Parmi les hommes
La bibliothèque était un des refuges d'Arthur lorsqu'il cherchait la tranquillité. Il ne contrastait plus le décor avec ses nouveaux vêtements, le rendant encore plus inaperçu dans les rayons. Il tournait les pages de son livre d'occulte et d'exorcisme tout en imaginant sa réaction face à ce genre de situation. Roderich passa et lui lança :
« On va bientôt fermer alors dis-moi si tu veux emprunter ou alors dépêche-toi de finir.
« yes, yes… On ferme pas si tôt d'habitude ? » à cette remarque des rougeurs apparurent sur les joues de l'autrichien.
« J'ai des choses à faire alors s'il te plaît ?
« …. Gilbert m'emmerde sans même le savoir. » soupira l'anglais pour aller ranger le livre.
Alors qu'il s'avançait dans le couloir, Arthur regretta pendant un moment ses bottes à semelles compensées. Maintenant… Comment dire… Il était un peu trop petit pour ranger le livre à la bonne hauteur. Ne parlons pas pour les prendre. De plus Roderich étant sévère sur le silence, Arthur se retrouvait à grimper discrètement les étagères pour ranger ou prendre ses affaires. L'anglais regarda le livre dans sa main et essaya de le reposer en se dressant sur la pointe des pieds. Allez… Juste un tout petit peu plus… Le livre, plutôt épais, glissa et lui tomba sur la tête.
« Fffff… » un doigt se posa sur ses lèvres avant qu'il n'ai pu jurer.
« Pas de gros mots mon petit lapin. » Francis se pencha et ramassa le livre. « On est dans une bibliothèque. »
Arthur rougit lorsque Francis lut le titre.
« Exorcisme et Invocations ? Je savais pas que tu lisais ce genre de livre.
« Euh… Juste de temps en temps…
« Tu comptes maudire quelqu'un ?
« Oui. » il lui fit un sourire angélique. « Je me disais que tu pouvais servir de cobaye.
« Cruel ! » ria Francis.
Arthur sourit et regarda par la fenêtre. Deux mois avaient passés depuis le dernier dîner chez Francis et rien que de penser qu'il avait passé une nuit dans les bras de son béguin le faisait rougir. Le hic ? C'est que la chère Jeanne De l'Arc passait assez souvent voir Francis ce qui fait qu'ils ne se voyaient pas dans ces moments-là. Arthur sentait son ventre se tordre de jalousie à chaque fois que la pensée de son Francis et Jeanne ensemble. Cependant il passait aussi beaucoup de temps avec Francis. Soit avec le trio au complet, soit eux seuls. Dans ces moments-là, il a toujours l'impression qu'il va finir par avouer ses sentiments mais il finissait par ne rien dire. Ce n'était pas de la lâcheté ! Ou peut-être un peu… Ces derniers temps avec les fêtes de noël qui se préparaient Francis étaient pris par des obligations familiales et Arthur passait beaucoup de temps à essayer de composer un morceau de violon. Ils se voyaient moins et les deux semblaient en souffrir.
Dehors la neige tombait alors qu'Arthur revenait au présent.
« Qu'es ce que tu voudrais pour noël ? » demanda Arthur soudainement.
« Hmm… J'ai pas d'idée… Je vais en recevoir plein par mes parents de toute façon. Mais Antonio et Gilbert arrivent toujours avec des cadeaux délirants. » ria le bourgeois. « Parlant de cadeaux faut que j'en trouve un bon pour Jeanne… »
« Oh ? Oui… » voilà la jalousie qui reviens au galop. « Elle… Trouve lui un bon cadeau. » murmura-t-il.
« … Tu l'aimes bien Jeanne ? » demanda Francis suspicieusement.
Pas vraiment…
« Eh bien, je la connais pas mais elle est très gentille et… Très belle ? » Le regard froid de Francis le fit paniquer. « Shit I don't know her ! Qu'es ce que je suis sensé te dire ?! »
« Je sais pas… » marmonna Francis en lui tournant le dos.
Arthur le regarda partir mais le rattrapa vite. Le français le regarda revenir à ses côtés et laissa un sourire s'épanouir sur ses lèvres avant de passer un bras autour de ses épaules. Arthur se doutait que ce n'était qu'amical. La neige tombait en gros flocons et l'anglais ferma les yeux souriant. Il sentit une main sur sa joue mais n'y fit pas attention, son intérêt porté par le vent froid et la sensation des flocons sur sa peau.
« Arthur ?
« J'aime bien la neige. C'est… » il se prit une boule dans la neige dans la gueule. Il enleva la neige pour voir Antonio en train de ricaner. Avant qu'il ai put dire quoi que ce soit Francis lui en envoya une par derrière.
« YOU ! DIE ! » cria-t-il en se cachant derrière un arbre et préparant des boules de son côté.
« Arthuuur ? Viens dire bonjouuuur… »
L'anglais fit une roulade et lança deux boules simultanément qui toucha Francis… Et Gilbert qui passait avec son copain.
« Was ?! Arthur ! Encore toi ?!
« Comment ça encore ? Je suis pas la seule cause de tout tes… » une boule froide fut glisser dans son haut. « AAAAAAAAH ! FRANCIS YOU ASSHOLE ! » hurla l'anglais en l'attrapant par la taille et le plaquant au sol.
Il attrapa une poignée de neige et lui ébouriffa les cheveux avec.
« Arthur NON ! Arrête pitié ! » Francis attrapa son camarade par la taille et le renversa à son tour et le chatouilla. « Vengeance ! »
Arthur se tortillait sous lui tout en riant. Lorsqu'il arrêta enfin, il était haletant. Il releva les yeux et vit le sourire satisfait de son Nemesis. L'anglais rougit au vue de leur position.
« Je… C'est bon, je suis libre ?
« Mmmm… Je sais pas. Tu me donne quoi en échange ? Un baiser ? » il y eut un silence commun. Antonio avait la mâchoire décrochée, Gilbert le regardait bizarrement et Arthur du se retenir pour ne pas le regarder avec espoir. « C'était pour plaisanter ! » fit le français rougissant qui se releva laissant Arthur libre.
« Francis… Ce gars là il doit mal embrasser ! » fit Gilbert comme si c'était une évidence.
La colère remplit Arthur mais Francis le coupa :
« Je suis sure qu'il embrassera très bien sa partenaire en temps voulu. Cela ne s'apprend pas. » en disant cela il passa un bras autour des épaules de l'anglais qui rougit.
« Je… Je dois aller chez mon prof ! A plus ! »
Sur ce, Arthur courut échapper au froid et ce sentiment bien trop familier qui lui tordait le ventre. Alors qu'il courait dans les rues il repensa à Francis.
« Si tu savais… It's you I want to kiss. » marmonna-t-il. Soudain le froid de la neige lui sembla comme une morsure sur ses joues rougies.
OoOoOo
« Arthur concentre toi sur la mélodie ! » le reprit Honda alors qu'Arthur loupait encore quelques notes.
« AAAAH ! Désolé sensei… Je… Je passe un moment difficile.
« Oh ? Avec ton ami Francis ? D'ailleurs c'est gentil d'avoir mis le smoking au pressing.
« De rien… » j'allais pas te le rendre puant de chlore « Eh… Dis moi, vous faîtes quoi pour Noël ? Ahlidita voulait t'inviter avec moi et Alfred.
« Oh ? C'est gentil je verrai si je peux venir ! Tu vas inviter quelqu'un d'autre ?
« Mmmm… Malheureusement Francis doit rester pour sa fête familiale BGBG de noël.
« Tu vas quand même lui acheter quelque chose ?
« Qu'il n'a pas déjà ? Je sais pas… Je pensais à…
« Peut être es ce que c'est une bonne occasion pour lui dire tes sentiments ? ça se serait un bon cadeau.»
Arthur rougit furieusement à l'idée. Après tout… ça pouvait être une bonne occasion. Il secoua la tête puis coupant court à ses pensées il prit Lady Fae.
« Je pense que j'ai réussi à composer un bon morceau.
« Et bien vas-y. » sourit Kiku qui s'assit pour bien l'écouter.
Les premières notes résonnèrent et Arthur fixait la neige tout en jouant, un sourire aux lèvres. La mélodie était lente mais elle prit de la vitesse.
Kiku le regarda en souriant. Arthur se balançait et si il pouvait il danserait avec sa musique pensa le japonais. L'asiatique écouta les accents énergiques et rapide de la mélodie.
« Pas une musique triste. Effectivement cela ne correspond pas à Lady Fae. »
OoOoOoOo
« Mr Honda a eut une excellente idée ! » se réjouit Grany en rangeant les étagères de l'infirmerie.
« Sous le gui, avec les flocons qui vous tombent autour. Si romantique !
«Et putain de cliché aussi ! … Je donnerai l'argent à Alfred plus tard. » soupira-t-il devant le regard de reproche de Grany. « Mais sérieusement ! Je sais qu'il aime les trucs romantiques mais… Je me vois mal faire ça. Je suis pas une… Je sais pas, je suis pas romantique à la base !
« Eh ben fais un effort !
« Mais je fais des efforts ! Je change de style, je fais tout pour plaire à ses amis et famille, je chercher des idées de cadeau et on me dis que je fais PAS d'efforts ?! Et lui ? Pourquoi il ne fait rien ? » la réalisation le frappa comme une masse. « Il ne fait rien…
« Ah non ! Non là je pense que tu te fais des idées. Il t'a invité à son dîner, il s'amuse avec toi, je veux dire… On voit bien qu'il t'apprécie !
« Mmmmh. Mais je me vois mal quand même…
« Arrête de réfléchir ! Va te détendre un peu mon petit. »
Arthur leva les yeux au ciel et alla en cuisine se faire un verre. Tout le monde lui conseillait d'avouer ses sentiments mais lui ne le sentait pas vraiment. Et il y avait ces rêves… Qui devaient lui rappeler ses frères mais il comprenait pas pourquoi… Tout d'abord avec les peluches, et le bisou sur le front. A cette pensée il eut un sourire niais en repensant au bras de Francis autour de lui. Puis des pensées moins innocentes lui vinrent en esprit, comme la morsure. Faut que je lui re-mords le cou. Je sais pas pourquoi j'en ai envie mais je vais le faire. Il se fit un facepalm à cette pensée.
Dans la cuisine il alla chercher les bonbons que Grany cache en hauteur pour pas que les autres enfants en mangent. Dans ses souvenirs la boîte de bonbons était présente mais souvent comme un sujet de discorde. En soupirant il l'ouvrit et prit un des bonbons qu'il mâchouilla sans conviction. Il n'osait pas parler de ses souvenirs qui ne cessaient de le harceler et de venir sans prévenir. Mais en même temps… Il avait envie de se souvenir.
Il s'assit sur la chaise et se prit la tête entre les mains.
Ils sont partis. Pourquoi ils sont partis ?! Ce sont mes frères !
Daddy… I hate you. I hate, hate, hate, hate… I HATE YOU !
Sa tête lui faisait mal mais il n'essayait pas de chasser les souvenirs.
« Non. Lui il reste. »
Le directeur regarda l'homme blond qui pointait Arthur. Le vieil homme ferma les yeux et grinça des dents.
« Ce que vous faîtes…
« Je paierai la nourriture et le logement comme il est du. Mais je sais que vous agissez comme un orphelinat pour les enfants. Et c'est ce que cet enfant aura.
« Cet enfant est votre fils. Il a votre nom Mr Kirkland.
« C'est bien tous ce qu'il aura. Je vous l'ai laissé depuis qu'il sait marcher lui et ses frères mais je ne veux pas de ce meurtrier. »
Arthur sentit les larmes lui monter aux yeux.
« Daddy ? Why ?
« Arthur, n'écoute pas cette homme. » grogna le directeur qui le prit dans ses bras pour le calmer. « Il ne comprend pas…
« Scott, Carwin, Edward ! Let's go. »
Ce fut Scott qui se planta en face de son père et qui, d'un ton sur et décisif.
« On reste jusqu'à demain.
« I beg you pardon ! » s'énerva leur père.
« On partira demain. Pas aujourd'hui. »
Arthur ? ARTHUR !
L'adolescent se redressa en sursaut. Il avait les joues mouillées par des larmes. Il tourna la tête pour voir son petit Alfred le secouer paniqué. Lorsqu'il vit qu'il était de nouveau réveillé il sauta dans ses bras et le sera contre lui.
« Arthur ! Tu pleurais et tu tremblais… Je veux pas que tu sois triste…
« Alfred… » l'ex punk le serra contre lui en souriant « Avec toi je ne le suis jamais. Tu es mon héros, yes ?
« Yes ! » sourit le plus petit. « I'm the hero ! Je te protégerai ! »
Il reposa le petit tout sourire. Arthur rangea la boîte de bonbon après en avoir donné un à son petit frère, quand même.
Après ça il alla dans la chambre commune, vide à ce moment de la journée, et alluma son i-pod. Il mit une de ses chansons favorites. Du bon rock. Alors que la musique résonna dans la pièce il se mit à danser. Un bon défoulement ne fais jamais de mal à personne. Il ne pensait pas être bon danseur mais à cet instant il s'en fichait. Au bout d'un moment il se mit à chanter avec la musique. La tristesse de ses anciens souvenirs s'effaçant un moment alors qu'il se défoulait au son de la batterie.
« Arthur ? »
L'anglais s'immobilisa en plein mouvement. Très lentement il tourna la tête et croisa le regard surpris de Francis. Son regard alterna entre l'homme venant d'arriver et la musique.
« je voulais savoir si tu voulais faire tes courses de noël avec moi… Etant donné qu'on se verra sans doute pas pendant les vacances…
« Oui si tu veux…
« Très joli déhanché au passant.
« Shut up. »
OoOoOo
Les jours passèrent et Arthur n'avait pas trouvé un cadeau pour Francis. Par contre, il savait comment il allait lui dire qu'il était… Amoureux de lui. Rien que de le penser Arthur se sentait débile.
Bref, il allait lui offrir des lys entourés d'un ruban rouge. Il en avait eu l'idée lorsqu'il avait remarqué que Francis était passionné de l'histoire de la France et plus particulièrement de l'époque des rois. Comme leur symbole était le lys il avait pensé que c'était un joli clin d'œil.
Ensuite… Il savait pas comment il allait l'annoncer. Quand il avait posé la question Ahlidita lui avait juste répondu : « Ben tu lui dis que tu es amoureux et c'est tout.
Bref ! Ce conseil ne l'aidait PAS.
Le voilà donc en train de se balader dans les magasins sans savoir quoi acheter et à se demander de sa mise en scène. Alors qu'il regardait les romans il sentit une petite tape sur son épaule.
« On se retrouve Arthur !
« Jeanne ?! »
Elle se tenait dans une robe blanche qui avantageait sa silhouette fine. Une rose dans les cheveux et une veste en fourrure noires.
« Toi aussi tu fais tes courses de noël ?
« j'ai presque finis ! Je cherche un cadeau pour Francis en fait…
« Oh ! Tu veux un coup de main ? Au niveau vêtements c'est sûr ses parents achètent tous ce qui peux exister à chaque fois.
« Et en livre ?
« Hum… Je connais pas vraiment ses goûts, je sais qu'il aime les histoires romantiques…
« On va lui prendre un bon livre de littérature anglaise ! ça élargira sa culture.
« Vraiment ? » ria la jeune femme.
« Yep ! On va prendre 'Pride and Prejudice' je l'ai lu et c'est vraiment bien.
« Je l'ai lu aussi ! J'ai beaucoup aimé la scène où Mr Darcy propose la première fois et se fait repousser.
« Mais cette scène est triste !
« Mais tellement bien écrite ! » sourit Jeanne. Arthur ne put s'empêcher de sourire à son tour. « Tu apprécie beaucoup Francis non ?
« Euh… Oui ?
« Il me parle beaucoup de toi tu sais. Il dit beaucoup de bien. Mais tu peux m'expliquer pourquoi il t'appelle petit lapin ?
« Aaaaaah… Non. Je peux pas. Erreur 404 cherche toi-même. » jeanne explosa de rire devant la tête rouge de l'anglais.
Ils rentrèrent chacun de leur côté mais avant cela Jeanne se retourna une dernière fois.
« On va fêter noël à ma maison cette année. Voilà mon adresse si tu veux passer voir Francis. » elle lui tendit un bout de papier avant de partir en faisant un clin d'œil. Arthur resta un moment immobile avant de demander à voix haute :
« Mais pourquoi les français ont cette manie de faire des clins d'œil ?! »
OoOoOo
« Arthur ? Tu peux mettre la table ? Et si tu as joué avec les chatons va te laver les mains.
« Attends ! Marie Poppins veut pas me laisser partir ! » ria-t-il tandis qu'un des chatons s'installait confortablement sur son épaule.
Alfred en tenait un dans ses bras et le caressait comme s'il risquait de le casser. Cinq petits chatons curieux de découvrir le monde qui semblait beaucoup aimait le punk. Oui, pas ex-punk car en ces vacances l'anglais avait remis sa panoplie et ses bottes. Lorsque Ahlidita lui avait demandé pourquoi ce nouveau changement, il avait juste haussé les épaules. Alors que Francis passait maintenant beaucoup de temps chez lui, Arthur avait profité de ses moments pour améliorer son morceau avec Lady Fae et se faire un tatouage.
Cela partait de la base de sa nuque, deux branches de ronces où chacune descendait à une omoplate et les ronces prenaient la forme d'ailes. Il en était fier mais il devait mettre une crème et ça piquait parfois. Il ne l'avait montré qu'à Alfred qui avait promis de rien dire. La prochaine personne à qui il voudrait le montrer c'est Francis. Il se donna une baffe mentale à cette pensée.
« Arthur, tu voulais aller voir Francis après le dîner ? » demanda Kiku. Il avait un bonnet de noël mais il portait l'un de ses kimonos favoris pour l'occasion. Rouge bien sûr.
« Oui. J'ai l'adresse d'où il dort ce soir.
« Comment vas-tu y aller ?
« J'ai un ami qui va m'aider.
« En attendant viens m'aider Arthur ! » s'énerva Grany depuis la cuisine. L'ado grimaça mais se leva pour mettre la table.
Ahlidita était une excellente cuisinière et avait fait un dîner typiquement anglais. Dinde, différents jambons, Pudding !
Arthur en avait presque bondit de joie comme un enfant lorsqu'il vit Ahlidita revenir avec le dessert.
« A toi l'honneur Arthur. Enflamme-le !
« Cela vient de là la rumeur que les anglais brûle tout leur plats ? » ria le japonais en voyant son élève versant l'alcool enflammé sur le dessert.
« Mais c'est pas bon quand c'est brûlé ! » geignit Alfred.
« Si little one ! Tu vas voir. » sourit Arthur.
Après avoir mangé, ils s'installèrent tous en rond autour du sapin et c'était au plus jeune de tendre les cadeaux aux gens. Alors qu'ils ouvraient leur cadeau Arthur vit qu'il se faisait tard et se leva.
« Je vais devoir y aller ! Je rentrerai peut être assez tard alors ne vous en faîtes pas pour moi !
« Tu feras attention j'espère. » s'enquit l'infirmière.
« Always ! » lança-t-il. Il prit ses lys et son cadeau avant d'aller dehors.
Sous la neige blanche, un autre jeune homme se tenait contre une moto. Il avait une capuche rabattue sur son visage mais quelques mèches noires dépassaient.
« C'est bien parce que je te dois une faveur. » grogna-t-il.
« Kaël. Toujours de bonne humeur. » des yeux gris le foudroyèrent du regard.
L'ado dénommé Kaël était plutôt musclé et portait une grande veste en cuir. Il s'installa sur sa moto et fit signe à Arthur de monter.
« Allez dépêche. J'ai pas toute la nuit moi. »
OoOoOoOo
Après que son ami l'est déposé devant la maison des De l'Arc, Arthur entendit un ricanement.
« Elle est friqué t'as chérie.
« Shut up. C'est juste de l'amitié.
« Ouais tu te balade avec des lys, un cadeau, tu pue le parfum et c'est juste de l'amitié ? » devant le bras d'honneur que lui fit son ami, Kaël leva les bras. « Ok ! Je dis plus rien.
« Et la prochaine fois ne te fais pas choper en pleine bagarre. Je serai pas toujours là pour t'aider à t'enfuir.
« Ouais, ouais… Eh ! Repasse boire une de ces quatre au pub.
« J'y penserai. »
L'anglais mit le cadeau dans son sac et les lys dans sa bouche, en grimaçant, puis grimpa le mur. Il voulait pas croiser les bourgeois. Il ne voulait voir que Francis. Son cœur battait si fort dans sa poitrine qu'il avait l'impression de faire trop de bruit. On va m'entendre et ma couverture sera foutue. Il s'avança et fit le tour du jardin espérant voir quelqu'un part la fenêtre. Coup de chance, il y avait un balcon où se tenait une certaine silhouette. Avant qu'Arthur ai pu deviner qui c'était la personne rentra à l'intérieur. Il s'avança et tendit l'oreille.
Deux voix. Une qu'il donnerait à Jeanne et… L'autre serait sans doute Francis.
Arthur remit la fleur en travers de ses lèvres et se mit à grimper. Il avait fait le mur plus d'une fois pour la pension alors ce mur en dalle était de la rigolade. Il se hissa sur le balcon et soupira un bon coup.
Francis était dans sa chambre sur son lit. Il avait un verre de vin à la main et à ses côtés… Jeanne. Qui d'autres ? Elle lui frottait le dos et le regardait d'un air désolé, quand à Francis ça se voyait qu'il était vraiment pas joyeux. Arthur s'avança pour frapper à la vitre. Avant de s'arrêter.
Francis n'a jamais éprouvé de l'intérêt pour les hommes. La plupart de ses conquêtes étaient des femmes. Non, cette fois ci il va lui dire et il va pas reculer. Il donna un coup à la vitre et sous la surprise Francis et Jeanne sursautèrent. Ils se tenaient à présent dans les bras l'un de l'autre avant qu'ils reconnaissent l'anglais qui croisait les bras en les regardant.
« Arthur ? » le français alla ouvrir et à la déception d'Arthur, ne semblait pas très joyeux. « Qu'es ce que tu fiche ici ?!
« Joyeux Noël… » marmonna l'anglais. Il regarda le français timidement et fit « J'aimerai juste…
« Tu te rends compte de ce qui se passerait si quelqu'un te voie ici ? Ils porteraient plainte et te pourriraient !
« Francis, c'est moi qui lui ai donné l'idée de venir. » tenta Jeanne
Il y eut un moment de silence puis Francis la regarda comme si elle était folle. L'anglais lui, se sentait mal. Il lança le paquet cadeau et les fleurs sur le lit avant de se diriger vers la fenêtre.
« Je vois que je ne suis pas voulu, alors salut !
« Non, non, non ! Arthur je suis désolée reste ! » paniqua Francis en l'attrapant par le bras. « Je suis juste… Surpris. »
Jeanne recula doucement et sortit discrètement. Les deux ados restèrent un moment silencieux.
« Donc… Noël ? Je comptais te donner ton cadeau lorsqu'on se reverrait mais du coup… » Francis saisit la main de son ami et l'emmena dans la chambre. Il se dirigea vers un tiroir.
« Je l'ai trouvé aujourd'hui, je savais pas que je te verrai mais je suis content de l'avoir sur moi. » il tendit un gros paquet.
« Oh ? Euh… merci. » il enleva le papier tandis que Francis prenait les fleurs et le paquet sur le lit. Arthur évita son regard lors que le français lui lança un regard étonné en montrant les fleurs. « Alors c'est un… Livre complet sur les démons et sortilèges ? » un sourire grimpa sur les lèvres du punk.
« ça te plaît ?
« Ah carrément ! C'est vraiment… Et la couverture ! » il passa une main sur la couverture de cuir et gravé de façon stylisé.
« Merci pour le roman. » fit de son côté le bourgeois. « On a pas arrêté de me dire du bien dessus mais j'avais jamais pris la peine de le lire.
« Euh… Francis… J'ai… J'ai autre chose. A dire. Donc…
« Oh ? »
Arthur s'approcha de Francis qui tenait les fleurs. Il inspira puis :
« I kinda… No. Pas comme ça. Je suis… » moment de silence. « Enfin, ça fait un moment que j'aimerai… » Francis haussa un sourcil et Arthur soupira. « Je… Merde j'arrive pas à la dire.
« Mmmm… Je vois ça. »
Arthur passa ne main sur son visage. Si les mots venaient pas, autant parler avec les gestes. Maladroitement, il attrapa le col de Francis et plaqua ses lèvres sur les siennes. Pendant un moment Francis resta immobile sous la surprise, Arthur ne se laissa pas décourager et tenta d'approfondir le baiser en se collant plus contre lui mais des mains le repoussèrent après un moment. L'anglais regarda son homologue qui avait rougit mais qui semblait pas heureux. Même… Vraiment triste.
« Francis ?
« Il… Ecoute Arthur il y a un problème. » il inspira et annonça « Je peux pas être avec toi. Je suis… Mes parents m'ont fiancé. »
Arthur sentit son corps se tendre et son ventre se tordre. Fiancé. Bien sûr que ça allait pas être possible… Il savait pas si il devait le croire ou non. Qui se fiance à 18 ans ? Fiancé. C'est pour ça qu'il refusait son baiser ? Cela voulait dire qu'il y avait un espoir qu'il l'aime ? Ou alors c'est juste une excuse pour ne pas te blesser… L'anglais secoua la tête et s'appuya contre le mur.
« Ok. Fiancé d'accord.
« J'ai pas choisi ! En plus à une fille que je connais quasiment pas. Il m'aurait fait ce coup-là avec Jeanne j'aurai compris mais…
« SHUT UP ! » cria Arthur. Si il n'avait pas encore été blessé là il l'était. Jeanne, forcément qu'il aurait préféré. « Je viens te dire que je suis amoureux de toi et t'as rien de mieux à dire que t'aurais préféré être marié à ta chère amie ! Shit, es ce qu'à un seul moment tu fais gaffe aux sentiments des autres quand tu parles?! »
Francis le regarda les yeux ronds comme des billes. Arthur continua :
« Fiancé. Fiancé contre ton gré ? On est plus au XIXe siècle où les enfants n'avaient pas le droit de dire 'non' à ce genre de chose ! Alors désolé mais ton excuse est pas valable.
« Comment ça pas valable ? Ecoute c'est déjà assez compliqué…
« Tu peux aussi simplement dire que c'est pas réciproque merde ! » Un silence de plomb s'abattit et combien Arthur l'a haït. Parce que Francis ne contredisait pas ce qu'il avait dit. Il restait juste là bras ballants, sans le regarder dans les yeux, l'air ailleurs. L'anglais commença à s'éloigner, se dirigeant vers de grands escaliers pour sortir d'ici. Sortir de cet endroit qui lui donnait des haut-le-cœur. S'enfuir loin de l'homme derrière lui. Et la sirène vit son prince épouser une autre.
« Arthur attends ! Tu m'as mal compris !
« Let me go ! I hate you !
« Arthur, je me suis mal pris c'est vrai ! » il prit le visage d'Arthur entre ses mains « Mais si je pouvais je…
« LET GO ! » hurla Arthur en se débattant. Il recula et comprit très vite son erreur.
Juste derrière lui se trouvait les escaliers. Fuck fut le mot qu'il pensa lorsque son corps bascula en arrière. Il put voir l'horreur s'imposer sur le visage du français. Ils tendirent tous deux leur mains mais se ratèrent de peux. Comme dans les films. Sauf que dans les films les héros survivent toujours quand ils tombent. Là, on était dans la vrai vie et c'était moins sûr.
Le corps d'Arthur dévala les escaliers et heureusement qu'ils n'étaient pas très grands. Cependant chaque coup envoya une grande douleur dans tout le corps de l'anglais qui atterit et se cogna méchamment la tête. Il roula sur le dos en s'agrippant les cheveux et en gémissant de douleur.
« Shiiii…. » tout son corps lui faisait mal. Il était roulé en boule en attendant que ça se calme.
« Arthur ? Mon dieu Arthur, réponds ! » faisait la voix de Francis, totalement paniqué.
L'anglais leva une main pour le rassurer mais la couleur rouge sur sa main lui fit cesser tout mouvement. Du sang colorait toute la surface de sa paume. Il y eut une autre douleur qui s'empara de lui mais ce n'était pas la même.
Ça fait deux jours déjà que mes frères sont partis. Why ? Des sanglots résonnaient dans la tête de l'anglais. Le petit grimpait sur les placards et tentait d'atteindre la boîte de bonbons. Ses frères apparaissaient toujours lorsqu'il tentait de manger des bonbons. Dans sa tête d'enfant il pensa que récupérer cette même boîte aller ramener ses frères. C'était ridicule mais il ne pouvait s'empêcher de s'accrocher à ce petit espoir. Il aimait ses frères malgré tout. Il y avait des bagarres et des disputent mais… C'était sa famille. Alors que le petit était sur le point de prendre la boîte de sucreries il glissa. Son corps bascula en arrière et il se tomba lourdement sur le sol. Sa tête… Son corps… Il avait si mal. Il tenta de redresser mais sa tête tournait. Il passa une main dans ses cheveux. Quelque chose d'humide, de chaud, de collant rencontra ses doigts. Lorsqu'il ramena sa main devant lui, il vit que c'était du sang.
« ARTHUR ! »
L'anglais rouvrit les yeux en sursaut. Il était dans les bras de Francis qui sanglotait.
« Je suis désolé, désolé… Je t'aime Arthur. Je t'aime, reste avec moi… » il sentit des lèvres sur son front. Puis sur ses lèvres. Des bruits de pas, les pleurs, des exclamations.
Alors qu'Arthur se sentait perdre conscience il rassembla ses forces pour une dernière phrase. C'était moqueur mais avec une joie immense à cause de ce que Francis avait avoué à son tour.
« C'est maintenant que tu me le dis ? » et le noir vint l'emporter sans autre forme de procès.
Eh la déclaration a eut lieu! (Arthur: ouais et tu m'as fait tomber dans les escaliers, thanks. I hate you so much...) J'espère que ce chapitre vous a plu même si vous devez me haïr pour se retournement de situation. Beaucoup de problèmes vont venir pour le prochain chapitre mais aussi beaucoup de plan foireux parce qu'Arthur ne va pas rester les bras croisés. Vous en faîtes pas^^
A la prochaine!
