Ron sursauta. Le cœur battant, il se tourna vers la cause de sa peur : dans un coin de la pièce, un téléphone noir sonnait. Il se précipita vers la petite table et lu le papier que lui avait laissé Hermione : « TELEPHONE - S'il sonne, appuyer sur le bouton vert et dire « allô ». Après, si c'est moi, dire « je t'aime ». »
Hermione avait dessiné un petit cœur qui fit sourire Ron. Puis il décrocha.
-… Allo ?
-Ron !! Je suis super content de t'entendre, comment ça va vieux ?
-Harry ? Ca fait un bail…
-J'ai croisé Mione au ministère l'autre jour, je me suis fait engueulé…
-Ah, elle m'a rien dit… mais maintenant que tu me le dis… elle a pris trois boules de chocolat… ça m'a étonné, elle qui me reproche de me goinfrer !
Un éclat de rire se fit entendre dans le combiné.
-Et comment va toute la petite famille ?
-Mione est en France, Mattew chez ses grands-parents… et moi, ris si tu veux, mais je lis !
Je te rassure, ce n'est que le dernier numéro de Quidditch-hebdo !
-T'es tout seul ? Tu veux pas qu'on sorte entre hommes ?
-A vrai dire… je pense plus t'ennuyer qu'autre chose…
-Mais qu'est ce que tu racontes ? Je préviens Helga… On se retrouve où ?
-Un vendredi soir ? Je dirai à la taverne du Vieux Merlin.
-Parfait ! Dans trente minutes ça te va ?
-Pas de problème… A tout à l'heure alors !
-A plus tard !
TIT TIT TIT TIT. Ron jeta un coup d'œil à la feuille : « à la fin, ou si c'est quelqu'un d'indésirable, tout de suite, bouton rouge… Moi en tout cas, je t'aime Ronald Weasley. »
oOoOoOo
Une demie heure plus tard, donc, Ron attendait devant la taverne du Vieux Merlin, au fond du chemin de Traverse. Une minute après, Harry arrivait à son tour en transplanant et ils entraient tous deux dans la taverne. Ils se dirigèrent dans un coin pas trop enfumé et commandèrent deux Bieraubeurres : « Maintenant qu'on est casés, il faut qu'on fasse attention… Il est bien loin le temps des cuites du samedi soir ! ». Ron réagit sans réfléchir. « Tu rigoles ? A chaque fois, on évitait de trop boire, parce que Hermione et Ginny n'étaient jamais loin… ». Il regretta immédiatement ses paroles. A vrai dire, ils n'avaient jamais abordé le sujet. Harry savait seulement que les Weasley n'en savaient pas plus que lui. Ils ne surent pas comment enchaîner sur un autre sujet.
-C'est fou ça, on se voit une fois tous les six mois, et on se dit toujours les mêmes idioties. Alors raconte moi un peu…
-Et bien, je pense qu'il suffit de lire un peu les journaux et…
-Pas de ça, Harry ! J'en ai rien à foutre de ce que disent ces torchons ! Enfin merde : on s'est pas quitté pendant au moins sept ans, et du jour au lendemain, plus rien… Ca te ressemble tellement peu… Bref : alors cette Helga ?
Harry préféra ne pas réagir.
-Elle est formidable : gentille, drôle, jolie, adore les enfants et fait même la cuisine !
- Formidable en effet… Enfin, qu'a-t-elle de si spécial qu'elle en est fiancée au célèbre Harry Potter ? Tu l'aimes ?
-Je…
Ron n'avait jamais été comme ça, si agressif…
- Je ne vois pas ce que je peux répondre à ça… Oui…oui, je l'aime.
Ron songea : « C'est flagrant… retourne sur terre, mon vieux, c'est qu'une idiote qui profite de ta célébrité ! »
-Et vous, quoi de neuf ?
-Et bien, tu as dû te rendre compte si tu as crois Hermione que…
-Oui !! C'est génial ! Il est attendu celui là… ou elle, qui sait ?
- Ah, on ne veut pas savoir… Le suspens jusqu'au dernier moment. On a aménagé l'ancien bureau d'Hermione en multicolore, comme ça…
-Tiens, ça me fait pense que j'ai quelque chose pour Mattew… Tu peux…
-Bah, tu passeras à la maison lui offrir toi-même.
-Je ne sais pas si j'aurai le temps : tu sais, le mariage, le boulot…
Ron se leva alors.
-Harry… Tu es son parrain. Toi mieux que quiconque sait ce que cela signifie, et à quel point c'est un rôle important !
-Mais…
-Laisse moi finir. Si on ferme les yeux sur le cas de Mattew, est-ce que tu te rends compte que tu ne vois plus ceux que tu appelais tes meilleurs amis, tu nous ignore, tu nous méprise peut-être, mais je m'en ficherait si au moins tu nous donnais une raison ! Poudlard, sept longues années, tu te souviens, ou les enchantements éphémères de tes mondanités les dissimulent à ton souvenir ? Tu ne bosses plus, tu te contente de sourire sur des photos à côté de X ou Y… On pensait que cet avenir serait celui de Draco Malefoy, mais tu vois, lui aussi a changé, et j'en ai été halluciné !... On en est même devenus amis ! Oui. Amis. Maintenant, si ça ne te dérange pas, et même si ça te dérange en fait, je rentre chez moi me bourrer tout seul, afin de croire que j'ai rêvé, que ce n'était pas toi. Je suis fatigué d'écouter tes bêtises ! Dix minutes m'ont suffi pour me rendre enfin compte de ce que je refusais d'accepter. Bonsoir. Bonne nuit. Beau mariage avec ton Helga et en compagnie de tes nouveaux amis.
Autour d'eux l'ambiance n'avait pas changé : personne n'avait remarqué la couleur rouge écarlate qu'avait prise les oreilles de Ron, même s'il n'avait pas haussé la voix. Il sorti en claquant la porte.
Harry resta pensif : « Deux fois dans la même semaine par deux personnes de la même famille, à savoir mes deux meilleurs amis. Il va peut-être falloir que j'y réfléchisse un peu. Mais bon, c'est pas simple. »Il cru apercevoir une longue chevelure rousse mais la porte s'était déjà refermée.
« J'en ai des hallucinations ! C'est de ta faute, tout ça, Ginny… »
