Disclaimer :Les personnages sont la propriété de Marvel. Les événements se basent sur ceux du film X-men : First Class

Pairing : Erik/Charles ; Erik/Raven

Note - histoire de : B'soir et bon mardi !

Tout d'abord j'vous remercie tous pour les reviews, les favoris, les suivis ou juste ceux qui lisent (bordel plus de 1 000 vues ! ça m'est jamais arrivée !). Bref merci encore et encore, vous êtes des supers lecteurs !
Ensuite, j'ai eu énormément de mal à rédiger ce chapitre, un énorme syndrome de la page blanche m'est tombée dessus et les phrases ne voulaient plus venir, les mots m'échappaient, mon crâne était vide, horriblement vide. Donc, j'ai combattu comme j'ai pu, mais je trouve pas ça fameux. Donc n'hésitez surtout pas à donner votre avis, à critiquer, à relever les problèmes de syntaxe, les incohérences, les erreurs d'orthographe, l'OOC ou juste les gros clichés, bref allez-y de bon coeur, je me vexerai pas, bien au contraire. Au besoin, je suis prête à réécrire ce maudit chapitre !

Sinon, rien à voir, mais frappée de cette panne d'inspiration, j'ai pris l'initiative de nommer mes chapitres. Donc mes chapitres ont donc des noms à partir d'aujourd'hui. (utilité ? connais pas ce mot).

Enfin bref, bonne lecture - j'espère.


Un des collègues d'Erik avait profité d'un week-end en famille pour fuir à l'Ouest. Son chef à la chaîne de montage, un énorme moustachu à la chemise toujours tachée d'huile de moteur, s'était offusqué durant des heures sur l'absence d'un de ses ouvriers. Il l'avait qualifié de traître, de salaud, de vendu, de planqué nazi et d'autres fantaisies pendant toute la journée. Quelques gars avaient fait mime d'être d'accord, mais Erik n'avait même pas écouté. Il n'avait foi ni en son chef, qui se vantait dès que l'occasion se présentait d'avoir toujours admiré Marx, ni en la politique actuelle qui se révélait trop paranoïaque pour ne pas cacher quelque chose. Le mutant ne détestait pas pour autant les socialistes. La première image qu'il avait d'eux restait celle des uniformes aux étoiles rouges ouvrant les portes du camp. Aussi ne faisait-il que peu attention aux élans politiques et se forçait à conserver un avis neutre. De toute manière, ces histoires ne l'intéressaient pas et n'étaient pas sa priorité. Il savait qu'un jour lui aussi, comme son collègue, quitterait l'Allemagne, parce que sa vengeance l'y obligerait. Cette situation, ce travail et même son appartement, n'étaient que provisoire, le temps qu'il rassemble des informations et des pistes à traquer.

Quoi qu'il en soit, l'absence de cet ouvrier avait forcé toute la chaîne à effectuer des heures supplémentaires non désirées. Le soir tombait donc doucement lorsqu'Erik regagna son logement. Arrivé dans sa rue, alors qu'à quelques mètres de son immeuble et de sa porte d'entrée, le jeune homme s'arrêta, subitement pensif. Il fixa les pavés grisâtres un instant puis lentement éleva le regard jusqu'à la fenêtre du quatrième étage. Un nuage de fumée s'en échappait et Erik était tellement abasourdi par cette idée qu'il mit plusieurs secondes à comprendre qu'il s'agissait bien de Charles, accoudé au cadre, qui en était à l'origine. Il ne put empêcher un sourire amusé de venir se greffer sur ses lèvres.

La télépathie de Charles avait dû le repérer puisque ce dernier détourna les yeux de l'horizon pour les ancrer sur la silhouette de son aîné en contre-bas, la cigarette toujours au bout des doigts.

« Je croyais que tu ne fumais pas Charles, lança Erik d'une voix forte.

- Tu as une plus mauvaise influence sur moi que je ne le pensais, Erik. »

Les deux hommes continuèrent de se dévisager un moment jusqu'à ce que Charles émette l'avis télépathique qu'ils faisaient de bien piètre Roméo et Juliette et que cette scène du balcon était assez ridicule. Erik n'avait jamais lu une seule œuvre de Shakespeare mais ça ne l'empêcha pas de rire. Il s'engouffra rapidement dans l'allée de l'immeuble, puis gravit les marches accompagné par le tintement de ses clés. Entre le troisième et le quatrième étage, il dépassa madame Hegel, sa voisine et logeuse, qu'il salua distraitement, ne l'appréciant guère. Il s'appliqua d'ailleurs à refermer la porte de son appartement avant qu'elle n'atteigne leur palier.

Debout dans le vestibule, Erik se débarrassa de ses clés et de sa sacoche de travail, gardant les yeux plantés sur Charles qui achevait sa cigarette. C'était sûrement dû à l'auréole de nicotine qui l'entourait, mais la jeunesse des traits de l'anglais le frappa. Malgré le fait qu'il l'avait embrassé plus d'une fois et qu'il partageait avec lui une profonde intimité, Erik n'avait jamais remarqué jusqu'à présent à quel point Charles avait un visage enfantin.

« Quel âge as-tu ? »

Le télépathe paru surpris par cette question. Il prit le temps d'écraser son mégot avant de répondre.

« Dix-huit ans. »

Erik demeura silencieux, paraissant réfléchir. Dix-huit ans. Il savait que Charles était plus jeune que lui, mais le fait qu'il ne soit toujours pas majeur l'étonnait. Leur rencontre remontait à l'automne dernier et pourtant Erik n'avait jamais soupçonné que l'âge de Charles puisse être si peu élevé. Ce facteur prit en compte, la maturité du télépathe l'impressionnait.

« Et toi, quel âge as-tu ? interrogea soudainement Charles. »

Erik afficha un rictus mystérieux mais ne dévoila aucun nombre.

Il s'agissait d'un de ces instants suspendus, où les perceuses se taisaient au profit d'un silence aux accents divins. Chaque habitant du manoir avait momentanément stoppé son occupation pour déguster une courte pause entre deux abattements de mur. Sean et Alex avaient pris leurs quartiers dans la cuisine et se réhydrataient à coup de grands verres de sirop ou de soda. Hank se contentait de garder les yeux fermés, confortablement installé sur la terrasse. Quant à Charles, il s'offrait une tasse de thé dans son bureau avant de reprendre sa paperasse.

Dans chaque regard brillait la félicité et le bien-être. Rien n'aurait pu gâcher ce délicieux moment.

Sauf...

Ce fut Hank et son instinct animal qui repérèrent les premiers le danger. Aussitôt son flaire alerté, le Fauve bondit sur ses pattes, scrutant l'horizon à la recherche de cette silhouette haïe. Pure perte. Il ne faisait pas le poids face à la colère de Magneto qui balaya le scientifique et son fardas de métal - lunettes comprises - contre le mur le plus proche. Sean et Alex n'eurent que le temps de renverser leur chaise, prêts à aller en reconnaissance sur la terrasse, avant que la table à manger ne se jette sur eux et les immobilise au sol. Les trois mutants ne s'avouèrent pas vaincu et, vaillamment, projetaient déjà une riposte contre l'indésirable intrus, mais celui-ci en décida autrement. Quelques ustensiles d'acier vinrent heurter avec précision les crânes des trois jeunes hommes, les envoyant pour une poignée d'heures dans un autre monde.

L'effet de surprise fonctionnait à merveille.

Entouré d'un calme religieux, Magneto pénétra dans le manoir Xavier.

Charles sentait que quelque chose n'allait pas. La crainte de Hank était parvenue subitement jusqu'à lui avant de s'éteindre comme la flamme d'un cierge pris dans un courant d'air. Le télépathe savait donc qu'il y avait en danger, restait à connaître lequel. Depuis plusieurs secondes, il monopolisait toute son attention dans sa mutation afin de dénicher cet esprit qui compromettait la tranquillité de sa propriété. Il avait cependant beau fouiller encore et encore chaque recoin de la maison de sa psyché, Charles ne rencontrait rien d'anormal. Il s'acharna quelques instants de plus avant de se rendre à l'évidence. S'il ne trouvait rien, alors ça ne pouvait être qu'Erik et son casque infernale.

Le Professeur serra des mâchoires, soucieux. Que lui voulait Erik ? Et pourquoi attaquer les garçons ? Il ne pouvait sonder l'esprit de son ancien allié pour trouver ses réponses et était donc condamné à attendre qu'Erik vienne le trouver et le lui explique de vive-voix.

Charles n'avait aucune idée de l'endroit où pouvait se situer le maître de métal, ni dans combien de temps il daignerai se montrer et cela le frustrait. Il était vulnérable, cloué dans son fauteuil, son seul salut était sa télépathie, mais, protégé par son casque, Erik y était immunisé.

Charles tâcha de conserver son calme et de prendre son mal en patience. Erik finirait bien par venir. Il ne lui restait plus qu'à fixer la porte, impuissant.

Cette dernière s'ouvrit enfin. Pas de la façon la plus conventionnelle qui soit, puisque les gonds furent éjectés aux quatre coins de la pièce, mais elle s'ouvrit tout de même, dévoilant dans son encadrement l'imposante silhouette d'un Magneto en costume à cape.

Charles haussa un sourcil sur son invité imprévu, ne sachant pas très bien s'il devait rire ou pleurer de tant d'honneur. Pour être franc, cette tenue était d'un ridicule effrayant, exagérant la carrure de son ami, lui donnant l'impression d'être face à un géant. Curieusement, Charles avait peur. Sans parvenir à déchiffrer les pensées de son vis-à-vis, il se doutait que celui-ci n'était pas ici pour demander un quelconque pardon ou pour fêter des retrouvailles. Erik était en colère, le télépathe reconnaissait la lueur de rage qui brillait dans le regard d'acier, et Erik en colère n'était pas un joli spectacle, Charles pouvait en témoigner mille fois. Cet état des fait intrigua le Professeur. Qu'est-ce qui avait bien pu déclencher la fureur d'Erik et pourquoi venait-il le voir lui ? Il y avait dans cette visite un certain culot que le propriétaire des lieux trouva déplacé. Et d'ailleurs pourquoi Erik se complaisait-il dans ce silence pesant ? La tension présente dans le bureau était insoutenable.

Erik soupira en avançant enfin à l'intérieur des quartiers de Charles.

« J'ai toujours pensé, attaqua-t-il, que ta mutation était dangereuse et plus puissante que n'importe quelle autre. J'étais donc rassuré de savoir que c'était un homme comme toi qui en avait hérité. Entre les mains de quelqu'un d'autre, cette mutation devenait une arme, mais entre les tiennes c'était un bienfait, une aide, presqu'une bénédiction ! »

L'allemand s'appuya sur le bois de la table le séparant de Charles, plongeant ses yeux dévorés par une rage retenue dans ceux déboussolés de son ancien ami avant de continuer, la voix basse, d'un octave menaçant.

« Je me trompais. Tu n'es pas mieux que les autres. Tu es un salopard fini et un hypocrite.

- Je te demande pardon ? »

Offusqué par ses reproches venant de la dernière personne qui pouvait avoir le droit de les lui adresser, le télépathe ne craignait plus la colère d'Erik. Il se redressa sur sa chaise, prêt à tenir tête.

« Tu t'introduis chez moi en assommant Hank, Alex et Sean et en pulvérisant ma porte, après des mois sans nouvelle, pour venir m'insulter ? Mais qu'est-ce qui te prend ? Ou pour qui te prends-tu ?

- Tu m'as effacé la mémoire. »

La phrase avait été lâché avec un calme inquiétant qui coupa la répartie de Charles un court moment.

Ah.

Il comprenait soudainement mieux l'entrée fracassante d'Erik, les éclairs qui animaient ses pupilles et ses muscles tendus sous sa tenue de combat. Savoir comment il l'avait appris n'avait aucune importance, l'urgence était dans le fait que Charles était passé du statut d'ami digne de confiance à manipulateur de conscience, ce qui faisait de lui un ennemi.

« C'est exact, articula-t-il enfin.

- C'est tout ce que tu trouves à me dire ? ''C'est exact'' ? Tu te fous de moi ?

- Pas le moins du monde. Tu préférais que je nie ? C'est vrai, j'ai effacé ta mémoire, il y a presque dix ans. C'était une bêtise, je le reconnais. Je n'avais pas le droit de le faire. »

Erik se recula légèrement afin de scruter plus largement le visage de son interlocuteur, suspicieux. Ces aveux lui paraissaient trop simples, trop vite donnés. Il oubliait qu'il avait Charles en face de lui.

« Et que comptes-tu faire ? lâcha-t-il abruptement.

- Ce que je compte faire ? Mais rien. Il n'y a rien à faire.

- Écoute-moi très attentivement Charles, je ne me répéterais pas, articula lentement l'allemand d'un ton sans appel, tu vas me rendre mes souvenirs et maintenant.

- Non. »

Les premières secondes, Erik ne cacha pas sa stupéfaction devant la détermination du télépathe, puis, il s'enflamma, incapable de laisser passer cet affront.

« Tu vas le faire. Ce n'était pas une demande, ni une option.

- Non. Ce serait une erreur. Écoute Erik, ne serait-ce que d'un point de vue médicale, je ne suis pas certain que ton système nerveux tienne le choc fasse à l'afflux de souvenirs...

- Ne t'occupe pas de ma santé, le coupa-t-il.

-...Quant au point de vue psychologique...Erik, tu regretteras ce que tu vas y-voir. Je sais que je suis en tort, mais ce que j'ai fait a changé bien des choses, à commencer par notre relation. Mieux vaut pour nous deux en rester là, au stade d'amis et oublier le reste.

- Fais-moi plaisir Charles, ne décide pas pour moi. Tu es peut-être télépathe, mais tu n'as pas encore assez de finesse pour savoir ce que je ressens ! »

Le Professeur ne répliqua pas, semblant réfléchir aux arguments d'Erik, ou bien en chercher d'autres pour défendre sa cause. Il ne savait pas pourquoi son ami tenait tant à ses souvenirs, alors que lui-même cherchait depuis des années à s'en débarrasser, les jugeant trop douloureux. Son aîné avait raison sur un point, il ne savait pas ce qu'il ressentait et pas uniquement à cause de son casque.

« Erik, je n'ai effacé que les souvenirs me concernant, je n'ai rien modifié d'autre, je te l'assure. Tu n'as pas besoin de...

- Rends-les moi.

- Tu vas le regretter.

- Ne t'occupe pas de ça et laisse-moi juger par moi-même.

- Très bien. Puisque apparemment tu sembles décidé, je m'incline, mais garde en tête que je t'avais prévenu.

- Pas de pièges Charles, j'en ai parlé à Mystique, si je reviens sans rien, elle m'avertira.

- Je te le promet.

- Tu fais tellement de promesses Charles...tâche de tenir celle-ci. »

Le télépathe encaissa le reproche sans sourciller, se contentant de dévisager l'homme en face de lui, celui qui fut son ami, son amant, dans un autre temps. Il ne s'était écoulé que quelques semaines depuis leur dernière séparation, pourtant Charles avait l'impression qu'elle remontait à des décennies auparavant. La présence d'Erik brouillait ses repères temporels et c'est ainsi qu'il prit conscience que le maître de métal lui avait manqué, cruellement. Comme lors de ses dix-neuf ans, il avait tenté de noyer l'absence d'Erik en s'investissant de tout son être dans un projet. À l'époque, il s'était isolé dans d'interminables études scientifiques. Maintenant, il s'entêtait à bâtir une école dans un but utopiste, impossible à atteindre. Il avait toujours été un profond rêveur et il le resterait probablement toute sa vie, qu'importe ce qu'il devrait y sacrifier, sa mobilité, un ami. Son intégrité n'avait aucun prix.

Les iris métallisées ne se détachaient pas de son regard lagon. Il supposa qu'Erik cherchait à le tester. L'allemand était redevenu cet être solitaire méfiant de tout. Charles essayait de ne pas penser au fait que cela puisse être de sa faute.

Lentement, Erik retira le casque rouge carmin, prêt à abandonner son geste au moindre danger. Charles se garda d'esquisser un seul mouvement, pas même un battement de cils, pareil à un promeneur devant une bête effrayée. La pièce avait retrouvé son atmosphère lourde, pliant sous le poids d'une électricité contenue, comme la veille d'un orage estival. Le casque se posa sur la table sans un bruit. Charles inspira profondément, se mordant la lèvre inférieure, inconsciemment. Il appuya précautionneusement ses doigts sur sa tempe. Il avait la sensation d'être armé d'un briquet au milieu d'une mine dévorée par le méthane. Une inadvertance et c'était l'explosion.

Son esprit s'étendit jusqu'à heurter celui chaotique d'Erik. Avec sa délicatesse habituelle, il s'infiltra sous le crâne de l'allemand. Quelques images l'assaillir, brusques et confuses, certaines violentes, mais l'habitude l'empêcha d'en être troublé. Il passa outre ces psychés, s'enfonçant dans les méandres torturés de l'âme d'Erik jusqu'à tomber sur le lac.

La surface était plate, mais sombre, empêchant de mesurer la profondeur. Calmement, Charles s'avança, la froideur de l'eau lui gifla les mollets mais il ne s'arrêta pas. Une jambe après l'autre, il se laissa dévorer entièrement par l'immensité aqueuse. Il rejoignit le fond, plongea ses mains dans la vase et en arracha un par un et avec minutie chaque souvenir qu'il avait enfoui dans la boue dix ans plus tôt. Les doigts bruns de terre humide, Charles tâchait de se concentrer sur la mécanique du geste pour ne pas voir les mémoires enlisées regagner docilement la surface. Prenant à cœur sa promesse, il ratissa tout le sol marin et n'y laissa reposer aucun souvenir où il apparaissait.

Juste avant de quitter définitivement l'esprit d'Erik, Charles releva la tête pour admirer le ballet des images flottant jusqu'au rivage.

Les remous aquatiques s'effacèrent dans un dernier final et le télépathe retrouva le confort de son bureau en un clignement de paupières. Devant lui, le regard d'acier avait perdu de son assurance, balayant la pièce, hagard. À un moment, les yeux gris rencontrèrent la silhouette du Professeur et la stupéfaction s'y imprima. Erik ne savait plus qui était cette personne de l'autre côté de la table. Ses sentiments d'autrefois, fraichement ressurgis, se mêlaient à ceux actuels, provoquant la plus grande confusion dans son esprit embué. Il ne comprenait plus ce qu'il éprouvait pour Charles, l'amour, la déception et le désir se bataillaient violemment sous son crâne et dans son corps tout entier. Sa peau le brûlait, son estomac se tordait. Il haïssait Charles tout en souhaitant le posséder de tout son être.

Le propriétaire des lieux, qui suivait de loin et avec difficulté le cheminement des pensées désordonnées d'Erik, restait immobile, incapable d'une action ou d'une parole. Il avait prévu le choc psychologique, mais se retrouver ainsi face au désarroi d'Erik l'impressionnait plus qu'il ne l'avait imaginé. Le Magneto fier et colérique, qui s'embrasait quelques instants plus tôt, n'existait plus, ayant laissé place à une autre part de l'allemand beaucoup plus vulnérable, qui rappelait à Charles leur rencontre dans l'océan glacé des bords de Floride.

Gauchement et en évitant du mieux qu'il pouvait un nouveau contact visuel, Erik se leva enfin, attrapa son casque sur la table avant de se détourner, chancelant sous la charge de ses souvenirs tumultueux, en direction de la sortie. Il ne laissa échapper aucun mot et tandis qu'il disparaissait dans l'ombre du couloir, Charles sut qu'il n'y avait plus rien à faire, sinon attendre. Il n'avait aucune idée précise de ce pourquoi il devrait patienter, mais il avait la conviction que ce n'était pas à lui de s'engager le premier. Il devait laisser le temps à l'allemand de s'accorder avec sa mémoire.