Queenie : Je viens d'apprendre que certains d'entre vous ne suivent pas la parution des scans sur le net. Bravo à vous - moi j'ai jamais pu attendre haha - puis pour être honnête je ne me suis mise au HashiMada qu'après le scans 617, donc franchement tous le mérite est pour vous.

Je vais donc faire un petit point sur les personnages qui apparaissent dans les scans et dans cette fic, et à la fin du chapitre je ferai un petit rappel sur les trois clans et leurs membres pour pas surcharger le début du chapitre.

!SPOILS! : Butsuma Senju est le père d'Hashirama. On apprend aussi plus tard qu'Hashirama avait deux autres frères qui sont morts à la guerre : Itama et Kawarama. Je me permets de le dire vu qu'ils sont mentionnés dans certains chapitres.

Tajima Uchiha est le père de Madara. Lui aussi avait d'autres frères qu'il a perdu pendant la guerre. On en sait pas beaucoup plus.

Voilà pour les personnages. Je rappelle que Madoma et Ketaba sont des OC mais qu'elles ont obligatoirement existé (sinon bah...pas de HashiMada quoi!)

Autres points assez importants pour l'intrigue : il y'a un certain moment dans le manga des informations révélées sur la mythologie dans le monde de Naruto - partie que j'ai pas mal kiffé pour ma part - et dont je risque fort de me servir. Donc à partir d'un moment ça va vous manquer si vous ne suivez pas les scans. C'est pas pour de suite donc vous avez le temps de rattraper mais je préfère le dire...(faites attention aux arbres, c'est tout ce que j'ai à dire)

A tout à l'heure.

!WARNING! cette fiction vient de passer en Rating M. vous êtes donc prévenu(e)s.


Projet Mad'TERRA : Première partie. Année 1848 - 1852

Ouverture

Chapitre 7 : Le bain - premier essai.


Printemps, que me veux-tu ? pourquoi ce doux sourire,
Ces fleurs dans tes cheveux et ces boutons naissants ?
Pourquoi dans les bosquets cette voix qui soupire,
Et du soleil d'avril ces rayons caressants ?

Printemps si beau, ta vue attriste ma jeunesse ;
De biens évanouis tu parles à mon coeur ;
Et d'un bonheur prochain ta riante promesse
M'apporte un long regret de mon premier bonheur.

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Premier amour – Charles-Augustin Sainte-Beuve


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o0o0o

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Mardi 25 septembre 1849

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Il y avait une bizarrerie chez Madara : c'était cette télévision en face de son grand lit. Elle était toujours éteinte et Madara ne la regardait jamais. Quand Hashirama lui avait posé la question, un jour il avait feint de ne pas entendre et avait aussitôt changé de sujet de conversation – ce qui était déjà un exploit pour lui, d'initier une conversation. Plus les jours passèrent et plus Hashirama s'ennuyait, et penser à ses petits détails concernant son sauveur était sa seule source de distraction.

Alors qu'il faisait sa promenade habituelle dans le jardin, il y réfléchissait. A quoi pouvait bien servir cette télévision ? Hashirama passait quand même la plupart de son temps dans cette chambre, et lorsqu'il n'y était pas, Madara n'y était pas non plus, puisqu'il restait toute la journée cloitré dans son laboratoire.

Il devait d'ailleurs y être en ce moment.

Le lendemain, à 19h00, heure de sa promenade, Hashirama fit mine de partir vers le jardin et attendit tranquillement derrière la porte. Au bout de quelques minutes, sa patience fut récompensée : Madara sortit de son labo et regarda s'il ne voyait pas de trace du fauteuil dans la chambre. Puis, discrètement, comme s'il faisait quelque chose de totalement illégal, il ferma la porte et Hashirama jura l'entendre trafiquer des branchements. Il utilisait la télévision, c'était une certitude.

Mais pourquoi faisait-il cela en cachette?

Hashirama sans bruit s'approcha de la porte fermée et colla son oreille pour mieux entendre…quelle ne fut pas sa surprise!

"Morganella*…pourquoi ne comprends-tu pas mes sentiments pour toi?"

"Docteur Simon…non je ne peux pas…vous êtes médecin chef de service et moi une simple infirmière…et je ne peux pas faire ça à votre femme, qui est dans le coma depuis déjà 5 ans!"

"Mais justement! Je n'en peux plus d'attendre…Morganella, je vous aime! Fuyez avec moi !"

"Docteur Simon…"

"Mais dit lui que c'est son frère jumeau Ben que tu aimes!"

La voix de Madara raisonna tel un coup de tonnerre dans un ciel étoilé. Hashirama écouta le programme jusqu'au bout et partit le plus vite possible quand il entendit les premières notes du générique de fin. Il reconnaissait la voix de certains acteurs : c'était une vieille série médicale à l'eau de rose que sa mère adorait regarder quand elle était en congés maternité – Hashirama restait avec elle quand elle s'occupait de ses trois jeunes frères. Le bistouri du cœur s'il se rappelait bien. Même à son jeune âge, Hashirama avait trouvé cette série vraiment…mièvre et trop à l'eau de rose.

Alors c'était donc ça, son terrible secret.

Uchiha Madara était fan d'un soap opéra médical.

Lorsqu'ils se mirent à table ce soir-là, Madara resta plus que dubitatif : le sourire d'Hashirama traversait son visage jusqu'à ses oreilles et ne semblait pas vouloir disparaître. Mais bon, il était tellement habitué à voir Hashirama sourire pour un rien…

Un mois avait passé depuis la venue de Kakuzu. La relation entre les deux hommes s'était un peu améliorée : Madara parlait de plus en plus spontanément, mais cela restait bien superficiel. Hashirama voyait bien qu'il continuait constamment à se cacher derrière je ne sais quel masque – comme ce vouvoiement qu'il supportait de moins en moins – et qu'il s'entêtait à vouloir rester seul dans son monde, seul dans son labo, seul, avec ses idées et ses recherches qui semblaient plus importantes que tout. D'ailleurs, en parlant de ses recherches, il repensa à l'incident qui s'était passé avec Obito le mois dernier. Quelle était la motivation de Madara derrière ce projet? Il voulait redonner vie à des cellules mortes…se pourrait-il qu'il veuille soigner quelqu'un en particulier? Comme…Mikoto par exemple?

On était Mardi aujourd'hui. Il pensait encore à elle, comme tous les mardis.

"Je ne serai pas là aujourd'hui, Kyoko non plus. Obito restera avec toi, ça ira?"

Et comme tous les mardis, il lui posait encore la même question. Évidemment que ça irait. Il fallait que ça aille bien de toute façon. Et puis, Obito était un chouette gars, il était très travailleur et attachant. S'il avait pu en avoir, Hashirama aurait rêvé avoir un enfant comme lui.

Cet après-midi-là, Obito c'était mis dans l'idée de faire un collier de fleur pour Rin. Il s'en alla dans les champs avec le baby phone et passa toute la journée à faire son joli cadeau.

Hashirama ne voulant pas l'ennuyer et ne pouvant pas l'aider, décida qu'il serait grand temps de prendre son bain.

Obito l'aida avec le releveur – nouvelle acquisition de la compagnie Ouroboros par Mr. Uchiha. – et l'installa dans son bain moussant avant de partir dans les champs.

Ah. L'eau chaude était relaxante. Hashirama se sentait bien. Si bien. Il était presque en train de s'endormir, enivré par toutes ses senteurs…ça sentait comme les cheveux de Madara…

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o0o0o

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Mikoto se sentait bien mieux depuis la mise en place de la corticothérapie intraveineuse. Elle devrait rester encore un moment alitée mais elle reprenait déjà des forces. Elle respirait par elle-même désormais, et parvenait même à prendre son petit trésor dans ses bras. Elle n'en demandait pas plus.

De nombreux anciens collègues étaient venus la saluer – ils avaient tous fini leur internat brillamment, et tous se rappelaient d'elle et de sa gentillesse. Cela lui faisait chaud au cœur et l'aiderait certainement à guérir plus vite.

Son mari était là lui aussi : Il n'avait pas le temps mais, il venait quand même; il ramenait le travail qu'il avait sur la table à côté du lit de sa femme tout en surveillant son petit dernier. Sasuke dormait paisiblement sur le ventre de sa mère – comme rassuré qu'elle aille enfin mieux.

"Il est si mignon." Murmura-t-elle à l'intention de son mari en lui caressant les cheveux.

"Il est trop mignon. Les hommes ne sont pas fait pour être des peluches." Ou pour ressembler autant à sa femme…Il serait toujours troublé par le visage de Sasuke : il avait vu des photos de Mikoto à cet âge et, il en était la réplique parfaite. D'un côté il en était content : jamais il n'élèverait son fils comme il avait élevé Itachi, jamais il ne chercherait à créer un clone de lui-même, puisque Sasuke était déjà, le clone parfait de Mikoto, et qu'il ne pourrait jamais rien réaliser de plus parfait. Il fallait qu'il soit loin de tout ça, loin du pouvoir, loin de la violence et loin de la mort; s'il pouvait l'éloigner de tout ça et lui faire oublier ce sang de guerrier qui coulait dans ses veines, Fugaku serait un père heureux.

Itachi rentra à son tour dans la chambre de sa mère. Il la salua froidement et vint se poser à gauche de son père, comme un bon petit soldat. Fugaku eut un frisson d'effroi : il était vraisemblablement trop tard pour Itachi…

"Mère, comment vous sentez vous?"

"Allons Itachi, tu peux m'appeler maman, nous ne sommes que tous les quatre."

"Non mère, je vous dois le respect, c'est comme ça que l'on doit faire quand on est bien élevé."

"Hihi, toi aussi Itachi, tu es si mignon. Viens alors, montre-moi comment un fils bien élevé témoigne l'amour qu'il a pour sa mère."

Itachi rougit légèrement avant de se retourner, hésitant, vers son père. Le visage de Fugaku ne vacilla pas une seconde ; pourtant Itachi prit son courage à deux mains et, défiant tout ce qu'on lui avait appris depuis quelques années, sauta au cou de sa mère et l'embrassa vivement sur la joue. En fait il n'y avait probablement qu'une seule chose qu'Itachi aimait plus que sa mère : c'était Sasuke.

"Tu as encore reçu des fleurs : de la part des infirmières des urgences cette fois. Oh regarde, il y a plein de petits chatons sur la carte." Lui fit Fugaku en lui tendant un bouquet de pivoines.

"Les filles sont tellement adorables. Dire qu'après tout ce temps…elles ne m'ont pas oublié." Mikoto sentait les larmes lui monter, émue par tant de reconnaissance. Elle ne méritait certainement pas tout l'amour qu'elle recevait mais, elle faisait en sorte de l'accepter et de le rendre au centuple, à chaque fois que cela était possible.

"Mikoto-san!" La douce voix de Kyoko se fit entendre, et elle pénétra à l'intérieur de la chambre précédée de Madara.

Les deux hommes Uchiha se saluèrent avant de laisser les deux femmes seules, Fugaku faisant signe à Itachi de sortir avec Sasuke sur le dos.

"Comment se passe la cure?" lui demanda Madara, les bras croisés contre le chariot prêt de sa chambre. Il prit le dossier de Mikoto laissé négligemment sur une étagère et feuilleta ses résultats biologiques.

"Bien j'imagine…elle arrive à respirer seule c'est déjà un mieux…"

"Tu as l'air exténué. Tu devrais prendre des vacances." Lui conseilla son cousin sans détourner le regard du dossier de sa femme.

"Tu t'es vu dernièrement, Madara? Tu ressembles à un zombie…tes cernes sous tes yeux vont finir par ne jamais partir si tu continues à travailler autant."

"Comme si j'en avais quelque chose à faire. Sa CRP et ses blancs sont très élevés. Il faudra que tu fasses attention qu'elle n'attrape pas une infection à la con." Madara finalement reposa le dossier dans le chariot et fit le tour de la table, se plaçant devant un ordinateur allumé. Il rentra les identifiants de Kyoko qu'il connaissait par cœur et rentra dans le serveur d'imagerie de l'hôpital. Il fallait qu'il voie de ses propres yeux la dernière IRM de Mikoto…

"Tu sais, ils auraient fini par t'envoyer un compte rendu." Lui fit remarquer Fugaku.

"Ces gens-là sont des incapables, je préfère m'assurer de ça moi-même. Qui s'occupe du pays pendant que tu pleurniches au chevet de ta femme, au fait?"

"Certainement ton père…"Le regard perdu dans le vide et la grimace de Madara ne laissait rien présager de bon quant à cette dernière nouvelle. Il y avait une raison pour que Fugaku ait eu le pose à la place de Tajima, une très bonne raison…

"Tu ne peux pas rester éternellement ici. Je m'occuperai d'elle aujourd'hui. Kyoko prendra le relai les autres jours."

"C'est vrai que tu as ton autre 'patient secret' qui réclame toute ton attention…"

"Allons bon, sommes-nous démasqué? Je commençais à m'impatienter. Je pensais que les Senju avaient finalement renoncé à leur progéniture." Madara compta le nombre de plaques blanches arrondies sur les coupes d'IRM et les compara avec celle de la dernière fois : aucun doute possible, elles avaient augmentées…

"Tu sais bien que les Senju n'abandonnent jamais…et croit moi j'en sais quelques choses…"

"Pourquoi dis-tu ça avec autant de lassitude? Je croyais que les Uzumaki les avaient définitivement écartés du gouvernement…"

"Ah, Madara, on voit bien que cela fait bien longtemps que tu n'es pas venu au Palais…"

Le ton de Fugaku surpris Madara. Au plus haut point. Son cousin, plus âgé que lui, était un homme droit, fier, loyal et robuste. Il n'avait pas été choisi pour rien pour diriger le pays et le faisait d'une main de fer, n'hésitant pas à utiliser les méthodes les plus ignobles pour étouffer une rébellion ou une menace ennemie. Et à cet instant précis, Fugaku Uchiha semblait mettre un pied à terre : affligé par la maladie de sa femme, il perdait toutes ses forces dans cette bataille qui s'étaient engagées il y a de cela des années…un lutte interne à l'intérieur même du gouvernement, une lutte sans merci pour le pouvoir, une lutte pour s'approprier les faveurs de l'Impératrice et ainsi se rapprocher de son pouvoir suprême.

"Les choses sont si graves que ça?" Madara était évidemment très inquiet. Ce n'est pas comme si la moitié de sa famille travaillait dans la police ou au gouvernement…il n'y en avait que peu, comme Mikoto et lui-même, qui avait eu le courage de choisir une autre voie.

"L'Impératrice a rêvé de mes fils…de leur avenir. De leur destiné. 'Un des deux frères sera le dernier descendant de la lignée maudite qui restaurera le fier blason et ramènera la lumière sur l'humanité.' Ce sont les mots de cette vipère de Senju qui ne quitte jamais l'Impératrice." Fugaku cracha dans la poubelle jaune à côté de lui en pensant à la jeune Toka. "N'est-ce pas une funeste présage de la part de cet oiseau de malheur?"

"On ne peut pas croire en ces gens-là." Lui répondit Madara du tac au tac. "Les Senju mentent comme ils respirent pour arriver à leur fin. C'est juste une stratégie pour nous déstabiliser et retourner l'opinion contre nous. Avec la popularité croissante de Madoma Senju et la fortune qu'est en train d'amasser son mari…un jour, il faudra se rendre à l'évidence : nous ne pourrons plus les écarter bien longtemps."

Le silence régna pendant un instant qui parut long comme l'éternité, alors que le regard des deux hommes se portait sur la chambre de Mikoto, à peine caché derrière les grandes vitres des soins intensifs de neurologie.

"Je crois que les Senju préparent un coup d'Etat."

Madara continua de regarder les images comme si de rien n'était. Il savait qu'au fond ce jour arriverait, et après tout il s'en fichait, du moment que cela n'altérait pas ses recherches. Mais, surtout, il ne voulait qu'on vienne lui demander de régler le problème. Il ne voulait pas qu'on lui parle d'elle.

"Madara…Je sais ce que tu penses, mais, tu ne crois vraiment pas qu'il faudrait…lui en parler?"

"Non. J'ai fait une promesse. Vous avez tous fait une promesse. Cette histoire ne doit jamais resurgir, quand bien même elle nous débarrasserait de la pâte de certains Senju." Surtout celle du père d'Hashirama.

"Je sais que tu veux protéger ta mère, mais si la vision de l'Impératrice est correcte…si un de mes fils est réellement destiné à être le dernier survivant Uchiha…cela veut dire que ni toi, ni moi, ni Ketaba ne seront en vie. Il faut faire quelque chose, dans tous les cas, sa vie est en danger."

"Tu supposes alors que c'est le clan Senju qui sera la ruine du clan Uchiha? Qui te dit que cela sera le cas? Nous sommes tous assez têtus et arrogants, et nous aimons assez nous battre…pour courir seuls vers notre propre ruine...comme tu sembles en train de le faire."

Kyoko choisi ce moment pour sortir de la chambre : Mikoto se sentait très faible et voulait parler à son mari avant de s'endormir. Fugaku s'excusa auprès de son cousin et, prenant Itachi par le bras, conduisit ses deux fils vers leur mère.

Madara regarda l'heure : il était 15h00 passé. Kyoko n'avait pas du dormir depuis plus d'une journée entière.

"Tu veux que je te raccompagne chez toi?"

Parfois, il se sentait coupable.

Il savait très bien ce que l'infirmière ressentait pour lui – elle ne lui avait jamais caché et il avait grandement apprécié son honnêteté – et bien qu'elle savait qu'il ne se passerait jamais rien entre eux, ni avec personne d'ailleurs, elle continuait à rester. Elle était loyale et fidèle, toujours là pour anticiper ses moindres mouvements, ses moindres envies et besoins.

"Non, va te reposer. Obito est avec Hashirama, ça ira pour ce soir."

Il se sentait vraiment coupable de lui être si indifférent.

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o0o0o

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La porte de la salle de bain claqua et réveilla Hashirama. Il était allongé sur le lit, seulement vêtu d'un boxer noir et d'un linge enroulé autour de la taille comme un ancien dieu grec. Il fronça les sourcils : il ne se rappelait pas avoir fini son bain. Il avait juste…respiré le parfum de Madara et puis…oh, oui, il s'était endormi. Dans son bain ! Non mais quelle idée…il aurait pu en mourir !

"Bien dormi?" C'était la voix de Madara. C'était lui qui venait vraisemblablement de sortir de la salle de bain. Hashirama leva la tête et se redressa un peu pour pouvoir le regarder – et quelle ne fut pas sa surprise devant le spectacle qui l'attendait.

Madara n'était décidément pas comme d'habitude : il n'était pas tout à fait sec, en tout cas, ses cheveux ne l'étaient pas : ils ondulaient et se collaient le long de son corps, de son torse, faisant tomber ses fines gouttes d'eau le long de ses muscles et de son ventre, des gouttes qui ruisselaient entre ses abdominaux finement sculptés – qui aurait cru qu'un rat de laboratoire soit aussi bien foutu, franchement – pour enfin finir leur courses sur le drap blanc immaculé qu'il avait enroulé autour de sa hanche. Très, très bas, autour de sa hanche. Dangereusement bas. Hashirama se demandait même par quelle force magique ce drap tenait en place. Et puis il se rendit compte qu'il regardait depuis un peu trop longtemps ce drap et l'endroit où il prenait attache. Quand il releva les yeux – non sans mal, allez savoir pourquoi il trouvait la vue…hypnotisante – il vit Madara sourire. Il l'avait pris en flagrant délit…

"La vue te plait tant que ça, Hashirama?"

Ses yeux ne quittèrent plus les siens ; alors qu'il s'avançait, doucement, dangereusement, tel un prédateur vers sa proie sans défense, Hashirama pouvant voir à chacun de ses pas sa cuisse dépasser de la fente que le drap faisait au niveau du nœud, et il retenait son souffle à chaque fois que cette cuisse si pale et musclé faisait irruption dans son champ de vision. Madara souriait toujours. C'était un rire sadique. Comme celui d'un lion qui avait envie de jouer.

Mais, contre toute attente, et à la grande déception d'Hashirama, Madara stoppa sa course vers son lit et se dirigea vers sa commode. Il prit un élastique et s'attacha les cheveux. De là où il se trouvait, Hashirama avait une vue imprenable sur sa chute de rein. Comment un homme pouvait-il être aussi cambré? Il n'avait qu'une envie : passer ses mains contre son corps et descendre vers le bas de son dos, sculptant ses formes et puis, descendre encore plus bas, empoignant au passage ses fesses arrondies à pleine mains, tout en se perdant dans sa chevelure abondante en reniflant ce parfum enivrant-

Il fallait qu'il arrête. Cette fois ci il était allé trop loin. Il ne pouvait plus continuer à fantasmer gratuitement sur son médecin – d'abord ses mains, puis ses yeux, ça encore ça pouvait passer, mais son corps, sa cambrure…- il sentait déjà les effets de ses pensées impures se répercuter au niveau de son entre jambe et il n'en était pas très fier.

Si dans sa vie Hashirama n'avait jamais été attiré par un homme, il ne pouvait pas renier que l'Uchiha était un fort beau spécimen. Il se demandait pourquoi, avec un corps pareil, il se contentait de cols roulés trop large pour lui ou de sa blouse blanche – il n'y avait rien de moins attirant aux yeux d'Hashirama qu'une blouse blanche. Il n'était pas très large, pas autant qu'Hashirama qui était bâti comme une armoire à glace, mais ses bras longs et fins, ses mains, ses longs doigts, sa silhouette élancée, ses cheveux si désordonnés qui semblaient aussi doux que de la soie mais si indomptables…Madara ressemblait à un félin. A une panthère noire.

Hashirama fut réveillé de sa rêverie par la douce main de Madara se baladant de bas en haut sur son torse…Il attrapa son poignet au vol, étonné, complétement pris au dépourvu.

"Hashirama…pourquoi? Ce n'est pas…ce que tu veux?"

Madara s'assit à moitié à côté de lui, ses jambes pendant au bord du lit, son corps à moitié tourné vers celui de son invité. Il continua à faire voyager le bout de son index sur les différentes vallées que lui offrait le corps d'Hashirama, entre ces pectoraux saillants et sa gaine des grands droits, souriant à chaque fois qu'il provoquait des frissons sur la peau hâlée de l'homme sous ses doigts.

"Ah…Hashirama…sais-tu seulement ce que tu veux?"

A cet instant précis, cet instant où Madara monta sur Hashirama à califourchon, ses cuisses de part et d'autres de ses hanches, cet instant où Madara décida que ses mains ne suffisaient plus et qu'il devait dès à présent couvrir le torse d'Hashirama de ses baisers; à cet instant précis, non, Hashirama ne savait plus du tout ce qu'il voulait. Il voulait à la fois tout et son contraire. Sa tête lui criait de résister mais son corps devenait de plus en réceptif à toutes cette stimulation; il sentait la chaleur monter en lui, partir de chaque endroit que Madara touchait, parcourir tout son être et se diriger là, dans son bas ventre, lui amenant un peu plus de plaisir à chaque seconde. Lorsque Madara prit sa nuque d'assaut, mordillant légèrement pour commencer, puis plus fort, laissant une marque sur sa peau, qu'il recouvra aussitôt d'un coup de langue, Hashirama ne put se retenir : son corps avait pris le dessus sur son esprit.

"Madara…" ce fut la première fois qu'Hashirama s'entendit gémir son nom. Pourquoi…pourquoi cela sonnait si bien à ses oreilles?

"Hashirama…dis-moi…ce que tu veux…ce dont tu as vraiment envie…"

Le pauvre était complétement perdu. Comment était-il censé réagir? Le Madara qu'il connaissait…était froid et distant, et ce Madara là…était chaud comme la braise, aussi brulant qu'un volcan – il avait d'ailleurs réussi à réveiller le volcan enfouie chez Hashirama avec brio et sans trop d'effort – tellement différent…mais pourtant, c'était bien son visage, ses yeux, la même intensité dans le regard, la même douceur dans ses caresses…

Lorsque Madara frotta ses hanches consciencieusement sur l'érection naissante d'Hashirama, celui choisit de faire taire définitivement ses pensées et de laisser parler son corps : tant pis pour les remords, il réfléchirait plus tard. Il ne s'était pas senti vivant depuis si longtemps. Si libre, si…bien. Tout simplement.

Hashirama se redressa et prit Madara dans ses bras, enroulant ses jambes autour de ses hanches élancées, son regard troublé par ce désir soudain se perdit dans la profonde abyssale des pupilles de son futur amant. Tout doucement, comme si le temps entre eux s'était un instant suspendu pour leur laisser le temps de réaliser, Hashirama glissa son pouce sur la lèvre inférieur de Madara. Il voulut s'élancer vers lui, glisser sa main derrière sa nuque pour que le contact soit plus intense, garder les yeux ouvert pour observer l'effet qu'il aurait sur Madara, lui qui en avait tant sur lui, quand il réalisa.

Hashirama lâcha ces lèvres entrouvertes qui lui étaient promises et repoussa Madara de l'autre côté du lit avec ses jambes.

Il était encore en train de rêver.

Ce n'était pas Madara. Ce ne pouvait pas être Madara. Il ne lui parlait jamais comme ça, il le vouvoyait toujours, il gardait ses distances, jamais ne le touchait – ou très rarement, quand Hashirama se sentait au fond du trou et que même un aveugle aurait pu le deviner à la tête qu'il faisait – et puis, cette odeur n'était décidément pas la sienne.

"Qui es-tu?" demanda-t-il en prenant la grosse voix. Il était terriblement en colère – et extrêmement déçu cela va sans dire – et n'avait pas peur d'utiliser toute sa force d'antan s'il le fallait pour avoir la réponse à ses questions.

"Oh, allons Hashirama, ne soit pas si impoli. Tu ne me reconnais donc pas?" Lui répondit Madara en rattachant un peu mieux le drap qui lui servait de cache misère.

"Ne joue pas à ça avec moi. Je sais que tu n'es pas Madara."

"Je n'ai jamais dit que je l'étais."

Ils restèrent un instant à se dévisager sans bouger. Hashirama ne remarqua même pas que le niveau de l'eau commençait à augmenter dans la chambre. Il semblait que le Madara en face de lui n'avait pas fermé le robinet de la baignoire avant de sortir. Tant pis, après tout, ce n'était qu'un rêve. Un stupide rêve.

"Pourquoi es-tu là?"

Hashirama voulait savoir. Y avait-il un sens derrière tout ça? Derrière tous ces rêves? L'eau, le scaphandre, les cartes, Madara…lui sautant dessus…

Madara sourit étrangement encore une fois. "Pour t'aider, bien sûr."

Hashirama fronça les sourcils : en quoi cette mise en scène était là pour l'aider?

L'eau atteignit le lit et bientôt les deux hommes durent se mettre debout pour pouvoir continuer à parler.

"En quoi cela peut-il bien m'être utile! Je me sens…encore plus perdu qu'avant! Et puis, pourquoi aider quelqu'un comme moi? Je suis mourant et complétement handicapé – je suis une épave."

"Qu'est-ce que tu veux vraiment, Hashirama?"

Il voulait marcher, il voulait courir, il voulait pouvoir passer sa main dans ces indomptables cheveux – non, ne plus penser à Madara, ne plus penser à Madara! – il voulait que son père redevienne à ses yeux l'homme qu'il était, il voulait que sa mère le regarde comme autre chose qu'un échec cuisant, il voulait que son frère sorte du chemin que lui avaient tracé ses parents, il voulait que Toka soit heureuse et se marie, il voulait que Madara arrête de le vouvoyer et accepter son amitié; il voulait tellement, et ne pourrait sans doute rien obtenir.

"Alors, Hashirama, qu'est-ce que tu veux…"

Ils étaient maintenant tous les deux totalement submergé. Hashirama avait l'habitude de se noyer dans ses rêves, mais cette fois ci, la sensation était bien plus saisissante. Bien plus douloureuse aussi. Monsieur Lapin apparut de nulle part et, prenant Madara par le bras, le propulsa dans les airs. Il se tourna ensuite vers Hashirama. Le Senju s'attendait à ce qu'il en fasse de même pour lui mais, au lieu de ça, il lui donna un grand coup de poing au niveau de sternum. La vache! Ça faisait vachement mal.

"Et merde je lui ai cassé des côtes."

Il lui semblait entendre une voix au loin. Elle venait de très loin. Plus loin encore que la surface de l'eau – il n'était plus dans la chambre à présent, ils étaient sous l'océan, comme la première fois. Le scaphandre lui redonna un coup au même endroit.

"Hashirama bordel!"

Il en avait plus que marre de se faire maltraiter. Il fallait vraiment qu'il se réveille au plus vite.

"Hashirama!"

Tout à coup, il reconnut cette voix lointaine. Pourquoi ne l'avait-il pas remarqué plus tôt? C'était celle de Madara.

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o0o0o

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"Hashirama bordel!"

Madara reprit le massage cardiaque et après trente compressions, tenta de faire sortir l'eau des poumons d'Hashirama en lui faisant une nouvelle fois du bouche à bouche. Quel imbécile! Non mais vraiment quel imbécile ! Il ne pouvait vraiment pas le laisser cinq minutes tranquille. Après le T-shirt, le bain…non mais vraiment quel empoté!

Madara était vraiment en colère. Pas contre Obito, qui pleurait comme un veau à côté, se sentant coupable comme s'il l'avait volontairement assassiné – alors que cet idiot d'Hashirama avait juste décidé de s'endormir dans un bain alors qu'il était un idiot d'handicapé moteur non mais quel idiot! – il était en colère contre Hashirama, qui était tellement insouciant. Et puis…

Il s'en voulait aussi énormément de se sentir si impliqué.

Il se l'était juré…ils se l'étaient promis…plus jamais ça.

"Hashirama!"

Madara, au bord de la crise de nerf, tenta le tout pour le tout : on dit souvent que cela ne marche jamais, mais cette fois ci, le bon coup de poing sternal ramena Hashirama à la vie.

Aussitôt qu'il vit sa nuque bouger, le sauveteur vint lui tourner le corps en PLS, évitant ainsi qu'il ne ré-inhale toute l'eau qu'il était en train d'évacuer.

Hashirama toussa pendant plus d'une minute avant de finalement respirer normalement. Ses lèvres, devenues bleue, commençaient à reprendre leur couleur naturelle. Ses yeux, mi-clos, semblait le chercher du regard.

"Madara…c'est bien toi." Ces yeux noirs écarquillés tout tremblotant dans ces orbites, son nez droit parfaitement centré en harmonie avec les traits de son visage, cette mèche de cheveux – rebelle – qui l'empêchait si souvent de le contempler pleinement, ces lèvres entrouvertes…il voulait tellement…ne serait-ce que les effleurer…

Mais ses bras ne lui obéissaient plus depuis longtemps.


((Hashirama est un idiot qui fait des rêves très difficiles à écrire))

Bon comme promis un petit point sur les informations dont vous disposez sur les trois clans les plus importants de l'histoire.

Le clan Senju : Mené par Butsuma Senju (homme d'affaire), marié à Madoma Senju (célébrité), ils ont deux fils vivants : Hashirama(charpentier en arrêt de travail, souffrant de la maladie de Charcot) et Tobirama(travaille avec son père) et deux morts (Itama et Kawarama). Toka Senju est leur cousine, et travaille auprès de l'Impératrice Mito Uzumaki.

Le clan Uchiha : Mené par Fugaku Uchiha (Ministre de la Défense), marié à Mikoto Uchiha (job inconnu, en arrêt suite à sa sclérose en plaque), ils ont deux fils : Itachi (10 ans) et Sasuke (Bientot 4). Il y a aussi Tajima Uchiha (travaille sous les ordres de Fugaku, vend et achète des armes pour le compte de l'Empire) et Ketbata Uchiha (aucune information disponible) ils ont deux fils : Madara (chercheur/neurologue) et Izuna (aucune information disponible). Les deux familles sont liées. Enfin il y a Obito (jeune adolescent, à pour rêve de devenir un grand scientifique et de construire des cyborgs)

Les Uzumaki : Pour l'instant il n'y a que Mito (Impératrice depuis environ 200 ans) qui a été mentionnée. Mais je suis sûre que vous en connaissez d'autres...Les Uzumaki sont un peu un clan sacré dans cet AU. Par exemple, personne ne peut entendre la voix de Mito, ni la regarder directement dans les yeux, ni la toucher (à part Toka).


*Les bistouris du coeur : série à l'eau de rose complétement ridicule inspirée 'Des jours et des vies' comme dans Friends et comme dans , Morganella est le surnom que je donne à une pote et c'est aussi le nom d'une bactérie. Moi ça m'éclate que Madara aime ce genre de programme. Voilà. Est ce que cela aura une importance plus tard...qui sait...

Je m'excuse pour le retard, mais comme je l'avais déjà dis j'ai pas mal de chose à faire en ce moment. Entre les traductions les autres fics le manque d'inspiration c'est pas toujours très évident. Je sais que c'est dur à suivre les fics longues qui s'éternise mais j'espère n'avoir perdu personne en route. Merci pour vos reviews et votre fidélité et à bientôt :)

((Avouez le vous étiez déçu quand Hashirama s'est rendu compte qu'il rêvait? Moi aussi :'( ))

Queenie