Coucou tout le monde, j'espère que vous allez bien et que votre week-end sera riche en... ce que vous voulez ! Je suis toujours très contente de recevoir vos reviews et je vous remercie de prendre le temps de me dire ce que vous pensez chaque fois des nouveaux chapitres :) Au programme aujourd'hui, ou demain, ou whenever vous passez par ici : du suspense, des sentiments, notre Reine bien aimée, et, si j'ai bien fait mon job de traductrice, pas mal de marrade. Bonne lecture dearies !


Cette nuit là, Regina perdit au Game of Life ce qui était selon elle assez ironique, si on y pensait. La nuit suivante, lorsqu'Emma arriva chargée de bières pour les adultes, d'un soda pour Henry et d'une Ruby qui avait l'air de ne pas savoir très bien ce qu'elle faisait là Regina perdit au Time's up. Elle avait essayé de gagner, mais comment aurait-elle pu comprendre que l'étrange syncope qu'était en train de mimer Ruby était censée représenter un – canard… ?

La nuit suivante, Regina gagna à Sequence – mais elle perdit au Hedbanz parce que – sérieusement, qui était Charlie Sheen ? Puis vinrent le Monopoly, le Cluedo et le Scrabble – auxquels Regina perdit lamentablement – pas qu'elle en ait eu quelque chose à faire.

Emma était à la maison tous les soirs. Regina en était sûre, parce que chaque fois qu'un des deux hommes lui demandait si elle voulait sortir, elle bafouillait le nom de Regina ou d'Henry, puis disparaissait, et se pointait quelques heures plus tard sur le porche du 108 rue Mifflin avec un sourire penaud.

Ça la blessait un peu, qu'Emma ne vienne que parce que ça lui permettait d'éviter les garçons, mais on fait avec ce qu'on a, et elle était heureuse de pouvoir profiter de sa présence.


- Mais justement, c'est le but, de manger des bonbons jusqu'à ce que je vomisse. Allez, maman ! geint Henry en levant les yeux au ciel dans une attitude parfaite de préado. C'est là que ça devient marrant !

- C'est marrant de manger des pommes d'amour et de la barba papa jusqu'à ce que tu vomisses ?

Elle s'immobilisa au moment d'attraper le manteau d'Henry et haussa les sourcils.

Il laissa échapper un long soupir impatient.

- Mamaaaaan, tu ne peux vraiment pas comprendre.

- Ah non ?

- Non.

- Bon, répondit Regina, boutonnant son manteau en secouant la tête. Et Emma comprend ?

Il s'illumina et se mit à rire.

- Ouais.

- Bien, je suppose que nous sommes chanceux de l'avoir, alors. Je suppose qu'il est important pour un garçon de partager avec quelqu'un sa passion de manger des bonbons jusqu'à en vomir – je suppose.

Il s'esclaffa de son rire habituel de petit garçon, qui était lentement mais sûrement en train de devenir un rire chaleureux de jeune adulte. A cette pensée, le cœur de Regina palpitait de joie et souffrait à la fois.

La sonnerie se déclencha.

- Emma ?

Il hocha la tête, et pendant un instant, mère et fils échangèrent un sourire, puis Henry se rua vers la porte et la laissa entrer.

- Salut, dit Emma en souriant d'un air hésitant, ses mains nerveusement fourrées dans ses poches.

- Comment vas-tu, Emma ?

Elle avait dit son prénom d'un ton beaucoup trop affectueux, et elle se maudit intérieurement. Heureusement pour elle, Emma s'occupait de Henry et n'avait rien remarqué.

- Ça va, ça va.

- Très bien, très bien.

Elles restèrent un moment dans leur no-man's-land habituel. Etaient-elles amies ? Ennemies ? Est-ce qu'elles devraient s'étreindre ? Ou se serrer la main ? Ou peut-être qu'elles pourraient juste ne faire rien de tout ça et que Regina pourrait juste la prendre dans ses bras pour lui faire un câlin.

- Bon. Tu es prêt, gamin ?

Henry sourit de toutes ses dents, son écharpe en place.

- Ouais. A plus, maman !

Les yeux d'Emma se posèrent sur Regina.

- Tu es sûre que tu ne veux pas venir ?

Elle sentir un éclat de fierté la traverser. Est-ce qu'elle venait de l'inviter ? Ce n'était pas souvent qu'on invitait Regina quelque part !

- Oh, non, ne t'inquiète pas. Amuse-toi bien avec Henry.

- Sûre ?

- J'imagine que je viendrais peut-être faire un tour au festival plus tard, si j'en ai envie. Mais pour l'instant, j'ai un livre que je veux absolument finir.

Emma sourit du sourire joueur que Regina adorait.

- Comme tu veux.

Et ils partirent.

Lorsqu'ils furent partis, Regina regretta d'avoir refusé. Elle aurait pu y aller aussi la maison était trop silencieuse. En plus, Emma avait refusé de se rendre au festival avec les garçons et peut-être qu'elle l'avait invitée elle pour une raison importante.


Une heure plus tard, elle achetait un gobelet en polyester à Leroy, qui était trop occupé à faire les yeux doux à Sœur Astrid pour se rendre compte que le verre allait bientôt déborder.

- Merci, le rappela t-elle à l'ordre d'un ton cassant.

- Hein ? Oh. Ouais. Pas de problème.

Qu'elle soit fée ou nonne, la jeune femme qui n'arrêtait pas de glousser ne pourrait jamais se mettre en couple avec cet ivrogne alors pourquoi s'entêtait-il ? Quelle perte de temps.

Elle était en train de resserrer son manteau, et elle s'arrêta net.

C'était l'hôpital qui se foutait de la charité, si on y pensait.

Elle agrippa son gobelet, profitant de la chaleur qu'il répandait dans ses mains, et commença à errer. Elle n'avait pas prévu de se rendre au festival, mais son livre était soudain devenu ennuyeux quand elle avait commencé à imaginer ce qu'Emma et leur fils pouvaient bien être en train de faire. Combien de fois étaient-ils allés acheter de la barba papa ? Lorsqu'ils avaient joué à attraper des pommes dans l'eau, est-ce que la tête d'Emma était ressortie du sceau, les yeux hilares, mordant dans une des pommes Honeycrisps de Regina ? Combien de Candy Corn (ses bonbons préférés) avaient-ils partagé ? Est-ce qu'elle leur manquait ? Même un peu ?

Elle avait donc enfilé son manteau et s'était dirigé vers le festival d'un pas décidé.

Mais, elle n'allait pas partir à leur recherche pour autant. Ils partageaient un moment spécial Henry & Emma. Elle allait juste marcher sans but un moment - et profiter du changement de couleur des feuilles et – bon sang, où étaient-ils ?

Elle sirota sa boisson et fronça les sourcils. Ça, ce n'était pas du cidre. C'était ridicule. Tout le monde en ville savait qu'elle fabriquait elle-même son cidre, et qu'il était, sans exagérer, assez bon. Pourquoi ne lui avaient-ils pas demandé de s'occuper du cidre pour le festival ? Est-ce qu'ils étaient encore à ce point terrifiés par elle, pour avoir peur de lui poser une simple question ?

Cette chose avait le goût d'une sous marque de jus de pomme dans lequel on aurait rajouté un peu de cannelle. Mais par contre, il était sévère. La boisson lui brûla la gorge en descendant, déclencha une agitation bouillante dans son estomac et lui monta immédiatement à la tête.

Elle se glissa entre les groupes de personnes, gratifiant d'un signe de tête régalien ceux qui lui faisaient la grâce de la saluer, descendant rapidement son cidre parce qu'elle n'avait rien d'autre à faire. Elle jeta un coup d'œil à son portable une ou deux fois, espérant avoir reçu un mail, ou un message, texto ou oral – pour avoir quelque chose à faire en marchant, ce qui lui permettrait de ne plus penser au fait qu'elle était la seule ce soir à n'être pas accompagnée par quelqu'un.

Quand elle eut fini son premier verre, elle en acheta un second et se dirigea d'un pas lent vers les bancs.

Où étaient-ils, bon sang ? Pas qu'elle les cherchait activement. Evidemment, qu'elle ne les cherchait pas. Elle, euh, elle s'en fichait, elle était juste – curieuse… et inquiète pour son fils. Bien sûr.

Elle s'éclaircit la gorge et finit son deuxième verre.

Elle en acheta un troisième, observant de nouveau le couple misérable, puis s'assit sur un banc, à l'écart, pour regarder les gens.

Peut-être devrait-elle juste rentrer chez elle. Qu'est-ce qu'elle était venu faire ici, de toute façon ?

En même temps, ici, il y avait les habitants de Storybrooke – spectacle divertissant. Elle ne cessait jamais d'être stupéfaite par les couples intéressants et souvent mal assortis qui se créaient dans cette ville. Certes, c'était une petite ville, elle l'avait crée ainsi volontairement, mais Leroy et Astrid ? Mr French et la veuve Lucas ? Elle ne put pas non plus s'empêcher de remarquer que Billy – plus connu sous le surnom de Gus-Gus, passait beaucoup de temps avec Amelia Haney – qui, depuis peu, s'était mise à la fabrication de fromage artisanal. Elle avait même entendu dire que Pongo avait mis en cloque une chienne locale. Apparemment, tout Storybrooke se reproduisait – très bizarre.

Alors qu'elle finissait son gobelet, elle remarqua Emma, assise sur un banc de l'autre côté de la pelouse, loin du sien. Regina était cachée par quelques arbres, mais elle pouvait clairement voir que l'expression d'Emma était de nouveau un peu triste. Qu'est-ce qui s'était passé ? Elle pouvait voir qu'il ne s'agissait pas d'une tristesse sérieuse ou profonde, mais elle sentit un mur protecteur et angoissé s'ériger en elle. Bon sang, les gens ne pouvaient-ils pas juste laisser Emma tranquille ? Alors quoi, parce qu'elle était la Sauveuse, il fallait qu'elle passe sa vie à – venir en aide à tout le monde ?

Normalement, c'était le moment où la main de Regina se levait pour offrir à Emma un petit bonjour invisible, mais elle hésitait. Est-ce que ça faisait vraiment une semaine qu'elle n'avait pas utilisé le toucher ? Elle n'avait pas pensé tenir, mais… elle supposait que c'était parce que ses journées étaient bien remplies et qu'elle avait pu voir Emma tous les soirs.

Et bien.

Le toucher n'avait pas besoin de monter dans l'estime d'Emma – c'était Regina qui en avait besoin. Elle se leva donc, surprise de se mettre à vaciller légèrement, et alla acheter deux autres verres de cette chose pathétique qui se faisait passer pour du cidre.

Elle était en chemin pour rejoindre Emma lorsqu'elle se rendit compte que cette dernière n'était plus seule.

Hook était là, abordant son air habituel de crétin content de lui et tendant son verre vers celui d'Emma pour trinquer avec elle.

Regina grogna du fond de sa gorge. Bon sang. Qu'est-ce que le Capitaine-Joli-Cœur fichait là ? Emma lui avait dis qu'elle n'irait au festival avec aucun des deux hommes !

Regina chancela un peu. Emma ne lui – Emma ne lui avait pas menti – si ?

Soudain, Regina se pencha, se cachant derrière les têtes des passants pour éviter de se faire repérer, et retourna subrepticement à son banc, de nouveau à couvert derrière les arbres.

Est-ce qu'Emma lui avait menti ? Et si oui – pourquoi ?

Une pensée terrible lui vint à l'esprit, et ses lèvres s'entrouvrirent de surprise. Et si Emma savait ? Et si elle savait, et qu'elle l'avait rejetée comme elle le faisait si souvent avec les deux idiots ?

Regina ricana dans la nuit et prit une grande gorgée de la boisson dégoûtante. Impossible.

Arg. Regarde-le. Elle ricana de nouveau, cette fois plus fort que prévu. Il se croit tellement charmant avec ses cheveux et sa veste stupide - un Don Juan moderne. Et ben. Elle l'avait rencontré, Don Juan, elle ; tout ce qu'elle avait à dire, c'était que si jamais un jour elle avait un doute quant aux types de talons ou de fard à paupière à mettre, elle savait à qui s'adresser.

Non mais vraiment. Jamais un homme ne devrait porter des pantalons si serrés. Où était sa dignité ? Il était censé être pirate, nom d'un chien !

Tu sais quoi ? se dit-elle en avalant une autre gorgée. Je parie qu'il se rase le torse. Il a l'air d'être le genre d'homme qui se rase le torse. Elle se demanda un instant si Emma connaissait la réponse à cette question, et se mit à lancer des regards noirs à la végétation qui se trouvait devant elle.

Elle imagina les mains puissantes d'Emma glisser sur le torse rouge et irrité du pirate. Elle fronça les sourcils et avala d'une traite le reste du verre. Eurk.

Son Emma ne ferait jamais ça.

Enfin – Em – arg. Merde.

Une chanson provenant de la scène attira son attention, et elle commença à se balancer légèrement. Qui c'était ? Un groupe local. Sa tête roula un peu, et elle hoqueta en rougissant.

L'alcool était en train de lui monter à la tête… peut-être un tout petit peu.

Ses yeux retombèrent sur la blonde et le pirate à pantalon serré.

Et où était son fils pendant qu'Emma flirtait avec cet homme misérable et incompétent, au juste ? Est-ce qu'Emma elle-même le savait ? A quoi pensait-elle, bon sang ? Oh, une minute.

Elle plissa les yeux et aperçut Henry qui se ruait hors du train fantôme et qui se replaçait immédiatement dans la file d'attente, en compagnie de son troupeau d'amis adolescents.

Le voilà. D'accord, très bien.

Elle observa de nouveau les deux autres, sentant sa colère monter peu à peu. Pourquoi Emma ne lui disait-elle pas de s'en aller ? Elle n'avait même pas l'air d'être mal-à-l'aise.

Un bruit de pas qui s'approchait sur l'herbe l'informa de la présence d'un nouveau venu, mais elle choisit de l'ignorer, trop occupée à lancer des regards assassins à un Killian qui ne s'en doutait pas.

- Regina, la salua Gold en s'asseyant à côté d'elle. Comment vas-tu ?

Elle lui répondit par un grognement évasif et termina son verre.

- Tu profites de la soirée ?

Elle lui jeta un coup d'œil, plus lent qu'elle aurait voulu, les paupières lourdes à cause de l'alcool.

- Qu'est-ce que tu veux, Gold ? Tu ne viens jamais me voir sauf quand tu as besoin de quelque chose.

- Oh. J'imagine qu'on peut dire que j'ai quelques questions à propos d'un nouveau genre de magie que j'ai senti, ces derniers temps.

Regina ne l'écoutait pas.

- Désolé, tu peux répéter ?

Gold abordait un sourire amusé.

- Tu as l'air – dans tous tes états.

Il l'observa un moment.

- Tu es ivre, Regina ?

Elle ricana de nouveau, postillonnant un peu.

- Non. Bien sûr que non. J'étais Reine.

Elle gigota et balaya sa question d'un geste de la main.

- Je ne m'enivre pas.

- Uh, huh. Tu es sûre ?

- Me soûle pas, le lutin, répliqua t-elle d'un ton mordant.

Ses yeux se dirigèrent de nouveau vers Emma et Hook, et elle fut énervée de voir que Neal les avait rejoint, tendant à Emma une énorme barba papa.

- Oh, regarde, voilà le deuxième. Génial, gronda t-elle.

L'hilarité de Gold grandit, mais Regina était trop occupée à enrager pour le remarquer. Elle attrapa le deuxième verre, celui qu'elle avait à l'origine acheté pour Emma, et en descendit la moitié en un coup. Le visage d'Emma se décomposa, et elle se leva pour se placer entre les deux hommes. Visiblement, ils recommençaient à se disputer – une fois de plus.

Bon sang. Est-ce qu'ils se rendaient compte de leur stupidité ; se battre comme ça ouvertement devant une femme ? Les hommes pouvaient être tellement idiots. Les flammes de la jalousie rugissaient de plus en plus fort en elle. Elle devrait aller là-bas et –

- Je vois, lâcha lentement Gold, en regardant le trio de l'autre côté de la pelouse.

Sa tête se tourna brusquement vers lui, et pendant un instant les lumières du festival dansèrent et formèrent des spirales psychédéliques devant ses yeux.

- Et qu'est-ce que tu vois, au juste ?

Il jeta un coup d'œil à Emma, puis à Regina.

- J'ai l'impression que tu as du mal à réprimer ta jalousie, Regina.

- La ferme.

Il n'avait pas tord. A ce stade, elle voyait presque le monde en vert, et elle envisageait d'utiliser sa magie pour suspendre les deux hommes par les pieds à l'arbre le plus proche. Elle en avait marre, de partager… surtout que la personne qu'elle « partageait » n'avait aucune idée qu'elle était… partagée.

Ooooh, tout ça était vraiment triste et pathétique.

Elle finit son verre en deux gorgées.

- Très bien, dit-il lentement, en se relevant.

Regina sursauta elle avait complètement oublié sa présence.

- Regina. Je te laisse t'amuser.

Regina leva les yeux au ciel et marmonna quelques insultes, manquant de perdre l'équilibre en se penchant un peu trop vers la gauche.

De l'autre côté de la pelouse, les deux idiots s'étaient rapprochés l'un de l'autre, une lueur de colère brillant dans leurs yeux. Regina se demandait vaguement si la dispute allait empirer lorsque, d'un geste rapide, Hook attrapa Bae au collet et leva son crochet pour – quoi, le plonger dans la chair de Neal ?

Regina gloussa et applaudit légèrement, trouvant la scène plutôt amusante. Il allait faire quoi ? Tuer le fils de Rumplestiltskin en plein milieu du festival ? Débile. C'était encore mieux que regarder un film en mangeant – oh mince. Elle avait voulu s'appuyer sur sa main et avait manqué le banc.

Mais qu'est-ce que Leroy avait mis dans ces fichus verres ? Elle allait avoir une petite discussion avec Mère Supérieure à propos du niveau d'alcool de leurs boissons, parce que –

- Oh, non ! haleta Regina en sautant sur pieds.

Elle trébucha alors qu'Emma se jetait sur le bras de Hook pour le retenir, se balançant comme si elle était sur une aire de jeu.

Quelle idiote, elle avait se faire mal ! Ce crochet avait l'air – pointu ? Regina fit un geste rapide dans l'air, tendant une main invisible pour agripper l'homme à la gorge, mais elle s'immobilisa à la dernière minute. Il avait déjà relâché Neal, et Emma avait de nouveau les pieds sur le sol.

Oh. Son cœur manqua un battement et elle s'affaissa lorsqu'elle vit le visage d'Emma se décomposer un instant. Le regard qu'elle avait, debout entre les deux hommes, brisa le cœur de Regina. Elle fit un pas en avant, désirant aller la réconforter.

- Emma…, murmura t-elle.

Et avant même d'avoir pu y penser à deux fois, elle tendit la main et toucha doucement son épaule avant de descendre le long de son bras, jusque dans sa main, qu'elle serra brièvement.

Depuis l'autre côté de la pelouse, Regina vit le visage bouleversé d'Emma se refaire un petit peu. Une vague de chaleur la traversa, comme si elle avait avalé une gorgée de cidre, et elle continua, lui massant légèrement les épaules.

Emma en profita un moment, immobile, puis se tourna vers les garçons, un éclair de feu brillant dans les yeux.

En voyant ça, un petit sourire ivre étira les lèvres de Regina, et elle se rassit sur son banc. Son humeur avait chuté lorsqu'elle avait trouvé Emma avec les deux hommes, mais elle se sentit remontée en regardant le spectacle. Emma était en colère, elle avait le visage rouge et les mains sur les hanches, réprimandant les deux hommes comme s'ils étaient deux vilains garçons.

C'était adorable. C'était sexy. Ce qu'elle leur disait devait envoyer du lourd, parce que les deux crétins avaient l'air penaud.

Regina se mit à rire joyeusement en continuant de regarder, ses doigts se promenant entre les épaules d'Emma. Elle devait l'admettre, maintenant qu'Emma était furieuse contre les garçons, le spectacle la divertissait vraiment.

Oh mon Dieu ! Elle éclata de rire ; est-ce qu'Emma Swan venait vraiment de taper du pied de rage ? C'était trop mignon ! Et… bizarrement excitant… la tête qu'Emma faisait quand elle était en colère était… sexy. Même si elle jouait souvent le rôle de la blonde qui faisait des blagues, qui renversait son café et qui trébuchait sur ses propres pieds, en réalité, Emma Swan était une badass, et personne n'avait intérêt à la prendre pour une conne – exactement le genre de femmes de Regina Mills.

Une flamme de désir s'éveilla en elle en regardant la scène.

Regina jeta un coup d'œil autour d'elle pour vérifier qu'elle était bien seule, puis, sentant son pouls s'accélérer, elle se servit du toucher pour descendre le long du corps d'Emma en se mordant la lèvre inférieure.

L'air devenait de plus en plus frais, mais le bout de ses doigts, qui touchait Emma, était délicieusement chaud.

Son humeur changea de nouveau, et elle sentit son anticipation monter alors qu'elle finissait de parcourir le dos d'Emma et, pour la première fois, elle descendit plus bas encore, sur ces fesses fermes et musclées que Regina aimait tellement relooker.

Elle ne put pas s'empêcher de haleter légèrement.

Oh, c'était tellement amusant ! Elle ravala un rire, profitant de tout ça. Ses doigts glissèrent le long des cuisses d'Emma, avant de remonter lentement.

Emma avait commencé à onduler, son corps s'éveillant au contact du toucher secret de Regina.

C'était sexy. Elle aimait vraiment le fait qu'Emma ne puisse pas rester immobile lorsqu'elle la touchait.

Le décor commença à disparaître autour de Regina alors qu'elle s'imaginait se diriger d'un pas décidé vers la Sauveuse, bousculant les hommes sur son passage pour venir la prendre par la main - la presser contre un arbre et mordre sa lèvre inférieure. Imaginer pouvoir prendre ses lèvres dans les siennes, pour goûter, pour sentir son parfum.

La respiration de Regina s'accéléra imperceptiblement. Ses doigts se mirent à jouer sur la peau d'Emma, désirant l'attirer à elle, la posséder. Ils coururent sur son ventre, le long de ses côtes. Emma avait dû arrêter de respirer, parce que ses muscles se tendirent rapidement, puis tremblèrent, et se relâchèrent. Regina soupira.

Elle passa sa main sur le dos d'Emma, puis par-dessus son épaule, et se concentra, les yeux fermés, imaginant passer sur un téton, d'abord, puis sur le deuxième.

Oh, Regina voulait – elle avait besoin –

Elle voulait que le sortilège marche dans l'autre sens aussi. Elle voulait sentir ces touchers sur son propre corps. Ce serait l'expérience qui ressemblerait le plus à une relation réelle avec la femme qu'elle désirait tant.

Elle imagina la peau que ses doigts caressaient alors qu'elle passait sur un téton excité, puis le long de ses côtes comme Emma aimait, et autour du nombril tendu, pour finir par arriver à la ligne du jean d'Emma.

Des étincelles blanches crépitèrent des mains d'Emma, et Regina sentit un éclair de désir jaillir entre ses jambes. Emma n'avait vraiment aucune idée de l'étendue de ses pouvoirs, hein ? Les choses que leurs magies combinées pouvaient provoquer chez chacune d'entre elles étaient vertigineuses.

Oh, elle la désirait, et Emma la désirait visiblement en retour.

Elle referma les yeux et pensa aux choses qu'elle pourrait être en train de faire avec sa langue.

Bon sang, elle était ivre. Elle était ivre et ça la rendait lubrique.

Elle avait vraiment besoin de trouver quelque chose à faire avec sa langue.

Elle se perdit dans ses pensées, et ses mains s'abaissèrent.

Quand elle rouvrit les yeux, sa bouche se referma si brusquement que ses dents claquèrent dans une fureur jalouse. Emma tenait le visage de Baelfire comme si – comme si elle allait l'embrasser, bon sang.

Pas question ! Elle ne mettait pas Emma dans – cet état – pour que l'un de ces deux hommes stupides puisse en profiter ! Certainement pas !

Emma repoussa son visage avec dégoût, et Regina se calma aussitôt – il ne resta plus qu'un mécontentement espiègle.

Pourquoi ne s'en allait-elle pas ?

Elle se rassit sur le banc, les jambes et les bras croisés.

Il était temps qu'Emma s'en aille. Elle en avait assez de ce petit manège.

Avec un doigt, elle traça consciencieusement le contour du téton d'Emma et regarda son visage lutter pour rester impassible.

Uhhmm. Regina haussa un sourcil, diaboliquement moqueuse.

Il était temps qu'elle fasse partir Emma. Elle allait la faire se ruer aux toilettes, ou même chez elle… et alors, Regina la suivrait.

Elle caressa donc.

Le long de son dos.

Sur son sein.

Puis ses cuisses.

En descendant vers ses mollets.

Derrière son oreille.

Même sur le côté de son pied.

Emma était une marionnette reliée à ses fils. On aurait dit que des abeilles étaient entrées dans ses vêtements et qu'elle essayait de les faire sortir sans se faire piquer. Elle sursautait et se balançait, et Regina découvrit que le fait de connaître le secret du plaisir qu'Emma ressentait mais essayait de cacher rendait sa petite culotte, déjà humide, de plus en plus mouillée.

Elle n'arrêtait pas de se mordre la lèvre inférieure, les yeux ivres, les paupières tombantes de désir alors qu'elle poussait Emma, encore et encore, attendant qu'elle explose.

Here, kitty, kitty, kitty, chantait-elle doucement dans sa tête.

Mais Emma avait l'air de vouloir résister. Elle la regarda prendre une grande inspiration et essayer de se concentrer.

- Oh ! s'écria Regina.

Cette garce essayait de l'ignorer !

- Très bien. C'est ce qu'on va voir.

Ses doigts réapparurent le long du mollet d'Emma, remontant lentement en pressant ses cuisses et ses fesses. Puis, l'eau à la bouche et les yeux rivés sur elle, elle fit passer un doigt rapide le long de l'intimité d'Emma.

Tout ce qu'Emma avait dans les mains tomba sur le sol, formant une flaque collante de barba papa et de cidre.

Regina laissa échapper un rire narquois et espiègle. Maintenant qu'elle l'avait fait une fois, chaque fibre de son être la suppliait de recommencer.

Lentement, consciencieusement, elle repassa son doigt, commençant juste sous le clitoris d'Emma et s'arrêtant devant son entrée, tiraillée entre un sentiment de joie ou de déprime.

C'était excitant, c'était drôle, hilarant, même, mais c'était aussi une torture. Elle voulait sentir sa peau, la sentir vraiment. Elle voulait sentir son odeur. Elle voulait savoir ce que ça faisait de sentir l'humidité qui devait se trouver là. Et elle ne pouvait pas. Pas comme ça.

Elle passa son doigt une troisième fois, avant de faire des cercles autour de l'entrée d'Emma.

Emma se penchait en avant, les mains sur les genoux, et le désir de Regina devint incontrôlable lorsqu'elle pensa à toutes les possibilités que lui ouvrait cette position.

Son doigt bougea de nouveau, cette fois le long de la fente d'Emma, jusqu'à son clitoris. La jeune femme tomba à genoux, et l'ampoule du lampadaire qui se trouvait au dessus d'eux explosa, produisant un jet d'étincelles.

Regina grogna violemment, comme un chat sauvage prêt à attaquer.

Stop. Elle n'en pouvait plus. Elle ne pouvait plus jouer à ce jeu. Elle avait besoin de lui parler. MAINTENANT. Il fallait qu'elle avoue. Son désir pour l'esprit d'Emma, pour le corps d'Emma, pour le caractère d'Emma, était trop grand.

Elle essaya de se lever et manqua de tomber en trébuchant sur le bout de son manteau. Ça lui prit un moment, mais elle réussit à s'en sortir, et fit un pas décidé en avant.

Puis, elle leva les yeux et vit qu'Henry avait rejoint sa mère, qui reprenait son souffle.

Regina n'était pas une femme qui jurait énormément, parce que jurer, c'était faire preuve d'un manque de dignité, mais lorsqu'elle vit le visage adorable et poupin de son fils à côté d'Emma, elle laissa échapper un long et fort « Putain ! »

Elle les fixa un moment, la respiration erratique, puis, en tapant du pied sur le sol comme Emma l'avait fait plus tôt, elle disparut dans un nuage de fumée.

Elle avait besoin d'un soulagement. Elle en avait besoin.


Quand Regina réapparut dans sa chambre, elle ne perdit pas une minute. Elle enleva son manteau, le balança sur une chaise et leva la jambe pour attraper sa chaussure. Elle cria lorsque le sol monta soudain pour venir se coller contre son visage.

- Bordel !

Est-ce qu'elle faisait tourner la pièce ? Elle regarda ses doigts et ne vit sortir aucune étincelle violette - pourtant la pièce tournait bel et bien.

Elle grogna, enleva un de ses talons, le lança quelque part, et fit de même avec le deuxième.

S'agrippant à la colonne de lit pour se relever, elle arracha sa camisole et son soutien-gorge, puis elle se laissa tomber sur le lit – prête pour les trente prochaines minutes, ou plus.

Elle ferma les yeux et laissa ses doigts jouer avec chacun de ses tétons. La sensation fut tout de suite décuplée et elle gémit un petit : « Ooooooh, enfin. » Elle fit rouler les pointes déjà durcies et prit une inspiration sèche. Elle pouvait renverser le sortilège pour qu'Emma puisse sentir tout ce qu'elle se faisait à elle-même. Oh oui ! Elle imaginait Emma, ondulant de plaisir alors que Regina la faisait jouir. Mais non, Emma était avec Henry maintenant - elle roula donc sur le lit, la tête dans l'oreiller, fit courir ses doigts dans ses boucles trempées, et laissa échapper un cri sans honte.

Ses yeux se refermèrent, et elle imagina, elle fantasma pendant que ses doigts faisaient des cercles sur son clitoris, lentement d'abord, puis plus vite, lâchant de temps à autre un soupir ou un gémissement.

- Oh mon Dieu…

Ses mains s'agrippèrent aux draps et le visage d'Emma apparut derrière ses paupières, abordant un sourire, son petit sourire espiègle. Le prénom de la blonde vint mourir sur ses lèvres alors que, cambrée sur son lit, Regina se laisser – tomber du lit, atterrissant sur le dos avec un craquement stupéfiant.

Elle grogna.

- Oooow. Mince. Ow.

Ok. Plus de cidre de Leroy.

Dans sa tête, elle entendait la voix d'Emma, comme si elle était là, se moquant de Regina, se régalant de la scène qui venait de se dérouler. Elle pouvait presque entendre le petit reniflement qu'elle laissait toujours échapper lorsque son rire devenait incontrôlable.

Elle se mordit la lèvre et sa main redescendit vers son centre trempé.

Son dos s'arqua, ses talons se plantèrent dans le tapis en moquette, et elle laissa son orgasme l'envahir complètement.

Elle retourna sur son lit dès que son corps se détendit, et jura dans ses oreillers.

- Putain.

Il fallait qu'elle trouve le moyen de faire entrer cette femme dans son lit, et dans sa vie, de façon permanente.


Le fameux chapitre où Emma s'était retrouvé en pleine rue dans une position... compromettante... Je sais que la plupart d'entre vous s'étaient demandé ce que fabriquait Regina à ce moment-là, vous avez votre réponse !

Je dois maintenant vous annoncer la mauvaise nouvelle... le deuxième chapitre n'arrivera pas avant demain matin. C'est la première chose que je ferai en me levant (sissi...) et je déteste revenir sur une promesse, mais je suis juste trop fatiguéééééééééée ce soiiiiiiiiir. Mais, avec un peu de chance, on est demain matin alors que vous lisez ça, et le prochain chapitre est déjà posté, AHAH ! La magie d'internet. Bisous à tous, prenez soin de vous !