Disclaimer: les personnages ne m'appartiennent pas.

Résumé: Suite de la quête funeste: Rose et Dimitri tentent de trouver un remède pour les Strigoï.

Voici le dernier chapitre! Bonne lecture!

Révolution de nuit

Chapitre sept

-Comment comptes tu t'habiller ? S'enquit Lissa.

Nous étions arrivées au palais, là où devait avoir lieu le procès. Heureusement, je n'avais pas fait de crise durant le voyage en avion. Je n'avais ni souffert de maux de tête, ni eu de visions cauchemardesques. En effet, c'était ce qui s'était produit la dernière fois que j'avais pris l'avion. C'était du au fait que j'avais reçu le baiser de l'ombre : j'étais morte, puis Lissa m'avait ressuscitée. Par conséquent, j'étais restée liée au monde des morts.

Quand nous avions atterri au palais, nous avions été conduites directement à nos chambres. Cette fois ci, la reine n'avait pas demandé à voir Lissa, ce qui n'était guère surprenant. En effet, la dernière fois qu'elle l'avait vue, Lissa s'était servie de son pouvoir pour la torturer. Elle n'avait ressenti aucun remord. Cela m'inquiétait et je trouvais que c'était une mauvaise chose, même si la reine le méritait. Je la détestais. Elle ne me portait pas non plus dans son cœur, car son neveu Adrian m'appréciait un peu trop à son goût, or elle voulait le marier à Lissa. Elle avait sans doute changé d'avis lorsque Lissa lui avait tenu tête. De plus, mon amie avait réussi à la faire passer pour folle, elle risquait donc d'être jugée inapte à exercer sa fonction de reine et n'aurait plus son mot à dire sur les fréquentations de Lissa et Adrian.

Comme j'étais la future gardienne de Lissa, nous partagions la même chambre. Pour assister au procès, Lissa s'était mise sur son trente et un. Sa tenue était simple, classe, féminine et sexy à la fois. Elle arborait un pantalon noir fluide à la coupe parfaite, ainsi qu'un haut rose sans manches au décolleté plongeant mais élégant, aux antipodes de la vulgarité. Elle portait des chaussures roses assorties à son haut, vernies, munies d'un petit talon. Elle s'était maquillée et avait bouclé ses cheveux au fer, ce qui lui donnait l'air plus angélique que de coutume. Lorsqu'elle me demanda de quoi elle avait l'air, je lui dis en toute sincérité qu'elle était superbe. Le rose était une couleur peu appropriée pour un procès mais à petite dose, pourquoi pas ? De plus, elle était une princesse, elle pouvait se permettre de sortir du lot.

Pour répondre à sa question, je sortis de ma valise un ensemble tailleur noir avec une chemise blanche, la tenue traditionnelle des gardiens. Lissa fronça les sourcils.

-Il n'est pas question que tu t'habilles ainsi !

Je la regardai d'un air surpris.

-Pourquoi ? C'est la tenue traditionnelle des gardiens. Et puis, elle me va bien.

Lissa fit la moue.

-Ce n'est pas le style de tenue qui te va le mieux. En plus, c'est tristounet.

Je retins un soupir.

-Peu importe que ce soit triste, Lissa, dis-je patiemment. Je dois être prise au sérieux.

Lissa esquissa un sourire espiègle.

-Tu peux très bien être prise au sérieux tout en étant sexy mais pas trop ! J'ai la tenue idéale pour ça.

Je fronçai les sourcils.

-Lissa, on ne fait pas la même taille.

En effet, à l'instar de tous les Moroï, Lissa était grande et mince, tandis que j'étais petite, mince également, mais avec des formes généreuses.

-C'est pour cela que je t'ai acheté un petit cadeau ! Dit Lissa sans se départir de sa bonne humeur.

Je la regardai avec stupeur.

-Tu n'as pas fait ça ?

Lissa gloussa.

-Pourquoi pas ?

Sur ces mots, elle sortit de sa valise une boite rectangulaire, qu'elle posa sur le lit.

-Ouvre la, dit-elle.

Elle semblait si heureuse que je décidai d'obéir, pour lui faire plaisir. J'ouvris la boite et en sortis une robe bleue en soie à fines bretelles. J'en tombai immédiatement amoureuse.

-Alors ? Fit Lissa.

Mon amie jubilait.

-Elle est parfaite. Merci, Lissa.

Celle ci m'adressa un large sourire.

-Mets la et vois ce qu'elle donne sur toi, avant de me remercier !

Je m'exécutai. Je me déshabillai et enfilai la robe. La sensation du tissu soyeux qui glissait sur ma peau était des plus agréables.

-Superbe, me complimenta Lissa.

Je m'approchai du miroir mais mon amie m'arrêta.

-Pas si vite. Tu te regarderas quand j'en aurais fini avec toi. Il reste la coiffure et le maquillage.

Lui faisant confiance, je décidai de me laisser faire. Visiblement, ma meilleure amie adorait jouer à la poupée. Je ne parvenais pas à croire que j'étais en train de me pomponner alors que Dimitri allait être jugé. Cependant, cela me permettait de décompresser un peu, ce qui n'était pas plus mal. Tout d'abord, Lissa me fit un brushing pour donner plus de mouvement à mes cheveux déjà superbes en temps normal, y appliqua du sérum et me maquilla. Elle me fit une manucure et pour finir, me parfuma légèrement.

-Tu as terminé ? Demandai-je.

Lissa acquiesça en souriant.

-Oui. Regarde toi.

Je me levai et m'observai dans la glace. La jeune femme qui se trouvait en face de moi était superbe et ne ressemblait pas vraiment à une gardienne. Ses cheveux sombres, d'ordinaire lisses, formaient des boucles épaisses et espacées, son teint hâlé était rehaussé par le bleu pâle de sa robe, qui soulignait ses formes sans être vulgaire. Elégante et sexy à la fois. Son maquillage était discret et subtil. Elle était parfaite. Je remerciai Lissa, qui me dévorait du regard.

-C'est parfait. Merci, Lissa.

Celle ci m'adressa un large sourire.

-Il paraît que le juge est un homme, contrairement à la dernière fois, alors autant utiliser toutes les armes que tu as à ta disposition.

Peu de temps après, on vint nous chercher. Le procès allait commencer. Nous fûmes escortées jusqu'au tribunal. Il y avait déjà du monde mais nous pûmes nous asseoir au premier rang. Nastasia et Adrian nous avaient gardé nos places. Il me semblait que ces deux là s'entendaient de mieux en mieux, ce qui n'empêcha pas Adrian de me regarder avec des yeux écarquillés, la mâchoire décrochée. Je ne pus m'empêcher de me sentir flattée et réprimai un sourire. Finalement, il parut se ressaisir.

-Tu es superbe, petite dhampir. Chapeau.

-C'est Lissa qu'il faut féliciter. C'est elle qui a choisi la robe et qui m'a préparée.

Adrian adressa un sourire courtois à Lissa.

-Mes respects, cousine.

Cette dernière lui sourit.

-Ce n'est pas difficile d'embellir ce qui est déjà beau.

-C'est vrai, reconnut Adrian.

Je songeai que si Dimitri m'avait fait un tel compliment, j'aurais rougi violemment.

-Nastasia, toi aussi, tu es ravissante, dis-je, pour éviter de susciter sa jalousie.

J'étais sincère. Elle portait une robe rose pâle doublée et avait attaché ses superbes cheveux roux en un chignon sophistiqué. Son teint pâle était rehaussé par un blush rosé, ses longs cils noircis au mascara et ses paupières colorées par une ombre pâle. Ses yeux gris semblaient plus profonds. Celle ci me sourit, flattée.

-Merci, Roza.

Soudain, son sourire s'effaça. Elle regardait par dessus mon épaule.

-Qu'il y a-t-il ? M'enquis-je.

-Dimitri vient d'arriver.

En effet, Dimitri, précédé par ses compagnons ex-Strigoï, venait d'arriver, escorté par deux gardiens. Je remarquai que les gardiens étaient Stan et Alberta, mes professeurs. Ils connaissaient bien Dimitri et je songeai que c'était une bonne chose qu'ils aient été choisis pour l'escorter. J'observai ce dernier avant qu'il s'assoie. Ses cheveux étaient noués, comme de coutume, en une élégante queue de cheval et je remarquai, pour la première fois, qu'ils étaient plus longs. Ce n'était pas pour me déplaire, car j'aimais y plonger mes doigts et les sentir glisser sur ma peau nue. Il portait un costume noir, une chemise blanche et une cravate, ce qui le rendait très élégant et redoutablement sexy. Cependant, j'étais trop préoccupée par l'issue du procès pour m'en réjouir.

Une femme en tailleur bleu ciel rejoignit Dimitri. Sans doute son avocate. Je tressaillis en reconnaissant Deirdre. Que faisait-elle là ?

-Tu as vu ? C'est la psy de l'académie, dis-je à Lissa.

Celle ci hocha la tête.

-Oui. Elle a un diplôme d'avocate, tu l'ignorais ? C'est pour cela qu'elle n'est disponible qu'un jour par semaine, à l'académie. Le reste de la semaine, elle exerce son métier d'avocat.

-Tu es sérieuse ?

Lissa acquiesça.

-Oui. Impressionnant, n'est ce pas ?

J'opinai.

-Je ne te le fais pas dire, murmurai-je.

Ainsi, Deirdre était à la fois psychologue et avocate. Je savais que ce n'était pas impossible et que les deux pouvaient être compatibles mais Deirdre semblait si jeune ! Où avait-elle eu le temps d'obtenir ses deux diplômes ? Quel âge avait-elle réellement ? Peut-être était-elle surdouée et avait-elle sauté plusieurs classes. En tout cas, ce n'était pas une mauvaise chose qu'elle soit chargée de la défense de Dimitri. Elle était ouverte d'esprit et m'avait toujours soutenue. La chance nous souriait. Je n'avais plus qu'à prier pour qu'elle ne tourne pas.

Le juge arriva et s'installa. C'était un homme d'une quarantaine d'année, plutôt séduisant, les cheveux grisonnants, des sourcils noirs et des yeux noirs pétillants. Je songeai qu'il ressemblait un peu à Georges Clooney, ce qui me le rendit sympathique. Cependant, je savais qu'il ne fallait pas se fier aux apparences. Victor Dashkov, qui semblait très sympathique et que Lissa considérait auparavant comme son oncle, l'avait enlevée et torturée. Il avait poussé sa propre fille à devenir une Strigoï et s'était servi de l'attirance que Dimitri et moi éprouvions l'un pour l'autre pour nous lancer un sortilège de luxure. Cependant, les apparences n'étaient pas toujours trompeuses. Tatiana, la reine, était antipathique au premier abord et quand on y regardait de plus près, elle s'avérait être une garce.

Le juge donna deux coups de maillets pour instaurer le silence. Toute la salle se tut. Le juge nous adressa un sourire, ce qui me surprit. Je n'avais jamais vu un juge sourire, que ce soit dans la réalité ou dans les films.

-Bonjour à tous et merci à vous d'être venus. Avant de commencer, je voulais m'assurer que vous étiez tous bien installés.

Cette démonstration d'amabilité m'étonna. Il me semblait de plus en plus sympathique.

-Nous sommes réunis aujourd'hui pour juger Dimitri Belikov, Vladimir et Vassili Mychkine, Nicolaï Ivanovitch, Yacha Petrovitch, Mikhail et Sergueï Pavlovitch, Sonia Ivanovna.

Il regarda les intéressés avec un mélange de fascination et de curiosité, ce qui était compréhensible. C'était la première fois qu'il lui était donné de voir des Strigoï qui avaient choisi de redevenir comme avant et avaient réussi. Mais il n'y avait ni hostilité ni sévérité dans ses yeux. Je me demandai si c'était bon signe.

Le juge reprit la parole.

- Ce procès n'a rien d'habituel, bien au contraire. Nous n'avons pas pour habitude de juger des Strigoï qui ont accepté de se rendre et ainsi renoncé à la violence. C'est totalement exceptionnel. Ce qui l'est encore plus, c'est qu'il ne s'agit plus de Strigoï. Ils ont réussi à redevenir comme avant.

Des exclamations de surprise se firent entendre dans la salle et un brouhaha s'éleva. Visiblement, de nombreuses personnes n'étaient pas au courant de la situation en venant où n'y avaient pas cru. C'était normal. À leur place, je n'aurais jamais cru que des Strigoï puissent guérir. Le juge imposa le silence de quelques coups de maillet.

-S'il vous plaît, du calme. Je suis bien conscient que cela paraît incroyable. Cependant, c'est la vérité. Nous allons vous le prouver. Je demande aux accusés de se lever et de passer entre les rangs, escortés de leurs gardiens, pour montrer qu'ils ne sont plus des Strigoï. Leurs yeux ne sont plus cerclés de rouge, caractéristique principale des Strigoï.

Dimitri et les autres se levèrent et passèrent entre les rangs. Cela prit du temps, car le tribunal était vaste. Lorsqu'il passa devant moi, il m'adressa un sourire discret, que je lui rendis. Chaque personne les regardait avec fascination et stupeur. Lorsqu'ils regagnèrent leurs places, un silence religieux s'était installé dans la salle.

-Je demande à Dimitri Belikov de comparaître.

Dimitri se leva et prit place près du juge. Le juge appela un avocat qui s'avança vers lui.

-Monsieur Belikov, confirmez vous avoir été transformé en Strigoï ?

Dimitri acquiesça.

-Oui. Contre mon gré.

L'avocat l'observa. Dimitri semblait parfaitement calme.

-Pouvez vous nous expliquer comment cela s'est produit ?

Dimitri acquiesça de nouveau.

-Oui. Des Strigoï s'étaient attaqués à l'académie Saint Vladimir. Nous avions réussi à en tuer un grand nombre mais certains avaient réussi à s'échapper et à enlever des élèves. C'est lorsque je suis parti à leur recherche qu'ils ont réussi à m'avoir. Intéressés par ma force, ils ont décidé de faire de moi l'un des leurs.

-Comment avez vous réagi face à cela ?

-Comme tous les Strigoï, au début. J'étais dépourvu de conscience.

-Voulez vous dire que vous avez tué pour vous nourrir ?

Dimitri hocha la tête.

-Oui, au début, répéta-t-il. Je suis prêt à en assumer l'entière responsabilité. Mais ensuite, je suis parti en Russie et me suis nourri grâce aux banques de sang de l'hôpital de moscou.

-Pourquoi avez vous choisi de lutter contre vos instincts ?

Dimitri resta un moment silencieux. Il ne pouvait évidemment pas dire que c'était en grande partie à cause de moi.

-Je pense que je suis différent des Strigoï qui ont choisi volontairement cette voie. De nombreux Strigoï qui n'ont pas choisi cela ne sont pas aussi mauvais qu'on ne le croit. C'est pour cela que j'en ai rassemblé pour leur enseigner la maîtrise de soi.

Il désigna ses compagnons d'un signe de tête.

-Pourquoi êtes vous retourné en Amérique ?

Dimitri me regarda. Je lui adressai un signe de tête encourageant.

-Rosemarie Hathaway, mon élève ici présente, m'a convaincu que nous allions trouver un remède et nous avions plus de chance de le trouver auprès de Moroï pratiquant la magie.

L'avocat le regarda d'un air sceptique.

-Vous avez donc cru à ce projet utopique de trouver un remède ?

Dimitri s'autorisa un sourire.

-Pas si utopique que cela, puisque nous l'avons trouvé. J'avais donc raison d'y croire. Je devais y croire, car malgré le contrôle que j'avais acquis sur mes instincts de Strigoï, ils auraient fini par reprendre le dessus tôt ou tard.

L'avocat resta silencieux. Finalement, il hocha la tête et reprit la parole.

-Quelles sont vos relations avec Rosemarie Hathaway, pour qu'elle ait fait tout cela pour vous ?

C'était le genre de questions que j'avais redouté. Dimitri s'y était sans doute préparé, car il resta imperturbable.

-C'est mon élève. La plus brillante que j'ai jamais eu. Nous nous entendons très bien.

Heureusement, l'avocat n'insista pas. Les paroles de Dimitri me procuraient un plaisir indicible.

-Merci à vous, monsieur Belikov, dit finalement l'avocat.

-Avez vous fini avec monsieur Belikov ? Demanda le juge à l'avocat.

-Oui, acquiesça ce dernier.

Ce fut ensuite au tour de Sonia, puis des autres compagnons de Dimitri de comparaître. Ils racontèrent leur histoire, expliquèrent comment ils avaient été transformés en Strigoï contre leur gré, avant de rencontrer Dimitri. Cela me parut long. J'étais impatiente à l'idée de connaître l'issue du procès et je ne supportais plus de rester assise à ne rien faire. Je voulais agir, défendre Dimitri. Pourtant, un gardien se devait d'être patient.

Une fois les anciens Strigoï tous passés, le juge appela mon nom.

-Vas y ! me souffla Lissa.

Elle me regardait d'un air encourageant. Je lui souris et me levai, puis allai prendre place près du juge. Le regard appréciateur que Dimitri m'adressa quand je passai devant lui ne m'échappa pas.

L'avocat me posa des questions et je lui servis la même version que celle de Dimitri. Je m'étais préparée aux questions embarrassantes.

-Pourquoi avez vous décidé d'interrompre vos études pour rejoindre votre mentor devenu Strigoï ?

Cette question laissait entendre que j'étais une sympathisante des Strigoï mais elle ne me perturba pas.

-Pour le tuer. Dimitri m'avait dit qu'il préférait être mort que Strigoï.

L'espace d'un instant, cette réponse cloua le bec de l'avocat. Cependant, ma satisfaction fut de courte durée.

-Pourquoi avoir fait une telle chose pour lui ? Pourquoi avoir décidé de vous en charger personnellement ? Quels étaient vos sentiments à son égard ?

Je regardai l'avocat avec mon air le plus innocent.

-C'est mon mentor et mon ami. Je le considère comme un membre de ma famille.

J'étais de plus en plus douée pour mentir. En effet, Dimitri était bien plus que cela, à mes yeux. Quoi qu'il en soit, l'avocat parut satisfait de cette réponse. Il hocha la tête.

-Je vous remercie, mademoiselle Hathaway. Vous pouvez vous rasseoir.

Lorsque je m'assis près de Lissa, celle ci leva le pouce en signe de victoire et Adrian me lança un regard approbateur.

-Tu as assuré, petite dhampir, chuchota-t-il.

Ce fut au tour de Nastasia d'être interrogée. Celle ci témoigna du fait qu'elle avait vu Dimitri sous sa forme de Strigoï et qu'il était resté le même qu'avant. Il ne lui avait fait aucun mal et n'avait pas essayer de les transformer, elle et sa famille. Ensuite, les gardiens de l'académie témoignèrent du fait que Dimitri et les autres Strigoï avaient accepté de se rendre sans se battre. Je souris intérieurement. Tous les témoignages étaient positifs.

-Bien, dit finalement le juge. Nous allons faire une pause de vingt minutes. Je prononcerai mon verdict ensuite.

Je sortis m'aérer en compagnie de Lissa, Adrian et Nastasia. Cela faisait du bien de se dégourdir les jambes. Lissa me dit que j'avais été géniale. Adrian et Nastasia le confirmèrent. J'acceptai leurs compliments, tout en me disant que celui qui avait le plus assuré était Dimitri.

Lorsque je regagnai le tribunal, j'étais optimiste. La salle se remplit rapidement.

-Bien, dit le juge. Je déclare les accusés innocents.

Alors qu'il s'apprêtait à donner un coup de maillet pour rendre son verdict, on l'interrompit.

-Je m'y oppose, déclara une voix dure et sèche que je connaissais.

Je me retournai et reconnus la reine, qui venait de se lever. Ses cheveux gris étaient tressés et elle arborait un tailleur vert bouteille. Elle s'avança vers le juge, qui la regarda d'un air surpris.

-Je m'oppose à votre décision, Ethan, dit-elle au juge. Vos accusés sont des Strigoï. Ils méritent la mort. J'use de mon pouvoir de reine pour m'opposer à leur libération.

La haine monta en moi. Alors que j'étais à deux doigts de craquer et de me jeter sur la reine sans me préoccuper des conséquences, Deirdre se leva. Je la regardai avec étonnement.

-Votre altesse, les accusés dont vous parlez ne sont plus des Strigoï et ils n'ont jamais choisi de l'être. Ils se sont battus pour guérir. Ils ne méritent qu'une seule chose, retrouver leur liberté et leur vie d'avant.

La reine la regarda comme si elle l'avait giflée.

-Comment osez vous me contredire, moi ?

-Votre altesse, malgré le respect que je vous dois, si vous usez de votre pouvoir de manière aussi injuste et arbitraire, alors vous êtes indigne d'être reine.

Tatiana ouvrit la rouge, la referma, puis son visage prit une teinte verte, puis violette. Elle fut secouée de spasmes et s'écroula par terre. Je regardai Lissa.

-C'est toi qui as fait ça ? Chuchotai-je.

Lissa secoua la tête.

-Je n'y suis pour rien. Seules les paroles de Deirdre y sont pour quelque chose.

Deux personnes se précipitèrent auprès de la reine.

-Emmenez là à l'hôpital, ordonna le juge. Je déclare donc les accusés innocents.

Sur ces mots, il donna un coup de maillet décisif.

Je me précipitai auprès de Dimitri et, oubliant toute prudence, je le serrai dans mes bras. De toute façon, j'étais majeure. Celui ci me rendit mon étreinte.

Après avoir fêté au palais la libération de Dimitri et les autres, Dimitri m'emmena dans sa chambre. Depuis qu'il n'était plus enfermé, on lui en avait attribué une avant son départ. Il me dit qu'il avait quelque chose à me montrer.

-Enfin seuls ! Me réjouis-je.

Je m'aperçus alors que Dimitri me regardait d'un air grave.

-Qu'il y a-t-il ?

Au lieu de me répondre, il s'agenouilla. Puis il sortit une bague dont les diamants brillaient de mille feux.

-Ne me dis pas que…

Dimitri sourit.

-Rose, le monde va changer. Nous pouvons guérir les Strigoï et la reine, jugée inapte à remplir sa fonction, va sans doute laisser place à quelqu'un d'autre. Je veux découvrir ce nouveau monde à tes côtés. Rosemarie Hathaway, veux tu devenir ma femme ?

Je ravalai les larmes qui menaçaient de sortir.

-Oui, dis-je.

C'était tout ce que j'étais capable de répondre. Il me passa la bague au doigt. Je devrais l'enlever peu de temps après, nos fiançailles devant évidemment rester secrète jusqu'à ce que je quitte l'académie. Mais pour le moment, j'éprouvais un plaisir intense à admirer les petits diamants lumineux qui formaient une rose à mon doigt.

-Quand l'as tu achetée ?

Dimitri sourit.

-Quand nous étions à New York.

Je me remémorai ce moment là.

-Tu veux dire que lorsque tu m'avais dit que tu allais fumer, en fait…

Dimitri sourit de plus belle.

-Je n'ai jamais fumé.

-Oh.

Dimitri s'approcha de moi et me caressa la joue.

-Je t'aime, Roza.

-Moi aussi, Dimka.

Nous nous embrassâmes longuement. Ensuite, à regret, je rangeai la bague dans son écrin et nous sortîmes, prêts à découvrir ce nouveau monde qui s'offrait à nous.

FIN de la deuxième partie

Vous aurez la suite et fin de cette histoire la semaine prochaine! Il s'agit d'un one shot, Noces de sang!