Bonjour à toutes,

Me revoici avec le chapitre 7 ! Profitez-en, il ne reste que deux ou trois chapitres ;-)

Enjoy

Kawaii-Shina

PS : celles qui sont sur Facebook, rendez-vous dans le groupe HG/SS ... Nous sommes déjà 249 !


Severus et Hermione se figent au son de la voix de leur directrice. Ne sachant pas trop eux-mêmes ce qui vient de se passer, comment pourraient-ils expliquer à Minerva cette situation on ne peut plus ambiguë? Severus a l'air d'osciller entre la panique et la colère. Il ne sait pas quoi faire.

En voyant le regard perdu du Maître des Potions, Hermione sent que c'est à elle de prendre les choses en main. Elle glisse sa main dans le décolleté de sa robe et en sort son retourneur de temps. Avant que Severus n'ai pu protester, elle se met sur la pointe des pieds et passe la chaine au cou de l'homme et commence à faire tourner le bijou.

Severus n'a pas le temps de comprendre ce qui se passe qu'il voit déjà la lune disparaitre au-dessus d'eux et le soleil inverser sa course. Quand Hermione semble satisfaite, elle arrête l'objet et se hisse sur la pointe des pieds pour retirer la chaine du cou de son collègue.

- "Professeur Granger, est-ce bien ce que je crains que ce soit?"

Hermione ne répond pas. Elle n'a même pas l'air mal à l'aise. Elle regarde autour d'eux...Parfait, il n'y a personne. Il doit être 17h tout au plus. Elèves et professeurs doivent être en pleins préparatifs pour la soirée.

- "Miss...Puis-je avoir une réponse?" demande Severus, légèrement irrité.

Hermione se tourne alors vers l'homme, semblant tout juste réaliser ce qu'elle vient de faire.

La veste noire de Severus est toujours sur les épaules de la jeune femme... Heureusement, d'ailleurs, il fait vraiment glacial.

- "C'est le retourneur de temps que Minerva m'a donné en 3ème année", dit-elle, sachant qu'elle va se faire démasquer.

-" Mais enfin! Il vous avait été prêté et vous deviez le rendre à la fin de l'année".

Hermione rougit et regarde ses pieds en marmonnant.

-"Avec les évènements, tout le monde a un peu oublié…Je l'ai retrouvé des années plus tard avec mes livres d'école… Il m'a été bien utile depuis…"

Severus semble réellement irrité contre sa jeune collègue. Il se radoucit un peu en voyant son air de petite fille fautive. Il a l'impression de se retrouver à nouveau quelques années en arrière, lorsqu'elle était élève et qu'il la terrorisait. Son expression est impayable et il ne peut réprimer un sourire.

-"Finalement, heureusement que vous l'aviez encore ce soir", ajoute-t-il l'air taquin.

Elle lève les yeux et remarque avec étonnement qu'un semblant de sourire se dessine sur ses lèvres fines. Elle lui sourit en retour.

Severus se sent soudain un peu mal à l'aise... I minutes il était sur le point de faire une grosse connerie… Il se racle la gorge avant de demander:

- "Que fait-on, maintenant? J'imagine que personne ne doit nous voir...Surtout déjà habillés pour la soirée à 5 heure de l'après-midi..."

Hermione pose un doigt sur ses lèvres, pensive.

- "Effectivement, nous ne pouvons pas rentrer au château dans cette tenue. Idéalement, nous devrions quitter Poudlard et revenir dans la grande salle pour que Minerva nous y voit quelques minutes avant son...intervention... Nous ferons comme si de rien n'était. Nous ayant vu avant, elle ne fera pas le rapprochement avec le couple dans le parc..."

Severus acquiesce.

-"Et puis, de cette manière, poursuit-elle, nous ne risquons pas de tomber nez à nez avec nous-mêmes. D'ailleurs, où étiez-vous à cette heure-ci? A qui avez-vous parlé? "

-"J'étais dans mes appartements, je ne les ai pas quittés jusqu'au repas du soir", répond-t-il.

-"Ce n'est malheureusement pas mon cas...J'ai donné cours jusque 17h et j'ai dû croiser pas mal de monde en rentrant dans mes appartements ", répond la jeune femme. "Le mieux serait de quitter Poudlard quelques heures...sans croiser personne ici...Mais impossible de transplaner et nous rendre de l'autre côté des grilles pourrait nous compromettre si nous croisons quelqu'un..." continue-t-elle, pensive et se parlant à elle-même.

Alors qu'elle est perdue dans ses pensées, cherchant une solution pour quitter le château en ne croisant personne, l'homme l'interrompt.

« Je peux nous conduire dans un endroit calme et isolé »

Ses yeux s'illuminent lorsqu'elle lève son regard vers lui.

-"Vraiment? "

-"Vous oubliez que j'ai été mangemort...Je peux voler sans balais... Par contre, je ne l'ai jamais fait avec quelqu'un...J'ose espérer que cela ne sera pas trop rapide pour vous", dit-il sur le ton du sarcasme.

Elle pose les mains sur ses hanches dans une attitude de défi.

-"Pour qui me prenez-vous, Severus Rogue? " dit-elle, amusée.

-"Ce n'est un secret pour personne que vous détestez voler..."

Hermione s'offusque, pour la forme. Comment était-il au courant de cela?

- "C'était avant de survoler Poudlard à dos d'Hippogriffe et la moitié du Royaume à dos de dragon!" ajoute-t-elle pour impressionner l'homme.

-"C'était un bon entrainement pour le vol d'aujourd'hui, Miss. Mais quelle expérience peut être plus effrayante que de voler dans les bras d'un mangemort, après tout ?"

- "Ancien Mangemort, Severus … Et puis, vous n'avez ni plumes, ni écailles... ça ne saurait pas être pire ", réplique-t-elle, sur le ton du sarcasme.

Severus s'approche d'elle, imperceptiblement.

-"Prête?"

-" Prête!", répond-t-elle avec enthousiasme.

Il s'avance un peu plus vers elle, se penche. L'espace d'un instant, elle pense qu'il va l'embrasser.

-"Passez...hum... vos mains autour de mon cou", dit-il simplement, légèrement embarrassé.

Il y a comme un malaise entre eux. Il en voudra sans doute à Minerva toute sa vie d'avoir interrompu ce qui se passait entre eux. Mais c'est peut-être mieux ainsi.

Il sent les bras d'Hermione s'enrouler autour de son cou. Son parfum titille ses narines. Ils sont proches, très proches…

Essayant de contenir les sensations qui l'envahissent au contact du corps d'Hermione contre le sien, il se penche et passe un bras sous les genoux de la jeune femme avant de la soulever. Une fois dans ses bras, elle lève les yeux vers lui et le regarde intensément. C'est une sensation tellement étrange de la tenir tout contre lui. Ses yeux chocolat sont plongés dans les siens. Il resterait bien là mais il faut partir au plus vite. Il sent son vieux cœur frapper fort contre sa poitrine. Il espère qu'Hermione ne remarque rien.

-"Accrochez-vous !", dit-il d'un ton qui se veut froid.

-"Et! Mais où allons-..."

Elle n'a pas le temps de terminer sa phrase qu'elle se sent aspirée dans un tourbillon puissant. La magie de Severus l'entoure et elle sent alors l'étendue de son pouvoir. La sensation est étrange, elle a l'impression de faire partie du ciel, d'être le vent soufflant à toute vitesse dans les branches de la forêt interdite en dessous d'eux, d'être les rayons du soleil qui glissent sur leurs peaux. Elle ne parvient plus à voir Severus dans ce tourbillon de magie mais elle le sent sous ses doigts. Elle ferme les yeux et s'accroche un peu plus encore à lui. L'homme se concentre. Il n'a plus volé ainsi depuis longtemps et il ne doit pas se laisser distraire par ce petit bout de femme qui s'accroche désespérément à sa chemise.

Et aussi vite qu'ils sont partis, ils atterrissent. La magie autour d'eux retombe et elle peut à nouveau distinguer l'homme qui la tient dans ses bras. Elle réalise alors à quel point elle est accrochée à lui, à quel point elle est proche. Sa tête enfouie tout contre le cou de l'homme, elle respire son odeur masculine et troublante. Ses doigts serrent la chemise si fort que les premiers boutons ont sauté pendant le voyage, dévoilant à l'occasion une légère toison noire sur le haut du torse de Severus.

En mettant les pieds sur terre, Severus baisse les yeux sur la femme dans ses bras. Il la sent tendue et apeurée, blottie contre son cou, les yeux fermés...elle est belle. Elle est dans ses bras. Il la voit ouvrir ses yeux et regarder les dégâts sur sa chemise. Il lui semble qu'elle rougit.

Il brise le silence:

-"Vous vous en remettrez", dit-il simplement en la reposant brusquement à terre pour mettre fin à ce contact qui lui fait perdre ses moyens.

Une fois les pieds au sol, Hermione semble retrouver un peu de contenance et sort de sa rêverie.

-"Cétait ...waouw! Quelle puissance dans votre magie!", s'exclame-t-elle.

Il est flatté par sa fraicheur et sa franchise, mais ne laisse rien paraître.

Hermione regarde autour d'elle et découvre l'endroit où ils ont atterris.

-"Où sommes-nous ? », demande-t-elle.

L'endroit est triste à mourir. Des petites maisons identiques se succèdent à perte de vue. Tout est gris et terne. A son image, pense-t-elle en réalisant qu'il doit les avoir emmenés chez lui.

-« Bienvenue dans l'impasse du Tisseur, Professeur Granger ! », répond-t-il avec ironie.

La maison devant laquelle ils ont atterri parait sobre, mais bien tenue.

-« Suivez-moi », dit-il sans cérémonie.

Il la précède, ouvre la porte et l'invite à entrer avant lui, d'un signe de tête.

Hermione rentre dans la petite demeure et découvre avec stupéfaction un intérieur triste et morne. A son image, pense-t-elle à nouveau avec tristesse.

Severus parait gêné et semble lire de l'étonnement sur le visage de sa jeune collègue.

-« Je vous débarrasse ? » demande-t-il poliment pour détourner son attention. Hermione lui rend sa cape et dévoile à nouveau sa robe de soirée aux couleurs de Gryffondor.

-« Allons au salon », l'enjoint-il en la précédant dans une des pièces donnant sur le couloir. Elle le suit et découvre, une fois entrée, une pièce un peu plus chaleureuse. Une cheminée, un fauteuil de cuir usé et, par Merlin, une bibliothèque couvrant tous les murs et devant contenir une centaine d'ouvrages au moins !

- « Que buvez-vous ? », demande-t-il froidement, la sortant de sa contemplation de la pièce. Il n'aime pas la voir scruter son intérieur de la sorte.

-« La même chose que vous, merci », répond-t-elle en se tournant vers lui.

Severus sort de la pièce et revient quelques minutes plus tard avec deux verres de vin d'un rouge couleur grenat.

« Un verre de vin, cela vous convient ? », demande-t-il ?

« En considérant qu'il n'est pas vraiment 17h, cela devrait faire l'affaire », répond-t-elle en prenant le verre qu'il lui tend.

Un silence pesant s'impose entre eux alors qu'ils dégustent leur verre. Au contact du liquide sur sa langue, Hermione esquisse un sourire.

« Est-ce un « Côtes du Rhône » ? », demande-t-elle

Severus parait étonné.

-« Madame est une connaisseuse des vins français ? », répond-t-il, amusé.

Hermione est flattée et ne sait pas le lui cacher.

-« Mes parents adorent la France…Nous y avons passé un été après la guerre et j'ai suivi un cours d'œnologie… Rien d'exceptionnel, mais je m'y retrouve un peu », répond-t-elle sans prétention.

Il est amusé qu'une si jeune femme s'intéresse à l'œnologie.

- « L'œnologie, c'est un peu comme les potions, Miss Granger… Amusons-nous un peu… »

Hermione fronce les sourcils…Que lui veut-il ? Elle l'a rarement vu aussi déridé…

-« Redevenons un instant élève et professeur : allez-vous savoir deviner de quel vin il s'agit, miss Je-Sais-Tout ? » lui dit-il dans une attitude de défi.

Il n'en faut pas plus à Hermione pour se piquer au jeu. Elle lui répond par un sourire et se met à sentir et gouter le vin comme elle l'a appris.

Elle lui renvoie un sourire ravageur, lui confirmant qu'elle est partante pour son petit jeu. Sous les yeux de Severus, elle fait tournoyer le verre devant ses yeux, hume le parfum délicat et goute le brevage. Elle hésite…

-« Fruits rouges, fruits noirs, corsé avec une attaque charnue en bouche…. …Je dirais soit un Vacqueras…soit un Gigondas… », dit-elle avec assurance.

Severus est impressionné. Vraiment. Il pensait qu'elle serait à côté de la plaque, mais la Miss est toujours aussi douée.

-« Pas mal du tout pour une jeune femme aussi jeune ! », ne peut-il s'empêcher de s'exclamer.

Il porte son propre verre à ses lèvres et boit une gorgée, et comme pour valider les dires de la jeune femme, ajoute :

« Concentration, équilibre, finesse, puissance et sensualité : c'est un Gigondas… un de mes vins préféré ».

Hermione le regarde, troublée par un des mots qui vient de sortir de la bouche de son ancien professeur. Malgré elle, elle rougit et avale une gorgée de travers, provoquant à l'occasion une toux incontrôlable.

-« Tout va bien, Miss Granger ? » demande-t-il, inconscient du malaise qu'il vient de provoquer chez Hermione.

Elle se ressaisit.

-« Oui oui ! J'ai avalé de travers, désolée ».

Severus part rechercher la bouteille pour lui servir un second verre. Pendant son absence, elle regarde autour d'elle, essaie de trouver dans ce décor impersonnel une touche d'humanité. Il n'y a qu'un seul fauteuil dans la pièce. Elle imagine les soirées empreintes de solitude au coin du feu. Elle le voit, assit là, dans ce fauteuil usé par le temps, à son image. Elle ne peut s'empêcher de ressentir une pointe de pitié, une petite douleur, là, dans sa poitrine en imaginant la vie misérable et solitaire de cet homme. Elle sait pour la mère de Harry…Tout le monde l'a su après la guerre...Il avait pensé mourir et n'avoir plus rien à perdre en dévoilant son secret, mais il ignorait que le médicomages feraient tout pour le sauver. Quand elle avait appris cela de la bouche de son meilleur ami, elle avait vu l'homme sous un nouveau jour, ne pouvant s'empêcher de trouver cet amour par-delà la mort totalement romantique. Cet homme avait aimé la même femme toute sa vie durant, même après sa mort. Toute sa vie ne semblait avoir jamais été autre chose que déception, tristesse et solitude.

Debout dans son salon, des années après, elle réalise alors combien l'homme a dû souffrir de ne pas être mort cette nuit-là. Certes, il avait été réhabilité, mais quel poids de continuer à vivre après avoir dévoilé un tel secret pour sauver le monde sorcier. Toute sa bonne humeur se dissipe tandis qu'elle contemple les tristes objets du quotidien d'un homme malheureux.

Hermione est perdue dans ses pensées…C'est alors qu'elle voit une photo en médaillon posée sur une étagère de la bibliothèque. Une femme, les traits fins, le visage émacié et les cheveux d'un noir profond sourit tendrement. La photo est ancienne, Hermione se dit qu'il doit s'agir de la mère de Rogue. Et cette pensée est étrange… L'homme, aussi puissant et misanthrope soit-il, a une photo de sa mère dans sa bibliothèque.

-« Je peux vous aider ? »

La voix froide et coupante de Severus Rogue la sort de ses pensées en sursaut.

Hermione tente de garder son calme et de ne pas paraitre coupable. D'ailleurs de quoi serait-elle coupable ?

Severus s'approche, visiblement en colère, et lui tend son verre à nouveau plein. Elle le prend, soutenant son regard et dit simplement :

« Votre mère était très belle »

Il ne répond pas. Il se sent blessé à chaque fois qu'il se remémore ses souvenirs d'enfance. Il sait qu'il aurait dû être là pour sa mère, qu'il aurait dû la protéger. Mais il a failli et ne se le pardonnera jamais. Il n'aime pas parler de sa mère, la douleur est trop vive. Alors il se contente de dire « Merci ». Sa voix semble s'être un peu radoucie. La tristesse dans les yeux de l'homme n'a pas échappé à Hermione.

Elle le regarde faire volteface et rejoindre l'âtre dans lequel il allume un feu d'une simple incantation.

Hermione dépose son verre sur l'étagère et s'approche doucement de lui.

-« Severus… »

Elle ne sait tout simplement pas quoi dire. Il lui tourne toujours le dos et son regard semble s'être perdu dans les flammes. Il reste silencieux et elle ne sait pas quoi faire… alors elle suit simplement son instinct et fais un pas de plus vers lui. Elle n'est plus vraiment elle-même lorsqu'elle se serre contre le dos de l'homme, ce ne sont pas vraiment ses mains qui glissent et s'enroulent autour de la taille de Severus… Elle a totalement perdu la tête lorsque sa joue se pose contre le dos de son ancien professeur.

Elle peut entendre les battements rapides de son cœur. Elle resserre son étreinte, elle ne veut pas qu'il s'en aille.

Severus est comme paralysé par cette étreinte inattendue. Il peut sentir le corps chaud d'Hermione contre lui et voir ses mains graciles nouées sur son sternum… La tête de la jeune femme est posée entre ses omoplates. Elle est bien plus petite que lui, il le réalise à cet instant. Il savoure un instant cette chaleur humaine qu'il n'a plus ressentie depuis des décennies. Personne ne prend Severus Rogue dans ses bras. Personne ne le touche. Il n'aime pas ça. Mais ce soir, c'est différent…Il voudrait la repousser, mais il n'y arrive pas.

Ils restent ainsi de longues minutes à écouter le crépitement du feu, à se réchauffer devant l'âtre et à profiter de leurs chaleurs et présences mutuelles. Hermione ne sait plus si ce sont ses battements de cœurs ou ceux de Severus qu'elle entend… Elle a envie de rester contre lui, elle ne se l'explique pas. Elle a décidé de baisser les armes, et tant pis s'il la repousse.

Elle le sent soudain tressaillir, comme s'il essayait de se dégager de son étreinte.

Elle murmure son prénom, comme pour le rassurer.

-« Severus… »

Il inspire profondément et soupire. Elle sent son torse se bomber sous ses mains alors que l'air envahit les poumons de l'homme. Il s'apprête à dire quelque chose. Sa voix est rauque, faible et embarrassée :

-« Granger… Que faites-vous exactement ? »

Elle soupire à son tour, pressant un peu plus sa poitrine contre son dos. Il tressaille.

« Je n'en sais rien… Je me sens bien contre vous. »

Sa réponse est stupide, mais tellement vraie. Et puis, elle ne savait pas quoi dire d'autre…

Brusquement, il se retourne pour lui faire face. Prise de panique en découvrant l'expression indéchiffrable de son visage, elle recule d'un pas.

-« Je n'ai pas besoin de votre pitié, Granger. », dit-il avec une colère contenue.

Elle est surprise, elle ne comprend pas.

-« ho non non non …. » s'empresse-t-elle de répondre, « ce n'est pas de la pitié »

Un rictus déforme le visage de Severus. Elle ne comprend pas pourquoi il a l'air en colère. Elle ne comprend vraiment pas.

« Alors quoi ? » dit-il, agacé, « Vous voulez vous jouer de moi, tester mes limites, m'humilier pour ensuite aller tout raconter à votre copain Potter ? »

Hermione est désemparée. Elle ne sait pas quoi faire pour calmer la colère de Rogue. C'est donc ça, il pense qu'elle n'est pas sérieuse et qu'elle s'amuse avec lui ?

-« Severus, non ! Jamais je ne vous ferais ça ! Je ne ferais jamais ça à personne ! »

Il semble en proie au doute, fronce les sourcils et cherche une réponse au fond des yeux et dans les pensées de la jeune femme. La légilimencie est devenue tellement naturelle au cours de ces années passées en tant qu'espion, il n'a même pas conscience de l'utiliser. Ce qu'il voit dans les pensées d'Hermione le déstabilise. Elle dit vrai.

Hermione profite de ce moment de doute et s'approche à nouveau de lui. Elle est à quelques dizaines de centimètres. Doucement, elle glisse sa main dans la sienne. Elle ne l'a pas quitté des yeux. Elle se doute de ce qu'il est en train de lire ses pensées, mais cela ne la dérange pas…C'est un passage obligé pour gagner sa confiance, elle le sait.

-« Severus… Vous avez eu une vie difficile… Il vous faut réapprendre à vivre… Acceptez la vie comme elle vient, avec ses bons et ses mauvais côtés…Mais cessez de vous fermer au monde, par Merlin… »

Hermione a raison, il le sait. Et ça l'énerve. Ses yeux noirs semblent se voiler un peu. Il hausse les épaules, détourne le regard. Il veut mettre un terme à cette conversation et rentrer à Poudlard.

-« C'est la vie, elle n'est tendre avec personne.» dit-il simplement d'une voix glaciale et détachée.

Hermione sait qu'elle ne gagnera pas la discussion et que ce n'est pas à coup de mots qu'elle parviendra à convaincre un homme meurtri.

-« Taisez-vous maintenant », lui dit-elle en se blottissant à nouveau contre lui, « Taisez-vous, Severus Rogue, et prenez-moi dans vos bras, j'en ai besoin ! »

La tête posée contre son torse, les bras enroulés autour de la taille masculine de l'homme, elle attend la réaction du Maître des Potions. Il reste d'abord figé comme un épouvantail et se demande comment il a pu se retrouver deux fois de suite dans la même situation embarrassante. Il se sent bête, mais il doit bien s'avouer qu'il a envie et besoin de ce contact physique.

Severus regarde le portrait de sa mère sur l'étagère à l'autre bout de la pièce. Il lui semble qu'elle n'a jamais souri autant qu'aujourd'hui. Alors doucement, dans un froissement d'étoffes à peine perceptible, il enlace de ses bras la jeune femme serrée contre lui.

Etonnée d'être ainsi enserrée dans ses bras puissants, Hermione relève la tête et essaie de croiser son regard. Ses yeux sont clos, son visage ne laisse transparaitre aucune émotion mais elle sait ô combien ce simple geste lui a couté. Se sentant observé, il ouvre les yeux et tombe à nouveau sous le charme des prunelles chocolat qui le fixent avec tendresse. Hermione ne veut pas le déstabiliser et le perdre à nouveau…Elle baisse les yeux et ressert son étreinte en murmurant son nom à plusieurs reprises. Il n'a jamais aimé son prénom, mais susurré avec autant de tendresse, il en redemande…

Il ne se souvient pas de la dernière fois où il a tenu une femme dans ses bras. La sensation est étrange… Un sentiment de puissance l'envahit alors qu'il enlace ce corps bien plus frêle et fragile que le sien. Il n'a qu'une envie, la protéger. Et ces formes pressées contre son torse, ce parfum, la douceur de sa peau…

Severus réalise que la paume de sa main gauche est directement en contact avec la peau d'Hermione…Il en avait presque oublié le délicieux décolleté dans le dos de la robe… Le contact de peau à peau est électrisant. Il laisse glisser sa main dans le dos d'Hermione qui en frissonne de bonheur.

C'est elle qui brise légèrement l'étreinte et s'éloigne de quelques centimètres pour le regarder en face. Il la regarde, une expression indéchiffrable sur le visage, une intensité étrange dans le regard. La main d'Hermione effleure sa joue et il ferme les yeux sous la douceur du contact. Avant même qu'il ait le temps de les rouvrir, il sent les lèvres humides et chaudes d'Hermione se poser sur les siennes. Il ne proteste pas, il accueille sa bouche sur la sienne dans un baiser chaste mais puissant.

De sa bouche, les lèvres d'Hermione glisse jusqu'au creux de son oreille :

-« Rentrons à Poudlard, il est l'heure », murmure-t-elle.


Mon inspiration est proportionnelle au nombre de reviews laissées par mes lectrices :-) A vot' bon coeur xxx

Bises

Kawaii-Shina