lui reviendrait moins cher, bien que cela soit infiniment plus dangereux.
Soudain, une idée lui vint à l'esprit, la faisant sourire à moitié. Pourquoi ne pas essayer de cambrioler une fois de plus la réserve de Slughorn ? Il y avait des chances pour qu'il ai un peu de venin mais depuis qu'elle avait escamoté les ingrédients pour le Polynectar, le professeur de potions était devenu méfiant et avait considérablement renforcé la protection de la pièce aux ingrédients. Visiblement, aucune alternative possible hormis aller volontairement sur le territoire de ces horreurs.
La jeune fille s'assit un moment sur la berge, laissant le glougloutement du ruisseau la bercer. Première question : où pouvaient bien se trouver les Acromentules ? D'après le livre des Animaux Fantastiques de Norbert Dragonneau, aucune preuve de l'existence d'une colonie de ces créatures n'avait été prouvée en Ecosse. Or, si Sirius lui avait demandé de lui ramener du venin, c'est qu'il devait forcément y en avoir dans le coin. Cleo tenta d'ignorer du mieux qu'elle pouvait les hurlements de son cerveau, qui lui disaient que le beau Gryffondor lui avait sans doute également menti à ce sujet afin de voir si elle était suffisamment intelligente pour déduire la vérité. Toujours d'après le livre de référence, les Acromentules étaient carnivores et tissaient des toiles en forme de dôme sur le sol. Leurs œufs étaient de la taille d'un ballon de plage et devaient se repérer à des kilomètres, leur couleur blanche et leur consistance molle n'étant pas courant. Mais il n'y avait pas plus d'informations.
Se relevant précautionneusement pour ne pas trop souffrir de ses muscles endoloris par la nuit, la Poufsouffle décida de continuer à s'enfoncer dans la forêt et de chercher des traces de passage d'araignées géantes, ignorant avec difficulté son dégoût pour elles. Des toiles d'arachnides en forme de dôme devraient être assez repérables mais la Forêt Interdite était tellement grande que les cartes de la bibliothèque ne montraient pas l'ensemble de son territoire. De fil en aiguille, elle supposa alors que les petites et les grandes arachnides devaient faire bon ménage ensemble et que si elle trouvait les premières afin de les suivre, elle arriverait forcément à mettre la main sur les secondes.
En cette fin d'après-midi, trouver des araignées n'était pas des plus aisés. Cleo en dénicha quelques unes sous les feuilles ainsi que dans les buissons mais celles-ci ne dépassaient pas cinq centimètres de diamètre, ce qui était ridiculement petit … mais déjà suffisamment effrayant à ses yeux. Au coucher du soleil, elle décida d'arrêter ses recherches infructueuses pour reprendre des forces en mangeant et en s'occupant de ses mains, toujours douloureusement enflées et couvertes de boutons. Une fois reposée, elle décida de poursuivre ses recherches pendant encore une heure avant de trouver un arbre bienveillant qui accepterait de la loger pour la nuit.
Cette note d'humour la fit sourire et, si elle n'avait pas allumée sa baguette pour pallier au manque flagrant de lumière à cette heure, elle aurait foncé droit dans une gigantesque toile d'araignée invisible dans l'obscurité. Intriguée, la Poufsouffle s'approcha et l'examina de près. Celle-ci correspondait à la description du livre de Norbert Dragonneau : très grande et en forme de dôme blanchâtre, elle était cependant en lambeaux, comme si la toile n'avait pas été entretenue depuis longtemps. Des restes de « quelque chose » empêtrés dans les fils poisseux lui soulevèrent le cœur et elle dut inspirer profondément pour ne pas vomir.
Réprimandant une envie terrible de fuir, elle continua courageusement sa route en passant par un autre chemin, tout en constant que le nombre des toiles géantes abandonnées augmentaient à grande vitesse. En observant le sol à la lueur de sa baguette magique, la jeune fille put également constater que de nombreuses petites araignées filaient droit devant elle, effrayées par la lumière. Tout en se forçant à ne pas paniquer – seule la chair de poule sur ses avant-bras indiquait son degré de frayeur, Cleo zigzagua avec de plus en plus de difficultés entre les toiles jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus avancer sans que les fils collants ne s'accrochent à ses vêtements. Un sort bien ajusté les trancha sans peine mais si elle continuait ainsi, elle deviendrait une proie supplémentaire, condamnée à être dévorée.
Intrépide, la jeune fille décida de grimper sur des branches plus en hauteur afin de continuer à avancer. Ses mains raides et enflées lui causèrent beaucoup de soucis, mais avec de la persévérance, elle réussit à atteindre son objectif. Veillant à ne pas déranger la moindre branche, ce qui aurait pu révéler sa présence, elle finit tout de même par arriver dans une immense clairière comprenant plusieurs immenses toiles d'araignée en forme de dôme. D'autres petites collines étaient dispersées ça et là, émettant un léger cliquetis presque envoûtant. La baguette qu'elle avait à nouveau coincée entre ses dents produisait une faible lueur blafarde qui éclairait à peine à deux mètres. Néanmoins, le faisceau lumineux était suffisant pour distinguer une sorte de mouvement faisant penser à de l'herbe agitée par le vent sur le sol.
Elle avait pourtant omit un léger détail en s'accroupissant sur la branche où elle se trouvait, tout à l'excitation de sa découverte : celle-ci était pourrie et s'affaissait lentement sous son poids. Le bois émit plusieurs craquements discrets, puis des plus importants lorsque Cleo bougea afin d'avoir un meilleur angle de vue de la clairière. Ce qui ne manqua pas de lui faire dresser l'oreille avant qu'alarmée, elle ne bouge le moins possible. Malheureusement, la branche céda dans un bruit de fin du monde, arrachant la jeune fille à une relative sécurité en hauteur.
Tout en ne pouvant s'empêcher d'hurler durant sa chute, elle heurta une des collines de plein fouet, les trouvant sur le coup curieusement poilues et roula ensuite jusqu'au sol. La masse grouillante qu'elle avait prit pour de l'herbe s'écarta lorsqu'elle s'écrasa par terre. Hébétée et les fesses douloureuses, la jeune fille mit quelques secondes pour se rappeler où elle se trouvait … et de se relever avec un autre hurlement de terreur. Elle venait de s'apercevoir que des centaines d'araignées aussi grandes comme ses avant-bras l'entouraient en cliquetant à un rythme effréné.
Le pire dans cette situation était que sa baguette avait encore disparue. Décidément, c'était une très mauvaise idée de la conserver entre ses dents et Cleo se jura, si elle restait vivante après cet enfer, de ne plus jamais mettre sa baguette dans sa bouche même si ça permettait de garder les mains libres. Tentant de regagner son calme malgré des larmes de peur lui apparaissant aux coins des yeux, elle fit face aux Acromentules.
— Qui est là ? rugit soudain une voix couverte par des claquements inquiétants. Qui ose me déranger dans mon sommeil ?
La jeune fille ne répondit pas tout de suite, ébahie malgré elle en entendant l'arachnide l'apostropher. Elle savait qu'elles pouvaient parler mais entre le lire dans un livre et expérimenter la pratique, il y avait un monde !
— Hrrrm, excusez-moi de vous avoir déranger, commença Cleo d'une voix hésitante, maîtrisant sa panique du mieux qu'elle pouvait. Je passais par là et je n'ai pas vu que …
— Trêve de bavardages, coupa l'araignée en cliquetant de plus belle. Que fais-tu sur le territoire d'Aragog, misérable humain ? En son absence, je me dois, moi, Trodpat, de surveiller ses terres et rien ne m'empêche de dévorer les importuns comme toi !
La Poufsouffle songea un bref instant à faire de l'humour en précisant qu'elle était une fille et non un garçon, lui permettant à elle de ne pas céder à la panique, mais l'Acromentule n'avait pas l'air de vouloir plaisanter. Ni les autres d'ailleurs.
Un frisson glacé lui parcourut l'échine et elle recula de quelques pas tout en se morigénant. Non, elle n'allait pas se mettre à pleurer en hurlant Sirius au secours ! De toute manière, il n'était pas là et devait bien se ficher de ce qu'il se passait dans la Forêt Interdite. Il ne devait certainement penser qu'à Aliana et à sa poitrine beaucoup trop volumineuse pour être vraie. Elle se força à répliquer quelque chose bien qu'elle n'avait qu'une intense envie de vomir. Pourquoi avait-elle perdu cette fichue baguette ?
— Comment ça, me dévorer ? Je n'ai pas fais exprès de vous déranger !
— Adieu, intrus ! répliqua Trodpat. A table les enfants !
Avec un affreux claquement de mandibules, toutes les araignées convergèrent sur elle à une vitesse affolante. Cleo recula à nouveau en hurlant de peur et trébucha sur quelque chose qui traînait par terre. Par un miracle inouï, il s'agissait de sa baguette magique ! L'adrénaline coulant à flots dans ses veines, elle se ressaisit instantanément et hurla :
— INCENDIO !
D'immenses flammes jaillirent alors de sa baguette et grillèrent proprement les arachnides qui s'approchaient de trop près, les faisant cliqueter de douleur. Les arbres les plus proches d'elle s'enflammèrent et l'espace où la jeune fille était tombée en embuscade fut soudain brillamment éclairé. Une odeur étrange flottait dans l'air, faisant hausser une microseconde les sourcils de Cleo : le fumet d'araignée grillée ressemblait à s'y méprendre à de la noisette. Mais elle n'eut pas davantage de temps à se consacrer à cette pensée, car les satanées bestioles revenaient à la charge.
Soudain, un bruit de sabots retentit et un homme sur le dos d'un cheval sauta par-dessus les araignées enragées. Tout aussi surprise que ses adversaires, la jeune fille fit volte face et reconnut avec stupéfaction la version réelle et grande nature des centaures qu'elle avait découvert dans les livres de Poudlard. Celui-ci, les cheveux et la robe claire à la lueur des flammes, lui cria quelque chose qu'elle ne comprit pas, car une nouvelle attaque venant de sa gauche l'absorba complètement.
Les pinces poilues de Trodpat passèrent à un cheveu de sa tête et elle bondit en arrière pour s'éloigner de l'arachnide. Perdant son sang-froid, Cleo se mit à mitrailler dans tous les sens le premier sort qui lui venait en tête : celui d'Expulsion. Une lueur de surprise dans ses huit paires d'yeux, l'Acromentule resta dans sa position une demi-milliseconde (qui parut une éternité pour la jeune fille) puis fut éjectée violemment en arrière, brisant les arbres incandescents et s'enfonçant au loin. Le feu ronflant donnait un aspect irréel à la scène et il faisait terriblement chaud.
Un bras la saisit soudain à la taille et la Poufsouffle fut soulevée sans ménagement du sol. Chassant la sueur qui lui piquait les yeux, elle constata que le centaure l'avait prise dans ses bras et galopait dans une direction qu'elle n'arrivait pas à voir. Des branches lui fouettaient le visage, faisant couler du sang dans ses yeux et imprégnant ses vêtements.
— Non mais qu'est-ce qu'il t'a pris de mettre le feu partout, misérable humaine ! éructa l'homme tout en continuant de fuir. Répare tout de suite tes dégâts ou la forêt va flamber !
— Je ne peux pas, répliqua Cleo sur le même ton, je ne connais pas la formule pour éteindre le feu !
— Qu'est-ce que l'on vous apprend donc dans cette maudite école ? Vous savez maîtriser les sortilèges dangereux mais pas leurs antidotes ?
— Ça m'est venu tout seul, se défendit-elle en tentant de se protéger des branches qui lui fouettaient le corps. Et ce sortilège est normalement réservé aux années supérieures.
— Je m'en fiche, répliqua le centaure sèchement. Éteint moi ce feu !
Les dents serrées, la Poufsouffle commençait à en avoir marre. Non seulement elle était tombée au cœur du territoire des Acromentules mais en plus, elle devait se faire sauver par un centaure qui la harcelait pour qu'elle éteigne le feu alors qu'elle ne connaissait même pas la formule ! Croisant les bras, elle se concentra du mieux qu'elle put afin de se remémorer la page du livre où elle avait apprit le sortilège d'embrasement. Vu que les formules étaient généralement en latin, cela devait forcément commencer par « aqua », qui signifiait eau. Mais elle pressentait que c'était quelque chose d'assez simple, quelque chose qui sonnait bien…
Au bout de quelques instants, bien que bringueballée dans tous les sens, Cleo rouvrit les yeux avant d'être brutalement lâchée sur le sol. Elle roula par terre avant de s'arrêter et de se relever, le corps endolori. A quelques mètres d'elle, les arbres en flamme répandaient une chaleur insoutenable. Elle se protégea la figure de ses bras en regardant le centaure d'un air interrogateur. Celui-ci lui désigna le feu en tapant du sol avec son sabot.
— Allez humaine, répare tes bêtises !
Passant sur le « humaine » craché d'une manière qui ne lui plaisait pas du tout, la jeune fille se concentra et leva sa baguette. Elle avait par miracle retrouvé la formule grâce à sa mémoire visuelle mais l'exécuter correctement était une autre paire de manches.
— Aguamenti !
Rien ne se passa. Le centaure tapa de plus belle du sabot, augmentant considérablement le stress de la Poufsouffle qui relança une seconde puis une troisième fois le sort. Le dernier essai fut le bon : une fontaine jaillit de sa baguette, inondant le sol. Elle s'approcha alors des flammes ronflantes et commença à les éteindre de façon méthodique. Fort heureusement pour elle, la pluie de la nuit dernière avait rendu les arbres humides, ce qui bloquait la propagation du feu.
Au bout d'un long moment, Cleo finit par éteindre la dernière flammèche avant de s'adosser à un arbre, complètement épuisée. La chaleur lui cuisait encore le visage et l'odeur de brûlé la faisait suffoquer. Elle passa sa manche sur son visage afin d'essuyer le sang et la sueur qui lui piquaient les yeux et de reprendre son souffle.
Une fois que sa vision fut moins trouble, la jeune fille se détacha du tronc avec effort pour constater avec agacement que le centaure, sans doute satisfait qu'elle ai éteint les flammes, avait disparu. Marmonnant quelques jurons, Cleo décida de quitter les lieux, incapable de supporter davantage l'odeur. Son regard accrocha alors une trouée dans les arbres. Sa curiosité évaporant la fatigue, elle s'approcha et vit de nombreuses branches d'arbre brisées sur les bords d'une grosse tranchée. Intriguée, elle décida de suivre la piste avant de trouver un endroit pour dormir.
La jeune fille arriva alors dans un petit espace dénué de buissons où une odeur de noisette grillée parfumait l'air. Sur le qui-vive, elle s'approcha doucement : c'était exactement l'odeur qu'avaient eu les araignées de la clairière en se consumant et elle n'était pas prête à affronter de nouveau les arachnides. A son grand étonnement, Cleo découvrit le cadavre de Trodpat les pattes en l'air, une espèce de fluide visqueux transparent sortant de son corps. Elle avait complètement oublié que le sortilège d'Expulsion l'avait propulsé hors du territoire des Acromentules mais elle ne pensait pas qu'il serait aussi efficace.
Une grimace sur le visage, elle s'approcha lentement du cadavre. Vraiment, c'était une bestiole moche à voir. La jeune fille constata alors que les crochets à venin perlaient de liquide, lui rappelant son défi et les différents ingrédients qu'elle était sensée ramener à Sirius. Sortant alors deux fioles en cristal de son sac, elle se mit en devoir de les remplir, non sans mal. Une fois cela fait, elle contempla pensivement les poils carbonisés avant de se décider à remplir un petit sachet : si le Maraudeur décrétait que le venin était irrecevable, elle pouvait toujours sauver la situation avec ça.
Encore tremblante de ces aventures, la jeune fille fourra les deux ingrédients supplémentaires dans son sac à dos et s'éloigna le plus possible du cadavre de l'Acromentule. Mais elle n'alla pas bien loin, l'épuisement sapant sa détermination. Les yeux papillonnants, elle fit néanmoins l'effort de se hisser sur une branche de l'arbre le plus proche et s'endormit dès que sa tête toucha son sac à dos en guise d'oreiller.
