6. Sélections sportives, sélections secrètes
Lorsque Potter fut enfin sorti du bureau de McGonagall, il chercha ses amis qui étaient justement près de la Grande Salle pour leur expliquer ce qui s'était passé. McGonagall serait obligé d'inscrire la note d'Ombrage à son dossier d'inscription, ce qui fait qu'on la lira entre son CV et ses notes d'examen.
Si ce n'était que ça, seule la soirée aurait été quelque peu gâchée. Ce qui accentua l'ampleur de l'événement, c'était le fait que toute l'école, qui aimait potiner, se retrouvait au courant de ce qu'avait crié Harry à Ombrage. Et évidemment, on avait quelque peu farci la vérité, ce qui faisait qu'on avait parfois des interprétations invraisemblables de la chose. Il aurait insulté Ombrage de truie, ou bien, elle a menacé son élève de la mort, bref, c'était du n'importe quoi. Dans la Grande Salle, seule le professeur de Défense contre les Forces du Mal souriait de son air réjoui. Fait étrange, Rogue même n'avait pas la moindre d'esquisser ne serait-ce qu'un rictus.
Et bien sûr, le naturel et le penchant méchant de certains élèves les poussait à en rajouter. Voici que désormais, à table, on n'essayait même pas de manger, mais simplement de déranger Harry, de murmurer si fort qu'on ne faisait même plus semblant, on essayait tout pour le faire réagir. Si Ron n'aurait pas proposé l'idée de s'en aller immédiatement, cela aurait vite dégénéré. Ginny, qui n'était pas invitée pourtant, se dépêcha de les suivre peu après, par camaraderie, ou bien parce qu'elle en avait assez de tout ce vacarme.
Peu après ce calamiteux dîner, Hermione avait mené tout le monde à la salle commune, après avoir lancé un sortilège d'Impassibilité près du tableau de la grosse dame et devant la pièce où ils étaient. Personne ne pourrait ni passer ni écouter, ce qui empêcherait des imprévus.
- Qu'est-ce qui t'a pris de lui dire ça ?!
Rentré à la salle commune de Gryffondor, Harry était face à face à Ron, Hermione et Ginny. Malgré le fait que ce soit une tête de mule, ce soir-là; Potter n'avait pas de quoi rire, et n'osait pas regarder en face ses amis, traînant le regard à ses pantoufles. De leur côté, les trois amis avaient déplacé des fauteuils pour pouvoir les déplacer vers celui près de la cheminée, où leur ami à la cicatrice déprimait.
- Tu es conscient que tu vas avoir des problèmes, et pas qu'avec elle, réplique Ginny, irritée. Tu sais bien qu'elle bosse pour Fudge ! Et il tient un journal qu'il utilise comme son porte-parole ! Tu veux quoi ?! Qu'on parle de toi demain dans la une des journaux ? Tu veux vraiment cette publicité-là ? Tu vas juste gagner des ennuis ! Arrête ça !
- Je sais, grommelle Harry. Fiche-moi la paix, Ginny.
- Non ! Hermione ! Ron ! Aidez-moi ! Réprimandez-le avec moi !
- Non merci, répond son frère, tristement. Je sens que je n'en aurai ni la force, ni le courage.
- Tu es très utile, ma parole, lance alors sa sœur, furieuse. Dites au moins quelque chose ! Je suis la seule que cela irrite ?
- Peut-être bien, répond alors Granger. Si il y a une chose que je sais, Ginny, c'est que crier est inutile dans ces circonstances. Nous en avons déjà bien assez eu aujourd'hui.
- Oui, surtout que je pense à la masse de devoirs qui nous attend, grimace Ron. Au secours.
- Avec ta vitesse d'escargot pour écrire deux lignes, je peux comprendre ton horreur, remarque sa sœur, cynique.
- Voyons le bon côté des choses, fit alors Harry. Je suis toujours vivant et je n'ai que des retenues.
- Oui, mais tu manques les entraînements pour le nouveau gardien, répond Hermione. Tu ne pourras pas venir, et Angelina est furieuse contre toi. Et ce n'est pas la première qui l'est. Je te laisse deviner pourquoi.
Le sorcier à la cicatrice perdit presque aussitôt le faux sourire qu'il avait. Un soupir las remplaça sa colère et son indignation.
- Pourquoi les gens sont tous… tous devenus comme ça, il y a une raison, demande-il, alors. Je dis pourtant la vérité, mais alors qu'on me respectait déjà un minimum, on dirait que je suis devenu entre temps un sale type tout du moins.
- C'est eux qui sont déplorables, répondit Ginny. Personne de « normal » n'irait cracher sur quelqu'un qui ne leur a jamais rien fait. Ce sont des moutons et des crétins qui se laissent guider par le vent du jour, rien de plus. Mais tu ne m'as pas répondu. Pourquoi tu as tenu à embêter Ombrage dès le premier jour ?
Le sorcier à la cicatrice soupira alors.
- Je voulais… Je voulais que ma voix soit entendue. Tous les cinquième année étaient ici, une représentante de Fudge était là aussi au même moment… c'était le moment idéal pour parler et être entendu. Mais on dirait qu'il faudra y compter un autre jour.
- Pas aujourd'hui, c'est sûr, répond Ron.
Il y eut alors un long silence, avant que soudain, Harry demanda d'une voix lasse :
- Je suppose que je n'ai plus que vous à mes côtés ?
- Vois le bon côté des choses, répond Ron, un peu plus jovial. On pourra se faire une Bataille Explosive à quatre quand tu veux. Pas vrai, les filles ?
Devant le peu de joie qu'il suscita chez les filles, il préféra se taire.
- Non, nous ne sommes pas que quatre, reprit alors Hermione.
- Ah bon, lance alors Potter, non plus dépité, mais très surpris. Qui ?
Hermione lui raconta ses aventures de la journée et du Chemin de Traverse, ce qu'elle a entendu de ci et là. Son ami l'écouta d'une très attentive oreille.
- Bah, ce ne sont que des aides passives, inutiles et bien tièdes, réplique le sorcier à la cicatrice. Ils sont un millier à Poudlard contre nous, et je ne parle pas du reste de la Grande Bretagne - dont j'ai oublié la population entre temps, même avec les Moldus dedans.
- Peut-être qu'à l'étranger, il y a aussi des fans, non, demande Ginny. Hermione, désolée d'encore te rappeler ça, mais tu connais des étrangers.
- Oui, certes, j'ai connu un élève de Durmstrang, mais un seul, pas plus. Je n'ai jamais parlé aux autres, d'ailleurs, je ne sais pas si vous l'avez remarqué, mais Viktor était très mal intégré par rapport aux autres. Il était toujours seul ou avec moi. Mais il n'a rien contre Harry. Pour ce qui est des filles de Beauxbâtons, elles ne l'ont même pas remarqué. Elles préféraient d'autres hommes.
Devant les nouvelles déprimantes qu'apportait Hermione à son ami, ce dernier se mit à soupirer et à se réfugier dans des pensées sombres et tristes. Voyant ceci, Ron réconforta Harry.
- Allez, tu ne peux pas te laisser abattre parce que tu n'as pas eu le dernier mot, ça va venir. De toute façon, ma mère m'a toujours assuré que la vérité ne pouvait pas être indéfiniment cachée. Un jour, quand ils verront que tu avais raison et eux tort, ils vont la boucler.
- Combien de jours il me reste à attendre, demande-il, faiblement.
- Heu… Je ne sais pas, je ne vais pas inventer. De toute façon, je n'ai pas d'idées. Harry, sois fort, on a vu pire ! Tu as affronté le Basilik, des dragons, des créatures magiques effroyables, des Détraqueurs, et même le meurtrier de tes parents… Enfin, Quirrell, mais c'est du pareil au même. Tu as vu pire, tu es tombé, mais tu n'es jamais mort, tu as continué à te battre. Toutes ces épreuves t'ont rendu plus fort ! Celle-ci aussi te renforcera !
- Merci, Ron. Mais je vais avoir du mal à sourire encore aujourd'hui.
- Bah, la journée est bientôt finie, et je n'attendrai pas demain pour te rendre service, répond son amii, souriant.
Lorsque Potter sourit d'un air quelque peu réjoui, Ginny et Hermione étaient affligées par tout autre chose. Pendant que Ron parlait avec son ami, sa sœur demanda à Hermione ce que proposait Ombrage dans ses cours, pensant que cela a aussi joué dans la colère du Gryffondor. En entendant le récit de son amie, la rousse eut un mouvement de stupeur.
- Quoi, pas de sorts avec Ombrage ?! Comment je vais faire pour mes examens ? Elle est marrante ! Elle croit qu'il suffit d'écrire la formule d'un sort pour le connaître ?! Si c'était ça, même Drago aurait ses A.S.P.I.C. avec des Optimal de partout ! Elle a fumé de l'opium avant de venir ou quoi ?
- Tu es la seconde à te rendre compte que son enseignement théorique n'est pas approprié, réplique Hermione, aussi amère que son amie. Du jamais vu ! Les élèves qui pourrissent les cours, c'est d'actualité, mais voilà que les professeurs sabotent leurs élèves !
- Et le pire, ajoute Ginny, c'est que tu es doublement perdante. Non seulement tu l'as en professeur pour un an, mais en plus, tu as des examens plus importants cette année.
Harry en vint à s'intéresser alors à tout autre chose que ce qu'on disait de lui dans le dos.
- C'est vrai ça, ajoute-il. Comment allons-nous réussir nos examens pratiques, si elle nous empêche délibérement de les passer ?
- Je ne sais pas, répond Ron en haussant les épaules. Sans doute allons-nous devoir aller à la bibliothèque.
- Quoi, c'est vrai, tu veux y aller, lance soudain Hermione, contente. Je peux te conseiller des livres si tu veux !
- Ça ne suffira pas, répond Ginny, ferme. Si il suffisait de lire des livres pour devenir sorcier, même les Moldus le seraient. Si vous voulez vraiment travailler la pratique, vous devez pratiquer les sorts eux-mêmes.
- Comment, demande son frère. Ombrage ne nous laisserait pas faire, et Rusard encore moins !
Devant l'embêtement que provoquait une telle question sans réponse, nul n'y trouvait à répondre.
- Il y a bien des salles peu fréquentées telles que les toilettes et les recoins du château, mais Rusard rôde partout, remarque Harry.
- Le parc, peut-être, suggère Hermione.
- Et s'il pleut ? Pas question. En plus, on ne peut pas tout le temps y aller. Sans parler du stade de Quidditch, il y a toujours une équipe qui traîne. On va déranger plus qu'autre chose.
- La Forêt Interdite ?
- Pas question, lance soudain Ron, furieux. Non, après avoir rencontré Aragog il y a trois ans dans cette forêt maléfique, je n'y remettrai jamais ne serait-ce qu'un orteil ! Même pas en rêve !
- Pré-au-Lard, essaya Ginny d'une voix aigrie des refus de Ron.
- Ah… ça peut, mais on n'y va que trois jours par an, grimace son frère. Même Hermione ne peut pas apprendre en trois jours, ce qu'on travaille en un an. Ou peut-être que si, mais ce n'est pas le cas de tous les sorciers ici.
Le silence l'emporta enfin. On était en panne d'idées chez les Gryffondor. Comme depuis un moment, on ne disait rien, Hermione soupira et se pencha pour chercher dans sa besace de sorcière un parchemin et son Histoire de la Magie.
Alors qu'on en discutait encore, peu après, un « BAM » sonore se fit entendre, faisant sursauter tout le monde et déchirer la copie d'Hermione d'un coup de plume trop vite tracé. À l'entrée de la Grande Salle, venaient de rentrer Fred et George, un pétard de Zonko à la main.
- Oups, vous étiez en train de travailler, demande Fred.
- Pourquoi vous venez encore ennuyer votre monde, lance Ginny, furieuse.
- Oh, désolé, princesse, nous ne pouvions pas passer, quelqu'un avait lancé un sort d'Impassibilité, explique George, irrité. Qui a mis ça ? Que je le punisse avec ça ?
Il sortit de sa poche un nougat cabossé et dont le caramel semblait étrangement luisant. Hermione fronça les sourcils en voyant les amandes vertes et cabossées sur le bonbon.
- Vous allez le caraméliser, demande Ron, surpris.
- On te caramélise quand tu veux, on a plein de bonbons en réserve pour toi, Ronnie, répond Fred d'une voix méchante.
- C'est des graines de Sanglicot, c'est dangereux, réplique la préfète. Vous savez que cela peut causer des hémorragies ?
- On le sait, merci, Madame Je-la-ramène-sans-cesse, réplique George. On les essayés, et on a perdus tellement de sang qu'on a dû se faire une perfusion.
Devant l'air incrédule des invités, Fred se sentit obligé d'épater la galerie.
- C'est des Nougats Néansang, l'un de nos modèles de confiserie. Au début, on a voulu faire des pétards, mais toutes les idées étaient déjà prises partout, alors au lieu de recopier et de n'avoir aucune originalité, nous avons décidé de se lancer dans la confection de bonbons piégés, ce que personne à ce jour ne propose. Comme c'est un art quelque peu risqué, on s'arrange pour trouver des prototypes qui ne rendent malade qu'une seule et unique heure. Avec ces bonbons, les paresseux peuvent se priver de tous les cours qui les ennuient.
- Des Nougats Néansang, répète leur frère. Ça fait saigner du nez ?
- Non, ça te fait péter des fleurs, ricane George. Tu n'as pas compris ce que signifie « Nez en sang » ?
- C'était pour préparer ces nougats que vous étiez allés à l'Allée des Embrumes en août, demande leur sœur, intriguée.
- Exact, répond George. Maintenant, on a mieux préparé notre coup, on utilise une commande par correspondance avec un aimable sorcier que j'ai rencontré là-bas. Maugrey peut dire ce qu'il veut, il ne nous empêchera pas de faire fortune. Cette année, on va devenir « confisiers », mon frère et moi. Notre but est d'assembler assez de sucreries pour former un coffret entier, vous savez, comme ces boîtes remplies de chocolats de toutes formes qu'on achète à Noël ou à la Saint-Valentin. Ça fera plus de choix, et il y en aura pour tous les goûts.
- Et les effets de ces sucreries durent longtemps, demande Harry, surpris.
- Pas plus d'une heure maximum, mais comme on vend des antidotes à tout ce que l'on trouve, nous avons de quoi le guérir, répond Fred.
- Je vais vous dénoncer, vous n'avez pas le droit de vendre ça, réplique Hermione. Vous savez que cela peut mettre des innocents en danger ?
- Tu es une vraie rabat-joie, je me demande comment notre famille arrive à te supporter, réplique George. Bien sûr que non, que ce n'est pas dangereux ! Et puis, on compte faire goûter à Ombrage nos prochains prototypes, si cela peut te rassurer, ce sera elle qui mourra en premier. Tu crois vraiment nous en empêcher ? Même Maugrey et nos parents ensemble ne peuvent nous empêcher de faire nos facéties. N'essaie pas de retrouver nos affaires, tu n'y arriveras pas. Même maman ne le pourrait pas.
Il décida enfin de ranger son nougat dans sa poche, et ils ricanèrent avant de partir et de disparaître dans le couloir qui menait au dortoir des garçons.
- Ça a l'air intéressant, remarque Ron.
- Non, ce n'est PAS intéressant, lance Granger, furieuse. Je t'interdis d'en toucher !
Pendant qu'ils se disputaient, Harry perdit peu à peu sa bonne humeur retrouvée. Des élèves de Gryffondor commençaient à rentrer de dîner, et ils regardaient avidement le sorcier à la cicatrice aussitôt. Il préféra mettre fin à la journée, prit son sac et alla faire des devoirs dans sa chambre. Ron le suivit aussitôt, et Hermione se retrouva toute seule à bouder toute la nuit, car Ginny avait à faire ses devoirs.
Le lendemain, le mardi 3 septembre, Harry descendit avec appréhension à la Grande Salle, et remarqua avec quelque peu bonne surprise qu'on avait déjà commencé à oublier son éclat de voix de la veille. Personne ne le regardait, et pour peu qu'il y avait des rumeurs, elles étaient bien moins nombreuses. Rassuré, il alla se mettre à table pour petit-déjeuner, et retrouva Hermione et Ginny, qui mangeaient déjà, réveillées plus tôt.
- Vous êtes matinales, dit le sorcier à la cicatrice, souriant.
- En effet, nous avons cours bientôt, répond Ginny. Tu veux des toasts ?
Pendant qu'on se saluait à table, Hermione lisait encore La Gazette, du même air que si elle faisait des recherches scientifiques. Elle grimaça en lisant certains articles, puis mit de côté le journal pour ceux qui voudraient le lire.
- Pas un seul article sur ton intervention de la veille. Je me serai attendue à ce que Fudge émette des allusions. Non, il y a juste des racontars, des choses qui n'intéressent que les commères ou les fanatiques de Quidditch.
Malgré la réponse peu aimable qu'elle adressa, Harry retrouva encore son entrain habituel. Il mangea des croissants avec joie et se prépara un immense bol de chocolat rempli de céréales jusqu'au fond.
- Quels cours avez-vous ce matin, demande Ginny.
- Sortilèges, Métamorphose, et après déjeuner, Botanique, avant de finir par un cours avec Hagrid.
- Vous êtes gâtés, répond-elle avec rire. Je n'ai que trois cours aujourd'hui. Au fait, Hermione, tu viens avec moi vendredi après-midi ? À moins que tu aies l'astronomie ce soir-là ?
- C'est le vendredi soir que j'ai Astronomie, mais j'aurai du temps avant de m'y rendre. Où veux-tu aller ?
- Au stade de Quidditch. On va voir qui sera le nouveau Gardien. Angelina m'a prévenue de… Oh, pardon, Harry, on te préviendra qui ce sera, c'est promis.
- Je n'ai rien dit, répond d'une voix morose son ami à la cicatrice.
Il mangea d'un air triste ses toasts. Il était privé d'assister à son sport préféré et cela ne le réjouissait pas.
- À quelle heure sont tes retenues, demande Hermione, alors.
- Tous les soirs jusqu'à vingt heures, et je n'ai pas le temps de finir des devoirs, je suis tous les jours trois heures avec elle après dîner, grimace son ami.
En entendant ceci, Hermione se détourna de sa tartine avec un air surpris.
- Quoi ? Mais elle n'a pas le droit de t'empêcher de réviser.
- On n'a rien les premières semaines, ce ne sera pas si catastrophique à ce moment, remarque Ginny. Quatre jours, ce sera vite passé, on n'en parlera plus d'ici samedi.
- Qu'est-ce qu'elle va t'obliger à faire pendant tant de temps, demande encore la préfète de Gryffondor, vivement intriguée.
- Je n'en sais rien, répond Harry. J'espère que ce ne seront que des lignes.
On continuait de discuter, quand soudain, Angelina arriva avec colère et fracas vers la table d'Harry. Derrière elle, Alicia Spinnet et Katie Bell, deux autres membres de l'équipe de sport de Gryffondor.
- Tu ne vas pas nous poser un lapin ? Comment on va gagner la coupe, si…
- Je t'en prie, répond Hermione, irritée. Harry ne va pas perdre la main parce qu'il ne jouera pas deux ou trois fois. Tu exagères.
- De quoi je me mêle ?! Tu n'es pas gênée de dire ça, tu ne fais pas de sport ! Tu ne peux pas comprendre ce que…
- Si, j'ai eu un ex champion du monde en la matière, réplique fermement Hermione d'un air sévère. Vous pouvez vous entraîner sans Harry, cela ne change pas tant le jeu que ça, il joue dans son coin de toute façon.
- C'est toi qui va m'apprendre à mettre des Souafles dans les cages, peut-être, réplique Angelina. Oui, d'accord, tu es sortie avec des joueurs de Quidditch, mais ça ne veut forcément pas dire que tu t'y connais… Harry, tu m'écoutes ?
- Je ne m'appelle pas Hermione, et tu étais occupée à lui parler, donc non, grommelle-il, agacé. Écoute, je n'y peux rien, la seule chose que tu as à faire, c'est de me dire qui tu as pris aux sélections. Ce n'est pas comme si j'allais manquer grand-chose. C'est vrai qu'en plus, je joue dans mon coin, alors qui que cela soit en Gardien…
- Dubois aurait honte de toi, scande la capitaine de l'équipe, furieuse.
Et elle s'en alla sur ces entrefaites. L'Attrapeur de Gryffondor soupirait à ce fait, tandis qu'Hermione grommellait.
- Pfft ! Tout ce foin, juste pour un recrutement ! Et un seul, qui de plus est ! Dans cinq ans, tout le monde s'en fichera, le Gardien aura changé d'ici-là… Elle exagère, vraiment !
- Elle n'est pas comme ça d'habitude, répond Ginny, pour excuser Angelina. Elle a passé de peu ses examens de sixième année, elle a la pression pour ses A.S.P.I.C., et elle a rompu avec son petit copain. Pour couronner le tout, elle a raté son examen de transplanage, donc elle est sur les nerfs.
- Ça excuse la mauvaise humeur des gens, remarque la préfète, irritée. Je suis désolée pour elle, mais je n'admets pas qu'on vienne nous déranger à notre table en criant pour rien. C'est un manque de respect intolérable.
- Hermione, on a compris, ça suffit, soupire Harry. N'en rajoute pas.
Et on finit de petit-déjeuner sur ces entrefaites.
Après manger, les Gryffondor rejoignirent les Serdaigle pour plusieurs heures, dans les cours de Sortilèges et de Métamorphose. Les deux cours, qu'on attendait avec quelque appréhension, allaient en effet se montrer difficiles et contraignant. Flitwick, non content de donner régulièrement des sorts à apprendre et à pratiquer, faisait désormais des contrôles de lecture sur des grimoires entiers remplis de sorts, dont la taille, précisait-il, variait entre cinquante et cent mille pages. Le niveau de difficulté s'accrut d'ailleurs nettement et même Hermione n'arrivait pas facilement à ordonner à toutes les tasses sur sa table de se ranger en ordre avec son sortilège de Rangement. Flitwick, déçu du manque du rigueur de sa double classe, leur donna beaucoup de travail à faire.
En Métamorphose, McGonagall allait se montrer bien moins indulgente encore. Son discours sévère était encore plus impartial et tranchant. Elle allait leur réserver des cours difficiles, des entraînements réguliers et parfois contraignants, et des contrôles non pas sur les acquis de la cinquième année, mais des quatre années précédentes, où il faudrait désormais transformer du verre en acier, et même cette fois, givrer l'eau d'un bocal, acidifier un vinaigre, et changer la forme et la matière des choses. Ron allait pleurer sur sa table à la fin de l'heure. Seule Hermione et quelques autres ont réussi à geler un verre d'eau.
- Je suis consternée, réprimande la directrice de la maison Gryffondor. Aucun de vous, si j'excepte les heureux travailleurs, ont pris le temps d'ouvrir un seul grimoire cet été, à défaut de pratiquer la magie. Vous pensez peut-être que l'eau va se congeler toute seule ? Comme vous avez du retard, ceux qui n'ont pas réussi cet exercice vont devoir reproduire cet exercice à table ou à un autre moment, et bien sûr, vous aurez une dissertation à faire, plus quelques lectures. Tout cela devrait vous remettre dans le bain.
Harry se sentit ulcéré. Voilà qu'il avait en plus de tout ça, six dissertations, et deux sorts à apprendre. Et des livres à lire, ceux dont il n'aurait jamais eu l'envie de lire, même si on l'y aurait forcé.
- Au revoir, répondit McGonagall d'un ton cassant. J'attends vos devoirs sans faute.
On quitta le cours avec une mauvaise humeur ambiante. C'était rare que les Serdaigle rataient quelque chose, mais ils égalaient cette fois les Gryffondor niveau nullité, et ce, sur deux cours d'affilée. Certains partirent avec rage, d'autres en parlant, préférant continuer de ne pas travailler.
Comme Hermione s'éloignait de Ron et d'Harry, on lui demandait où elle allait. Elle répondit qu'elle avait un cours de runes entre temps.
- Ah, d'accord, répondit Ron. Bonne chance. On va faire nos devoirs, Harry et moi, pendant ce temps.
- J'espère bien, vous avez tout le temps du monde, répond Hermione. À tout à l'heure pour déjeuner !
Et sur ce, elle s'en alla vers le cours de Runes. En chemin, elle rencontra Drago, avec son habituel cortège de Serpentard.
- Oui, bien sûr, c'est Theodore qui est préfet et tout ça, monologue Malefoy, mais il est vraiment mauvais de me mettre des retenues, je vais dire à mon père de… Oh, regardez, il y a une Sang-de-Bourbe qui traîne, attention, vous pouvez tomber malade avec elle.
- Bonjour, Malefoy, réplique Hermione d'un ton cassant.
- Bonjour, Granger, répond Drago en imitant le ton de son interlocutrice. Tu n'es pas en dépression aujourd'hui ? Tout le monde en cinquième année n'en peut plus. Aujourd'hui, c'était le festival. Ernie ne sait pas lire en Sortilèges, Susan ne sait plus compter en cours d'Arithmancie.
- Et les Serpentard sont les heureuses exceptions, remarque Hermione, amusée. Tu travailles mieux, peut-être ? Je serai ravie de le savoir.
Drago voulut faire son malin pour répliquer, mais son sourire semblait être celui que ferait une personne ayant des hémorroïdes.
- Bien sûr que oui, ce n'est pas la question… Enfin, j'ai cours, là, tout de suite, tu m'excuseras de ne pas écouter ta vie.
- Je t'excuse, Malefoy, cette fois, répond Hermione d'un ton suffisant. Et n'oublie pas de prendre ton cours, cette fois.
Elle se serait en allée, si Drago ne voulait pas à tout prix s'imposer avec son avis et ses commentaires désagréables.
- Tu fais ta maligne, parce que tu es le chouchou de McGonagall ! Cela ne te servira plus. Je suis le chouchou d'Ombrage désormais ! Mon père est rentré dans ses bonnes grâces, et avec moi avec !
Hermione, surprise de se voir attaquée sur un tel point, demanda en quoi Ombrage le favorisait. D'un air supérieur, content d'avoir attiré l'attention sur lui, Drago répondit :
- Eh bien, elle m'a assuré, qu'elle arrangerait mes notes. Le tout contre pas grand-chose à faire ! Un soutien illimité et fort pratique ! Tu peux te vanter d'un tel piston, Granger ? Avec tes origines de trottoir, j'en doute fort.
- Ah, si cela te plaît de fayotter, répond Hermione, irritée mais calme. Je suis peut-être la préférée des professeurs, mais je ne me suis jamais abaissée à ce genre de choses. Si cela te plaît d'être de mendier ses faveurs, vas-y. Bonne journée à toi et à ton père. J'espère qu'il ne saura jamais que tu fais semblant de travailler, parce qu'il m'a semblé entendre qu'il était contrarié de tes notes. Il serait mécontent de voir que tu les empire encore. Pour un Sang-Pur, ce n'est pas très reluisant. Regarde, même les Sang-de-Bourbe font mieux que toi.
Et sur ce, elle s'en alla, aussi irritée de s'être fait insulter de poubelle, que d'entendre parler de telles choses avec satisfaction. Elle entendit seulement derrière elle, une voix enragée :
- C'est ça ! Mon père et Ombrage en entendront parler, je te le promets !…
Il ne put pas finir sa phrase parce qu'il fut soudain envahi par des seconde année survoltés pressés d'aller en récréation s'amuser.
Quand elle arriva en cours de Runes, en avance sur les autres, Hermione prit comme résolution de respirer un bon coup et d'oublier ce qu'elle venait d'entendre. Après s'être fait dénigrer méchamment par un Serpentard, elle aurait préféré s'abtenir de toute rencontre éventuelle avec l'un d'eux, mais voici déjà qu'elle en voyait un qui traînait près de la salle. Courroucée, pensant que Drago voulait en rajouter encore, elle s'approcha de lui pour lui mettre une bonne leçon, bien qu'elle s'était surtout trompée sur le contexte de la situation, comme elle allait s'en apercevoir.
- Tu es libre pour dix-sept heures ? Je n'ai plus cours à ce moment-là.
- Après le dîner, c'est mieux. J'ai quelques devoirs, je vais les faire pour avoir plus de temps libre ce week-end. On pourra donc mieux se voir samedi pour un match amical.
C'était Seamus Finnegan qui parlait à Marcus Montague, le capitaine des Serpentard. Hermione, qui savait que Seamus était dans sa classe, ne voyait pas le problème à le voir ici, mais elle ne comprenait pas ce que faisait un Serpentard dans un cours de Runes réservés aux Gryffondor et aux Serdaigle, surtout qu'il s'agissait d'un cours de cinquième année, et non de septième année.
Elle serait bien allée parler à son camarade, mais l'ennui pour elle, c'est que Montague avait la taille d'un demi-troll lui aussi, comme Ernie, il avait senti passer les hormones, il faisait un mètre quatre-vingts dix environ. Elle remarqua avec surprise que Montague était bien présenté pour un Serpentard. Même s'il avait les mains couvertes de cicatrices, son uniforme était impeccable, ses cheveux roux impeccablement peignés, et sa barbe naissante bien entretenue. Hermione eut de suite à son égard, vu ses manières et ses dispositions, une bonne impression, ce qui était rare pour les Serpentard, déçue des Pansy Parkinson et des Drago Malefoy.
- Si tu as besoin d'aide pour tes B.U.S.E., tu n'as qu'à me demander, dit alors Montague d'une voix rassurante. Je les ai passés, je peux t'aider.
- Je me débrouille… Ça ira.
- J'espère, c'est une corvée, ces machins, répond le Serpentard. J'espère que tu es meilleur sur un balai, que moi devant un parchemin, ha, ha, ha ! Allez, je te laisse. Bon courage ! Ne meurs pas pendant les cours, hein !
- Ha, ha… Heu, oui, au revoir…
Ils se saluèrent alors, puis, le Serpentard partit rapidement vers une autre destination, tandis que Finnegan restait un peu rêveur et hagard à l'observer partir. Hermione, surprise de la scène, et de voir un Gryffondor parler à un Serpentard, elle allait l'aborder en souriant, demandant ce qui se passait.
- Vous vous connaissez ?
Surpris qu'on lui parler, Finnegan se retourna vers sa collègue préfète, et eut un rire en la reconnaissant.
- Tu me parles souvent, ces temps-ci !… Que ce soit au Chemin de Traverse, au Poudlard Express ou ici, tu as toujours plein de questions à poser… Oui, je le connais. C'est Marcus Montague, un garçon de Serpentard. Il est à la fois un Poursuiveur de son équipe, et le capitaine… Je l'ai rencontré en même temps qu'Adrian a une rencontre amicale de Quidditch, je te l'ai dit.
- Je ne savais pas que vous vous parliez. Enfin, peut-être que les septième année sont plus matures. Les Serpentard de notre année sont tous détestables, sans parler des nouveaux venus qui en sont en première et seconde année.
- Oui, Adrian aussi est en septième année, il est très sérieux pour son âge, acquiesce Seamus.
- Sérieux, sérieux… Je le trouve étrange, surtout, grimace Hermione, irritée. Je l'ai croisé deux fois, toutes déplaisantes. Ou il ne dit rien, ou bien, il sort de nulle part en prétextant des excuses idiotes.
Le Gryffondor se gratta la tête, alors, perplexe.
- Je ne vois pas de quoi tu parles… Adrian n'est pas commode, mais il n'est pas comme tu dis… Il est timide. Comme nous deux, tu peux comprendre.
- Il y a une différence entre être timide et froid, rouspète Hermione. Je n'aime pas ses manières. C'est désagréable.
- Ça m'a fait ça aussi la première fois, dit alors Seamus en soupirant. On dirait qu'il te prend de haut et qu'il te déteste, mais en fait il n'est simplement pas bavard du tout. Il est comme ça, ce n'est pas par méchanceté, il est d'un naturel mélancolique et silencieux. Tu te fais des idées sur lui, je t'assure.
Il marqua une pause, avant de dire :
- En parlant de timidité, je te vois moins souvent avec Ron et Harry… Ça a changé ? Tu me parles beaucoup plus qu'avant, heu… Je suis surpris.
La préfète de Gryffondor, pincée, se tortillait sur elle-même, avant de dire qu'en fait elle était souvent gênée d'aborder les autres. Seamus eut un sourire un peu triste avant de dire :
- Nous n'avons jamais parlé jusqu'à maintenant. Pourtant, j'apprécie de discuter avec toi… T'es sympathique, en fin de compte, je ne savais pas que tu étais si à l'écoute des autres. Je ne parle presque à personne.
- Oh… Hé bien… Je suis comme ça, oui… Mais il y a d'autres personnes comme moi, tu sais. Et tu dois bien avoir des membres de ta famille qui sont amicaux… Heu ?
En voyant Seamus rire, elle avait l'impression d'avoir dit une bêtise.
- J'ai dit quelque chose de ridicule, demande la Gryffondor, surprise.
- Non, non… C'est que tu ne connais pas ma famille… Ma mère est une hystérique, et ma sœur une actrice de théâtre à temps complet. Il n'y a que mon beau-père qui vaille le coup, mais je ne le vois jamais. Ma mère est sournoise, elle lui met des bâtons dans les roues pour empêcher qu'elle me parle. Elle a fait exprès de déménager, et elle a manigancé quelque chose avec son avocat pour qu'il paie une pension alimentaire - inutile, elle est riche - et qu'il puisse très peu nous voir. Et elle mène à la baguette son mari sans aucun caractère pour avoir ce qu'elle veut. Ma sœur reprend le flambeau avec le petit ami isolé et désespéré de l'être qu'elle a dégoté. Voilà quel genre j'ai dans ma famille. C'est pour ça que j'ai peu d'amis, peu les supportent, seul Dean a ce courage extraordinaire.
- Ah bon ? Ta famille est comme ça ?… Je ne savais pas… Mais en parlant d'ami, je… je suis surprise de voir que tu parles à Montague souvent. J'espère qu'il est mieux que ta sœur et ta mère.
- Il est bien mieux, oh que oui, répond Seamus. Il a du caractère, mais il est gentil… Tu vois, il arrive à penser à moi, alors qu'on se connaît peu, et que presque personne ne le fait d'habitude.
- Peut-être, je ne le connais pas, c'est Harry qui le connaît, et il ne l'aime pas, remarque alors Granger.
Ce fait ne fit pas plaisir à l'ami de Montague qui était ici critiqué. Prenant la remarque pour lui, Finnegan eut un ton amer et cassant :
- Quoi ? Il dit quoi encore ? Il s'énerve pour rien, c'est ça ?… Mais il devrait entendre ce qu'on dit sur lui, plutôt. Ils ne le lui diront pas, car c'est très bas, ce qui se dit. Je suis même impressionné d'entendre que des purs inconnus de troisième année le connaissent mieux que toi, qui est son ami depuis des années. Ils disent qu'Harry est un meurtrier, qu'il a tué Cedric Diggory, qu'il est fou et qu'il cherche à attirer l'attention sur lui, qu'il n'est pas fréquentable.
Hermione s'y attendait un peu, mais elle était déconcertée de voir qu'on allait jusqu'à parler en toute indiscrétion de choses pareilles.
- Et beaucoup croient à ce qui est dit ?
- Oui, parce que l'histoire d'Harry est très floue, et qu'il est difficile de trouver une autre explication, raconte le Gryffondor. Comme il est peu croyable qu'un sorcier mort soit le vrai coupable, et qu'il n'y a pas eu de témoins, beaucoup pensent qu'Harry ment pour cacher sa responsabilité.
Hermione se pinçait les lèvres. Elle se disait qu'il avait raison de dire ça, car l'histoire était elle-même très floue, et personne, hormis Harry, n'y a assisté. Mais elle y croyait surtout car elle savait son ami honnête jusqu'aux ongles.
Ils auraient discuté plus longtemps, si l'arrivée du professeur de Runes ne coupa pas court à la discussion. Tant pis, se disait Hermione. Elle discutera avec Finnegan à un autre moment.
Après le déjeuner, composé de pâtes à la sauce tomate, Hermione se rendit en cours de Botanique alors, et elle allait subir le même sort qu'avec les Sortilèges et la Métamorphose. Le professeur Chourave leur fit un discours sur l'importance des B.U.S.E., puis leur demanda de cueillir des graines d'un arbuste de Verminesseau, envahi de fourmis et d'autres insectes. Dégoûtés, peu purent rempoter la plante, ou même y toucher. Hermione, qui n'était pas moins écoeurée que les autres, parvint cependant, en mettant ses gants et en se rappelant des conseils du Manuel de Botanique, à changer l'arbuste de pot, sans nuire à un seul insecte, simplement en répandant un peu de miel sur une partie de l'arbuste, ce qui eut pour effet d'attirer tous les insectes à ce point, et ainsi, elle put retirer tranquillement à la racine le Verminesseau jusqu'à un autre pot, et de prendre délicatement un à un les insectes restés au premier pot, sur l'arbre. Elle n'eut plus qu'à l'arroser, le soigner, cueillir les étranges graines noires qui étaient ses fruits, et qui ressemblaient à des dattes séchées. Elle fut l'une des seules, avec Susan Bones, à réussir. Contente, Chourave donna vingt points à Poufsouffle, et dix points pour Gryffondor.
- Ne soyez pas déçus si vous avez raté, indique Chourave, alors. Je dispense ceux qui ont réussi de la dissertation, vous ne ferez que des recherches. Les autres, vous devez me faire un devoir sur le Verminesseau, ainsi, vous aurez des compétences pour l'examen. Vous me la donnerez, disons, soyons sympathiques, dans une semaine.
Même si cela partait d'une bonne intention, peu furent vraiment satisfaits. Ron était tétanisé, allé se cacher au fond de la serre, loin des plantes, pris d'horreur, Harry essayait encore de retirer les fourmis qui s'étaient aventurés sur ses bras, et Ernie venait par mégarde de casser une branche remplie d'insectes, qui le prirent si mal, qu'ils décidèrent de lui envoyer des bouts de terre à la figure en représailles. C'était quelque peu le Salon de l'Agriculture, qui avait dégénéré certes entre temps. Lavande, la moins chanceuse de toutes, avait les cheveux remplis de terre, des chenilles sur le dos et les bras, et s'agitait comme une folle. Il a bien fallu dix minutes pour remettre de l'ordre dans la serre.
- Quelle plaie, grogne Harry. Il a bien fallu que ce soit cette plante qu'on ait à faire dès le premier cours.
- Ah oui, quelle horreur, si j'ai ça à l'examen, je m'enfuis, marmonne Weasley. Peu importe ce que dirait l'examinateur, même si c'est ma mère.
- Vous n'avez pas de quoi vous plaindre, vous ne toucherez plus qu'à des livres pour pouvoir l'étudier à l'examen, réplique Hermione. Ron, tu étais allé te cacher au fond de la salle, tu étais ridicule.
- Ridicule toi-même, réplique soudain son collègue. Tu dis ça mais tu n'as rien à faire que lire des trucs sur un espèce de rameau mort ! Tu te rends compte, que comparé à nous, tu n'as jamais rien à faire ?!
- Peut-être parce que je travaille, et que je fais des efforts, non, demande la préfète, d'un ton irrité. C'est la grande différence entre toi et moi !
La dispute allait bon train, pendant qu'ils se rendaient près de la Forêt Interdite pour leur cours de Soins aux Créatures Magiques. Harry, exténué après cinq minutes à les entendre crier, lança d'une voix irritée :
- Arrêtez, vous deux ! Nous allons rentrer en cours, et il y aura Malefoy, si vous voulez qu'il nous laisse en paix, taisez-vous, sinon il va en rajouter.
- Ce tas de fientes d'hibou, demande Ron, amusé. Oh, il peut essayer. Je suis préfet, pas lui, donc, je peux faire ce que je veux.
- À voir, répond Hermione, très peu convaincue. C'est Theodore le préfet, mais Lucius Malefoy est directeur du conseil d'administration de l'école. Il peut écrire à tes parents. Et comme les Malefoy aiment autant les Weasley que les Gryffondor aiment les Serpentard, le résultat risque de te déplaire.
En entendant ça, Weasley, fut moins content à l'idée de provoquer l'arrogant Serpentard. En parlant de lui, ils ne mirent pas longtemps à le trouver.
Drago Malefoy, au centre de sa troupe de Serpentard, racontait sa vie à qui voulait l'entendre, et les Gryffondor arrivés en avance pestaient à cause du cours de Botanique. Le professeur Gobe-Planche n'était pas là, alors on patientait tranquillement sur l'herbe du parc. Les Serpentard, entre eux, vaquaient à leurs occupations, ou plutôt, à ce moment, écoutaient Drago se pavanner encore.
- … et également, mon père m'a assuré que pour Halloween, il m'enverrait un colis entier rempli de bonbons, quasiment une étagère de chez Honeydukes. Une rivière de sucre, si vous préférez. Peut-être que je vous en donnerai.
- Tu es encore le fils à papa pourri gâté, à ton âge, réplique Nott, irrité.
- Quoi donc, demande Drago, hautain. Ah, c'est toi, je t'avais oublié deux secondes, c'était les plus belles de toute ma vie. Oui, je me doute que tu as de bonnes notes - tu es comme Hermione Granger, tu n'as pas de vie alors tu travailles - mais ton père, comparé au mien, n'est rien. Oui, d'accord, c'est un banquier de chez Gringotts, mais ton père obéit à des gobelins, quelle honte…
- Le tien n'a pas d'honneur. Le mien gagne son pain honnêtement.
- De l'honneur ? C'est toi qui me parle ainsi ? Tu m'as vexé ! Tu ne vas pas t'en tirer ainsi pour me critiquer ainsi. Par le nom de Malefoy, je ne peux laisser cela impuni, même si c'est un préfet qui me parle. En garde !
- Non, arrête, lance Granger, d'une voix forte.
- Qu'est-ce qu'elle veut, encore, demande Pansy Parkinson, agacée.
- Laisse, elle n'a pas d'amis, donc elle s'en cherche, répond Drago. Alors, Theodore, que préfères-tu ? Un sort de Stupéfixion ou bien un sortilège de Fracassement ? Je suis bon prince, je te laisse choisir.
- N'importe, puisque tu es déjà mort, répondit Nott d'une voix mauvaise.
Pendant qu'Harry et ses amis s'approchaient à grands pas, la foule des Gryffondor et des Serpentard se réunirent devant le duel de magie qui allait avoir lieu. On applaudissait de toutes parts, même Ron les encourageait, et Hermione de son côté, ne pouvait trouver la scène que déplorable.
- Stupéfix !
- Reflecto !
Le sortilège de Stupéfixion de Malefoy fut renvoyé par le sortilège de Réflexion Magique de Nott. Contrairement à ce que pensait Harry et Ron, il ne fut pas seulement bloqué, mais renvoyé à l'expéditeur. Drago tomba raide sur le sol, d'une expression surprise.
- Voilà pour toi, lance le préfet des Serpentard, amusé. Tu fais moins le malin maintenant ? Je te retirerai bien cinquante points d'un coup, mais je n'ai ni le droit, ni l'envie de gêner ma propre maison. Je vais simplement te laisser ici pour t'humilier, surtout…
- … que le professeur vient d'arriver, ce que j'essayais de dire depuis deux minutes, soupire Hermione pour elle. Quelle honte…
En effet, le professeur Gobe-Planche arrivait à toute allure, sa baguette à la main, l'air sévère. Sans tenir compte des récriminations des élèves, elle observa la situation et demanda des explications. Les amis de Drago mentirent pour que la situation tourne à la défaveur de Theodore, mais le témoignage d'Hermione permit finalement de trancher, selon l'avis du professeur.
- Je retire vingt points à Serpentard, annonce le professeur d'une voix irritée, et je mets une semaine de retenues complète à Mr. Malefoy. Qu'est-ce qui vous a pris de vous disputer pour de telles raisons ?
- Il fait ça tout le temps, réplique le préfet, toujours de mauvaise humeur. Il ne cesse de se vanter, que son père a des postes supérieurs auprès de je-ne-sais-qui, et il nous traite tous comme des larves, nous y compris.
- Ah, dans ce cas, j'en parlerai à votre directeur de maison, répond Gobe-Planche. Maintenant, écoutez, je vais vous parler de l'examen…
Entre-temps, le professeur avait lancé à Drago un sortilège de Claquenfouet pour pouvoir le sortir de la torpeur d'où le sort de Nott l'avait plongé. Après s'être bien fait punir, Drago n'avait ni envie de se pavanner, ni de répliquer. Le visage rouge de gêne, il se tut et regarda au loin, furieux. Ron ricana tout bas et profita du fait que l'ennemi héréditaire de sa famille ne puisse pas répliquer pour en rajouter en le regardant avec amusement. Hermione, presque dégoûtée de la situation, regardait ailleurs sans un mot, mais n'en pensait pas moins. Un tel mépris des règles et une querelle absurde ne présentait à ses yeux aucun intérêt.
- … vous devrez présenter des animaux à un examinateur et en soigner quelques uns, ce ne sera pas difficile si vous écoutez mon cours avec attention, finit Gobe-Planche. On vous posera quelques questions, mais l'examen sera rapide. Vous avez compris ?… Oui ? Parfait, dans ce cas, commençons. Vous êtes en cinquième année, je peux donc sans problème vous présenter des animaux plus recherchés… Venez, elle est par ici… Les garçons, reculez… Elle est ici.
Lavande et Parvati se mirent à exploser d'une joie toute enfantine, comme des enfants devant un magasin de bonbons. Elles venaient de voir une splendide licorne, au pelage blanc uni, aux sabots d'airain, aux yeux d'un bleu azur profond, une crinière d'argent volant au vent, et une splendide corne sur son front. L'animal poussa un soudain hennissement, ce qui accrut la joie des filles, et décontenanca les garçons.
- Pourquoi les garçons doivent l'éviter, demande Ron, intrigué.
- Les licornes s'attachent mieux aux filles, explique Hermione. Elles préfèrent la douceur à la force.
Elle même, pourtant si sérieuse, ne put s'empêcher de sourire à la vue de la licorne, qui d'ailleurs, la regardait paisiblement, tout en mâchant de l'herbe.
- À chacun sa notion de « force », nous ne sommes pas tous des brutes, grimace Ron, dégoûté de la discrimination.
- Qui veut la caresser, demande le professeur. Elle est très gentille, mais vous devez d'abord vous approcher doucement et ne pas avoir d'intentions mauvaises à son égard, sinon elle répliquera aussitôt…
- Je suis prêt à parier que c'est le genre d'animal fou furieux qui vous tue d'un coup de sabot sans sourciller, réplique Weasley, furieux. Elle peut très bien rester où elle est ! Harry ? Pourquoi tu regardes Drago comme ça ?
En effet, Potter fixait Malefoy d'un air quelque peu curieux. Il semblerait qu'il cherchait à comprendre quelque chose, mais c'était difficile de savoir quoi.
- Harry ? Pourquoi tu le fixes comme ça ?
- Je suis simplement irrité que ce prince auto-proclamé s'en tire souvent sans rien, tout en causant du trouble, et en allant chercher des problèmes aux autres. En plus, son père est Mangemort, et je l'ai vu en juin au cimetière.
Heureusement pour lui, seuls ses deux amis l'avaient entendu, donc personne ne sursauta à l'allusion du mage noir. Le reste était trop occupé à jouer avec la licorne.
- Ce n'est guère étonnant, son père a dû lui transmettre ses manies, médit Ron. Ne t'inquiète pas pour lui, il se pavanne d'être un riche sorcier, mais il n'est riche que d'argent. Son cœur comme ses compétences professionnelles sont d'une pauvreté telle qu'on ne peut même plus les nommer. Il ne rira pas très longtemps sorti de Poudlard, avec ses notes, son père devra presque lui acheter un travail. En plus, il a des mauvaises fréquentations qui accroîssent ses travers.
- Déjà fait, répond Hermione, qui avait écouté. Son père est ami avec Ombrage, et elle peut pistonner Drago quand elle le voudra.
Harry et Ron se tournèrent aussitôt vers leur amie, surpris, mais celle-ci avait totalement déconnecté de la conversation. Elle fixait désormais la licorne avec joie, et avait désormais envie, d'aller la caresser. Elle demanda au professeur la permission, qui la lui accorda. Pendant que Parvati retournait joyeusement voir Lavande témoigner de la joie d'avoir joué avec l'animal légendaire, Hermione s'approcha tout doucement, en ayant des pensées gentilles pour l'animal. La licorne fixa l'adolescente d'un air pénétrant, tout en mâchant son herbe, sans broncher.
- C'est bon signe, assure le professeur Gobe-Planche, qui surveillait les élèves pour assurer leur sécurité. Tu peux lui caresser le dos.
Hermione, quoique timide, s'approcha encore, et caressa tout doucement le dos de la licorne. Elle eut un sursaut en touchant l'animal. Il était aussi doux que de la soie. L'animal hennit, pendant qu'on la caressait. Avant de partir, elle tenait à remercier la licorne de sa gentillesse, alors elle se pencha par terre, prit de l'herbe mouillée, et la tendit à l'animal. La licorne approcha ses naseaux, renifla l'animal, puis mangea tranquillement l'herbe donnée. Un autre hennissement suivit ce cadeau. Après coup, la Gryffondor revint vers son groupe, très satisfaite.
- Pourquoi tu lui as donné de l'herbe, elle pouvait la manger toute seule, demande Ron, intrigué.
- Je n'avais pas de baies à lui offrir, j'ai pris ce que j'ai pu.
- C'était mignon à voir, assure Weasley, réjoui. J'ai pris autant de plaisir à te voir faire, que toi à la caresser.
Harry, qui avait bien d'autres soucis, parla avec sévérité de ce qu'elle avait dit sur Ombrage. Surprise d'un ton aussi sec, Hermione répondit :
- C'est ce que Drago m'a dit tout à l'heure. Pourquoi cela t'intrigue autant ?
- Parce que si elle est ami avec Lucius, il est possible qu'Ombrage soit une Mangemort, réplique Harry. J'en suis maintenant sûr. Elle aussi, elle…
- Tu plaisantes, réplique Granger. Son père travaille aussi au Ministère, comme Ombrage. Ils se connaissent simplement de…
- Dis ce que tu veux. Je n'aime pas Ombrage de base, et je l'aime de moins en moins avec le temps. Et l'année ne fait que commencer, je ne sais où elle peut tomber dans mon estime.
Même si il était vrai que les soupçons d'Harry étaient fondés, Hermione ne put que se décevoir de voir son ami aigri, une fois de plus. Comme elle n'avait pas envie de se disputer avec lui, elle recula de plus belle, et évita de s'approcher ni de parler à Potter de tout le cours. Elle avait autre chose à faire que de se disputer avec tout le monde.
Après la fin du cours, où Lavande et Parvati, euphoriques, ont caressé six fois la licorne, et que quelques garçons eurent essayé, le professeur expliqua le mode de vie de l'animal, son alimentation et d'autres anecdotes. Sur ce, le cours prit fin, et chacun rentra au château.
Il était l'heure de dîner, et à la table des Gryffondor, les trois amis prenaient alors le dîner du jour, des saucisses à la purée. Tout s'était passé dans le meilleur des mondes, puis Harry était allé à sa retenue. Peu après, les deux autres Gryffondor rentrèrent à leur salle commune pour faire leurs devoirs. Et là, Hermione piqua une crise.
Ce n'était pas qu'on ne faisait pas ses devoirs, mais on était devant une autre scène désolante à ses yeux, aussi déplorable que le combat des Serpentard en cours. Fred et George vendaient à une Noise des friandises à des élèves de première année, qui saignèrent alors du nez, vomirent ou tombèrent raide au sol.
- Waouh, t'as vu comment les Pastilles de Gerbe sont parfaites, demande Fred, surpris. On va les commercialiser avec les Nougats Néansang.
- Oui, tu as raison. On va attendre un peu pour la Réglisse Ramollo, elle n'est pas au point… Oh, oh.
Hermione se tenait devant eux tous, l'air noir, la baguette magique levée. Elle avait lancé un sortilège d'Attraction pour attirer à sa main tous les bonbons des élèves.
- Qu'est-ce que vous faites, encore ?!
- Heu… Tu nous croirais, si on te dit que nous sommes les porte-parole d'Honeydukes à Gryffondor, demande Fred, inquiet.
- Non. Honeydukes n'aurait jamais la bêtise de vous engager, surtout qu'ils ne vendent qu'à Pré-au-Lard. La vente de sucreries à Poudlard a été interdite suite à un décret du dernier directeur de l'école. Donnez-moi immédiatemment ces choses, vous n'avez pas le droit de rendre malade des innocents !
- Des saletés, répète George, incrédule. Mais, Hermione, tu ne comprends pas, c'est aussi sain que les pastilles mentholées qu'on vend chez les Moldus.
- Pardon ? Tu en as déjà vu, au moins ? Je vais écrire à vos parents, c'est intolérable. Quand à vous - elle toisa les première année - je vous interdis de vous faire davantage de mal ! Filez dans vos chambres faire vos devoirs, ou allez à l'infirmerie !
Les première année ne se firent pas prier. Soit ils courrurent vers leur chambre pour faire ce qu'on leur dit, soit ils fuyèrent, vers l'infirmerie pour les plus malades, ou bien dans tout endroit où Hermione ne les rattraperait pas. Ne restait que Ron, figé de peur, et les jumeaux, qui grimaçaient de la même expression surprise que leur petit frère.
- Quoi, tu vas écrire à maman, demande Fred, pâle.
- Tu as bien entendu, répète la préfète, irritée. Et qu'est-ce que j'ai vu dans les mains de certains élèves ? De l'argent. Vous payez des gens pour faire ça. Bravo. Votre mère serait fière de vous. Rentrez dans votre chambre ! Quoique, je ne vais pas vous dire de faire vos devoirs puisque vous n'allez pas les faire.
- En effet, on n'a même pas pris un seul cours, remarque alors George. Et on s'est absentés tout l'après-midi.
- Et ne te plains pas pour eux, ils étaient consentants, réplique Fred. Nous
sommes dans notre bon droit, alors arrête de t'agiter. Nous mettons au pied notre projet commercial, c'est plus important que trois cours de pacotille.
- Je m'en moque, coupe l'adolescente. Pour commencer, je vais mettre vos bonbons à leur place, c'est à dire, à la poubelle.
Elle utilisa la baguette qu'elle tenait toujours à main, pour utiliser un sortilège de Ventus bien placé qui expulsa les bonbons jusque dans la cheminée, où ils explosèrent. Surpris de ce revirement de situation, totalement imprévu, les Weasley restaient coi un moment.
- Quoi, ils peuvent aussi exploser, demande George, médusé.
- On dirait bien, remarque Hermione, toujours aussi énervée. Voici ce que vous donnez à manger à des enfants de onze ans. J'espère que leur estomac n'a pas fini en confettis à l'heure qu'il est.
- Hermione, tu es un génie, j'ai compris pourquoi la Réglisse ne marchait pas, et que les Pastilles étaient trop acides, lance Fred.
- Il y a trop de pus de Bulbobub dedans ! C'était donc ça ! Fred ! Allons dans notre dortoir ! Nous tenons notre recette secrète !
Ils foncèrent alors dans leur chambre. Ron se mit alors à rire, et Hermione, furieuse, toisa son ami, d'un air consterné.
- Et tu ne me soutiens même pas ?! Ah, merci la camaraderie !
- Mais, Hermione, c'était drôle, tu as vu comment les bonbons ont explosé ? On aurait dit que quelqu'un avait pété ! Tu ne trouves pas ça amusant ?
Vu le regard de sa collègue préfète, non, ce n'était pas drôle d'entendre des bonbons péter sur le feu. Ron cessa peu à peu de rire.
- Bon. Très bien. Je vais faire mes devoirs, Hermione. À demain.
Et ils ne dirent plus mot de la soirée. Ils purent travailler jusqu'à une heure avancée avant le couvre-feu, seuls dans la chambre commune. Quelqu'un avait dû faire passer le message qu'Hermoine était sur les nerfs puisque personne ne passa avant vingt-et-une heure moins le quart. Ron en profita si bien, qu'il put boucler deux dissertations. Hermione, plus rapide, en fit trois et finit de réviser quand enfin leur premier visiteur rentra dans la salle commune.
- Salut, Harry ! Dis donc, elle t'a gardé longtemps, Ombrage. remarque Ron. Il est quelle heure ?… Neuf heures moins cinq ?! On doit aller se coucher dans cinq minutes, argh !
Hermione, qui apprenait sa leçon d'arithmancie, levait l'œil de son parchemin pour regarder Harry, qui avait le regard apathique.
- Pourquoi es-tu revenu si tard, demande Hermione, intriguée. Tu aurais dû être là il y a trois quarts d'heure.
- J'avais des choses à faire, moi aussi, réplique Harry, enfin.
- Ah bon ? J'espère que tu…
- Tais-toi, pour l'amour du ciel. Ron, je vais me coucher, je suis fatigué.
Weasley se levait alors pour aller voir son ami à la cicatrice, jovial, quand la préfète, indignée, se mit alors à refaire sa crise.
- Il n'a même pas fait un seul devoir depuis lundi ! Et je suis la seule que ça inquiète ?!
En effet, car personne d'autre qu'elle ne semblait l'avoir pris mal. Que des bonbons pètent au feu, ou bien, que Fred et George font du commerce interdit à l'école, ça n'avait pas l'air de gêner grand monde. Consternée, elle se demandait où allaient les priorités du monde. De plus, voici qu'Harry était encore de mauvaise humeur, ce qui n'arrangeait pas les choses. Comme elle était tendue après tout cela, elle préféra marcher jusqu'à son dortoir pour se changer les idées, et ne pas succomber à son tour à la colère.
Le reste de la semaine, les cours allaient bon train. Heureusement la pluie de devoirs s'atténua quelque peu vers la fin. On lança des sortilèges, on rempota des Anémones Tentaculaires, on apprit ce qui s'était passé sous la cinquième guerre de la Confrérie des Sorciers du Temple, on réétudia les emplacements des planètes, on concota des potions, certains apprirent à traduire des runes et à établir des calculs complexes de conjonctions entre planètes et sortilèges, on caressa d'autres licornes et on s'ennuyait avec Ombrage, qui bien sûr, était aussi toujours à cheval sur la théorie, et sa théorie, pire que celle de Binns, n'intéressait vraiment personne. En fait, personne ne l'écoutait ni ne la prenait au sérieux, mais elle ne l'avait pas encore remarqué, souriant en regardant tout le monde travailler, comme si elle s'imaginait que tous se tuaient la tâche pour elle, ce qui n'était que très loin de la vérité.
Le vendredi soir, harassé, Ron décida de mettre de côté les devoirs pour pouvoir se reposer. Hermione prenait son dîner tranquillement, quand elle reçut la visite de Ginny, joviale, habillée en supporter de l'équipe de sport de Gryffondor, un vieux Brossdur 9 à la main. Dès qu'elle la vit, Granger soupira. Elle savait ce qui l'attendait.
- Tu viens, demande-elle, contente. On va voir qui va remplacer Dubois !
- Quelle joie, grimace Hermione.
Comme elle avait donné sa parole à son amie, et qu'en plus, elle n'avait aucun devoir à faire, tant elle s'était avancée, elle se résigna alors pour la suivre jusqu'au stade de Quidditch, dans le parc. Elle se demandait mentalement si ce ne serait pas trop long. Enfin, peu importait, car au final, ce qui l'était, c'était la preuve d'amitié qu'elle offrait à Ginny. Elle se fichait du Quidditch, mais elle était plus importante que ses goûts particuliers.
Quand ils furent arrivés au stade, ils commencèrent par monter dans les gradins, allant se poser à un coin du stade, bien au milieu, pour voir ce qui allait avoir lieu. C'était lié au fait que pour le moment, il n'y avait que Katie Bell et Angelina Johnson sur le terrain, en robe de sport, qui papotaient.
- Ça va commencer, assure Weasley. Nous sommes en avance. Les autres doivent être en train de se changer. Harry est toujours en retenue ?
- Oui, comme tu vois, il ne viendra pas plus que maintenant, remarque Hermione, pincée.
Son amie remarqua la colère dans sa voix. Elle lui demanda si quelque chose n'allait pas avec Harry.
- Il est souvent de mauvaise humeur, et vois-tu, c'est très contagieux. J'aime beaucoup Harry, mais il s'enfonce tout seul, à crier sur Ombrage, puis à nous refiler sa haine. Je suis désolée pour lui, je sais qu'il vit des choses difficiles, mais je ne peux pas l'aider si il me traite comme une moins que rien. Je pense même à m'éloigner de lui. Je ne veux pas m'énerver, ni contre Harry, ni contre qui que ce soit. C'est anti-productif, et tout le monde y perd au final.
Ginny, qui écoutait tout avec attention, grimaça. Puis, après avoir réfléchi à quelque chose, elle ajouta :
- Je sais, j'entends des échos de Ron et de Seamus à ce sujet. Et je vois souvent Harry de mauvaise humeur, donc je l'évite.
- Ils t'en ont parlé ? Et tu évites Harry ?
- Oui, Ron en était préoccupé, il m'en a parlé pour demander un conseil, répond Weasley. Quand à Seamus, c'était par hasard. Je l'ai vu en colère, j'ai demandé pourquoi, il m'a sorti d'une traite qu'Harry est affreux avec lui. Et je vois que cela t'affecte aussi.
- Pas qu'un peu, en effet.
- Il ne sait pas gérer sa colère, explique Ginny. Il doit s'entêter à tout faire coïncider comme il le veut, donc il rumine contre qui ne s'exécute pas à son bon désir. Mais en faisant ça, il éloigne ses véritables amis. Et honnêtement, ce qu'il fait est inutile, car de toute façon il ne peut contrôler rien ni personne. Il arrive juste à se rendre désagréable.
- Ça n'excuse rien ! C'est impoli de nous parler comme il le fait parfois !
- Je sais bien, soupire son amie. Il me réserve parfois aussi de ses piques verbales. Tu n'as que deux solutions, comme je l'ai dit à Ron. Soit tu dis en face qu'il exagère, soit tu t'éloignes.
- Je vais lui en parler ce soir, décide alors Hermione. Et peu importe s'il est de mauvaise humeur après.
Pendant qu'on discutait en haut, sur le plancher des vaches, se réunissaient les jumeaux Weasley avec leur batte en main, Alicia Spinnet courant pour excuser son retard. Peu de temps après, arrivaient les candidats au poste de gardien. En jetant un œil par hasard au stade, Hermione ne pouvait s'empêcher de trouver l'équipe de Gryffondor si vide. Il n'y avait que cinq personnes. Quand aux volontaires pour être Gardien, il n'y en avait que quatre, plus Ginny aux gradins, soit cinq. Cette dernière, remarquant ce qui détournait son amie de la conversation, regardait le stade à son tour.
- Dubois était un bon gardien, on aura du mal à le remplacer, remarque Ginny. J'espère que son remplaçant sera à la… AAAAAAAH !
- Quoi encore, demande Hermione, surprise.
- RON ! QUE FOUT-IL ICI ? AAAAAAAH !
Elle manquait de tomber dans les gradins. Choquée, Hermione lui demandait ce qui lui faisait perdre son bon sens. Quand la rousse reprit ses esprits, elle lui expliqua la raison de sa soudaine hystérie.
- Je voulais justement remplacer Dubois. Mais mon frère a eu la même idée. Je suis mal tombée. Si je suis prise, il va être dégoûté. Oh, non… C'est pour ça qu'il a pris un Brossdur…
Hermione, gênée, comprit alors le gâchis qui s'offrait à la famille Weasley. Puis, irritée, elle trouvait que Ron cachait bien son jeu. Il était fatigué, disait-il… En fait, non, il était juste allé chercher son balai.
- Il l'a fait exprès, je suis sûre, couine la rousse à bout. Je ne veux pas… Hermione, tu veux faire quelque chose pour moi ? Dis à Angelina que je passerai en fin de compte en dernière, après tout le monde.
- Comment veux-tu que je descende ? Je n'aurai aucune seconde de répit, des Cognards vont tomber sur le sol du stade. Tu n'as qu'à attendre que Ron soit parti. Angelina t'a vue tout à l'heure, elle comprendra que tu aies préféré attendre. Ça ne la dérangera pas, elle a quatre autres candidats à évaluer.
La rousse fut rassurée. Elle soupira de soulagement et remercia Granger.
Après coup, on fit défiler les participants de Gryffondor. Il y avait certes Ron, quelques autres qu'Hermione n'avait jamais vus. Angelina fit voler les recrues une à une après avoir donné ses instructions. Hermione ne s'était jamais autant ennuyée de sa vie. C'était tellement rasoir qu'elle avait manqué de dormir. Elle avait supporté Trelawney une semaine, mais ce n'était rien devant ça. Toujours les mêmes manœuvres, répétées cent fois, sans aucun intérêt à la base, mais le peu qu'elle y accordait baissait toujours plus à chaque reprise. Elle se rappelait s'être beaucoup plus amusée lors de la Coupe du Monde de Quidditch l'an dernier. Sans doute parce que Krum y était. Il était d'ailleurs, bien meilleur que les piètres participants qu'elle vit jouer. Il était plus rapide, doué et agile, alors que la plupart d'entre eux, Ron y compris, étaient lents, mous et assez patauds, du moins à ses yeux.
Même si cela n'avait que peu de rapport, elle se dit alors que c'était surtout cela qui l'avait intéressé chez Viktor, très peu chez les autres garçons de son âge. Ron lui a reproché cent fois et plus encore, de l'avoir choisi à un Anglais « normal », c'est à dire à un garçon de Poudlard. Mais à vrai dire, elle le préférait secrètement à tous ces adolescents-là. Pourquoi ? Il était bien plus talentueux, faisait plus envie, et les autres à côté, faisaient clairement pitié, comme ces candidats pour être Gardien.
Une scène de sa mémoire illustrait son propos. Elle se rappelait même d'une fois, l'an dernier aussi, quand ils sortaient ensemble. Ils étaient tous les deux, dans le parc de Poudlard, et comme ils n'avaient rien à faire de spécial, Krum lui avait demandé si il voulait le voir jouer. Ne voulant pas lui déplaire, Hermione avait accepté de mauvaise grâce, et s'était installée au stade, comme seule observatrice. Elle attendit que son petit ami se prépare, puis elle le vit voler dans des virages difficiles, des figures complexes à en faire rougir Harry, des manœuvres d'accélération et de décélération très bien placées. Du très haut niveau. Hermione s'était au début quelque peu ennuyée, mais après l'avoir vu à l'épreuve cinq minutes en voulant attraper le Vif d'Or, elle se passionna ainsi à le voir voler partout, parce que le spectacle en valait le détour, il allait si vite qu'elle ne pouvait pas le suivre. Parfois, on aurait dit qu'il allait se manger le mur, mais il le manquait d'extrême justesse. Après dix minutes de cette interminable volée, il l'avait enfin attrapé. Quand elle l'applaudit avant de revenir plus bas, elle le complimenta avec un rire, et lui demanda enfin, comment il savait faire tout ça.
Avec un rire timide, Viktor lui répondit qu'il avait appris tout seul, après pas moins de six années d'entraînements. Il avait aussi été pris d'assaut toutes les vacances de chaque année de cours, pour atteindre ce niveau. Il demanda alors, avec une pointe d'anxiété, si elle avait aimé. Bêtement, Hermione avait ri et répondu que oui. Elle avait trouvé ça mignon qu'il lui demande son avis, même si aujourd'hui, avec le recul, elle trouvait que Krum avait encore à apprendre sur la confiance en soi.
Cet épisode la fit réfléchir, en plus de la divertir de sélections qu'elle trouvait ennuyeuses, pour elle qui n'avait aucun talent en matière de Quidditch. Eh bien oui, elle est sortie avec un grand joueur de Quidditch bulgare, mais ce n'était pas pour son panache. C'était parce qu'il était grand à côté des petits, qu'il avait ce charme, cette force discrète, qui la faisait vibrer, bien plus que les gentils comme Ron, qui étaient souvent, malheureusement, très ennuyeux et très bavards. Krum ne parle jamais, mais il agit beaucoup et si bien que cela lui faisait bonne impression.
Avec amertume, elle remarqua que chaque garçon de son âge et de son entourage, hormis Harry, à qui elle tenait comme à la prunelle de ses yeux, étaient tous, à leur manière, des personnes qui ne l'intéressaient pas. Rien qu'à y penser, cela la déprimait. Elle songeait soit à reprendre contact avec Viktor, soit à rester célibataire tout le long de Poudlard. La plupart des garçons qu'elle connaissait, malheureusement, étaient des imbéciles. Elle se rappelait aussi de la bataille entre Drago et Theodore au cours de Soins aux Créatures Magiques, et de la jalousie de son ami Ron. Voici de quoi étaient capable les garçons de son jour. Ça promet. Ce qui explique pourquoi elle est restée célibataire longtemps.
Pendant qu'elle réfléchissait à tout ça, Ginny, concentrée intensivement sur les entraînements des candidats, se mit à geindre quand le dernier en lice, son frère, passait son tour, devant les cages, à bloquer le ballon. Visiblement, à la voir si gênée, il devait être bon.
- Hermione, je peux pleurer sur ton épaule. Il a utilisé trois doigts seulement pour stopper celui-là…
- Si tu veux, répond Hermione, indifférente.
Elle était en train de se demander combien de temps il lui faudrait pour apprendre le bulgare. Son ex pourrait être agréablement surpris de la voir parler son patois natal. Elle se promit alors de commander un livre par Fleury et Bott à ce sujet. À l'ouest, elle ne remarquait pas du tout son amie qui paniquait sur place. Ron avait bloqué son sixième but d'affilée.
- Il ne pourrait pas faire exprès de rater ? Je suis sûr qu'il triche. Il se dope, je parie… Ah, il a raté ? Étrange, il est passé si près, enfin, je l'aurai bloqué, celui-là… Oh, il s'est mangé le Cognard de George. Woah, il l'a envoyé fort. Il lui a cabossé l'œil droit. Je sais qu'il n'aime pas trop Ron, mais là, il va loin !
La préfète, de son côté, jetait un œil furtif au stade. Elle remarquait que son ami Weasley, paniqué sur son balai, suite à son échec, laissait désormais passer tous les Souafle avec plus de talent qu'il les arrêtait.
- Hé, pourquoi tu rates tout d'un coup ? Hein ? Hermione ? Tu vois comme moi ? Il pleure sur son balai ?
- Oui, répond son amie, lasse. Il a fini son tour, non ?
- Dans quelques minutes, remarque Ginny. Bizarre. Il était bon au début, puis à la fin, il nous fait un drame. Je ne vais pas tarder à aller prendre sa place là-haut. Tu resteras me voir ? Je n'ai pas envie de jouer toute seule.
- Je serai l'amie qui te soutiendra, mais je n'y connais rien en Quidditch, il faudra demander à quelqu'un d'autre si tu veux des conseils à ce sujet.
- Ne t'en fais pas, Angelina me dira elle-même ce qui ne va pas. Croise les doigts pour moi ! Ron descend des cages, j'y vais.
- Bonne chance, Ginny.
Elle resta alors sur les gradins, lasse. Elle n'était même plus en colère. Elle était juste fatiguée. Malgré tout, elle resta sur les gradins à se calmer, à regarder Ginny faire. Retournant à ses pensées, elle songeait sérieusement à son avenir sentimental, ça semblait mal parti. Est-ce que Viktor, de là où il est retourné, a trouvé une autre fille ? Cette pensée tenace ne lui sortait pas de l'esprit. Même si elle essayait de regarder le stade, cela restait en arrière-pensée.
Un, deux, trois, quatre. Ginny bloquait tous les buts sans en laisser passer, elle était rapide comme un aigle. Bien sûr, elle avait laissé passer deux fois le Souafle, mais au moins, elle a réussi à ne pas se laisser abattre comme son frère. Lorsqu'Angelina la fit redescendre, elle discuta avec elle très longtemps. Hermione s'inquiétait fort à propos, surtout que la nuit commençait à tomber sur le château. Il devait bientôt être neuf heures. Elle descendit alors, comprendre ce qui se passait. Lorsqu'elle rejoignit le gazon du stade pour aller voir l'équipe de Gryffondor, elle remarqua à quel point Angelina fut rassurée et Ginny aux anges. Elle comprit alors aussitôt. C'était bon, elle était prise.
- … une ou deux fois par semaine seulement. Tu es déjà très bonne, tu fais des erreurs simples, comme accélerer pour rien, ou manquer d'attention parfois, mais c'est normal quand on débute. Un peu d'entraînement et tu seras plus que prête pour le match contre Serpentard en novembre.
- Tu es sûre ? Ce n'est pas trop proche ? Quand même, c'est dans deux mois, et les Serpentard sont doués.
- Pas tant que ça. Si Montague et Pucey sont des vétérans, les autres sont loin de les valoir. Surtout Drago, comparé à Harry, c'est une plaisanterie. En parlant de lui, comme il te connaît et t'aime bien, Potter ne verra aucun souci à ce que tu remplaces Dubois. Alors tu es définitivement prise dans l'équipe, à moins bien sûr que cela te dérange…
- Pas du tout ! Je suis aux anges ! Merci, Angelina.
- Ne me remercie pas. Si tu veux vraiment me remercier, donne-toi à fond sur le terrain. À mardi soir, Ginny.
On se sépara sur ces entrefaites. Alicia et Katie, souriant à leur nouvelle Gardiernne, suivirent leur capitaine qui s'éloignait, quand Fred et George complimentèrent généreusement leur petite sœur, et lui donnèrent une tape amicale sur l'épaule. Ravie, leur sœur allait jusqu'à sauter sur place dans le stade.
- Oui ! C'est un vœu qui se réalise enfin ! Depuis que je suis petite, j'ai toujours voulu faire du Quidditch dans un club pro. Voilà la première étape de franchie ! Mon frère m'en voudra, mais maintenant, ce n'est plus important.
Hermione n'osait rien dire, tout en rentrant vers le château, souriante. Elle pourrait se changer les idées dans son dortoir. Même si elle n'avait rien trouvé de merveilleux à cette sélection, elle avait eu du moins le plus grand plaisir à voir son amie choisie.
De retour à la salle commune de Gryffondor, Hermione fut surprise de retrouver Harry et Ron ensemble, pensant qu'ils étaient déjà au lit. Il était huit heures et demie et à cette heure, ils n'avaient pas intérêt de tomber sur Argus Rusard, le concierge malveillant.
- Salut les filles, lance alors Ron d'une voix contente.
- Salut, fit Ginny, soudain timide.
Elle n'osait pas dire à son frère qu'elle avait pris sa place. Ron intrigué par la tenue de sa sœur, lui demandait pourquoi elle se promenait en tenue de Quidditch, quand elle coupa court à la conversation en prétextant qu'elle avait sommeil, et disparut très rapidement à grandes enjambées vers le dortoir des filles, ce qui surprit les garçons.
- Bizarre, fit Ron, surpris. Ginny fait du sport maintenant ?
- C'est supposé être surprenant de la part d'une fille, demande Hermione.
- Non !… Enfin… C'est son choix, ça demande réflexion… Mais toi ? Tu étais où ? Tu n'as pas fait un seul devoir ce soir, et je suis passé à la bibliothèque pourtant.
À son tour gênée, Hermione ne voulut pas vraiment répondre. Elle savait ce qui l'attendrait si son ami apprenait ce qui s'était passé au stade.
- J'avais besoin de prendre l'air un moment, j'avais beaucoup travaillé, improvisa-elle.
- Tu es allé au Stade de Quidditch, demande Weasley, soudain méfiant. Tu étais avec Ginny. Je ne crois pas que tu n'as fait que prendre l'air…
Il y avait de ces moments où Ron n'était parfois pas si lourdaud qu'elle le répétait. Hermione préférait en finir pour aujourd'hui car elle avait eu sa dose, même si cela signifiait irriter qui elle avait en face.
- Oui, en effet, rétorqua-elle. Je suis désolée, mais je ne suis pas d'humeur à parler. On en reparlera demain, s'il te plaît… D'ailleurs, on doit aller en cours d'Astronomie, on ferait mieux d'y aller…
- Ne change pas comme ça de sujet, insiste Ron, qui semblait comprendre. Tu as quelque chose à cacher, on dirait.
- Je n'ai rien à cacher… Je n'ai juste pas envie de parler. Ça arrive.
Elle disait ça, mais Harry et Ron semblaient clairement comprendre qu'elle cachait effectivement quelque chose, et peut-être pas de très plaisant. Toutefois, ils ne firent pas d'histoire, mais ne dirent plus une parole de la soirée.
