Désolée pour cette longue absence ! Il s'est passé beaucoup de chose dans ma vie privé qui m'ont empêcher de prendre le temps d'écrire... Mais me revoilà avec un nouveau chapitre pour fêter cette fin d'année (qui personnellement n'a pas été très bonne!), et accueillir la nouvelle (qui pour moi commence assez bien ^^).

Meilleurs voeux à tous !

P.S. : Attention au contenu : il est loin d'être joyeux, il parle de torture et de viol, vous voilà prévenu !


Chap 6: Intrusion

Ce même jour, dans la soirée, je fus tiré d'un demi-sommeil par Dean Thomas.

Il était le même que dans les souvenirs de Finnigan que j'avais pu voir, sauf que sa peau noire était parsemée de nombreux pansements et de vieilles plaies cicatrisées.

Il portait un plateau sur lequel reposait une assiette qui me parut bien plus vide que pleine.

- Vous voulez quoi ? Me nourrir ou juste parfumer mon haleine ?

Cela ne le fit pas sourire. Son expression était sombre, voire austère.

- Il y a une potion nutritive avec. Elle annulera la sensation de faim.

Le Gryffondor déposa son fardeau et prit place sur la chaise que le Weasley aux balafres avait installée près du lit lorsqu'il était revenu changer mes bandages.

Une fois assis, le bellâtre me fixa d'une drôle de façon, comme s'il me fouillait du regard. Je devinais instantanément ce qu'il espérait.

- Tu ne le trouveras pas, me moquais-je. Ce n'est pas parce qu'on dit que les yeux sont le reflet de l'âme que tu pourras apercevoir celle de ton ami dans les miens.

- ... C'est tellement difficile à croire, cette histoire... Il... Est-ce que Seamus va bien ?

D'habitude j'aurais tourné en dérision cette inquiétude si visible pour son petit camarade. Je l'ai déjà dit, mais apparemment je ne le répéterais jamais assez pour vous expliquer un peu notre comportement, à nous autres Serpentards : nous considérons toute expression publique de sentiment comme une faiblesse. Thomas venait, par cette simple phrase et sans le savoir, de me donner son point faible, de me tendre des munitions pour miner son moral : toute allusion cruelle à la situation de son ami lui ferait du mal, le mettrait en colère, lui ferait perdre ses moyens. C'est une chose que nous avons appris à cacher avant même notre entrée à l'école et c'est souvent pour notre capacité au bluff que nous entrons dans la maison vert et argent. Nos marques d'affection sont rares et précieuses car elles prouvent la confiance que l'ont met en la personne à qui nous les adressons. Jamais nous ne nous exposerions comme le Gryffondor venait de le faire car notre ambition nous pousse à considérer chaque individu comme un possible rival.

Mais voilà, ma situation ne me permettait pas de conserver ce genre de comportement. N'attendez pas de moi que je me mette à crier sur les toits ce que je ressens pour autant. Simplement il valait mieux pour moi que je cesse de rabaisser constamment ceux qui, comme Dean Thomas, mettaient leur âme à nue devant moi. Surtout s'il s'agissait de mes nouveaux alliés, et, pour le cas présent, du meilleur ami d'une personne qui, ma foi, était grandement monté dans mon estime depuis qu'il me maintenait en vie.

Donc, puisque j'avais à me familiariser avec la sincérité et la compassion, autant plonger dans le bain au plus vite.

- Son état est difficile à évaluer en ces circonstances. Je ne peux communiquer avec lui que de façon rudimentaire. Et puis si je lui demandais il répondrait sûrement par l'affirmative, juste pour ne pas nous inquiéter... Mais si tu veux mon avis, il s'épuise chaque jour un peu plus et Merlin seul sait combien de temps il pourra encore tenir.

J'avais gardé un air parfaitement détaché en prononçant cela, et si une chose avait pu trahir ma propre angoisse, c'était le fait que je ne regardais pas mon interlocuteur tout à fait dans les yeux mais juste en-dessous, au niveau de l'ombre que forme les cils... C'est une technique que j'ai appris à maîtriser dès l'enfance, mais jusque là elle me servait surtout à rendre mes mensonges difficiles à déceler.

- Et … ne peux-tu pas... le libérer ?

Je regardais Thomas en fronçant les sourcils, soudain en colère.

- Libérer, hein ? Mais il n'est pas mon prisonnier ! Je n'ai pas voulu ça ! Et pour répondre à ta question : je suis incapable d'utiliser ma magie maintenant. Et même si je le pouvais, j'y laisserais alors ma vie !

Le Gryffondor se leva, énervé lui aussi.

- Et alors ? Cela ne te déranges pas que Seamus se sacrifie pour toi mais l'idée de lui rendre la pareille t'es insupportable, c'est ça ? Tu n'es qu'un lâche et un égoïste, Malfoy !

Ses paroles me firent plus mal que des coups de par leur véracité. Il avait raison. Je n'envisageai pas d'essayer de rendre son corps à Finnigan avant d'avoir trouvé une solution pour survivre sans son aide. Je n'étais pas encore prêt à mourir pour autrui, je tenais à ma vie et la perdre me terrifiait. Alors peu importait pour moi le prix que je faisais payer aux autres, je voulais rester sauf ! Mais cela ne signifiait pas que je souhaitais entraîner l'autre avec moi dans la mort. Non, au contraire depuis mon réveil mon esprit travaillait sans relâche à trouver un anti-poison, un sort ou tout autre moyen de nous en sortir tous les deux. Je n'envisageai que deux avenirs possibles : un où nous nous en sortirions tous deux indemnes, ou bien un où nous crèverions ensemble. Et j'avais conscience que c'était moche pour Finnigan. Mais je n'avais pas pour autant envie de me l'entendre dire.

Bonnes résolutions ou pas, je n'allais pas le laisser m'écraser et avoir le dernier mot. Serpentard un jour, Serpentard toujours. Je n'allais pas l'épargner.

- Pour qui tu te prends, Thomas, pour oser me juger sans rien savoir de moi ou de ce que j'ai pu vivre entre les mains de Tu-Sais-Qui ? C'est facile pour toi de rester là avec ta morale à deux balles, c'est pas toi qui t'es retrouvé avec une épée enfoncée dans le bide, c'est pas toi qui porte en toi un poison capable de te tuer en quelques secondes, c'est pas toi qui t'es retrouvé l'esclave d'un monstre pendant des mois ! Tu t'es fait capturer alors que tu te cachais, tu t'es pris quelques coups, t'as sûrement eu peur, mais tu sais rien de ce qu'est un véritable sentiment d'emprisonnement, tu sais rien de la véritable torture, tu sais rien de la vrai terreur ou du désespoir ! Tu croyais quoi ? Que je vivais de paisible vacances auprès des mangemorts ? Pourquoi crois-tu que j'ai pris tant de risques à essayer de vous aider ? Certes mes plans ont foiré, le mec à qui je voulais épargner la torture se retrouve enfermé en moi et s'épuise pour me maintenir en vie, je voulais vous faire sortir du manoir en héros et je me retrouve sauvé par vous et cloué sur mon probable lit de mort... Mais, tu vois, moi j'ai au moins la conscience tranquille parce que malgré tout j'ai agis !Qu'as-tu fais toi ? À part fuir en laissant ton meilleur pote derrière toi, à Poudlard entre les mains d'un régime de tyran. Tu savais parfaitement qu'il serait fou d'inquiétude et qu'il était du genre à partir à ta recherche ! Alors réfléchis-y à deux fois avant de m'accuser d'être lâche et égoïste, tu ne vaux pas mieux que moi !

Deux énormes pulsations résonnèrent dans mon ventre, signe que Finnigan se révoltait de ma tirade à l'encontre de son petit chéri. Rien à foutre, je n'avais aucun remords car ces mots il les avais cherchés. Il n'avait pas été juste avec moi, alors pourquoi l'aurais-je été avec lui ?

Malgré sa peau sombre, je pus distingué à quel point le Gryffondor avait blêmi. Ses épaules s'étaient considérablement affaissées, ses yeux étaient écarquillés et il secouait la tête comme pour démentir mes paroles.

On frappa soudain à la porte et le bruit nous fit tous deux sursauter. Nous détournâmes tous deux le regard pour voir le visage de Granger par l'entrebâillement.

- Ça va ? Demanda-t-elle. J'ai entendu crier...

Elle entra et referma la porte derrière elle. Son regard pénétrant alla de l'un à l'autre et ses sourcils se fronçèrent.

- Que s'est-il passé ?

- Rien de grave, me décidais-je à répondre. De la tension à évacuer, voilà tout, n'est-ce pas Thomas ?

- Ouais... Ouais. Je suis désolé, Malfoy.

Il dit ça en s'effondrant sur sa chaise. Je décidais de mettre ma rancune de côté face à ses excuses et son air accablé.

- Pas grave, j'ai dis. Euh... mes paroles étaient dures...

Vraiment, j'avais pas envie de m'excuser, mais je me voyais mal ne rien dire. Il sembla comprendre.

- Ma demande était égoïste, fit-il en haussant les épaules. Mais si tu savais... J'ai passé ces derniers jours à veiller son corps, à le soigner, lui parler... j'étais persuadé qu'il se réveillerait bientôt, que si je l'appelais il finirait... Alors quand j'ai su que ce n'était pas le cas... Qu'il ne m'entendais même pas... Qu'il n'était tout simplement pas là, qu'en fait il donnait sa vie pour toi et que je ne pouvais rien faire... Vraiment rien...

- Dean...

La Granger posa une main apaisante sur l'épaule de son ami, le regard triste.

- Cet idiot à toujours su comment m'inquiéter, lui et son stupide esprit chevaleresque ! Il s'est toujours plus occupé des autres que de lui-même. Tu te souviens, Hermione, pendant l'A.D. nous on se focalisaient essentiellement sur les sorts de combats et de désarmements mais lui... Lui, il était devenu un spécialiste du sort « bouclier ». Il le lançait plus vite que l'éclair, c'était impressionnant ! Sa défense était la plus solide, la plus performante que j'ai pu voir. Mais ce con, pendant les simulations, ne l'utilisait jamais pour se protéger lui, non ! Il sauvait toujours ses coéquipiers en danger, au point de devenir une cible facile, et il perdait tout le temps à cause de ça. Je l'engueulait chaque fois mais lui riait. Il était fier de lui. « Pourquoi gagner et sauver ma vie si je dois vivre avec la mort d'un ami que j'aurais pu éviter sur la conscience ? Je n'ai pas l'impression d'avoir perdu si j'ai pu sauver une vie. » Il riait et moi j'étais terrifié qu'il considère sa propre mort avec tant de désinvolture !

Dean Thomas avait plongé sa tête dans ses mains et sa voix se brisa.

Je ne voulais pas entendre tout ça. Je ne voulais pas en savoir plus... Je ne voulais pas apprécier davantage ce garçon idiot.

- Ah !

Le cri soudain de Granger nous surpris tous les deux.

- Un bouclier ! C'est un bouclier qui m'a sauvée dans le manoir, quand ta mère allait me jeter un sort, Malfoy ! Mais à ce moment là, aucun d'entre nous n'avait de baguette à part toi, n'est-ce pas Dean ?

- Ce n'est pas moi qui t'ait aidée.

- Non, non ce n'est pas toi, c'est évident ! C'est Seamus qui l'a fait !

Je réfléchissais à ses paroles, et un mystère s'éclaircit.

- C'est pour cela que le sort que j'ai jeté à ma tante n'a pas fonctionné, ou si peu ! Finnigan a du lancer son bouclier au même moment, déviant ma magie... Quel con ! C'est à cause de ça que j'ai complètement paniqué.

Thomas me regarda en fronçant les sourcils et Granger leva les yeux au ciel.

- C'est le sort que privilégie Seamus lorsque quelqu'un est en danger... Oui, mais un sort Bouclier même s'il servirait éventuellement de filtre pour le sang sain, n'éviterait pas la nécrose des tissus à l'intérieur de son champ d'action... à part s'il est additionné à un autre sort, du type régénérant...

La Miss Je-Sais-Tout s'était mise à faire les cent pas au pied de mon lit, nous exposant le fil de ses pensées en réfléchissant tout haut.

- Cumulée à celle de Malfoy, Seamus a assez de magie pour maintenir ces deux sorts qui ne consomment pas énormément... Mais combien de temps ?

- Tu veux en venir où, Granger ?

Elle soupira et prit l'air agacée. Je découvrais la règle n°1 chez cette fille : ne pas l'interrompre dans ses réflexions. Elle me répondit tout de même, avec ce ton de professeur désespéré par la stupidité de ses élèves... Elle m'a toujours fait penser à mon parrain dans ces moments là, mais je ne me risquerais pas à le lui faire remarquer.

- Draco... Si on sait quels sorts utilise Seamus, on pourra le soulager en prenant la relève. Tu auras alors plus de latitude pour te remettre rapidement sur pieds et lui rendre son corps. Et la menace de mort sur vous deux se ferait légèrement moins pressante.

J'écarquillais les yeux en me traitant de con. La réponse était tellement simple, tellement évidente, pourquoi n'y avais-je pas pensé plus tôt ?

- Tu es la meilleure Hermione !

L'exclamation soulagée de Thomas me renfrogna d'autant plus.

« Tu es réveillé jeune Malfoy ? »

La voix honnie résonna dans ma tête et son chuchotement doucereux ainsi amplifié me tétanisa instantanément. Ma convalescence m'avait affaiblie certes, mais je n'avais pas encore remarqué à quel point. Je n'avais plus aucune de ces protections mentales dont j'étais si fier : j'étais totalement exposé et vulnérable. Le Lord Noir s'en était rendu compte et avait frappé.

« Tu m'as échappé si longtemps, petit Draco. Il faudra que tu me présentes ton professeur... Tu ne tiens certainement pas ce talent de tes parents, leur incapacité à se dérober m'a toujours beaucoup amusé. »

Je pris conscience avec horreur qu'en ayant accès à mes pensées, ce n'est pas seulement moi que le Seigneur des Ténèbres atteignait mais également tous ceux qui m'avaient aidés, leur identité, leurs faiblesses, leurs secrets, l'endroit où nous nous cachions... Il avait sous la main une mine d'informations et j'espérais de tout cœur qu'il l'ignorait car sinon il ne lui faudrait pas cinq minutes pour tout apprendre et anéantir ainsi nos derniers espoirs...

Pour faire diversion et comme ultime barrière à la fouille du maître je n'avais qu'une seule solution. Je focalisais toutes mes pensées sur un seul et même sujet, et le seul qui me vint naturellement et avec conviction fut ma mère, restée entre les mains de ce monstre.

J'ignorais alors qu'en faisant cela, simplement en pensant à elle, je la condamnais...

« Ta mère, jeune Malfoy, paye en ce moment même pour ton idiotie. Mais ce n'est là que justice, n'est-ce pas ? Les tares des enfants sont de la faute des parents, alors c'est à eux d'en assumer les conséquences. Mais je dois avouer que je prends autant de plaisir à punir cette femme que j'en ai eu à t'éduquer, cher Draco. Les cheveux coupés, elle te ressemble vraiment. Votre peau à la même douceur, et elle marque si facilement... »

Les images qui déferlèrent sous mon crâne me donnèrent des hauts le cœur. Je serrai les dents de douleur et de rage. C'était si intense que j'avais l'impression de sentir l'humidité de l'air ambiant et l'odeur de moisissure m'emplir les narines. J'étais à nouveau dans ces cachots qui hantaient mes cauchemars. Sauf qu'au lieu de trouver un parfait inconnu enchaîné au mur, j'y découvrais ma mère. Son corps était avachi et elle ne tenait debout que grâce aux chaînes ancrées au plafond qui lui enserraient les poignets. Ses cheveux, ses magnifiques cheveux, avaient été coupés de façon barbare. Sa tête pendait sur sa poitrine dont ses vêtements en lambeaux ne cachaient plus rien. Sa peau, ainsi exposée, n'avait plus rien du nacre parfait qui caractérisait les Malfoy, elle n'était plus que bosses, hématomes, brûlures et écorchures.

À ses pieds, sur le sol en pierre, le corps de mon père gisait. Ses yeux sans vie semblaient me regarder. Son cadavre portait les traces de son agonie. Elle avait été longue, et douloureuse.

Et j'en étais le seul responsable.

« C'est de ma faute. » Cette sentence tournait en boucle dans ma tête, tel un mantra.

« Oh oui, c'est de ta faute Draco. Ils subissent tout cela à cause de toi. Qu'est-ce que ça te fait de le savoir, dis-moi ? Tu souffres ?Mais ne culpabilise pas trop : un jour ou l'autre j'aurais fini par me débarrasser de ton père. Il y avait bien longtemps qu'il ne me distrayait plus. Il était devenu inutile depuis que tu l'avais si bien remplacé auprès de moi... et tu t'es révélé tellement plus agréable... »

Les souvenirs de ce que j'avais subi affluèrent et j'en avais la nausée. Cela eut l'air d'amuser Vous-Savez-Qui.

« Il semblerait que je n'ai pas besoin de te rafraîchir la mémoire... Sais-tu ce que j'admire le plus dans ta famille ? C'est votre impassibilité. J'ai torturé, violé puis tué Lucius devant sa chère Narcissa et elle n'a pas versé une larme, ni montré la moindre émotion. Il en a été de même quand je m'en suis prise à elle. Ta maman est très forte Draco, tu dois tenir d'elle. Les premières heures elle n'a pas poussé un cri. Il a fallu qu'elle s'évanouisse pour que je sache que j'étais tout de même efficace. Je n'avais encore jamais vu quelqu'un réussir à s'empêcher de crier pendant un Doloris... Même Potter aboyait comme un chien ! Ta maman représente une magnifique distraction et je me suis donné comme défi personnel de la faire hurler autant que je t'ai fait hurler mon petit Draco... »

Et là, l'horreur commença.

Encore maintenant je tremble en écrivant ce qu'il s'est passé. Que ne donnerais-je pour oublier ?

Car je n'étais pas simple spectateur, j'étais Vous-Savez-Qui. Je voyais par ses yeux, je touchais par ses mains... Et j'ai toujours l'impression que c'est moi qui ait déchiré le peu de vêtement qu'il restait à ma mère avant de la retourner et de la plaquer contre le mur humide et sale. Que c'est moi qui lui ait violemment attrapé les cheveux pour amener son visage près du mien. Que c'est moi qu'elle regardait avec haine et dégoût... et cette fierté farouche qui brillait dans ses yeux, si semblable aux miens, donnait l'illusion que rien ne pourrait l'abattre. Illusion vite brisée quand je lui ai léché l'oreille en murmurant « Dis bonjour à ton fils Narcissa, il nous regarde... » J'ai ris en voyant son visage se décomposer. J'ai ris plus fort encore quand elle s'est mise à hurler « Draco, non pas ça ! Ne regarde pas Draco ! » sous la douleur et l'humiliation que je lui infligeais en la violant.

J'ai violé ma mère. Peu importe si ce n'était pas mon corps, ou si je n'étais même pas réellement présent. Cette sensation est gravée en moi... Celle d'avoir été impuissant, de n'avoir pu ne serait-ce que fermer les yeux, échapper à cette vision, ne plus entendre ces cris et les commentaires salaces de l'autre...

Je ne sais pas combien de temps exactement j'ai supporté cela avant de fuir. Fuir au plus profond de moi-même, là où personne ne pourrait me trouver, m'attaquer, me blesser... J'ai forcé ma magie à se rassembler autour de mon esprit pour faire un rempart impénétrable. Ce faisant, j'ai interrompu ce que Seamus se tuait à faire depuis tout ce temps : me maintenir en vie. Sans ma part de pouvoir, le bouclier qui retenait le poison flancha et s'affaiblit considérablement. Encore une fois j'aurais pu mourir sans la présence à mes côtés de ceux que j'aurais du sauver.

J'avais hurlé. Je ne m'en souviens pas mais apparemment, après m'être soudain tétanisé sous les yeux de Granger et Thomas, je me suis soudain mis à hurler comme un damné. Je me débattais si fort que j'ai rouvert ma plaie et jeter les draps par dessus le lit. Le boucan à attirer Potter et les Weasley. Le Héros national à tout de suite vu qu'il s'agissait d'une attaque mentale. Ils m'ont appelés, m'ont parlés, mais je n'entendais rien. J'étais seul, enfermé dans ma tête avec le Maître et ma mère. Ils ont essayés de m'immobiliser sur le lit pour éviter que je ne me fasse plus de mal. C'est à ce moment là que je serais soudain devenu tout flasque dans leurs bras.

« Vous-Savez-Qui n'a plus accès à son esprit ! Pourquoi tout d'un coup? » leur a dit Harry.

« Il se protège ! Il utilise sa magie, le fou ! » a soudain crié Hermione.

Elle a soulevé mon t-shirt et mis à nu la tache bleue-noire du poison s'étalant à grande vitesse autour de mon nombril.

Sans sa promptitude à lancer un sort de Bouclier, le poison se serait répandu et aurait touché des organes vitaux. Il n'a eu le temps que d'atteindre l'estomac et d'avantage d'intestins, m'interdisant à vie toute nourriture solide. C'est peu cher payé pour être toujours sain et sauf... enfin, plus sauf que sain, mais au moins je respire et je suis encore assez en forme pour tous vous envoyer chier, que demander de plus ?

Bref, après cela, voyant que son sort fonctionnait pour contenir l'avancée du venin, Granger a demandé à son futur chéri d'ajouter un sort Protego au sien, histoire d'être vraiment efficace et de ne prendre aucun risque.

Moi, pendant ce temps là, je n'avais conscience de rien. J'étais dans un cocon de protection parfait, bercé par le seul bruit de mon propre cœur. Peu m'importait ce qu'il pouvait se passer à l'extérieur, je rejetais la réalité de toutes mes forces. J'étais bien, dans cet abris, et je voulais le rester. Ne jamais retrouver la douleur, la peur, l'inquiétude, le deuil, la culpabilité, la honte... Mais c'était mal connaître les Gryffondor que d'espérer qu'ils me laissent dans mon paradis mental.

- Malfoy !

Difficile d'ignorer le boucan que fit Finnigan en frappant à grands coups sur mon blindage spirituel.

Je crois que c'est la surprise de pouvoir réentendre sa voix qui m'a vraiment fait reprendre pied avec la réalité. Hélas, la première chose dont je me rendis compte ce fut la pression colossale qu'exercait le Lord Noir pour percer mes protections. Cela m'effraya tellement que je faillis retourner illico dans mon illusion de sérénité.

- Non, non, non ! Tu restes là Malfoy ! Reprends toi, par Merlin ! T'es un sorcier oui ou non ? Tu es protégé maintenant, il ne peut plus t'atteindre. Mais tu ne peux pas consacrer TOUTE ta magie à cette tâche, tu dois penser à ton corps aussi.

- Pourquoi tu peux à nouveau me parler tout d'un coup ?

- Parce que d'autres font le taf à notre place ! Ils maintiennent le bouclier que j'avais fait pour retenir le venin, du coup je n'ai plus à m'occuper de ça. Devoir maintenir et gérer deux sources de magie à la fois, et pour deux sorts différents, me demandait tellement d'énergie et de concentration qu'il s'est passé un truc bizarre... C'est comme si j'étais devenu le bouclier... J'ai eu l'impression de perdre forme, je n'avais plus l'usage de la parole, tes pensées ne m'atteignaient plus si elle ne m'étaient pas directement ou indirectement adressées, je n'entendais plus ce qu'il se passait à l'extérieur... Je n'avais conscience que du venin, de sa virulence et de la force qu'il nous restait et qui diminuait sans cesse.

- Ok... et maintenant ça va ?

- Oui, comme je te l'ai dis ! Hermione est à coté de ton lit en train de maintenir le bouclier qui agit en ce moment même à l'intérieur de toi. Moi, je n'ai plus qu'à lancer de temps en temps un sort anti-combustion sur les tissus touchés par le venin. Mais ça tu pourrais le faire toi-même si tu t'en donnais la peine. Crois-moi, tu as assez de magie pour te protéger et de l'autre face de serpent et des effets nocifs du poison. Allez, reviens parmi les vivants, Draco !

J'enregistrais ces informations sans pour autant totalement reprendre espoir. Certes je n'aurais bientôt plus du tout besoin de Finnegan et je serais alors en mesure de lui rendre son corps... Mais cela signifiait surtout que je n'étais pas encore capable de survivre seul. L'idée de passer le reste de ma vie avec un autre sorcier la baguette pointée sur mon ventre ne me réjouissait pas des masses. Au moins n'y avait-il plus le risque d'entraîner un ami avec moi dans la mort.

- Oh, tu me considères vraiment comme un ami, Draco ? Ça me touche tu sais.

- Va mourir !

La force que mettait le Seigneur des Ténèbres dans ses attaques mentales avait quelque peu diminuée et se faisait moins insistante. Mais il n'avait pas encore renoncé à m'atteindre et il sentirait le moindre accès de faiblesse, la moindre brèche dans mes défenses... J'hésitais. Je n'étais pas prêt à revivre cette expérience. Jamais. Et, si je ne me concentrais plus uniquement sur cette tâche, ne prenais-je pas ce risque ?

Je devais reprendre confiance en moi mais la peur m'étreignait.

- Draco... Pendant plus d'un an ton esprit lui a échappé sans que cela ne te demande plus qu'une pensée. Snape t'as donné les meilleurs moyens de protection qui soient et ils ne t'ont jamais fais défaut.

- Mais il m'a eu quand même...

- Non ! Il a pu t'attaquer parce que tu étais faible et que j'accaparais toute ta magie. Tu étais sans défense. Ça n'avait jamais été le cas et ça ne le sera plus jamais. Et puis quand bien même il te surprenait dans un moment d'inattention, tu as su lui fermer la porte au nez une fois, il te suffira de recommencer.

- Facile à dire...

- Et à faire ! Maintenant que quelqu'un d'autre est à même de protéger ton corps tu pourras renforcer tes défenses mentales en un rien de temps et sans te mettre en danger.

Je me laissais peu à peu convaincre et finissais par y aller doucement. À tâtons, tout en prudence, je détournais mon attention de l'assaut régulier de l'ennemi sur mon esprit.

La première chose qui m'étonna fut les « courants » que je ressentais dans mon ventre.

- C'est parce qu'Hermione et Ron utilisent deux sorts différents. C'est le chevauchement de leur deux magies que tu ressens.

- Ce serait plus agréable et pas moins efficace s'ils utilisait le même sortilège.

- Ça ils ne peuvent pas le deviner. Alors réveille-toi et dis-leur.

- Arrête de me dire ce que je dois faire !

J'avais du mal à croire que ce petit con m'avait réellement manqué. Il était si agaçant. Et je me rends compte que tout le temps pendant lequel on aura partagé mon corps je n'aurais fais que suivre ses directives. Quel échec...

- Hé, Malfoy ! Oublie pas de leur dire merci.

- Ta gueule !

Je me forçais à ouvrir les yeux et à reprendre corps avec la réalité. Le bruit et l'agitation extérieur m'agressèrent les tympans et me firent immédiatement regretter le calme de mon cocon. Je grognais mon mécontentement, ne pouvant le faire plus élégamment tant ma gorge était douloureuse.

- Il revient à lui !

- Malfoy, ça va ?

Ah, cette stupide question ! Pourquoi tant de gens, pourtant bien intentionnés, font toujours la connerie de demander une telle chose, après une situation pareille ? Je pensais pourtant que Granger était plus maline que ça.

- Non ! Aboyais-je d'une voix faible et rocailleuse.

- Ah ! Oui, évidemment que non... Tu as mal au ventre ? Tu as rouvert ta plaie mais on a pu la soigner immédiatement. Par contre le poison s'est étendu...

- Pas mal... Soif.

Je savais qu'ils étaient au moins quatre dans ma chambre mais je n'avais envie de croiser les yeux de personne. Je focalisais donc mon regard sur les émanations de magie qui pénétraient mon corps à travers la couverture. C'est con à dire mais c'était vraiment joli à voir...

Des mains, que je reconnu être celles de Potter, me présentèrent un verre que je vidais d'une traite.

- Merci.

Cela n'avait été qu'un murmure inintelligible. Je me raclais la gorge et fit une autre tentative.

- Merci. Merci...

Je fermais les yeux précipitamment en me recalant dans mes oreiller. J'espérais qu'ils aient interprété cela comme de la reconnaissance pour l'eau et qu'ils partiraient en me croyant endormi. Mais j'oubliais qu'au moins Weasley et Granger ne pouvaient me quitter si facilement.

Exprimer sa gratitude était vraiment plus difficile et stressant que je ne le croyais.


Voilà j'espère que cela vous a plus et que l'attente en valait la peine...

Je ne peux pas vous promettre que je serais plus régulière, je déménage bientot, je commence un stage et j'ai le diplome à préparer...

Mais cette histoire aura une fin, promis !

Encore meilleurs voeux à tous et à la prochaine !

Kalie.