Hello !
Bon ok maudissez -moi, j'ai rien à dire j'ai trop de retard. xD
Mais vu tout ce que je dois publier, je ne vais pas m'excuser trente six milles fois... QUOIQUE JE ME SENS COUPABLE. JE SUIS DÉSOLÉÉÉÉÉÉE.
Je pourrai promettre de faire vite pour les prochains chapitres, je préfère pas au final, vu que je tiens pas mes foutues promesses. J'espère que vous me pardonnerez, j'essaye de faire des efforts ! Puis la dernière saison m'a donnée une sacré inspiration ! :)
Bien entendu, il est beaucoup trop tard, je suis fatiguée, donc pour les reviews, je vous remercierai JAAAAAMAIS Assez :3 vous êtes merveilleux, merci beaucoup de me soutenir pour cette fanfiction car elle me vaut beaucoup de recherches ! :)
Notamment pour ce chapitre j'en ai fais énormément et j'espère qu'il vous plaira !
Bonne lecture mes p'tits furys !
Chapitre 7 : La mystérieuse nouvelle
Harold s'était retourné dans son lit toute la nuit.
Il avait réfléchi. S'était maudit. S'était enterré dans ses plus profondes pensées…
C'était la première fois qu'une fille comme Astrid le rendait différent. Et il avait pensé sincèrement qu'il pouvait se rapprocher d'elle, surtout qu'elle semblait s'intéresser à lui… Mais il s'était fait des films. Et ça le faisait tellement rager que ses pensées actuelles étaient loin d'être nets.
Au final, Lucy et lui avaient passé la moitié de la nuit dans le Repère pour parler et se confier sur leurs peines principales. Étonnant peut-être, mais il lui a raconté l'histoire de sa mère et de Chêne. La force et la passion qui le relie à cet arbre gigantesque. Il aurait pu croire qu'elle se serait moquée de lui… Pourtant il n'a jamais douté. Il ressentait une sacrée confiance inouïe pour elle et il ne savait pas si c'était une force que lui avait donné Pengon pour lui transmettre un message ou si c'était purement une sensation de bien-être. Au fond, il trouvait Lucy extrêmement touchante. Que ce soit dans sa façon de parler ou sa façon de penser… Dans les deux cas, il l'admirait. Il l'admirait énormément.
Elle a perdu son père quand elle avait 4 ans, brûlé dans les flammes de leur ancienne maison alors qu'il tentait de sauver sa famille d'une attaque des Secondaires ; période où une vague d'attentats avait été lancée sur les civils. C'est peut-être pour cela qu'elle est devenue discrète sur sa vie et ses occupations. Peut-être que c'est pour cela qu'elle a peur des flammes… Qu'elle en à hurler lorsqu'elle est passée sur la pierre qui repose au milieu du Repère. Elle s'est réfugiée dans le dessin et s'est promise de protéger sa mère et sa petite sœur Justine une fois qu'elle aura achevée sa formation de dragonnier. Si elle y arrive. Car au fond, elle-même se demande si elle pourrait y arriver alors qu'elle a peur du feu… C'est ridicule.
« Je n'ai aucunement ma place ici… Mais si je le fais, c'est pour elles.
- Tu as été choisie. Si Pengon aurait senti ton incapacité à réussir, tu aurais fini bodronne. Mais tu es passée Lucy. Sers-toi de cela pour réussir, nous avons tous des phobies et un passé effrayant même s'il est souvent difficile d'admettre qu'on peut y arriver avec ça… »
Puis, après des heures de discussions intimes sur leur plus grande peur et sur leur passé sombre… Le silence avait suivi. Ils se regardaient et se souriaient sans comprendre vraiment pourquoi mais une chose est sûr, ils savaient tous les deux qu'à partir de ce jour, ils pouvaient se faire confiance quoiqu'il arrive.
Un peu plus d'une semaine était passée. À deux jours du week-end, un jour de Thor, Porsdagr (Jeudi), les dragonniers ressentaient enfin les premières difficultés de Pendragon. Les cours étaient compliqués et rapides et les entrainements au combat intense et extrêmement physique. Mr Wester n'avait pas menti.
« J'ai encore Histoire ce matin. J'ai l'impression d'avoir que ça dans mon emploi du temps c'est fatiguant.
- Et c'est que la deuxième semaine.
- Et c'est que la deuxième semaine, oui. »
Lucy analysait scrupuleusement sa grille d'horaire, complètement paumée sur son organisation tandis qu'Harold divaguait, le regard dans le vide, en mangeant une tartine.
« Heureusement que j'ai art et dressage dans l'après midi… Ça va être fatiguant… Je plains Kognedur et Kranedur en plus, apparemment ils se tapent les pèlerins deux heures en dressage ce matin.
- T'as déjà eu ton option Vol et Expéditions à l'état sauvage ?
- Non pas du tout. Et apparemment on ne l'aura pas avant quelques semaines. Il paraît que le professeur a des raisons valables d'être absent pendant une certaine période. Ça doit être un mutant à tous les coups. »
Depuis leur moment dans le Repère, Lucy et Harold passe le plus clair de leur temps ensemble. Harold tente désespérément d'ignorer Astrid et de paraître insensible à ses regards parfois indiscrets, mais c'est plus fort que lui et ça l'énerve au plus haut point.
« Elles nous rejoignent pas Emma et Léanne ?
- Emma doit encore dormir mais Léanne doit surement être entrain de contempler la misère de ses cours bordéliques… Comme nous tous d'ailleurs.
- Non, moi je suis très bien. Vous vous prenez la tête pour rien du tout.
- Attends, hier en cours de dragologie on a écrit 5 pages de parchemins ! À la fin de la journée on se retrouve avec trente-six milles cours, c'est impossible de se retrouver ! En plus de ça, je ne progresse toujours pas en entrainement…
- Lucy ça fait qu'une semaine qu'on est ici ! Rigola Harold.
- Je sais mais c'est plus fort que moi ! J'ai tellement peur de me ridiculiser que… Qu'est-ce que tu regardes comme ça ? »
Harold avait assombri son regard et fixait un point particulier du Domaine, les sourcils froncés, une mine de dégout sur le visage. En effet, Astrid et Kyle venait d'entrer dans la salle, main dans la main, en riant béatement comme deux amoureux. Et le brouhaha autour d'eux ne semblait vraiment pas les déranger car une fois assis à une petite table dans un coin, ils continuèrent de se bécoter comme deux idiots.
« Harold. T'es censé ignorer la chose.
- Mmrrf…
- Elle t'a adressé la parole ?
- Comme d'habitude. Mais une fois que son magnifique chéri est là, elle m'ignore carrément et passe à autre chose, c'est à se demander si je ne lui sers pas de bouche-trou en fait.
- Déjà, t'es même pas censé lui parler… Sinon comment tu veux qu'elle devine ce qui te dérange ?
- C'est plus facile à dire qu'à faire ! Surtout qu'elle traine avec nous ! Quand elle est là j'ai l'impression de recevoir dans la tronche des jets de lumières éblouissants et éclatants de…
- Ok ok, (elle rigole) laisse tomber j'ai compris !
- Je suis minable.
- Nous sommes des minables. C'est bien pour cela qu'on s'est bien trouvé avec les autres. » Sourit-elle avec joie.
Après le petit-déjeuner passé, Lucy et Harold se séparèrent pour rejoindre leur classe respective. Harold fonça à son cours de rune, légèrement en retard. Il manqua de tomber une fois passé la porte et Lydiana en profita pour l'agresser d'un regard sans émotion.
« Votre maladresse et votre retard finiront par vous retombez dessus Monsieur Haddock.
- Excusez-moi.
- Allez-vous asseoir. »
Léanne et Emma étaient assises à côté, au premier rang, devant la table de Dany Harris. Harold se décida à se mettre à côté de lui.
« Je crois qu'elle t'aime pas… Murmura Léanne en se retournant discrètement, souriante.
- De toute façon c'est réciproque.
- Comment va Lulu ? Demanda Emma.
- Toujours aussi…
- Monsieur Haddock ! Vu votre retard je vous conseil de vous faire tout petit à moins que vous ne voudriez prendre la porte… ? … Et c'est de même pour vous ma grande !
- Moi ? S'étonna Emma.
- Oui vous, surtout vu votre absence injustifiée de la dernière fois !
- Je dormais… Ronchonna la brune.
- Comme c'est étonnant. » Gloussa Léanne discrètement en regardant du coin de l'œil Harold qui rigolait aussi.
À moins que ce ne soit Dany Harris qu'elle voulait véritablement observer car le colocataire du jeune brun ne la lâchait pas des yeux et restait totalement ébahi –ça en devenait même gênant.-
Le cours de rune se passa sans autre perturbation. Les Sentinelles étaient une classe sérieuse et pleine de vie, tout le monde participait et semblait s'intéresser aux cours que leur offrait Pendragon : une grande qualité de leur rang. Lydiana leur apprit l'histoire de la rune, leur origine nordique et germanique puis mythologique. Ils apprirent l'importance des runes pour le Dieu Odin qui avait dut rester suspendu à l'arbre-monde Yggdrasil pour prouver qu'il était capable de recevoir le don des runes.
Je sais que je pendis
A l'arbre battu des vents
Neuf nuits pleines,
Navré d'une lance
Et donné à Odin,
Moi-même à moi-même donné,
À cet arbre
Dont nul ne sait
D'où proviennent les racines.
Point de pain ne me remirent
Ni de coupe
Je scrutai en dessous,
Je ramassai les runes,
Hurlant, les ramassai,
De là, je retombai.
Alors je me mis à germer
Et à savoir,
À croître et à prospérer,
De parole à parole
La parole me menait,
D'acte en acte
L'acte me menait.
Harold prit plaisir à apprendre chaque lettre de l'alphabet runique, le futhark, qui se trouvait être au même nombre de 24 comme le normal. Emma s'était amusée à tous les redessiner sur le coin de son parchemin parfumé à la rose d'Eden, achat qu'elle s'est empressée d'acheter dans la rue des Lumières qualifiant cela de « Somnanbulant » -si toute fois le mot existait vraiment-. Puis après quelques entrainements écrits, Lydiana demanda aux élèves quelle(s) rune(s) leur corresponderai(en)t le mieux chacun ayant une signification précise.
« Je suis Ingaz. Commence Pauline Hodin.
- Ingwaz. Mais tu peux également dire « Ing ». Dans ce sens là, ce serait plus un appel au Dieu de la fertilité.
- Ingwaz. »
Les yeux de Lydiana devinrent aussitôt aussi dilatés que ceux d'un Gronk extasié. C'est comme si elle était entrain de lire dans l'esprit de la jeune fille ce qui attisait l'attention de tous.
« La confiance en soi, la prospérité et… Une supériorité féminine ? »
Pauline hocha la tête avec fierté, un sourire de convaincante sur son visage. C'était une jeune fille un peu ronde avec des yeux bleus si clairs qu'ils pouvaient paraître blancs de neige et ses cheveux courts étaient noirs et parsemés de mèches violettes et bleues.
« Bien. Qui d'autre ? … Oui Mlle Hofferson ? »
Aussitôt, Harold se retourna sans discrétion pour venir regarder la blonde, assise dans les rangs du milieu au côté d'Ingrid.
« Anzuz, Thurisaz, Gebo. »
La professeur qualifia cela de Force, Autorité et Hospitalité. Ce qui correspondit parfaitement à Astrid. Harold resta d'ailleurs en admiration bien trop longuement après qu'elle soit passée. Ingrid l'avait même remarquée et avait donné un coup de coude à Astrid pour le lui signifier. Rouge d'embarras, le jeune homme s'était retourné avidement, aussi tendu qu'un string en dentelle.
Après quelques élèves de passés, Emma leva la main avec une surexcitation bien trop visible. À moitié levée de sa chaise, elle soufflait des « Moi ! Moi ! » avec une agitation active.
« … Mlle McOwen ? (Soupire)
- Je suis Fehu, Uruz et Wunjo.
- Force, énergie, prospérité et bien-être ? Demanda Lydiana avec le même regard perçant et vide.
- J'aurai plus vu « Fraternité » à la place de bien-être…
- Les deux correspondent à Wunjo. Le bien-être ici est le besoin d'être acceptée au sein d'une société fraternel et solidaire dans laquelle on aurait notre chance.
- Ah oui donc non c'est pas ça.
- De toute façon je ne pense pas que « l'énergie » te corresponde aussi. Pouffa Léanne.
- La ferme.
- Et vous Monsieur Haddock ? »
Lydiana se tourna vers Harold.
« Dagaz ou Laguz
- L'harmonie, l'évolution, la lumière, la création hum… ? »
Elle le fixa étrangement. Bien trop longtemps aussi. Harold finissait par croire qu'il avait fait une erreur monumentale à lui dévoiler sa façon de pensée. Les cours de runes avaient beau être intéressants, ils restaient tout de même étranges. Lydiana finissait toujours par avoir une attitude presque perverse avec ses élèves. De plus, à chaque fin de cours de runes, cette prof avait la manie habituelle de prendre un de ses élèves pour lui parler. De quoi ?
Ça, personne ne la jamais su et ça restera un mystère longuement irrésolu étant donné que ces élèves-là avaient décidé de garder bizarrement le silence. Harold et ses amis ne s'en préoccupaient pas. Enfin, Harold faisait semblant de son côté, car cette histoire le perturbait au plus haut point. Mais au fond, ça ne les étonnait même pas que cela arrive vu l'originalité des professeurs de Pendragon.
À la fin, du cours, ils récitèrent comme à chaque fois, la formule divine des runes :
Ô sage et puissant Odin ! Seigneur du Vent du Nord,
Apprends-moi la Sagesse et le Secret des Runes !
J'ai prêté attention aux Paroles de tes corbeaux,
Parvenues à mes oreilles par le murmure du Vent.
Fais que le Mystère de tes Runes me soit dévoilé !
Et enfin, ils purent quitter le cours avec joie.
« N'oubliez pas de réviser votre cours sur l'histoire des runes. Une interro peut vite arriver. » Annonça Lydiana à la fin du cours (bien que la plupart des élèves avaient à peine écouté pour se diriger en courant vers la sortie.)
Harold prit le temps de prendre ses affaires, laissant Léanne et Emma partir en avance, Dany Harris sur les talons qui discutait évidemment avec la plus rousse des deux seulement. Il ne restait qu'Astrid, Ingrid et lui dans la salle. Lydiana s'était avancée vers la blonde au fond de la salle qui déposait ses livres empruntées.
Elle lui parla bas. Si bas qu'Harold fut incapable d'entendre la conversation. Il les observa au loin, essayant de lire sur les lèvres de cette vieille folle qui faisait perdre le sourire d'Astrid chaque seconde un peu plus. Son entêtement à les fixer plus longtemps se remarqua et Lydiana dut lui lancer un regard pire que meurtrier pour qu'il se décida à partir, tête baissée d'une gêne absolue. Les seuls mots qu'il parviendra à entendre avant de passer le seuil sont « Les prophéties se sont réalisées. »
Il cru presque s'être senti d'arrêter de respirer.
« Harold ! Dépêche-toi on a Mythes et légendes dragonesques ! S'empressa de lui dire Léanne une fois qu'il les rejoignit.
- Non allez-y sans moi, faut que je fasse quelque chose. »
Sans demander pourquoi, les filles pressèrent le pas pour ne pas être en retard. Harold attendit alors dans le couloir qu'Astrid revienne avec Ingrid.
Il ignora exactement d'où lui vint cette envie folle de savoir les paroles de Lydiana mais si cela concernait les prophéties il savait pertinemment que ça pouvait toucher Léanne et Lucy !
Lorsque les filles revinrent, le visage presque abattu d'une mine sombre, il s'avança vers elles.
« Qu'est-ce que tu fais là ? Lui demanda Ingrid.
- Que voulait Lydiana ?
- Pourquoi tu poses la question ? Rigola Astrid.
- J'ai entendu que vous parliez de prophéties.
- Tu as du mal entendre Harold. Vaudrais mieux qu'on aille en cours.
- Astrid tu sais très bien que si les prophéties se remettent à se réaliser ça peut devenir dangereux ! Explique-moi.
- Je ne peux pas Harold.
- Lucy et Léanne sont beaucoup trop concernées !
- Pas pour le moment. »
Elle essaya de passer devant lui mais il lui prit le bras et l'arrêta.
« Qu'est-ce qui t'arrive ? Qu'est-ce qu'elle t'a dit ?
- Lâche-moi ! »
Son ton brute blessa le jeune homme mais il ne se résilia pas à abandonner.
« Je veux juste comprendre.
- Il y a des choses qu'il vaudrait mieux que tu ne saches pas Harold. Soupira Ingrid.
- Je suis bien plus concerné que vous !
- Non. Non tu ne l'es pas.
- Tu n'as pas besoin de te forcer ou de trouver quelconque excuse tu sais. Dis soudainement Astrid.
- Quoi ?
- Harold, je sais très bien que t'essaye de m'éviter depuis la semaine dernière. Jusque là tu en sembles incapable, pourtant tu te forces. Pourquoi ?
- C'est pas le sujet…
- Là, si.
- Je… !
- Haddock. »
Une voix rauque et froide résonna dans le couloir. Quelques chandelles s'éteignirent et l'atmosphère devint aussitôt aussi lugubre et glaciale que le marbre. Lorsqu'Harold se retourna, il vit le directeur de Pendragon, là, au centre du couloir. Les mains dans son dos droit, il fixa les trois jeunes adolescents sans ciller.
« Allez-y. »
Les filles se regardèrent, comprenant que c'est à elles qu'il s'adressait. Elles posèrent discrètement leur main sur le bras d'Harold pour le soutenir puis dans un léger sourire forcé, elles s'éloignèrent pour rejoindre leur cours.
« Pourquoi n'êtes-vous pas en cours ?
- Euh… Bah je peux y aller maintenant si…
- Ce ne sera pas nécessaire. »
Harold se sentait vraiment mal à l'aise. Mr Wester dégageait de très fortes ondes qu'il pouvait parfaitement sentir. Et ces ondes là, étaient loin d'être harmonieuses. Les yeux faucons du directeur ne lâchaient pas Harold du regard. Le plus stressant, c'est qu'il pouvait laisser paraître qu'il était fait de pierre tellement que sa peau semblait durcir sous ses traits sévères. Ses cheveux noirs en bataille et longs lui donnaient un air beaucoup trop sombre pour un chef de lieu.
« Vous allez me suivre Haddock.
- Je suis désolé Monsieur je ne voulais pas…
- Inutile de vous excusez Haddock. Assumez votre erreur et la prochaine fois évitez d'espionner Lydiana lorsqu'elle parle à la Hofferson.
- Comment vous savez que… »
Le directeur poussa un rictus puis il tourna les talons et réajusta sa cape sur ses épaules. Harold, incapable de bouger sous l'effet de la peur, se contenta de le regarder s'éloigner. Mr. Wester remarquant l'immobilité de l'élève, haussa légèrement la voix.
« Allons, venez donc ! »
Mais rien à faire. Harold n'osait vraiment pas s'aventurer avec un mec aussi sombre que Tanguy de l'autre côté du château.
« Je… Je crois que je vais plutôt… AH ! »
Mais soudainement, ses jambes et son corps ne lui répondirent plus. Ses pieds glissèrent sur le sol comme s'il avait des patins sous ses talons et aussitôt, il fut derrière Mr. Wester sans le moindre contrôle de ses membres.
« Q-Q-Qu'est ce que… !
- Gardez le silence jusqu'à mon bureau s'il vous plait.
- Mmmmm ! MRfffrfr ! »
Et en prime, sans comprendre pourquoi, il fut incapable de parler en plus. Il avait l'impression que sa bouche était cousue ou totalement collée il n'en savait rien ! En attendant, il était toujours entrain d'être trainé par une force invisible comme un toutou derrière le Chef de l'école.
Un toutou muet maintenant.
Jusqu'à ce qu'ils arrivent au bureau, Harold avait tenté de se débattre mais cela avait été totalement impossible. Le moindre geste de travers lui faisait un mal terrible, il était obligé de rester immobile pour tenir et ne pas souffrir.
Mr. Wester ouvrit l'énorme porte en bois noire de son bureau dont la poignée était fait de plumes au milieu desquelles une tête d'aigle en or était sculptée. Il balança Harold à l'intérieur comme un sac de viande, et aussitôt, les sorts qui l'oppressaient s'annulèrent.
« Mais vous êtes complètement malade ! » S'écria le brun sous l'effet de la colère.
Le directeur, avait ouvert une boite sur son bureau pour y prendre quelque chose mais aussitôt qu'Harold eut ouvert la bouche pour s'exclamer, il avait levé son regard jaune et noir vers lui et avait exécuté par un simple cillement le même sort qu'avant pour le faire taire.
« MMMMRFRRFF !
- C'est beaucoup mieux quand ça n'ouvre pas sa gueule, ces gosses. »
Il rouvrit la boite et prit une fine tige blanche ornée de runes inconnues, dotée d'un bout couleur cendre. Il mit son doigt au bout et aussitôt une flamme s'alluma comme par magie ce qui lui permit d'allumer l'objet en question qui devait surement être une sorte de cigare.
Il s'assit ensuite à son bureau, fumant l'objet avec détente et ignorance à l'égard d'Harold. Il ferma les yeux et savoura son petit plaisir.
« Mmrrfg… Grogna Harold.
- Chuuuuuut…
- Mmmrrrmmm !
- Pardon ? »
Le directeur exécuta un geste qui libéra la bouche d'Harold.
« Je peux savoir ce que je fais là au juste ?
- Parlez-moi autrement Haddock.
- Je parle très bien ! »
Le directeur posa son cigare lentement. Réajusta le col de sa chemise. Enleva son manteau qu'il posa sur sa chaise. Leva ses manches boutonnés et enfin, s'avança nonchalamment vers Harold, qui était toujours au sol par ailleurs. Il s'accroupit et plongea son regard dans le sien.
« Respectez-moi. Je ne suis pas votre ami.
- Vous êtes quoi au juste ?
- Le directeur de l'école Pendragon.
- Vous êtes quoi ? Un démon ? »
La première gifle tomba. Oui oui une gifle. Et le moins qu'on puisse dire c'est que Mr. Wester ne s'était pas dérangé pour lui en mettre une violente. Harold s'effondra au sol sous l'effet de la violence et ne bougea plus.
« Les seuls démons sur cette terre sont les fury nocturnes, les dragons noirs et fantômes. Ne me comparez pas à cela. Même si j'avoue avoir un sacré rêve d'en dresser un, un jour… Mais mon cher Escouflenfer me suffit parfaitement. C'est un sacré dragon. Un magnifique dragon.
- Le plus puissant du monde… Souffla Harold en se redressant, une main sur sa joue, les yeux brillants.
- C'est bien Haddock tu as bien appris ton cours de légendes dragonesques.
- Qu'est-ce que vous me voulez… ? Couina t-il.
- Rejete-moi ce regard de victime. Il va falloir que tu t'entraines sérieux mon p'tit gars si tu veux pas finir en charpie le jour de ton évaluation.
- Je ne suis pas une victime ! » S'exclama t-il beaucoup trop fort.
Il lui balança une seconde gifle naturellement.
« Ahhhh… Mouais. J'ai reçu ce fameux Marty la dernière fois… Il me semble qu'il t'a totalement laminé. C'était un bien drôle de combat. Drôle bien qu'irrespectueux et humiliant… Et s'il y a bien une chose que je déteste c'est cela…
- Comment vous arrivez à voir ça… ? Continua de demander Harold d'une petite voix, ses yeux lui piquant toujours plus.
- J'ai reçu les bons dons.
- Ce genre de dons dont parlait Nine le dragonancier ?
- Au sujet de ta mère hein…
- Oui.
- Il y a bien plus de dons dans le monde que tu ne le crois Haddock. Dans cette école, le chiffre actuel est de 866 sur un peu plus de 1500 élèves. »
Un silence poursuivi la discussion. Mr. Wester se releva pour aller refumer son cigare.
« Je ne suis pas censé le savoir.
- C'est bien vrai.
- Alors pourquoi me le dites-vous ?
- Il faut qu'on parle toi et moi.
- À quel sujet ?
- Sur le sujet que tu as cherché à comprendre tout à l'heure Haddock. Les fameuses prophéties.
- Pourquoi Lydiana discute t-elle aussi bizarrement avec les élèves ? Pourquoi ne parlent t-ils pas ? Est-ce que les prophéties sont vraiment à nouveau réalisables ? »
Le directeur imita à nouveau le geste d'une gifle et Harold la reçu pour la troisième fois au visage par cette force invisible. Mais cette fois-ci il ne s'effondra pas et resta debout.
« Arrêtez de me frapper ! »
Une quatrième lui tomba dessus.
« NON ! »
Mr. Wester se leva brusquement, balançant sa chaise au sol et la force qui l'envahit se révéla. Une forte rafale balaya le bureau comme si les ténèbres venaient de s'installer. Harold, voltigeait, les pieds dans le vide à quelques centimètres du sol.
« TU N'AS PAS À ME DONNER D'ORDRE PETIT CON. C'EST MOI QUI POSE LES QUESTIONS. TU Y RÉPONDS, ET SI TU EN AS À ME POSER, J'Y RÉPONDRAIS QUE SI J'EN AI ENVIE. JE VAIS T'APPRENDRE À ME RESPECTER ET À ME PARLER AUTREMENT ALORS SI TU NE VEUX PAS FINIR COMME TON POTE GOTHIQUE MARTY JE TE CONSEILLE DE TE TENIR À CARREAU. »
Boum.
Le jeune Harold tomba lourdement au sol, suffoquant, toussant, se tenant la gorge pour vérifier s'il pouvait respirer normalement.
« Tu n'es pas venu ici pour connaître l'histoire ou pour avoir la vérité. Seulement pour avoir des informations qui t'empêcheront de te poser des questions. Il y a certaines choses que toi seul et tes amis pourront savoir. Une fois que nous serons clairs, tu abandonneras toute idée à vouloir te mêler des affaires des autres et tu continueras tes études de dragonniers, est-ce clair ? »
« … L'Escouflenfer qui se nourrit de chair humaine ou animale, chasse la nuit et à besoin de chaleur haute pour survivre à ses…
- Psss Astrid ? Où est Harold ? Chuchota Emma au milieu du cours.
- Avec Mr Wester. Dis la blonde en se retournant.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Demanda Léanne.
- Il a voulu savoir pourquoi Lydiana nous a parlé… Mais le directeur est arrivé et je crois qu'il l'a emmené dans son bureau.
- Il est l'un des rares dragons les plus puissants du monde à pouvoir supporter des chaleurs montantes jusque 400 C° ! S'exclama avec passion Mr. Rudibois, ses cheveux blonds qu'il balançait autour de lui.
- Pourquoi ?
- Ça, j'en sais strictement rien… »
Les deux heures de Mythes et Légendes dragonesques passèrent lentement. Emma et Léanne étaient vraiment entrain de s'inquiéter pour Harold, qui n'était toujours pas revenu. Et Astrid, semblait elle-même s'en inquiéter fortement même si Ingrid essayait de la rassurer.
« Vous pensez qu'il a pu lui faire du mal ? Demanda Léanne lorsqu'elles sortirent de la salle.
- Comme Marty ? Impossible. Harold n'a rien fait de mal qui mérite cela. Dit Ingrid.
- En attendant ce mec à l'air barge !
- Peut-être Emma, mais ça reste notre directeur, nous devons donc le respecter.
- Nous avons quoi là ? Se questionna Astrid en voyant des Lumières aller dans la même direction qu'eux.
- Option.
- AH ! On est à l'opposé ! On se voit tout à l'heure ! »
Ingrid et Astrid firent demi-tour pour se diriger à leur cours d'option. Aujourd'hui, Emma et Léanne avaient Option Art. Normalement, Harold devrait les rejoindre avec Lucy ! Elles espéraient le retrouver là-bas.
À ce cours, ils virent d'abord Margaux.
Seule. Abattue. Physiquement et moralement sûrement. Inutile de se poser trop de questions… Depuis sa rébellion avec Roxane, sa réputation déjà peu bonne avait été empirée. Comment ? La question se posait encore dans la bande, mais dans tous les cas elle avait encore des séquelles physiques, elle avait donc dut s'être battue.
Léanne la respectait pour son courage et son aide de la dernière fois. Mais elle avait du mal à la comprendre, car malgré ce geste qu'elle aurait pu croire de charitable, Margaux continuait de l'insulter et la maudire chaque jour qui passe.
Elle la détestait pour ça. Mais au fond elle voulait tellement la comprendre.
« Attends-moi là. » Dit-elle à Emma en désignant une des places à la table de 4.
Elle alla dans le fond de la classe pour la retrouver et tenter un coup qu'elle allait essayer de montrer amical.
« Margaux. »
La fille aux cheveux rouges releva ses yeux vers la rousse. D'énormes cernes creusaient ses yeux et son teint blafard montrait sa grande fatigue quotidienne.
« Tu veux venir avec nous ?
- Fiche-moi la paix. »
Léanne s'assit à côté d'elle à la table et l'observa longuement, cherchant son regard qu'elle souhaiterait solidaire.
« Je voudrais vraiment te donner la même chance que tu m'as donné ce soir-là.
- J'en ai pas besoin car c'était pas volontaire.
- Pourquoi veux-tu le nier sans arrêt ?
- Parce que c'est la vérité putain ! T'as quoi dans le crane ? Je dois te le dire en quelle langue ?
- J'en ai marre de te faire la guerre.
- Bah pas moi, et je continuerai à te pourrir la vie jusqu'à ce que t'en crève. Un jour peut-être.
- Tu es monstrueuse.
- Gngngngng… Ouaaaaais on me le dit souvent t'as pas remarqué ?
- Je voudrai t'aider, je sais très bien que ça va pas.
- Raaaaaa mais ton père t'as pas assez éduqué pour que tu sois aussi chieuse ou quoi ? FICHE MOI LA PAIX. Dégage de ma vue ! »
Léanne se releva tout à coup, prise sous l'excès d'une certaine colère.
« Me parle pas de mon père. J'en ai rien à faire de ce que tu penses de moi ou de ma vie. Si t'es pas capable d'accepter mon aide, dis-toi bien que t'as loupé ta chance d'avoir une place parmi un groupe qui pouvait t'aimer comme tu es. Je cherchais à t'aider, mais si tu le prends comme ça, va te faire foutre. J'en ai marre de ton attitude arrogante ! »
La rousse retourna à la table d'Emma, sa mine redevenue sombre. Elle y trouva Lucy et enfin, à sa grande surprise, Harold, qui avait sortit de sa sacoche son matériel de dessin sans rien dire. Elle se rua à sa place.
« Harold ! Où tu étais ? Ça fait deux heures que t'as disparu !
- Malheureusement pour toi, t'as des tonnes de parchemins sur l'Escouflenfer à rattraper… Soupira Emma en baillant.
- Parce que t'avais disparu ? » Demanda Lucy avec de grands yeux.
Harold esquissa un grand sourire et prit la main de Lucy pour la rassurer. Puis il fixa ses trois amies et leur annonça :
« Il faudra que je vous parle ce soir. En étude. Il faudra ramener tout le monde.
- Tout le monde… Tout le monde ?
- Oui, Margaux et Tanguy aussi.
- Je te demande pardon mon agneau ? Tu crois vraiment qu'on va inviter les deux plus cons pèlerin de Pendragon à notre table ? S'étonna Léanne en haussant les sourcils, claquant sa main sur la table.
- Pas le choix. »
Les filles n'en demandèrent pas plus et le cours d'Option se passa le plus normalement possible. Ils apprirent à peindre à l'aide de plumes et de particules venant d'écailles de dragons laiton. Une pratique qui intéressa fortement Lucy mais énerva Emma et Margaux qui furent incapable de peindre sans tacher leurs nouveaux vêtements.
L'heure d'après, les Sentinelles eurent deux heures de Dressages et Pratiques. Les Lumières les rejoignirent la deuxième heure pour une séance de mouvements importants. Le plus dur, fut qu'ils durent se partager l'arène avec les Pèlerins de l'ombre qui se trouvaient avoir Entrainement Dragons et ce, pendant deux heures consécutives ! La première heure fut supportable. Mais lorsque les Lumières arrivèrent sur le terrain, munie de leur tenue que ces insupportables pèlerins qualifieraient de « Démodée », l'ambiance s'amplifia, et les moqueries fusèrent.
« En vrai, ce cours sert strictement à rien tant qu'on a pas nos dragons. » Fit remarquer Emma.
En effet, chaque élève Sentinelles et Lumières était obligé d'exécuter des mouvements coordonnés sans but que leur professeur Mr Brandelet leur donnait pensant que :
« Cela vous aidera à vous sentir beaucoup plus à l'aise face à votre dragon lorsqu'il aura atteint son âge précoce d'adolescence. »
Le plus gênant, c'est que ce jeunot à l'allure de pervers avec sa moustache huilée passait derrière chaque élève pour regarder chacun de leur geste fébrile qu'il ne manquait pas de rectifier en cas d'erreur. Margaux y passa, et Mr. Brandelet ressortit sa morale :
« Il est important de trouver son équilibre pour pouvoir sentir l'âme de Pengon qui bat dans votre cœur et laisse vos sens se développer… À chaque respiration consécutive que vous exécutez… Votre force s'agrandit peu à peu… Et…
- Il commence sérieusement à me gonfler Monsieur Branlette là. » Grogna méchamment Margaux.
Elle déclencha alors un fou rire discret mais général parmi les Sentinelles et même le groupe d'Harold fut obligé d'y passer, complètement mort de ce surnom qui, c'est sûr, allait surement rester dans les normes de l'école.
En fin de journée, comme tous les premières années, chaque élève dut se rendre en salle d'études pour travailler les prochains cours. Harold en avait profité pour faire passer le message à Margaux, Tanguy, Astrid et Ingrid pour qu'ils les rejoignent. Le moment avec Astrid lui resta en tête, il fut incapable de dire si cela avait été plus froid ou plutôt gênant, mais dans les deux cas, ce n'était pas aussi agréable que leurs premiers jours ensemble. Il y avait eu des promesses mais… Aucun sourire ou aucune émotion partagée.
« Il faudrait juste que tu viennes Astrid.
- Ouais bien sûr que je vais venir, surtout si ça vient de toi. Je suppose que c'est important.
- Disons que c'est important pour notre groupe. Je veux que tu sois là… Pour notre confiance.
- Je viendrai. Je te le promets. »
Dans la classe, il s'installa avec Emma, Léanne, Lucy, Varek et les jumeaux autour d'une table de la grande pièce d'études qui était variée de différentes bibliothèques et d'étagères ! Margaux les rejoignit quelques temps plus tard.
« Demain on a notre première journée « plein air ». Ça dure deux heures ! Apparemment c'est très marquant ! Sourit Varek.
- Ça nous changera un peu des cours d'Histoires et de Mythes qu'on a en quantité… Franchement c'est à se demander si on est dans une école de dragonniers !
- Te plains pas Léanne ! C'est surement fait exprès ! J'veux dire, il faut déjà qu'on travaille des bases avant. Dit Lucy.
- C'est bizarre de se dire qu'au premier trimestre y en a qui vont se faire virer et recevoir l'étiquette de BODRON sur le front… Soupira Emma.
- Heureusement que c'est sélectif, il faut bien garder les meilleurs pour faire durer la paix en Angleterre.
- BAAAAA on est que la deuxième semaine vous vous compliquez déjà la vie.
- Grave, pétez un coup ça détend.
- Ça fait du bien aussi.
- C'est libéral.
- Et très satisfaisant psychologiquement.
- Méthode thorstonnement testée.
- Merci pour les conseils les moutons. » Ria Léanne.
Ils passèrent un p'tit moment convivial ensemble. Seule Margaux ne parlait pas et restait à l'écart, incapable de comprendre ce qu'elle fichait ici. Ils rirent encore un p'tit moment, à se lancer des pics et à parler de cours ennuyeux ; jusqu'à ce que le groupe soit rejoint par Ingrid.
Juste par Ingrid.
La fougueuse brune prit place aux côtés de Varek (qui avait bien prit soin de placer la chaise à côté de lui pour qu'elle n'est aucunement le choix de s'éloigner), essoufflée.
« Désolée du retard les gars ! Fallait que je finisse un truc important.
- Où est Astrid ? » Demanda Harold.
Mais le silence s'en suivit. Ingrid paraissait extrêmement gênée par ce qu'elle allait dire. Et ça se comprenait parfaitement.
« Elle ne viendra pas. Elle a un empêchement.
- Un empêchement ? Demanda Varek.
- Oui, elle s'excuse d'avance. »
Harold se mordit l'intérieur des joues, en colère. Bah évidemment qu'elle n'est pas venue… Elle a surement une bonne raison pour me laisser comme à chaque fois d'ailleurs.
« Elle est désolée Harold. Assura Ingrid en voyant sa mine s'assombrir.
- Ohh mais c'est pas grave allons elle aura surement mieux à faire avec son adorable pèlerin. »
Personne n'osa intervenir. Ingrid baissa la tête.
« Je sais qu'elle exagère parfois… Faut que tu comprennes que ce n'est pas si simple.
- C'est pas ma faute si elle est incapable de quitter un abruti sans cœur. Je lui ai demandé juste une chose, une seule. Mais elle n'est pas venue. »
Harold paraissait tellement avoir mal au cœur que son émotion se transmit autour de la table. Lucy posa sa main sur son bras et chuchota un « N'y pense pas » consolant. Même Margaux semblait s'être rapprochée un peu.
« Et quelqu'un sait pour Tanguy ?
- Il viendra pas allons... Soupira Margaux. Ils s'en fou complètement, il doit surement être entrain de se taper une gonz' dans un des placards à balai.
- Évidemment fallait qu'ils soient deux... »
L'ambiance avait été totalement refroidie. Néanmoins, lorsqu'Harold se redressa sur sa chaise, tout le monde fut à l'affut du moindre détail.
« Bon. Je vous ai fais venir car j'ai des questions et des réponses à donner. »
Le groupe se resserra, curieux d'entendre ses paroles et son histoire mystérieuse.
« J'ai été convoqué en quelque sorte par Mr. Wester… Enfin brusqué, forcé, manipulé, séquestré limite. Mais passons ce détail. J'ai un peu trop jugé rapidement le directeur. Ingrid. Lydiana vous a parlé des prophétie n'est-ce pas ? »
La brune regarda la bande la fixer avec intérêt. Elle ne savait pas si elle devait dire la vérité ou non.
« Tu peux répondre, Mr. Wester m'a tout dit.
- Ouais euh… Disons que c'est à Astrid qu'elle parlait vraiment. J'ai pas tout compris, Lydiana lui a expliqué que si les rêves qu'elle faisait devenaient trop cruelles, il fallait qu'elle en parle au directeur car…
- Les prophéties sont entrain de se réaliser.
- Quoi ? S'inquiéta Léanne.
- Oui. Elles sont entrain de se réaliser après des années d'abstinences.
- C'est quoi ce bazar, pourquoi comme par hasard ça tombe l'année où on entre à Pendragon ?
- Il y a un lien Emma. »
Harold se pencha au dessus de la table pour parler un peu plus bas. Ses amis se rapprochèrent également, beaucoup trop curieux.
« Tanguy est venu me parler la dernière fois. Il m'a expliqué que son père travaillait dans les rangs de ma mère. Hors nos familles ont été trahi par un clan qu'ils pensaient alliés. Au final, le père de Tanguy et ma mère se sont fait la guerre malencontreusement et… Ma mère a été kidnappée et est morte en Albanie… Sans savoir qu'en vérité les coupables avaient disparu.
- De quelles façons les ont-ils trahi ?
- Ils cherchaient le pouvoir et la domination, ils les ont délaissé en plein combat.
- Et donc ? Quel est le rapport avec les prophéties ?
- La lignée s'est suivie. L'enfant des traitres est à Pendragon. »
Il eut un silence dénonciateur. Un silence durant lequel tout le monde se toisait et réfléchissait au plus haut point.
« J'préviens direct c'est pas moi. »
Léanne explosa de rire face au ton apeuré de Margaux qui se sentait visée.
« Pourquoi tu rigoles toi ?
- N'ait pas peur allons.
- Je le dis c'est tout !
- C'est Kranedur. Tuez le maintenant
- C'est ça frangine ! C'est du bluff. En vérité, c'est elle l'enfant des traitres… Elle est née dans des bordels de… Wait.
- Tu viens d'insulter notre mère pauvre andouille ! Hurla la jumelle en se jetant sur lui.
- Ce n'est personne de l'un d'entre nous. Dit Harold. Tanguy pensait que c'était Astrid. Il m'avait dit de me méfier d'elle.
- C'est impossible que ce soit Astrid.
- Je le sais très bien Ingrid. Mais dans tous les cas l'enfant des traitres est à Pendragon et est loin d'avoir des bonnes attentions. Apparemment cette idée de conquérir est toujours dans ses gênes et Pengon le sent. Il sent que le danger est présent sur ses terres.
- C'est pourquoi les prophéties se sont réveillées… Pengon ressent le danger.
- Exact.
- T'es entrain de nous dire que si on fait rien, les prophéties qu'on a vu dans nos… Têtes vont se réaliser une par une ? » Couina Lucy, apeurée.
Harold hocha la tête pour acquiescer. Tout le monde se trémoussa sur sa chaise, mal à l'aise.
« Nom de Thor. » Soupira t-elle, complètement angoissée.
Et à voir sa mine, il était inutile de se douter que sa prophétie devait être joyeuse.
« Ok. Donc nous les porteurs de prophéties et vous les magons on est en danger ?
- Chuuuut parle plus bas Léanne !
- Mais attends Harold, t'es entrain de nous faire comprendre qu'un fou furieux rode dans les couloirs avec nous dans l'attention de s'en prendre à cette école !
- Ce n'est pas ce que j'ai dis. J'énonce des faits. Il ne va rien se passer pour le moment ! Nous n'avons pas nos dragons ! D'ici là qu'il agisse, il attendra la majorité de son dragon pour pouvoir y arriver à moins qu'il soit suicidaire ! Mr. Wester n'est pas inquiet au sujet de cette histoire, et il m'a fermement conseillé d'en faire autant et de me consacrer à mes études. Tout ce qu'il faut que vous fassiez, Léanne et Lucy, c'est que vous me teniez au courant de vos visions. Si elles sont trop énoncées, ça peut devenir mauvais.
- Personnellement j'ai rien eu depuis la dernière fois.
- Et moi depuis la pierre.
- Alors pas question de s'inquiéter. Si les professeurs vous posent des questions au sujet des prophéties ou de votre vie privé n'ayez pas peur. Ils assurent la sécurité et essaye de trouver l'enfant en avance.
- C'est quand même flippant… Souffla Varek en posant sa main sur son front.
- Bienvenue à Pendragon, l'endroit qui paraissait trop beau pour être vrai. Ajoutèrent les jumeaux en cœur.
- Roooo, restez zen un peu ! Vous avez écouté le morpion ? Ça sert à rien de se prendre la tête, continuez de vivre votre petite vie et tout se passera bien.
- Margaux a tout compris.
- Bon, merci pour ce petit rencard mais je vais y aller par ailleurs, j'ai d'autres choses à glander. »
Elle s'apprêta à se lever mais Léanne la retint par le bras, la fixant avec une certaine autorité adorable.
« Tu restes assis et tu restes avec nous.
- C'est quoi cette nouveauté j'me fais dominer par une rousse. »
Léanne sourit et pour la première fois de sa vie, Margaux le lui rendit et se rassit.
« Je le fais par charité. Et pour que tu te sentes moins coupable aussi.
- Rêves. » Dit-elle en lui donnant un coup de coude.
Restant quelques longues minutes avant la fin de l'heure, ils sortirent leurs affaires et les posèrent sur la table, prêts à travailler leur cours pour le lendemain. Mais avant de commencer, ils s'observèrent tous avec un sourire certain et solidaire. Et cette fois-ci il n'avait pas besoin de se dire quoique ce soit car ils se comprenaient parfaitement.
Quoiqu'ils décidaient de faire à présent, leur destin allait surement se rassembler. Et ils savaient que quoiqu'il arrive, le combat des uns sera le leur également et cela pour toujours.
PDV Harold
J'avais beau essayé de m'endormir, à nouveau je restais éveillé. Dany Harris avait disparu. À ce qu'on racontait, il se baladait au bras d'une jeune fille rousse dans le parc éclairé par la lune éclatante de Pendragon. Moi, actuellement je me retournai dans mes pensées habituelles.
Ces insomnies étaient supportables mais les mots d'Astrid ne l'étaient pas.
En sortant de la salle d'étude, je l'avais croisé dans un couloir. Et comme si mon étonnement ne le fut pas, elle était accompagnée de son pèlerin surnommé Kyle. Il continuait de la tripoter sans aucune gêne et qu'elle l'accepte ou non, elle n'avait totalement aucune envie qu'il le fasse. Elle n'avait pas eu à le nier. Pourtant sans le vouloir elle l'a fait. J'étais toujours en colère. Toujours car je savais qu'au fond elle se foutait royalement de moi. Que je n'étais qu'une petite larve sans charisme dont elle se servait de bouche-trou pour être sûr d'avoir une issue de secours peut-être…
Mais dans tous les cas, j'ai vu une facette d'elle que j'aurai souhaité ne jamais voir de ma vie entière.
« On en parlera plus tard, t'auras juste à me raconter.
- Juste à… Astrid, c'était un sujet important ! Je ne peux pas divulguer ça comme ça.
- Elle me dit tout façon, elle est obligée. » Ria Kyle.
Elle s'était efforcée de sourire. Efforcée. Je l'ai vu. Ça s'est cramé à des kilomètres. Son regard aurait pu signifié « sors moi de là », je me serais trompé car j'ai tenté de l'éloigner de lui. J'ai véritablement essayé.
« Qu'est-ce que tu cherches Harold ? Tu as essayé de m'ignorer depuis tout ce temps pour je ne sais quelle raison et maintenant tu cherches absolument à me voir ?
- C'est important !
- Ingrid me racontera.
- D'une façon qui ne sera pas suffisante.
- Tu es fatiguant quand tu veux. »
Elle restait contre Kyle sans ciller. Le malaise était en moi, je mourrais d'envie de tabasser Kyle mais je n'étais qu'un bon à rien sans courage, Kyle me tuerait sur place s'il en avait envie.
« Lâche-la un peu minus. »
J'ai fixé Astrid dans le but qu'elle fasse quelque chose mais elle n'a fait que sourire. Sourire faussement, peut-être. Mais elle a tout de même sourit et à ajouter :
« Vas t'en Harold, t'es oppressant. »
Elle m'a tellement fait mal en réagissant de cette manière que je suis parti sans même lui dire un mot. Elle a surement gouté à mon regard de pitié, et ça a dut surement la faire beaucoup rire. Mais pas moi.
Je pensais vraiment qu'elle pouvait être différente si elle le voulait… Mais elle venait de m'humilier d'une certaine façon. De me considérer comme une personne sans valeurs.
Alors que je sais que je vaux plus que ça. Son corps collé contre celui de Kyle… Son regard qu'elle s'efforçait de rendre moqueur tout cela pour quoi… Les beaux yeux de ce pèlerin manipulateur ?
Elle m'avait fait mal. Et je voulais qu'elle vive la même chose. Peut-être que d'une certaine façon ça pourrait marcher. Il suffirait qu'elle me voit beaucoup plus heureux sans elle que devant ses beaux yeux.
Je me redressai dans mon lit. Il faisait chaud et des fourmillements parcouraient mes jambes, engourdis par mon inactivité depuis plusieurs heures.
Il fallait que je réfléchisse. Que je me concerte. Quelqu'un pourrait m'aider.
Lucy, abandonnerait toute idée à m'aider dans ce projet. Elle est là pour moi. C'est une amie que je pourrai qualifier de plus proche actuellement… Mais je sais qu'elle serait incapable de faire cela.
Margaux ? Naaaan. Totalement mon opposé à l'état pur. Impossible.
Léanne serait d'une aide parfaite. Elle est ce qu'il y a de plus généreux mais ce serait compromettre ses plans de drague avec Dany Harris, et je ne voudrai pas tout gâcher. Ce serait immonde.
Non au fonds, il me faudrait quelqu'un d'ouvert aux propositions et aux idées. Une personne qui ne se pose pas de questions et qui foncent vers celles-ci. Une personne qui surprend tout le monde et attire le regard des autres…
Je me levai et enfilai un t-shirt, un sourire aux lèvres. Je sortis de la chambre, le scénario parfaitement en tête.
Et puis après tout à quoi cela servait ? J'étais sûr que ça pouvait marcher.
Je toquai à la porte discrètement et bizarrement, à mon grand étonnement, une silhouette trop endormie se montra sur le seuil, un air de surprise sur le visage.
Un sourire bien plus grand s'afficha au coin de mes lèvres.
« Emma. Il faut qu'on parle. »
Ça faisait tellement longtemps que je m'étais pas occupée de cette histoire que ça m'a fait bizarre de la réécrire, j'espère que ça ne se voit pas ! :)
J'y ai pris un certain plaisir, et maintenant j'ai hate de continuer le prochain chapitre !
Vous allez en savoir plus sur le plan d'Harold, qui risque... De vous surprendre. Quoique.
Vous risquez de vous énervez pour certaines choses aussi.
Et de prendre un plaisir fou à le lire. ;)
Dans tous les cas, j'espère que celui-ci vous a plu ! Je vous dis à la prochaine (pour Dis-le moi notamment)
Bisous !
D.F.
